Partagez | 
 

 S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Lun 25 Juin - 10:54

La journée trainait en longueur, cela en devenait vraiment épuisant. L'air était moite, un orage pointait le bout de son nez, lentement mais sûrement, il serait là en début de soirée, c'était certain. Les yeux mi-clos, le regard posé sur le plafond décoloré, j'étais affalée de tout mon long sur l'unique sofa de la pièce, bras croisés derrière la nuque, et j'attendais. J'attendais le moment où il reviendrait de sa chasse aux informations. Cela faisait plus de cinq heures qu'il était parti, je me demandais encore comme j'avais fait pour rester aussi stoïque durant tout ce temps. Je profitais de l'absence de tous mes colocataires pour rester uniquement vêtu de sous vêtements tant l'air était lourd et chaud. Et même ainsi, j'avais la vague impression que mon corps allait fondre. Les volets étaient clos, seul un mince filet de lumière filtrait mollement à travers les lattes de bois, insuffisant pour un humain normal, mais qui me permettait de voir comme en plein jour. Je décroisais lentement mes jambes pour les allonger le long du canapé et lâchais un léger soupir avant de fermer les yeux, lasse d'attendre. Il était dix-huit heures passées, je sentais mon ventre en proie à la faim, mais la flemme qui me rongeait les membres m'incitait à ne pas bouger d'un pouce. Un combat s'installa bien vite entre mon appétit et l'envie profonde de rester ainsi vautrée sur le divan. Une bataille longue et pleine de rebondissements s'immisça alors dans mon esprit, faisant un bruit de tous les diables alors que je commençais lentement mais sûrement à m'endormir lorsque le vainqueur fut prononcé, au bout de trois minutes, lorsque mon ventre gronda plus fort pour signifier son mécontentement. Je rouvris doucement les yeux et puisais lentement dans ma motivation vacillante pour me redresser. Les lames du parquet grincèrent sous mes pieds alors que je me rendais dans la cuisine pour dégoter quelque chose à grignoter. Je du faire une fouille approfondie de trois placards avant de trouver ce que je cherchais. J'avais beau vivre ici depuis plusieurs mois déjà, je ne retenais pas franchement la disposition des éléments de la maisonnée, d'autant plus que celle-ci changeait régulièrement en suivant les diverses envies de ses habitants. Trouver un paquet de gâteau relevait alors du défi.

Armée de nourriture, un biscuit au bord des lèvres, j'appuyais mon épaule contre le mur, proche de la fenêtre de la cuisine, pour apercevoir le peu d'animation qui régnait à cette heure dans les fonds mal famés de Central. Les volets étaient tellement abimés que je n'avais même pas besoin de les ouvrir pour voir quelque chose, les trous ornant ces derniers suffisaient à apercevoir distinctement l'extérieur. Mes yeux suivaient les quelques passants présents dans la ruelle jusqu'à ce qu'ils sortent enfin de mon champ de vision, puis je me détournais enfin de la vitre pour jeter un coup d'oeil à l'horloge murale, lâchant un léger soupir de frustration. Je n'étais pas spécialement inquiète quant à la santé de mon acolyte, ce dernier saurait bien se débrouiller pour se sortir d'une situation délicate, après tout, nous avions tous été formé pour ça quelques années auparavant, c'était surtout l'attente qui m'était difficile, je n'étais pas de nature très patiente. Un autre biscuit en bouche, je délaissais le paquet sur la table en plastique trônant au milieu de la cuisine et entreprit de traverser l'appartement qui n'était pas bien vaste, me rendant à la salle de bain. La chaleur devenait écrasante à mesure que les heures filaient, je ne tenais plus même avec le peu de vêtements que j'avais sur la peau. Une bonne douche froide ne pourrait me faire que du bien. Me faufilant sous l'onde avec un soupir de bien-être, je fixais la faïence d'un air endormi en savourant avec délice la fraicheur de l'eau sur ma peau brûlante. J'entendis à peine le claquement de la porte d'entrée, et ne réagit qu'en sentant l'odeur significative de mon colocataire a travers le rideau aqueux. Attrapant une serviette à la va-vite, je l'enroulais prestement autour de mon torse pour me précipiter dans le couloir, encore trempée, les yeux brillants d'appréhension.

"Tu les as ?"

Je croisais le regard fatigué du jeune homme qui n'avait même pas eu le temps de retirer ses chaussures avant que je lui saute dessus. A son air, mes épaules s'affaissèrent immédiatement alors que je compris que ses recherches avaient été infructueuses. Je m'appuyais contre le mur en fermant les yeux, laissant une trace d'humidité sur ce dernier, qui n'en était probablement pas à la première. J'avais posé tellement d'espoir dans ces informations que je me sentais passablement anéantie de ne pas les avoir eu. Rebroussant chemin vers la salle de bain, je claquais la porte avant de me laisser tomber contre cette dernière, observant mon reflet dans le miroir qui me faisait face. Tant pis, j'irais les chercher seule. J'avais eu vent, quelques jours auparavant, d'une société secrète dans laquelle ma soeur aurait probablement mit les pieds. J'ignorais encore tout de cet endroit, mais visiblement, les femmes n'y étaient pas spécialement bien accueillis. Je décidais donc de me grimer un minimum pour ne pas dévoiler ma vraie nature. Attrapant à la va vite une chemise noire, ample, un pantalon et un bonnet de la même teinte, je nouais ma crinière trop voyante en un chignon serré avant de la dissimuler sous le couvre-chef, puis m'habillais à la hâte une fois séchée.

Passant rapidement devant mon ami, je lui indiquais d'un geste rapide que je partais en balade, puis passais la porte sans plus de détails, bien trop empressée. Au fond, je savais bien où chercher, les bars regorgeaient de personnes peu intéressantes lorsque l'on chercher quelque chose.

Après une petit quart d'heure de marche, je mis enfin les pieds dans un lieu choisit parmi tant d'autres. Une dague positionnée au creux de mes reins indiquait au plus téméraires que je n'étais pas si frêle qu'il ne le paraissait, ni la parfaite petite victime du moindre pillard passant par là. Accoudée au bar, je commandais un verre d'alcool quelconque avant de scruter la salle à la recherche d'indice. Puis reportais enfin mon attention sur le verre qui me faisait face en lâchant un léger soupir de frustration avant d'en boire quelques gorgées lorsque l'odeur caractéristiques du sang me prit à la gorge. La porte des lieux claqua et je me tournais vers le nouvel arrivant en l'observant avec impassibilité. C'était de lui que provenait cette fragrance désagréable, il empestait le sang humain. Sans le lâcher du regard, je l'observais se diriger tranquillement vers une table. Sa commande arriva quelques minutes plus tard alors que je ne cessais de le dévisager. Peut-être tenais-je là mon premier indice.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Mar 26 Juin - 7:03

Hisashi rentrait chez lui, après une balade bien agréable dans les bas fonds, une fois de plus. Il aimait s'y balader et cela lui permettait de se retrouver facilement et de ne pas se perdre dans la ville. Il ouvra donc la porte de l'immeuble dans lequel se trouvait son modeste habitat. Il jeta un bref coup d'œil à la boîte à lettres correspondant au faux nom qu'il avait donné lors de la vente. Aussi surprenant que cela pouvait paraître, bien que cela fut son usage, un vieux papier froissé avait été jeté dedans. Le jeune homme le récupéra facilement, sans se servir des clés qu'il laissait toujours dans l'appartement. Cependant, il savait d'où venait le papier. Il ne le déplia donc qu'après être rentré. Comme prévu, ils l'avaient contactés. C'était un contrat de l'O0. Il devait tuer un alchimiste et sa famille, à l'opposé de la ville. Il mit son masque et sortit par la fenêtre de la cuisine qui donnait l'accès aux toits. Il se déplaça de sorte que personne ne remarque qu'un gugusse sautait de toit en toit. Lorsqu'il arriva devant la maison de la cible, il devait être aux alentours de 17h30. Avant d'entrer dans la maison, il traça un cercle de transmutation sur le sol et créa une épée. Il rentra par derrière, une fenêtre étant ouverte. C'était la fenêtre de la chambre et il n'y avait personne dans la pièce. Elle était dans la salle de bain alors que lui lisait un journal dans le salon. Hisashi se présenta devant l'homme, surpris, et le tua d'un coup d'épée dans la tête. Il n'attendit pas la femme. Il défonça la porte de la salle de bain et la tua alors qu'elle prenait encore sa douche. Son travail était fini. Il rendit à l'épée son état de terre et sortit par la fenêtre de la chambre. Il remonta sur les toits pour rentrer chez lui. Une fois chez lui, il retira son masque et prit une douche. Lorsqu'il sortit de la douche, il lança un regard vif vers la vieille pendule accrochée au mur. Il était presque 18h30. L'heure d'aller boire un coup. Il s'habilla à la va-vite et sortit.

Il avait beau connaître de mieux en mieux les bas fonds et les endroits où on allait boire, il réussit à se perdre dans ce dédale de rues plus étroites les unes que les autres. Normalement, il fallait tourner à droite. Puis à gauche, continuer tout droit, ignorer deux croisements, tourner à droite et il y avait un bar où la concentration de crime était à plus de un par personne. Il prit donc ce chemin. Il fois à droite. La prochaine à gauche. Tout droit pendant deux croisements. À droite. Et rien. Et merde. Il était vraiment perdu. Hisashi essaye de se souvenir mais il croyait avoir prit les bonnes rues. Il n'avait pas dû partir du même endroit. Peu importait son erreur mais il avait soif. Il tourna pendant encore une dizaine de minutes sans se retrouver pour autant. Il décida de monter sur un toit pour retrouver son immeuble et rentrer. Lorsqu'il fut sur le toit, il vit une concentration de personnes deux rues plus loin. Hisashi, intrigué, voulut aller voir. Il descendit du toit pour ne pas attirer l'attention. Au fur et à mesure qu'il s'approchait, il se rendit compte que c'était le bar qu'il depuis bientôt trente minutes. Sans une once de bonheur de la victoire, il entra en claquant la porte. Quelques grands bonhommes le regardèrent en coin mais dès qu'Hisashi tournait la tête vers eux et les fixait, ils retournaient à leur verre. Il avait quelque chose d'intimidant dans son regard. Et ici, c'est ce qu'il fallait. Tu pouvais être jeune, petit, grand, gros, maigre, vieux. Si t'emmerdais personne et que tu fixais les gens, ils finissaient par arrêter de te dévisager. Personne ne voulait se mettre tout le monde à dos. Même les meilleurs avaient peu de chances de survie. Après toutes ces réflexions, Hisashi s'assit à une table quelconque de la salle. Il commanda un double whisky. Quelqu'un l'observait, il le sentait. Lorsque son verre arriva, il le but d'un coup et chercha tranquillement qui il pouvait bien intéresser et qui allait pourrir sa soirée.

Son regard tomba sur le comptoir. Un jeune homme y était accoudé, parmi d'autres. Mais celui ci lui jetait des coup d'œils rapides de temps à autres. Il était habillé tout en noir. Du bonnet au pantalon, en passant par la chemise. Hisashi se leva avec son verre et alla s'installer au comptoir. Il s'assit non loin du mec qui l'intéressait. Il demanda un autre whisky et en but une gorgée. Puis, il observa un peu plus l'homme en noir. Il avait les traits fins et n'était pas très grand. Mais surtout, il avait une dague à la ceinture. Un homme qui cache son jeu en somme. Mais ici, tout le monde cachait son jeu. Hisashi daigna enfin le questionner.

« Salut. Je sais que tu cherches pas les problèmes. Personne les cherche ici. Mais qu'est-ce que t'as à m'observer ? »

Hisashi s'interrompit pour finir son verre. C'était du bon whisky. Mais ce n'était pas ce qui l'intéressait pour le moment. Cet homme était intriguant. Oser observer quelqu'un dans cette salle relevait habituellement du sacrifice ou du suicide. Mais il n'avait pas peur. Il n'était même pas inquiété. Il devait avoir un sacré caractère. Et très mal connaître les lieux. De plus, il n'avait pas dégaine du type qui vient ici pour boire. Comme s'il cherchait autre chose. Comme s'il était là en observateur. Hisashi termina sa phrase dès qu'il eut fini son verre.

« C'est vachement stressant. Et dangereux. Tu devrais pas observer les gens comme ça. »

Il l'avait dit sur un ton plutôt amical. Il cherchait pas les embrouilles, pas ce soir. Il était juste venu se rafraîchir le gosier. Mais plus il regardait cet homme, plus il l'intriguait. Un jeune. Aux traits fins. Mais bon. Ici, il y avait de tout. Et il fallait parfois plus se méfier des jeunes maigrichons que des hommes forts et dans la fleur de l'âge. Mais il avait pas l'air de venir souvent. Sinon, il aurait su qu'on observe pas ici. On vient, on boit, on sort.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Mar 26 Juin - 13:56

Je détournais la tête lorsque le jeune homme se leva, faisant mine de venir également s'installer au comptoir, semblant soudainement profondément absorbé par le contenu de mon verre que j'observais désormais avec attention. Contenu que j'ignorais d'ailleurs, je ne savais même pas ce que je buvais vraiment, tout ce que je pouvais en dire, c'est que le goût été plutôt agréable, et j'y retrouvais des notes de menthe et d'anis, curieux mélange, mais pas dégueulasse au fond. Je finis mon verre d'une traite et redemandais la même chose d'un geste dans la foulée tout en scrutant du coin de l'œil l'inconnu s'étant rapproché de moi et dont l'odeur me prenait à la gorge. L'alcool ferait bien vite passer cette sensation, du moins c'est ce que j'espérais et c'est pour ça que je j'enquillais ces verres sans broncher. Mon regard se posa sur la serveuse qui semblait crouler sous les commandes et j'eus un élan de de compassion vis à vis de la jeune femme que devait supporter sans broncher les remarques salaces et déplacées de certains clients, allant même parfois jusqu'à la tripoter. C'était là un travail que je n'aurais probablement pas pu supporter à défaut de coller une bonne leçon à ces hommes se croyant tout permis parce qu'ils consommaient, et rien que pour ce fait, la demoiselle s'attira mon respect. Mon regard bleuté croisa celui sombre de la jeune femme et j'esquissais un léger sourire dans sa direction avant de soupirer de lassitude. Ma commande arrivée, j'en bu la moitié d'une traite, savourant la sensation de brûlure sur ma langue qui m'aidait à estomper l'odeur âcre du sang séché, lorsqu'une voix s'éleva à quelques centimètres de moi, me faisant tourner la tête vers son origine pour tomber nez à nez avec le gars que j'observais quelques minutes plus tôt. Je haussais un sourcil légèrement surpris en l'écoutant silencieusement, prélevant quelques gorgés de mon breuvage par moment pour donner le change avant de rire de manière amusée, et légèrement moqueuse. Consciente que si je parlais normalement, ma couverture tomberait bien vite, je pris une voix bien plus grave que celle dont j'étais habituellement doté pour lui répondre, détournant les yeux vers un point non fixe.

"Dangereux hein ? Je suis terrorisée ... "

Un sourire en coin, je terminais mon verre d'un traite, accusant le contre coup de l'alcool au bout de quelques secondes avant d'observer à nouveau le squatteur. Consciente que j'avais été un peu ironique, je repris d'un ton plus calme et distant à la fois.

"Je cherche quelqu'un. Et tu me semblais le plus apte à correspondre."

J'appuyais mon coude contre le comptoir et posais ma tête en appui sur ma main, l'observant de haut en bas tout en mémorisant son odeur, essayant de différencier la sienne de celle du sang dont il était souillé. Pas bien difficile en réalité, mais cela me prit quelque seconde durant lesquelles je restais silencieuse, avant de jeter un léger regard à la serveuse, lui indiquant de me remettre à nouveau un verre, et lorsque ce dernier arriva, j'indiquais une table reculée du bar au jeune homme, l'incitant à ma suivre d'un mouvement de tête. Traversant la salle en essayant de me faire remarquer le moins possible, j'en profitais pour m'allumer une cigarette que je portais à mes lèvres par réflexe, puis m'assis sur la chaise située dos au mur, attendant mon invité providentiel. Une fois ce dernier assis, je me penchais légèrement vers lui sur le ton de la confidence.

"Aurais-tu entendu parler d'une association de malfaiteurs sévissant dans le coin ?"

Autant aller droit au but, je n'avais pas grand chose à perdre après tout. Tirant sur le bâton de nicotine, je remis en place mon bonnet qui commençait doucement à se faire la malle, avant qu'il ne dévoile ce que je tentais de cacher tant bien que mal. Plus tard mon interlocuteur saurait à qui il avait à faire, mieux ça serait pour lui, comme pour moi. Mais ça, c'était sans compter le destin qui avait tendance à souvent jouer avec les nerfs de ses pions.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Mer 27 Juin - 13:36

« Dangereux hein ? Je suis terrorisée... »

Il avait vraiment l'air de s'en foutre royalement... Ce mec devait vraiment pas être du coin. Enfin, même le premier nigaud qui passait se rendait compte qu'il fallait la fermer et chercher personne. Soit il était fou, soit il était inconscient. En plus, il souriait. Comme s'il se moquait. En tous cas, il avait l'air de savoir boire.

« Je cherche quelqu'un. Et tu me semblais le plus apte à correspondre. »

Chercher quelqu'un ici ? Ça commençait à sentir la merde. Y avait que des malfrats ici. S'il cherchait quelqu'un et qu'Hisashi correspondait, il était bon pour se taper des emmerdes. Mais bon. Y avait des exceptions. Des fois où ça attirait pas les emmerdes. Hisashi allait quand même écouter ce qu'il avait à dire. Ça puait mais il était pas du genre à se casser au premier obstacle. Autant voir ce qu'il voulait et décider ensuite de quoi faire. En tous cas, maintenant qu'Hisashi l'avait découvert, il ne se gênait plus l'observer. Pourquoi pas faire de même ? Il n'y avait qu'à jeter un coup d'œil de toutes façons. Il n'avait rien de spécial. Sauf ses traits fins. Il commanda un autre vers et indiqua une table dans le fond. Une table tranquille. Là, ça sentait encore plus les problèmes. Mais autant l'écouter jusqu'au bout maintenant. Hisashi le suivit discrètement et s'installa à la table. Dès qu'il fut assis, l'autre se pencha vers lui et continua la conversation, avec un ton très bas.

« Aurais-tu entendu parler d'une association de malfaiteurs sévissant dans le coin ? »

À ce moment précis, Hisashi sut qu'il n'aurait pas dû l'écouter. Que là, il aurait réellement des problèmes. Mais ce mec avait l'air d'avoir besoin de ces infos. Et puis s'il souhaitait rejoindre l'organisation, autant l'aiguiller un peu. Il ne risquait rien s'il ne lui disait que le nom de l'organisation. D'un côté, s'il cherchait plus que le nom. S'il cherchait des infos là dessus, Hisashi se ferait tuer en les lui donnant. C'était un dilemme. Mais Hisashi était droit et Lyl avait confiance en lui. Alors il décida de donner le nom mais pas d'autres informations dangereuses pour sa vie.

« Ouais. Bien sûr. Tout le monde a déjà dû en entendre parler dans ce bar. Tout le monde sauf toi apparemment. Elle s'appelle l'organisation zéro. »

Hisashi sentit qu'il cherchait plus que ça. Mais il ne pouvait pas lui donner plus. Sauf s'il cherchait à la rejoindre. Pour ça, il fallait qu'ils en parlent ailleurs. Loin des regards, loin du monde. Et Hisashi ne révélerait pas ces infos à tout le monde. Ils devaient se voir autre part, plus tard, seuls. Et surtout, ce gars devrait parler de lui. Il n'aurait aucune information tant qu'il n'aurait pas dit pourquoi il en cherchait. Autant le prévenir maintenant.

« T'auras rien de plus que le nom tant que j'en saurais pas plus sur toi. Je peux pas délivrer des informations comme ça. Ce serait trop simple. »

Il avait fixé les règles. C'était déjà bien. Mais ça suffisait pas. Il prit un morceau de papier et gribouilla un lieu auquel se retrouver le lendemain à 22h. Il se leva et déposa le petit carré devant l'homme. Puis il se rapprocha de son oreille et parla encore plus doucement qu'avant.

« À demain. »

Il allait se relever et partir mais il huma l'odeur du jeune homme. Un odeur très féminine. Hisashi n'avait pas un odorat très développé mais ça se sentait quand on était très proche. Il décida donc de l'avertir.

« T'as une odeur de femme. Plutôt étrange, non ? »

Hisashi se releva et planta son regard dans celui de l'homme en le gratifiant d'un sourire faux. Il attendait une réponse. Ça pouvait être l'odeur de sa femme mais aucune odeur très masculine ne la camouflait. Comme si c'était son odeur naturelle. Il allait devoir s'expliquer. Avec un truc qui tenait la route. Hisashi n'était pas le plus intelligent mais il n'était pas bête non plus.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Mer 27 Juin - 18:04

Je descendais tranquillement mon verre, l’ai concentré sur mon interlocuteur alors qu’au fond il ne m’apprenait rien de plus que ce que je savais déjà. Si le nom. Chose qui ne me serait pas vraiment utile, je voulais des membres, pas un simple nom. Mais il fallait être fou pour donner de telles informations à un total inconnu, je m’en doutais bien. Voilà pourquoi, je ne fus pas réellement surprise lorsqu’il refusa de m’en dire davantage pour le moment. A la place, il me glissa un rectangle de papier blanc, sur lequel été écrite d’une écriture brouillonne un lieu et une heure. Se penchant vers moi après s’être levé, je m’abstins de bouger la tête pour suivre le mouvement et ainsi trahir ma véritable nature. Le regard fixé sur mon verre encore vide, je l’écoutais parler sans dire un mot, avant de tressaillir imperceptiblement à sa dernière phrase. Sans réfléchir réellement, je me mis à rire de manière faussement amusée avant de lui lancer sur un ton qui se voulait prétentieux.

"Normal. J’ai passé l’après-midi avec deux ravissantes créatures pendues à mon cou. Ce n’est pas vraiment étonnant que leurs odeurs aient persistés aussi longtemps. "


Sans faire vraiment attention à s’il m’avait cru ou non, j’enfournais le papier dans ma poche, m’enquillais le verre d’alcool d’une seule traite sans broncher malgré le sillon brûlant que ce dernier était en train de tracer dans ma gorge, et me redressais tranquillement pour rejoindre la sortie, sans me soucier du fait d’être suivie ou non. Du moins en apparence. En réalité, j’étais une boule de nerfs prête à exploser à tout moment, il fallait que je me sorte de là et en vitesse. La mascarade que j’étais contrainte de jouer mettait ma résistance nerveuse à rude épreuve, et me faire passer pour un homme était une chose bien plus ardue que je n’aurais pu le croire. Mais maintenant que j’avais au moins une information, la suite serait plus simple. Vérifiant que j’avais bien en poche le lieu du rendez-vous, je tournais les talons, prête à rentrer chez moi en vitesse pour me reposer et être d’attaque le lendemain pour le second round.

Le soir suivant.

Assise sur le canapé, je gardais les yeux plus ou moins rivés sur l’horloge, tout en lisant vaguement un livre déniché dans une des bibliothèques de l’appartement. L’esprit concentré sur ce qui m’attendait, je ne me rendis compte qu’au bout de la cinquième fois que j’étais en train de relire encore et encore la même phrase. Fermant l’ouvrage d’un coup sec, envoyant par la même occasion voler un peu de poussière dans l’atmosphère, je le déposais sans grande délicatesse près de moi et entrepris de m’habiller rapidement. Tant pis pour l’attente, je serais en avance, point barre. Un short en jean, une chemise blanche aux manches remontées jusqu’au coude, et mes bottes blanches, sans oublier le jeu de dagues qui pendait à ma ceinture, et je sortis sans bruit de la maisonnée, laissant ma colocataire présente ce soir se reposer. Elle venait de passer une rude journée, un peu de détente ne pourrait pas lui faire grand mal, bien au contraire.

Les mains dans les poches, je laissais mes longs cheveux blancs flotter librement sur mes épaules, soulever fréquemment par les rafales de vent bien présentes ce soir. Les rues, je les connaissais presque par cœur, en particulier celles du lieu de rendez-vous. C’était un carrefour entre deux ruelles, très peu fréquentées, et connu pour être le lieu de villégiature des petits dealeurs du coin en fin de journée. Mais à cette heure, il n’y aurait probablement personne. Une fois sur place, je m’adossais à un mur proche d’un lampadaire en constatant qu’il n’y avait personne et entrepris de m’allumer une cigarette. La nuit n’était pas encore totalement tombée, mais le crépuscule faisait déjà son œuvre et la visibilité était diminuée. Je ne cherchais d’ailleurs pas à repérer mon rendez-vous, il se ferait assez bien sentir de loin s’il empestait autant le sang que la veille.

A peine cinq minutes avait passé que je sentis une présence non loin. Un sourcil légèrement haussé, je détournais la tête légèrement pour apercevoir une ombre au détour de la ruelle nord. Son odeur m’était familière, je ne mis guère de temps à reconnaitre l’identité de l’intrus, c’était l’homme que j’attendais. Balançant mon mégot dans le caniveau, je m’approchais de lui tranquillement, mains dans les poches. J’imaginais sans peine sa surprise d’avoir à faire à une femme et non le jeune homme de la veille. Un léger sourire timide aux lèvres, j’étais déjà bien moins sûre de moi que la veille. M’arrêtant à quelques pas du brun, je l’observais quelques secondes avant de le saluer d’un signe de tête poli.

"Bien …. Je vous attendais."

Instinctivement, j’étais repassée au vouvoiement. J’avais une sainte horreur de tutoyer les inconnus, aller comprendre pourquoi … Mon éducation militaire sans doute.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Jeu 28 Juin - 6:15

« Normal. J'ai passé l'après-midi avec deux ravissantes créatures pendues à mon cou. Ce n'est pas vraiment étonnant que leurs odeurs aient persisté aussi longtemps. »

Il devait avoir une odeur vraiment très faible pour que deux odeurs féminines la recouvrent entièrement. Mais cela n'intéressait pas Hisashi. Après tout, il faisait ce qu'il voulait de ses après-midi. En tous cas, il avait prit le papier, fini son verre et était parti tranquillement. Tranquillement mais tellement vite qu'Hisashi n'aurait même pas pu protesté de toutes façons. Mais il décida de ne pas rentrer tout de suite. Il devait réfléchir à tout ça avec une bouteille d'alcool. Était-ce bien raisonnable de balancer des informations sur l'O0 ? Pas réellement. Mais il n'allait pas nécessairement le faire. Il devait en apprendre plus sur cet homme avant de lui donner ce qu'il cherchait. À commencer par savoir ce qu'il cherchait. Il lui demanderait demain. Pour le moment, il allait rentrer avec la bouteille d'alcool et aller se coucher.

Le lendemain, dans l'après-midi, il sortit pour faire sa balade quotidienne. Aussi étrange que cela puisse paraître, il ne se perdit pas dans le labyrinthe de petits chemins cette fois. Et il passa également par le lieu de rendez-vous pour mieux le retrouver le soir. Quand il rentra, il n'avait pas de contrat pour l'O0. C'était très bien, il ne risquait pas d'arriver en retard comme ça. Il s'assit sur le canapé. D'un bref balayage de la pièce avec ses yeux, il retrouva la bouteille d'hier. Il restait un peu moins du quart. Il le but en prenant son temps.

Après plusieurs dizaines de minutes de beuverie et de repas, il était 21h. Très bien. Hisashi fit son inventaire. Il ne devait rien oublier au cas ou il devrait se battre. Après avoir tout compté deux fois et bien regardé ses poches, il avait tout. Il ne voulait pas partir tout de suite mais il n'avait rien à faire chez lui. Il le savait déjà très bien pour ne pas le revérifier pendant une demi-heure. Il choisit donc d'être en avance. Il sortit en claquant la porte derrière lui.

Dehors, il faisait encore jour. Ça ne durerait certainement pas longtemps mais c'était déjà bien. Les bas-fonds étaient tellement sombres que même avec du soleil, certaines rues semblait parfois plus sombres que la nuit. Il marcha donc tranquillement, sans se presser puisqu'il était en avance. Mais il marcha tellement lentement qu'il avait l'impression que tout le monde courait. Les gens étaient vraiment toujours pressé. Il se perdit dans ses pensées. Et comme il ne réfléchissait plus réellement à la route, il se perdit également dans le labyrinthe. Encore un fois. Comme si quelque chose, son anxiété de se faire tuer peut-être, l'empêcher d'arriver en avance. Ce n'était pas vraiment étonnant d'un côté. Même si Hisashi n'était pas du genre à stresser, il connaissait assez bien le Capitaine pour savoir qu'il serait tué en souffrances. Après deux rues inconnues, il arriva dans une petite rue qu'il prenait fréquemment. À partir de là, il se retrouva facilement. La nuit était presque tombée maintenant. Sauf si l'obscurité ambiante appartenait aux bas-fonds.

Lorsqu'il arriva au carrefour de rendez-vous, il n'y avait personne. Personne sauf une jeune femme avec une clope au bec. Ce n'était pas elle qu'il attendait. Mais peu importait qu'il y ait quelqu'un d'autre. Son rendez-vous allait bientôt arriver et ils ignoreraient la personne au fond du carrefour. Seulement, il y avait un hic. Elle avait lâché sa cigarette et elle avançait. Vers Hisashi. Il en profita pour la scruter. Cheveux blancs, plutôt longs. Un short en jean, une chemise blanche et des bottes. Des dagues à la ceinture. Un léger sourire qu'on ne remarquait pas si on s'y attardait pas. Mais Hisashi s'y était attardé. Elle était vraiment jolie. Elle ne le lâchait pas du regard et finit par s'arrêter seulement à deux ou trois pas de lui. Pas de quoi laisser deux mètres de distance. Elle l'observait tout en le saluant de la tête. Hisashi ne comprenait toujours pas. Ou alors, il avait peur de comprendre.

« Bien …. Je vous attendais. »

On le vouvoyait. Pourquoi pas. Hisashi décida donc que le vouvoiement serait instauré dans leurs discussions. Mais si elle l'attendait, soit elle était envoyait par le mec de la veille, soit c'était le mec de la veille. Pour le savoir, une seule solution. Son odeur. Il fallait qu'il la renifle. Même sans un odorat très développé, il saurait si c'est la même odeur que la veille. Au quel cas, ce sera le type d'hier. Hisashi la regarda dans les yeux.

« Vous m'attendiez ? Permettez. »

Il avait fait un pas en avant et s'était penché sur elle pour la renifler. Elle avait cette même odeur féminine que la veille. Une odeur très appréciable d'ailleurs. Chose qu'il n'avait pas remarqué la veille, dans le bar rempli d'ivrognes. Il se redressa et la fixa de nouveau. Elle avait menti hier. Elle n'était pas un homme. Hisashi était plutôt rancunier et n'aimait pas les mensonges. Mais il ne lui en tint pas rigueur. Ce n'était pas important. Et elle était vraiment jolie. Elle serait venue habillée comme cela, elle aurait été malmenée par tous les ivrognes du coin et l'un d'eux aurait pu la violer. Elle avait bien fait. Elle était judicieuse.

« Je suppose que vous n'avez pas envie qu'on s'attarde inutilement. Aussi, je vais aller droit au but. Qui êtes-vous et que voulez-vous ? »

En posant la première question, il prenait l'avantage. Il fallait se méfier à ne pas retourner la conversation. C'est lui qui devait poser des questions. Du moins jusqu'à ce qu'il sache pourquoi elle faisait tout ça. Et qu'il ait décidé s'il allait lui donner des informations ou non. Il fourra ses mains dans ses poches et planta son regard dans celui de la jeune femme. Il voulait qu'elle ressente son autorité dans la conversation. Mais surtout, il n'arrivait pas à regarder ailleurs. Il se demandait comment une si belle femme avait réussi à se déguiser aussi bien en homme la veille.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Jeu 28 Juin - 12:19

Sans gêne vraiment. Je reculais imperceptiblement lorsqu’il se rapprocha pour une raison que je ne compris qu’à retardement, ayant déjà oublié sa réflexion de la veille quant à mon odeur. Inutile de vouloir jouer à la plus fine sur ce coup là, j’étais grillée. Je notais quand même qu’il devait probablement avoir un odorat assez développé pour réussir à discerner une odeur masculine et féminine. Sans ajouts particulier, les odeurs se mêler souvent pour une être humain normal. Enfin peu importait, je laissais ce détail dans un coin de ma tête, et croisais les bras dans un geste inconscient de repli. J’étais mal à l’aise de le voir me dévisager ainsi, mais c’était probablement normal lorsqu’on savait qu’il attendait un homme à la base. Avant même d’avoir pu poser la moindre question, le jeune homme me devança, visiblement pressé d’en finir avec cette formalité. Il ne passait pas par quatre chemin, ce qui au fond m’arrangeait. J’avais un mauvais pressentiment depuis que j’étais arrivée dans cette ruelle, plus tôt j’en serais partie, mieux ça serait. J’acquiesçais à ses dires, confirmant que je n’avais guère envie de m’attarder, avant d’enchainer rapidement.

"Je vous l’ai dit hier, je cherche des informations sur cette organisation. En fait, je suis à la recherche d’une personne qui l’aurait intégrer, c’est uniquement après elle que j’en ai."

Je me mordis la lèvre quelques secondes, baissant les yeux en cherchant sur quoi enchainer. En réalité, la seule chose que je voulais c’était avoir confirmation que ma sœur se trouvait bien dans ce groupe de meurtriers, pillards et gredins en tout genre. Loin de juger les autres, je voulais simplement pouvoir la retrouver elle. Cependant, j’ignorais encore toute l’étendue de ce groupe. S’il était aussi grand que les rumeurs le prétendaient, il ne serait probablement pas si aisé de trouver quelqu’un ayant eu vent de ma frangine, surtout connaissant la capacité de cette dernière à se faire discrète. Après tout, toute sa formation avait été basé là-dessus quasiment, c’était un véritable caméléon, capable de se fondre à peu près n’importe où. Une espionne hors pair doté d’un goût prononcé pour le sadisme et le meurtre. Possédée par mon besoin de vengeance, je ne réfléchissais même pas à savoir si c’était une bonne chose ou non, seule m’importait de la trouver. Néanmoins, j’étais sûre d’une chose, si j’expliquais les véritables raisons de ma venue, il était clair que jamais je n’aurais accès à quelques informations que ce soit. Je repris donc d’une voie distante et malgré tout légèrement timide, élaborant un soigneux mensonge, chose que j’avais d’ordinaire beaucoup de mal à faire.

"Ma sœur a disparu il y a quelques temps, j’ai eu vent par une connaissance qu’elle aurait pu rejoindre l’organisation. Je veux simplement la revoir, et si elle a bien rejoint ces renégats, j’espérais que certains auraient pu m’aider à avoir de ses nouvelles."

Même si j’affichais en apparence un air calme et posé, je bouillais intérieurement, me maudissant pour avoir recours à de tels procédés. Le chantage affectif était une chose dont j’avais horreur, le chantage tout court en fait. Si les années en tant que militaire puis cobaye ne m’avaient pas endurcie, j’aurais probablement été incapable d’avoir recours à de telles méthodes. Mais tout était bon pour atteindre un but. Qui plus est, au fond ce n’était pas une grosse tromperie, mais ce n’était pas non plus dans ma nature de mentir, du coup l’exercice s’avérait beaucoup plus complexe que prévu. Je finis par détourner la tête, faisant mine d’être intéressée par autre chose.

"Une femme peut-elle rejoindre vos rangs sans contrainte ? Ou bien est-ce aussi un mythe ?"

Un léger sourire en coin, j’observais le jeune homme qui affichait un visage inexpressif, sans pour autant me quitter une seconde du regard. Craignait-il une attaque de ma part ou quoi ? Possible, après tout, je me présentais armée, ce n’était pas spécialement le mieux pour détendre l’atmosphère …
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Sam 30 Juin - 5:22

« Je vous l'ai dit hier, je cherche des informations sur cette organisation. En fait, je suis à la recherche d'une personne qui l'aurait intégrer, c'est uniquement après elle que j'en ai. »

Vendre quelqu'un de l'organisation était également risqué pour Hisashi. Il ne savait pas réellement quoi penser ni encore quoi faire. Mais personne ne pourrait savoir que c'était Hisashi qui l'avait aiguillée. Il hésitait encore, voulant plus de renseignements.

« Ma sœur a disparu il y a quelques temps, j'ai eu vent par une connaissance qu'elle aurait pu rejoindre l'organisation. Je veux simplement la revoir, et si elle a bien rejoint ces rénégats, j'espérais que certains auraient pu m'aider à avoir de ses nouvelles. »

Ça paraissait honnête. C'était honnête même. Hisashi n'imagina même pas la thèse du mensonge. Il avait d'autres soucis à se faire. Si elle était envoyée par l'organisation ou par l'armée. Aucun des deux n'était réellement mieux. Ils pourraient tous les deux le tuer. Et il n'avait pas envie de mourir.

« Une femme peut-elle rejoindre vos rangs sans contrainte ? Ou bien est-ce aussi un mythe ? »

Une femme ? Hisashi n'en savait rien. Il s'en foutait après tout, c'était un homme. Il n'avait pas eu besoin de savoir cela pour rentrer dans l'organisation. Après avoir fixé la jeune femme durant tout le temps où elle avait parlé, il détourna le regard pour tenter de s'assurer que personne ne les observait. Cette manœuvre était vaine. Il faisait quasiment nuit maintenant. Et en plus, ils étaient dans les bas fonds. Mais tant pis, il se lança.

« Je n'en sais rien. Après tout, pourquoi une femme ne pourrait-elle pas ? Et au pire, elle n'aurait qu'à se déguiser en homme, comme vous hier. »

Hisashi réfléchit et pensa qu'il ne devait pas en dire plus. Le fait qu'ils soient observés était peu probable. En revanche, il devait réellement s'assurer de sa provenance. Si elle lui mentait pour le poignarder, il allait être foutu.

« Pour retrouver quelqu'un dans l'organisation, ça va être difficile. Difficile mais pas impossible. Voilà ce qu'on va faire. Avant tout, vous allez devoir me prouver que vos n'êtes pas envoyée par l'organisation elle-même ni par l'armée. Après cela, si vous n'en avez qu'après votre sœur, personne ne saura que je vous ai aiguillé. Donc ça me va. »

Il avait posé les conditions. C'était important pour lui de poser les conditions. Ça lui éviterai une mort certaine. Et il n'avait pas envie de mourir. Comme la jeune femme voulait des informations qu'il pourrait obtenir, elle accepterai certainement ces conditions. Ce premier point clarifié, il continua.

« Mais pour réussir à savoir qui c'est, il me faudrait son nom, ses surnoms, ses faux noms. Cela peut être utile. Mais également quand a-t-elle disparue ? Si elle a rejoint l'organisation directement pour disparaître, on pourrait normalement la retrouver plutôt facilement avec ça. »

Voilà. Hisashi avait posé les conditions et expliqué la manière de mener l'enquête. Soit elle acceptait, soit elle refusait. Libre à elle maintenant. Hisashi croisa ses bras après avoir fini de parler. Une sorte d'habitude qu'il essayait de perdre. Alors il décroisa ses bras aussitôt après pour les laisser pendouiller le long de son corps. Il en profita pour observer encore la jeune femme. Qui paraissait à la fois forte et fragile. C'était une femme complexe. Mais alors qu'il était en pleine contemplation, quelque chose le tira de sa pensée.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Sam 30 Juin - 10:46

Difficile de vivre constamment en tant qu’homme, cela me semblait même carrément impossible, mais après tout, ma chère frangine été capable de tout alors pourquoi pas de ça ? Ca compliquerait cependant énormément les choses si c’était bien le cas. J’eus une moue lasse lorsqu’il m’invectiva de lui prouver que je n’étais pas envoyé par l’organisation ou l’armée et tentais de réfléchir à une réponse convaincante. Mais rien ne me venait vraiment à l’esprit. Je soupirais et m’adossais au mur proche en réfléchissant tranquillement, le regard levé vers le lampadaire défraichi qui me faisait face. La parole ne suffirait probablement pas dans ce genre de cas, il fallait que je prouve ma bonne foi au jeune homme, chose qui paraissait compliqué sans se trahir. En soupirant, je reportais mon regard sur le visage dur de mon interlocuteur.

"Je n’ai rien sur moi qui pourrait confirmer mes dires, la seule chose que je peux vous dire, c’est que je me fous de l’organisation comme de ma première clope, ce qu’elle fait ne m’intéresse pas, je veux seulement la retrouver elle."

J’espérais que cela suffirait, je ne voyais pas vraiment ce que je pourrais rajouter d’autre, lorsque je fus saisis d’une vague idée. Me baissant, je tirais sur la fermeture éclair qui maintenait ma botte droite et retirais mon pied, maintenue dans un équilibre précaire grâce au mur, pour lui montrer rapidement la plante de mon pied. Sur le talon figurait encore les vestiges d’un vieux tatouage d’un bleu mal vieilli, arborant un chiffre semblable à un numéro de série. Mon identification en tant que détenue. Je lui montrais quelques secondes avant de ranger mon pied, remontant rapidement la fermeture.

"Et ça c’est la preuve que je ne suis pas dans l’armée vu que j’ai croupie un temps dans leurs geôles. Je ne vois pas quoi dire de plus."

Le regard impassible, j’observais le brun qui me fixait semblant réfléchir à la véracité de ce que je venais de lui dire, avant d’enchainer sur autre chose. Le surnom. Ca aussi j’y avais réfléchi, et pas qu’un peu ! Combien y avait-il de chances pour que ma sœur ait gardé son véritable nom ? Très peu, entrainé à survivre et à tuer, elle saurait tout comme moi j’y avais songé que ne pas se débarrasser de son identité première serait une grosse erreur si d’aventure quelqu’un se mettait à la traquer. J’observais mon interlocuteur en silence durant quelque secondes, m’apprêtant à lui répondre, lorsque mon attention fut attirée un peu plus loin derrière lui. Humant l’air imperceptiblement, je reconnus l’odeur d’une chimère bien connue, la plus jeune du laboratoire, il n’avait que dix ans lorsqu’il avait muté. Et s’il était là, c’était mauvais signe. Délaissant le brun un moment, je m’approchais du gamin, les sourcils froncés.

"Yuri, qu’est-ce que tu fous ici ?"

"Il faut que tu files ! Les miliciens quadrillent les bas-quartiers, ils sont à la recherche d’un ishval à ce que j’ai entendu ! Ils questionnent tout le monde, on doit retourner à la maison."

Ca tombait mal, vraiment mal. Me mordant la lèvre en réfléchissant rapidement, je plongeais la main dans la poche de mon jean pour en retirer un trousseau de clef et les fourrais vivement dans les mains du garçon, m’approchant doucement de lieu pour lui parler à voix basse.

"Tu rentres. J’ai encore à faire ici. Merci de m’avoir prévenir. Passe par les toits, ils ne t’y trouveront pas. On se revoit là-bas dans quelques heures. Allez, fille !"

Ce dernier m’observa l’air sceptique, avant de renoncer à discuter et de tourner les talons lorsque je l’incitais à déguerpir d’un signe de tête. Lui probablement plus que moi craignait véritablement les militaires. L’observant quelques secondes, je me détournais rapidement pour rejoindre le brun qui semblait intrigué. Tout en m’allumant un nouveau bâton de nicotine, je lui fis signe de me suivre de la main.

"On doit bouger, ça va grouiller de bleus dans pas longtemps. A moins que vous n’ayez envie de discuter avec eux, ce qui n’est guère mon cas."

Sans attendre sa réponse, je m’enfonçais dans une rue perpendiculaire, avant de pousser la porte d’un ancien bazar désormais abandonné. Il servait de planque, mais peu de gens le savait, seuls ceux qui trainaient régulièrement dehors en pleine nuit. Les militaires l’ignoreraient probablement. J’attendis que le jeune homme m’ait rejoins et ait fermé la porte. Passant une main nerveuse dans les mèches qui me couvraient les yeux, je soufflais doucement le trop plein de fumée qui m’emplissait les poumons avant de reprendre le cours de notre discussion d’une voix discrète.

"Elle s’appelle Amy. Amy Cahelyn. Mais il y de fortes chances qu’elle n’utilise plus ce nom aujourd’hui, ma sœur est futée. Pour son nom d’emprunt, je parierais sur Jade, mais ce n’est qu’une supposition. Sans nom de famille, mais elle a un égo certain, elle se sera probablement donné un titre ou quelque chose du genre. C’est une espionne de renom, et un assassin hors pair. J’espère que ça pourrait vous aider à mettre la main dessus. Je ne sais pas comment fonctionne votre organisation, mais je suis prête à parier qu’elle s’y ait déjà fait un nom, quel qu’il soit. "

La pièce était sombre, je ne fis pas appel à mes capacités félines, me contentant d’observer la silhouette du jeune homme qui ne devait pas y voir grand-chose non plus. Seule la partie incandescente de la cigarette était parfaitement visible désormais. Je ne pouvais pas voir son expression, mais je me doutais qu’il était en train de réfléchir à ce que je venais de lui apprendre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Dim 1 Juil - 9:13

Elle n'avait rien prouvé mais Hisashi était presque convaincu. L'O0 ne lui aurait pas demandé de se déguiser en homme la veille et non aujourd'hui. Un gamin était arrivé, elle s'était dépêchée d'aller à sa rencontre. Ils ont parlé un peu et l'enfant a évoqué la milice et les bas fonds. Hisashi attendait patiemment qu'ils aient fini. Elle lui dit de rentrer et le garçon obtempéra. La recrue de l'O0 ne comprenait pas qui était ce gosse ni quel était le danger réel. C'est alors qu'elle l'avertit.

« On doit bouger, ça va grouiller de bleus dans pas longtemps. A moins que vous n'ayez envie de discuter avec eux, ce qui n'est guère mon cas. »

Elle continua son chemin sans attendre et entra dans une bâtisse vraiment sombre et vraisemblablement abandonnée. Hisashi ne connaissait pas le lieu mais il lui fit confiance pour ce coup, il n'avait pas le choix. En fait, si,il avait le choix. C'était elle ou les miliciens. Mais il était vite fait, ce choix. Donc Hisashi la suivit et ferma la porte derrière lui.

« Elle s'appelle Amy. Amy Cahelyn. Mais il y a de fortes chances qu'elle n'utilise plus ce nom aujourd'hui, ma sœur est futée. Pour son nom d'emprunt, je parierais sur Jade, mais ce n'est qu'une supposition. Sas nom de famille, mais elle a un égo certaine, elle se sera probablement donné un titre ou quelque chose du genre. C'est une espionne de renom, et un assassin hors pair. J'espère que ça pourrait vous aider à mettre la main dessus. Je ne sais pas comment fonctionne votre organisation, mais je suis prête à parier qu'elle s'y ait déjà fait un nom, quel qu'il soit. »

Hisashi essayait de se souvenir de tout et repassait les éléments en boucle, dans sa tête. Jade. Ego. Titre. Connue. OK. Il avait tout. Il voulut balayer la pièce du regard mais il n'y avait pas de lumière. Et avec l'obscurité des bas fonds, on ne voyait rien ici. Sauf une petite étincelle, éclairant un peu le tube de nicotine qu'elle terminait. À ce moment là, ils entendirent la milice passer dans les rues et frapper à toutes les portes aux alentours en demandant d'ouvrir. Leur tour arriva.

« Ouvrez cette porte ! On cherche quelqu'un ! Dépêchez vous ! »

Le souffle coupé, Hisashi attendait sans bouger que le soldat reparte. Mais il en décida autrement.

« Y a personne... John ! File moi le truc pour défoncer les portes ! Y a personne ici, il s'est peut-être caché là ! »

Ça puait. Beaucoup. Hisashi se cacha sous un meuble non identifié et vit la fumeuse faire la même chose. Il y avait beaucoup de bruits de l'autre côté de la porte, ils devaient être prêts maintenant. D'ailleurs, ils décomptaient.

« TROIS ! DEUX ! UN ! »

Ils furent interrompus par une voix grave et rocailleuse.

« ON ARRÊTE TOUT ! ÇA SERT À RIEN, IL A DÉJÀ DÛ SE FAIRE LA MALLE PAR LES TOITS ! ON REPREND LES RECHERCHES DEMAIN ! RENTREZ CHEZ VOUS ! »

Ils étaient sauvés ! Le destin n'était finalement pas si méchant. Même si à deux, ils auraient certainement pu en venir à bout. Le plus embêtant était que tout le monde en aurait entendu parler. Et l'O0 aurait comprit que c'était Hisashi. Et ils l'auraient tué. Et ç'aurait ensuite été le tour de la jeune femme. Mais tout cela était évité. C'était parfait. Le jeune se releva, suivit de peu par sa comparse. Ils se regardèrent et soupirèrent ensembles. Hisashi n'avait pas envie de traîner plus longtemps ici.

« Moi je vais y aller. Je vais mener une petite enquête. On se retrouve demain à la même heure ? Je te laisse le choix du lieu. Et il n'y aurait pas une sortie par derrière ? »

Hisashi voulait repartir pas les toits. Mais ressortir dans la rue par laquelle les miliciens étaient passés était trop dangereux. Ils devaient se faire plus discrets maintenant.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Dim 1 Juil - 14:06

Planquée sous ce qui ressemblait fort à une ancienne table désormais quelque peu décharnée en plus d’être renversée, je scrutais la lourde porte de bois les muscles bandés comme la corde d’un arc, déjà prête à en découdre. Si j’avais pensé qu’ils iraient jusqu’à fouiller toutes les baraques du coin, jamais je ne nous aurais amenés dans un tel traquenard. Une main serrée sur la garde de ma dague, j’écoutais d’une oreille quelque peu distraite les dires des soldats à l’extérieur de la bâtisse, me concentrant surtout sur le craquement de la porte sous les assauts répétés de ces derniers. Quand allait-elle céder ? C’était là l’unique question que je me posais. Certes il y avait une autre issue potentielle, mais dans un état vraiment déplorable, à tel point qu’il fallait d’abord en dégager l’entrée pour pouvoir s’y faufiler, ce qui révèlerait à coup sûr notre présence avec le bordel que cela créerait. Autant attendre et se tailler une sortie en se faufilant entre les militaires. L’arme ne servirait qu’en dernier recours, j’avais toujours autant horreur de m’en servir. Mais à mon plus grand étonnement, une voix grave interrompit les préparatifs pour faire sauter la porte, et les militaires semblèrent refluer ailleurs. Perplexe, je me redressais quelque peu, ignorant momentanément le jeune homme toujours dans la pièce, et approchais la porte sur la pointe des pieds pour y coller mon oreille et entendre les soldats rebrousser chemin dans la ruelle, le cliquetis significatifs des armes s’éloignant avec eux. Les sourcils froncés, je maintenais toujours ma main armée malgré l’éloignement de la menace. Je ne pouvais pas m’empêcher de trouver ça étrange, d’ordinaire, ils ne renonçaient pas aussi facilement et avaient tendance à quadriller le secteur. Me détournant rapidement de la porte, je fis face au jeune homme qui venait de reprendre la parole, tout en rangeant précautionneusement ma lame dans son fourreau sans vraiment observer le brun. Mon esprit était occupé ailleurs. Lorsqu’il termina sa tirade, je l’observais tranquillement, mains dans les poches, les sourcils légèrement froncés par l’inquiétude.

"Hm. "

M’adossant au mur rongé par l’humidité de la vieille bâtisse, je réfléchissais rapidement. Si c’était pour avoir le même genre de scène qui s’était produite ce soir le lendemain, c’était inutile. Je voulais pouvoir discuter tranquillement sans risquer d’être surprise. Le plus simple était encore un lieu animé où les militaires n’iraient jamais fourrer leur nez. Un sourire amusé éclaira soudain mon visage alors que je songeais. Je connaissais l’endroit où ces derniers ne se rendraient jamais, du moins, pas en uniforme, c’était certain ! Une fois de plus, mes colocataires allaient pouvoir me filer un coup de pouce. Malgré l’once de culpabilité qui me rongeait lorsque je voyais à quel point ils se démenaient pour me venir en aide, je décidais d’opter pour cette option. A la fois amusée et gênée de soumettre une telle proposition au jeune homme. Heureusement, l’obscurité couvrirait la rougeur qui marbrait mes joues à la simple évocation mentale de cette possibilité. Sans me départir d’une voix calme alors que ma timidité maladive couvait, je m’approchais de lui tranquillement, m’arrêtant à un peu moins d’un mètre.

"Vous voyez le bordel dans la ruelle perpendiculaire à l’avenue principale des bas-fonds ? Difficile de le louper avec toutes les filles qui trainent devant."

Je me mordis la lèvre quelques secondes, gênée, avant de poursuivre, sentant la chaleur de mes joues redoubler.

"Allez-y à cette même heure et demande à avoir Lucy. On se retrouvera là-bas."

Je traversais la pièce avant d’ouvrir une fenêtre grinçante et forçais un peu pour dégager les volets, simplement coincés par un loquet. Laissant la brise pénétrer dans l’habitacle, un pied sur le rebord, je scrutais sous moi. Si la porte de la maisonnée se situait dans une ruelle, la fenêtre, comme l’arrière de la bâtisse, donnait en réalité sur le chemin de traverse bordant la canal qui traversait la ville. Dissimulée par une montagne de mauvaise herbe, il n’était pas bien difficile de s’y faufiler, mais le sol se trouvait facilement à deux mètres en dessous. Retenues par les deux mains au cadran de la fenêtre, un pied sur le rebord prête à partir, je tournais la tête en direction du brun.

" Les militaires sont probablement partis, vous pouvez aisément passer par devant si vous préférez. "

Sans un mot de plus, je sautais par la fenêtre, l’exception près que je ne retombais pas au sol mais m’accrochais à la corniche dépassant à ma droite, grimpant sur le toit avec l’agilité dû à ma condition. Y’a pas à dire, parfois, c’était fort utile ! Parvenue au sommet, j’attendis patiemment que l’homme sorte et prenne une certaine avance avant de me mettre à le filer. Au travers des ruelles, je le suivais en conservant toutefois un certain écart et en marchant contre le vent, ce qui rendait tout repérage presque impossible pour le commun des mortels. J’étais curieuse de voir où il se rendait pour dénicher les informations que je lui avais demandé. Curieuse, et stupide il fallait croire, car j’aurais tout aussi bien pu attendre le lendemain, mais non, il fallait que je sache. Car peut-être qu’elle s’y trouvait. Peut-être qu’il la connaissait déjà en réalité. Et peut-être que je pourrais mettre la main dessus plus rapidement que prévu. La vengeance se disputait la part belle dans mon esprit, pourtant quelque part, je ressentais toujours une vague affection pour la jeune blonde. Même si je refusais net de l’avouer, et me répétais sans cesse que je ne désirais qu’une seule chose, qu’elle paye pour ses crimes. La mâchoire serrée, je ne pouvais m’empêcher d’espérer autant que de redouter ce moment, celui, douloureux, de nos retrouvailles. Que ce soit lors de cette soirée ou bien dans cinq ans, peu m’importais au fond.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Lun 2 Juil - 12:17

« Vous voyez le bordel dans la ruelle perpendiculaire à l'avenue principale des bas-fonds ? Difficile de le louper avec toutes les filles qui trainent devant. »

Un bordel ? C'était une bonne idée. Endroit fréquenté, connu. Tout le monde pouvait facilement savoir où il se trouvait et les militaires ne viendrait certainement pas dans un bordel. Ça la foutrait trop mal.

« Allez-y à cette même heure et demande à avoir Lucy. On se retrouvera là-bas. »

Lucy ? C'était noté. Mais alors ? Elle bossait là-bas ? Intéressant. Elle s'était rapprochée d'une fenêtre un peu vieille. Elle se tenait sur le rebord de celle-ci. Elle était agile et souple. Hisashi l'observait encore sans rien dire. Grâce à la lune, on pouvait voir une partie du visage de la jeune femme. Elle était vraiment jolie. Et elle paraissait pure.

« Les militaires sont probablement partis, vous pouvez aisément passer par devant si vous préférez. »

Il allait la remercier mais elle avait sauté directement après avoir fini sa phrase. Il ne trouva donc pas utile de remercier le vide. Il était seul dans le noir. Qu'allait-il faire maintenant ? Il avait le choix. Soit il rentrait maintenant et il irait chercher des informations demain. Soit il passait la nuit à chercher des informations et il dormirait demain. La première option était alléchante tandis que la deuxième promettait certainement plus de résultat. Dilemme. Il choisit d'y réfléchir sur le chemin. L'endroit que le Capitaine lui avait indiqué était sur la route pou rentrer chez lui. Il pourrait choisir de s'arrêter ou non. Il se dirigea vers la porte, enfin il l'espérait comme il ne voyait que très peu. Il rencontra un obstacle. Il voulut le pousser mais ce devait être un mur, ça ne bougeait pas. Après un petit moment de recherches à tâtons, il trouva la porte. Il l'entrouvrit et passa la tête par la porte pour vérifier s'il ne restait pas un soldat ou deux. Mais non, ils étaient tous partis. Une chance. Hisashi sortit en commença à marcher en direction de chez lui. Il hésitait. S'arrêter ? Ne pas s'arrêter ? Bof. Elle attendrait. Il était crevé et il avait pas envie qu'une autre patrouille le chope. Il ne s'arrêta pas en passant devant l'endroit stratégique de l'organisation. Il ne croisa pas de patrouille. Il avait de la chance. Il arriva chez lui vers minuit. Il s'était encore perdu. Mais ce n'était pas important. Il se dirigea tout de suite vers son lit et se coucha.

Il se réveilla un peu après six heures du matin. Il avait bien dormi. Il prit une douche pour se réveiller et alla à la chasse aux informations. Si elle s'était fait un nom dans l'O0, les gens la connaîtrait. Autant aller voir directement dans le lieu devant lequel il était passé la veille. Il n'y avait pas grand-monde. Il alla voir quelqu'un qui ne semblait pas très frais ni très intelligent. S'il pouvait ne pas se souvenir de cette conversation le lendemain, ce serait mieux. Il le questionna. En fait, il questionna pas mal de gens ici. Jusqu'à midi. Une fille correspondait à la définition qu'il avait. Jade. Elle avait plusieurs surnoms. Mais Hisashi était sûr que c'était la bonne. Mais il ne savait pas où la trouver. Il mangea et alla dans d'autres endroits des bas-fonds. Impossible de savoir où elle était. Il finit par arrêter vers 15h. S'il continuait, il se ferait tuer. Et il avait déjà pas mal d'infos. Mais il lui restait du temps avant le rendez-vous. Il reçut une demande de la part de l'O0. Fallait encore tuer quelqu'un. C'était bien, ça lui ferait passer le temps. Il exécuta son contrat sans encombres, comme d'habitude.

Après avoir bu longtemps dans les bas-fonds, il regarda l'horloge. 21H30. C'était l'heure. Parfait. Il sortit de bar, difficilement. Il chercha l'endroit avec sa démarche alcoolisée. Il trouva finalement vers 22h. Il était à l'heure. Et sans trop se perdre. Pour une fois. Il se rapprocha. Quelques personnes le regardèrent en coin. Il s'aperçut alors de sa démarche étrange. Il se reprit en main et se concentra pour marcher droit. Il entra dans le bordel et se dirigea vers un comptoir. Il y avait une fille de dos.

« Excuse-moi. Je cherche Lucy, tu la connais ? »

Elle se retourna. Elle était jolie. Il y avait vraiment beaucoup de jolies filles en ville. C'était un avantage. Hisashi essayait de rester concentré pour ne pas paraître éméché. Pourtant, il était loin d'être frais.

« Lucy ? Euh... Ouais bien sûr. Je vais la chercher. »

Hisashi la regarda partir et s'affala sur le comptoir. C'était difficile de paraître sobre. Mais il ne fallait pas flancher. Il releva la tête et essaye de se tenir normalement. Pas trop droit, pas trop courbé. Entre les deux. Normalement.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Lun 2 Juil - 16:17

Après avoir suivi un certain temps le jeune homme, je me rendis compte qu’il ne se rendait en réalité qu’à son domicile, et poussais un soupir déçu en le voyant s’allonger dans un vaste lit depuis le toit d’en face. Décidée à ne pas davantage jouer les voyeuses, je fis demi-tour et repartis par les toits en direction de mon propre domicile, la tête pleine de réflexion. Ou le jeune homme était honnête et ne connaissait vraiment pas ma sœur, ou bien il estimait que cette dernière n’avait pas à le savoir. Les sourcils légèrement froncés, je manquais de tomber d’un toit en pente en détachant une tuile vieillie, me rattrapant in extremis à la gouttière qui commença rapidement à plier sous mon poids. Après quelques mouvements de balancier, je réussis à remonter, faisant particulièrement attention à ne pas chuter une seconde fois. La nuit était encore chaude, je me résolus à ouvrir un peu ma chemise pour y laisser s’engouffrer l’air autant que possible, même si ce dernier était suffoquant.

Après une petite escapade sur les toits, j’atterris enfin en souplesse devant l’immeuble passablement décrépis qui me servait de maison. Les volets étaient fermés, comme à leur habitude, mais l’on pouvait aisément voir de la lumière filtrer à travers les nombreux orifices que ces derniers comportaient. Lâchant un léger soupir, je poussais le portail en fer forgé, la rouille en faisant grincer les rouages, et pénétrais à l’intérieur de l’immeuble. Nul doute que j’allais probablement avoir quelques questions, rien de bien méchant, si ce n’est que j’aurais bien du mal à dissimuler mon air déçu à mes compagnons de chambré. Je profitais de la traversée des couloirs pour m’allumer une énième cigarette avant de pousser du plat de la main la porte donnant sur notre appartement. Un nuage de fumée en sortit, je du décaler la tête pour ne pas me la prendre en plein visage, avant de jeter un coup d’œil curieux à l’intérieur. Les yeux grands ouverts, j’aperçus dans la cuisine un de mes colocataires en train d’essayer de faire cuire quelque chose … tout en le faisant manifestement cramer, ce qui amusait beaucoup les deux autres. Dégageant l’épais nuage noirâtre de mon chemin, je m’empressais d’aller ouvrir fenêtres et volets dans toutes les pièces avant de retourner les voir.

"Y’en a pas un pour rattraper l’autre ! Vous auriez pu ouvrir quand même ! Un peu plus et les voisins appelaient les pompiers j’suis sûre, on aurait pas été dans la merde tiens !"

Le cuisinier me lança un regard assassin, visiblement aussi énervé par la réaction sans pitié de ses compagnons que par son propre désastre culinaire, alors que Will, celui qui m’avait aidé dans mes recherches, tentait de contenir son fou rire tout en passant un bras autour de mes épaules.

"Calme-toi Dora. C’est pas comme si Meven avait mis le feu à des nouilles…. A ben si en fait !"

Il repartit dans son fou rire en compagnie de son acolyte alors que je les observais tout deux d’un air passablement blasé. J’avais faim, je n’avais rien mangé depuis midi, et ce n’était pas l’odeur nauséabonde qui émanait de la casserole qui allait m’empêchait de manger. Poussant l’apprenti cuisinier, je balançais le contenu carbonisé dans l’évier en attendant qu’il refroidisse, casserole en prime, et attrapais des œufs trainant dans le frigo, des lardons ainsi qu’une poele. Les rires hystériques des deux zouaves commençaient à déteindre, et je ne pus m’empêcher de sourire en voyant l’air dépiter de Meven. Celui-ci, semblable à un gosse pris en faute, restait près de moi à m’observer faire. Riant doucement, je lui tapotais le haut de la tête de manière amusée étant donné que je faisais vingt bon centimètres de moins que lui.

"La prochaine fois, demande à maman !"

"Fous toi de moi oui …."

Il se détourna, boudeur, et alla se servir un verre de vodka alors que je retournais à ma préparation, remise de bonne humeur par les conneries incessantes de ces trois-là. Une douzaine d’œufs cassés, les lardons revenus, un peu de fromage, je mélangeais le tout à la va vite avant de balancer la préparation dans la poele d’un geste empressé tant la faim me tiraillait le ventre. D’une, main, je tenais l’anse du récipient, alors que de l’autre j’écrasais ce qu’il restait de ma clope quasiment consumée toute seule dans un cendrier proche. La cuisson fut rapide, et en moins de cinq minutes, les trois chimères étaient déjà attablés devant leur copieuse assiette, mangeant avec avidité, alors que je restais appuyé contre le meuble de la cuisine, mangeant tranquillement. Des fois, j’avais véritablement l’impression d’être une figure d’autorité pour les trois compères. Moi ou Lucy d’ailleurs. Mais une présence féminine quelle qu’elle soit leur était visiblement indispensable pour ne pas partir complètement en couille. Même si régulièrement ils nous embarquaient dans leurs délires, au quotidien, ils auraient probablement eu du mal à se débrouiller efficacement. Du moins au début. Je songeais, morose, à la possibilité de ne plus être là, j’espérais alors que Lucy resterait pour veiller sur eux. Même si nous n’avions aucun autre lien que la captivité et nos conditions, même si j’étais la dernière arrivante, j’étais attachée au fond à cette bande d’inconscients facétieux. Un léger sourire au bord des lèvres, je finis enfin mon assiette et la déposais dans l’évier, l’air amusé devant Will et Kelyan, le plus jeune, qui se battait pour obtenir la dernière portion, alors que le troisième compère, plus futé, avait profité de la dispute pour engloutir tout ce qui restait sans que les deux autres ne s’en aperçoivent.

Je les laissais momentanément à leur bêtise pour gagner la salle de bain où je restais un long moment, profitant de la fraicheur agréable de l’eau qui délassait mes membres engourdis par ma balade sur les toits. L’esprit toujours occupé par quelques questions sans réponses, je fermais les yeux et me laissais choir contre le mur, comme à mon habitude, manquant de m’endormir tant l’instant était reposant. Un bruit sourd contre la porte de la pièce me tira de ma somnolence, me faisant sursauter. Sans réussir à me retenir, je glissais et manquais de m’assommer contre le marbre alors que la porte s’ouvrait en grand, déversant dans la pièce deux furies en train de se bastonner. C’était aussi ça l’inconvénient, aucune intimité … Je sortis de la douche, passablement énervée avant de leur hurler dessus, oubliant momentanément ma tenue plus que légère.

"FOUTEZ LE CAMP ! DEHORS !"

Les deux comparses se stoppèrent immédiatement et je fronçais les sourcils en les voyant me détailler d’un air ébahi. Comprenant enfin la raison, le rouge me monta rapidement aux joues et je m’emparais d’une serviette avec empressement pour la passer autour de mon torse avant me diriger vers eux, l’air peu avenante. Si j’étais habituellement timide, ce n’était pas le cas avec eux. Ils n’attendirent d’ailleurs pas que je les rejoigne, s’empressant de quitter la pièce alors que Kelyan, resté dans le couloir, laissait échapper un sifflement surprit. De colère, je claquais la porte au nez de mes camarades avant de m’appuyer contre cette dernière, la main sur le front.

"Bande d’abrutis …. !"

Visiblement, c’était ici que le moment de quiétude prenait fin, je n’avais plus la moindre envie de retourner me laver. Délaissant ma serviette que je balançais négligemment sur le lavabo, je passais une chemise blanche, ample et longue, appartenant en réalité à Will et qui me servait de pyjama la plupart du temps, et nouais ma crinière en une tresse lâche, faite à la va-vite, avant de ressortir de la pièce, toujours passablement en colère. Je trouvais les trois chimères sagement assises sur le canapé en train de converser en sourdine, et allais me planter devant eux les mains sur les hanches, avant de prendre la parole d’une voix glaciale.

"La prochaine fois qu’il y en a de vous qui se pointe alors que je me douche … Il a intérêt à courir vite, très vite ! "

Will ne se démonta pas et m’adressa un grand sourire quoi que teinté d’ambiguïté.

"C’est un risque à prendre … "

Pour toute réponse, il reçut le coussin du fauteuil en pleine tête, éclatant de rire au passage.

"Je suis sérieuse ! Crétin !"

Je les observais quelques instants avant de baisser les épaules en soupirant et attrapais le paquet de clopes sur la commode derrière moi pour m’en allumer une avant de m’appuyer contre cette dernière.

"C’était pour quoi cette fois-ci ? "

S’ensuivit un brouhaha inaudible que je ne cherchais même pas à comprendre en réalité, me contentant d’observer ces adultes à l’esprit gamin. La porte se fit entendre, et je les laissais à leur dispute qui venait visiblement de reprendre pour me diriger vers la nouvelle arrivante, semblant exténuée. J’avisais rapidement le plat, les goinfres n’avaient absolument rien laissé pour la jeune femme. Avec un léger soupir, je me tournais vers elle.

"J’espère que tu n’as pas faim, sinon c’est à eux qu’il faut t’en prendre."

Lucy secoua négativement la tête pour toute réponse et se dirigea vers le salon avant que je ne la retienne par le bras. Me mordant doucement la lèvre en signe de gêne, je détournais légèrement le regard avant de l’attirer avec moi dans le couloir, à l’abri des oreilles indiscrètes.

"Ecoute, je sais que ce n’est pas le moment, mais il faudrait que tu me rendes service demain soir."

L’air suspicieux de la jeune brune remplaça son masque de fatigue alors qu’elle croisait les bras et s’adossait au mur me faisant face, m’indiquant d’un signe de tête de continuer.

"J’ai un … rendez-vous dirons-nous. Est-ce que tu pourrais t’arranger pour avoir une chambre à ton boulot demain soir, pour une vingtaine de minutes, peut-être un peu plus ? A l’abri des oreilles indiscrètes en fait …"

La fille de joie fronça les sourcils, ce qui faisait ressortir son côté sévère, avant de soupirer en secouant la tête.

"Pandora … est-ce que tu te rends compte de ce que tu me demandes ?"

"S’il te plaiiiiit Lucy ! C’est important !"

"Ca va ! Ca va … J’vais m’arranger. A quelle heure il te la faut ? "

"Vingt-deux heures."

"Rien que ça, en plein boum … Enfin bon, je m’en occupe, viens un peu avant pour que je t’explique. "

Je lui adressais un sourire ravi et l’étreignit brièvement avant de regagner la chambre en lui souhaitant une bonne nuit. Avec tout ça, il était presque quatre heures du matin, la fatigue pointait sérieusement le bout de son nez. Nous étions deux dans la chambre, elle et moi. Il y avait encore deux autres chambres, une où dormait Will et Kelyan, l’autre était pour Meven et Seth qui pour l’instant été parti en escapade dans l’Est. L’appartement était vaste, mais petit si l’on tenait compte du nombre de personne qui y vivait.

Je me laissais tomber sur le matelas, les yeux déjà clos, et m’endormis sans même m’en rendre compte. D’un sommeil pas vraiment réparateur car parsemé ça et là de cauchemar bien trop réalistes, mais il suffisait à pouvoir redémarrer le lendemain. Une fois de plus, je du revivre la perte de mon frère, celle de mon humanité, à laquelle venait s’ajouter depuis peu un nouveau cauchemar, la disparition d’un certain jeune homme aux cheveux argentés.

Je me réveillais pourtant douze heures plus tard, en sueur, étendue de tout mon long en travers du lit. Mon premier regard alla vers le matelas adjacent au mien, je constatais qu’il était déjà vide. Première au lit, dernière debout, c’était souvent le cas. Me relevant vite, je chancelais quelques instants avant de me rendre dans la cuisine où je trouvais Kelyan affalé sur le divan en train de dormir, et Meven essayant d’apprendre l’art culinaire à l’aide d’un bouquin. La saluant vaguement d’un signe de la main, je me jetais avec voracité sur le paquet de gâteau entamé qui trainait encore sur la table, piochant dans ce dernier avec envie en me dirigeant vers la fenêtre. Il faisait aussi lourd qu’hier, peut-être même plus, d’autres orages étaient à craindre. Cette pensée me donna presque l’envie de retourner au lit pour ne pas avoir à les affronter une fois de plus. Finissant la paquet tranquillement, je passais par la salle de bain histoire de me débarrasser de la transpiration accumulée pendant la nuit, puis me contentais de passer une robe noire, légère, s’arrêtant au genoux, pour ne pas avoir trop chaud.

La fin de journée passa plutôt rapidement, occupée à expliquer au jeune homme comment se servir efficacement d’une casserole, je me rendis compte à 21h qu’il faudrait peut-être que je bouge. Délaissant mes acolytes, je filais après avoir passé mes éternelles bottes noires, rejoignant le travail de Lucy. Après l’avoir retrouvée, passablement fatiguée, elle m’expliqua comment je ferais pour avoir un coin tranquille. Mais en attendant le jeune homme je devais me faire discrète et rester dans à l’écart de la clientèle. Vers 22h, Lucy vint me chercher, alors que je fumais tranquillement ma septième clope depuis que j’étais enfermée ici, autant dire que je n’avais quasiment pas arrêté. Je la suivis lorsqu’elle m’indiqua la salle principale où se trouvait le jeune homme, accoudé au comptoir. De loin, il semblait avoir du mal à rester droit, se positionnant légèrement avachi sur le meuble en bois. Mais ce n’était peut-être qu’une illusion. Traversant le flot de clients qui attendaient à s’extasiait sur une charmante créature, je le rejoignis, posant brièvement la main sur son épaule pour lui faire part de ma présence avant de la retirer tout aussi vite.

"Venez avec moi … "

J’attendis qu’il me suive et rejoignis une chambre au deuxième étage, le laissais passer avant de refermer la pièce à clef pour être sûre de ne pas être déranger. Nous n’avions pas vraiment beaucoup de temps, Lucy faisait diversion mais qui sait combien de temps elle y parviendrait, j’en vins donc immédiatement aux faits. Tournée vers lui, appuyée contre le meuble proche de la porte, je l’observais tout en terminant ma cigarette.

"Alors, vous avez trouvé quelque chose sur elle ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Mar 3 Juil - 10:10

Elle posa sa main sur son épaule pour l'avertir qu'elle était là. Hisashi se retourna et la contempla. Elle était encore jolie.

« Venez avec moi ... »

Il se leva difficilement, essayant de le cacher, et la suivit. Elle l'emmena au deuxième étage et le laissa passer en premier dans la chambre pour fermer à clef derrière lui. Il essayait de rester debout et de ne pas montrer son taux d'alcool dans le sang, pourtant très apparent, tandis qu'elle s'était appuyait contre un meuble à côté de l'entrée. Elle avait une robe noire, courte et légère, et des bottes noires. Elle était sexy.

« Alors, vous avez trouvé quelque chose sur elle ? »

Hisashi essayait de reprendre ses idées et de recouper les informations qu'il avait obtenues et d'en faire un phrase. Mais il était sans cesse rappelé par la courte robe de la jeune femme et la vacillement de l'alcool. C'était difficile. Mais après quelques secondes de silence, il répondit.

« Et bien après une journée intensive de recherches dans les bas-fonds, elle s'appelle bien Jade. Mais elle a plusieurs surnom, aucun n'est réellement officiel ou définit comme son surnom. »

Hisashi marqua une pause. Il n'avait pas fini de parler mais il devait reprendre son souffle. Ses yeux était retombés sur la robe de la dame et ils clignaient à cause de l'alcool. Il releva doucement la tête pour la regarder dans les yeux et stabilisa son cou.

« Elle est connue. Elle a bien un nom dans le milieu. J'ai été dans beaucoup de bars, beaucoup de gens la connaissent. »

Hisashi était heureux. Il avait réussi à finir sa phrase. C'était cool. Il souriait à la jeune femme. Mais il était encore très alcoolisé. Il entendit du bruit derrière la porte. Des gens se ramenaient. Enfin c'est ce qu'il pensait. Mais il ne pu pas penser plus longtemps. L'alcool eut raison de lui et il s'écroula sur le sol.

Il ouvrit un œil. Il faisait noir. Ou sombre. Ou les deux. Il n'avait pas encore bien récupéré ses esprits il ne voyait rien en tous cas. Il ne savait pas combien de temps il avait dormi. Il avait la bouche sèche. Il humecta ses lèvres pour pouvoir parler.

« Y a quelqu... »

Oui. Y avait quelqu'un. Mais fallait pas parler. Puisqu'on lui avait mit la main sur la bouche. Il essaya de se souvenir mais rien ne venait. Il s'était endormi et c'était tout.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Mar 3 Juil - 15:41

Observant le jeune homme les bras croisés, analysant la réponse qu’il venait de m’offrir, je le vis vaciller un instant te ne pus retenir un haussement de sourcil surpris, faisant enfin le lien entre sa phrase et son état visiblement moyen. Pas difficile de comprendre qu’il avait profité de sa recherche d’informations pour se payer un certain bon temps. Je lâchais un soupir imperceptible, un brin amusée au fond. Se pointer dans un tel endroit où il pouvait se faire dépouiller de tout en quelques minutes par les sirènes qui peuplaient ce lieu, et ça, en étant passablement réduit, restait soit de la confiance envers l’inconnue que j’étais, soit de l’inconscience. Et je ne savais pas vraiment vers lequel pencher. J’allais lui répondre lorsqu’on frappa à la porte, deux coups, trois, puis un seul. C’était Lucy. Me détournant quelques secondes du jeune homme, j’’entrouvris la porte pour apercevoir mon amie, lui indiquant d’un signe de tête que tout se passait comme prévu pour l’instant lorsque je la vis blêmir en observant derrière mon dos. Instinctivement, je me retournais, prête à me défendre, au moment où j’entendais le bruit sourd d'une chute. Le regard dans la vide l’espace d’une seconde, j’avisais enfin le jeune homme étendu au sol, probablement comateux après ce qu’il avait du s’enfiler avant de venir ici. Me frappant le front du plat de la main, je me laissais tomber contre le chambranle de la porte aalors que la jeune femme venait d’entrer dans la pièce en refermant la porte vivement, visiblement inquiète. Elle m’observa avec des yeux furibonds.

"C’est ça ton rendez-vous ? Tu te fiches de moi ?! Ce type est ivre mort ! Qu’est-ce que tu lui as fait ?!"

Je l’observais d’un air penaud avant de baisser les yeux au sol, perplexe.

"Je n’ai rien fait, je t’assure … "

Une voix d’homme résonna dans le couloir, répétant de manière frénétique le nom de mon amie qui commençait visiblement à paniquer. J’observais le corps sur le sol quelques secondes avant de le rejoindre, vérifiant son poux au passage. Il allait bien, mais était passablement assommé par l’alcool. D’ailleurs, je ne m’en étais pas aperçu plus tôt, mais il empestait l’alcool à plein nez. Lucy s’agitait de plus en plus, transpirant l’inquiétude alors que je soulevais le brun tant bien que mal pour le déposer sur le lit, en travers de ce dernier faute de pouvoir mieux faire.

"Il ne peut pas rester là. Dans dix minutes il me faut la chambre ! …. Je sais ! Aide moi à le porter !"

Attrapant le bras du garçon pour le passer derrière ses épaules, je fus contrainte de faire de même et me fit trainer ainsi dans les couloirs aux lumières tamisées jusqu’à ce qui ressemblait à un cagibi. Elle y fourra le brun sans grande délicatesse et me fit un signe de tête.

"Toi aussi."

J’observais le peu d’espace qu’il y avait dans la pièce, avant de soupirer. Après tout, je n’avais pas vraiment le choix, je ne me voyais pas l’abandonner ici alors que c’est moi qui l’y avais fait venir. De plus, je n’avais pas eu toutes mes réponses. Me retournant au dernier moment pour observer la jeune femme, je lui demandais en chuchotant.

"Pourrais-je te demander un seau d’eau et un linge ?"

La demoiselle acquiesça avant de refermer la porte, nous plongeant dans une obscurité partielle. Ma vision s’adapta d’elle-même, je n’y faisais même plus attention maintenant. J’espérais juste que le jeune homme ne se réveillerait pas de suite, au risque de se retrouver face à un être pas vraiment humain. Quoi qu’avec la pénombre qui régnait, s’il parvenait à discerner les formes, ça serait déjà bien. J’avisais un seau retourné sur lequel je m’assis, installant le brun un peu plus confortablement, allongé sur le sol. Ce dernier ronflait paisiblement, visiblement en proie à un profond sommeil. Je soupirais doucement attendant la jeune femme qui revint quelques minutes plus tard avec ma demande. La remerciant d’un léger sourire, je l’observais refermer la porte avant de ne reporter mon attention sur le dormeur. Passant une main au dessus de son front, je me rendis bien vite compte qu’il dégageait un peu trop de chaleur, étant presque aussi chaud que moi ce qui était anormal pour un humain. Je trempais le linge propre dans la bassine d’eau fraiche, l’essorant légèrement avant de le poser sur le front du garçon puis le laissais sagement dormir tout en remuant diverses interrogations.

Je ne saurais dire combien de temps passa ainsi, je somnolais légèrement, appuyée contre une étagère branlante, ignorant les sons qui me parvenaient de l’extérieur, attendant calmement le réveil de l’endormi. Ce dernier bougea, grommela, ce qui me tira de ma léthargie, soudain bien réveillée, et je me penchais tranquillement vers lui en gardant mes distances. Qui sait de quoi était capable un homme qui avait trop bu. Je n’avais vu que trop d’atrocités de ce genre pour ne pas avoir envie d’en devenir victime. Des pas résonnèrent près de la porte, comme régulièrement depuis un certain temps, au moment où le jeune homme commençait à parler. Je lui plaquais la main sur la bouche pour le faire taire, observant les mouvements de pas à travers l’interstice visible par le dessous de la porte. Une fois le danger écarté, je retirais ma main et chuchotais doucement.

"Lumineuse idée de venir bourré. Meilleur moyen de ne pas ressortir indemne. "

Je soupirais, ma mauvaise humeur déteignais visiblement dans mes paroles, j’essayais de me reprendre, parlant d’une voix plus distante, toujours le plus bas possible tout en restant audible.

"Tant que tu n’es pas apte à marcher, tu devras rester ici. Le gérant ne fait pas très bon accueil à la clientèle ivre. En attendant, je vais te poser quelques questions du coup."

M’adossant à l’étagère sans le quitter des yeux, je croisais les jambes et l’observais calmement, curieusement en réalité.

"Je suis contente de savoir qu’elle fait bien partie de l’organisation. J’espérais que tu pourrais la retrouver, mais je te remercie déjà d’avoir eu confirmation qu’elle était bien des vôtres. Mieux encore, savoir qu’elle y est assez connue sera un plus pour la retrouver plus rapidement. Dans tous les cas, je ne sais pas comment te montrer ma gratitude mais je te suis très reconnaissante. "

Je l’observais se redresser, me taisant quelques secondes en l’observant avec un léger sourire appréciateur qu’il ne devait sûrement pas voir. Je m’en voulais un peu de ne pas lui avoir dit la vérité, un peu beaucoup même, au fond, il s’était montré serviable, même presque … gentil. Mais c’était là un luxe que je ne pouvais pas m’offrir. Etirant mes bras longuement, je fis craquer ma colonne vertébrale plus d’une fois avant de reprendre d’une même voie discrète.

"Maintenant, sais-tu où l’on peut la trouver ? Auprès de qui ? Dans quelle lieu, quelle ville ? Même un simple indice me serait précieux …"

Sans m’en rendre compte, j’étais repartie à le tutoyer, comme le premier soir. L’empressement peut-être … Il ne fallait plus grand-chose pour que je lui mette la main dessus, et pourtant elle paraissait encore tellement inaccessible. C’était terriblement frustrant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Mer 4 Juil - 8:19

« Lumineuse idée de venir bourré. Meilleur moyen de ne pas ressortir indemne. »

Ah. Effectivement. C'était pas un mauvais raisonnement. Hisashi s'en voulait un peu. Mais après tout, ça n'était pas bien grave. Quoi qu'elle avait évoqué le fait de ne pas ressortir indemne... En tous cas, elle n'était pas contente. Ça se sentait. À ce moment là, Hisashi s'en voulut un peu plus.

« Tant que tu n'es pas apte à marcher, tu devras rester ici. Le gérant ne fait pas très bon accueil à la clientèle ivre. En attendant, je vais te poser quelques questions du coup. »

Des questions ? Hisashi clignait des yeux pour reprendre ses esprits. Il allait encore devoir se concentrer. Mais il avait un peu dégrisé. Il essaya d'écouter attentivement la voix venant du noir. En pensant à cette voix, il remarqua que c'était une voix qu'il connaissait.

« Je suis contente de savoir qu'elle fait bien partie de l'organisation. J'espérais que tu pourrais le retrouver, mais je te remercie déjà d'avoir eu confirmation qu'elle était bien des vôtres. Mieux encore, savoir qu'elle u es assez connue sera un plus pour la retrouver plus rapidement. Dans tous les cas, je ne sais pas comment te montrer ma gratitude mais je te suis très reconnaissante. »

La jeune femme ! C'était elle ! Ça paraîtrait logique pour tout le monde. Mais il avait encore du mal à penser. Enfin... Il était heureux que ce soit elle. Au moins, il la connaissait. Et elle avait l'air plus gentille dans cette phrase que dans la précédente. Hisashi profita de se moment pour se relever. C'était plutôt inconfortable d'être allongé. Et autant profiter de la vie pour rester debout. Après, on sera allongé à mort.

« Maintenant, sais-tu où l'on peut la trouver ? Auprès de qui ? Dans quelle lieu, quelle ville ? Même un simple indice me serait précieux ... »

Oulah ! Ça faisait un bon paquet de questions. Et Hisashi était un peu mal réveillé. Même si ça s'améliorait de secondes en secondes. Il réfléchit quelques instants, trop fatigué pour se rendre compte qu'elle le tutoyait enfin.

« Elle est toujours partout et on ne sait jamais réellement où elle est. De plus, elle agit seule. Comme moi. Elle n'a pas de coéquipiers, pas d'attaches. Le mieux serait de rentrer dans l'organisation pour pouvoir la contacter. Enfin moi je propose ça comme ça.... Tu fais ce que tu veux après. »

Hisashi savait que cela ne l'avançait pas énormément. Car si elle avait voulu rentrer dans l'organisation, elle y serait déjà avec les informations qu'il lui avait donné. Là, il lui disait juste que c'était encore plus difficile que ce qu'elle pensait. Quelque chose lui revint à l'esprit. Un truc anodin qui pourrait peut-être l'aider.

« Ah ! Il y a autre chose qui me revient à l'instant. C'est juste une rumeur, je te garantis rien hein. Mais il paraîtrait qu'elle sera à Central City ce week-end. Pour deux jours. Je suis pas sûr de la source, le mec était bourré... Remarque, moi aussi... »

Hisashi avait délivré toutes les informations qu'il avait en sa possession. Ça lui faisait un poids en moins qu'elle soit au courant de tout. Même s'il n'était pas d'une nature stressée, c'était toujours mieux. Il repensa à la remarque de la jeune femme. Il pensait être apte à marcher. Et il voulait sortir.

« Je pense être apte à marcher. À moins que t'ai d'autres questions, on peut sortir d'ici ? »

Hisashi voulut la regarder mais même maintenant qu'il était bien réveillé, il ne voyait que quelques formes. Et grâce à sa voix, il savait où elle se trouvais par rapport à lui. Donc il perdit son regard dans le noir, en espérant la regarder dans les yeux.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   Mer 4 Juil - 9:43

Deux jours à Central …. C’était peut-être ma chance de la voir en fin de compte. Un léger sourire satisfait étira mes lèvres dans l’obscurité alors que je fixais la porte, songeuse. Combien y avait-il de chances pour que son information soit juste ? Peu. Très peu même. Ma chère sœur avait un don pour camoufler ses traces, ce qui rendait sa recherche bien plus complexe. Baissant le regard en entendant à nouveau la voix endormi du jeune homme, je fronçais légèrement les sourcils avant de me souvenir d’où nous nous trouvions. Certes, je comprenais son envie de sortir. Me redressant, je traversais le peu d’espaces qu’il y avait avant d’entrouvrir la petite porte de bois pour jeter un coup d’œil à l’extérieur. Les couloirs vides, pas un chat, pas un bruit si ce n’est ceux provenant du sous-sol. Confiante sur le fait que le danger n’était pas vraiment proche, je laissais entrer la lumière dans le cagibi et observais le jeune homme qui s’était entre temps relevé. Je repensais à la possibilité de rentrer dans l’organisation pour mieux pouvoir la localiser, avant de réfuter bien vite cette idée, me refusant à devenir une tueuse. Quoi que, c’était mon objectif de prendre la vie d’une autre finalement … J’étais déjà un monstre, je ne voulais pas devenir pire, incapable de pouvoir perdre ce qui me restait d’humanité. Aussi, j’abandonnais bien vite cette possibilité, me contentant de garder les informations déjà reçues dont certaines m’étonnaient un peu. J’aurais bien le temps plus tard de les vérifier, à vrai dire, ce n’était pas vraiment ce qui me manquait, du temps à perdre, loin de là. Le visage impassible, je lui signifiais qu’il pouvait sortir d’un signe de tête avant d’avancer au milieu du couloir en cherchant la sortie.

Ces bâtiments étaient tous trop grands, trop sombres, trop impersonnels. Bref, impossible de s’y repérer lorsqu’on n’y connaissait rien ! J’essayais de me fier au bruit provenant de l’étage inférieur en avançant tranquillement comme si je faisais également partie des meubles, sans vraiment m’assurer de si le jeune homme suivait ou non. Il me fallut bien cinq minutes pour trouver un escalier à travers le dédale de couloirs aux couleurs ternes, je poussais un soupir de satisfaction lorsque j’y parvins enfin, avant de descendre pour prendre la tangente par la porte de service que m’avait montré Lucy quelques temps plus tôt. Le brun m’avait bien suivi et était sorti quelques secondes plus tard sur mes talons. Me tournant vers lui, je l’observais quelques secondes en silence avant de lui accorder un mince sourire.

"Merci de ton aide. C’est plus que ce j’espérais. Si je peux faire quelque chose pour te remercier, n’hésite pas. "

Je n’allais pas m’éterniser, j’avais certaines choses à vérifier, d’autres à planifier. Qui plus est, trainer dans ce genre d’endroit en étant une femme n’attirait en général que les ennuis. Et des ennuis, j’en avais assez eus ces derniers temps, un peu de calme me ferait le plus grand bien. Attrapant une cigarette dans le paquet habilement planqué jusqu’alors, je l’allumais en levant le nez vers le voûte céleste, curieuse de connaitre le climat pour les quelques heures à venir. Le ciel était chargé, l’orage n’était pas loin, je réprimais un frisson tout en relâchant un nuage de fumée vers le ciel, puis reportais mon regard sur le garçon avant de me détournais pour quitter les lieux mais m’arrêtais subitement, pensive.

"Si un jour tu vois ma sœur, ne lui dit surtout pas que tu m’as rencontré. "

Je me détournais, les yeux brillants d’une certaine fièvre qui ne me ressemblait pas, que d’aucun aurait qualifié de joie. Ce n’était en fait que l’expression de la simple envie de tuer. L'animal en moi se réveillait par moment, prenant le pas sur la jeune fille timide et naïve et ayant pour seul compagne le besoin de vengeance.

"Je veux lui faire la surprise."

Esquissant un léger sourire ambigu, je repris ma marche tranquillement, agitant la main à son intention sans lui jeter le moindre coup d’œil.

"A la revoyure, jeune homme !"

Une fois disparue dans l’obscurité, je grimpais sur les toits pour m’assoir sur ces derniers et contempler le ciel avant que l’orage ne déferle. La peur et la fascination mêlées, c’était un dosage subtil qu’il m’avait fallu du temps à adapter. Beaucoup de temps. Je ne bougerais de l’endroit que lorsque les premiers grondements retentiraient au loin, observant pour l’instant le ballet des lourds nuages chargés d’électricité qui se déplaçaient lentement, mais sûrement, convergeant tous vers le même point. Mes pensées suivaient leurs cours tumultueux, analysant tous ce que j’avais appris de cet homme étrange. J’étais surprise que cela fus finalement si simple de parvenir à convaincre quelqu’un de me livrer de telles informations. Le regard braqué sur le ciel menaçant, je songeais à la suite.

Topic Clos
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]   

Revenir en haut Aller en bas
 

S'approcher du but, en douceur .... ou pas. [pv. Hisashi]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Vidéo][Next Gen] Une introduction tout en douceur ...
» La douceur estivale d'une conversation jardinière [Katrina]
» C'est le grand jour ! ~ Nuage de Douceur & Pluie Torrentielle ~ [END]
» La legerté et la douceur d'une Plume
» III. 02 ¤ La force et la douceur d'un ange

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fullmetal alchemist ::  :: Les Rps terminés ou abandonnés-