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 Ombre et lumière [Flash Back pv. Lyl]

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MessageSujet: Ombre et lumière [Flash Back pv. Lyl]   Ven 15 Juin - 19:59

Le froid s’infiltrait doucement à travers le sol fissuré de la cellule. Les yeux dans le vague, je songeais une fois de plus, sans but particulier, simplement pour m’occuper l’esprit durant les longues heures de captivité. Trois murs nus composaient l’étroite cellule, rongés par les années et l’humidité. Malgré leur fragilité apparente, ils étaient pourtant encore relativement solides, je ne le savais que trop bien pour avoir tenté de les forcer, sans succès bien évidemment. A mains nues, c’était chose impossible. Le regard vide d’émotions, j’avais presque l’air d’avoir été lobotomisé tant les traits de mon visage n’affichait rien de plus qu’une vague expression distante et lointaine. En réalité, il était plus simple de s’éloigner de la réalité pour faire passer le temps plus vite. Les séquelles de ma séance matinale avec les alchimistes étaient encore bien visibles, une mauvaise chute contre un clou rouillé dépassant du mur m’avait valu une méchante estafilade le long de l’épaule, grossièrement soigné par un gardien avant d’être de nouveau enfermée. Le tissu servant de bandage s’était teinté de rouge ocre par endroit et commençait doucement à glisser le long de ma peau blafarde, dévoilant une entaille rougie et gonflée. Ce n’était pas vraiment la première blessure du genre, depuis le temps que je restais cloitrée ici à servir de cobaye, j’avais pu voir d’autres aspects de la « science », c’est probablement la raison pour laquelle je ne m’en préoccupais absolument pas. Je n’aurais su dire depuis combien de temps maintenant je fixais le mur qui me faisait face, assise en tailleur sur le drap qui jonchait la paillasse, mais un léger bruit dans la pièce me fit tourner la tête, première véritable preuve depuis un certain temps que j’étais encore consciente.

Les armures, habituellement calmes et réduites à tourner en rond au sein du labo, venaient de passer en trombe en plein milieu de celui-ci, armes en main, pour disparaitre par l’épaisse porte d’acier qui délimitait l’entrée de la pièce, disparaissant dans l’ombre du couloir dans un concert de cliquetis de sinistre augure. Du moins, pour ceux à qui était destinée cette descente armée. Nul doute qu’ils n’étaient pas partis ainsi en trombe pour aller chasser les rats. La curiosité soudainement attisée, je me redressais quelque peu et déliais lentement mes jambes engourdies pour m’approcher de la grille, me retenant à cette dernière pour ne pas flancher. Les longues stations assises qui étaient imposés à tous les captifs de ce lieu n’aidaient pas vraiment à maintenir la forme, bien au contraire, marcher devenait presque un combat à part entière. A travers les bruits constants du bâtiment, je parvins à discerner des sons moins courants, plus inhabituels et surtout plus brutaux. Un aspect plus pratique de ce que j’étais désormais, il me fallait en convenir. Je tentais de me concentrer sur ses petits détails en tendant l’oreille le plus possible, mais bientôt les sons s’éloignèrent, et je fus obligée de me rassoir quelques minutes plus tard, fatiguée.

Le calme ne dura guère longtemps, un quart d’heure tout au plus. Il fut interrompu par un bruit sourd, puis deux, plusieurs sons graves s’enchainant les uns après les autres, entrecoupés de tremblements violents des murs. L’esprit soudain plus alerte, je me redressais, me maintenant contre la paroi froide tout en reculant prudemment. Les vibrations ne durèrent en tout que quelques secondes, avant que les murs ne commencent à s’effriter. Guère plus longtemps pour qu’un pan de ses derniers ne s’effondrent totalement dans un grondement assourdissant, soulevant les années de poussières sui s’y étaient accumulés. Les yeux et la gorge irrités, je relevais le bras devant mon visage dans le but de minimiser les dégâts et manquais plus d’une fois de trébucher sur les décombres. Avec un coup de chance incroyable, j’avais évité la plupart des projectiles, ne récoltant qu’une estafilade sur la joue droite, rien de bien handicapant. Une fois le nuage quelque peu dissipé, je fis un pas prudent hors de ma cellule, constatant que cette dernière n’était pas la seule à avoir été en partie détruite. Diverses chimères commençaient déjà à fuir, à chercher le moindre recoin par lequel se faufiler pour quitter cet endroit de calvaire. Je regardais la scène l’air sceptique, presque sûre que des militaires nous attendaient de l’autre côté de la porte ou des quelques murs encore debout pour nous remettre en cellule. Quelques pas timides en direction de la sortie, me faisant bousculer sans vraiment y faire attention par tous les captifs qui ne souhaitaient plus qu’une chose, fuir, j’arrivais enfin à une ouverture près du mur, donnant visiblement sur la cours d’un bâtiment militaire. Depuis tout le temps que j’étais restée enfermée ici, je n’avais pourtant jamais su où je me situais réellement, si j’étais encore à Central ou bien dans une autre vile, même un autre pays qui sait.

Concentrée comme je l’étais après avoir enfin mis les pieds à l’air libre pour la première fois depuis des années, je ne fis pas réellement attention à ce qu’il se passait autour de moi. Ce ne fut que lorsque un raclement sourd retentit dans mon dos que je retrouvais enfin mes esprits et tournais la tête pour apercevoir un gros bloc de béton se détacher presque au ralentit du reste du bâtiment. Je n’eus que le temps de me jeter sur le côté pour éviter d’être écrasé par la masse, mais ne fut pas assez rapide pour éviter tous dommages. Ma jambe resta coincée sous les gravats, me tirant un gémissement plaintif. La panique autant que la frayeur et la peur de l’inconnue de battaient dans ma tête, chacun tendant à imposer sa présence aux deux autres. La frayeur finit par prendre la dessus, me ramenant à la réalité et je me débattis pour me dégager du bloc rocheux le plus rapidement possible, agissant de manière frénétique lorsque des coups de feu résonnèrent non loin. A force d’efforts déployés, je finis par soulever à peine les gravats, juste assez pour dégager ma jambe amaigrie par les années de captivité et me redressais en tentant d’ignorer la douleur lancinante de l’épaisse coupure qui me marbrait désormais le mollet. Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’étais dans un piteux état. Après m’être suffisamment éloignée de la zone de tir, je m’adossais à un mur encore intact et déchirais une partit du drap reconvertit en tunique pour l’enrouler autour de la jambe abimée et calmer l’hémorragie. Mes mains tremblaient, je du m’y reprendre à trois fois pour faire en sorte que le bandage tienne un minimum. Mais en relevant la tête, face à un endroit et une situation totalement inconnue, je sentis des larmes de frustration couler le long de mes joues. En réalité, même si ce que j’avais subit ici était tout sauf enviable, il fallait bien que je me l’avoue, mais j’avais peur de ressortir. J’avais peur de vivre à nouveau.

Là, courbée, adossée à une architecture branlante, les cheveux en bataille l’air hagard, je regardais la ville qui s’étendait devant moi avec la crainte d’aller au devant. Je laissais ma rage sortir en silence, une main appuyée sur ma blessure avant d’essuyer mes yeux humides d’un revers de main en me redressant tant bien que mal. Je me détachais prudemment du mur en tentant de faire quelques pas en claudiquant avant de me raidir. Sans réellement savoir pourquoi, j’étais persuadée de ne plus être seule. D’une mine légèrement inquiète, j’essayais vainement de trouver l’origine de cette impression désagréable, craignant une milice ou quelque chose du genre lancée à la poursuite des chimères évadées.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: Ombre et lumière [Flash Back pv. Lyl]   Ven 15 Juin - 23:12

A son plus grand regret, comme toujours, Lyl avait été chargé d’échanger des informations avec la partie « démoniaque » de l’armée. C’était la première fois qu’il était contraint à mettre personnellement son nez dans ces affaires. Habitué à refiler le sale boulot à ses pions, il n’avait pas apprécié mettre les pieds dans le « Laboratoire des horreurs ». Chose logique lorsqu’on sait que lui-même avait été victime des horreurs d’Amestris.

Plus il s’était enfoncé dans les entrailles du labo et plus sa haine lui serrer les poings. Les membres crispés, les sens en alerte il n’aspirait qu’à une chose, la violence. Il aurait aimé les massacrer un par un pour les faucher un par un. Imprégner de son venin chaque acteur, déchiqueter leur enveloppe charnelle et les donner en pâture aux êtres infâmes qu’ils avaient crée. Il aurait aimé, mais seule son imagination n’était pas contrôlée et ordonnée. Il avait apprit à se contrôler depuis toutes ces années, il avait apprit à refouler ses émotions. Il était devenu cette coquille vide qu’avait façonnée son maître, le soldat parfait. Le visage implacable, il avait dû retirer son masque d’argile afin de donner son identité pour preuve de confiance. L'Organisation 0 avait envoyé son bras droit pour comploter avec Amestris, inutile de penser qu’il y avait anguille sous roche. Nul ne savait ou pouvait imaginer que le bras droit en question était un infiltré. Sa cruauté et son manque d’humanité laissait croire le contraire. L’âme damnée du grand chef de l’Organisation, Lyl était considéré comme le Dieu de la mort.

Lorsqu’il ne portait pas son masque on découvrait un jeune homme au visage plaisant mais à l’expression aussi dure que la glace. Si les regards s’attardaient sur son visage c’est parce qu’on s’étonnait toujours de sa jeunesse. Il avait gravit les échelons vite, trop vite… Mais ca, c’était son secret.

A peine avaient ils commencé l’entretiens que le bruit d’une explosion retentit faisant trembler l’édifice. Lentement, nonchalamment, notre ami levait ses pupilles jades au plafond. Il était intrigué mais surtout soulagé. L’entretien prenait fin à cet instant, avec l’explosion des locaux à l’étage du dessus. Tandis qu’on s’empressait à s’informer, Lyl disparaissait. Ce n’était que partie remise à plus tard, mais cette fois, il s’arrangerait pour ne pas être celui qui viendrait.
Il se pouvait se mouvoir à sa guise dans les ténèbres, ignorant les plaintes de ses semblables enfermés, il s’empressait de regagner la surface. Mais alors que sa tête lui suggérait de vite déguerpir, son corps s’arrêtait. La folie l’ayant déjà pris dans ses filets, le garçon ne chercha pas à contrecarrer ses mouvements. Ses pieds faisaient demi-tour, il voulait mettre en œuvre ses précédents songes. Personne ne saurait, car personne ne survivrait…

Le jeune capitaine fit demi-tour et mit à mort le peu de personnel présents dans les entrailles du laboratoire. Une vengeance ni vue ni connue, ses meurtres serraient probablement attribués aux cobayes qui avait eut la chance et le courage de s’échapper. Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’il regagnait la surface.

Un étroit et long couloir engloutit par les ténèbres qui donnait sur l’entrée principale. Une âme, et le bruit de mouvements métalliques. C’est tout ce qu’il ressentait, c’est tout ce qu’il voyait, un gamin et une armure dehors. Plaqué contre le mur, Lyl passait de temps en temps sa tête afin d’observer la progression du gamin. Il connaissait parfaitement son identité et d’autant plus sa réputation de petit génie. En effet, le Fullmetal Alchimiste s’était introduit dans l’enceinte du laboratoire n°5. Le petit prodige avait progressé après avoir mis à terre ses adversaires. De plus, le massacre de Lyl lui avait permis, sans qu’on le sache, de limiter ses adversaires et l’étendu du danger et dégât. Il rapatria sa tête et dans un long soupire mystérieux partit.

Les frères Elric n’étaient pas sa cible, bien qu’il avait de la rancœur pour eux vis-à-vis de son maître, Isaac Macdougall, il n’avait pas la moindre envie de les tuer. Non, bien au contraire, ils avaient permis la fuite de certains cobaye. Ce même schéma s’était produit lorsqu’il avait été emprisonné lors de son enfance. Des souvenirs noirs qu’il refoulait, qu’il haïssait. Seule sa force de caractère conservait son sang froid et son minimum de bonne conscience. Mais pour combien de temps ? La solitude n’est pas surmontée par tous.
Il prit la tangente au blond et entreprit de déguerpir au plus vite. Le visage découvert, ses bras et vêtement couverts d’hémoglobine, il devait s’effacer dans l’ombre, comme à son habitude. Il était vêtu tout de noir, un pantalon souple et ample rappelant ces tenues de Xing. Un t-shirt du même noir qui moulait la musculature du jeune homme. Ce n’était pas une masse mais il se portait bien, la force de ses bras n’enviaient pas tellement ses aînés. Gare à sa rapidité, le serpent est plus vil et fort qu’il ne le paraît.

Sa course prit fin lorsqu’il vit la silhouette d’une androgyne bien connue. Envy, un Homonculus rencontré quelques années avant. Passons. Notre ami l’esquivait et profitait de la chute d’un énorme bloc de béton pour masquer sa fuite. Lancé à toute vitesse dans la ville, il sentit non loin tout autour de lui la présence d’être. La jubilation avait momentanément couvert la colère et le restant de ses émotions meurtrières. A présent, il était de nouveau serein. Il marchait, fuyant les agitations.
Lyl avait arraché un surplus de tissus qui ne servait que de décoration pour essuyer le sang qui couvrait ses bras et son visage.
Il se retourna lorsqu’il entendit le pas de course des gens non loin. Concentré dans sa « toilette » rapide, il effleurait le mur et suivit celui-ci tout en marchant à reculons. Il sentit le mur bifurquer et fit de même lorsqu’il sentit une présence derrière lui. Dés lors il fit automatiquement un demi-tour, prêt à saisir l’intrus et lui briser le cou lorsque ses yeux se posèrent sur un tableau inhabituel. Une chance pour l’être qui n’était autre qu’une jeune femme à peine plus âgée que lui. Les yeux exorbités, il en avait lâché le tissus et s’était raidit de stupeur l’espace de trois secondes. Juste le temps de croiser l’horreur dans les yeux de l’inconnue. Vêtue comme une souillon, le visage déformé par la peur, il eut une étrange vision en croisant son regard.
Il avait surpris, il ne s’était pas attendu à rencontrer qui que ce soit et avait donc concentré son attention sur le périmètre inverse. Aussi surprise que Lyl, l’inconnue avait vivement reculé pour se retrouver aux pieds du mur, bloquée. Là, elle s’était recroquevillée et cachait son visage sous de longs doigts fins qui semblaient bien dessinés. Impossible de voir si cette femme était une chimère complète ou non. Il appréhendait encore la vision d’un être meurtri. Il en avait que trop vu, que trop rattrapé…
Il voulut reculer et prendre la fuite lorsque les cris de la police raisonnèrent distinctement lui informant qu’ils étaient tout prêt. Il s’approcha. Dégoût et pitié s’entremêlaient, une partie de lui l’encourageait à la tuer pour mettre fin à son cauchemar tandis qu’une autre lui priait de lui donner sa chance. Peut-être qu’elle pleurait, peut être pas. Il n’était pas certain de reconnaître les sanglots, il en avait que trop entendu. Elle était sous le choc, terrifiée, voir notre ami ici devait l’inquiéter encore plus. L’attente insoutenable d’une probable mort. C’était la première jeune femme de son âge qu’il rencontrait depuis des années. Lui qui avait perdu toute sociabilité, tout plaisir à se mélanger aux siens.
Il n’avait pas ressenti quelque chose de positif pour quelqu’un depuis des années.
C’était une sensation étrange qui faisait appel à son humanité enfouie. Bon sang, il ne savait pas quoi faire. Pourtant la situation était bénigne. Il était libre de fuir et de la délaisser.

Mais quelque chose le retenait. Etait-il cet être abominable que tous craignait ? Cet homme détestable qui avait arraché de nombreuses âmes à ce monde ? Depuis quand n’avait-il pas réalisé une action bien ? Ses yeux de jade rivés sur cette inconnue il se demandait s’il était encore capable de gentillesse. C’était dur, il n’en avait plus l’occasion ni même le droit, seule sa mission, son statut comptait. Le reste n’était plus, pas même son bonheur. Se sacrifier pour la volonté d’un autre, pour le bien des autres. Un sacrifice qui ne serait reconnu car il agissait en secret. Mais peu importe, il avait oublié comment on vit depuis des lustres. Personne n’avait su ou pu l’approcher suffisamment pour lui réapprendre. Personne. A travers ce petit être torturé il se vit lorsqu’il était enfant. Sa détresse fut la même, sauf qu’il n’était pas tellement en âge de tout comprendre.

A cet instant il avait espéré ressentir quelque chose, une quelconque émotion qui lui rappellerait son humanité. Mais rien ne vint, à son plus grand regret. Seule la monotonie se lisait sur son visage, son regard maussade en disait long sur son âme. Tel un miroir, on dit que les yeux reflètent la vraie nature de l’âme. Celle de Lyl était ombragée, elle tendait à l’obscurité à défaut de connaître autre chose.
La fragilité de l’être en face de lui l’avait touché sans qu’il ne s’en rende compte. Une fragilité encore jamais rencontrée qui collait ses talons sur le bitume, l’empêchant de partir. Tandis que la milice s’éloignait en direction du laboratoire, Lyl s’approchait de l’être terrifié. Debout face à cette inconnue, il ne trouvait pas en lui les mots et le visage réconfortant dont elle avait besoin. Pas même un sourire, une voix douce et blafarde, un visage maussade. Mais dans cette pénombre, on ne voyait pas ce genre de détail. Après hésitation et réflexion il s’était accroupi, se retrouvant à sa hauteur.
Notre ami s’était décidé à l’aider afin d’éclaircir son cœur.


-Lève-toi, tu n’es pas en sécurité ici.

Une voix quelque peu autoritaire malgré sa monotonie. Rien d’étonnant pour le Capitaine des insurgés… Un genoux à terre, l’autre soutenant son avant bras, il fixait l’inconnue. Il espérait découvrir un visage intact et un corps intact sans défauts alchimiques. Autour d’eux il ressentait la présence de plusieurs personnes sans savoir si elles finiraient par les trouver ou apercevoir.
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MessageSujet: Re: Ombre et lumière [Flash Back pv. Lyl]   Sam 16 Juin - 14:22

Difficile de distinguer clairement quelque chose dans cette atmosphère confuse. Toutefois la présence ressentie s’avérait de plus en plus proche, c’était indéniable, et je promenais frénétiquement mon regard aux alentours pour apercevoir le ou les gêneurs. Mais mon état de nerf m’avait amené à négliger un détail important, je me trouvais non loin d’un angle de mur. Pas bien difficile pour quelqu’un de se dissimuler de l’autre côté. Je ne me rendis compte de ce fait que lorsqu’une silhouette arriva à ma droite, me faisant dos et visiblement occupée à quelque chose. Je reculais d’un pas discrètement mais ma jambe blessée ne l’entendait pas ainsi et se déroba sous mon poids, manquant de me faire chuter une nouvelle fois. Un tel état de faiblesse alors que la salut était si proche m’était insupportable, mais j’avais beau me seriner, m’exhorter à accélérer et à fuir, rien n’y faisait, ma patte folle ne suivait pas le mouvement. Malgré le fait que je n’ai absolument pas fait de bruit, le gêneur se retourna soudain brusquement, un linge détrempé de sang à la main, dans une position qui intimait bien de passer son chemin. La crainte que ce soit un des geôliers, tout comme certain d’entre eux il était totalement vêtu de noir, me fit reculer, un bras légèrement relevé devant moi dans une attitude vainement défensive. Mais la retraite fut bien vite coupée par un pan de mur écroulée sur lequel je butais pour m’y être dirigée à l’aveugle, et je tombais au sol, la douleur rongeant ma jambe meurtrie. Une part de moi-même n’aspirait plus qu’à abandonner la courte lutte, à se laisser aller à retrouver la presque sécurité d’une cellule, et d’y finir ma vie en tant que cobaye. La peur, cette compagne si fidèle, se jouait de mon esprit pour y instiller des idées de soumission et d’obéissance. Mais une autre part, bien plus profonde, enfouie, mais au combien plus importante, n’aspirait plus désormais qu’à survivre, à avancer quitte à devoir tout perdre, mais à se battre quoi qu’il arrive. Maintenant, aller savoir lequel des deux partis gagnerait la lutte.

Recroquevillée telle une enfant craintive, les genoux relevés tant bien que mal contre ma poitrine et le bras posés dessus pour dissimuler mon visage, j’essayais de trouver une issu à la bataille qui avait lieu dans ma tête tout en suivant plus ou moins les agissements de l’homme qui me faisait face. Ce dernier n’avait d’ailleurs toujours pas bougé. Figé dans l’ombre, il semblait attendre quelque chose. Le morceau de tissu qu’il tenait plus tôt jonchait désormais le sol, tandis qu’il semblait observer dans ma direction, dans un silence pesant. Je ne parvenais pas à voir l’expression de son visage, mais nul doute de ce que j’y aurais trouvé si j’avais pu l’apercevoir. De la pitié, du dégout, de la colère probablement. La satisfaction d’avoir retrouvé l’une de leurs précieuses créatures. Cet absence de paroles, de gestes, commençaient à m’énerver légèrement malgré la crainte que je ressentais également. J’avais l’impression qu’il se délectait de la douleur de sa victime, de sa frayeur. Je ne leur avais jamais offert cette satisfaction en étant enfermée, je n’allais pas commencer maintenant que j’étais sortie. Les poings serrés par la colère, j’attendais qu’il daigne approcher pour lui faire goûter à ce qu’il avait sûrement participé à créer. Pourquoi étais-je à ce point persuadée qu’il s’agissait d’un de mes tourmenteurs ? La rancœur probablement. Qui se trouverait dans un lieu pareil si ce n’est eux ? Personne de sensé en tout cas.

Lorsqu’un mouvement s’amorça enfin dans la direction de l’inconnu, je me raidis instinctivement, les épaules légèrement voûtées, prête à lui sauter dessus s’il venait à être vindicatif. Non pas pour tuer au fond, juste fuir. J’avais pris ma décision, je ne voulais pas redevenir captive. Je fixais les pieds de l’inconnu qui s’approchait d’une démarche à la fois souple et nonchalante, les muscles tendus au maximum avant de le voir non sans surprise s’arrêter à environ un mètre de moi. Après quelques instants, il se baissa pour être à mon niveau, tenant son bras d’une main, et me fixais en silence quelques instants. Le visage enfouie dans mes bras, je pu pourtant relever un peu le regard pour apercevoir légèrement son visage dans la pénombre. Pas assez pour distinguer clairement ses traits, mais suffisamment pour voir qu’il était jeune, très jeune, probablement autant que moi. Cette distance de sécurité qu’il maintint bouleversa mes conclusions hâtives quant à qui il était. Mais ce n’est que lorsqu’il prit la parole que je compris que j’avais probablement fait fausse route. D’une voix froide et douce à la fois, contraste pour la moins étonnant, il m’intima de ne pas flancher. Je fixais à nouveau ses pieds en clignant doucement les yeux, pas vraiment sûre d’avoir bien compris sa phrase. Intrigué par ses paroles, je daignais enfin relever la tête, les traits tirés par l’inquiétude et l’appréhension, maculé d’hémoglobine. Rien de bien attrayant en somme, qui en aurait probablement effrayé plus d’un. Les mèches originellement blanches qui me tombaient sur le front avaient virés au rouge, je les repoussais d’une main en me redressant légèrement pour faire face à l’inconnu. Chose curieuse que je remarquais presque immédiatement malgré la pénombre, le jeune homme possédait des cheveux pâles, probablement blancs ou argentés. Surprenant que la première personne que je revois à l’extérieur ait une caractéristique si peu courante. Enfin, pas vraiment important en réalité. J’avais l’esprit qui partait facilement à divaguer sur des sujets futiles, même lorsque le moment imposait un minimum de rigueur, ce qui était le cas. Sans même lui répondre, je le fixais, essayant de déceler s’il était sincère ou non, si ce n’était pas une manœuvre subtile pour me motiver à rentrer docilement dans le laboratoire. Enfin subtile … tout est relatif. Mais je ne décelais pas vraiment grand-chose en réalité. Juste une froideur remarquable et un détachement notable. Pas vraiment rassurant en somme. Je finis par froncer les sourcils et baissais légèrement le regard.

"Qu’est-ce qui me dit que tu ne fais pas parti des leurs ?"

J’accompagnais mes paroles d’un signe de tête éloquent en direction du laboratoire. Si le jeune homme se trouvait là par hasard, ce qui n’était probablement pas le cas vu sa tenue tâchée de sang, il ignorerait probablement ce qui se tramait ici. S’il avait connaissance de l’existence d’un tel lieu, alors il y avait fort à parier qu’il faisait parti du personnel. Mais inconsciemment, je ne pouvais m’empêcher de croire que ce n’était pas le cas. Décidée à ne pas refaire confiance à quelqu’un de sitôt, je tentais de me redresser pour fuir, prenant appui sur mes bras pour soulager quelque peu ma jambe endolori, mais ne réussit qu’à retomber assise sur un bloc de pierre, momentanément abandonnée par ma patte folle. Je relevais le regard vers le jeune homme, sceptique, mais il fallait bien avouer que j’étais dans un certain pétrin dont je ne pourrais probablement pas me sortir sans aide. Qui plus est d’autres sons commençaient à me parvenir du côté Ouest du bâtiment, les renforts devaient être en train d’arriver. Je lâchais un profond soupir, l’heure n’était plus vraiment à la méfiance. Le visage teinté d’une inquiétude manifeste, je fixais le jeune homme qui se redressait, je tentais alors de faire de même en me retenant plus fermement au mur effondré, haletant légèrement.

"Tu as raison, il faut bouger."

Dans un ultime essai, je tentais de faire quelques pas en direction de la ville, tentative rapidement avortée. Détournant le regard, l’air gênée, je repris d’une voix bien plus timide.

"J’ai besoin de ton aide, je n’arrive plus à marcher …"

Le bandage avait glissé, fait de manière bien trop précipité pour être efficace, la plaie demeurait bien visible et surtout, au contact de toute saloperie qui trainait dans le coin. Plus vite je quitterais cet endroit, mieux ce serait. Et même si demander de l’aide à un total inconnu maculé de sang ne faisait d’ordinaire pas partie de mes habitudes, là je devais m'avouer vaincue. Timidement, je tendis un bras dans la direction du jeune homme et m’appuyais sur son épaule tout en essayant de rester la moins encombrante possible. Je sentis son bras me retenir un peu au niveau des hanches avant qu’il ne commence à avancer aussi rapidement que possible pour s’éloigner, tout en observant les lieux comme s’il se savait suivi. Passablement tendu, je suivais docilement le mouvement, sachant que ma liberté future dépendait sûrement de lui désormais.
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MessageSujet: Re: Ombre et lumière [Flash Back pv. Lyl]   Sam 16 Juin - 16:47


Une tignasse claire maculée de crasse, quelques particules propres à celle de l’hémoglobine firent fermer la bouche du serpent. La jeune femme avait levé la tête, des mèches barraient son visage de manières très négligée. Mais à travers ce rideau il put voir deux pupilles félines l’observer. Une chimère, rien d’étonnant. Plus rien ne l’était à travers les yeux de Lyl. D’un mouvement bref elle repoussait les gêneurs pour mieux apercevoir l’interlocuteur. Sa vue ne lui permettait pas de percer la pénombre, le serpent lui permettait seulement de voir l’amas de chaleur des êtres vivants. Par conséquent, notre ami n’apercevait que ce que l’astre lunaire lui permettait, soit le vague. Elle rétorquait, méfiante et un tantinet agressive…

"Qu’est-ce qui me dit que tu ne fais pas parti des leurs ?"

Hélas il était bel et bien un ennemi, cependant, son visage étant inconnu du monde, il pouvait nier sa nature. L’inconnue se relevait pour probablement s’empresser de suivre sa suggestion mais son corps ne semblait pas lui obéir. Qui mieux que ce garçon pouvait comprendre la situation ? Le visage implacable, Lyl n’arrivait toujours pas à extérioriser son humanité. Il avait reculé de quelques pas alors qu’elle tentait encore de marcher. Détournant son intention de la malheureuse il sortait de sa poche une paire de gant noire intacte qu’il s’empressait d’enfiler. Pendant ce temps la jeune femme se décidait enfin à quérir son aide. Le jeune capitaine en aurait été outré si la situation ne lui avait pas été familière. Et puis, il avait fait le premier pas donc pourquoi se détourner maintenant ? L’idée d’apporter son aide autrement que pour répandre le mal le déstabilisait quelque peu. A force de rester seul et enfermé on en oublie les bases de la civilisation.
Son comportement traduisait l’indifférence totale, on aurait pu même se demander s’il l’avait entendu. Il sentit l’inconnue s’approcher mais ne pus prévoir son geste bien trop familier pour lui. Sa main faiblarde appuyée sur l’épaule de Lyl, la chimère se remettait à lui. Dés l’instant où elle avait posé sa main sur son épaule il lui avait lancé un regard noir. Elle l’avait touché ! Elle avait osé avant même qu’il daigne dire quoi que ce soit. Il avait réussi à réprimander un réflexe hautain qui aurait repoussé d’un revers de main la jeune femme. Les yeux rivés sur ceux de l’inconnue, il affichait une expression mystérieuse alliant surprise et colère. Bon sang, plus d’un avait perdu un membre pour moins que ça. Il détourna le regard, la proximité ne le dérangeait pas plus que ça en réalité, il avait toujours ce grand amour pour la gente féminine, seulement, dans sa situation il lui était interdit d’aimer. Les yeux rivés sur la route qui se dressait face à eux il empoignait la taille de la demoiselle pour la soutenir. Elle était légère, si légère qu’il l’a soulevait sans difficulté lui épargnant un appuie sur sa jambe handicapée. A première vue elle ne semblait pas comporter d’anomalies.

Accélérant de plus en plus au fur et à mesure que les présences approchaient, Lyl ne pouvait se permettre de ménager la demoiselle. Toujours aussi silencieux, il filait.
Mais alors qu’ils traversaient une ruelle ils furent bloqués aussi bien en amont qu’en aval. Le jeune homme s’arrêtait, le visage implacable. L’armée les avait cernés, de simples soldats qui faisaient leur boulot en pensant être tombé sur deux fugitifs. C’était le cas dans un sens mais dans un autre non car notre ami aurait pu délaisser l’inconnue aux mains de ces soldats. Une polémique aurait alors eu lieu si elle avait témoigné sur les agissements du laboratoire. Mais tôt ou tard, on aurait éliminé tous les témoins… Il ne fallait pas sous estimé ce qui se tapissait sous la ville de Central.

« Plus un geste !
-Veuillez décliner votre identité ! »

Un soupire d’exaspération, Lyl lâchait l’inconnue pour l’embraquer dans ses bras et ainsi faciliter la fuite. Cette fois-ci il ne prit point part au combat, sa souplesse et sa maîtrise d’arts divers lui permirent une sortie des plus remarquables. Esquivant le premier coup de feu il montait d’un saut sur une poubelle en ferraille puis sur le rebord d’une fenêtre pour finalement prendre appuie sur le mur en parallèle et atterrir sur les toits.
Sous le regard ébahis de la moitié du groupe de militaire, Lyl disparaissait dans la pénombre, la chimère dans les bras.

C’est dans un immeuble désaffecté et non loin du QG des militaires que notre ami stoppait sa course. Au cœur même de l’ennemi, qui aurait l’idée de fouiller ? C’était là tout le principe de sa mission. Il déposa l’inconnue, toujours sans un mot et recula pour observer la ville.
Ils étaient sur le toit d’un bâtiment inhabité, ils étaient là où personne ne les verrait, c’était important pour Lyl, pour sa réputation. Son visage devait rester un mystère pour qu’il demeure, jusqu’au moment propice, le Capitaine Marshall. Un rythme de vie éprouvant mais qu’il avait choisi et accepté pour la mémoire de son maître. Les bras croisés, l’épaule gauche appuyée contre un mur, il observait le ciel ébène. Il ne pouvait s’attarder, on l’attendait, il avait un rapport à fournir au plus vite. Il prit une profonde inspiration et revint près de la chimère dont l’apparence lui parvenait enfin en lumière. Malgré son accoutrement digne d’un cobaye, elle n’en restait pas moins jolie. Il détourna le regard, s’efforçant de ne pas s’imprégner de son visage et se mit de nouveau à sa hauteur.
Elle était assise, sa blessure lui lançait, l’expression saccagée de son visage traduisait sa douleur. Bien évidement il pouvait y remédier, sa connaissance en biologie et alchimie avait été en partie bénéfique pour prétende au poste de bras droit de l’Organisation 0. Il avait assisté à toute sorte d’expérience, en tant qu’acteur ou spectateur. Apporter les premiers soins à cette fille était dans ses cordes.
Il prit donc l’initiative de l’examiner. Le jeune homme avait retiré ses gants afin de manipuler sa jambe. Il le fit avec précaution et douceur, malgré son statut de brute cruelle il était très raffiné, surtout avec ces dames. Mais ca, très peu pouvait en témoigner.

« L’os n’a pas été touché, seul le muscle a été déchiré. Ce serra pas difficile de te soigner vu qu’il n’y aura ni transformation ni apport extérieur, seulement un soudage. »

Tandis qu’il lui expliquait comment il allait s’y prendre il posait une main sous le mollet et une au dessus. Inconsciemment il relevait les yeux et croiser le regard bleuté de la demoiselle. Grave erreur, car il ne pouvait se mentir, elle était à son goût. Après avoir fait navette entre ses deux pupilles il avait porté son regard sur ses lèvres. Une attention qui avait eu le chic de troubler la jeune femme. Il profitait donc de son inattention pour transmuter et ainsi réparer ses tissus musculaires et une partie de sa chair pour minimiser sa plaie et la douleur.
Une diversion enjôleuse qui n’en avait pourtant pas eu le but. Le garçon était charmeur, même sans le vouloir.
L’intervention avait duré à peine 10 secondes, Lyl avait reporté son regard sur son objectif et s’était aussitôt levé après avoir terminé. Il essuyait négligemment sa main tachetée de sang sur son-t-shirt tandis qu’il fixait son œuvre.

« Je ne peux m’attarder. Si tu n’a nulle part où aller tu peux rester ici à condition de ne pas t’aventurer au rez-de-chaussée. »


Qui sait ce qui s’y trouvait, larron, bougre, hors la loi. Tous pensaient que l’étage du bâtiment était condamné. Tous sauf Lyl car il avait établi son jardin secret sur ce toit.
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MessageSujet: Re: Ombre et lumière [Flash Back pv. Lyl]   Dim 17 Juin - 13:49

Qui serait assez insouciant pour laisser son salut aux mains d’un inconnu maculé de sang ? Probablement personne d’un minimum sensé. Mais visiblement, je ne faisais pas partie de cette catégorie de personne. Appuyée contre le jeune homme qui me soutenait suffisamment pour que je n’ais plus à utiliser ma jambe invalide, je le suivais à un rythme plutôt soutenu, plus embarquée qu’autre chose en fin de compte. Je ne pouvais m’empêcher de jeter des regards inquiets autour de moi, encore méfiante malgré ma décision de lui demander son aide, de manière plutôt directe d’ailleurs, et craignais encore qu’il ne me ramène chez les militaires ou au laboratoire. Le fait qu’il nous en éloigne fini toutefois par me rassurer légèrement, et je pus enfin me détendre légèrement, grimaçant toutefois par moment sous la douleur chronique. En silence, le jeune homme me trainait à travers les ruelles, ayant visiblement une nette idée d’où il se rendait alors que je me contentais de suivre docilement, n’ayant pas véritablement le choix au fond. Je lui étais reconnaissante de ne pas parler, je n’aurais pas su quoi lui dire, trop timide et renfermée pour entamée une conversation. Notre progression ne dura guère longtemps toutefois, car au détour d’une ruelle, nous nous retrouvèrent rapidement encerclés, cernés de chaque côté par une cohorte militaire qui nous intima de nous présenter.

Je jetais immédiatement un regard sceptique à mon « sauveur », cherchant à déceler une quelque réaction, mais n’y aperçut rien d’autre qu’un air glacial et impassible. La crainte me prit au ventre qu’il me laissa aux mains de ces forces armées lorsqu’il détacha doucement son bras de ma hanche. Malgré la panique qui commençait à monter, je regardais fixement l’un des hommes en tenue qui avait pris la parole, une lueur de défi dans les yeux. La suite me prit au dépourvu. Mes pieds quittèrent la terre ferme, et avant que je ne puisse véritablement réagir, me retrouvais en train de me promener dans les airs, portée par le jeune homme. Lorsque je vis le sol s’éloigner, je m’accrochais à son cou par réflexe et m’empressais de regarder ailleurs en espérant vivement qu’il savait ce qu’il faisait. Je gardais les yeux clos jusqu’à ce que mes fesses touchent à nouveau une surface solide. J’avais toujours eu le vertige maintenant que j’y repensais. Retrouver la vie à l’extérieur venait de faire ressurgir cette vieille peur en même temps que certains souvenirs que je m’empressais pourtant de repousser au loin. Les traits crispés par la douleur, je jetais un regard inquiet en direction de ma jambe qui s’était quelque peu remise à saigner sous les à-coups avant de lever les yeux vers l’inconnu qui me faisait dos.

Je profitais de cette indifférence de sa part pour le détailler rapidement. Un corps plutôt fin, impression probablement accentuée par son accoutrement noir, une chevelure claire tranchant nettement avec l’aspect sombre de son être. On pouvait noter une certaine souplesse dans ses mouvements. Je me détachais de son dos tout en me mordant la lèvre sous la douleur aigue qui me traversa lorsque je tentais de bouger, et m’abstins finalement de le faire. Je repoussais les mèches qui me retombaient à nouveau devant les yeux et en profitais pour essuyer mes joues encore marbrées de larmes rapidement. Momentanément désintéressé de l’attitude étrange du jeune homme, j’essayais de contenir la douleur, chose que j’avais appris à faire depuis un certain temps déjà. Inspirant profondément, je fixais un point en me concentrant sur un truc idiot. Mais je fus vite distraite lorsque je vis l’inconnu s’approchait de moi avec lenteur. On pouvait discerner comme un certain détachement, même dans sa manière de se mouvoir, c’en était presque inquiétant alors qu’il était nimbé de la lueur faiblarde de la lune. Je l’observais s’agenouiller en silence en retirant ses gants et observais la blessure avec une attention toute particulière. Posant ses doigts doucement sur ma peau brulante, il me tira de légers frissons. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti un contact humain teinté d’une certaine douceur, à croire que mon corps n’y était plus habitué. A moins que ce soit la fraicheur de la peau du jeune homme. Je l’observais avec attention, l’écoutant m’expliquer l’état de la situation. Je regardais le mouvement de ses mains, encore inquiète malgré tout, mais fini par relever les yeux en me sentant observé. Mon regard croisa celui du jeune homme, chose à laquelle je ne fis pas vraiment attention, ce n’est que lorsque ses yeux froids dérivèrent que je détournais la tête en rougissant légèrement, mal à l’aise. Je voulus me dégager mais avant que j’entame le moindre mouvement, un éclair de lumière bien connu s’éleva de la blessure, englobant la totalité du mollet. Tendue comme la corde d’un arc, je fis un effort surhumain pour ne pas bouger. Un alchimiste, évidemment. A travers le halo bleuté, je le fixais d’un air nouveau. Malgré mon apriori sur ces scientifiques, je devais reconnaitre que ce dernier semblait bien différent de ceux à qui j’avais eu à faire.

Quelques secondes passèrent ainsi, puis la lueur disparut et j’abaissais le regard sur ma jambe. Seule la sensation de chaleur du à la transmutation persistait, mais plus aucune trace de la blessure. Hormis l’hémoglobine qui maculait le membre, la chair avait été parfaitement ressoudée et la douleur avait presque disparue. Prudente, je repliais légèrement la jambe pour l’appuyer au sol, vérifiant qu’elle fonctionnait bien, puis la rallongeait, soulagée. Je levais les yeux vers mon soigneur qui s’était déjà redressait, un léger sourire timide aux lèvres en guise de remerciement. Pas tellement bavarde, je ne savais pas comment lui prouver ma gratitude sur ce coup là. Visiblement il n’en avait même pas besoin. M’indiquant qu’il prenait le large, il m’indiqua que je pouvais rester ici si je le souhaitais. L’air à nouveau tendue, j’observais quelques secondes les lieux avant de porter à nouveau mon attention vers le jeune homme tout en me redressant tant bien que mal pour me remettre debout et lui faire face. Il commençait déjà à partir. Je tendis le bras, juste assez pour poser ma main rapidement sur son avant-bras et retenir son attention, avant de le relâcher aussitôt, me contentant de l’observer.

"Qui es-tu ? "

Pour la première fois depuis qu’on était sur le toit, je cherchais son regard, le trouvant fuyant. Et lorsque je parvins enfin à la capter, je compris que ma question resterait probablement sans réponse. Le jeune homme ne semblait pas du genre loquace, ce que je pouvais aisément comprendre en réalité. Mais ce fut l’impression de froideur et de solitude qui se dégageait de son regard qui m’incita à penser qu’il ne dirait rien. Enfin un minimum rassurée, je décidais de ne pas insister. Son geste à mon égard, c’était bien plus que ce à quoi je m’étais attendu au départ. J’esquissais un léger sourire désolé et baissais les yeux en reprenant plus doucement.

"Ce n’est pas grave… Merci."

Même si la curiosité me taraudait, je lui devais la liberté et peut-être même la vie, et de ce fait lui était redevable. Je n’insistais donc pas pour obtenir une quelconque réponse.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: Ombre et lumière [Flash Back pv. Lyl]   Lun 18 Juin - 18:40


Les bras croisés, Lyl avait observé la réaction de la jeune femme face à l’alchimie. En général les victimes de cette science prohibent par la suite le moindre rapport avec. La peur et la haine mélangées, l’alchimie devient alors aux yeux des victimes une science occulte. Pourtant, cette science a vu le jour que dans un but ; aider. Mais la soif de connaissance dépasse parfois l’entendement humain. L’amertume emplissait son être pourtant dénué de sentiment, le garçon ne pouvait s’empêcher de s’identifier à cette jeune femme. Lui enfant, elle maintenant. Le tout c’était d’avancer de ne pas sombrer à présent. La main tendue à Lyl n’avait sûrement pas été la bonne même si celle-ci l’avait remis sur le droit chemin. Une main ferme qui lui avait confié une fichue mission suicide. A quel point fallait-il être naïf ou perdu pour accepter ?
Après l’éclair lumineux, la souillon avait tressailli en silence, l’alchimie, un sentiment de débecte qu’il avait aperçu dans le regard de cette fille. Et dans le regard de bien d’autre. C’est en observant cette jeune femme sortie des Enfers qu’il comprit ses réelles motivations. Pas seulement sa promesse mais son désire de protection. Hélas, pour ce faire, il avait dû choisir l’une des pires voies. Mais qu’est-ce qu’un monde sans sacrifices ? Rien ne se battit sans.
Peu importe les moyens utilisés ou ce qu’il céderait pour arriver à son but. Sa vie, c’était là son sacrifice à lui.
Autrefois il n’avait pas conscience de ses états d’âme. C’est au côté des pires salauds qu’il put définir ce qu’étaient « le bien » et « le mal ». Bien qu’une définition générale existe, celle de notre ami lui était propre. Tout comme son sens de la justice…

Il avait définitivement détourné son regard de la demoiselle. Son indifférence lui avait fait louper le sourire sincère de la reconnaissance. Un spectacle qui aurait marqué sa rétine s’il l’avait regardé. Le sourire, un joyau propre à tous mais qui n’était pas assez exploité. Mais c’était trop tard, il était déjà en marche pour son retour au bercail.
Le pas engagé il fut contrains de s’arrêter lorsqu’une pression sur son bras se fit ressentir. Dos à l’inconnue, Lyl s’était arrêté, son regard de jade rivé sur l’étendue ébène éternelle. Elle s’était alors interposée cherchant du regard celui de notre jeune renégat. Il lui fit ce faux plaisir après qu’elle lui eut demandé de décliner son identité. Rien d’arrogant ni de défis, juste de l’attention pure sans magouille.
On aurait dit un roman sentimental bercé par une romance tragique. Combien ignorait-elle la nature de l’homme qui lui faisait face ? Combien le haïrait-elle si elle apprenait son statut ? Ces songes voguant dans son esprit, le fuyard restait silencieux. Après quelques secondes il avait daigné la regarder, bien qu’il se l’était refusé il l’avait dévisagé. Son regard avait été attiré dans une inconscience totale. Fourbes sont les femmes, même sans le vouloir.
Pourquoi refuser de la regarder ? Par peur de reconnaître son visage éteint sur un champ de bataille. La solitude est bien mieux que la déception. Aimer sans souffrir n’existe pas, ou alors ce n’est pas de l’amour. Nombre de fois il avait reconnu le visage de ses cibles ou d’un cobaye comme étant un « ami » ou une bonne connaissance. Nombre de fois il avait failli perdre la tête et sa mission pour tenter de sauver cette connaissance. Aujourd’hui il ne se liait plus. Après un court silence elle enchérissait…

"Ce n’est pas grave… Merci."

Le regard du jeune homme fit navette entre les deux globes de l’inconnue. Soulagé, il soupirait tout en replaçant en arrière les mèches argentées qui se rebellaient sur son front pour laisser apparaître cette cicatrice qui barrait une petite partie de son visage. Un soupire profond de lassitude. Parfois il se surprenait honteusement à regretter une vie banale. Surtout lui qui avait eu un tempérament ardent de coureur de jupon. L’eut-il vraiment perdu… Certaines choses demeurent. Toujours aussi froid, Lyl se décalait légèrement d’un pas afin de voir sa voie libre. Il feintait cette indifférence qui imposait la crainte et ce visage glacial. Il frôla à peine l’épaule de la demoiselle et sans ralentir il lui dit.

« Va de l’avant, ce n’est pas le sang qui coule en toi qui fais de toi ce que tu es, mais ce qui est là. »

Tandis que ces derniers mots sortaient de sa bouche le bout de son indexe et de son majeur joints pointaient l’organe battant de la jeune femme. Le bras tendu, la tête un brin tournée, il n’avait pas tourné les talons, seulement son buste. Sur cette mise en garde peu loquace mais très explicite il rapatriait son bras et fourrait ses mains dans ses poches avant de s’avancer lentement vers le rebord du toit. Son plan d’évasion était déjà tout fait, cet endroit il s’y recueillait trop de fois pour y réfléchir.
Sans prendre d’élan il passait par-dessus le muret donnant l’impression de sauter dans le vide. En réalité il avait atterri sur une fine corniche et s’était introduit à l'intérieure du bâtiment. La suite de son escapade était soit alchimique soit acrobatique.
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MessageSujet: Re: Ombre et lumière [Flash Back pv. Lyl]   Lun 18 Juin - 19:08

Curieuse impression que celle de parler à un bloc de glace brute. C’est l’impression que j’avais en observant le jeune homme. Pas grand-chose ne parvenait à émaner de sa personne hormis froideur et indifférence. Et pourtant, ses gestes contredisaient royalement sa manière d’être. Visiblement sceptique quant à ma demande sur son identité, il garda le silence, ne m’offrant qu’un regard froid, puis se détourna légèrement lorsque je lui indiquais que j’abandonnais cette idée. Pas très loquace, même si pour être franche, je ne l’étais pas vraiment non plus, j’aurais juste apprécié de savoir à qui je devais ma suite et les soins en ayant découlés, pour un jour, qui sait, le remercier. Mais visiblement, ça ne serait pas possible. Me dépassant tranquillement, il m’adressa de curieuses paroles, comme s’il avait réussi à percer en l’espace de quelques minutes ce qui me taraudait l’esprit depuis des années. Foutue émotivité, même un inconnu pouvait tout comprendre. Je croisais son regard au moment où il détourna la tête, le visage figé dans une expression de surprise. Il n’y avait qu’une seule raison pour qu’il m’adresse ses mots, il savait ce que j’étais. Et ça, presque personne ne le savait, j’en étais presque certaine. Il ne pouvait y avoir qu’une seule raison pour qu’il puisse être au courant, il faisait bel et bien parti du laboratoire, je ne m’étais pas trompé au départ.

Alors qu’il s’éloignait sur ces quelques mots, je me tournais pour observer sa silhouette disparaitre dans l’obscurité relative, fixant le dos de mon interlocuteur, tiraillée entre deux envies contradictoires. Celle de le rejoindre pour le questionner davantage, et s’il était bien un de ces scientifiques timbrés, lui demander des comptes, ou bien celle de laisser filer, après tout, il m’avait sorti de là. L’état de ma jambe et mon côté rancunier quasiment inexistant eurent raison de la première option et je poussais un léger soupir en l’observant disparaitre. Quel qu’il soit, je lui devais trop pour l’instant. Quoi qu’il en soit, je me surpris à faire confiance à son jugement et décidais de rester sur ce toit le temps de reprendre quelques forces et de me reposer. Je dénichais un endroit abrité et m’adossais à un muret avant de me détendre enfin, les jambes au repos.

Qui sait ce qui m’attendait dehors maintenant ? Je ne savais plus grand-chose. Ni combien de temps était passé depuis que j’étais enfermée, ni où j’étais réellement, ni la manière dont les choses avaient évoluées au sein du pays. Plus rien. Une chose pourtant était sûre, je ne devais pas gâcher la chance de pouvoir à nouveau vivre une vie d’humaine. Même si l’envie n’était pour le moment pas vraiment présente, l’optique d’avoir à me débrouiller seule après plusieurs années à être surveillée sur ses moindres faits et gestes, était quelque peu effrayante. Mais après tout, il me fallait bien grandir un jour. Je fixais la lune à demi voilée, un nœud dans l’estomac dont je n’arrivais pas à me défaire, avant de fermer les yeux et de me laisser aller à quelques minutes de repos. Seulement quelques minutes.

Finish
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