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 "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"

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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Lun 18 Juin - 22:08

« Vous nous aviez dit de fuir si cela tournait au vinaigre… La jeune femme s’était approchée, ses yeux inspectaient les alentours de peur d’être surprise. Étiez-vous sérieux ? »

Sa voix faiblarde et son aspect de jeune femme frêle et fragile lui arrachait toute suspicion concernant son rôle au sein de ce bar. Les joues rougis par une certaine timidité et honte elle avait profité de l’inattention des autres pour poser sa question non loin de l’oreille de l’intéresser. Elle déglutit après avoir humé les vapeurs d’alcool s’échappant des lèvres du garçon. Son cœur battait la chamade, elle seule savait pourquoi, mais la plupart diraient que c’est la peur. Elle avait dévisagé son jeune maître, elle connaissait son visage et son identité mais pas son vrai patronyme. Elle avait lentement écarté son visage de celui du serpent, sa main s’était décrispée du bras du garçon. Il avait encore failli la peloter en voulant lui tapoter l’épaule pour qu’elle lui file son verre.
Pourquoi ne bougeait-il pas ? Tout simplement parce que le larron était complètement ivre. Sa maudite victoire sur Central et la création d’une Pierre Philosophale imparfaite le plongeait dans le malheur.
Ce soir là le bar était festif, comme tous ceux qui avaient précédé cette victoire. On fêtait encore l’émergence de l’organisation 0. Du moins, secrètement.
Ce soir là, Lyl avait daigné se montrer, son besoin de festoyer avait été plus fort que sa prudence.
Tant pis, hors mis ceux qui assuraient sa protection personne ne connaissait le vrais visage du garçon. Ce soir il était donc un simple civil qui venait se prendre une cuite dans un bar de bonne fortune. Pour ne pas lever les soupçons, seulement deux de ses gardes étaient présents, le reste relevés de leurs fonctions pour la soirée.

L’un des gardes se trouvait dehors à draguer les délicieuses créatures qui passaient dans le coin. C’était un homme âgé d’une trentaine d’années dont le physique semblait beaucoup plaire aux dames. Bras croisés il avait réussi à retenir deux femmes qui ne cessaient de glousser à chaque réparti du Don Juan. C’était un type étrange dont les ambitions n’étaient pas connues. Ennemi, ami ? Qui sait, il portait beaucoup d’attention à Lyl et avait un grand respect pour lui bien que son patron fut plus jeune que lui.

Le second était une jeune femme brune qui n’avait rien d’une guerrière physiquement. Seulement douée au lancer de couteau, elle avait été embauchée en tant que serveuse et s’était très vite retrouvée mêlé aux magouilles du bar et son sous-sol. Courageuse et curieuse, la jeune femme n’avait rien à perdre et avait très vite trouvé un intérêt ambigu à notre ami.
Le garçon s’était montré très gentil avec elle, la belle s’était alors entichée préférant la compagnie d’un meurtrier que celle de la solitude. Par conséquent, elle était l’unique part pure de cette Organisation de tueur, la seule innocente.

Les bras étendus sur le dessus de la banquette, les jambes écartées, la tête renversée en arrière, Lyl empestait l’alcool à plein nez. Son accoutrement d’ivrogne négligé cassait tout son être. La chimère n’avait plus les yeux en face des trous, la question de la serveuse lui avait paru claire mais son esprit embrumé l’empêchait d’articuler convenablement. Il lui donna pour réponse la paume de sa main sur ses lèvres lui intimant de se taire. La jeune femme ne retira pas la main du garçon l’observant avec un soupçon de déception. A la place elle lui donnait son verre avant que ses mains ne dérapent plus bas. Elle tentait de percer le mystère et de savoir jusqu’où il était confiné dans les ténèbres. Elle avait été témoin de gentillesse comme de cruauté, elle voulait croire en une part de lumière chez cet être.
Les yeux mi-clos, Lyl ne cessait d’entretenir et d’approfondir son ivresse. La réalité de ces jours étant trop noires il cherchait à s’isoler dans l’absence de lucidité.
Son sommeil était d’avantage troublé que d’ordinaire. Des songes tourmentés qui l’arracher à l’oreiller à mainte reprise. En réalité, il sombrait peu à peu dans la folie. Un trouble de la personnalité ne faisait qu’accentuer les choses. Lyl avait retiré sa main avec un brin de maladresse due à la lourdeur de son corps. La servante n’avait osé lui faire d’avantage la conversation, alors Lyl divaguer à nouveau…

« Y viendront la chercher ! P’têt que j’devrais la bouffer ! R’gardes-moi c’t’horreur ! »

Il avait plongé la main dans sa chemise pour y retrouver l’affreux objet pourpre qu’il avait crée. La Pierre Philosophale, ou plutôt un fragment de celle-ci conçue avec un petit millier de vies humaines. L’objet avait été placé dans une boîte, suspendue à une chaîne et pendue autour du coup du garçon pour être à l’abri des regards en attendant d’être exploitée. Bien qu’elle fut légère, la pierre lui paraissait atrocement lourde, tant par ce qu’elle représentait par ce qui l’a constitué. Mille vies, c’était lourd, surtout lorsqu’elles sont volées.
Le jeune Capitaine avait sorti la chaîne pour la pointer sous le nez de la brune.

« Rangez ca ! Dépêchez-vous, vous pourriez être surpris ! »

N’ayant pu luter correctement il se retrouver de nouveau avec un poids sur la poitrine. La serveuse l’avait contrains à ranger le pendentif et à mesurer ses paroles. Les traîtres étaient partout, tout comme les commères. Lyl ne se rendait pas compte de son imprudence car il savait pertinemment que cette fille ne le trahirai pas. Mais avec l’alcool il était incontrôlable et si elle ne dirait rien, peut être que celui dehors si. Une chance qu’il fut à l’extérieur et l’animation du bar à son apogée. Il avait repris sa posture du type à moitié endormi. Il s’était subitement calmé, ressasser ses actions lui plombaient le moral. A chaque pensée il sentait la colère réchauffer son sang. N’est-ce pas le propre des hommes de tout garder et d’extérioriser secrètement ?

« Je dois y retourner, je garde un œil sur vous. Essayez de vous amuser…ne buvez plus..
-Tsss… faut que je gerbe mes pêchers… »

Sur ces paroles il tendait le bras pour saisir son verre plein et se l’enfiler sans modération. Son taux d’alcoolémie étant élevé il n’arrivait plus à discerner le goût de son breuvage. La tête de nouveau renversée en arrière, il desserrait encore et encore le nœud de sa chemise. Une fois de plus il se retrouvait seul, attablé dans un coin du bar, loin de tout, son énième cigarette fumant entre ses lèvres.

Il tourna la tête sur la droite, il voyait la porte d’entrée et son garde du corps entouré de deux poupées. Un demi-sourire vint se glisser au bord de ses lèvres, il venait de repenser amèrement aux paroles de son subordonné. Lorsqu’ils étaient en duo, cet homme lui parlait comme conseillé. Plusieurs fois il avait témoigné son respect et son affliction face au jeune capitaine. Il lui rappelait à quel point notre ami était jeune et pourtant bien gradé. A quel point il était sérieux et seul. Plusieurs fois il l’avait incité à quitter son QG pour errer dans des endroits suppurant le parfum des dames pour qu’il puisse s’imprégner de l’une d’elle.
Alors Lyl y allait, mais permettait à ces joueuses de seulement le dorloter, pour ce qui est des plaisirs charnel, il ne pouvait s’y résoudre sans amour ou sans envie. Tel un mur de glace il demeurait passif.

Tandis qu’il songeait amèrement à ce qu’il s’interdisait, il vit une jeune femme pousser la porte de son bar. Les yeux rétrécis, la vision chancelante, il ne put qu’apercevoir sa silhouette. Cette dernière rompit ses songes en lui barrant momentanément la vue. Lyl détournait le regard de dehors, dos à la vitre, seul sur sa banquette et à sa table, il but encore et encore sans cesser de fumer. Il pouvait bien s’endormir ici ou n’importe où, on le ramènerait d’office dans ses quartiers. Il ne put entendre le bruit de la clochette lorsque la jeune femme passa la porte. Cependant, bien qu’il eut la tête renversée en arrière il la vit traverser la foule. L’alcool l’ayant engloutit, il ne put reconnaître de loi le cobaye qu’il avait sauvé lors de son excursion au laboratoire n°5. Il suivit du regard le déhanché de l’inconnue avant de ne bailler et de ne fermer les yeux.

A cet instant la serveuse, et probablement la seule confiante du garçon débarquait. Celle-ci stoppa sa course devant la nouvelle arrivante. Les yeux braqués sur Lyl, elle demandait avec politesse malgré son regard détourné…

« Bienvenue ! Puis-je vous installer ? Vous êtes combien ? »

C’est sans doute grâce à cette serveuse un peu trop intentionnée que le hasard causa la fatalité en réunissant les deux chimères. Le reconnaîtrait-elle dans cette tenue chic mais négligée en suivant le regard soucieux de la serveuse ?

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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mar 19 Juin - 14:27

Les yeux rivés sur la devanture d’un magasin, je fixais les diverses annonces qui s’étendaient devant moi, passant de l’une à l’autre sans pour autant trouver mon bonheur à travers ces simples bouts de papiers. Poussant un soupir de lassitude, je finis par détourner le regard en enfonçant un peu plus profondément les mains dans les poches de mon jean et retournais me mêler à la foule de passants. Malgré l’heure tardive, les rues étaient encore animées, ce qui avait quelque peu tendance à me surprendre si l’on regardait quelques temps en arrière. Les derniers évènements de Central auraient fait frémir plus d’une personne, il était donc curieux que les badauds soient plus nombreux à sortir une fois la nuit tombée. Allez savoir, l’être humain est bien étrange. La tête baissée, le visage dissimulé par le rebord de ma casquette noire, j’avançais en suivant mes pieds. Autrement dit, sans aucune destination précise en tête. Je relevais les yeux par moment, observant les diverses vitrines de la ruelle au cas où je trouve enfin un annonce pour du travail, mais ne m’attardais que rarement avant de rabaisser les yeux. Timidité ou mauvaise habitude, je n’aurais su le dire. Je me perdais souvent dans mes réflexions en marchant ainsi, quitte par moment à me prendre un passant par mégarde, cela m’était déjà arrivé plus d’une fois. A cet instant d’ailleurs, je recommençais à divaguer sur de vieux souvenirs de mon oncle.

Peu de temps après ma fuite du laboratoire, j’avais appris sa mort. A croire que tous les gens que j’avais aimé étaient voués à disparaitre. J’aurais sans aucun doute abandonné ma place pour la sienne pour lui permettre de vivre, mais hélas, ce n’était pas chose possible. Bien que j’ai eu du mal à encaisser la nouvelle, je mis un point d’honneur à me rendre sur sa tombe, après être passée sur celle de mon frère également. J’avais perdu le dernier présent qu’il m’avait fait avant notre brutale séparation, et aujourd’hui, je le regrettais. Mais plus que le reste, je repensais à ses dernières paroles. Finalement, le trépas l’avait accosté plus tôt que moi, lui qui pensait que je ne résisterais pas longtemps. Le destin est parfois bien ironique. J’étais restée longtemps assise devant sa tombe, toute la nuit en fait. Ce n’est que lorsque l’aube pointa sa lueur blafarde que j’avais enfin trouvé la force de me relever pour retourner me cacher. Par mesure de précaution, je préférais me déplacer de nuit. Ayant quelques prédispositions dans l’obscurité, je pouvais aisément me dissimuler ainsi.

Les jours suivant furent compliqués et moroses. Je passais mon temps à fuir et à me cacher, ne sachant guère où aller, si je devais quitter la ville ou non, retourner chez moi ou pas. Après tout, plus rien ne m’attendais là-bas maintenant. Et puis, une idée m’était revenue en tête une fois ma liberté rendue. Cette idée ne cessait de grandir, de gagner en puissance, et de m’effrayer en même temps.

Je me rendis compte que cela faisait bien cinq minutes que j’étais debout face à un passage piéton à fixer la route. Secouant la tête pour reprendre mes esprits, je traversais cette dernière, marchant en direction des quartiers mal fréquentés de la ville. Ceux où étrangement, j’étais le plus à l’aise, car les militaires ne s’y aventuraient que rarement. J’avais rapidement abandonné ma quête d’un emploi pour ce soir, préférant flâner dans les ruelles sans but réel avant de rentrer dormir dans le logement de fortune que je m’étais trouvée. Un squat non loin d’ici, où vivait trois autres personnes. Trois chimères, voilà pourquoi ils avaient acceptés ma présence sans trop de difficultés. Venant de lieu similaire au labo n°5, ou bien même de ce dernier, ils comprenaient la galère dans laquelle on pouvait se trouver une fois dehors. Des gens pas vraiment fréquentables si l’on observe d’un peu plus près leurs faits et gestes, mais au fond, généreux. Mon éducation un peu vieille, il fallait bien l’avouer, m’empêchait pourtant de leur donner un coup de mains dans leur forfait, bien qu’ils me l’aient déjà proposé. Je n’en avais ni le courage, ni l’envie, préférant trouver d’autre moyen de subsister. Même s’ils me prenaient pour une folle par moment, ils n’insistaient pas pour autant.

A mesure que je m’enfonçais dans les taudis, les idées un peu ailleurs, je sentais différentes présences grouiller non loin de moi. Des odeurs puissantes, mélange de sang, de sueur et d’alcool, indubitablement masculines. Pour que je réussisse à les sentir aussi distinctement, ils ne devaient pas être bien loin. Je finis par relever légèrement la tête en accélérant le pas, lorsque l’issue de la ruelle se trouva bloquée par deux armoires à glace. Faisant mine de n’avoir rien remarquée d’anormal, je bifurquais à un embranchement sur ma gauche, avant de me rendre compte, un peu tard, qu’il s’agissait d’une impasse. Les sourcils froncés, je me détournais, prête à faire demi-tour, mais la route se trouvait déjà bloquée. Légèrement inquiète, je relevais le bord de ma casquette d’une main en les observant, l’air suspicieuse. Nul doute qu’ils n’étaient probablement pas là pour me chanter une sérénade. Je fixais celui qui semblait être le meneur, également le plus âgé à ce que je pouvais en voir. Des cheveux grisonnants lui tombaient de manière négligée sur les oreilles alors que son front se dégarnissait visiblement depuis un certain temps déjà. De petits yeux porcins éclairaient vaillamment un visage buriné par les années et probablement les nombreux coups qu’il avait du prendre durant sa vie. Il portait une entaille au niveau de la gorge, et une autre à la tempe, d’où l’odeur de sang que j’avais pu sentir. L’air sûr de lui, il fit un pas dans ma direction en faisait signe aux autres de ne rien faire. Je reculais de ce même pas, gardant une distance égale. Haussant un sourcil, je finis par prendre la parole.

"Vous perdez votre temps, je n’ai absolument pas d’argent, ni quoi que ce soit de valeur. "

Pour preuve de ma bonne foi, je tirais mes poches de jean à l’extérieur, histoire de leur faire voir combien elles étaient vides. Je m'abstins de faire de même avec ma veste, cette dernière comportait encore quelques pièces. Rien de bien attrayant en somme pour des pillards. Néanmoins, j’eus un léger frisson le long de l’échine lorsqu’il se mit à sourire d’un air peu amène.

"Rassure-toi petite, ce n’est pas à ton portefeuille qu’on en veut."

Son sourire n’avait absolument rien pour rassurer, bien au contraire. Il se rapprocha d’un second pas, je reculais à nouveau, comme une danse improvisé au caractère agressif. Un en avant, un en arrière, cette fois je heurtais un obstacle. Le dos collé au mur de l’impasse, je fixais le vieux qui s’approchait toujours, sourire vicieux aux lèvres. J’avais beau être plutôt inculte dans ce domaine, je n’en comprenais pas moins leurs véritables intentions. Les sourcils froncés, je m’arquais légèrement en avant, sur la défensive, reprenant d’une voix bien moins timide.

"Laisse moi passer."

Ses lèvres s’étirèrent davantage, accentuant son air de prédateur, et il se rapprocha encore, levant le bras pour effleurer la joue.

"Oh non ma jolie, tu vas rester un peu avec nous. Ne t’inquiète pas, nous ne sommes pas méchants au fond. "

Je dégageais d’un geste sec sa main à peine après l’avoir sentie effleurer ma joue, ce qui eut le don de la provoquer, et visiblement de l’exaspérer. De sa main, il me plaqua contre le mur, maintenant fermement mon épaule et se rapprocha. Je n’eus pas vraiment le temps de réfléchir à la suite, que je sentais déjà la bête gronder dans mon ventre. Les pupilles étrécies, je balançais lestement mon genou dans l’entrejambe du bonhomme, le forçant ainsi à reculer, et me retournais dans la foulée pour faire face au mur. J’entendais la course des deux autres gorilles derrière moi et ne pris pas le temps de réfléchir. D’un bond, je m’accrochais à une corniche dépassant du mur et entrepris de l’escalader. Pour une fois, je remerciais ma bonne étoile de m’avoir doté d’une telle agilité, il ne me fallut guère trop de temps pour atteindre les toits. Jetant un coup d’œil en contrebas, je m’aperçus qu’ils avaient décidés de ma suivre par cette même voie. Sans m’attarder, j’entrepris de traverser le bâtiment par le toit, pour redescendre dans une rue parallèle. Même si j’avais pris un peu d’avance, il n’était pas bien difficile de retrouver une personne dans des rues aussi peu fréquentées.

J’avisais une certaine animation un peu plus loin, et m’en approchait prestement. Un bar, à l’ambiance plutôt festive si l’on pouvait en croire la musique bruyante et les diverses personnes avachies devant, en train de boire ou de comater. Jetant un coup d’œil derrière moi, je finis par pousser la porte de l’établissement, faisant retentir le son cristallin des clochettes suspendues derrière cette dernière, et entrais sans attendre. Quoi de mieux qu’une foule pour se planquer ? Etudiant les lieux du regard quelques secondes, je me sentis tout à coup reprise par ma timidité si pesante. Une telle animation n’était pas désagréable, loin de là, mais je n’avais pas pour habitude de fréquenter ce genre d’endroit d’ordinaire. D’une main, je cherchais machinalement à rabattre ma casquette sur mes yeux pour rester discrète avant de me souvenir sur je l’avais perdu dans la course. Avec un léger soupir déçu, je restai plantée quelques secondes en plein milieu de la pièce avant de ne me faire aborder par une jeune femme. Probablement la tenancière du lieu si je me fiais à sa question. Le regard penaud, je cherchais rapidement une réponse, n’ayant que peu de sous et probablement aucun à mettre dans un coup à boire, lorsque je remarquais avec étonnement que la demoiselle semblait avoir le regard braquer sur autre chose.

"Euh je … Oui merci. Je suis seule à priori."

J’essayais d’apercevoir quelque chose en suivant la direction de son regard, mais il y avait tellement de monde dans la petite salle que discerner quelque chose de distinct était difficile. Néanmoins, une chose retint toutefois mon attention. Une silhouette surmontée d’une chevelure blanche, affalée sur une banquette. Je finis par détourner rapidement la tête pour suivre la jeune femme qui me conduisait au bar dans un premier temps. Contrainte de prendre quelque chose par politesse, je me contentais d’un cocktail de jus de fruits. Fouillant de la poche de ma veste pour en dégoter de quoi régler ma consommation, je fis le tour de la salle du regard en attendant le verre, m’attardant un peu plus longuement sur le jeune homme à la chevelure neigeuse. Les yeux clos, il semblait comater affalé sur son siège, plusieurs verres vides s’étendaient devant lui. Je haussais légèrement un sourcil, perplexe. J’aurais juré connaitre ce visage, sans pour autant parvenir à le replacer dans un quelconque contexte.

Ma commande arriva quelques minutes plus tard, je m’en saisis et payais immédiatement avant de siroter doucement la boisson en jetant quelque fois des regards en direction de la porte pour m’assurer que les larrons qui m’avaient pistés n’entreraient pas ici. L’esprit tout occupé à chercher à mettre un nom sur le nom de l’inconnu. J’eus un éclair de lucidité en me rappelant soudain où je l’avais vu. Délaissant ma paille, je tournais de nouveau la tête dans sa direction, le fixant désormais avec intensité. Comment avais-je pu ne pas le reconnaitre immédiatement ? Attrapant mon verre d’une main, je me dirigeais vers la table du jeune homme, où il semblait d’ailleurs être le seul installé. J’écartais discrètement la chaise faisant face au jeune homme pour m’assoir et déposer le breuvage sur la table avant de me pencher en avant afin qu’il m’entende un minimum malgré le bruit ambiant. S’il ne dormait pas, bien évidemment, ce dont je n’étais pas vraiment sûre.

"Ton accoutrement te change, c'est impressionnant. J’ai bien failli ne pas te reconnaitre."

L’inconnu, qui n’en était pas vraiment un au fond, ouvrit des yeux embués par l’alcool et me fixa quelque seconde. Je lui adressais un léger sourire timide avant de pencher la tête sur le côté.

"Je te dérange peut-être ..."
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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mar 19 Juin - 15:43

"Ton accoutrement te change, c'est impressionnant. J’ai bien failli ne pas te reconnaitre."

La voix paraissait lointaine malgré la proximité. Lyl avait ouvert les yeux, son regard s’était posé sur le plafond assombri, quelques jets de lumières l’avaient fait froncer. Il aperçut une silhouette face à lui, il baissa lentement la tête pour s’informer de l’identité du gêneur. De la gêneuse en l’occurrence. Il lui était très difficile de fixer la jeune femme qui lui faisait face. L’alcool lui donnait l’impression que le monde autour de lui tournait. Une sensation désagréable qi aurait donné la gerbe à plus d’un à sa place. Notre ami plissait les yeux tandis que l’inconnue s’informer sur la gêne occasionnelle qu’elle fournissait probablement. La compagnie ne dérangeait pas le garçon, c’était le plaisir qu’il en tirait qui était compliqué.
Notre ami fronçait les sourcils, il tentait de reconnaître le visage qui lui faisait face. Une tentative veine surtout dans l’état actuel. Il grimaçait, sa mémoire flanchait sous les grammes entassés. Mais en se concentrant il avait pu observer le visage qui lui faisait face et en déduire qu’un si joli minois n’aurait pas été oublié. Dans un soupir Lyl s’était redressé, accoudé à la table il tenait son front dans sa main tandis que son autre bras apporter le verre à ses lèvres. Il écrasait le mégot qui fumait entre ses doigts dans le cendrier plus proche de la demoiselle que de lui. Un cendrier plein à craquer, une table remplie de pichet vide. Un vrai désastre. A lui seul il creusait un déficit dans les revenus du bar… Un déficit qui augmentait à chaque fois que sa bonne conscience faisait surface pour lui rappeler à quel point il était ignoble. Il sortit une nouvelle cigarette de la poche de sa chemise placée sur son pectoral droit. Là, il relevait à peine la tête pour jeter un furtif regard à son interlocutrice qu’il était censé connaître. La tête inclinée vers le bas, il l’apercevait comme il le pouvait tandis que sa main soutenait toujours le poids terriblement lourd de sa tête en cette heure tardive. Il porta la cigarette à ses lèvres et tira une bonne bouffée avant de balancer d’une voix railleuse, bafouée et les mots mâchés…

« Une connaissance… hm ? Te ranger dans une bouteille serait beaucoup plus pratique pour moi pour pouvoir y inscrire ton nom"

Un demi-sourire enjôleur aux lèvres, le jeune homme recrachait la fumée retenue dans ses poumons sur la belle. Lyl profitait de sa position pour discrètement observer son garde du corps qui se trouvait toujours dehors. Lorsqu’un inconnu venait à sa rencontre les regards étaient souvent tournés vers lui afin de le surveiller. Mais cette fois-ci, seuls les regards de la serveuse le visaient. Tant mieux, il craignait d’avoir à faire à une connaissance compromettante. Peu importe l’état ou la situation, Lyl devait toujours assurer ses arrières. Il reprit plus calmement, un brin sérieux, il se redressait pour s’adossait de tout son poids sur le dos de la banquette…

« Plus…il s’arrêta quelques secondes, son changement subit de position lui avait retourné la tête. Il fronça momentanément les sourcils, s’étonnant de son ivresse. Plus sérieusement, une jolie fille comme toi, j’m’en s’rais souvnu. »

Voilà qu’il versait le reste de son dernier pichet dans son verre. Il n’avait pas encore dit son dernier mot, l’alcool n’avait pas encore submergé son esprit suffisamment pour qu’il daigne arrêter. Il portait le breuvage à ses lèvres pour en boire la moitié d’une traite. Pas de grimace, pas de haut-le-cœur, juste une descente respectable. La chimère fit claquer le verre sur la table, le bruit avait été couvert par celui de l’ambiance. C’était très festif ce soir. Le décoloré pompait sa cigarette, son attention était détournée de la demoiselle, son bras droit étendu sur le dessus de la banquette. Il avait encore cet air détaché qui trahissait le vrai intérêt qu’il avait pour la ravissante et mystérieuse créature qui lui tenait compagnie.
La musique avait changé de registre pour quelque chose de plus entraînant ce qui eut pour effet de chauffer l'assemblée.

Dehors, Lyl observait son garde du corps dont les compagnes semblaient d'avantage se délecter de sa présence. Si le bougre n'avait pas été en service, qui sait où il serrait à cet instant... Détachait du monde, il semblait perdu dans ses pensées, des pensées bien moroses.

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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mar 19 Juin - 16:26

Un regard vert émeraude, passablement absent, des traits tirés par la fatigue ou bien l’abus d’alcool si l’on tenait compte du nombre important de pichets que contenait la table pour un seul homme, et l’état du dit homme, des cheveux blancs en bataille et une tenue plutôt débraillée. Le jeune homme semblait véritablement ailleurs, même lorsqu’il prit la parole. Je ne fus guère surprise qu’il ne me reconnaisse pas. Après tout, j’avais légèrement changé depuis la dernière fois. Des vêtements civils et à peu près propre, un visage dénué de crasse et des cheveux bien plus disciplinés, ça pouvait métamorphosait une personne. D’une main, je repoussais doucement la fumée loin de mon visage avant de boire quelques gorgées de mon breuvage, puis lâchais un léger soupir déçu. Bien évidemment qu’il m’aurait oublié, je n’avais d’ailleurs même pas songé à l’éventualité inverse avant de le recroiser. Mais maintenant que j’étais ici … Qui sait, la curiosité me taraudait tout simplement. Je fixais le buveur avec un certain intérêt, avant de me mettre à rougir lorsqu’il enchaina et de baisser les yeux en remuant nerveusement le liquide coloré à l’aide de ma paille. La musique changea, se fit plus bruyante, plus entrainante. Les chaises grincèrent sur le plancher, signe que les gens se levaient pour participer à l’animation générale. Néanmoins, je ne me retournais pas, réfléchissant à comment je pourrais lui expliquer la chose en tenant compte de son état passablement éméché. Ce n’était d’ailleurs pas bien difficile de s’en rendre compte. Et plutôt amusant pour l’instant. A vrai dire, les fois où j’avais pu apercevoir quelqu’un en état d’ivresse se comptait sur les doigts d’une main. Je savais seulement que l’alcool n’avait pas le même effet sur tout le monde. Mais il ne semblait pas agressif, loin de là, juste dans son monde. Je me penchais un peu vers lui, restant tout de même à distance, un réflexe quasi instinctif, et haussais un peu le ton pour couvrir le son de la musique ambiante.

"Je pourrais te retourner le compliment. Je ne m’attendais pas vraiment à ce que tu te rappelles de moi, il est vrai que j’ai changé depuis. Je serais bien tenté de te laisser dans le flou tiens …"

Je lui adressais un sourire amusé en sirotant tranquillement mon verre, je le savourais, habituée à l’eau d’ordinaire, cela faisait du bien de boire autre chose. Je repris un air un peu plus sérieux quelques secondes plus tard avant d’aviser le énième verre vide du garçon.

"Hm … Eh beh, on peut dire que tu as le foie solide si c’est bien toi qui a bu tout ça …"

Se rendre ivre en solitaire … Ce n’était pas vraiment ce que j’appelais passer une bonne soirée. De plus, les traits tirés du jeune homme faisaient plus penser à une certaine douleur qu’à un plaisir. Voilà pourquoi je commençais sérieusement à croire qu’il cherchait plus à oublier quelque chose qu’à passer un bon moment. Et voilà que je me faisais encore des films à son sujet. Tentant de calmer mon imagination débordante, j’observais en direction de la porte de temps en temps, toujours légèrement inquiète, puis promenais mon regard sur la pièce bondée. Mon regard tomba sur la serveuse qui m’avait accueillie un peu plus tôt et nous observait avec insistance. Je fronçais légèrement les sourcils mais elle détourna aussitôt le regard lorsqu’elle croisa le mien. Curieux. Sans m’en préoccuper davantage, je reportais mon attention sur le jeune homme. Tenant mon verre d’une main, la paille coincée entre les lèvres, l’autre soutenait ma tête désormais appuyée dessus alors que je dévisageais sans gêne le décoloré.

"Laboratoire. Chimères. Explosion. Tout cela fait-il remonter tes souvenirs ? Tu m’as aidé … "

Je me tus en entendant les clochettes significatives de la porte avec un vague pressentiment. Me détournant légèrement, j’aperçus parmi la foule, deux des trois lourdauds qui m’avaient suivis un peu plus tôt. Me tassant sur ma chaise, je me penchais au possible pour me dissimuler derrière la foule dansante, avant de vouloir reprendre, mais le jeune homme m'en empêcha.


Dernière édition par Pandora Cahelyn le Mar 19 Juin - 17:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mar 19 Juin - 17:35

Le début de la phrase de l’inconnue parvint nettement aux oreilles du garçon, cependant, à partir de là, il ne put saisir rien d’autre. C’était un compliment, un compliment qui l’avait laissé de marbre et qui avait eu plus pour effet de le renfrogné. Il ne voulait pas plaire car il ne voulait pas attirer les plus belles douceurs de ce monde pour ensuite s’en attacher. Un cercle vicieux. Il fixait toujours l’extérieur, la suite parvint à ses oreilles mais de manière différé et brouillé. Il leva donc un sourcil, intrigué et surpris par ce qu’il avait cru entendre, il avait subséquemment reporté son attention sur elle.
Cette dernière enchaînait sur le débit de boisson du garçon. C’est sûr qu’il avait un foie résistant, il en fallait un lorsqu’on est convié à observer et examiner les horreurs d’un laboratoire d’alchimiste fous. Lyl plissait les yeux, comme si qu’il souffrait mais c’était plus pour tenter de stabiliser sa vue. Son regard fut aussi baladeur que ses mains, tandis que l’inconnue marquait un temps d’arrêt, notre ami tentait de mettre une lettre et un chiffre sur la poitrine de la belle. Mater sans toucher, c’était monnaie courante depuis qu’il se dispensait de toute relation. Son air blasé laissait sous entendre qu’il ne l’écoutait pas, mais cette impression fut très vite détournée lorsqu’elle reprit la parole.
Notre ami avait automatiquement relevé les yeux pour jeter un regard noir sur la l’inconnue. Il voulut lui dire de se taire mais la porte et ses clochettes le firent pour lui.
Les mots de la jeune femme eurent un effet très cuisant sur le jeune capitaine. Son esprit sortit de la brume sans pour autant dissiper les effets. Notre ami s’était vivement redressé, il avait pus remarquer sans s’en préoccuper que l’inconnue s’était dissimulée en voyant entrer deux types. Deux membres de l’Organisation 0, deux énergumènes que la police cherchait depuis des lustres. Le visage de nouveau froid, Lyl interrompit la demoiselle lorsqu’elle reprit le fil de la conversation. Il avait alors renversé l’un des pichets vides et s’était aussitôt inquiété des regards de l’assemblée. Ni vu, ni connu, le bruit couvrait tout, même leur conversation.

Irrité, Lyl se levait prestement faisant tanguer la table sous la maladresse de ses gestes alourdis. Il fit le tour de la table et saisit la jeune femme par le bras.

« Allons discuter ailleurs.. »

Il fit un signe de main à la serveuse et la gratifia d’un sourire avant de ne passer son bras autour de la taille de la jeune femme. Mieux valait-il feinter d’allé papillonner pour ne pas élever les soupçons. De plus, la jeune femme lui servait de canne, notre larron était chancelant et bien trop alourdi pour pouvoir correctement placer ses pieds l’un devant l’autre. Sa tête suivait à peu près mais son corps était engourdi, tel un chamallow ses gestes étaient mous. Il poussa la porte du bar qui donnait sur l’extérieur, aussitôt il croisait le regard de son garde du corps. Il fit un sourire plus ou moins explicite sur ses intentions avec sa camarde et prit la tangente. Dos au garde et ses deux courtisanes, Lyl fit un signe de main avant de ne balancer haut et fort…

« Ne m’attendez pas geôlier ! Je m’en vais conter fleurette ! »

Le type le suivit du regard, un sourire aux lèvres, il ne jugea pas utile de suivre son maître. Au lieu de ça il reprit le cours de ses occupations. Silencieux Lyl continua sa route sur une dizaine de mètres avant de ne bifurquer dans la rue de droite. Une ruelle sombre et étroite comme la plupart des rues des bas fonds. Là, son comportement changea radicalement, il retira son bras et plaqua à l’aide de son avant bras la jeune femme contre le mur. Les traits tirés par l’appréhension il lui dit, non pas avec douceur :

« Oublie-moi ! Tu ne me dois rien alors va t’en ! »

Il avait crié, son ton autoritaire n’avait rien de rassurant. Un comportement étrange qui tirait son réel mystère dans le regard du jeune homme. La crainte. Il retira son bras avec la même vivacité utilisée précédemment et détourna le regard, haineux. Cette fille risquait sa vie en côtoyant le garçon, son excès de colère était seulement du à son manque de liberté et à ce rythme de vie qui lui empêchait d’apprécier la vie simplement.
Peut être que sa réaction était maladroite, peut être aurait-il pu lui suggérer son départ avec plus de tact. Cependant, le jeune homme n’était capable que de terreur, le tact n’était pas dans ses cordes. Dos à la chimère, il fixait la rue, poings serrés.

« Merde ! Il donna un coup dans le mur avec l’extrémité de son poing, ce fut donc son auriculaire qui encaissa le choc. Je devrais te tuer… »

Il avait gardé sa posture, son avant bras était à la hauteur de sa tête et retenait une partie de son poids. Le jeune homme tourna la tête, son front touchait son bras, il était en proie à un problème qu’il avait toujours appréhendé jusque là. Il garda sa posture sans se soucier de la jeune femme à qui il tournait le dos. Il retira son bras et appuya son flanc gauche contre le mur, il fixait la route à la recherche de la meilleurs solution. L'idée de faire confiance à cette fille ne lui venait même pas à l'esprit. A qui pourrait-elle raconter les exploits du garçon? Et dans quel intérêt? Lyl avait l'esprit trop embrumé pour réfléchir correctement, il avait l’impression de ne plus être rationnel.

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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mar 19 Juin - 18:39

Le jeune homme semblait bien plus alerte maintenant qu’il connaissait, ou retrouvait, l’histoire. Et passablement nerveux également. Les sourcils légèrement froncés, je fixais le jeune homme avec un air d’incompréhension alors que ce dernier se relevait vivement, avec un équilibre visiblement précaire. Sur sa demande insistante, je me redressais, jetant toutefois un coup d’œil inquiet aux alentours, n’ayant pas oublié la présence des deux armoires à glaces qui me rendait également un peu nerveuse. Je ne pus toutefois m’empêcher de sursauter en sentant une présence le long de mes hanches et jetais un regard perplexe vers l’inconnu qui me maintenait ainsi près de lui. D’une timidité parfois maladive, je voulus me décaler un tant soit peu, mais il maintint sa prise avec force, et je fus contrainte de rester ainsi pour ne pas attirer les regards, ce qui nous aurait été fortement préjudiciables. Je le suivis docilement vers l’extérieur du bâtiment, comprenant enfin un peu tardivement qu’il s’agissait visiblement d’une manœuvre afin de partir sans être suivis. Je décidais de jouer le jeu au minimum compte tenu du fait que les rapports physiques avaient toujours tendance à m’effrayer et esquissais un léger sourire en direction du bonhomme massif que fixait avec intensité mon accompagnateur. Mais même si j’étais plus ou moins préparer à cette « évasion », sans pour autant en savoir les raisons, l’excuse qu’il sortit me fit blêmir avant de teinter mes joues d’un rouge carmin que je cherchais vainement à dissimuler à travers la crinière blanche qui me retombait sur les joues.

La marche fut vive, rapide, le jeune homme nous fit bifurquer dans une ruelle sombre, à l’écart du monde et de l’animation. Puis sans comprendre ce qu’il se passait réellement, je me retrouvais plaquée contre un mur, l’inconnu me criant dessus. Les yeux grands ouverts, j’observais ce changement radical avec stupéfaction, sans même penser à réagir. L’espace de quelques secondes, je restais complètement abasourdie par ce déferlement de colère dont je ne comprenais absolument pas l’origine. Je n’avais rien dit ou fait qui pouvait justifier ça. Mais plus qu’autre chose, c’est l’expression craintive que j’aperçus brièvement sur le visage du garçon, contredisant totalement ses paroles, qui me laissa perplexe. Néanmoins, il ne me fallut guère plus de temps pour réagir. D’un geste brusque, je me dégageais de la poigne du jeune homme, le repoussant sans grande délicatesse par réflexe craintif. Me reculant de quelques pas en longeant le mur, je l’observais, désormais bien plus méfiante. Le reste de sa tirade, à moitié marmonnée, compléta l’incompréhension totale qui régnait dans ma tête. La posture torturée du garçon m’intrigua également. Il semblait rongé de l’intérieur, en plus d’être passablement ivre.

Les sourcils froncés, je finis par faire le tour du décoloré pour venir me poster en face de lui, à un bon mètre néanmoins. Je le fixais quelques secondes avant de lancer d’une voix bien plus froide.

"Je te demande pardon ? Me tuer ? Pourquoi m’aurais-tu aidé dans ce cas ?! Pour rien ? "

J’appuyais mes paroles de gestes amples. J’étais impulsive, et malgré la timidité dont je faisais souvent preuve, je n’avais pas peur de m’exprimer par moment. Et là, c’était un de ces moments. L’incompréhension et la curiosité font rarement bon ménage. Je continuais sur ma lancée, ma voix enflait petit à petit.

"Et puis quoi ?! Qu’ai-je fait de si répréhensible vis-à-vis de toi pour mériter un tel châtiment ?! Je voulais simplement te remercier ! M’amender, si je le pouvais ! Et puis … Sans ton aide je serais probablement toujours là-bas, voire pire. N’était-ce pas normal d’avoir un peu de reconnaissance ?! De s’interroger sur ce que tu es devenu, sur qui tu aurais pu être, et ce genre de choses qui peuvent paraitre futiles mais au fond sont importantes ?"

Comme d’ordinaire lorsque quelque chose me taraudait, ce n’était pas ma tête qui parlait mais mes émotions. J’avais été contente de le revoir, je ne pensais pas avoir cette chance un jour, et voilà à quoi cela menait. Je me détournais, le visage crispé par la colère, sans savoir contre qui ou quoi j’étais véritablement en colère. Les doigts crispés sur mon avant-bras, je m’adossais au mur de la ruelle en fixant le sol, l’air sombre.

"Comment veux-tu oublier quelqu’un qui t’as sorti de l’enfer … "

Je lui jetais un coup d’œil rapide, et aperçus de nouveau une expression similaire à celle de la crainte. De la peur. De l’appréhension. Je n’aurais pas su dire exactement. Cette vision me calma presque instantanément tant elle semblait décalée dans le contexte. Ma vieille idée sur son identité possible refit alors surface.

"Tu faisais partis du labo non ? Tu as peur qu’on sache ce qu’il s’y est passé c’est ça ? C’est pour ça que tu devrais me tuer ?"

Redevenue silencieuse, je me contentais de fixer l’individu avec une pointe d’appréhension quelque part. J’espérais, non, je priais pour que je sois en train de me tromper, mais la petite voix fluette de la raison me soufflait qu’il me fallait rester lucide et redescendre sur terre. Je n’avais jamais parlé, les autres non plus. La plupart ayant bien trop honte de leur condition semi animale. Que pouvait-il donc craindre dans ce cas ? Qui les croirait ? Personne …
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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mar 19 Juin - 20:14

Un soupire, puis un autre, Lyl n’arrivait pas à éclaircir ses idées. Malheureusement, toutes ses solutions étaient plus noires les unes que les autres. Ce manque de discernant le rendait fou au point d’éveiller la colère et la frustration. Pourquoi avait-elle réapparu ? Pourquoi maintenant alors que tout allait déjà tellement mal. Il avait compliqué les choses, car dans la précipitation et dans l’alcool, il n’avait pu faire autrement. D’où son irrationalité. Pas si farouche que ca, la jeune femme s’était imposé face à lui, il n’avait pas daigné la regarder et s’était tourné à son tour pour s’adosser au mur. Les bras croisés, il écoutait le discours de l’inconnue qui s’était emballée. Une réaction plus qu’étrange qu’il ne comprit pas. Cette fille était restée s’expliquer au lieu de prendre ses jambes à son cou. Une preuve d’inconscience ou de bonne foie.
Elle semblait déterminer à percer son mystère, déterminé à comprendre ce qui le mettait en colère. Les choses prenaient une tournure inhabituelle, inattendue et non désirée par le jeune homme qui s’entêtait à s’enfermer seul dans les ténèbres.
Mais alors qu’un court silence s’était installé, l’inconnue reprit…

"Tu faisais partis du labo non ? Tu as peur qu’on sache ce qu’il s’y est passé c’est ça ? C’est pour ça que tu devrais me tuer ?"


Il se détachait du mur frottant la paume de sa main sur son front anormalement bouillant. Si seulement il pouvait être un simple soldat, ce serrait plus facile de se dissimuler. La perspicacité de la jeune femme n’était totalement à soulever, ses déductions avaient été tirés à cause de l’ivresse du jeune homme. Il n’avait pas su mobiliser ses émotions sous l’emprise de l’alcool. Tel un enfant faiblard, il se sentit pour la première fois sans défense. Sans défense face au premier être qu’il avait voulu protéger. Ironie du sort, elle lui avait causé du tord sans le vouloir. Tout ca parce qu’il avait voulu jauger son âme. Il se tourna de nouveau face à l’inconnue. Il ne la connaissait pas, alors pourquoi ne pas couper court à cette discussion et l’abandonner sur place ? Tout simplement parce qu’elle l’avait touché par son comportement inopiné.

« Ne cherches pas à savoir ! Le savoir c’est la mort. »

Il eut une pensée pour son défunt maître. Il fit quelques pas, s’approchant d’avantage de la belle tandis que la présence de deux être imposants se faisait ressentir. Il plaqua sa main à quelques centimètres au dessus de la tête de la jeune femme. Il lui barrait la route que d’un côté, mais c’était plus une forme d’intimidation. Dans cette proximité il lui avouait après s’être résolut à ne pas tuer une femme aussi exceptionnelle.

« C’est en me côtoyant que tu trouveras la mort si ce n’est pas moi qui te la donne. »

Il détourna le regard, attendant l’arrivée des deux présences. Ces derniers arrivèrent au moment où le jeune capitaine terminait sa phrase, un timing parfait qu’il avait calculé. Les deux types étaient de simples soldats de l’Organisation. De par leur bas statut ils ignoraient l’identité de Lyl. Le jeune homme se détacha du mur, son visage avait récupéré toute l’étendue de sa cruauté. Les types s’approchèrent, l’un des deux se permettait de nombreuses réflexions sur la demoiselle. Soumettant l’idée que nos deux chimères batifolaient en cachette, ils ne firent qu’exaspérer notre alchimiste. Le pas lent et certain, Lyl allait à leur rencontre. Notre ami était musclé mais ce n’était rien comparé aux deux gorilles qui occupaient la totalité de la largeur de la ruelle à eux deux. Le passage était bloqué, ils étaient dans un cul-de-sac.
Sans ralentir ou hésiter, le reptile allait à leur rencontre.

« C’est qu’il a pas froid aux yeux le mioche !
-Démonte-le pendant que j’m’occupe de sa co-… »

Lyl venait de décrocher une droite en pleine poire au plus bavard lui arrachant au passage la fin de sa phrase. Sa rapidité et son expérience belliqueuse était si développée qu’il avait pus décrocher les premiers coups sans qu’ils eurent le temps de se retourner. La colère du jeune homme se déferlait sur les deux énergumènes dont le casier judiciaire était alourdi par des crimes atroces en passant du meurtre au viol. Pas de pitié pour les salauds, Lyl n’avait plus aucun scrupule à tuer les rebuts. S’étaient ses propres soldats qu’il fracassait froidement.
Lorsqu’ils commencèrent à riposter, notre ami esquivait en s’abaissant et porta sa main sur la cheville des deux types. Simultanément il transmuter leur corps usant de la première alchimie qu’il avait appris dignement et sans sacrifices pour congeler avec lenteur les deux rebuts. Le tout sans user du moindre cercle de transmutation. Une facilité dont il avait honte…
Le jeune fit quelques pas à reculons pour observer avec noirceur ses deux victimes pris dans ses filets glacés.

« Crevez à petit feu, vous et tout le reste de l’organisation… »

La suite de sa phrase était venue spontanément, un désire déballer à haute voix qu’il n’avait pas senti venir. Cette mise en mouvement lui avait éclairci les idées, son corps était moins lourd, son esprit moins embrumé. Ayant momentanément oublié la jeune femme, il achevait les deux types d’un chassé pour l’un et d’un coup de pied retourné pour l’autre afin de briser la glace plus rapidement. Cette façon de tuer, il l’utiliser seulement contre les « siens ». Macdougall lui avait appris son art dans l’unique but de remplir ses idéaux. Même après la mort de cet homme, notre ami continuait sa mission.
Lyl observait les débris qui vinrent joncher le sol, silencieux. Il avait récupéré sa sérénité, la température de son corps avait également chuté. Son visage avait retrouvé sa monotonie habituelle. Il repensait à la beauté qui se trouvait encore derrière lui. Il réfléchissait plus aisément à présent., plus d’excès de colère, plus de crainte partagée. Il s'était repris. La jeune femme approcha, sans quitter des yeux le sol il lui dit..

« Tu ferrais mieux de fuir et d’oublier tout ca sans jamais chercher à me revoir. »


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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mar 19 Juin - 20:55

La situation prenait une tournure de plus en plus désagréable. Mon besoin de connaissance venait d’être coupé court une fois de plus par le jeune homme qui m’intimait non hargne, de me tenir à l’écart de tout ça. De tout ça quoi ? J’ignorais totalement ce qu’il se passait, et cela avait le don de m’exaspérer, surtout une fois que je me trouvais embarquée là-dedans sans le vouloir. Je l’observais approcher, retenant mes jambes qui n’avaient qu’une seule envie, s’éloigner de cet être dégageant une certaine aura de violence contenue, et ne fis que tressaillir sans le lâcher du regard lorsqu’il plaqua sa paume contre le mur près de mon visage, cherchant à m’intimider, ce qui aurait probablement pu marcher si je n’avais pas été aussi obstinée. A la place, bien que légèrement tremblante, je le fixais avec un air de défi, prête à le questionner à nouveau s’il ne voulait pas se montrer plus explicite. Mais sans avoir le temps de réagir, le jeune homme se recula et je sentis au même moment une odeur bien connue envahir les lieux. Les deux bonhommes du bar se trouvaient à l’entrée de la ruelle, barrant la seule issue de cette dernière. Je m’apprêtais une fois de plus à prendre la tangente par les toits, prête à intimer au jeune homme de me suivre, lorsque je le vis avec surprise se diriger droit sur les deux larrons, poings serrés. Les suppositions salaces des deux énergumènes semblaient avoir énervés davantage le jeune homme, et avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, il abattait déjà son poing avec fureur sur le visage du premier gars.

Je reculais d’un pas alors qu’un combat s’engageait, que le décoloré semblait dominer sans problème malgré sa taille ridicule par rapport aux deux gorilles. Mais la suite me laissa une fois de plus totalement perdue. Les coups se transformèrent en éclat lumineux, et un froid s’abattit dans l’espace confiné de la ruelle sombre. Je m’approchais de quelques pas de la scène, pour m’apercevoir avec stupeur que le jeune homme usait d’alchimie contre ses ennemis. Mais pas n’importe laquelle en réalité. Cette alchimie, seule quelques personnes extrêmement restreintes en connaissaient l’existence, et seulement deux personnes savaient la manier. Cette alchimie, c’était la signature de mon oncle, héritage qu’il avait transmis à son neveu. Mais aujourd’hui, tous deux ne faisaient désormais plus partis de ce monde, cette alchimie ne devrait plus être. La seule solution probable pour qu’il puisse en connaitre l’existence était qu’il eut connu mon oncle. Le ventre noué, je regardais ce que j’avais déjà pu voir durant mon enfance, deux corps gelés, fracassés, volant en éclats sous mes yeux d’enfant. Aujourd’hui, c’était avec le même regard triste que je fixais la scène en silence. Ma main droite serrait mon avant-bras avec force. Les paroles acerbes du jeune hommes, crachées avec mépris sur les restes de glace jonchant le sol eurent pour effet de me tirer hors de ma torpeur, reprenant conscience de la situation. Le visage fermée, je finis par faire un pas dans sa direction, puis deux, pour finalement me rendre lentement à ses côtés, à pas mesurés, sans quitter le champ de bataille, ou ce qu’il en restait, du regard. Sans vraiment l’écouter, je restais focaliser sur mon idée, et finis par relever lentement les yeux vers lui, les traits impassibles.

"Qui es-tu ?"

Un long silence s’ensuivit pour toute réponse. Je lâchais un soupir d’exaspération et m’approchais encore de lui, cherchant son regard du mien en faisant fi de la prudence, avant de reprendre, d’un ton pressant. La patience n'était définitivement pas mon fort ce soir.

"Je ne connais que deux personnes au monde capable d’utiliser cette alchimie. Deux seules et uniques personnes. Et ces deux personnes ont rejoint leurs ancêtres désormais. C’est impossible que tu … Comment ça se fait ? D’où tiens-tu ta science ?! "

Je commençais à paniquer sans même savoir pourquoi. L’énervement, la fatigue, la tension, l’accumulation faisait que les choses dépassaient mon entendement. Je me détournais, les larmes aux yeux, sans réellement savoir pourquoi, mais je réussis toutefois à les contenir. Penser à ma famille avait peut-être causé cet excès d’émotions. Je pris quelques secondes pour me calmer avant de fixer le ciel et de reprendre d’une voix plus douce.

"Tu l’as connu. Je ne vois pas d’autres explications. Il n’aurait jamais partagé sa science avec qui que ce soit j’en étais sûre, et pourtant, voilà que tu utilises le même art lui."

Je fixais la lune, assombrie par les quelques nuages présents dans le ciel. Le destin était décidément bien cruel par moment. Le silence pesant qui régnait ne m’importait guère en réalité. Je voulais des réponses, et je finirais bien par en avoir, quitte à devoir les payer.
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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mar 19 Juin - 22:32

Lyl fermait les yeux, c’était indéniable, le Destin avait mis cette fille sur la route du garçon dans un but précis. Mais lequel ? Il l’ignorait mais y songeait d’ores et déjà. Cette inconnue, qui ne l’était pas tellement, était une proche d’Isaac Macdougall, son maître. Un nouveau soupire vint libérer ses poumons, le manque de nicotine se faisait déjà ressentir. Trop de hasard, ils étaient forcément destinés à se rencontrer. Était-ce là la part de lumière qu’il espérait secrètement en se le dissimulant lui-même ? C’était fort probable, le hasard n’existait pas pour ce jeune homme censé. Cependant, il ne pouvait l'accepter.
Il croisait les bras, la jeune femme s’était dérobée, sa voix divulguait une profonde tristesse. Nul doute que les larmes pendaient à ses grands yeux bleus. Malgré cette découverte qui en était une grande, Lyl ne semblait pas surpris. Il prenait la chose telle quelle se sentant d’avantage proche de cette fille. Il se tourna, cette dernière lui tournait à son tour le dos. Le jeune homme baissa les yeux, il n’avait pas la moindre idée de quoi dire ou faire. Les choses avaient prit une tournure insoupçonnable. L’idée de l’abandonner et de l’oublier lui était à présent impensable bien qu'il y était contrains pour le bien de tous. Si cette fille avait un lien de parenté ou de puissant avec son maître, il lui serait alors impossible de l’oublier. Il avait aimé Isaac comme un père, il l’avait tellement apprécié qu’aujourd’hui il ne lui reprochait pas d’avoir fait de lui le Capitaine des insurgés, soit le bras droit de l’Organisation 0, un allié des Homonculus. Une position qui lui donnait la nausée à chaque fois qu’il y pensait. Le décoloré déglutit, il porta la main à sa poitrine, prêt à débattre sur son rang avec cette fille lorsqu’il sentit à nouveau le poids de la pierre. Un nouveau soupire. Il se désista, il ne pouvait concevoir d’être perçut comme un monstre, alors il choisit de ne pas lui révéler son identité. La laisser dans l'ignorance était mieux que la déception. Mais leur lien était encore faible, il était donc encore temps de le briser. Il retira sa main la laissant pendre négligemment. Il fixait le dos de la demoiselle, il cherchait à se dissimuler, se dissimuler dans des bras. Un réconfort qui l'attirait autant qu'il l'effrayait. Mais ça aussi il se l’interdisait. Au fond, sa plus grande crainte était de devenir un guerrier qui ne connaisse pas la crainte. La crainte, c'est ce qui faisait encore de lui un être humain aimant. Sans cette crainte, il deviendrait alors un tueur sans scrupule. Dissimulé dans la pénombre et le visage à l’abri des regards, on vit pour la première fois le visage de Lyl s'adoucir.

"Le vieux était mon maître.. "

A présent il avait détourné le regard de son dos. Il reprenait peu à peu la force de continuer. Il chercher ses mots, comment lui dire adieu.

" J’aimerai pouvoir être sincère avec toi, mais je ne le peux pas. J’aurais souhaité ne jamais t’avoir croisé…mais je te suis reconnaissant..."

Les sourcils froncés, il acceptait tout de même d’éclaircir quelques coins d’ombre.

" Tu as compliqué les choses en apparaissant, encore plus à présent. Je m’en voudrais si un être cher à ses yeux mourait par ma faute. Le sang n’a que trop cou-"

C’est alors qu’il sentit la présence de son garde approcher. Notre chimère n’avait aucune envie de l’exterminer. Cet homme comptait parmi les plus intéressants, les plus susceptibles de s’allier à sa cause. Il prit à nouveau la jeune femme la saisissant par l’avant-bras.
Il l’a fit bifurquer dans une autre ruelle, puis dans une autre jusqu’à atterrir dans un lieu tranquille. Une fois arrivé il avait ralenti, lâchant la jeune femme il avisait le mur engloutit dans la pénombre. Il ne supportait plus cette situation. Il s’adossa au mur, bras croisés et reprit de sa voix monotone…

"Te mettre dans le secret te mettrais en danger, te garder à mes côtés également, c’est pourquoi on doit fermer les yeux. "

Ne plus jamais revoir cet être était une nécessité, rien ni personne ne devait le détourner de sa mission. Quitte à être seul. L’ambition du jeune homme était inébranlable jusqu’à présent il ne pouvait flancher, même si la glace venait à être percée. L’amitié n’était pas pour lui, ni même l’amour, même si au fond il l’avait ardemment souhaité. Réprimander ses désirs, réprimander son avenir tout court pour se focaliser sur un point, et seulement ce point. Les sentiments adoucissent, la rencontre avec cette fille en était la preuve même. Cependant, lui aussi devait la remercier…

"Ta rencontre m'aura permis de me souvenir qui je suis. Et ça, ça compte beaucoup pour quelqu'un comme moi. Alors merci."

Consciemment, il ne lui avait pas donné son nom, ainsi il était certain qu'elle finirait par fermer les yeux sur son visage. Lyl était persuadé qu'elle aurait plus de faciliter que lui à fermer les yeux sur cette rencontre. Car elle était libre, libre de rencontrer et de se lier sans se soucier de la protection des êtres qui lui seront chers. Offrir un avenir à cette fille lui redonner d'avantage de courage à poursuivre son ambition. Et alors peut être qu'un jour il ne s'entraînerait plus à dire adieu mais à bientôt.
Il se détacha du mur après sa courte tirade. Il plongea ses mains dans les poches de son pantalon en toile noire. Sa chemise ne portait même pas les traces du précédent combat, pour cause il n'avait reçu aucun coup. Il sortit une cigarette qu'il alluma et coinça entre ses lèvres et fit quelques pas à contre sens de la belle.

"Ce n'est pas un "au revoir" mais un "adieu"."

Il lâcha une grande bouffée et pria un dieu inexistant de ne pas être retenu une fois de plus. Il ne voulait pas revoir son visage, ne pas s'en imprégner d'avantage, ni connaître son prénom qui devait être aussi joli et original que sa personne. Peut être que dans une autre vie il pourrait espérer la toucher. C'est avec la conscience purifiée qu'il reprendrait le service.


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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mer 20 Juin - 4:33

Je m’y attendais, c’était un fait. C’était la seule solution par laquelle il aurait pu connaitre cette alchimie si particulière. Le regard toujours levé vers l’astre lunaire, je digérais petit à petit cette information précieuse. Mon oncle n’avait jamais été doué pour les rapports sociaux quels qu’ils soient. Visiblement, c’était d’ailleurs quelque chose de famille … J’étais de ce fait à mille lieux de penser qu’il pourrait un jour se lier assez étroitement avec quelqu’un d’externe à cette dernière au point de lui transmettre sa science. Mais quelque part, j’étais heureuse que cela ait pu arriver, car je me doutais bien qu’au fond, il avait du vivre notre départ pour Central comme un abandon vis-à-vis de lui, et je ne me l’étais jamais trop pardonner. Le temps avait passé, j’avais espéré une fois dehors, pouvoir le revoir et lui présenter mes excuses. Mais il était déjà trop tard.

Lorsque le jeune homme repris la parole, je baissais les yeux et me détournais légèrement dans sa direction pour l’observer avec attention. Son visage semblait s’être adouci à la lueur de la lune, ou bien était-ce un simple effet d’optique, ses paroles continuaient de ressembler à un repoussoir. Le sachant désormais disciple d’Isaac, j’aurais voulu pouvoir lui parler, découvrir peut-être un autre aspect de mon oncle, ainsi que ce qui l’avait poussé à se lier à lui, et surtout, savoir pourquoi il était mort. Et puis, ce garçon m’intéressait autant qu’il m’intriguait, avoir connaissance d’un lien direct entre lui et Isaac ne faisait que renforcer l’intérêt qu’il avait déjà suscité chez moi. Je fis quelques pas dans sa direction, mains dans les poches et me stoppais en entendant la suite, fronçant légèrement les sourcils. J’aurais presque pu prendre ça comme un reproche, mais je m’y refusais toutefois, secouant doucement la tête de gauche à droite en signe de négation, un sourire amer étirant mes lèvres avant de murmurer pour moi-même.

"Probablement qu'il me pensait déjà morte de toute façon ... "

Je repensais avec une certain douleur à notre dernier entretien et sentie une vague de culpabilité me submerger juste après avoir prononcé ses paroles. Même si mon frère avait choisis un chemin différent et que je l’avais suivit, je savais au fond que l’affection que nous éprouvions les uns pour les autres était restée intacte jusqu’au bout. Plongée une fois de plus dans mes réflexions, je senti à peine le garçon m’attraper le bras et ne réagis vraiment que lorsqu’il m’attira plus loin, jetant un coup d’œil derrière moi par curiosité. Je doutais sincèrement qu’il ait peur de quoi que ce soit, à voir comment il avait mis au tapis les deux dernières personnes ayant voulu le déranger. En combinant ses dernières paroles à ses actes, je compris qu’il fuyait probablement quelque chose, en m’empressais de lui emboiter le pas pour ne pas le retarder.

Une fois un peu à l’écart, il s’arrêta de nouveau et s’adosse contre un mur proche. Indécise, je restais en plein milieu de la ruelle. J’avais consciente désormais de lui avoir probablement compliqué la tâche pour une raison que j’ignorais totalement, néanmoins il avait été clair. Pouvais-je vraiment le croie ? Si mon oncle lui avait fait confiance, alors peut-être le pouvais-je également sans craindre quelque chose. Allez savoir pourquoi, je m’y refusais encore malgré tout. Quelque part dans ses paroles, le jeune homme semblait vraiment soucieux de ce qu’il aurait pu m’arriver. J’aurais voulu lui rétorquer que je n’étais plus à ça près, que je n’avais plus peur de grand-chose aujourd’hui, mais je renonçais bien vite et restais silencieuse à fixer le sol. Voilà qu’il se mettait à me remercier maintenant. La situation n’aurait pas pu devenir plus complexe. Sceptique, je relevais les yeux quelques secondes.

"Si au moins je n’ai pas fait que te mettre dans l’embarras, c’est déjà bien."

Me détournant, gênée sans trop de raisons, je soupirais légèrement. La situation prenait une tournure qui me déplaisait fortement. Je n’avais pas envie de croire que la seule véritable personne à qui j’aurais éventuellement pu faire confiance se trouvait refuser tout contact social. Repousser les gens tout en s’excusant, j’avais fait ça durant longtemps, alors pourquoi me sentais-je désormais si frustrée lorsque ça m’arrivait finalement ? Il amorça un mouvement dans l’ombre et je relevais presque aussitôt le regard vers lui, apercevant au passage la lueur typique d’un bâton de nicotine s’élever de l’obscurité. Je sentais la déception poindre le bout de son nez et tentais de la refouler au plus vite avant de me diriger dans sa direction alors qu’il avait déjà tourné les talons pour prendre la fuite une seconde fois. Je ne m’approchais pas trop de lui, restant en retrait dans son dos, mais finis par reprendre la parole d’une voix bien plus douce qu’auparavant, probablement marqué par l’élan de peine que je tentais vainement de maitriser.

"Pandora. Je m’appelle Pandora. Isaac était mon oncle."

Timidement, je tendis doucement le bras dans sa direction, hésitante, avant de m’arrêter à mi-chemin, la main légèrement levée comme pour le retenir, sans pour autant oser le toucher. Je laissais finalement retomber ma main contre mon flanc en soupirant avant de reprendre en me détournant.

"Je n’ai pas envie de te dire adieu. Je ne m'inquiète pas pour ma sécurité ou que sais-je encore, je ne risque plus grand-chose. Mais sache une chose quant à toi, je ne t’oublierais pas, parce que je sais qu’on se reverra."

Au fond, je n’en savais absolument rien, je priais juste pour que ça soit le cas. A chaque fois qu’il m’était arrivé de dire adieu à quelqu’un, ils étaient dans des boites de bois, profondément enfouis sous terre lorsque j’avais fini par les retrouver. Il m’était juste intolérable de penser que cela puisse être le même schéma ici. Même si c’était un inconnu, un alchimiste, un assassin, qu’importe, il y avait désormais quelque chose qui me liait à lui plus que je ne voulais bien l’avouer. Et puis, il me faudrait bel et bien m’amender un jour, ça aussi j’y tenais. J’esquissais un sourire dans la pénombre sans quitter des yeux le dos du jeune homme.

"Alors je te dirais seulement "Au revoir"."

Le vent se levait tranquillement, soufflant par à coup dans la ruelle. Brise d’été plutôt chaude, je sentis mes cheveux onduler doucement le long de mes joues tout en observant la silhouette fine de mon interlocuteur. Deux rencontres, deux départs prestes. Je n’aurais pas été jusqu’à dire que c’était une habitude, mais l’idée me traversa néanmoins l’esprit alors que les courants d’air commençaient à charrier diverses odeur de la ville. Tant que je le pouvais, je m’imprégnais de l’odeur de l’inconnu pour pouvoir m’en souvenir lorsque le moment viendrait. Parmi les fragrances d’alcool, j’en distinguais une autre, bien plus infime, plus … animale. Alors que je ne l’avais pas remarqué plus tôt, ne m’y intéressant pas vraiment, je m’attardais sur cet arôme étrange émanant d’un être humain. Pas besoin de réfléchir bien longtemps pour comprendre qu’humain, il ne l’était probablement plus totalement. Surprise par cette découverte, je restais toutefois silencieuse, gardant cette dernière pour moi en me promettant de vérifier la chose un jour. Ce garçon regorgeait d’étrangetés, il n’en était que plus intéressant et intriguant à mes yeux. C’est pourquoi, la possibilité d’un adieu véritable me semblait tout bonnement impossible. Il avait bien trop éveillé ma curiosité.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: "Je m’entraîne seulement à te dire adieu"   Mer 20 Juin - 11:32

Lyl en avait déjà trop dit. Avec le recul la jeune femme éclaircirait probablement certains points si elle avait connaissance des agissements d’Isaac. Il avait suscité sa curiosité, c’était d’ailleurs cet attrait qui empêchait l’inconnue de l’oublier. Notre lascar était une bête de foire à ses yeux, un mystère qu’elle voulait élucider pour son plaisir et connaissance personnelle. La curiosité est un vilain défaut chez certain, une qualité chez d’autre. En l’occurrence, elle apparaissait comme un défaut aux yeux de Lyl, persuadé que l’intérêt qu’elle lui portait était pour nourrir son imagination et non un vide.
Comme à son habitude il refoulait toutes réflexions mélioratives. Trop réfléchir lui apportait des problèmes, des problèmes de bonne conscience, des regrets. Autant ne plus penser. Il engageait une marche dans le sens contraire de la demoiselle, ce n’était pas du tout sa route mais il voulait surtout la distancer pour garder secret son habitat. Dans un silence de mort il partait le cœur brouillé par deux sentiments opposés. Quelque part il était heureux d’avoir été approché, mais d’un autre il était haineux à cause d’une once d’affection grandissante. Il voulait suivre la voie de son maître, celle de la vengeance.

Mais voilà que la jeune femme contrecarrait ses principes par de simples mots. Se fichant éperdument des risques et des mises en gardes de notre chimère elle lui déclinait son identité et son lien de parenté avec Macdougall. Lyl s’arrêta à plusieurs mètres devant elle. Les sourcils froncés il secouait lentement et négativement la tête. Ces informations, il aurait aimé ne jamais les connaître, pourtant, au fond de lui sans se l’avouer il était content, voire même reconnaissant qu’elle ait fait le premier pas. Une chose qu’il n’aurait jamais fait. A présent, il lui faudrait faire le second mais c’était improbable. Il ne pouvait que reculer.
L’alchimiste leva un regard mystérieux sur l’étendue ébène, son visage était passif. Il reprit sa marche lorsqu’une légère bourrasque de vent souleva sa chevelure argentée. Comme si que celui-ci lui intimait de partir, il n’eut d’autre choix que d’obéir. Doucement il lui dit…

« Idiote et naïve qui plus est… »


Un adjectif péjoratif certes, mais qui était ici plus un compliment qu’autre chose. Son idiotie lui permettait en l’occurrence de croire en notre ami. Lyl leva le pied et partit, un mince sourire au bord des lèvres. Lui la reverrait à travers son masque, mais pas elle, alors elle aurait plutôt intérêt à filer. Sans un mot il s’enfonçait dans les ténèbres de la ruelle. Le pas lent, il prit l’embranchement de droite et disparu. Dans cette ruelle il escaladait avec souplesse et discrétion la façade d’un bâtiment afin d’atterrir sur le toit. Il jeta son mégot dans la ruelle après avoir soupiré.
L’infiltration étant devenu une capacité habituelle chez le reptile, il n’eut aucun problème à longer le toit au dessus de la ruelle où se trouvait encore la dénommée Pandora. En effet, il faisait le chemin inverse afin de regagner le bar, soit ses quartiers. Il userait de l’alchimie pour rentrer dans ses appartements et éviterait tout contact avec qui que ce soit afin de ne pas éveiller les soupçons. Officiellement il était en plein débat sexuel avec une jeune femme ramassée dans le bar.
Une anecdote qui ferrait jaser sa garde personnelle pendant un petit moment.
Il produisit un petit rire prompt tandis qu’il y songeait. Pour une fois on ne rapportera pas ses exploits de meurtrier ou de chef cruel.

Une fois arrivé à destination il réalisait son plan d’infiltration discrète dans son appartement en usant de l’alchimie. Une fois de plus il n’avait pas usé de la pierre qui se trouvait autour de son cou. Cette abomination allait servir à d’autres abominations, hélas. Elle devait donc être intacte lorsqu’il la remettrait à son supérieur. Celle-ci serait alors fusionner avec d’autre création imparfaite. Ce retour à la réalité lui sapait de nouveau le moral. Ses réflexions le rappelaient sans cesse à l’ordre, c’est pourquoi il n’aimait plus songer.

Dans son appartement, il se servit un verre de cognac et se posta devant la baie vitrée. Il avait une vue remarquable sur Central City. Son verre dans la main, il observait l’aube d’un nouveau jour se lever. Une habitude qui devenait mécanique. Sauf que maintenant, il observait le ciel avec espoir. L’espoir de survivre, soit la graine d’une idée d’un avenir après la tempête. Mais l’espoir chez Lyl était souvent de passage. Il était créateur d’espoir lorsque ses victimes lui faisaient face. Et l’espoir existe parce que l’humain ne peut voir la mort. La mort, Lyl l’avait vu sous tous ses angles en plus de l’avoir donner. Donc quel était cet espoir si ce n'est celui de réussir?
Tel un souverain solitaire, il contemplait le monde s’éveiller, le monde de demain. Un monde qui prendra fin dans le creux de la main des plus respectables. Et si il échouait? Et si il y avait d'autres fougueux qui manigançait contre l’État? Alors il serrait déçu d'avoir emprunté la voie la plus compliquée, mais serrait heureux de les voir avancer vers la félicité du nouveau monde.


Fin du Topic~
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