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 Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]

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MessageSujet: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 1:13

Les mains tremblantes, je reposais doucement le bout de papier sur la table de verre qui me faisait face. Trois tâches noires bien visibles agrémentaient désormais le papier officiel. Mes larmes avaient commencés à couler avant même d’avoir fini la missive. Emanant directement de l’armée, cette lettre m’annonçait dans un texte des plus concis le décès de mon oncle, l’ancien alchimiste d’état Issac McDougal. Son frère étant mort, et n’ayant aucune descendance directe, c’était donc moi, son dernier parent en vie, à hériter de ses biens. Ceux-ci étaient scrupuleusement détaillés sous la signature d’un haut gradé. Je fixais la lettre comme si cela pourrait la faire disparaitre et effacer cette nouvelle aussi vite qu’elle me l’avait apporté. Hélas, je savais que rien ne pourrait plus me ramener mon oncle. Je me pris la tête dans les mains et laisser couler des larmes silencieuses pour ce seul parent que j’avais vraiment aimé, laissant ma peine s’exprimer alors que j’étais encore seule. Cela ne durerait probablement pas bien longtemps, ma colocataire ne tarderait sûrement pas à revenir de ses cours. Clara était d’une rigueur impressionnante malgré son âge. D’ordinaire, les jeunes gens pensaient d’abord à faire la fête, et seulement ensuite s’inquiétaient un peu de travail qu’ils avaient à abattre pour le lendemain. La jeune femme elle, faisait rigoureusement l’inverse, ne sortant que lorsque son travail était totalement terminé.

Au moment même où j’entendis la clef tourner dans la serrure, je me redressais brusquement, essuyant les larmes qui coulaient encore d’un revers de main et m’emparais du document que je fourrais vivement dans ma poche, à l’abri d’éventuels regards. Après un bonjour rapide, je sortis du la demeure, la laissant à ses révisions. J’avais de toutes façons bien des choses à faire de mon côté. Je me rendis à l’adresse indiqué sur la lettre, dans le but d’y récupérer les biens de mon oncle, ainsi que les clefs de son appartement qui, d’après ce qui était noté, me revenait également. Je n’avais pas encore réfléchi à ce que j’y ferais, néanmoins, je souhaitais y retourner. Lorsque j’avais grandie avec lui, nous n’y étions aller que deux fois. Mais ces deux fois avaient été inoubliables. Il m’avait montré divers souvenirs, ramenés de ses missions, de vacances. Il m’avait parlé pendant des heures des alchimies qu’il avait pu observer. Bref, c’était un souvenir des plus agréables et quelque part je redoutais de retourner là-bas sans sa compagnie. Mais les choses étaient ce qu’elles étaient, je n’avais pas réellement le choix.

La secrétaire à qui j’eus à faire pour les formalités était aussi aimable qu’une porte de prison rehaussée de barbelés. Plus d’une fois, je crus qu’elle allait me mordre tellement elle semblait sur la défensive et particulièrement à cran. Je gardais mes remarques pour moi et me contentais de lui faire un magnifique sourire parfaitement ironique au moment de partir, la remerciant de son accueil chaleureux et de la gentillesse avec laquelle elle s’était occupée de moi. J’eus pour toute réponse un regard noir, ce qui ne me surprit pas, ni ne me dérangea réellement. Clefs de l’appartement en poche, j’avais également récupéré un sac contenant les effets personnels qu’il portait sur lui au moment de mourir. Enfin, celles qui n’avaient pas été mise sous clefs par l’armée. Ce qui au final ne faisait plus grand-chose.

L’appartement de l’ancien alchimiste se trouvait à l’autre bout de la ville, proche de quartiers peu fréquentables de Central. Les mains dans les poches, sac à dos sur l’épaule, je traversais la cité tranquillement, observant vaguement ma trajectoire tout en essayant de ne plus penser à ma peine, qui était encore bien trop rude pour que ce soir réellement possible. Je fis un crochet par le cimetière où l’on m’avait appris qu’il se trouvait désormais. Devant sa tombe, je ne restais pas longtemps. Je voulais simplement avoir la preuve définitive qu’il ne reviendrait pas. Et ce n’est qu’en lisant son nom gravé sur le marbre blanc de la tombe que je compris que tout espoir était à bannir. Prenant sur moi, je m’efforçais de ne pas céder aux larmes, reprenant le chemin de son appartement d’un pas déterminé.

Après un gros quart d’heure de marche supplémentaire, je me retrouvais au pied de l’immeuble qui abritait ma destination. Un bâtiment plutôt haut, sur six étages, d’un béton assez décrépit à première vue, mais si l’aspect extérieur n’était pas très agréable, il compensait bien par l’aspect confortable de son intérieur. Les murs étaient tapissés de bleu foncés, le plafond et le sol de teintes claires. Les lustres dansaient doucement au bout de lourdes chaines dorées et éclairaient d’une lueur douce les longs couloirs aux portes de bois d’ébène. J’avais beau n’être venue que deux fois, je connaissais parfaitement la route malgré la longueur et la complexité des lieux. Deuxième étage, premier couloir à droite, sixième porte à gauche. Clefs en main, je les enfonçais doucement dans la serrure, comme si ce simple geste aller détruire tout ce que contenait l’appartement. Délicatement, je poussais la porte qui s’ouvrit en silence, dévoilant une habitation propre et spacieuse, relativement vide comparé à ce qu’elle pouvait contenir. Il y avait deux chambres, une salle d’eau adjacente aux deux pièces, un salon avec une cuisine aménagé dans un style de bar. Les volets étaient aux trois quarts baissés et l’on sentait à l’odeur de renfermé que personne n’y avait mis les pieds depuis un bon moment.

Repoussant la porte du pied, je refermais celle-ci avec moins de douceur, et posais mon sac au sol pour aller ouvrir la fenêtre la plus proche, laissant le soleil inonder la pièce d’une lueur chaleureuse, l’air s’engouffrer agréablement entre les rideaux, chassant l’impression de froideur qui régnait ici. Curieuse, et quelque part intéressée car tout semblait m’appartenir désormais, je fis le tour tranquillement, ouvrant les meubles, les penderies, le bureau, examinant les divers livres présent sans trop m’y attarder. Tout une vie se résumait ici, dans ce petite appartement sans prétention mais au combien confortable. Je me laissais tomber sur l’accoudoir du fauteuil, en travers de celui-ci, pour avoir vu sur la fenêtre et par extension la ville entière. Qu’allais-je donc pouvoir faire d’un tel bien ? Evidemment, cela paraissait représenter une occasion formidable de quitter la colocation et tous les ennuis qui allaient souvent avec. Mais avais-je vraiment le droit de venir m’installer ici ? en avais-je seulement l’envie ? Je l’ignorais. Totalement.

Après une dizaine de minutes à fixer l’extérieur, je me redressais d’un coup de reins et cherchais un sac poubelle, ainsi qu’un sac normal. J’avais décidé de commencer par trier ce qui se garderait ou non, et cela risquait de prendre du temps, beaucoup de temps. Je comptais vérifier le plus de choses possibles, car tel que je connaissais mon oncle, il se pourrait bien qu’il ait laissé ça et là des choses intéressantes. Prise dans mon idée de tri, je ne me préoccupais de rien d’autre que de réfléchir à ce que je faisais. Mais après tout, qui s’en souciait. Jusqu’à preuve du contraire, j’étais ici totalement seule.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 9:58

"[…] peut être même dix sept heure. Et toi ?"

La jeune femme se retourna faisant voltiger sa chevelure nattée, un œil plissé par la vision qui s’offrait à elle, elle soupirait. Exaspérée. Combien de fois lui avait-il fait le coup, combien de fois l’avait-elle sermonné ? Trop de fois. Ils avaient beau être adulte, réunis ces deux là restaient les même qu’il y à dix ans, immatures. Reï se pencha sur le plan de travail faisant remonter sa robe bleu nuit, elle tira dessus bien que personne, à cet instant, ne put voir son dessous. Elle s’armait d’une clémentine, un sourire narquois aux bords de ses lèvres rosés.
De son côté, Lil Evans dormait paisiblement, en proie à un rêve suave, il n’avait pus entendre son amie converser depuis cinq bonne minutes. La belle étant aux fourneaux, elle ne s’était point inquiété de l’absence de réponse du décoloré. Avachis sur le sofa, sa chevelure argentée retombait négligemment sur son front, son bras droit dépassais de l’accoudoir tandis que l’autre était replié sur le dossier, l’avant bras pendouillant dans le vide, son coude touchait sa tempe. Les jambes écartées comme un vrai mâle digne de ce nom, sa bouche s’était entrouverte, bientôt il viendrait à baver. Son amie d’enfance fit le tour de la table qui séparait cuisine et salon abandonnant l’idée de jeter son fruit sur son ami. Pauvre fruit, il n’avait rien fait pour mériter ça ! Reï fit le tour de la table basse, la maladresse du garçon ayant déteinte sur elle, elle se cognait le genou droit. Un petit gémissement de douleur, son œil gauche était fermé, l’autre observait le garçon dormir. Elle frottait lentement de sa fine main son genou dénudé. Elle cessa son geste sans s’en apercevoir, les yeux rivés sur l’endormi. Pourquoi cette absence ? Ce garçon elle le connaissait par cœur, mais depuis leurs retrouvailles elle avait l’impression de le redécouvrir. Elle le trouvait séduisant bien plus qu’autrefois, était-ce son manque d’affection ou son cœur qui se réveillait enfin ? Elle s’approcha, ses fines jambes entre celles du garçon, il avait tellement pris ces aises que même en écartant les jambes elle n’aurait pas frôlé son jean. Elle contourna sa jambe pour se trouver à côté de lui, toujours debout. Un instant de douceur dans son regard, le voir si calme, si fragile l’attendrissait. Elle souriait. Elle leva la jambe…


"Espèce d’enflure !!"

Elle accompagnait son injure d’un chassé du pied droit dans la jambe gauche du jeune homme. Lil se réveillait en sursaut..

"-Quoi… ?
-Et tu as le toupet de me demander "quoi" ?!"

Son instant de douceur s’était envolé aussi vite qu’il était venu pour laisser place à ses impulsions. Qui aime bien châtie bien, non ? Telle une furie elle se courbait, sa jambe droite pliée sur la cuisse gauche de Lil, elle saisit le col de son t-shirt et reprit de son air colérique…

"Je t’ai demandé si tu comptais rentrer ce soir !"

Prit de cette manière dans les filets de la jeune femme, il était tenté de lui répondre positivement. Reï était presque effrayante quand elle s’énervait. Lil avait le don pour la mettre hors d’elle, et ca, c’est parce qu’elle tenait à lui. La bouché desséchée du fait de s’être endormi la bouche ouverte, il déglutit tout en humectant ses lèvres les yeux posés sur le doux visage de la belle. Il gardait cette contenance, cette nonchalance perpétuelle, peu importe les cris de la jeune femme. Après cinq secondes de silence, le temps que l’information monte à son cerveau, le décoloré répondit…

"Je ne sais pas, je dois retrouver Isaac. "


Reï savait ce que représentait cette mission, ce que représentait cet homme pour le garçon. Son visage s’adoucit, elle baissait les yeux soudainement épris de morosité. Elle se retira pour ensuite se redresser tandis que le garçon l’accompagnait. Sa main sur son bras, elle fixait l’abdomen du jeune homme.

"-Qu’est-ce qu’il y a ?
-J’ai entendu dire à la radio qu’un autre alchimiste d’Etat avait été tué… "

Cette fois, ce fut le regard de Lil qui s’assombrit, il donna une légère tape sur l’épaule de son amie avant de ne sourire.

"Pas ce vieux débris, pas tant qu’il n’aura pas laissé sa trace sur terre. "


Son apprentissage n’était pas terminé, maintenant qu’il était libre et fin prêt à entamer son histoire, il devait retrouver son précurseur. Délaissant la douce Reï derrière lui, Lil s’armait de cette lance métallique, son arme de prédilection. Un cercle de transmutation était gravé dans le métal, ainsi, il pouvait le transmuter à sa guise et lui donner mainte forme. Il prit sa veste qui se trouvait suspendue au porte manteau et sortit de l’appartement.

"Fais attention à toi.. "


La porte claqua, Reï se détourna, son regard se posa sur l’horloge. Elle n’allait pas tardé à partir pour le QG.


Central City, à peine avait-il mit les pieds dehors que le soleil s’empressait de réchauffer sa peau fraiche. Son bâton posé sur son épaule droite tel un manipulateur du sabre, il défilait dans les rues. Plusieurs regards intrigués se posaient sur lui, sa chevelure, son regard, son bâton, tout son être n’avait rien de banal. Il marchait avec assurance bien qu’il ignorait où débuter ses recherches. Il avait des idées, mais ne savait par laquelle commencer.


"- [..] pauvre homme…tout de même, personne ne mérite de mourir ainsi.
-Ils disent qu’il était sur la touche depuis des années
-Ils ne nient pas la probabilité d’un…
-En voilà des manières !"

Lil avait ralenti sa marche, intrigué par la conversation de deux ménagères. Notre ami fixait le journal dans les mains de l’une d’elle. Par-dessus l’épaule de cette femme il tentait de trouver l’identité de défunt. D’où l’indignation de la vieille. C’est alors qu’il le vit, le nom était écrit en gros, l’article prenait la moitié de la page. "Isaac McDougal probablement assassiné". Son cœur loupa un battement, ses yeux verts jades s’écarquillèrent. Il prit le journal des mains de la vieille femme.
L’article mettait en scène de possibilités, un suicide ou un meurtre. La première étant de pures foutaises pour ne pas affoler les citoyens. Son visage n’aspirant plus que la tristesse, lea ménagère revit son jugement en voyant mon visage et se renseignait…


" Est-ce que ca va ?
-C’est impossible… "

Il froissa le journal avant de ne le jeter négligemment sur le trottoir.

Le soleil n’était plus très haut dans le ciel lorsqu’il eut ce qu’il cherchait, l’adresse de son maître. Il avait passé une majeure partie de sa journée à trouver quelqu’un qui lui révélerait. Son informateur fut un vieil homme, un ancien militaire qui surprit sa conversation avec une groupe d’officier. Sans tarder il courait à l’adresse indiquée.

Impossible d’entrer dans le bâtiment sans autorisation. Isaac étant mort, Lil n’avait pas le droit de mettre les pieds dans sa demeure. Le garçon était persuadé de trouver un mot ou quelque chose en rapport avec lui dans cet appartement. Il ne pouvait concevoir que son vieux maître ait quitté cette terre sans tenir sa promesse. Le passé lui avait pourtant appris à ne plus croire à ces enfantillages. Pourtant, il continuait d’y croire, sa confiance et son amour pour ce maître était bien trop ardents pour s’arrêtait à la décision d’un réceptionniste. Lil entreprit de faire le tour du bâtiment à la recherche d’une fenêtre accessible de l’appartement. Il calcula l’emplacement de son appartement et fut surprit et ravi de voir une fenêtre ouverte. Pourvu qu’il ne se soit pas trompé… Tel un chimpanzé, la chimère escalada la façade, une chance que la fenêtre fut du côté le plus calme. Après une galère survoltant, il passa ses jambes de l’autre côté du balcon. Son bâton métallique dans la main, il entra discrètement. Il pouvait sentir la présence d’un être humain. Le pas délicat et silencieux il se rendit dans la pièce de l’inconnu. Une jeune femme à la chevelure claire en cascade se tenait agenouillée à terre, un sac poubelle à la main. Sourcils froncés, le cœur à demi déchiré, il plaça son bâton au niveau de la joue de l’inconnue. Ses yeux verts jades luisaient, l’expression de son visage mélangeait platitude et colère. La tête haute, une moue dédaigneuse au bord des lèvres il demandait de sa voix morose…


"Qui es tu pour venir fouiner chez Isaac… ?"
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 11:17

L’esprit embrumée, je me concentrais sur ma tâche pour ne pas penser à la peine qui me tiraillait la poitrine. Pour ne penser à rien d’autre en réalité. Je sentais l’air chaud de l’extérieur s’engouffrer dans la petite pièce, faisant onduler doucement les quelques mèches qui gênaient ma vue. Je les repoussais d’une main, tenant ce qui semblait être un album de famille dans l’autre. Curieuse, je l’ouvris, m’attendant à trouver des pages vierges car je savais qu’il n’avait pas eu de véritable famille. Ma main resta quelques secondes immobile, tenant la première de couverture alors que la surprise me gagnait. Ce n’était non pas des feuilles blanches que j’avais sous les yeux, mais bel et bien des photos. Anciennes, en noir et blanc, représentant deux enfants bruns. La plupart du temps. Sur certaines, ils étaient en train de pêcher, sur d’autres, on les voyait faire du patin sur un lac gelé. Mon père et mon oncle, enfants. Une étrange émotion me noua à la gorge, je refermais aussitôt l’ouvrage, ne voulant pas aller plus loin et le reposais sur l’étagère, encore incapable de décider de son sort. Je restais un certain temps à fixer l’épaisse reliure de cuir de l’album, je n’aurais pas cru mon oncle aussi sentimental pour garder des souvenirs de son enfance. Je finis toutefois par me secouer, marmonnant des choses intelligibles que j’étais la seule à comprendre avant de reprendre mon tri en silence. Les bruits de l’extérieur me parvenaient agréablement, donnant un peu de vie à cet intérieur pour l’instant morose. Toutefois, perdue comme je l’étais actuellement dans mon monde, je n’entendais pas. Je ne faisais pas attention. Un bruit retentit derrière moi, je n’en tins pas compte, persuadé qu’il s’agissait d’un animal.

Ce n’est que lorsque je sentis un contact froid sur ma joue que je me figeais, les muscles tendus au possible, le visage impassible. Je détournais très légèrement la tête et aperçus du coin de l’œil un intrus qui me menaçait. Je ne fis pas vraiment attention à son apparence, je notais juste qu’il était grand, et armé. Une voix froide s’éleva alors de mon dos, m’ordonnant de décliner mon identité. Je fronçais légèrement les sourcils, soudain énervé par l’apparition de cet énergumène dans un moment pareil qui en plus semblait se prendre pour le maitre des lieux. J’étais accroupie, un genou posée au sol. Mon agresseur se trouvait derrière moi. Sans attendre une seconde, je tendis ma jambe en arrière et balayais le sol pour lui faire un croche pattes, cherchant à le déséquilibré. Ma manœuvre réussit à peu près, il tomba sur le côté, alors que je me redressais rapidement pour tenter de lui faire lâcher son arme d’une main. N’y parvenant pas, je me contentais d’immobiliser celle-ci entre mes mains en le fixant d’un regard noir.

"Et toi, qui es-tu pour me demander ça ? Ca ne te regarde pas ."

D’une secousse violente, il me força à relâcher l’arme, dont je me décalais aussitôt pour ne pas rester à portée, atterrissant près de la commode. Je pris appuie sur celle-ci pour me redresser avant de reculer légèrement une jambe, les muscles tendus comme la corde d’un arc, prête à en découdre. Je n’avais même pas réfléchi à qui ça pouvait être. Il se pointait juste au mauvais endroit, au mauvais moment, ça avait suffis métamorphoser ma tristesse en colère à son égard. Les poings serrés, je ne le lâchais pas des yeux. J’avais envie de le frapper, de le foutre dehors sans sommation pour avoir pénétré dans un lieu aussi important que cet appartement l’était désormais pour moi.

"Tu n’as rien à faire ici, va-t-en."


Je sentais mon sang bouillonner de l’envie d’en découdre immédiatement, mais je me forçais à rester un minimum calme. Pourquoi ? Je l’ignorais. Complétement. Je ne savais pas ce qui me retenait. Et le fait qu’il reste planté là devant moi alors que je l’avais sommé de partir fit rapidement céder les digues qui me contenaient. Sans plus réfléchir, je me jetais vers lui, poing en avant pour lui asséner une droite. La colère était une émotion que je contenais plutôt mal. Je ne fis même pas attention s’il se protégeait ou pas.

"Sors de chez moi !!"

Même si dans mon esprit, il était bien évident que cet endroit était et resterait définitivement l’appartement de mon oncle, il était officiellement à mon nom. Et si cette simple remarque pouvait le faire fuir, ce dont je doutais toutefois fortement, alors émettre cette idée me dérangeait déjà un peu moins. Dans ces lieux résidait l’esprit de l’ancien alchimiste, une part de sa vie, de ses recherches, de ses trouvailles, de son existence même ; je ne supportais pas l’idée que quiconque puisse venir interférer dans cet endroit, même moi j’avais du mal à ‘accepter cette idée pour le moment. La peine était encore trop brûlante pour accepter une telle chose. Et cet énergumène aurait bien mieux fait de s’abstenir de venir aujourd’hui. Il connaissait visiblement mon oncle, ce qui était le cas pour pas mal de monde en réalité, mais il n’avait absolument rien à faire ici. Qui plus est en étant passé par la fenêtre ! Alors que nous roulions au sol, je ne cherchais pas à savoir si j’aurais le dessus ou pas en réalité. Je déchargeais sur lui le trop plein de peine que j’avais. Aurais-je été moins tendue, l’affrontement n’aurait probablement pas eu lieu. Néanmoins, aveuglée par la colère et de ce fait, incapable de coordonnée de manière efficace mes mouvements, je finis par me faire maitriser, buste coincé contre le sol, bloquée par une clef de bras. Grimaçant de douleur, je tournais la tête vers mon agresseur autant que possible avant de lâcher d’une voix énervée.

"Merde ! Qu'est-ce que tu lui veux ? Isaac est mort !"

Le dire me provoqua un léger pincement au niveau de la poitrine dont je ne me rendis pas vraiment compte, focalisé comme je l’étais à déverser sans raison ma colère sur le jeune home. Enfin sans raison … Au final, c’est lui qui avait ouvert les hostilités, même si je n’avais pas été spécialement coopérative par la suite.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 15:21

L’inconnue tournait légèrement la tête scrutant du coin de l’œil notre ami. Lil penchait légèrement la tête, surpris par le profil agréable de l’inconnue. Cette intrigue lui fit momentanément baisser sa garde, et tandis qu’il y pensait la jeune femme le balayait en beauté. Les fesses à terre, il repoussait l’impudente qui tentait de bloquer son arme. Elle reculait, s’empressant de rétorquer …

"Et toi, qui es-tu pour me demander ça ? Ca ne te regarde pas ."


Bien évidemment que ca le regardait. Il se redressait lentement, nonchalamment dans un soupire de mécontentement.

" -Tss…
-Tu n’as rien à faire ici, va-t-en."

Sans le savoir, ils partageaient la même peine, le même deuil. La jeune femme laissait déferler sa colère sur la chimère tandis que celui-ci la maîtrisait, qui pourrait frapper une femme. Qui plus est, sublime. Il épousseta sa veste, sans lui porter un regard, l’écoutant lui sommer de partir. Il fronça les sourcils, interpellé par l’adjectif possessif qu’elle avait employé. N’était-ce pas chez Isaac ? Sans crier gare la belle se jetait sur lui le poing levé. Lil levait lentement la tête et rattrapa in extremis le poing de la jeune femme. Il avait cet froid et serein impénétrable. Son regard croisa celui de la jeune femme, c’est alors qu’il la vit. Sa mélancolie. Il lâcha son poignet et de son autre main la repoussait. Elle fit quelques pas en arrière, Lil semblait nettement moins fanfaron. Cette fille, était-elle un proche de son maître ? Il se rappelait de quelques insinuations concernant un enfant, était-ce cette jeune femme ?Il se rendait compte à quel point il ne savait rien de sa vie sociale, seule sa vie professionnelle lui avait été révélée. Le jeune homme ne désirait nullement porter la main sur ce doux visage grisé par le deuil. Cependant, elle avait ce besoin d’extérioriser sa peine, au lieu de pleurer, elle frappait. Le garçon voyait en elle plus de la détresse que de la violence gratuite. Renouvelant une offensive, le garçon n’eut aucun mal à esquiver, puis il se lassa de son comportement enfantin. Ne voyait-elle pas que c’était peine perdu ? Le dialogue ne semblait pas être son fort, Lil la fit basculer au sol.
Bloquée au sol, la jeune femme reprenait..


"Merde ! Qu'est-ce que tu lui veux ? Isaac est mort !"


Cette réalité le fit flancher, il força sur l’avant bras de la jeune femme lui extirpant un petit gémissement de douleur, rien comparé à celle de son cœur. Il la lâchait et se relevait, observant sa pitoyable position. Il reprit son bâton, l’observant avec dédain. Les mots crus de cette fille l’avait heurté à ce qu’il n’avait pas totalement réalisé, la mort de son maître.
A son tour furieux, il ouvrit enfin la bouche…


"La ferme ! Je t’interdis de me donner des ordres !"

La voix de la chimère couvrait les bruits environnement, rappelant à l’ordre cette jeune femme impulsive. Il se penchait de nouveau et dan son élan colérique saisissait le col de la belle toujours à terre pour la soulever avec une force surprenante. Probablement intimidée par la colère de Lil, elle se contentait d’observer son visage, les yeux écarquillés. Lil approchait son visage du sien ne cessant de hurler…

"De quel droit une faiblarde comme toi a-t’elle put hériter de ses biens ?! Arrêtes de te morfondre et honore sa mémoire ! Je ne lui suis pas étranger !!"

Ils se scrutèrent un instant, dans le silence. Leur regard plongé dans celui de l’autre, ils comprenaient probablement la douleur de l’un et l’autre, se rendant compte qu’ils étaient très certainement les derniers cœurs à faire perdurer l’âme de cet alchimiste. La colère ayant prit le dessus sur leur blessure, ils étaient tout les deux aussi têtus l’un que l’autre. Lequel flancherait en premier ? Il déglutit, se rendant compte de sa soudainement perte de contrôle. Il lâcha dans un soupir dédaigneux et lui tourna le dos, direction la porte d’entrée.
Là, face à la lourde porte en bois, il tapa du poing sur le mur. Le fracas raisonna sourdement, faisant tomber le cadre qui se trouvait sur ce même mur, plus loin. Son visage était déformé par la colère.


"Fait chié !!"

Sur ces deux mots, il quittait l’appartement laissant de nouveau une jeune femme derrière lui. Elle semblait calmée, comme si que la colère du garçon l’avait apaisée, ou bien choquée. Il quitta le quartier d’un pas déterminé, frustré. Sa marche folle prit fin dans une ruelle à plus de deux cent mètres. Adossé au mur, son regard se perdait sur celui d’en face. Il repensait à cette jeune femme, à son regard bleuté dont les larmes menaçaient à tout moment de sortir. Était-ce une bonne chose de laisser cette inconnue dans l’appartement de son maître ? Il ne pouvait croire qu’elle se soit jouée de lui, nul doute que sa peine était réelle. Mais qui était-elle ? Et ses recherches, Isaac avait-il réellement disparu sans lui léguer son précieux savoir qu’il n’avait pu lui transmettre entièrement par faute de temps.. Il repensait à la montre en argent de l’homme, Isaac lui avait promis de la lui léguer s’il maîtrisait son art. Où était-elle à présent ? Impossible, cet homme avait toujours été fiable malgré sa folie. Lil soupirait, il tentait de réprimer sa propre peine, sa force de caractère lui interdisait de flancher, il reprit sa marche. Direction le cimetière.


Le crépuscule inondait Central de sa lumière orangée, des nuages menaçaient la ville de l'inonder. Debout face à une pierre tombale d’un blanc pure, Lil demeurait silencieux, serein d’apparence. Sa chevelure blanche avait la même teinte que le ciel, ses cheveux ondulaient avec le vent, découvrant l’intégralité de sa cicatrice sur le nez. Il écoutait le vent, certaines bourrasques étaient plus fortes que d'autre, il le brusquait. Lil l'écoutait souffler dans ses oreilles. Comme si que celui-ci tentait de lui insuffler la force nécessaire pour l'encourager à s'éveiller à la colère, à la vengeance. Là, il songeait à voix haute, brisant le silence des morts…


"Un suicide, hm ? Tss… Connerie, tu étais fou mais pas à ce point."


Il se tût, son regard s’effaçait à nouveau, il avait le miroir maussade face à la tombe de l’avatar de la puissance. Son maître, son précurseur. Pourquoi est-ce que la vie s’acharnait à lui voler ses proches ? Son destin lui traçait une route solitaire, creusant un trou béant dans son cœur, Lil luttait pour ne pas le combler de noirceur. Il soupirait encore, un moyen radical pour réprimer la boule qui lui nouait l’œsophage. Son regard jade braqué sur le ciel, il annonçait à son maître…

"Je suis de retour, plus fort que jamais et tu n’es même pas là pour le voir. Tu n’es qu’un enfoiré… "

Une goutte glissait sur sa joue, puis une autre et s’en suivis tout un torrent. Sous ce fin rideau de pluie, nul ne sait si des larmes se mêlaient à la pluie. Bientôt ses cheveux retombaient le long de sa nuque, les mèches rebelles barrant son visage, il baissa la tête. Il sentait une présence, en réalité il la sentait depuis un petit moment, mais il s’en fichait. La main droite sur la tombe de son maître, il lui jurait…

"J’apprendrais ta maîtrise et retrouverais l’enfoiré qui a osé te latter avant moi… "

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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 16:08

Après avoir accentué sa prise, il finit par me relâcher et se reculer. J’en profitais pour me retourner sur le dos, déliant mon bras me faisant légèrement souffrir, mais ne fut pas assez rapide pour l’esquiver et me sentis agrippée par le col de mon vêtement alors qu’il approchait son visage du mien. Aussi proche, il ne m’était pas difficile de pouvoir discerner l’expression sombre qui marquait ses traits fins. Lui aussi semblait souffrir, probablement de la même douleur que moi s’il connaissait bien l’alchimiste, chose que je n’arrivais toutefois pas à comprendre. Mon oncle était quelqu’un de solitaire, et un peu dérangé, l’idée qu’une personne autre que sa famille ait réussi à l’approcher me paraissait inconcevable. Et pourtant … Les yeux émeraude du jeune homme recelaient une peine immense. Il criait, comme si malgré la faible distance qui nous séparait, je pouvais manquer ses paroles. C’était probablement sa manière à lui d’extérioriser se propre peine. Les dents serrées, je ne disais rien, le fixant sans un mot en attendant qu’il me lâche ou bien qu’il daigne m’en coller une. Néanmoins, mon regard s’assombrit lorsqu’il me traita de faible. D’où ce garçon que je ne connaissais de nulle part se permettait-il de me juger ?! Me renfermant davantage, je lui lançais un regard noir, pas prête de baisser les yeux face à lui. J’étais bien trop têtue pour ça. Finalement, il desserra sa prise, me laissant retomber au sol.

Je me rattrapais tant bien que mal avec les coudes, me redressant dans la foulée pour le voir ramasser son arme et se diriger vers la porte, non sans laisser exprimer sa colère contre le mur de l’entrée. La colère noire qui avait éclaté s’était un peu calmé, je ressentais juste une peine profonde désormais. Je lâchais un soupir, me massant le bras qu’il m’avait bloqué, avant de daigner me redresser en me maintenant à la commode. J’avais peut-être agit de manière un peu trop violente, maintenant que la hargne d’être surprise et sommer de s’expliquer avait disparue, j’arrivais déjà un peu plus à relativiser les choses. Je m’étais clairement conduite comme une sauvage avec ce garçon, même si j’ignorais qui il était et ce qu’il voulait. S’il avait effectivement était proche de mon oncle, il lui aurait simplement suffit de le dire. « Je ne lui suis pas étranger ». C’est simples mots me trottaient dans la tête désagréablement. Après tout, j’ignorais encore beaucoup de choses à son sujet. Je finis par me laisser aller contre la commode et me pris la tête dans les mains, le poids de la peine me retombant subitement sur les épaules. Aucunes larmes ne sortirent cette fois. J’avais déjà épuisé tous les pleurs dont j’étais capable. Il me faudrait désormais attendre que la douleur de sa perte disparaisse d’elle-même, à défaut de pouvoir l’évacuer en pleurant.

Je fixais le sol à travers mes mains écartées. Il était jonché des divers objets que j’avais mis en sacs, éparpillés lors de la légère lutte qu’il t avait eu. Si en arrivant j’avais eu le courage de me mettre à la tâche immédiatement, je ne me sentais désormais plus la force. Je souhaitais juste retrouver ses bras pour pouvoir me blottir à l’intérieur comme une enfant apeurée. Sur un coup de tête, je refermais la vitre, attrapant au passage mon sac à dos qui jonchait le sol. J’avais pu voir que la pluie menaçait, de lourds nuages s’amoncelaient non loin, cachant progressivement les rayons délicats de l’astre solaire, mais cela ne me rebuta pas. Enjambant le fatras qu’il restait, je ramassais le cadre tombé au sol pour le déposer sur un guéridon avant de quitter l’appartement, prenant soin de bien refermer la porte derrière moi. J’avais une idée très précise de l’endroit je me rendais, et avec le temps qui s’annonçait, j’étais sûre de ne croiser personne. Je ne mis guère plus longtemps qu’à l’aller pour rejoindre les lourdes grilles de fer forgé qui annonçaient l’entrée du cimetière. Ce dernier semblait vide, rendu lugubre par le temps assombri. Mais en progressant à travers les rangées, je me rendis compte qu’il y avait quelqu’un. Devant la tombe de mon oncle. Le jeune homme de l’appartement.

Dans l’ombre d’un arbre, je n’osais m’avancer, je le fixais de loin. La pluie commença doucement à tomber, alourdissant mes vêtements, s’infiltrant dans le sac qui ne contenait pas grand-chose d’important. Mais peu m’importait. J’étais curieuse. Je voulais voir combien de temps il resterait ici. Sa présence était déjà surprenante. J’avais eu vent de son enterrement, qui s’était passé dans la plus grande discrétion. Aucun proche, aucune famille, aucun collègue. Juste les pompes funèbres. Au fil des minutes qui passaient, le froid me faisait frissonner sans même que je m’en aperçoive, mes cheveux collaient à ma peau, à ma gorge, à mon dos, tout cela, je n’en avais cure. Mon attention était entièrement dévolue au jeune homme qui restait toujours statique devant la tombe de pierre blanche. Je fis quelques pas discrets dans sa direction, l’entendant parler doucement sans parvenir à discerner ses paroles. Me stoppant à mi-chemin, je restais hésitante. Après tout, je pouvais encore faire demi-tour. Oui, une personne plus sage aurait fait demi-tour pour rentrer. Je repris ma démarche pour me stopper à un mètre de lui, peut-être un peu plus. D’une main, je serrais mon autre bras, adoptant sans le vouloir une attitude presque gênée. D’une voix calme, je fis enfin part de ma présence.

"Excuse-moi … "

Je détournais le regard, déviant sur la tombe encore fraiche de mon oncle avant de lâcher un léger soupir, les yeux baissés vers le sol où ne gisait pas une gerbe de fleurs, rien. Mes doigts se crispèrent légèrement, je n’y avais même pas songé.

"Je ne m’attendais pas à sa … disparition. Je dois être à cran. Et ta présence là-haut m’a effrayé quelque part. Désolée de t'avoir agressé ..."

Je n’osais pas avancer plus, de peur qu’il prenne à nouveau ça pour une agression, après tout, c’était légitime. Je me contentais de fixer la tombe, me laissant tremper sans l’ombre d’une gêne par le déluge. Le garçon tenait toujours son arme à la main. Je jetais un coup d’œil dessus avant de relever les yeux vers lui.

"Je suis sa nièce. A ma connaissance, Isaac ne fréquentait pas grand-monde, étant un peu étrange sur les bords. Comment le connais-tu ? "


Probablement que je me ferais envoyer bouler vu la manière dont il avait été accueilli plus tôt. Mais qui ne tente rien n’as rien. Qui plus est, s’il le connaissait, j’imaginais qu’il souhaitait voir ou même conserver certaines choses lui appartenant. Auquel cas, il nous faudrait bien finir par nous entendre un minimum. Le jeune homme avait fini par détourner la tête, je pouvais désormais voir une partie de son visage malgré les mèches détrempés qui tombaient sur son front. J’avais une vague impression de déjà vu, surtout concernant ses yeux d’un vert sombre. Ils m’évoquaient le jade, cette pierre dite précieuse, ils en avaient l’éclat et la dureté. Je le fixais sans gêne, le visage maussade.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 17:31

"Excuse moi"

De marbre, le garçon restait dans sa posture, la main sur la pierre rosée par le crépuscule. Sa solitude était brisée par la voix de la sauvageonne. Il était temps de mettre un terme à cet instant de recueil. Il portait très mal cet habit, la morosité. Sa main glissa lentement le long de la pierre, il la laissa pendre le long de son corps.

"Je ne m’attendais pas à sa … disparition. Je dois être à cran. Et ta présence là-haut m’a effrayé quelque part. Désolée de t'avoir agressé ..."


N’était-ce pas là les excuses d’une femme réfléchie, rien à voir avec la furie de tout à l’heure. Lil ouvrit les yeux, silencieux il écoutait la jeune femme décliner son identité par sa propre volonté. Le calme après la tempête. Avait-elle surpris les paroles du jeune homme pour son oncle ? Ca lui importait peu, lui-même était un homme de parole, il retrouverait le meurtrier et lui offrirait le même châtiment. Échange équivalent. La jeune femme se révélait être un proche de l’alchimiste, plus précisément, sa nièce. Il fronçait les sourcils, il fit le lien avec l’enfant évoqué par Isaac lorsqu’il eut voyagé avec lui. C’était donc ça, cette fille avait un tempérament de feu, tout comme son oncle. Il souriait, finalement Isaac lui avait laissé quelque chose… Nul doute que l’ancien alchimiste d’Etat savait qu’ils serraient destinés à se rencontrer. Etait-ce pour cela qu’il l’avait formé, faisant de lui un combattant hors pair, immisçant en lui le désir de protéger ses proches jusqu’au péril de sa vie. Voulait-il que notre ami protège cette jeune femme ?Isaac était un grand calculateur, cette probabilité restait dans un coin de la tête du décoloré.

"Fichu manipulateur.."


Il avait soufflé ces mots doucement, dans un murmure étouffé par la pluie. Seule une oreille entraînée pouvait l’entendre. Lil se tourna lentement, il était temps de faire face à cette parente. Elle était trempée, presque frigorifiée. Silencieusement, ils se jaugèrent, Lil dévisageait la jeune femme, lui trouvant à présent une beauté rare. Maintenant que leur colère s’était atténuée, il pouvait l’examiner avec plus d’attention. Grande, mince, belle, il avait du mal à concevoir qu’elle était de la famille de cet homme bourru et au physique médiocre. Allons bon, il détournait le regard et ramassais son bâton qui était appuyé à la pierre tombale. Il replaça l’objet sur son épaule et la scruta, l’expression de son visage avait changé. Il s’efforçait de sourire, comme si de rien n’était, comme toujours.

"Tu t’es finalement calmée."


Il détourna à nouveau le regard, embarrassé, il avait conscience que sa réflexion pouvait être blessante. La pauvre femme devait être beaucoup attaché à l’homme, l’eut-elle considéré comme un père. Il l’ignorait, mais il pouvait affirmer que les liens entre le défunt et sa nièce étaient forts. Il pouvait le comprendre, lui-même avait une grande estime pour cet homme. Il lui avait apprit tant de chose, que ce soit sur lui-même, sur son pays d’origine ou sur l’alchimie. De sa main droite il plaçait en arrière les mèches qui commençaient à s’alourdir et lui cacher la vue. Laissant à découvert son front et l’intégralité de son visage, sa cicatrice lui donnant un air mystérieux et quelque peu.. Effrayant. Il lui tournait de nouveau le dos, cette fois il se tenait face au chemin, prêt à partir.

"Est-ce vraiment important, qui je suis ? Maintenant ca n’a plus aucun intérêt."

Le regard en billait, il apercevait la silhouette de la jeune femme à travers son angle mort. Pouvait-il réellement l’abandonnée ainsi, sachant qu’Isaac avait très certainement programmé cette rencontre. Il soupirait, en proie à l’hésitation. Intérieurement il jurait. Il lui demandait alors de sa voix neutre..

"Est-ce que… Est-ce qu’Isaac a laissé quelque chose derrière lui, une lettre, un objet, une parole ?"

Lil ne se sentait pas encore de lui imposer de nouveau sa présence dans l’appartement pour fouiller. Pour trouver des indices sur ses intentions, sur sa mort et surtout, sur son art. Sa mort ne pouvait être un accident, Lil le savait calculateur. De plus, par le passé, Isaac avait mentionné que l’armée était corrompue. Ce détail, Lil le comprenait à présent, mais que savait-il au fond, il l’ignorait… Il se tourna face à la jeune femme, celle-ci conservait cet air maussade, elle semblait si seule. Son lien de parenté lui donnait une certaine importance aux yeux du garçon, mais il était encore trop tôt pour qu'il s'en rende compte. Il attendait qu’elle réponde, une lueur d’espoir dans son regard de braise.
Le ciel ne cessait de s'assombrir, bientôt la pluie doublerait d'intensité. C'était comme si que le ciel pleurait, comme si qu'il versait les larmes que Lil n'arriver pas à matérialiser. A présent, le tonnerre grondait
.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 18:44

Je ne pus retenir une grimace à sa remarque. Comment me faire comprendre que je m’étais comporté en furie irréfléchie. Je détournais les yeux, restant silencieuse. Je n’avais pas grand-chose à rajouter en réalité … Fixant l’herbe qui ondulait sous le vent en train de se relever, je soupirais alors qu’un léger silence pesant s’installait. Que dire ? Relevant les yeux vers le jeune homme lorsque j’entendis à nouveau le son de sa voix, je fronçais imperceptiblement les sourcils à ses paroles. Ça en avait, pour moi. J’étais curieuse de savoir qui avait réussi à percer la carapace de solitude que s’était formé mon oncle dans sa folie. Une folie différente de celle de mon père, moins destructrice, moins dangereuse. C’était la sienne, il semblait combattre quelque chose que lui seul connaissait. Ne laissant presque personne entrer dans son monde en temps normal, il y avait visiblement quelqu’un d’assez attaché à lui hormis sa nièce pour aller dans son appartement et sur sa tombe après sa mort. Et ce simple fait m’intriguait hautement et me poussais à savoir qui était véritablement cet homme pour mon parent. Un ami, un membre de la famille dont j’ignorais l’existence ? Ou bien un lien encore différent les unissait. J’étais curieuse de savoir, mais le jeune homme ne semblait pas disposer à m’en laisser apprendre davantage pour le moment. L’air ailleurs, absent, il me questionna alors sur l’éventuel héritage qu’aurait laissé derrière lui l’alchimiste avant de disparaitre. Je n’en savais fichtrement rien, pas plus que je savais dans quel condition il avait fini par trouver la mort en fin de compte. Je réfléchissais quelques secondes, songeant à ce que je savais de ces biens qu’il avait abandonné derrière lui. Hélas, je n’avais pas eu le temps de tout vérifier dans l’appartement, l’arrivée impromptue du jeune home avait coupé court au tri que j’étais en train d’effectuer. L’air hésitante, je me frottais la tête doucement, envoyant un peu d’eau sur la tombe en plus de la pluie qui avait augmenté d’intensité.

"Eh bien … je n’en sais rien. En fait, je venais à peine de commencer à trier ses affaires lorsque tu as fait irruption, je ne suis pas allé bien loin."

Je repensais à l’ouvrage à l’épaisse reliure que j’avais déniché sur une étagère, contenant les souvenirs de la jeunesse du vieil alchimiste. Néanmoins, je doutais fortement que ce soit ce genre de chose qui intéresse le décoloré. Quoi que … après tout, je ne savais même pas s’il cherchait quelque chose de bien spécifique ou non. Le plus simple était encore qu’il voit par lui-même. Relevant le regard vers son visage, j’essayais d’attraper son regard avant de proposer d’une voix douce, contrastant fortement avec mon attitude de tantôt.

"Je ne suis pas devin, mais je jurerais que tu es à la recherche de quelque chose."

J’esquissais un demi-sourire dans sa direction, frissonnant sous l’onde de plus en plus fraiche.

"Il n’y a rien à cacher dans l’appartement. Isaac ne m’a jamais fait part de quoi que ce soit à ce sujet. Si tu ne me crois pas, viens avec moi. Tu pourrais chercher à loisir, je ne t’en empêcherais pas. "


Je calais aussi confortablement que possible mon sac sur mon épaule droite, faisant quelques pas pour m’approcher de la tombe. Les doigts crispés autour de la lanière, je fixais cette dernière, une lueur de tristesse dans les yeux avant de murmurer.

"Tu m’avais dit que tu reviendrais … mais je ne pensais pas que ce serait dans une boite. Stupide oncle ..."

Je restais silencieuse quelques secondes, les yeux dans le vague, avant de me détourner, prête à partir. Les éclairs déchiraient violemment le ciel, me firent lever la tête sous la surprise. Le jeune homme n’avait pas beaucoup bougé. Me tournant vers lui, prête à repartir, je l’invitais du regard à me suivre.

"Viens avec moi. Je ne t’attaquerais pas cette fois, promis. Et puis … tu pourras te sécher."


J’avisais le garçon, les vêtements aussi détrempés que les miens, mais à ma différence, il ne semblait absolument pas souffrir du froid alors que je claquais presque des dents tellement l’eau s’était immiscés au plus profond des fibres du tissu. Je repris le chemin de l’appartement, détournant la tête de temps à autre pour m’assurer que le jeune home suivait, tout en restant silencieuse. Les éclairs se succédaient sans relâche, le tonnerre grondait sans vraiment discontinuer, masquant le bruit même des voitures qui passaient. Les éléments s’étaient déchainés presque d’un seul coup et le résultat était assez impressionnant. Mais malgré ça, je n’arrivais pas à accorder à la nature l’attention qu’elle méritait pour le magnifique spectacle qu’elle offrait aujourd’hui. Je me contentais d’avancer vers un abri, vers un peu de chaleur. Arrivée devant l’appartement, j’ouvris la porte, allumant la lumière tellement la pièce avait été assombrie, et m’effaçais pour laisser passer le jeune homme avant de prendre sa suite, refermant la porte d’entrée au passage. Laissant tomber mon sac détrempé sur le sol, je retirais ma veste imbibé d’eau et la déposais dans l’évier, pour ne pas tremper tout l’appartement. Sans un regard pour le jeune homme, je cherchais dans les placards, essayant de me souvenir de l’emplacement des différents objets de la maisonnée.

"Vas y, tu peux fouiner. Je nous cherche de quoi se sécher en attendant. "


Je me rendais compte, à tête à peu près reposée, que ma crise de colère avait juste été induite par ma surprise et la peine que je tentais alors de contenir. Car au fond, il n'y avait rien ici à quoi je tenais particulièrement. Si, l'album de photos peut-être ... et le lieu en lui-même. Rien de plus. Les souvenirs ne m'intéressaient pas vraiment, je préférais de loin garder en mémoire les expériences que j'avais vécu avec lui plutôt que de maintenir son appartement identique dans les moindres détails pour faire perdurer sa mémoire. Celle-ci perdurerait dans mon esprit, dans celui-ci des gens qui l'avaient connus, et dans ce qu'il avait transmis. C'était suffisant.

Traversant le petit couloir de l’appartement, je parvins à la salle de bain et dégotais plusieurs serviettes. En prenant un gros tas, je croisais mon reflet dans le miroir défraichi. Je n’avais pas vraiment bonne mine, c’était indéniable. Mes cheveux trempés me collaient au visage, mes yeux encore rougies par les larmes que j’avais versés plus tôt, j’avais l’air pâle et déprimée. Ce qui au fond, n’était pas tout à fait faux. J’éteignis la lumière du coude, les bras chargés de serviettes, et repris la direction de la salle. Si je n’avais finalement aucune crainte à le laisser fouiner, c’est tout simplement car je savais qu’il n’y aurait probablement rien ici. Enfin, rien de compromettant ou de très important. Mon oncle savait toujours cacher avec une très grande habileté ce qu’il voulait maintenir secret. Et une de ces choses était tout simplement introuvable pour quiconque ignorait son existence. Ce qui était probablement le cas du jeune homme. En réalité, je doutais même fortement qu’Isaac ait tenu informé une autre personne sur ses découvertes.

Je déposais sans grande délicatesse ma trouvaille sur le fauteuil, m’emparant d’un bout de tissu que je posais sur ma tête, me séchant vivement les cheveux qui commençait à me maintenir véritablement au froid, avant de m’enrouler dans la serviette, cherchant à me réchauffer doucement. L’orage ne s’était en rien calmé dehors, la puissance des éclairs faisait parfois vaciller la lueur du lustre. Une fois que la sensation de froid se fut un peu dissipée, je reportais mon attention sur le jeune homme, occupé visiblement à chercher ça et là une chose bien spécifique. Les sourcils légèrement froncés, je lui suivis du regard durant quelques secondes avant de lui demander.

"Alors ? As-tu déniché quelque chose ?"

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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 20:59

Elle constatait l’évidence, lui faisant part de sa déduction. En effet, Lil était à la recherche de plusieurs choses. La cause de la mort de son maître, les traces de son art.. La réponse négative de la jeune femme l’avais déçu, car même s’il ne voulait pas se l’avouer, en quelques minutes il avait misé gros sur cette femme. Elle ne lui serrait donc d’aucune utilité, il partait de zéro, sans rien. Il haussa les épaules, abandonnant momentanément l’idée de l’importuné avec ses recherches et ses questions. Elle était en deuil, elle devait sûrement avoir besoin de solitude, de calme. Mais alors que le garçon s’apprêtait à lever le camp, elle lui demandait de l’accompagner. Lil s’arrêta, la tête à demi tournée, il l’écoutait clamer indirectement son besoin de combler le vide. Se sentait-elle si seule pour inviter un inconnu ? Lil n’était pas tant un inconnu, il avait connu Isaac, ce point commun les rapprochait bien plus qu’ils ne le pensaient.. Il tourna la tête, observant droit devant lui avant de soupirer doucement. Reï n’habitait pas très loin, il avait la possibilité de sécher chez elle, de plus, celle-ci lui avait laissé entendre qu’elle attendrait son retour. Ses hésitations n’étaient pas tournées vers son amie d’enfance, mais plutôt vers l’ambiance lugubre qui pourrait régner s’il l’accompagner. N’était-ce pas un peu égoïste de penser ainsi. Quelque part non. La jeune femme promettait même de ne plus lever la main sur lui, cet argument le fit sourire, le premier sourire amusé de la journée, et celle-ci était presque achevée… On lui avait promis tellement de chance depuis son enfance, il aurait pu indigné en l’entendant promettre, il aurait pus se refermer. Il aurait pu, mais Lil n’était pas du genre à ressasser le passé. Il faisait parti de ceux qui allaient de l’avant. D’une voix douce et basse il se dit pour lui-même, reprenant mot pour mot les paroles d’une menteuse que même aujourd’hui, il appréciait encore…

"Les promesse n’engagent que ceux qui y croient. "

La jeune femme l’avait dépassé, elle prit un peu d’avance avant de ne s’arrêter à quelques mètres plus loin. Lil l’avait suivi du regard lorsqu’il s’aperçut de son absence il lui emboitait le pas. D’un air nonchalant il observait le ciel, le temps s’était dégradé à une vitesse vertigineuse, enveloppant nos deux protagonistes dans les ténèbres. Le jeune homme jetait un dernier regard à la tombe de son maître, il s’en remettait à la nièce à présent. Etait-ce de famille de vouloir aider les types paumés ? Sûrement, d’autant plus que sa rencontre avec Isaac avait été également belliqueuse, il souriait, les yeux rivés sur cette jeune femme intrigante de par sa beauté et son caractère embrasé.

"Cette invitation t’offrira une belle occasion de te faire pardonner. "

Une touche d’humour dans ces ténèbres, il doutait qu’elle puisse sourire, mais sa nature taquine était ainsi, irrécupérable. Cela prendrait peut être du temps, peut être pas, mais dans tous les cas il se jurait de décrocher un sourire à cette jeune femme. Il n’y a rien de plus merveilleux qu’une belle femme qui sourit sincèrement.


"Vas y, tu peux fouiner. Je nous cherche de quoi se sécher en attendant. "


Cette fois-ci il était passé par la porte d’entrée, pas de mission chimpanzé, pas de coup de pied balayette.
Il aurait été tenté de chercher le frigo’ ou un cendrier, à la place il fermait la porte derrière lui et retirait sa veste. Il laissa tomber celle-ci négligemment sur le plancher puis s’attaqua à ses chaussures. Il remontait les pants de son jean, ce fut ensuite le tour de son t-shirt, le tout largué près de la porte d’entrée, il profitait de l’absence de la jeune femme pour chercher le bureau, si bureau il y avait…Le garçon n’avait pas tellement idée de ce qu’était la pudeur lorsqu’il s’agissait de lui. Cependant, il avait moins de facilité lorsqu’il s’agissait du sexe opposé.
Il trouvait la chambre, les toilettes, une chambre d’amie mais pas de bureau. Il remarquait une bibliothèque, il se posta devant. Il lui fallait juste la forme complète du cercle, quelques cours et son apprentissage était terminé, il ne pouvait s’arrêter là. Il voulait satisfaire cet homme, perdurer son art, lui rendre hommage par sa force. Mais c’était peine perdue, le vieux bougre était bien trop prudent, intelligent et quelque part égoïste pour mettre sur papier son savoir. La chimère cessait ses fouilles, son regard se posa alors sur une boîte en carton posée sur la table du salon, près de la fenêtre. Il se dirigea vers le carton d’un pas lent. La boîte comportait les effets personnels d’Isaac qu’il portait sur lui avant de ne quitter ce monde. Les yeux de Lil furent automatiquement attirés par la montre en argent de son maître. La morosité lui tendait de nouveau les bras, il prit l’objet de convoitise.




Flash back

"-Elle te plait n’est-ce pas ?Je te la donne.
-Vous délirez…
-Si tu arrives à maîtriser mon art.
-Comptez là-dessus !"


"Tss..facile à dire... "

Les paroles de l’homme raisonnaient encore dans sa mémoire, sa motivation brulait encore en lui. Aujourd’hui il avait la possibilité de prendre ce bien, cependant, il n’aurait pas respecté le deal. Lil était très sérieux sur ce sujet, il comptait bien compléter le cercler et maîtriser l’art de cet homme, et à ce moment la montre lui reviendrait. Ce serrait l’unique souvenir matériel de l’homme qu’il conserverait. Son épaule gauche appuyée contre la fenêtre, il observait la pluie, songeur. Il réalisait seulement maintenant avec quelle facilité il avait pu revenir dans l’appartement. A présent il trouvait ça étrange que la jeune femme l’eut laissé venir sans savoir quoi que ce soit de lui, si ce n’est sa peine. Etait-ce uniquement pour cette émotion qu’ils partageaient qu’elle lui avait accordé sa confiance ? Il soupirait. Que de questions, mais où étaient les réponses… Où chercher ?
Parmis ses songes réfléchis, Lil mettait au point une probabilité sur le motif de la mort de son maître. A cet instant, la voix de la jeune femme le sortait de ses rêveries…


"Alors ? As-tu déniché quelque chose ?"

Il lui jetait un regard sans changer sa posture de rêveur. Il dessinait les contours du motif de la montre en argent avec son pouce. Il n'avait pas remarqué que la montre était scellée par l'alchimie et qu'elle renfermerait probablement quelque chose d’intéressant. Un détail remit à plus tard... Les yeux rivés sur l’extérieur il lui demandait…

"Isaac était un ennemi de l’Etat, il avait découvert quelque chose, quelqu’un l’a tué pour le faire taire."

Il porta son regard sur le sien, il croisa une nouvelle vague de tristesse dans son regard. Il suffisait de regarder l’expression de son visage pour comprendre qu’elle ne savait rien de son oncle. Pas même ses plans. Il regrettait ses paroles, à aucun moment il n’avait voulu la froisser, il était sûrement encore trop tôt pour en parler. Le jeune homme se détachais de la fenêtre, il reposa l’objet en argent dans le carton et répondit.

"Excuse-moi...Non…rien de bien intéressant. Et je ne voudrais pas t’importuner avec mes affaires. "

Il leva son regard vert sur cette inconnue, elle lui était familière, cette probabilité lui trottait dans la tête depuis un moment sans vraiment y prêter attention. Ses yeux bleus n’avaient rien de commun, tout comme ses propres pupilles. Elle avait quelque chose de différent, il ne put détacher son regard durant plusieurs secondes.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 21:38

Le jeune homme avait l’air ailleurs, comme plongé dans ses pensées. Je baissais le regard quelques instants sur ses mains, voyant qu’il tournait et retournait un objet aux éclats argentés entre celles-ci avant de reconnaitre la montre en argent de l’alchimiste. C’était peut-être ça qu’il était venu chercher. Après tout, Isaac m’avait plus d’une fois expliqué l’utilité de cet objet. On disait qu’elle permettait d’amplifier les réactions alchimiques, il s’agissait simplement en réalité d’un objet conférant le grade d’Alchimiste d’Etat et de major à la personne qui la portait. Je l’écoutais parler en silence, une serviette posée sur les épaules, laissant mon visage s’assombrir petit à petit. Alors c’était donc ça, ce qui le rongeait de l’intérieur … c’était ce qu’il avait découvert. Les sourcils légèrement froncés, je fixais le sol. Se pourrait-il que ce que dise le jeune homme soit vrai, qu’on l’ait délibérément tué pour le faire taire ? Je n’osais réellement y croire, et pourtant, c’était probablement l’explication la plus plausible. Cette tête de mule ne se serait pas laisser tuer si facilement, il aurait tenu sa promesse et serait revenu me chercher, j’en étais persuadée. Si seulement on lui avait laissé la possibilité de le faire. Je voulus détourner le regard au moment où je croisais celui du jeune homme, essayant de cacher mes sombres réflexions derrière une attitude plus neutres, je constatais bien vite que c’était peine perdue. Les mains serrées sur le bout de tissu courant sur mes épaules, je l’observais en silence durant quelques secondes avant de secouer la tête de manière négative.

"Non, vas’y, continue. Je veux savoir ce qu’il lui ait arrivé, si tu as des informations, quel qu’elles puissent être, je suis prête à les prendre. "


Les yeux assombris par une idée négative, je repris d’un ton beaucoup plus grave.

"Si quelqu’un a effectivement pris sa vie, je veux le retrouver. Et lui faire payer."


L’esprit à nouveau en pleine ébullition, je sentais naitre en moi un besoin de comprendre ce qu’il s’était réellement passé. Pourquoi m’avait-on brutalement arraché ce qu’il me restait de famille ? Qu’importe, si c’était bien un acte criminel, j’étais prête à employer le savoir qu’il m’avait transmis pour comprendre ce qu’il avait découvert et essayer de le venger. J’essayais de sortir cette idée pernicieuse de mon esprit avant de constater, avec un certain temps de retard, que le décoloré semblait avoir pris ses aises. Torse nu, jean remonté et pied nu, je le vis ramener la montre argentée dans le carton contenant les affaires de l’ancien alchimiste. Mon regard dériva inévitablement sur le dos du jeune homme et lorsque je m’en rendis compte, je me hâtais de tourner la tête. L’ambiance n’était pas tout à fait à ça, je me le hurlais mentalement alors que mes joues venaient de prendre une légère teinte carmin. Je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire face à mon imagination débordante qui faisait déjà des siennes puis retirais la serviette de ma nuque, la laissant tomber sur le dossier d’une chaise avant de me tourner à nouveau vers le jeune homme qui désormais me faisait face. D’un geste du menton, je lui indiquais la petite boite dans laquelle il venait de reposer l’objet d’argent.

"Tu peux la prendre si tu le souhaites. Je n’en ai aucune utilité."

Je sentis son regard se poser sur le mien et haussais un sourcil amusée, ne comprenant pas vraiment cet intérêt soudain alors qu’il ne semblait songer auparavant qu’à retrouver l’objet de ses désirs. Curieuse, je lui rendis son regard, sans pour autant le détourner. Au bout de plusieurs dizaines de secondes à s’observer en silence, je finis par abandonner et me détournais, me mettant en quête de trouver à manger alors que mon ventre semblait crier famine. Les cheveux légèrement emmêlés me retombaient une fois de plus sur le visage, je les repoussais d’une main avant de dénicher un paquet de gâteaux au chocolat encore bons. Le posant sur la table, j’entrepris de finir de me sécher tout en scrutant de temps à autre la silhouette du jeune homme.

"J’y pense. Tu t’y connais en alchimie ?"

Je lui montrais d’un doigt tendu l’immense bibliothèque emplie d’ouvrages en tout genre traitant de cette science.

"Tout le meuble ne contient que des bouquins sur ça. Si ça t’intéresse, sers-toi …. Je ne pourrais rien en faire de plus dans tous les cas."


Mon pantalon me collait à la peau, refusant de sécher. Sans aucun gêne, je retirais ce dernier, entourant mes hanches d’une serviette encore sèche puis m’assis sur le rebord du fauteuil en scrutant l’extérieur.

"Je serais curieuse de connaitre ses affaires dont tu parles."


D’un léger mouvement de tête, je tournais mon regard bleuté vers lui.

"Et tu ne m’as toujours pas dit qui tu étais en fait …"


Je continuais en esquissant un léger sourire amusé.

"Si ça se trouve, j'accueille ici un grand psychopathe sans même le savoir !"


Bien évidemment je doutais que ce soit le cas. Etrangement, mon instinct animal me prévenait presque systématiquement lorsqu'un danger se proférait à l'horizon. Et à l'instant, c'était loin d'être le cas. En réalité, je me sentais presque mieux depuis que nous étions rentrés. Certes la peine était toujours présente mais un peu moins vive, atténuée par les questionnements que je me posais désormais au sujet de l'argenté ainsi que de ce qu'il savait.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Lun 16 Avr - 23:20

Bien plus forte qu’elle n’en avait l’air, la jeune femme souhaitait d’avantage d’information. Le même regard vengeur animait le regard de la jeune femme d’une lueur obscurcit. La même que celle de notre chimère. Il n’en était pas ravi, au contraire, lui savait combien cette voie était dangereuse pour celui qui s’y perdait. C’est pourquoi il se chargerait de cette tâche, c’était son devoir en tant qu’élève. Il se rendit compte d'un fait qu'il partageait à voix haute...

"Hmpf.. Tu es plus forte que je ne le pensais, excuse moi de t'avoir traiter de faiblarde."

Il était un peu comme sa relève, mais avec plus de fierté. Contrairement à Isaac, Lil n’irait pas quérir l’aide de monstre pour assouvir ses ambitions. Pour ces choses là, il était un loup solitaire. Une bête perfide comme l’animal qu’il abritait. Sa chevelure argentée continuait de goutter, dégoulinait de temps en temps dans son dos ou sur son torse, il s’en accommodait, il ne craignait pas le froid comme un humain normal. Ce détail lui échappait souvent, ne sentant pas de différence, elle était juste visuelle pour ceux qui lui faisaient face, ou physique. Il n’avait rien d’utile pour réchauffer les cœurs, c’est pourquoi l’art de MacDougal lui allait parfaitement. Il détournait enfin son regard du visage de la jeune femme, frottant machinalement sa nuque humide. Il faisait danser la chaîne argentée suspendue à son cou, un objet de valeur pour cet homme qui semblait pourtant se détacher de tout.
La jeune femme semblait à son tour plongée dans ses réflexions, un sourire aux lèvres, il ne put discerner les rougeurs sur ses joues à cause du manque de luminosité. Il la pensait en proie à de doux souvenirs, son visage s’était subitement adoucit. Toujours près de la table, il eut juste besoin de tendre le bras pour s’emparer de la serviette que la demoiselle avait délaissé. Sans le moindre scrupule, de toute façon elle s’était proposée de le sécher, il essuyait frénétiquement ses cheveux, secouant le tout avec énergie. Une fois cette tâche accomplie, il tamponnait l’objet en coton contre sa peau tandis qu’elle lui proposait de garder la montre. Une délicate attention qui le touchait, mais cette montre était un trophé, il lui fallait la mériter.
Les yeus fermés, il avait cet air sérieux de l’élève modèle… Cependant, sa chevelure était toute ébouriffée et lui donnait un air enfantin qui contrastait avec son sérieux…Il dit à voix basse..


"Je ne peux pas… Je ne l’ai pas encore mérité."

Il levait son regard sur la jeune femme lui offrant un demi-sourire en signe de gratitude. Elle se dérobait après un court instant de silence pour rejoindre la cuisine et y dénicher ce qui semblait être des gâteaux fourrés au chocolat. Le placard étant en hauteur, la jeune femme avait lutté pour l’attraper sous le regard admiratif du décoloré. La tête légèrement inclinée, il observait pour la première fois les courbes de la jeune femme à travers le muret faisant office de comptoir. C’était à peu près le même style d’appartement que celui de Reï. Il détournait aussitôt le regard lorsqu’elle revint dans la partie salon. Elle lui faisait penser à son amie, moins enjouée certes, mais tout aussi douce et courageuse. Cette fille avait ses démons, plus ou moins imposants, malgré ça, elle arrivait à garder la tête haute. Il pouvait l’affirmer car elle avait encaissé la mort de son oncle avec sagesse, une fois son quart d’heure folie passé…

"-J’y pense. Tu t’y connais en alchimie ?
-Hm ? "

Lil relevait le menton, la jeune femme lui indiquait la bibliothèque qu’il avait vaguement trifouillée précédemment. La question lui tirait un petit rire étouffé. Il haussait les épaules d’une manière évidente. Apparemment elle non. Tandis qu’elle lui annonçait ne pas en avoir le moindre usage, elle se tortillait. Lil fixait la bibliothèque manquant au passage l’occasion de se rincer l’œil. Il reporta son attention sur la jeune femme, cependant elle avait changé de place, il vit à la place son pantalon pendouiller sur une chaise. Elle avait prit place plus loin, sur le bras d’un fauteuil, près de la cheminée et du sofa. Lil s’était affaissé sur la table, gardant une certaine distance par politesse. Il avait déjà perturbé son intimité, ca lui suffisait.
Depuis son fauteuil, elle continuait de parler, nettement plus loquace qu’avant. A présent c’était l’identité de la chimère qui l’intéressait. Il n’avait pas encore eu le temps de répondre à sa précédente question, il souriait. Voir le visage de cette jeune femme nettement plus chaleureux lui mettait du baume au cœur. Manquait plus qu’il lui soutire un sourire radieux pour satisfaire sa vue et sa conscience de gentleman. Les bras croisés, il observait le ciel rayé par d’énorme éclair. Un spectacle magnifique.


"Lil Evans, Isaac était mon maître, il m’a enseigné l’alchimie jusqu’à ce que ses affaires le rappellent à l’ordre..."

Il tournait la tête, portant son regard sur la jeune femme. Sa tenue était indécente, elle égalait Reï sur ce coup là. Et la salle de bain alors? Quel intérêt d'être sec en bas et non en haut. Le jeune homme commençait d’ailleurs à se lasser de sa sensation d'humidité. Elle provoquait le premier sourire complet du garçon qui jusque là n’avait arboré que de pâle sourire. Il détournait de nouveau le regard, son intérêt pour cette inconnue ne faisait qu’augmenter avec le plaisir qu’il avait à se trouver ici. Dommage que leur rencontre fut programmée dans de telle circonstance. Ce n’était pas le moment de flancher, ni de rêvasser, il avait un discours à tenir, bien que celui-ci serrait court et non détaillé, comme à son habitude involontaire à soulever l’intrigue et le mystère.

"Malheureusement il est mort avant d’achever son 'œuvre '.. "


Notre ami était l’œuvre en question, Isaac lui avait clairement expliqué qu’il voulait faire de lui un alchimiste talentueux afin qu’il perdure son art, le fruit d’un quart de sa vie de recherche. Lil savait que ses attentions à son égard n’étaient pas totalement noble ou respectables, mais ca lui était égal le pourquoi du comment. Pour cause, Isaac avait été exemplaire avec lui, même s’il fut sévère avec lui. Il n’avait jamais pu dompter intégralement le petit voyou qui aujourd’hui était un homme digne de confiance, tout comme le maître. Il décroisait ses bras éparpillant ses mains derrière son buste pour prendre appui et reposer son dos. Sa main gauche frôlait le carton, il vit de nouveau la montre argent et ne put s’empêchait de la prendre et de la suspendre devant lui. Tel un objet hypnotique, il lui donnait le rythme d’une pendule. La jeune femme était soudainement silencieuse. Lil reprenait tout en fixant l’objet…

"Quant à ces affaires, je parlais de son acharnement à vouloir détruire Central, ou plutôt, l’armée… "

Parlant presque pour lui-même, il se disait à voix haute, obnubilé par la montre qui brillait…

"Maintenant je comprend tes motivations, tu savais.."

Il s’interrompit et cessait de jouer avec l’objet pour jeter un œil à la jeune femme. Intrigué, il passait à un autre sujet..

"J’aimerais également pouvoir mettre un nom sur ce qu’Isaac voulait que je rencontre et peut être même protège…"

Les derniers mots avaient été dit avec moins d’intensité, sur un ton songeur.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mar 17 Avr - 14:32

Je fronçais imperceptiblement les sourcils en l’entendant. Comment cela mériter ? L’alchimiste n’était désormais plus de ce monde, et personne d’autre que lui n’aurait pu décider si le jeune homme était digne de pouvoir recevoir cet objet ou non. Bien que pour moi, c’était simplement une montre, certes magnifiquement ouvragée, mais elle restait plus l’héritage du talent de mon oncle que je ne pouvais égaler plutôt qu’un objet réellement utile. Voilà pourquoi je lui avais proposé de but en banc de la prendre s’il y tenait. Et bien qu’il semble très intéressé par cette dernière, son air sérieux contrastait avec l’éclat qui brillait dans ses yeux de jade. Après tout, c’était son choix. Je garderais l’objet dans un coin si un jour il s’estimait enfin digne de le recevoir.

Assise en travers du fauteuil, je scrutais de temps à autre les éclairs déchirant le ciel, bien à l’abri au sein de l’appartement. Apaisée, je croisais les jambes et m’étendais sans grande gêne contre le dossier, en biais, reportant mon attention par moment sur le jeune homme à la chevelure désormais bien ébouriffée grâce à son séchage intensif. Amusée, j’esquissais un sourire en l’observant, nullement gêné par sa tenue légère. Enfin … je n’étais pas le mieux placé pour le rabrouer sur ce coup-là … La serviette m’enserrant les jambes en disait long sur le fait que je me foutais de bien paraitre ou non. J’avais juste froid et voulais y remédier. Et si ma chemise avait rapidement sécher, pour n’être désormais qu’humide, le jean était une toute autre histoire. Le jeune homme observait également le spectacle offert par le ciel, semblant subjugué par ce qu’il y voyait. Je fus surprise d’entendre sa voix et déportais très légèrement le regard sur lui en l’écoutant. Son maitre ? Allons bon, je n’aurais jamais cru que mon oncle prendrait un jour un disciple, bien trop têtu et pas assez patient. Une fois de plus, le vieux bougre m’avait montré qu’il était plein de surprises.

Toutefois, je bloquais sur autre chose. Lil Evans. Ce nom me rappelait indéniablement quelque chose. Comme si je l’avais déjà entendu par le passé. Sourcils froncés, j’écoutais le jeune homme tout en tentant de réfléchir, fouillant dans ma mémoire pour remettre un visage, une situation, quelque chose sur ce nom. Je notais en silence les affaires dont il avait fait allusion. J’avais toujours su que l’alchimiste avait des velléités contre l’armée, il ne cessait de pester contre ses supérieurs et leurs idées absurdes à l’époque où je voyageais en sa compagnie. Alors trop jeune, je n’avais pas compris à quoi il faisait allusion, et si même aujourd’hui je n’avais pas plus d’idées sur ce dont il parlait à l’époque, je comprenais au moins un peu mieux ce qu’il voulait dire à ce moment là. Qui plus est, je fis le lien avec ce que m’avait dit le jeune homme. Si mon oncle avait effectivement découvert des choses compromettantes pour l’armée dans sa lutte contre cette dernière, il était fort probable qu’il ait effectivement été assassiné pour le faire taire. En proie à la réflexion, je rangeais cette idée dans un coin de ma tête, me promettant de tirer cette histoire d’armée corrompue plus tard.

Le jeune homme avait bougé, s’emparant de nouveau de la petite chaine de métal au bout de laquelle pendait doucement la montre argenté et la faisait doucement bouger devant lui, à la manière d’une hypnose. Tout en l’observant, ne l’écoutant désormais que d’une oreille, j’essayais de repérer des détails qui pourraient me faire comprendre pourquoi son nom m’était familier. Il n’y avait pas que son nom d’ailleurs. Ce regard, si marquant, je l’avais déjà vu quelque part, j’en aurais mis ma main au feu sans la moindre petite hésitation. Lorsqu’il releva les yeux vers moi, je ne détournais pas le regard pour autant, plongé dans mes souvenirs. Le pourquoi de comment je connaissais ce nom venait de me revenir, et je me trouvais fort idiote d’avoir oublié une telle chose. Par une nuit au temps similaire à celui qui régnait dehors, j’avais pu fuir la folie destructrice de mon père, et ça, grâce à une personne. Un gamin, probablement du même âge que moi. Un gamin téméraire aux yeux perçants. Aux yeux de jade.

Un léger sourire naquit sur mes lèvres alors que je me redressais pour m’approcher de lui, les yeux brillants. Le destin avait parfois de curieuses manières de jouer avec ses pions. Voilà que des années plus tard, dans une autre ville, je retrouvais mon sauveur de l’époque. Je fis tomber ma serviette en me levant mais n’y prêter pas attention, les yeux rivés sur ceux du jeune homme.

"La protéger dis-tu ? Je crois que tu as commencé il y a déjà fort longtemps …"

A une cinquantaine de centimètres du jeune homme, je me stoppais enfin, le regard levé pour ne pas lâcher le sien et lui décrocha un sourire sincère. Le premier depuis longtemps.

"Je m’appelle Elena. Elena Madison. "


J’étais heureuse de le revoir. J’étais maintenant sûr qu’il s’agissait bien de la même personne. Qui aurait cru qu’il s’agirait également de l’apprenti de mon oncle ?! Le monde est bien petit … Je me sentais encore un peu coupable de la manière dont j’avais fuie, étant enfant, lorsqu’il avait voulu me venir en aide. J’avais eu peur. Me retrouver seule en pleine nature, sans aucun adulte pour me guider, moi qui avait toujours vécue dans le carcan autoritaire de mon père, m’avait fait paniquer et j’avais pris la fuite sans aucune raison valable. J’aurais très bien pu rester avec lui, j’aurais probablement dû d’ailleurs, mais l’esprit d’un enfant est la plupart du temps irraisonné.

J’ignorais totalement comment il réagirait, qui sait même s’il se souvenait de moi … Même si l’épisode était notable, nous ne nous étions vu que quelques heures, à peine. Pourtant, je n’avais jamais pu l’oublier, c’était à lui que je devais ma liberté, et probablement également la vie. Une lueur inquiète passa dans mon regard lorsque je pensais à la possibilité de n’être qu’un souvenir oublié depuis longtemps, néanmoins, si tel était le cas, je ne m’en formaliserais pas.

"Je ne suis même pas surprise que tu te sois lié à mon oncle en réalité. Deux tempéraments aussi explosifs que celui que tu semblais avoir ne pouvait que finir par s’entendre."

Je scrutais désormais la petite montre qu’il tenait désormais dans ses mains. Tendant le bras, je lui demandais du regard si je pouvais la lui prendre avant de m’en emparer doucement pour la faire lentement tourner entre mes doigts. C’était un objet assez lourd en fin de compte, malgré sa petite taille. Je voulus l’ouvrir mais n’y parvint pas, aussi je n’insistais pas, de peur de l’abimer. Finalement, j’attrapais al main fraiche du jeune homme et déposais le petit objet dedans avant de replier ses doigts dessus, gardant ma main au dessus. Le regard levé vers celui du garçon, j’esquissais à nouveau une ébauche de sourire.

"Tu t’en ai déjà montré digne … Garde-la."
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mar 17 Avr - 16:32

Un silence songeur, si la jeune femme ne parlait pas c’est parce que l’identité du garçon lui était familière. Lil la regardait, quelque peu inquiet, il se remettait en question se demandant si ses paroles étaient la cause de son absence de réaction. Mais elle se leva, ignorant la serviette qui glissait doucement le long de ses hanches. Un sourcil haussé, il la regardait se mouvoir lentement jusqu’à lui. Il avait beau avoir une attitude respectueuse et sérieuse, Lil ne put s’empêchait de relooker cette beauté, la tête un brin inclinée. Allons bon, c’était un homme après tout, il ne fallait pas tenter le diable… Tandis que le moment où il y aurait proximité était proche, elle reprenait les mots qu’il pensait avoir soufflé dans un murmure non perceptible.

"La protéger dis-tu ? Je crois que tu as commencé il y a déjà fort longtemps …"

Cette fois ce fut au tour de son autre sourcil de se lever, intrigué. Elle l'avait entendu?! Sur le coup il ne put faire le lien avec quoi que ce soit, persuadé que cette jeune femme lui était étrangère. Une chevelure aussi claire que la sienne et un regard d’un bleu profond pareil, il s’en serrait souvenu. Un brin déstabilisé la venue de la jeune femme, il se redressait, dos à la fenêtre l’observant avec intention. A même pas un pas de lui, elle s’était arrêtée, une proximité qui mit mal à l’aise le jeune homme. Elle était séduisante et bien plus en petite tenue, il ne pouvait nier cette réalité, c’est pourquoi il l’a regardait de haut, d’un air grave. Il passa le revers de sa main sur son nez, un geste inconscient qui traduisait une certaine gêne, son nez ne le grattait pas, à moins que ce soit le premier signe d’une hémorragie… La belle souriait, un sourire radieux et mystérieux. Lil fronçait les sourcils, d’avantage intrigué en plus d’être surpris. C’est alors qu’elle déclinait son identité.

"Je m’appelle Elena. Elena Madison. "

Elena Madison, Elena Morgane Madison, la petite fille qu’il avait arraché des mains d’un père rongé par une folie alchimique. Son cœur fit un bond, les yeux écarquillés, il l’observait avec d’avantage d’intensité. Cet épisode l’avait marqué profondément, il n’avait donc pas eu du mal à se souvenir d’elle. Il lui était arrivé de repenser à elle, de se demander ce qu’elle était devenue. A présent, il avait sa réponse. Cette fille, la nièce d’Isaac, c’était presque invraisemblable. Il se mit à rire, secouant négativement la tête par cette ironie du destin. Le hasard faisait drôlement bien les choses.
Cafouillant à son tour la montre en argent, Elena tentait vainement de l’ouvrir. Lil fronçait les sourcils, observant les doigts de la jeune femme en pleine lutte.


"Je ne suis même pas surprise que tu te sois lié à mon oncle en réalité. Deux tempéraments aussi explosifs que celui que tu semblais avoir ne pouvait que finir par s’entendre."


En effet, c’était le sal caractère rebelle du garçon qui avait charmé l’alchimiste de glace. Si jeune à l’époque, et déjà très victime des horreurs des adultes, et de l’alchimie. De plus, son optimisme et son origine avaient été deux facteurs pour lesquels Isaac n’avaient pu fermer les yeux. Il aimait Drachma et ses montagnes enneigées, il avait apprécié la lueur optimiste dans les yeux du garçon.
Lil l’avait écouté, cependant son esprit était partagé entre cette retrouvaille et le fait qu’ele ne put ouvrir la montre. Elena prit sa main et déposa l’objet dans le creux de sa main avant de ne refermer celle-ci. Le garçon baissait lentement les yeux, soudainement maussade. Une fois de plus il devait décliner. Il avait un objectif à réaliser avant de prendre cet objet. L’accepter alors qu’il n’avait pas respecté sa part du marché avec son maître revenait à un échec, un abandon. Lil n’était pas un lâche, il avait l’âme d’un battant, même si son maître était mort, il avait encore le naïf espoir de maîtriser son art.


"Tu t’en ai déjà montré digne … Garde-la."


Il leva son regard sur Elena avant de retirer doucement sa main et de poser la montre dans le carton. Ca l’ennuyait de décliner cette offre, mais le moment n’était encore venu. Elle comprendrait.

"Je ne peux pas, pas tant que j’aurais maîtrisé son art dans son intégralité. Je compte bien le dépasser…"

Il soupirait, soudainement découragé, ses épaules s’étaient baissées. Il avait cet air ennuyé et amusant à la fois. Bien que sa motivation fût forte, il risquait d’avoir beaucoup de mal pour respecter sa parole maintenant qu’Isaac était mort. Le jeune homme se frottait doucement l’arrière de sa tête. Il reviendrait sur le mystère de la montre plus tard, sur le coup il y avait plus important. En l’espace de quelques secondes il y avait eu plusieurs intrigues intéressantes, chacune important un lot de question et de mystères. Il reprit son air sérieux, observant la jeune femme avec douceur.
Lil posa ses mains sur les épaules de la jeune femme, il l’a ramena contre lui l’espace d’un court instant. Il ne l’avait pas totalement enlacé, seulement, ses bras ne l’entourait pas. La différence de chaleur était légère, Lil avait chaud dans cet appartement, à moins que... non. Un soupire d'aise.
D'une vois suave il soufflait doucement...

"Je suis content "

Il la remit à sa place et retira ses mains de ses épaules. Il était content qu’elle soit en vie, leur séparation avait été des plus étranges. D'une vois suave il soufflait doucement...

"Le monde est petit, hm, Morgane."


Il l’observait, détaillant son visage avec attention. Elle n’était plus brune mais décolorée, comme lui, une coïncidence amusante. Comme si que chacun de leur côté ils avaient eu la même idée, mais est-ce que les raisons étaient les mêmes ? Lil avait coupé sa longue chevelure blonde sous la directive de Reï pour ensuite la décoloré. Son air voyou n’en était que plus accentué.

"Je crois qu’on a beaucoup à se dire mais avant ça… "

Il reprit la montre afin de l’examiner, il remarquait aussitôt qu’elle avait été scellée par l’alchimie. Cette montre renfermait donc un mystère, cette fois c’est c’était certain…

"Isaac ne m’a pas laissé sans rien… "

Son espoir était de nouveau embrasé, quelque part son vieux maître avait laissé le fruit de son travail pour qu’il puisse achever son apprentissage et par la suite, ouvrir cette montre. Il souriait, ravi que l’alchimiste de glace l’ait considéré comme son égal. Même dans la mort il attendait encore beaucoup de lui. Il soupirait.

"Hmm… je verrais ca plus tard, il se fat tard. "

Il reportait son regard sur la fenêtre, l’orage grondait toujours avec agressivité. Il pensait à Reï, il ne l’avait même pas appelée pour lui faire part de son retard. De plus, la seconde raison de son intrusion dans cet appartement avait échoué. Ses habits étaient négligemment posés en boule près de la porte d’entrée. Tant pis, de toute façon il serrait de nouveau trempé en sortant. A peine avait-il retrouvé une vieille connaissance qu’il devait déjà la quitter. L’idée lui déplaisait mais il savait parfaitement qu’ils serraient amenés à se revoir, c’était plus qu’évident. Il plissait légèrement les yeux d’un air inquiet, il reportait son attention sur Elena afin de s’informer..

"Est-ce que…ca va allé ?"

Il parlait de cette journée éprouvante, du fait de la laisser seule. Car jusqu’à présent, la présence de Lil semblait avoir apaisé sa douleur, le deuil de son oncle étant toujours présent, il resurgirait probablement lorsqu’elle se retrouverait seule. Mais ça, seul un être qui lui était chère pouvait l’aider à affronter la tristesse, à moins qu’elle fût assez forte pour le faire seule. Les femmes étaient fragiles, même celles qui s’efforçaient à prouver le contraire. Ca, il l’avait apprit au près de son amie d’enfance.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mar 17 Avr - 17:30

Une seconde fois, le jeune homme refusa de prendre la montre en argent et la reposa dans le carton qui serait probablement sa destination pour un long moment. Cependant, sa phrase me fit froncer les sourcils. Son art … Nul doute qu’il parlait de l’alchimie. Soudain anxieuse, je réalisais que j’étais peut-être la seule détenant encore ce qui lui permettrait de progresser jusqu’à ce stade si Isaac ne lui avait pas déjà enseigné tout son savoir. Hésitante, je détournais le regard, en proie à une certaine confusion. J’oubliais momentanément ce questionnement quand je sentis les mains fraiche de mon interlocuteur de poser doucement sur mes épaules, m’attirant vers lui un bref instant en me faisant part de sa satisfaction. Souriant légèrement, je me reculais pour pouvoir l’apercevoir. J’étais également contente de savoir qu’il était en forme. Plus encore d’apprendre que c’était un proche de la seule personne que j’avais vraiment aimé. Cela me prouvait que mon oncle n’était pas aussi asociale qu’il n’y paraissait. Ou bien que ces deux là s’étaient très bien trouvés ….Je ne pus cependant m’empêcher de grimacer en l’entendant m’appeler par mon second prénom. Je n’avais d’ailleurs pas souvenir qu’il l’ait connu. Mais les paroles échangées lors de cette soirée morbide restaient encore assez flous, même si par ailleurs les faits étaient quant à eux très clairs. Morgane. C’était le nom de ma mère … Les sourcils légèrement froncés, j’affichais néanmoins un air mitigé malgré mon sourire.

"Elena. C'est mieux …"

Je finis par me reculer légèrement, attrapant d’une main leste le paquet de gâteaux encore scellé sur la table et l’ouvris pour piocher dedans avec gourmandise. Je tendis le paquet à mon vis-à-vis avant de le poser sur la commode près de lui si jamais il voulait se servir. Je le voyais triturer à nouveau la montre, visiblement cet objet l’obsédait malgré son refus de vouloir l’embarquer avec lui. Un peu plus et je la lui aurais collé de force dans les mains pour qu’il l’empoche. Mais je ne me sentais pas assez combative aujourd’hui pour effectuer une telle chose. Je me contentais de l’observer avec un intérêt non dissimulé tout en mangeant un gâteau pour remplir mon estomac encore vide. Mon attention s’éveilla lorsqu’il m’indiqua de manière détournée qu’il comptait partir. Je sentis le sourire serein que j’avais jusqu’alors s’effacer légèrement. Inconsciemment, j’avais probablement espéré qu’il resterait ici ce soir pour chercher, fouiller dans l’appartement. Mais bien sûr, ce n’était pas le cas. Parfois trop déconnecté de la réalité, j’avais oublié de manière momentanée que chacun de nous avait probablement sa vie à côté, sa famille, ses amis, sa colocataire dans mon propre cas. La joie de retrouver cet homme m’avait fait oublier le reste durant un instant. Je me reculais de quelques pas, m’appuyant les reins contre le dossier d’une chaise ou reposait également mon jean détrempé et levais un regard interrogateur vers le jeune homme en attendant la suite. Qui ne tarda pas. L’air soucieux, le jeune homme s’enquit de mon état. Puisant dans une énergie dont je ne connaissais pas l’existence, j’esquissais un pâle sourire avant d’acquiescer.

"Bien sûr. Ca va, je vais bien."


Je terminais mon gâteau de manière plutôt vive et ramassais la serviette, dont je venais de me rendre compte qu’elle s’était retrouvée par terre. Après tout, mes jambes étaient sèches, elle ne m’était plus d’aucune utilité, je la reposais donc sur la chaise, par-dessus le jean. J’avisais au même moment les vêtements roulés en boule du jeune homme, dans le couloir de l’entrée et haussais un sourcil sceptique avant de lui jeter un regard.

"Tu vas repartir avec tes vêtements trempés ? "

J’observais avec attention le tas de linge humide, l’air soucieuse.

"Je suis désolée, je n’ai même pas pensé à te proposer de les sécher …"

Je lâchais un léger rie nerveux en me frottant la nuque. En même temps, je réfléchissais. J’ignorais totalement où il vivait, mais après un bref coup d’œil à l’extérieur, je constatais que l’orage avait empiré plus qu’autre chose. Il était trempé. Et à pieds visiblement. Et je n’avais pas vraiment envie de rester seule ce soir. Néanmoins, j’essayais tant bien que mal de repousser le côté gamin de ma personnalité qui n’aspirait qu’à garder le garçon près de moi et posais mes deux mains sur la table qui me faisait dos pour m’y appuyer, me mordillant la lèvre, soudain gênée. Mon questionnement concernant son apprentissage me revenait en tête. Les yeux fixés sur le sol, je repris d’une toute petit voix.

"Lil …"


J’hésitais. Pouvais-je réellement être honnête avec lui ? Je l’ignorais encore, même si j’en avais plus qu’envie. La tête légèrement penchée sur le côté, je levais les yeux vers le jeune homme, des mèches blanches me barrant le front.

"Ton désir de parfaire ton apprentissage …. Ce n’est que par soucis de puissance ou il y a autre chose ?"

Avant de lui dire quoi que ce soit, je devais d’abord déterminer si j’avais le droit de lui dévoiler la vérité. Mon oncle ne m’avait rien précisé à ce sujet. Il m’avait dit vouloir le faire à son retour, vouloir m’apprendre ce que je devrais faire de ce dont il m’avait confié la charge. Maintenant, je me retrouvais avec ce poids supplémentaire sans savoir s’il été de mon droit ou devoir de faire partager son savoir. Et surtout à qui le faire partager. Isaac voulait que ses capacités perdurent, mais je n’avais pas eu le cran nécessaire pour faire de nouveau face à l’alchimie. Il avait donc trouvé un autre moyen. Ce moyen était-il Lil ? Etait-ce dans ce but qu’il avait fait de lui son apprenti ? Mais si tel était le cas, alors pourquoi ne pas tout lui avoir appris d’un seul coup ? La situation me laissait dans le doute, indécise quant à la décision à prendre. Voilà pourquoi je voulais en savoir plus sur ses motivations, sur le pourquoi de ce besoin de connaissances supplémentaires. J’ignorais quel était son niveau, mais s’il avait été le disciple de mon oncle, celui-ci ne pouvait être que bon. Le choix me revenait désormais ; celui de garder son savoir secret, ou de le dévoiler à son élève.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mar 17 Avr - 18:56

Derrière son sourire, Lil savait pertinemment qu’elle n’était pas aussi bien qu’elle le prétendait. Mais si elle défendait le contraire, c’est qu’elle n’avait pas besoin de lui. Il était rassuré, il n’était pas certain d’avoir la force de remonter le moral de cette jeune femme. Tout ca, c’était si lointain pour lui, il était encore un peu bourru, pas totalement remit de son emprisonnement.
Elena semblait bien décidée à rester les jambes à l’air, ce détail gênait notre chimère. C’était plus qu’indécent, d’autant plus qu’elle ne le connaissait pas. Mais lui-même se trouvait bien le torse nu, était-ce différent ?


"Tu vas repartir avec tes vêtements trempés ? "

Bien évidemment qu’il allait le faire, cela lui importait peu d’autant plus que l’orage était toujours d’actualité. C’est seulement maintenant qu’il tentait de replacer sa chevelure ébouriffée, mais en séchant, celle-ci avait gardé les épis et ne semblait plus vouloir se replacer sur son front. Tant pis. Elena s’excusait, se rejetant la faute si les aillons du garçon étaient encore trempés et non étendus. Lil secouait les mains devant lui de manière négative, sa gêne revenait à la charge face à l’attention de la jeune femme…

" Non non ! C’est de ma faute ! Et ne t’en fais pas, vu le temps qu’il fait, s’ils avaient été secs ca n’aurait rien changé.

-Lil…
-Hm.. "

Il cessait son numéro pour la regarder, interpellé. Même si elle n’avait que prononcé son prénom, il sentit un changement soudain de ton. Elle était à son tour affaissée contre la table, la tête légèrement inclinée dans la direction du garçon, elle semblait hésitante, peut être même embarrassée. C’est avec sérieux qu’il attendit la suite de sa phrase, soucieux.

"Ton désir de parfaire ton apprentissage …. Ce n’est que par soucis de puissance ou il y a autre chose ?"


Il se détournait, prenant de nouveau place sur cette table de salon. Affaissé près de la jeune femme, il fixait la bibliothèque, songeur. La puissance n’avait rien à voir là dedans, la chimère était compétente et même très doué. Ce qui l’en empêchait, c’était tout simplement la mort de son maître. Comment apprendre quelque chose qui se retrouvait désormais perdu à jamais. Il repensait à ses précédentes découvertes, notamment la montre scellée. Non, tout n’était pas perdu, loin de là, Isaac lui avait laissé sons avoir quelque part. Le jeune homme pensait à des notes dissimulées quelque part. Il lui faudrait alors secouer ses méninges pour les trouver. Un nouveau soupire…

"Il n’a pas eu le temps d’achever mon apprentissage. Quelque chose, ou quelqu’un l’a rappelé à Central. Et puis… j’étais dans l’incapacité de le retrouver, jusqu’à maintenant. "


Il songeait, repensant encore et encore aux paroles de son maître sur l’armée. Ca devenait presque une obsession. Est-ce qu’Isaac était au courant que l’armée voulait créer des chimères ? C’est fort probable, à moins que ce fut quelque chose d’encore plus bouleversant. Il mènerait son enquête, Reï était un alchimiste d’Eta elle aurait probablement accès aux rapports confidentiels. De nouveau nonchalant, Lil se grattait l’abdomen, effleurant de ses ongles les quelques cicatrices qui le recouvrait.

"Bref.. Nous en reparlerons, je repasserais dans la semaine."

A présent c’était sa tête qu’il frottait, il ne tenait pas tellement en place, il se levait, s’extirpant de la table. Il se retourna et prit un gâteau avant de le fourrer en entier dans son gosier. Un sourire glouton illuminait son visage passablement éreinté. Issac Macdougall était mort, assassiné, et il n’avait rien pus faire. Il le réalisait maintenant, son sourire trahissait ses pensées morbides. Au fond, il hurlait cette mort tel un loup. La nuit allait être éprouvante, les jours qui suivraient, aussi. Il quittait le salon pour rejoindre l’entrée. Le jeune homme se penchait, son t-shirt noir dans les mains, il l’enfilait de nouveau. A peine l’avait-il enfilé à moitié qu’un frisson lui parcourait l’échine. Il n’en fut pourtant pas dissuadé et le fit descendre jusqu’en bas. Le tissu collé à sa peau, le moulant désagréablement. Ce fut ensuite le tour au reste. Tandis qu’il se rhabillait, il pensait à cette nuit orageuse, lorsque le père d’Elena l’avait " ramasser" devant son portail. Cet homme, il avait voulu créer une chimère… Si notre ami n’avait pas été aussi courageux, c’est un chat qu’il aurait pour hôte, et non un vil reptile. Ce détail le fit pousser un rire amer. Une probabilité germait dans esprit... Il se redressait, enfin prêt.

"Tss.."
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mar 17 Avr - 19:36

Les sourcils légèrement froncés, ce n’était pas la réponse à laquelle je m’attendais. En réalité, ce n’était même pas une réponse, mon questionnement était resté intact. A quelques centimètres de moi, également appuyé contre la table, je tournais légèrement la tête pour l’observer avec un peu plus d’attention que je ne l’avais vraiment fait jusqu’à maintenant. Lil était bien plus grand que moi, me dépassant d’une tête environ. Plutôt bien bâtie, sa chevelure pâle créait un contraste étonnant et agréable avec le reste de sa physionomie. Mon regard balaya discrètement les épaules dénudées du jeune homme avant de descendre sans réelle gêne. Je constatais que son torse semblait avoir vécu, de nombreuses cicatrices marbraient sa peau hâlée. Le jeune homme finit par bouger, m’annonçant qu’il reviendrait. J’acquiesçais, dissimulant maladroitement un léger soupir désolé avant de me redresser également. J’avais renoncé à lui demander de me tenir compagnie ce soir, je ne voulais pas paraitre faible, pouvant aisément supporter la solitude. Je me baissais pour ramasser les bouts de tissus tombés au sol lorsqu’un éclair plus violent que les autres déchira le ciel, juste avant que la lumière ne grésille puis s’éteigne totalement. Les yeux braqués vers la fenêtre, je fixais l’extérieur, entendement un claquement sourd retentir non loin. L’orage semblait à son paroxysme. Lâchant un gros soupir, je sentis à peine mes yeux modifier leur particularité, cela se faisait instinctivement. En l’espace d’une seconde, j’y voyais presque aussi bien qu’en pleine lumière et continuais ma tâche, amenant le tout dans un bac près de l’entrée. J’emmènerais le tout demain à l’appartement de ma colocataire pour le laver. Je réalisais au même moment que si j’étais apte à voir dans l’obscurité, ce n’était pas franchement le cas de tout le monde, et me tournais presque immédiatement vers le jeune homme qui semblait me fixer.

"Saleté d’orage …"

En réalité, j’adorais les orages. A la moindre occasion qui se présentait, je me plaçais généralement de manière à pouvoir les observer, plus ou moins en sécurité. Pour les plus impressionnants, je restais la plupart du temps en intérieur. Pour les plus petits, je sortais, sentant la pression de l’air et l’odeur de la pluie avant même que celle-ci ne s’amène. Mais là … il me mettait dans l’embarras plus qu’autre chose. Délaissant le jeune homme, je me mis en quête de la boite de fusibles qi avaient probablement sautés malgré le fait que nous soyons en ville. A l’obscurité qui semblait régnait plus ou moins à l’extérieur, à l’exception des éclairs qui zébraient le ciel, j’en déduisis que l’immeuble n’était probablement pas le seul endroit où l’électricité avait disparue. Je m’en rendis d’ailleurs bien vite compte lorsque malgré le réenclenchement des fusibles, rien ne se passa. Je recommençais une fois, puis deux, puis trois, c’était peine perdue. Rageant contre l’armoire métallique totalement inutile désormais, je la refermais d’un geste brusque, retournant dans la salle le visage sombre. Le jeune homme s’était rhabillé, il n’allait visiblement pas tarder. Il m’avait dit vouloir repasser bientôt, cependant j’ignorais encore si je garderais l’appartement ou non. L’idée me vint de le lui proposer, s’il jamais il en avait l’utilité, mais vu les circonstances de la journée ainsi que le climat ambiant, je m’abstins, gardant l’idée en tête pour une prochaine fois. A la place, je m’approchais de lui toujours dans l’ombre, les mains dans le dos, un léger sourire aux lèvres qu’il ne devait sûrement pas voir.

"Repasses quand tu veux. Peut-être finiras-tu par trouver ce que tu cherches …"


Mes derniers mots étaient sortis sur un ton légèrement énigmatique mais je ne daignais pas m’expliquer davantage. Un sourcil haussé face aux éléments qui se déchainaient à l’extérieur, je ne pus m’empêcher de commenter.

"J’espère que tu sais passer entre les gouttes … Ca ne semble pas prêt de s’arrêter dehors."

Prise d’un pic soudain de lucidité, je me ruais vers un placard de l’entrée pour trifouiller dedans pendant une bonne minute avant de dénicher ce que je cherchais. Fier de ma trouvaille, je retournais le voir et lui tendis un grand parapluie noir. C’était mieux que rien.

"Comme ça tu seras obligé de revenir, ne serait-ce que pour me le ramener !"

Dans le même mouvement, je m’approchais du jeune homme et déposais un léger bisou sur sa joue, les yeux brillants d’amusement vu qu’il semblait troublé par moment à cause de ma présence. C’était autant pour l’embêter que pour le remercier en réalité. Obligée de me mettre sur la pointe des pieds à cause de ma petite taille, je m’accrochais délicatement à son épaule pour me hisser à la bonne hauteur avant d’effleurer sa peau fraiche. Puis je me reculais en riant doucement, les yeux brillants.

"Je suis contente de t’avoir revu Lil … "


Quelque part, je n'étais pas vraiment sûr de le revoir. Ne sachant pas vraiment ce que j'allais moi-même faire, je doutais que nos chemins se recroisent de sitôt. Peut-être trouverais-je le cran de lui avouer que son maitre ne l'avait pas véritablement laissé sans héritage ... Mais malgré l'affection que je portais au jeune homme, sincère malgré le fait qu'au fond je le connaisse peu, je n'arrivais pas encore à définir si je pouvais vraiment tout lui dire, et lui donner. Un profond dilem me déchirait l'esprit en ce moment même, et ce n'était probablement qu'en pouvant y réfléchir à tête reposée que la réponse me viendrait.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mar 17 Avr - 20:40

A peine avait-il soupiré son mécontentement face au passé qu’un bruit sourd retentit. L’obscurité totale. Il ne manquait plus que ca, pensait-il. Il porta la main à ses yeux, sa vision avait changée soudainement sans qu’il le souhaite. Il ne voyait pas dans le noir, cependant il voyait un amas de chaleur qui n’était autre qu’Elena. Cette vue était désagréable bien que très pratique. Il n’arrivait pas encore à s’en dépêtre, cette réaction involontaire avait été instinctive. Il n’arrivait pas encore à combiner sa propre vue à celle de l’animal, au lieu de ça, il n’avait que celle de l’animal. Il pestait contre son manque d’entraînement, se demandant pourquoi une telle chose se produisait maintenant. La fatigue peut être. En réalité, il ne voyait pas grand-chose hors mis la chaleur procurée par les être vivants. Les meubles et autre conneries, il ne les voyait plus. Elena approchait doucement, Lil retirait sa main, tentant d’arborer une attitude normale.
Elle lui avait dégoté un parapluie après quelque échange. Maladroitement, il prit l’objet après avoir tâtonner dans le vide. Il avait fermé les yeux, ca ne servait à rien de voir la jeune femme en un halo rouge. C’est alors qu’il la sentit s’approcher, sans daigner bouger il fut gratifié d’un baiser sur la joue. Cette fois, lui aussi devenait un halo de lumière rouge.. La situation étant déjà bien intime, ce geste l’était encore plus.


"Je suis contente de t’avoir revu Lil … "


Il restait là sans bouger quelques secondes, surpris par ce doux geste. Il se tourna, un sourire mystérieux au bord des lèvres.

"Moi aussi. "

Il cherchait à tâtons la porte, une fois trouvée il cherchait la poignée. Une tâche rude qu’il accomplit plus vite qu’il ne croyait. Parapluie à la main, son bâton dans l’autre, il quittait l’appartement.
La descente des escaliers fut particulièrement compliquée.

Dehors il s’arrêta devant la porte, à l’abri de la pluie grâce au muret au dessus de sa tête. Là il transmutait le parapluie pour augmenter sa taille et son efficacité. C’est avec un dernier regard pour une fenêtre particulière qu’il s’en retournait chez son amie.
Il n’avait pas la moindre idée de l’heure, mais quelque chose lui disait qu’à son retour, il se ferrait sévèrement réprimandé. Reï était comme ça, elle criait toujours lorsqu’elle était inquiète.

Le parapluie était posé près de la porte, il avait de nouveau sa forme originelle. Lil s’était entièrement déshabillé, gardant pour unique vêtement son sous-vêtement. D’un pas discret il se dirigeait vers la salle de bain lorsqu’une voix raisonna.


"C’est à cette heure-ci qu’on rentre ?"


Le garçon restait passif, comme si qu’il ne l’avait pas entendu. Reï vint le rejoindre, une bougie dans les mains. Il s’arrêta, penaud, ou plutôt triste, la main sur la poignée de la porte de la salle de bain.

"Qu’est-ce que tu foutais dehors à une telle heure ?
-Reï...Isaac a été tué… "

Sans la moindre parole réconfortante, la jeune femme serrait son ami dans ses bras, tentant de lui apporter réconfort par ses gestes. Elle savait juste à son attitude et au ton de sa voix qu’il était anéanti. Le garçon soupirait, le poids de la mort de son maître faisait effet maintenant. Pourtant, il s’était juré de ne pas flancher, il s’était retenu face à Elena, elle qui avait eut besoin de quelqu’un de fort pour supporter sa propre peine. Mais Reï ne l’ayant pas connu, il était plus facile de montrer ses sentiments. Le visage déchiré par ce fait, il serrait la jeune femme dans ses bras.

"-Je vais avoir besoin de toi… Quelque chose se trame au sein de l’armée, quelque chose d’autre en plus du laboratoire…
-Oui… "

Lil ne pleurait pas, l’étreinte de son amie lui suffisait pour puiser le réconfort dont il avait besoin. Au final, qui avait été le plus fort entre lui et Elena ? Qui sait ce qu’elle faisait à l’heure actuelle, seule dans cet appartement.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mar 17 Avr - 21:54

J’observais le garçon partir sans plus de cérémonies avant de me laisser tomber sur le fauteuil, sentant soudainement sur mes épaules le poids de la disparition de ma seule famille. Contrairement à ce matin, il s’agissait d’une douleur insidieuse, pas le genre à déguerpir rapidement. Toujours plongée dans l’obscurité, je tendis le bras à l’extrême pour attraper le paquet de gâteau gisant sur la commode et l’attaquais plus par gourmandise que par faim véritable, piochant dedans tout en mâchant distraitement les gâteaux, observant le ciel s’illuminant à intervalles irréguliers. Malgré l’assurance que j’avais tenté d’afficher face au jeune homme, je n’en menais en réalité pas large, plus touchée que je ne voulais me l’avouer. Il était trop tard maintenant pour songer à appeler Clara, celle-ci devait déjà être au lit. Je l’avais prévenue que je sortais, je me doutais bien qu’elle ne s’inquièterait pas spécialement de mon absence, il n’était pas rare que je découche de l’appartement pour passer la nuit ailleurs. Même si les circonstances la plupart du temps étaient différentes.

Après avoir descendu les trois quarts du paquet de gâteau au chocolat, je finis par me bouger, retirant ma chemise dont l’humidité ne parvenait pas à s’évaporer suffisamment vite. Délaissant cette dernière sur l’accoudoir, je m’emparais d’une serviette encore sèche et me dirigeais vers la salle de bain, faisant un écart par la porte d’entrée pour fermer cette dernière à clef. J’allais passer la nuit ici, c’était décidé. Me délestant du reste de mes vêtements de manière assez rapide, je me faufilais sous la douche, remerciant intérieurement mon oncle d’avoir acheté un appartement où l’eau chaude ne dépendait pas de l’électricité, et plongeait sous l’eau bouillante, dans l’atmosphère sombre et confinée de la salle d’eau. C’était bien la première fois que je me douchais durant une panne d’électricité, mais au fond, je n’y voyais pas grande différence. L’eau me brûla la peau, rafraichit par les vêtements que j’avais quitté bien trop tard, et me plongea dans un état semi-comateux. Les yeux dans le vague, appuyée dos contre la faïence, je somnolais presque tant j’étais bien ainsi. Et puis, dormir me permettrait de ne pas penser. Ce n’est que lorsque je sentis la température de l’eau se modifier, signe que j’avais pompé toute l’eau chaude disponible, que je me remis plus ou moins en mouvement, me douchant rapidement pour ressortir, une serviette autour du thorax, les cheveux à nouveau détrempés. Sans même prendre la peine de les sécher, je sortis de la salle de bain, dont je n’avais pas même fermé la porte, et me rendis sans attendre dans la pièce en face, la chambre de mon oncle. Durant mes séjours ici étant gaine, c’est dans cette pièce que j’avais dormi, mon oncle s’appropriant le salon pour me laisser un certain confort.

Sur le pas de la porte, j’observais la chambre au décor sommaire, dont les meubles étaient exactement dans le même état que lors de ma dernière visite. Ainsi, Isaac n’était pas repassé par ici avant sa mort. Sa mort. Encore une chose que je n’acceptais pas. S’il était mort de manière criminelle, alors l’armée serait forcément au courant, un médecin avait dû voir le corps, tout ceci devait être consignés quelque part. Et si c’était bel et bien le cas, j’étais plus que décidée à avoir le fin mot de l’histoire. Je comptais retourner au QG dès le lendemain pour en avoir le cœur net. Car même en allant chercher les affaires post-mortem de mon oncle, j’avais eu l’impression que l’on était pressé que je sorte des lieux en vitesse.

Laissant tomber au sol le morceau de tissu spongieux, je me dirigeais vers le lit, frissonnant à cause de mon absence de vêtements, et défis les draps pour me glisser à l’intérieur, malgré la sensation glacée qu’ils dégageaient. Me tournant régulièrement dans le lit, je ne parvenais pas à trouver le sommeil, mon insomnie ponctué par l’orage qui semblait faiblir. J’ignorais l’heure qu’il était. Cela m’importait peu en réalité. Je n’avais qu’une envie, dormir. Au moins, ma peine serait étouffée durant ce laps de temps. La solitude pesa de son lourd manteau alors que je me recroquevillais sur moi-même, les yeux clos, réussissant presque à m’abandonner au sommeil. La nuit allait être longue. Comme pour ponctuer ma pensée, un violent coup de tonnerre retentit, faisant virer les murs de la bâtisse.

Quelques semaines plus tard :


Allongée sur le canapé, je fixais ma main tendue vers le plafond, doigts écartés pour en apercevoir la couleur avant de pousser un léger soupir, laissant retomber mollement mon bras sur mes yeux, me cachant la vue. Ca faisait un mois jour pour jour que je vivais ici désormais. Après avoir mis Clara au courant, j’étais venue directement, réarranger un peu les lieux pour me permettre d’y vivre. Entre-temps, je m’étais également mise à chercher les circonstances exactes de la mort de mon oncle. Curieusement, lorsque j’avais demandé de plus amples informations à ce sujet lors de ma visite au QG, j’avais eu le droit à des réponses vagues et évasives, mais jamais rien de concret ou d’utiles. Au final, je devrais donc me débrouiller par mes propres moyens. J’avais dû débourser une coquète somme d’argent pour obtenir une des informations que je voulais. Son assassin s’il s’agissait bien d’un meurtre. J’eus la chance de tomber sur un soldat soit disant présent lors du meurtre, qui contre le triple de sa solde accepta de me dire qui l’avait tué. Je restais de glace lorsqu’il m’avoua, après avoir un peu abusé de l’alcool avec son sa paie pour ces informations, il avait également laissé échapper cette dernière. Le meurtrier n’était personne d’autre que King Bradley, le généralissime. Je savais mon oncle en conflit avec l’armée, mais je n’aurais jamais été jusqu’à penser que c’était aussi grave. Mais connaissant l’ancien alchimiste, je ne pouvais croire qu’il n’ait eu une bonne raison pour lutter jusqu’au bout, ce qui m’amena à chercher à enquêter de manière un peu plus approfondi.

Les différentes nouvelles, informations, preuves que j’avais récolté pour le moment gisaient, plus ou moins mélangées, sur la table basse, à portée direct de mon bras. Et cela faisait des heures et des heures que je lisais tout ceci pour tenter de comprendre quelque chose. La fatigue eut raison e ma patience pour un court moment et je me résolus à fermer les yeux momentanément pour repartir de plus belles dans mes interrogations après. Mais bien évidemment, je finis par m’endormir ainsi, bras sur le nez, seconde main pendant dans le vide, jambes croisées sur l’accoudoir opposé. Pour la précaution, on pouvait repasser, j’avais oublié de fermer la porte à clef …
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mer 18 Avr - 4:45

Le pas lent, Lil circulait avec la plus grande nonchalance dans Central City, un quartier très acceptable plus précisément.Un bras croisé autour de son bâton métallique derrière sa nuque, il arborait le look d’un type classe avec son costard-cravate. La veste était grande ouverte, nul originalité, c'était du black and white. Néanmoins, sa cravate était très mal ajustée, la chemise pas entièrement fermée il avait plutôt le style d’un voyou. Il n'avait pu ajuster le tout correctement... La cicatrice qui barrait un quart de son visage lui donnait cet air ombrageux. Son bras gauche semblait enflé...
Le larron s’arrêtait face à un bâtiment familier. Un bel édifice qui portait en lui un bien emplis de souvenirs…


" "Je repasserais dans la semaine"..tu parles, "
dit-il avec un soupçon d’ironie

Il avisait une fenêtre ouverte, une en particulier. Criant le nom d’une jeune femme, il fit plutôt sortir une vieille femme, une commère probablement. Comment se fait-il qu’il arrivait seulement un mois après ?
Et bien…
Reï étant Alchimiste d’Etat, elle avait accepté les manigances de Lil concernant des rapports qui se tenaient dans le bâtiment de l’état major, soit le quartier général des affaires internes. Ce bâtiment, Reï savait qu’ils auraient tous les renseignements nécessaires. Il était question d’accéder à la base de données. Le statut de la jeune femme était un atout pour notre ami. C’est en pleine nuit que les deux amis s’étaient rendus au bâtiment concerné dans la plus grande des descriptions...




Flash back.


6 jours plus tôt...

"Alors ?
-Je ne sen aucune présence..
-Allons-y ! "

Un pied sur chaque épaule, Lil se relevait doucement permettant ainsi à Reï d’atteindre la petite fenêtre qui donnait sur la cage d’escalier du bâtiment de l’état major. Là, elle usait de l’alchimie pour ouvrir la fenêtre. Une fois sa tâche achevée, la jeune femme se glissait à l’intérieure. Sa fine silhouette lui permettait cet acte sans le moindre problème. Quant au garçon… Un air fier plaqué sur la face, la chimère faisait craquer les os de ses doigts. Son amie lui répétait inlassablement de l’attendre dehors, elle doutait fortement en toute logique que son corps ne passerait pas, aussi svelte fut-il. Mais le jeune homme ne l’entendait pas de cette oreille, il connaissait ses capacités, il pouvait allonger ses membres et se rendre ainsi plus…flexible. Il fit passer à son amie son bâton métallique où se trouvait gravé un cercle de transmutation. Cette dernière le saisit. Il reculait, certain de ce qu’il entreprenait de faire.
Il se ruait sur la façade et avec une rapidité et dextérité qu’on ne lui soupçonnait pas, Lil prenait appuie d’un pied sur le mur pour se hisser au rebord de la fenêtre. De la force de ses bras couverte d’un sous pull noir, il s’introduisait dans le bâtiment.
Reï avait ce grand sourire enfantin et émerveillé, la jeune femme était étrange au point de trouver exceptionnelle la forme chimérique du garçon. De son côté, Lil faisait faire des rotations à son épaule gauche, il avait du déboiter son articulation pour passer. Il arborait un air blasé face à l’optimisme trop poussée de son amie.

Ils gravirent les escaliers, Reï avait prit la tête de la marche, elle seule connaissait les lieux. De son côté, Lil restait continuellement sous sa forme chimérique, concentré sur la probable présence qu’il pouvait ressentir. Ses canines ayant doublées de volume, ses yeux ayant une teinte jaune et l’esthétique d’un reptile, il était assujetti aux plaisanteries loufoques de son amie. Bien que la situation fut stressante et dangereuse si jamais ils étaient surpris, ils ne pouvaient s’empêchaient de relativiser et de plaisanter. Tout deux aussi nonchalant l’un que l’autre. Un pour rattraper l’autre.
Reï fut la première à ne plus fanfaronner, elle avait subitement prit conscience de leur situation lorsqu’ils s’apprêtaient à mettre les pieds dans un premier bureau. Lieutenant-colonel Maes Hugues, la jeune femme avait vite déchanté en lisant le nom sur la porte. Elle savait mort cet homme, en conséquent ils jugèrent inutile d’y entrer. Ils continuèrent leurs recherches, fouillant le bureau des soldats les plus avisés. Au bout d’une heure, ils prirent d’assaut le troisième étage. Ce fut le même schéma, au final ils ne trouvèrent rien.
C’est au dernier étage qu’ils firent une jolie découverte…

"Lieutenant Général Raven… ?Ca sonne mauvais, j’suis sûr que ce type est un pourri…
-C’est un lubrique caché derrière un sourire sympathique."

Heurtant l’épaule du jeune homme pour le devancer, elle ouvrait la porte grâce à l’alchimie. Lil fit un pas sur le côté, poussé par le coup d’épaule.

"-Ne soit pas aussi hâtive…
-Je te rappel que nous sommes dans le quartier général, un garde peut débarquer à tout moment. Il faut se manier. Arrêtes de jouer les poètes et cherches.
-Hmm… ca se défend."

Notre ami reprenait sa quête, contrairement à Reï, il se dirigeait vers un tableau comportant la carte d’Amestris et ses pays voisins. Un grand nombre de pays étaient en rouge. Le garçon appelait alors son amie qui s’entêtait à ouvrir les portes d’une armoire verrouillée.

"-Reï, que signifie les pays en rouge?
-…merde…enfoiré d’merde que caches-tu… Quoi ? Quels pays ?
-Il y a ...Riviere, Fisk, Soapman, Wellsl-
-Ce sont les pays annexés par notre armée, crétin !
-Vraiment...?
-Viens m’aider Lil ! Les portes sont bloquée, je suis sûre qu'il renferme des secrets.

La jeune femme avait complètement perdu sa bonne humeur, elle était à présent anxieuse et pressée d’en finir vite. Le garçon ignorait ses grognements ainsi que ses appels à l’aide, il était concentré, obnubilé par cette carte. Il reculait de quelques pas trouvant la position des pays étranges… Incertain et ne pouvant visualiser parfaitement ceux-ci dans son pays, il prit une feuille sur le bureau et s’empara d’un crayon.

"-Qu’est-ce que tu fous ?! Ne déranges rien !
-… "

Lil fit une croix au milieu de sa feuille, celle-ci représentait Central City. Puis il plaçait chaque ville en rouge, chaque représentée par un point. Son dessin était approximatif, mais une fois qu’il eut terminé, son visage ne présageait rien de bon. Il s’y reprit à plusieurs fois pour rejoindre tous les points jusqu’à recréer un cercle qu’il avait aperçut lors de son séjour au laboratoire n°5. Au bout de quelques minutes, le garçon dessinait un cercle contenant un pentagone renfermant en son sein un autre pentagone. Il déglutit, horrifié par sa découverte il fit tomber le crayon. Reï relevait aussitôt la tête.

"Qu’est-ce qui se passe ?
-…
-Lil ?! "

Le garçon relevait la tête, son regard effrayé rencontrait celui inquiet de la jeune femme. Il se levait avec vivacité et ordonnait à son amie de le rejoindre devant la carte précédemment étudiée.

"-Regarde, en reliant tous les points entre eux on arrive à ça. Quel est ce cercle ?
-C’est…c’est impossible !"

La jeune femme s’était emparée du dessin, elle aussi semblait troublée à présent.

"-Ce cercle… Il permettrait de créer la Pierre Rouge
-…Tss… Pas étonnant qu’il se trouvait au laboratoire numé-"

Le jeune homme fut soudainement interpellé par une présence, seulement une. Il pouvait affirmer que celle-ci se trouvait à deux étages plus bas. Il pliait son œuvre dans sa poche tandis que Reï comprenait la nature de son silence et s’empressait à tout remettre en ordre. Ils quittèrent rapidement le bureau, la jeune femme rétablissait à la serrure sa vraie forme. Sans plus tarder ils quittaient l’étage, jouant à cache-cache avec la présence. Caché à l’intersection d’un couloir, ils attendirent que l’inconnu atteigne l’étage qu’ils avaient quitté pour daigner bouger. Pendant ce temps, Reï lui faisait part non loin de son oreille de ses découvertes.

"Tout s'explique...Je sais pourquoi le Lieutenant-Colonel Hugues est mort! Il avait accès à ces informations, il connaissait les intentions de l’armée.
-Isaac aussi…tué par la main du Généralissime lui-même.
-Lil… C’est une cible hors d’atteinte…
-Je sais, il faut d’abord le détrôner. Comprendre leurs intentions, hors mis la création d’un mythe…
-La Pierre Philosophale existe, bien qu’elles fussent incomplètes, des Pierres Rouges ont été utilisées lors de la Guerre d’Ishval."

Le jeune homme fronçait les sourcils, ses découvertes dépassaient son imagination, c’était bien pire que ce qu’il avait pus concevoir en probabilité. Il serrait les poings ainsi que ses dents, sa canine gauche transperça superficiellement sa lèvre inférieure faisant couler un filer de sang. Collée au garçon, Reï se blottissait contre son bras, soucieuse, déçue, et bien d’autre sentiments péjoratifs. Lil, quant à lui, il était plaqué dos au mur, concentré sur sa cible. D’ailleurs, celle-ci avait atteint l’étage supérieur. Les deux amis en profitèrent pour regagner la cage d’escalier à l’étage inférieure.

Reï fut la première à sortir, bien que ce ne fût pas haut, elle fut aidée par son ami pour un atterrissage en douceur.
Lil suivait après lui avoir fait passer son arme, sa descente fut plus brusque mais parfaitement contrôlée. Ils recommencèrent la même tactique que lors de leur infiltration, Reï debout sur ses épaules. Cette dernière transmutait la fenêtre, lui redonnant sa forme originelle. Ils eurent le temps de faire 5 mètres en courant avant que notre chimère sente une présence les filer à plusieurs mètres plus loin. C’est dans une ruelle sombre que le garçon s’arrêtait. Reï étant devant elle revint sur ses pas pour forcer son ami à reprendre la route. La raison de son arrêt pas encore présentée, elle était impatiente.

"Reï ! Pars devant.
-Qu’est-ce que tu racontes ?! Comme si que j’étais capable d’un tel tr-
-Fais-le ! … On ne peut pas prendre le risque que ton identité soit dévoilée, il y a trop d’enjeux.
-Des enjeux ? Mon titre ne vaut rien comparé à ta vie !
-Ne pars pas de suite dans l’extrême, je vais seulement faire diversion."

La main du décoloré sur l’épaule de la jeune femme, il la poussait doucement, l’incitant à le faire. En croisant le regard de son ami, elle comprit à quel point il était sérieux, à quel point il était déterminé. Elle le jaugeait tentant de cerner l’expression de son visage. Lil avait cet air froid, elle crut revoir le visage déterminé du gamin qui lui annonçait son départ 8 années en arrière. Elle sourit, confiante. Elle lui fit un signe de main avant de ne faire quelques pas puis courir rapidement. Si Lil avait paru aussi crédible, c’est parce qu’il croyait en l’efficacité de son plan. Le type était seul, il ne devait donc pas poser de problème…

Il resta un court instant, seul dans la ruelle à attendre l’arrivée de l’inconnu.
Il fut surpris de voir une androgyne à la chevelure éparpillée.

"Tiens tiens, mais c’est qu’il m’attendait sagement le vermisseau."

Le garçon brun s’approchait, une main sur sa hanche, il était pieds nus et drôlement vêtu. Lil le détaillait, il n’était pas inquiet, cet imbécile s’était fié à l’apparence du garçon qui semblait à peine plus âgé que lui.

"-Qui es-tu, pourquoi m’avoir suivi ?
-La ferme, les chiens n’ont pas besoin d’être instruits.
-…je vois… "

Il décrochait son bâton de son dos et sans le moindre geste supplémentaire il transmutait son arme pour lui donner la forme d’une lance. En position d’attaque, il fut surpris par le garçon qui le devançait, lançant en premier les hostilités. Il se battait à main nues, balançant à tout vas ses pieds, ses coups étaient d’une force remarquable. Notre ami contré, dans un premier temps. Il avait eu le temps d’apercevoir un curieux tatouage sur la cuisse du type. Agacé par les esquives de son ennemi, l’inconnu s’arrêtait pour soupirer d’un air arrogant.

"C’est tout ce que tu sais faire ?
-Je devrais te retourner ta question, dit-il d’un air provocateur.
-Petite merde ! Crève !!"

Tandis qu’il recommençait à asséner des coups de pieds à la chimère, Lil tentait d’apercevoir le tatouage qui lui avait semblé avoir la forme d’un cercle. Lorsqu’il prit entièrement connaissance de celui-ci, il ripostait, repoussant au loin le brun. Celui-ci voltiger en l’air avec centre de gravité hors du commun, il fit un salto remarquable avant de ne retomber sur ses pieds. Curieux garçon.

" -Ne serrait-ce pas la marque du cycle eternel "Ouroboros" ? Il visait d’un geste bref du menton l’emplacement du tatouage. Le type paraissait d’avantage irrité.

"-Ta gueule ! Tu en sais déjà bien assez !"

Le combat faisait rage, Lil usait d’alchimie, cependant celle-ci limitée à cause de son apprentissage incomplet. Ce qui lui permettait de rivaliser faiblement était ses capacités de chimères et sa maîtrise du corps à corps. Il fut complétement déstabilisé lorsqu’il vit un éclair semblable à celui de l’alchimie régénérer les blessures du brun. Une telle chose dépassait son entendement. Cet instant lui valut une blessure au flanc droit, plusieurs côtes flottantes brisées. Un handicap qu’il réussissait à surmonter grâce à l’entraînement suivi lors de ses quatre ans en compagnie de l’armée puis au sein du laboratoire. L’air de rien, cet apprentissage avait été employé avec des moyens barbares, faisant des survivants de vraies machines à tuer. Il ne se laissait pas intimider, Lil renouvelait ses attaques. C’était son premier combat depuis sa sortie du labo’. Le combat le plus difficile jusqu’à maintenant. Jamais il n’avait affronté un tel spécimen. Le type subissait de nombreuses blessures, certaines mortelles et réussissait toujours à se régénérer. Notre ami commençait à s’impatienter en plus de ne s’inquiétait pour sa vie.

"- Qui es-tu bordel ?!
-Tu vas crevé bordel de merde !!"

Il était furieux, son visage était animé par un rictus malsain. Nul doute qu’il était complètement taré, et inhumain. Une telle capacité de régénération était inexistante, impossible pour un humain, à moins d’être en possession de la Pierre Philosophale…
Notre ami n’arrivait pas à émettre une hypothèse sur l’endroit où l’artefact serrait caché.

"-Tu utilise une Pierre, n’est-ce pas ?
-Hé hé hé ! C’est bien plus complexe. Quand tu seras mort ce détail te serra inutile."

Après quelques minutes après ce dernier échange, Lil sentait la haine monter en lui. La fatigue commençait à prendre le dessus, il lui fallait vite en finir. Mais le combat était de niveau, il lui fallait user de l’alchimie pour repousser ce montre assoiffé de sang. Il le combattit en employant toute sa haine, mélangeant toute ses capacités, il misait gros en dépassant une grande quantité d’énergie. L’emprisonner était inutile, il brisait tout, le ruer de coups également car il se régénéré. Lil en vint donc à le tuer à plusieurs répétitions. Le monstre avait de plus en plus de difficulté à se régénérer. Son sang coulait, sa force diminuait, il transmutait à même le sol une lance qui vint embrocher l’abdomen du brun pour le propulser à une distance optimale pour envisager une fuite avant de ne perdre connaissance. Le type se retrouvait à environs 500 mètres plus loin, embroché et cloué au mur d’une tour qui dominait les bâtiments. La respiration haletante, le corps meurtri par les attaques du type, il entreprit de quitter, l’endroit. C’était une fuite, certes, mais celle-ci dépendait de sa survie. Il n’était pas encore au point pour rivaliser totalement avec un tel monstre. L’esprit embrumé par toutes ces découvertes nocturne, il courait lentement. Il avait prit le soin de ne pas semer son sang, en aucun cas le brun ne devait le pister. Ce serrait alors la vie de Reï qui serrait en danger, il ne pouvait concevoir une telle chose.

Il arrivait chez son ami, ensanglanté, la jeune femme en était épouvantée. Elle lui donnait les premiers soins grâce à l’alchimie. Elle le suppliait de lutter contre l’agonie, il lui était impossible de le transférer à l’hôpital, Lil refusait catégoriquement. L’alchimie stoppa les hémorragies, mais ce n’était pas sans compter qu’il s’en tirerait. Ce fut une attente tortueuse pour la jeune femme, savoir s’il passerait la nuit ou non. ]


Fin


La fenêtre en question étant ouverte, il ne doutait pas qu’un appel suffirait. Le bâtiment était privé, il y avait que deux appartements, donc aucun moyen d’entrer sans crier ou faire couiner la cloche. Quoi que l’objet semblait éveiller son immaturité au fur et à mesure de l’attente. Il finit par tourner légèrement le buste pour que sa main gauche atteigne sans effort la petite chainette. C’est avec un malin plaisir qu’il tirait régulièrement sur la chainette pour faire retentir le son agaçant de la cloche. La vieille femme était toujours là, observant le jeune homme.


"Ca ne sert à rien, la petite doit dormir, je l’entends rentrer tard la nuit,
achevait-elle avec un soupire digne d’une vielle bourgeoise hautaine. En réalité, il n’en était rien
-Vous ne pourriez pas m’ouvrir au lieu de me regarder…
-Ce n’est pas vous que j’regarde mon garçon."

Au bout de quelques secondes… et bien rien. Et le garçon n’était pas tant patient qu’il le laissait croire. Ignorant cette vieille femme il entreprit d’escalader. Il s’apprêtait à recommencer son tour d’acrobate lorsqu’il vit un vielle homme se diriger vers la porte. Celui-ci lui jeta un regard loufoque avant d’ouvrir la porte une fois déverrouillée. Lil le rejoignait d’un pas chassé.

Sur le point de toquer il réprimandait son geste pour enserrer la poignée. La porte s’ouvrit tout doucement dans un silence qu’il espérait avec sournoise. Le pas léger sur le plancher, sa première vision fut deux pieds dépassés du sofa. Il referma doucement la porte et s’approcha lentement, le regard examinateur sur les alentours. Elena dormait paisiblement entourée d’un tas de paperasse. Il n’eut pas le moindre scrupule à prendre connaissance de la nature et du sujet des documents. De plus, il ne fut pas étonné de voir que tout ça avait un rapport avec Isaac Macdougall. De la pure logique. Il lui jetait un coup d’œil et dans un murmure lui disait…


"Ne sois pas trop curieuse Elena, tu finirais comme lui… "

En effet, Lil avait compris l’importance de ses découvertes, et probablement de celles d’Isaac. C’était il y a une semaine, Lil avait failli mourir suite à un affrontement bestial avec un monstre. Ce dernier avait tenté d’éliminer notre ami pour enterrer ses découvertes. A présent il fallait trouver le lien avec son maître, confirmer la nature du cercle qu’il avait dessiné, percer les intentions de King Bradley… Un programme chargé qui devait pourtant attendre…
Du fait du ressent épisode de sa mort repoussée, il portait encore les vestiges de quelques plaies sur son visage. Notamment une griffe sur sa joue presque cicatrisée et quelques points de sutures à son arcade gauche. Sans parler de ses côtes flottantes pas encore ressoudées sa plaie à l’abdomen et son bras emballé qui portait une fissure au radius, c’est ça de contrer avec les moyens du bord. Reï était une piètre soigneuse, mais elle avait fait du beau boulot, seul son arcade demandait une révision. Il prit place sur un fauteuil qui se trouvait perpendiculaire au sofa. C’était un début de soirée, le bougre avait l’intention de s’inviter mangé. Affalé dans le fauteuil, il limitait ses mouvements, son bras était enveloppé d’une fine bande pour maintenir un bout de bois. Un vulgaire rafistolage pour permettre à son os de guérir correctement. Une chance qu’il fut seulement fissuré. Lil ne se plaignait pas, il était responsable du résultat, il avait refusé de se rendre à l’hôpital. De telles blessures auraient attiré l’attention de l’armée et donc du monstre. Son bras sur son ventre, les jambes écartées, il songeait.

Il eut dix minutes de calme plat pour réfléchir avant que la jeune femme gémisse suavement, se réveillant doucement. Il portait son regard sur elle…Contre toute attente, la belle s’était rendormie. Lil plissait les yeux, une moue trahie au coin des lèvres. Il se levait non pas sans gémissement et fit le tour du sofa. Il ramassait un coussin qui se trouvait par terre au niveau de la tête de l’endormie. Il le plaça au dessus de son visage et le laissa tomber avant de ne se pencher un tout petit peu. Elle retira le coussin de son visage, sans bouger, Lil lui annoncer avec bonne humeur…


"Debout belle endormie !"


Il esquivait le foutoir à terre et reprenait place sur le fauteuil, même position. La tête inclinée sur le côté il lui dit…

"J’osais espéré que je pourrais m’invité à dîner… Dépêche d’émerger, j’imagine qu’on doit causer…"

Un sourire enjôleur animait son visage, ses mèches de cheveux cachaient son front et une mince partie de sa cicatrice sur son nez, seule plaie sur sa joue était visible. Ses bandages étaient dissimulés sous sa chemise, aucune raison qu’elle lui porte jugement là-dessus… Il ne voulait pas l’inquiéter, d’ailleurs il n’était pas certain de lui fournir ses info’. Il le désirait, mais il ne voulait pas l’inquiéter. Cependant, il devait la mettre en garde, car si elle fouinait trop, elle risquait le même sort que le lieutenant-colonel Maes Hugues, ou encore son oncle…et puis lui-même. Il s’était déjà attaché à cette fille, elle représentait beaucoup de choses. Il détournait son regard, songeur, froid, il fixait la cheminée inanimée.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mer 18 Avr - 6:44

L’inconscient. Tortueux, insidieux, complexe. Quelque chose dont on aimerait souvent bien se passer. Plongée dans un sommeil nerveux, je vis mon oncle se battre avec acharnement. Contre moi. Ou plutôt contre l’ennemi dans les yeux duquel je voyais. Le point de vue s’inversa, mon subconscient passa alors dans les yeux de mon oncle, pouvant enfin apercevoir sa cible. Le généralissime, armé d’un sabre d’une longueur effarante et qui savait fort bien s’en servir, arborant un sourire cruel avant d’abattre aussi soudainement que violemment sa lame dans le corps de l’alchimiste. Un gémissement qui se traduisit par un cri à l’intérieur de mon songe et la scène se modifiait pour laisser place à un souvenir, plutôt douloureux. C’était il y a des années, peu avant mon intégration à l’école.

Le buste découvert allongée sur la table en verre qui trônait toujours dans l’appartement du vieil homme aujourd’hui, la tête sur un coussin, je le maintenais de mes deux mains, le mordant par moment pour supporter la douleur. Derrière moi se trouvait mon oncle, en train de dessiner un cercle dans le creux de mes reins à l’aide d’aiguilles et d’encre. Le pourquoi il le faisait lui-même ? Personne ne devait voir ce qu’il tenait pourtant à garder en vie s’il jamais il lui arrivait malheur. Les larmes au bord des yeux, je refusais de les laisser couler en secouant vivement la tête pour les chasser et me vengeais une nouvelle fois sur le pauvre oreiller qui n’avait rien demandé. J’avais bougé un peu trop et l’alchimiste se mit à râler.

"Reste immobile. Si je te rate, il faudra tout recommencer."


Je détournais un peu la tête pour apercevoir son visage, avant de lâcher d’un ton sec.

"Mais ça fait mal !!"


Isaac releva son regard un quart de secondes, croisant le mien, et malgré ses paroles, je pu apercevoir un fond de ses yeux un brin de compréhension.

"Cesse de te plaindre gamine ! Ce n’est pas une aiguille qui te tuera !"

Reposant le menton sur l’oreiller en serrant les dents, je ne pus m’empêcher de marmonner, me retenant in extremis de dégager mon dos en sentant un nouveau pic de douleur.

"Une non, mais dix, peut-être …"

L’alchimiste qui était fort concentré ne répondit pas, me tirant un second soupir, agacé cette fois-ci. Essayant de tirer profit de la situation, je fixais le mur devant moi avant d’apercevoir sur une chaise proche un reste de tarte aux pommes d’à midi dont je m’emparais en tendant le bras pour l’achever. Après un long moment de silence dans ce qu’il me semblait être une torture, j’entendis à nouveau le son de sa voix s’élevait, légèrement adoucie.

"Je te laisse la chose la plus précieuse que je possède Elena. Protèges-là. Je sais que tu en ais parfaitement capable."

Soudain inquiète par le ton qu’il avait employé, je voulus me redresser mais une main vint se plaquer entre mes omoplates me forçant à rester allongée de manière pas vraiment confortable.

"Ne bouge pas je t’ai dit !!"

J’étouffais un juron avant de me détendre légèrement. L’esprit en ébullition, quelque chose me gênait dans sa phrase. Lorsque je mis enfin le doigt dessus, je l’interpellais doucement.

"Isaac …"

Il ne releva pas la tête, concentré sur son travail, mais écoutais visiblement.

"Hm ?"

"Tu reviendras me chercher n’est-ce pas ? …"


Une seconde fois, l’aiguille arrêta sa course un bref instant, pas si bref que cela en réalité, je dus tourner la tête pour voir mon oncle me fixait intensément avant d’esquisser ce qui semblait une ébauche de sourire, ce que je ne l’avais tout bonnement jamais vu faire. Les yeux écarquillés, je le fixais alors qu’il me répondait.

"Evidemment."


Evidemment … Le rêve s’effaça lentement, comme grisé alors que ce mot se répétait en écho, ne trouvant aucun repère où se stabiliser. Je revis en songe la lettre du commandement, le journal et …

Me réveillais en sursaut, agressé par un objet inconnu. Relevant mon bras couvrant toujours mon visage de manière relativement brusque, j’entrouvris un œil, la densité lumineuse était encore trop forte pour se lever d’un bond. La tête dans le flou, je me crus un instant encore chez ma colocataire alors que celle-ci venait de me réveiller pour diner. Mais le son de la voix ne collait pas. Pas du tout même, c’était une voix d’homme. Lorsque je m’aperçus de ce fait, j’ouvris de grand yeux surpris et tournais la tête vers celui qui avait osé me tirer de mon sommeil, pas vraiment réparateur, certes. Découvrant un visage familier, j’esquissais un sourire ravi tout en songeant que sa manie de débarquer à l’improviste et de manière totalement clandestine n’avait pas changée durant un mois. Un mois. Après avoir buté sur ce mot, je m’emparais du coussin et lui lançais dessus de manière assez vive en me redressant sur le canapé, l’air soudain sérieuse, toutefois contredite par le sourire sous-jacent que me tirais sa venue.

"C’est ça que tu appelles « dans la semaine » ?! "

Les jambes légèrement repliées sur le canapé, les deux mains reposant également sur ce dernier, je le fixais avec sévérité durant plusieurs secondes pour finalement abandonner ce masque et lui sourire franchement. Il voulait s’inviter à diner ? Tiens donc ! Baissant les yeux en réfléchissant, mon regard tomba sur les divers documents amassés. J’ignorais depuis combien de temps Lil était ici, il avait probablement eu le temps de les regarder, les cacher ne servirait donc probablement plus à rien désormais. Je m’étirais en lui lançant un regard peu amène lorsqu’il me demanda d’émerger, j’étais longue à la détente le matin …. Sachant qu’on était désormais plus proche du soir en réalité. Et moi qui avait prévu d’aller faire un tour en douce à la bibliothèque militaire cette nuit … ca devrait probablement attendre un peu. Malgré tout, j’étais heureuse qu’il soit revenu, je n’y comptais même plus. Je me redressais légèrement et haussais un sourcil suite à sa demande.

"Pour le repas, pas de soucis, j’ai mon idée. Pour le reste … Je t’écoute."


Je ne tenais pas tout de suite à lui dire ce que j’avais appris, d’autant plus qu’il en avait probablement lu une bonne partie tout seul, c’était donc parfaitement inutile en fin de compte. Je l’observais avec un mélange de curiosité et d’intérêt pas vraiment dissimulé avant de froncer les sourcils en apercevant quelque chose de suspect. De nature plutôt observatrice, je ne m’y pas bien longtemps à détecter une blessure sur sa joue, qui ne semblait pas vraiment ancienne. Sans gêne, je me levais et m’approcher de lui avant de poser mes doigts sous son menton pour faire doucement pivoter sa tête sur le côté.

"Qu’est-ce qu’il t’ait arrivé Lil ?"

Soudain inquiète, je ne comprenais pas toutefois pourquoi j’y portais autant d’intérêt, sa vie ne regardait que lui, et puisqu’il avait été formé par Isaac, il était tout à fait apte à se défendre seul, je n’en doutais pas. Mais l’idée qu’il puisse lui aussi avoir une existence dangereuse ne me rassurait pas vraiment. Sans réellement savoir comment, je m’étais attachée à l’énergumène qu’était le garçon. Et puis … il se pourrait bien que j’ai également certaines choses à lui apprendre.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mer 18 Avr - 12:36

Le regard fixé sur le restant de bûches consumées, Lil perdurait inconsciemment cet air froid. Il n’eut pas la conscience d’esquiver ou de contrer. De sa main non handicapée il prit l’objet qui avait glissé le long de sa face.

"-C’est ça que tu appelles "dans la semaine" ?!
-Hm… ?"


Il avait aussitôt déporté son regard sur la jeune femme, le ton de sa voix trahissait l’expression tendre de son visage, mais n’écartait pas une certaine inquiétude… Une expression qui finit par devenir ferme. Lil détournait son regard un petit soupire expiré. Il avait l’air un brin nostalgique.
La jeune enchaînait plus rapidement que prévu annonçant être prête à l’écouter. Lil sembla soudainement troublé. Prête à l’écouter, hm ?. Le garçon avait parlé trop vite, il ne pensait pas débarquer et aussitôt tout déballer. Ca manquait un minimum de classe pour le type intentionné qu’était le semi reptile. Il fallait ménager ces dames. Cela contredisait un trait de son caractère et notamment lors de leur première rencontre et seconde, celle-ci était la troisième.


"T’es drôlement astreignante toi… "

dit-il ses doigts frottant doucement l’arrière de sa tête d’un air blasé.
C’est alors qu’Elena se levait, surpris il la suivit du regard et sans qu’il anticipe ce qu’elle allait faire sa tête avait une rotation. Dans un premier temps il fixait le fin poignet de la belle. Sa question l’avait heurté à ce qu’il craignait, éveiller l’inquiétude de la demoiselle. C’était parfaitement inutile. Cependant, Lil était surpris, quelque part effrayé par les liens qu’ils avaient rapidement tissés. Des liens qui en réalité avait apparut 9 ans plutôt et aujourd’hui se solidifiaient. Il leva son regard semblable à un félin sur le bleu de ceux d’Elena. Doucement il retirait sa main et avec nonchalance retrouvée…


"Ce n’est rien ! Dis-moi plutôt quel est le programme, j’ai faim…"

Il frottait doucement son ventre de sa main gauche, celle-ci était dénuée de bandage, celui-ci était sur son avant-bras seulement, dissimulé. La jeune se redressait. Son expression soucieuse renforcée cet air doux qu’elle portait si bien. Lil se levait, un petit sourire contrit.
Il prit une grande inspiration tout en expirant oralement. Il prenait les choses en mains finalement. Une fois debout il réajustait de ses deux mains sa chemise avant de ne lâcher avec sa nonchalance…


" Boon… J’vois bien l’ "idée"… On va s’faire un dîner en amoureux."

Il frôlait l’épaule de la jeune femme se dirigeant avec un cet air distrait. Il s’arrêtait à quelques pas de la porte, là il fit un demi-tour sur lui-même et tout en levant le menton avait une certaine vivacité certaine il lui dit…

" Tu te ramène ?! "

Il ouvrait la porte et sortit de l’appartement sans accorder la moindre seconde d’attente à la jeune femme. Cette attitude prouvait bien que la personnalité du garçon était basée sur deux extrêmes. N’avait-il pas reproché à Elena d’être contraignante par son tempérament hâtif ?Il était en train d’ouvrir le verrou du portail lorsque Elena le rejoignait d’un pas pressé.
Le garçon ouvrit la porte et la laissa passer. Il n’avait pas une idée précise en tête, il ne connaissait pas cette ville, il laissait cette tâche à la jeune femme qui prendrait certainement les rennes inconsciemment quand elle comprendrait qui les mènes nul part…Lil marchait, peu importe le sens mais il marchait…Il avait sortit une cigarette et celle-ci pendouillait à ses lèvres avec souplesse…


"-Elena, demandait-il avec naturel, ton père n’était pas Alchimiste d’Etat renégat ou je ne sais quoi en rapport avec l’armée, par hasard ?"


Il lui jetait un furtif coup d’œil, son bâton en acier sur son épaule droite, il avait rangé son autre main dans la poche de son pantalon noir.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mer 18 Avr - 17:52

Je fis une moue légèrement boudeuse en l’observant détourner la conversation, la tête légèrement penchée sur le côté. Allons bon … une telle réplique était bien le signe qu’il y avait quelque chose en réalité. Plus soucieuse que je ne le laissais croire, je me contentais d’acquiescer avec un léger soupir avant de retrouver le sourire serein que j’arborais depuis qu’il était arrivé. Quant au programme ? Je n’eus même pas le temps de devancer sa réponse qu’il semblait avoir décidé pour deux. Et me tira un rougissement en me faisant part de sa propre idée, avant que je ne me mette à rire, cachant ainsi ma gêne. Me frôlant doucement, il se dirigeait sans attendre vers la porte de l’appartement alors que je le suivais du regard, à la fois perplexe et amusée.

"Soit. Méfie-toi que je ne te prenne pas au mot !"

Les bras croisés, assise sur l’accoudoir du fauteuil qu’il venait de quitter, je le fixais tranquillement alors qu’il se tournait vers moi, sûr de lui, me demandant si je comptais me pointer. Amusée par sa hâte, je ne me fis pas prier et d’un geste saisis mon sac qui trainait au sol, mettant mes chaussures au passage, attrapais mes clefs sur la table de verre et courus presque pour rejoindre le garçon qui me devançait. D’une main leste, je fis tourner la clef dans la serrure avant de le suivre, ravie et surprise car au fond je ne savais pas vraiment ce qu’il comptait faire, je ne le pensais pas sérieux lorsqu’il avait évoqué l’éventualité d’un diner romantique. La possibilité qu’il n’ait pas dit ça en rigolant me traversa l’esprit quelques secondes avant de réfuter cette idée. C’était idiot. Mais quitte à être dehors désormais, autant l’emmener dans un endroit sympathique. Je connaissais une pizzeria à un petit quart d’heure de marche, proche du centre ville, dont les prix étaient relativement abordables. Je passais la porte qu’il me tenait, le remerciant d’un signe de tête discret et pris inconsciemment la tête de la petite marche pour se rendre au restaurant. Les mains dans les poches, bandoulière sur l’épaule, je marchais aux côtés du jeune homme en silence, savourant l’air du soir avec un sourire discret. Détournant toutefois la tête lorsque le jeune homme reprit la parole, je l’observais quelques secondes avant de reporter mon regard sur la route, les yeux dans le vague durant quelques instants. Sans prendre véritablement le temps de réfléchir, je fis un lien direct avec l’activité de mon oncle et répondis dans la foulée.

"Alchimiste d’état non. Mais je sais qu’il avait des contacts avec l’armée, il leur fournissait ses recherches, obtenant en contrepartie de quoi vivre et certains … outils pour pourvoir les parfaire."


Par outils j’entendais animaux. McDougal m’avait expliqué ça bien plus tard. Après diverses recherches effectués au sein de l’armée, il avait appris qu’il été en réalité une sorte de testeur non militaire dans le complexe des chimères. L’armée avait profité de sa folie pour lui proposer de faire des expériences toutes plus étranges les unes que les autres. Si j’avais voulu en apprendre plus, comprenant désormais l’origine de ma mutation, mon oncle avait catégoriquement refusé de s’étendre sur le sujet, craignant probablement de m’apprendre certaines choses qui m’auraient traumatisé de manière irrémédiable. Mais le vieil n’avait pas vraiment compris que malgré les horreurs que j’aurais pu voir, rien n’avait été pire que de voir mon père sombrer dans la folie jour après jour. A partir de là, je restais difficilement choquable. Je finis par hausser les épaules, le passé restait dans le passé, je doutais que les expérimentations de mon père aient quelque chose à voir avec la disparition de mon oncle. Un sourcil légèrement haussé, je scrutais du regard le profil du jeune homme, doucement éclairé par la lumière tombante du soir.

"Pourquoi cette question ? Tu penses que la mort d’Isaac pourrait avoir un lien avec lui ?"


J’en doutais fortement. J’avisais non loin de nous le panonceau annonçant le restaurant se rapprochait tranquillement. Imitant le jeune homme dans sa précédente attitude, j’ouvris la porte et le laissais passer tranquillement avant de passer à sa suite. Après avoir été abordé par une serveuse fort aimable, nous fûmes placés dans un coin tranquille, où Lil pourrait fumer tranquillement également. Une fois installés, je reposais la carte que l’on nous avait portée sur la table, fermée, et observais le jeune homme l’air curieuse.

"J’ai découvert pas mal de choses également concernant la mort de mon oncle. Mais avant, j’aimerais savoir ce que tu souhaitais me dire. "


Après un rapide coup d’œil sur la carte, je commandais mon repas, laissant le jeune homme faire de même et demandais un carafe d’eau au passage, tout en reportant mon regard bleuté sur celui du jeune homme, le visage calme.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mer 18 Avr - 19:36


"Alchimiste d’état non. Mais je sais qu’il avait des contacts avec l’armée, il leur fournissait ses recherches, obtenant en contrepartie de quoi vivre et certains … outils pour pourvoir les parfaire."

Son père était donc lui même un cobaye de l’armée. Lil avait tout un tas de question concernant son père, des choses à éclaircir, une idée glauque à son égard… Ca aussi serrait pour plus tard, pour le moment il comptait décompresser. Il avait passé plusieurs jours couchés, enfermé dans l’appartement de Reï, c’est seulement ce soir qu’il retrouvait la civilisation. Il n’était pas tant en forme mais on ne le remarquait pas, à moins de connaître par cœur le garçon. Après quelques minutes de marche, Elena avait prit la tête de la marche. Tout les deux plus ou moins à l’aise, ils discutaient, toujours avec sérieux, comme si qu’ils étaient voués à échanger que des informations. La chimère sentit le regard de la jeune femme tandis qu’il fixait droit devant lui.

"-Pourquoi cette question ? Tu penses que la mort d’Isaac pourrait avoir un lien avec lui ?
-Non, Isaac n’avait peut être même pas idée des agissements de ton père… "

C’était certain, surtout maintenant qu’il savait pourquoi il se battait. Pourquoi il avait abattu aussi froidement des innocents pour réaliser son plan, qui fut un bel échec. "Il faut savoir faire des sacrifices pour avancer" C’étaient les mots de son maître, des mots qu’il comprenait seulement avec le recul actuel. Des sacrifices, Lil en avait fait, mais les circonstances étaient différentes bien qu'au fond c'était toujours l’instinct de survie qui prenait les rennes.
Plus rapidement que prévu ils arrivèrent devant un petit restaurant modeste qui ne payait pas de mine de l’extérieur. Mais à l’intérieur, c’était tout à fait le contraire, une endroit chaleureux où régnait un climat serein et calme. Le jeune homme suivit la jeune femme, ils étaient orientés par une serveuse.

La table n’était pas plus isolée que les autres, on pouvait parfaitement entendre les sujets croustillants des tables voisine tout comme le leur. Lil était dos au mur, il avait une vue d’ensemble de la pièce. Il essayait de calculer depuis combien de temps il ne s’était pas adonné à une activité tout à fait…banale. Combien ? Impossible de s’en souvenir, ce genre de songe agréable était subjugué par d’autres plus marquants, plus violents. C’étaient ses souvenirs ; mensonges, tristesse, mort. Un passé lourd qui n’avait pas encore consumé le sourire du jeune homme. Même après les récents évènements. C’était là sa force, garder la tête haute pour mieux avancer.


"J’ai découvert pas mal de choses également concernant la mort de mon oncle. Mais avant, j’aimerais savoir ce que tu souhaitais me dire. "

Il déportait son regard observateur sur la jeune femme, dés l’instant où il pausait son regard sur elle l’expression de son visage retrouvait sa naturelle sérénité. Elena avait de nouveau relancé le sujet, elle semblait désireuse d’en apprendre plus. Lil consultait à son tour la carte et avant que la serveuse ne débarque il lui fit remarquer…

"On en reparlera plus tard, ce n’est ni l’endroit, ni le moment. "


L’employée se pointait, prête à emporter les commandes. Lil commandait juste après Elena.
La serveuse repartit, le garçon s’adossait dans le fond de sa chaise laissant s’échapper un soupire pénible. Ses côtes le torturaient, il avait beaucoup d’effort ce jour-là, il était en plein début d’une convalescence. Mais notre ami était irrécupérable, trop têtu pour qu’on puisse le tenir tranquille. Le fait qu’il fut resté une semaine enfermé chez son amie relevait du miracle. Seulement, après réflexion c’était un fait plus rationnel, il avait souffert. Lil était tout simplement incroyable parfois. Il levait son regard vers la jeune femme, c’était la première fois qu’il dînait en tête à tête avec une autre fille que Reï. Quelque part il espérait que cet instant leur permettrait de discuter avec moins de sérieux. Après un petit silence il ouvrait la bouche…


"Elena, qui es-tu exactement ? J’veux dire, quelle vie passionnante menais-tu avant tout ca. "

Il imaginait la jeune femme vivre paisiblement dans l’attente, de quoi il l’ignorait. Le fait qu’elle connaisse ce restaurant prouvait qu’elle sortait et donc vivait comme une jeune de leur âge. De leur âge, il se rendait compte qu’il ignorait beaucoup d’elle, et inversement. Il l’a questionnait, intéressé par sa personne, cependant, il redoutait qu’elle lui retourner ses interrogations. Échange équivalent. Si ses aprioris à son compte étaient fondés, il l’enviait déjà. Lil profitait de l’approche de la serveuse pour commander un petit remontant. L’alcool l’aiderait à combattre la douleur.Sa clope au bec, il avait tendance à l'oublier et ne tirait qu’occasionnellement dessus. Semblable à un gamin qui découvrait le monde, il ne cessait d'observer les gens qui les entouraient.Ce genre d'activité le rendait presque nerveux bien qu'il appréciait la sortie et... l’accompagnatrice.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mer 18 Avr - 20:30

J’acquiesçais doucement à sa réponse, comprenant que le moment était mal choisit. Néanmoins, il paraissait également avoir d’autres choses en tête que me parler d’Isaac, ce que je ne comprenais qu’à moitié. Pourquoi avoir pris la peine de venir me voir si ce n’était pas pour obtenir des informations ou discuter du sujet épineux qu’était mon oncle et le résultat de ses recherches. Je ne pouvais m’empêcher de me poser cette question toute bête mais si intrigante. La carafe d’eau arriva quelques minutes après, je me servais rapidement pour en avaler un grand verre d’une seule traite, assoiffée pour une raison inconnue, le trajet n’avait nullement était fatiguant ni éprouvant. Un léger silence s’installa, et je me sentis légèrement gênée, n’ayant pas l’habitude de diner avec une seule personne, et un homme qui plus est. D’ordinaire, lorsque j’étais venue ici, j’étais accompagnée d’au moins cinq ou six personnes, même si je me mêlais rarement aux conversations diverses. Je relevais doucement la tête vers le jeune homme lorsqu’il s’adressa à elle d’une voix posée. Sa question me tira un sourire amusée. Qui étais-je ? Bonne question, même moi je n’étais pas réellement sûre de le savoir. Une chimère, une adolescente en perdition, une orpheline, tellement de choses pouvait définir ce que j’étais. J’entrepris de faire simple et lui répondis d’une voix sereine.

"Passionnante hm ?"

Je lâchais un léger rire amusée avant de reprendre.

"Elle n’a rien de passionnante. J’ai fait des études, vivant en internat à la demande d’Isaac, aujourd’hui, qui finalement ne m’ont pas servies à grand-chose. J’ai cherché des petits boulots, pour payer le loyer à une fille de mon école chez qui je vivais. J’attendais le retour de mon oncle pour pouvoir repartir avec lui, pour finalement recevoir cette fameuse lettre de l’armée m’annonçant son décès."

Je m’abstins de lui dire ce que j’étais, il l’apprendrait peut-être plus tard. Ou pas. La boisson que Lil avait commandé arriva, ainsi que de quoi grignoter en attendant nos commandes. Je piochais dedans avec gourmandise, ayant oubliée de manger aujourd’hui à cause de mes recherches. J’observais le décoloré qui portait son regard curieux sur la plupart des mouvements du restaurant, légèrement amusé. Il semblait découvrir quelque chose qui lui était étranger, ce qui me fit penser qu’il ne sortait pas beaucoup. Me resservant un verre d’eau, je le bus d’une traite une fois encore avant de reposer ce dernier, croisant les mains sous mon menton que j’appuyais dessus sans le quitter des yeux.

"Et toi ?"

Détournant le regard, attirée plus ou moins par les discussions alentours, je reformulais ma question doucement.

"J’imagine que tu n’as pas qu’un simple jeune étudiant avide de connaissances."


Je repensais au nombre impressionnant de cicatrices que j’avais pu apercevoir sur son torse lorsqu’il était venu le première fois dans l’appartement d’Isaac. Les muscles roulant sous sa peau m’indiquaient eux aussi qu’il avait probablement suivit une rude formation pour les développer et qu’il se battait probablement régulièrement, ce qui n’était certes pas la vue d’un étudiant basique. Même si j’ignorais beaucoup du jeune homme, j’étais avide d’en savoir plus. Il m’intriguait pas mal, mais je n’eus pas le temps de continuer à le questionner que les commandes arrivèrent déjà. Avisant ma pizza avec une gourmandise non dissimulée, j’attendis que le jeune homme soit également servit puis entamais enfin mon repas.

Ce dernier se passa en silence, j’avais vraiment trop faim pour relancer la discussion durant ce laps de temps, ce n’est qu’une fois finie que je reportais mon attention sur le jeune homme. L’ambiance de la salle, une fois le jour tombé, était plutôt feutrée, même si l’on entendait aisément la conversation des tables voisines, la luminosité restait plus ou moins tamisée. Les ombres dansaient doucement sur le visage du jeune homme, dissimulant légèrement sa blessure à ma vue. Néanmoins, cela ne faisait que rehausser la finesse de ses traits. Je croisais les bras sur le rebord de la table et m’appuyais légèrement sur la table, m’approchant imperceptiblement du jeune homme avant de reprendre mes questions.

"Comment vis-tu depuis la fin de ton apprentissage ? Tu n’es pas le seul à être curieux !"

Je soupirais doucement, souriant timidement.

"Même si ça ne me regarde sûrement pas …"

L’esprit taquin, j’attrapais la carafe qui contenait un liquide alcoolisé de couleur ambrée et m’en servit une petite dose avant de l’ingérer doucement, laissant le trait de feu me brûlait doucement l’œsophage. Je n’avais pas l’habitude de boire beaucoup d’alcool, ce dernier me laissant bien trop instable et pot de colle pour que j’en consomme régulièrement. Mais une fois de temps en temps, cela ne faisait pas de mal. Attendant les quelques réponses à mes questions, je ne pouvais pas m’empêcher de dévisager le jeune homme avec une attention toute particulière.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Mer 18 Avr - 22:14

"Passionnante hm ?"

La jeune femme riait, Lil ne comprenait pas, son visage gardait cette expression mitigée depuis plusieurs minutes à présent. Elena confiait dans un discours synthétique ce qu’était sa vie. Seulement une partie. Elle avait vécu une vie plus ou moins normale après avoir été recueillie par son oncle. Son lot de malheur avait sûrement prit fin au cours de son adolescence. Chanceuse dans son malheur, elle s’en était mieux sorti que Lil après leur séparation. Cette fois c’est sûr, il l’enviait. Le destin du garçon lui avait ouvert une voie tortueuse et semées d’embuches, jamais il ne virait en paix. Il avait toujours vécu sans rien en poche, sans conviction ni bute. Mais maintenant qu’il était libre, il avait tenté d’emprunter une autre route, mais au final, toutes les routes se rejoignaient. Et puis il y avait son maître, cet homme comptait sur lui, il ne pouvait tourner le dos à cet homme. Comme toujours il acceptait ce qu’on lui mettait entre les mains, sans broncher, seulement assumer.
Son menton appuyée sur ses mains, Elena fixait notre ami avec une certaine attention. La serveuse arrivait, déposant la commande de Lil près de lui tandis que la décolorée lui retournait la question.
Toujours affalé dans son siège il l’a regardait.


"J’imagine que tu n’as pas qu’un simple jeune étudiant avide de connaissances."

Après un court silence il versait le contenu du pichet alcoolisé dans son verre laissant les trois quart encore indemnes. Lil un simple étudiant ? Il se mit à rire, un rire amer mais bien distinct. Le jeune haussait les épaules d'une manière évidente. Il s’apprêtait à répondre avant d’être interrompu par les commandes. Deux bols de nouilles et des brochettes de poulets finement cuisinées, il ne jalousait pas la pizza de la demoiselle. Cette dernière s’était d’ailleurs jetée sur son repas rompant jusqu’à la fin le délicat son de sa voix interrogatrice. Un sourcil levé, Lil baissait les yeux et entreprit de faire de même. Manger dans le silence le dérangeait énormément, ce genre d’atmosphère lui déplaisait… Mais il respectait le silence de la jeune femme.
Il était comme un enfant, ses habitudes il les tenait de Reï, ca faisait un petit peu plus d’un mois qu’il résidait chez son amie à défaut d’autre chose. Elle avait une fortune qui leur suffisait amplement, elle pouvait se permettre d’héberger le jeune homme, et puis, sa présence lui était indispensable à présent.


"Comment vis-tu depuis la fin de ton apprentissage ? Tu n’es pas le seul à être curieux ! Même si ça ne me regarde sûrement pas …"

La chimère levait les yeux, surpris, il tentait de faire remonter l’intégralité des nouilles dans sa bouche. Lui aussi était goinfre. Lui qui se trouvait courbé pour enfiler ses nouilles avec rapidité, ils étaient chacun à quelques centimètres l’un de l’autre. Le garçon se redressait doucement. Il attendit de vider sa bouche pour lui répondre avec nonchalance…

"Je ne vis pas…c’est bien là le problème. Ca ne te regarde pas, hm ? Alors pourquoi poser la question ? "


Un sourire enjôleur, il relevait le regard insistant de la belle. Un manque de tact certain, le garçon ne se rendait pas compte de l’impact de ses paroles, il parlait toujours franchement. Il engloutit le restant du second bol tout en vidant le contenu de l’ultime brochette dans sa bouche déjà pleine. Il fit passer le tout avec son troisième verre d’alcool. Là, repu, il se laissait chavirait dans le fond de son siège. Son bras blessé sur son ventre, il tapotait celui-ci avant de ne gémir de douleur. Un œil fortement plissé, il le rouvrit aussitôt et enchaînait comme si de rien n’était…

" Hmm.. Comment dire… disons que je n’ai pas encore eu la possibilité de vivre pleinement ma vie d’adulte. Maintenant que je le peux, j’ai une mission à achevée… "

Il se rendit compte à quel point sa vie était maussade, à quel point il devait le paraître. Le visage momentanément troublé par ce fait, il se mit à sourire. Sa main droite tâtonnant son pectoraux gauche, il finit par trouver la petite poche de sa chemise, il en sortit une cigarette. Il retrouver son sourire, ignorant tout ce qui le taraudait aussi bien physiquement que mentalement et reprit cette expression radieuse qui faisait de lui un grand optimiste.

"Ne prends pas ça comme une plainte ou un appel à l’aide. J’ai fais des choix, je ne peux pas les regretter, je suis un homme. "

Sa détermination était sa plus grande richesse, son courage une plaie. Il partageait le reste de l’alcool et mit un terme au sien d’une traite. Il voulut vite quitter le restaurant. Cette fois il plongeait sa main dans l’intérieur de sa veste de costard, il en sortit de l’argent.

"Allez, tirons-nous !"


Il jetait négligemment l’argent sur la table avant de ne se lever et entamer une marche en direction de la sortie. L’alcool ayant fait son petit effet, il avait chaud, les yeux brillants, il marchait le long du trottoir, accompagné d’Elena. Sa veste pendue entre ses doigts derrière son dos. Quelle était leur direction à présent ?
L’air était frais, mais Lil ne pouvait le sentir, pour lui il faisait chaud. Il plissait les yeux pour déterminer de son état, ne sachant plus les effets de l’alcool et ne pouvant même pas déterminer s’il était rond… C’est alors qu’une once de lucidité lui remémora son entrée dans l’appartement. Elena entourée d’un tas de paperasse. Il fronçait les sourcils, quelque peu inquiet, il fixait l’horizon. Inconsciemment il avait prit la route du retour…


"- Elena, ne mets pas ton nez dans les affaires de l’armée. L’armée pourrait t’avoir à l’œil, après tout, Isaac conspirait contre ce pays. "

Il s’arrêtait. Ils étaient sur une espèce de passerelle sous laquelle filait un courant d’eau lent. L’eau était aussi claire que du cristal, elle reflétait la couleur du ciel, un orangé crépusculaire. Le visage implacable il lui demandait…

"Tu ne peux pas agir seule, laisse-moi faire."

Ses yeux verts brillaient d’une étincelle de sincérité. Cette fille, il comptait bien la protéger. Inutile de penser que l’alcool était à l’origine de ses paroles, son esprit n’était pas assez embrumé pour que les mots sortent sans la moindre réflexion. Non, loin de là, c’était un homme réfléchi.Mais plus il y pensait, plus il craignait de bientôt ne plus trop l'approcher. Ce monstre qu'il avait combattu, il ne fallait pas qu'il le retrouve, la probabilité qu'il s'en prenne à ses deux amies était flagrante.
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MessageSujet: Re: Remuer les poussières du passé [ Pv. Lil]   Jeu 19 Avr - 13:06

Après avoir expédié la fin du repas de manière plutôt hâtive, je suivais le jeune homme dans la rue, main dans les poches, gênée de ne pas avoir eu le temps de payer. A la base, c’était moi qui nous avais amené ici, avec l’idée de m’occuper également de l’addition. Mais le garçon m’avait pris de vitesse, et embarqué dès la fin du repas, comme pressé de sortir de ce lieu. Un léger silence nous enveloppait, je digérais ma pizza tout en cheminant tranquillement vers … Aucune idée en fait, je suivais tout simplement Lil qui semblait savoir où il allait. Le nez au vent, je profitais de la brise fraiche du soir, cela faisait un grand bien après la journée d’intense chaleur. La route empruntée nous menait sur un passage que je connaissais un peu, pour y être passé plusieurs fois. Un ponton tout simple, surmontant un cours d’eau qui rejoignait le fleuve non loin. Le jeune homme s’arrêta près du milieu de petit pont, brisant le silence, me faisant ainsi relever légèrement la tête dans sa direction. Je crus discerner un air soucieux sur son visage d’ordinaire peu expressif et compris pourquoi en l’entendant parler. Je m’accoudais à la rambarde et baissais le regard vers l’eau qui se mouvait tranquillement, observant mon reflet ainsi que celui des étoiles qui peinaient à se dissocier des lumières de la ville. Un léger sourire aux lèvres, j’étais amusée par la situation, et malgré elle également.

"T’es pas croyable … même neuf ans après, la première chose que tu veux faire, c’est de me protéger à nouveau …"

Je finis par tourner la tête vers lui, coude sur la rambarde, j’appuyais ma tempe sur ma main fermée tout en l’observant, le visage légèrement plus sombre.

"Lil … tu crois sérieusement que je vais te laisser chercher seul tout en restant sagement à côté à me tourner les pouces ?"

Je lâchais un léger soupir avant d’enchainer, sérieuse.

"Je sais qui l’a tué, rassures-toi. Je ne fonce pas tête baissée vers l’inconnu, même si je reconnais que c’est assez mon genre. Mais armée ou pas, son assassin devra payer. "

Je humais l’air discrètement, m’assurant ainsi que personne ne se trouvait vraiment proche de nous avant de continuer en me retournant pour observer l’eau paisible.

"Mon oncle a été accusé de haute –trahison. Je le savais un peu dingue sur les bords, mais je le connais suffisamment pour savoir qu’il ne se serait pas retourné contre un empire entier s’il n’avait pas appris quelque chose ayant fait changer son opinion. Il était étrange mais pas idiot, loin de là."

Je m’arrêtais, incertaine de la manière dont je devais enchainer et en profiter pour donner un coup de pied dans un petit caillou qui chuta dans l’eau, provoquant une onde qui vint troubler la quiétude des lieux.

"J’ai découvert pas mal de choses. Et je ne peux pas rester les bras croisés devant ça. Il ne s’agit pas que d’Isaac, j’ignore ce que c’est exactement, mais je sais que l’armée trafique quelque chose de louche. Et pas à petite échelle probablement …"

Je me tus, me tournais vers le jeune homme l’air déterminée.

"Laisse moi t’aider si tu comptes faire quelque chose. Mais ne me demande pas de rester en retrait, c’est au -dessus de mes forces. Que ce soit seule ou avec ton aide, je découvrirais pourquoi il l’a fait taire et ce qu'- …"

Je me tus, ayant repéré une odeur qui se rapprochait, elle se trouvait à une vingtaine de mètres à peine. Jetant un coup d’œil rapide derrière mon épaule, je ne vis pourtant rien. Dans le doute, j’attrapais la main du garçon et le tirais avec moi, lui signifiant d’un doigt sur les lèvres de se taire avant d’accélérer légèrement le pas. Une fois le ponton dépassé, je reconnus la route où nous nous trouvions et poussais un léger soupir de soulagement. Pour discuter, mieux valait être en sécurité.
Constatant après un certain temps seulement que je tenais toujours le jeune homme par la main, je la lâchais, légèrement gênée, me dirigeant sans réelles hésitation vers l’appartement.

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