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 "Il vaut mieux juste oublier" [pv. Leon ]

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MessageSujet: "Il vaut mieux juste oublier" [pv. Leon ]   Dim 20 Mai - 11:16

Des mouvements fluides et lents. Une chevelure neigeuse aux quelques reflets rougeoyant enveloppait un corps gracile se mouvant langoureusement au son d’une mélodie lourde et étouffante. Un contraste surprenant entre la musique et les gestes. Entre les lieux et la scène. Un entrepôt lugubre, plongé dans une obscurité angoissante, illuminé de manière aléatoire par les quelques éclats de lumière provoqués par l’orage nocturne. Le tonnerre couvrait par moment la mélancolie de la musique s’échappant d’un vieux magnétophone, sans pour autant déranger la danseuse, plongé dans son monde de chimères et de rêves. Pieds nus, un simple corsage noir recouvrait son corps d’albâtre, les bras couverts de cicatrices diverses, une chaine enserrant l’une de ses chevilles fines, elle ouvrit enfin les yeux pour voir s’approcher autour d’elle diverses créatures plus ou moins difformes. Des humains aux formes animales. Des animaux aux capacités humaines. Leurs voix résonnaient dans un murmure inaudible mais assez consistant pour couvrir la musique lancinante. Comme des dizaines de reproches, des centaines, des milliers. Comme des appels à l’aide continus, des plaintes retenues, des pleurs diffus. La danseuse stoppa ses mouvements, son regard ne trahissait rien, juste un vide profond, intense, alors qu’elle supportait sans broncher toutes les reproches de ses congénères. Une brume envahit les lieux, suintant entre les corps mutilés qui lui faisaient face, la dissimulant entièrement à ces regards accusateurs, la laissant dans un cocon de solitude étouffant. Elle entendait mais ne voyait rien. La fumée s’éleva, s’étendit jusqu’à prendre une apparence humaine, portant ce qui devait être ses mains à la gorge de la demoiselle sans expression. Une poupée de porcelaine au cœur brisée et à l’âme vide. Elle sentit la morsure glaciale de la brume sans réagir, attirée par les abysses et se contenta de fixer sa mort qui prenait le visage d’un être bien connu. Un visage androgyne, agrémenté d’une cascade de cheveux bruns à l’aspect singulier, au sourire si particulier, carnassier et joueur à la fois. La jeune femme bougea les yeux pour la première fois, plongeant son regard sans vie dans celui de son tortionnaire pour y voir une lueur de haine et de mépris avant d’être engloutie par la brume glaciale.

Un cri déchira l’air moite de la pièce alors que la jeune femme se relevait d’un bond, s’emmêlent dans les draps qui l’enserraient, cherchant à fuir un ennemi invisible. Trempée de sueur, elle repoussa d’une main fébrile les longues mèches blanches de sa frange collant à son front de manière désagréable avant de s’assoir sur le rebord du lit, la tête dans les mains. Ce rêve, ce n’était pas la première fois qu’elle le faisait. Il y avait toujours des choses différentes, des détails qui se modifiaient, mais au fond, c’était le même. Toujours aussi glauque, toujours aussi violent malgré la douceur semblant y résider durant un certain temps. Prenant une attention toute particulière à réguler sa respiration saccadée, la jeune femme resta ainsi durant de longues minutes, ignorant ses membres raidis par le sommeil agité qu’elle venait de quitter. Rassemblant sa longue chevelure d’ivoire sur son épaule droite, la demoiselle se leva finalement, se dirigeant vers la salle de bain. Un lambris sombre aux reflets ébène composait le plancher de la petite chambre. Pauvre en meuble, elle contenait seulement un lit double dont le bois semblait avoir été éprouvé par les années, ainsi qu’un coffre à la teinte brune au pied de ce dernier, destiné à recevoir les quelques affaires des résidents. Une petite fenêtre à quatre carreaux habillait le mur est de la pièce, recouvert par une simple tenture grisonnante, qui laissait toutefois filtré la lueur du jour à travers un tissu pas vraiment opaque. Attenante à la chambre, une salle d’eau sommairement aménagée, une douche, des toilettes, un lavabo doté d’un miroir fissuré. Le tout éclairé par une lampe jaunie et pas vraiment au mieux de sa forme. Un endroit déjà confortable pour l’établissement vétuste dans lequel avait élu domicile la demoiselle.

Cette dernière retira les sous-vêtements qu’elle portait encore, se refusant à dormir totalement nue par habitude, ou précaution suivant sous quel angle on voyait le problème, et se glissa sans attendra sous l’eau froide, fermant les yeux pour laisser l’onde lui délier doucement les muscles et retirer cette couche de sueur désagréable. Et faire également refluer sa gueule de bois. La bouteille de Gin au trois quart vide près de son lit était un vestige de la soirée animée qu’elle avait passé. Contradictoire, la jeune femme savait pertinemment qu’elle ne devait pas se faire repérer et pourtant continuer de sortir comme si de rien n’était, en restant toutefois davantage sur ses gardes. Les yeux fermés, elle leva son visage anormalement pâle jusqu’à le maintenir sous l’eau qui coulait abondamment sur ses épaules, et massa l’une d’elle par pur réflexe, ses doigts fragiles touchant avec douceur les deux cicatrices qui recouvrait cette dernière. Elle n’arriverait probablement pas à oublier. Reposant sa main contre le mur de carrelage sur lequel elle s’appuya, elle en profita pour se laver prestement et sortis enfin de la douche, laissant sa crinière blanche goutter au sol sans la moindre gêne. Croisant son visage dans le miroir délabré, elle en détourna toutefois vivement le regard, désireuse de ne pas voir à quoi elle ressemblait. La serviette sur la tête, elle traversa la pièce encore humide à la recherche de vêtements propres qu’elle finit par dégotter. Un short noir, une chemise blanche cintrée, à manches courtes, des bottes montantes et son éternel manteau bleuté qu’elle se contenterait probablement de nouer autour de ses hanches. Elle noua ses cheveux encore humides en une longue tresse qu’elle ne termina pas, l’attachant à la moitié seulement, et batailla vainement pendant cinq minutes avec sa frange trop longue avant d’abdiquer et de laisser cette dernière danser librement sur son front en compagnie des quelques mèches qui encadraient son visage blafard. Une fois vêtue, la demoiselle avala prestement de quoi faire passer son mal de crâne persistant puis sortit de la pièce en prenant soin de verrouiller cette dernière et de vérifier qu’elle portait bien ses armes sur elle, dissimulées à leurs places habituelles.

Aujourd’hui, c’était bibliothèque. D’un pas vif, l’argentée se dirigea vers sa destination, concentrée sur cette dernière, elle ne faisait pas vraiment attention au reste. Les mains dans les poches, elle se contentait d’observer sans vraiment le voir le trottoir sur lequel elle cheminait. Mais au lieu de la mener vers son lieu d’études, ses pas la menèrent dans un endroit bien moins attrayant. Ce ne fut que lorsqu’elle se retrouva nez à nez avec le portail en fer forgé du cimetière qu’elle réagit enfin. Les sourcils froncés, elle haussa les épaules puis entra sans plus de cérémonies. Les pieds trainant, elle se dirigea vers une tombe en particulier, s’arrêtant doucement devant cette dernière, les yeux voilés d’une certaine peine. C’était idiot, c’était gamin, c’était inconcevable, c’était surtout extrêmement dangereux, mais peu lui importait. Elle replaça la casquette noire qu’elle portait de manière à dissimuler son visage aux rayons du soleil ainsi qu’à la vue de quiconque et resta ainsi debout devant la pierre de marbre froid durant de longues minutes.

Ce que la jeune femme ignorait, c’était qu’à une centaine de mètre de là, dissimulé par les arbres bordant le cimetière, se tenait un autre de genre de cérémonie, militaire cette fois-ci. Ces derniers enterraient une fois de plus l’un de leur collègue dans le plus grands des silences. Murée dans sa peine, la demoiselle n’y aurait de toute façon pas fait attention, à son plus grand tort. Aujourd'hui, ça faisait six mois.
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MessageSujet: Re: "Il vaut mieux juste oublier" [pv. Leon ]   Jeu 24 Mai - 17:37

    Leon n'avait ni de mission ni de patrouille aujourd'hui et encore moins de papiers diverses à trier au bureau. Cependant, il devait se rendre à une certaine heure au cimetière pour les soldat mort aux combats pour leur pays. Leon avait su cela un ou deux jours avant et n'aimait pas particulièrement les enterrements. Ceci ne lui venait pas simplement par le fait de dire je n'aime ou je n'aime pas comme on peut jeter une chaussette par la fenêtre si celle-ci n'ai pas à notre goût. Non, en fait, il n'aimait pas les enterrements depuis la première fois où on l'a sollicité pour un enterrement afin qu'il y participe.

    Au moment de son première enterrement Leon se devait non seulement d'être là, mais aussi d'aider pour creuser le trou. Il s'agissait ni plus ni moins de l'enterrement d'un ancien co-équipier et Leon n'avait rien put faire pour l'aider au moment où il fut tuer. Durant plusieurs jours, Leon s'était morfond sur lui-même en ne faisant que des bêtises. La plupart du temps, ces bêtises n'étaient rien d'autres que de bêtes fautes d'inattention de sa part ce qui d'autant plus surprenant, car d'ordinaire, Leon n'en faisait pas ou très peu. Alors que là, ce n'est à peine s'il ne faisait deux pas qu'il en faisait une. Ses supérieurs l'appelaient régulièrement et le sermonnait, mais bien que ses supérieurs le rappelait sans cesse à l'ordre, cela n'empêchait pas, Léon de recommencer encore et encore. Et puis un jour, Léon fut renvoyer en mission avec des co-équipiers. Au début, il fut toujours aussi inattentif et ne réagit pas lorsque l'un de ses co-équipiers donnaient les ordres, il acquisa en se mettant en position. Néanmoins, n'étant pas attentif et toujours en train de penser au moment où son ancien compagnon mourrait, il ne pensait même pas à s'accroupir pour se cacher et observer les mouvements du fugitif qu'ils devaient attraper. Cela lui a valu une belle frayeur le tirant de sa torpeur et de la mort de son compagnon.

    Il était maintenant résolu comme jamais à venger son co-équipier et à ne jamais plus être inattentif dans sa vie, ou tout du moins le moins possible, car dire jamais est impossible et il le savait. Tout pouvait arriver dans la vie, de choses bien comme des choses mal. Cependant, atténuer les mauvaises choses est une chose qu'il se fera une joie de faire pour prévenir et peut-être empêcher des catastrophes de se produire sur lui ou ses co-équipiers. La mission s'est déroulé avec quelques petites problème, mais ils ont réussi à coincer et à ramener l'individu à central où il le remit à d'autres personnes.

    Léon s'était donc levé ce matin avec des sueurs froides, car cela faisait longtemps qu'il n'avait pensé à cela. Il s'était douché par la suite afin d'enlever toute la sueur et être propre pour l'enterrement. Il mit ensuite son costume de militaire avec tout les accessoires puis il parti pour le cimetière où des militaires se réunissent. Léon les rejoint et regarde l'enterrement d'un militaire dont il avait vaguement vu. Puis au milieu de l'enterrement, Léon se fit la malle afin d'aller devant une autre tombe, celle de son ancien co-équipier où il vient se recueillir. Il raconta surtout ce qui s'est passé depuis la dernière fois où il est venu se recueillir sur sa tombe.

    Ayant maintenant fini de se recueillir, il se redirige vers les autres militaires lorsqu'il vit une jeune femme non loin de là. Il parti à sa rencontre et une fois à côté d'elle, il l'a rejoint.

    - Vous aussi vous avez perdu quelqu'un ?
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MessageSujet: Re: "Il vaut mieux juste oublier" [pv. Leon ]   Ven 25 Mai - 11:01

Malgré les rayons chauds du soleil qui tapaient sur la nuque découverte de la jeune femme, l’endroit n’avait rien de chaleureux, bien au contraire. Elle resta un long moment à fixer cette tombe déjà marquée par les intempéries avant de soupirer légèrement. Posant une main sur le marbre, elle lâcha des paroles qui n’étaient destinées qu’à son oncle.

" Ton héritage survivra vieux fou. Je veillerais sur lui. "

Laissant sa main retombait doucement le long de sa hanche, la jeune femme se détourna enfin de sa trop longue contemplation et entreprit de rejoindre le sentier principal pour repartir vers sa destination première. Le malaise qui l’a rongé depuis quelques jours semblait s’être quelque peu dissipé après être venu ici. En vérité, c’était probablement cette date anniversaire qui avait taraudait la demoiselle durant cette dernière semaine, également cela qui l’avait poussé à boire plus que de raison la veille. Mais désormais, elle pouvait repartir du bon pied, elle se faisait un devoir de revenir à ses priorités, elle n’était pas la seule personne en jeu, loin de là. Rejetant sa longue natte dans son dos, elle remit en place d’un geste qui tenait plus du réflexe le couvre-chef noir qu’elle portait et plongea ses mains au fond de ses poches en avançant sur le sentier rocailleux au centre du cimetière. Son attention fut cependant bien vite interceptée par un mouvement à une centaine de mètres de là ; des militaires, une bonne cinquantaine, venaient de se mettre en mouvement, certains discutant, d’autres visiblement désireux de quitter ces lieux rapidement. Plongée dans ses réflexions, la jeune femme n’avait pas fait attention à eux lors de son arrivée, elle se sermonna mentalement pour une telle imprudence. Inutile de se faire remarquer par une cohorte, or ceux-ci se dirigeaient dans la même direction que la demoiselle, soit l’entrée du cimetière. Nul doute qu’ils allaient se croiser.

L’argentée bifurqua dans une allée proche et s’adossa à un arbre dont la majesté n’était plus à prouver, se faufilant entre ses branches rasant le sol pour s’y dissimuler légèrement, le temps de laisser passer les membres de l’armée. Elle jeta des regards nonchalants autour d’elle, revenant toujours à l’entrée du cimetière par à-coups pour en surveiller la progression. Son odorat lui signifia tout de même qu’elle n’était pas aussi en sécurité qu’elle le croyait, elle sentait distinctement quelqu’un s’approcher, la fragrance métallique et désagréable des armes se mêlant aux arômes des plantes tout juste écloses. D’un geste rapide, elle passa la main sous son long manteau noué en ceinture et attrapa la garde d’une dague d’acier sans pour autant la sortir de son fourreau. Une voix masculine s’éleva à sa gauche et la demoiselle ramena le regard vers l’origine de celle-ci, le visage impassible.

Un jeune militaire, seul. La chimère inspira l’air ambiant imperceptiblement, mais ne détecta aucune autre odeur que la sienne, ce qui la rassura quelque peu. Il ne semblait pas vindicatif vis-à-vis d’elle, mais elle ne pouvait s’empêcher de restait méfiante, gardant sa main armée dans son dos, prête à dégainer au premier geste suspect. Non pas que la demoiselle soit véritablement violente ou agressive, mais ses précédents contacts avec l’armée amestrienne n’avaient pas été des plus agréables, elle s’en souvenait fort bien, et était bien trop méfiante pour ne pas se tenir sur ses gardes désormais. L’argentée délaissa l’ironie dont elle était coutumière par moment et se contenta de hausser les épaules en détournant légèrement la tête pour ne plus avoir le militaire directement dans son champ de vision tout en gardant un œil vigilant sur ses mouvements.

" J’imagine que c’est le lot de toutes personnes trainant par ici … "

L’armée avait dû perdre quelqu’un d’important pour que tant de monde soit réunis ici aujourd’hui. D’ordinaire, les petits soldats de base n’attiraient pas les foules lorsqu’ils laissaient leurs vies au service de ce pays.
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