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 Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]

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MessageSujet: Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]   Jeu 28 Juin - 16:46

Difficile de parvenir à se perdre dans la beauté d’un paysage en plein centre d’une ville aussi immense que Central City. C’est pourtant ce que faisait la demoiselle. Debout devant une tombe d’un marbre blanc déjà grisonnant, elle fixait avec amertume le crépuscule qui se fondait déjà avec l’horizon, nimbant d’une lueur rougeoyante les autres stèles immaculées jalonnant la plaine. Une brise légère faisait danser doucement les boucles neigeuses sur ses épaules sans pour autant la tirer de son air songeur. Elle reste un long moment ainsi à contempler l’étrange luminosité qui se dégageait lorsque le soleil rejoignait la terre, cédant sa place à l’astre lunaire qui aujourd’hui était à son apogée en un cercle rond argenté parfaitement bien défini. Aucun nuage de venait troubler le ciel qui s’assombrissait lentement mais sûrement. Ce n’est que lorsque les lampadaires éclairant les allés vides s’allumèrent que la visiteuse réagit enfin.

Jetant un coup d’œil au bouquet fané qui surplombait la tombe, je lâchais un léger soupir. Je venais de plus en plus souvent trainer ici, et pourtant, je n’avais jamais eu la présence d’esprit de lui en apporter, peut-être parce que je n’accordais pas de réelle importance à ce genre de chose. A tort ou à raison, j’estimais que mon oncle n’était pas vraiment apte à pouvoir apercevoir une quelconque marque d’affection désormais. Cependant, je ne voulais pas laisser les plantes abimées ainsi. Dénichant deux trois fleurs encore vives, je les déposais sur la marbre sous l’inscription destinée à l’ancien alchimiste, avant d’embarquer ce qu’il restait pour le jeter dans la première poubelle venue. Regagnant l’allée principale, je restais toutefois songeuse, sachant parfaitement où je me rendais. Comme tous les soirs, depuis un peu plus d’une semaine désormais. Les cheveux partiellement noués pour tenir moins chaud, je remontais l’avenue principale après être sortie du cimetière, jetant quelques regards curieux aux alentours en progressant sur le trottoir. Mais petit à petit, alors que je m’enfonçais dans la ville, je quittais les beaux quartiers, les étalages remplies de marchandises plus ou moins luxueuses et les passants richement vêtus pour rejoindre une partie plus sombre et plus décadente de la cité. Mains profondément enfoncées dans les poches de mon short, je gardais désormais le regard au sol, désireuse de ne pas me faire remarquer. L’expérience m’avait appris que, plus l’on reste discret, moins l’on a de chances de se faire aborder, et c’est là exactement ce que je cherchais.

Je m’arrêtais quelques minutes devant la vitrine d’une boulangerie, me mordant la lèvre devant l’odeur délicieuse qui s’en échappait par la porte ouverte, avant de retirer prestement la main droite de ma poche, en tirant au passage les quelques sous qu’il me restait. Pas assez pour finir la semaine seule, mais suffisant pour me permettre une petite gourmandise. Réduite depuis quelques temps à un régime plutôt drastique faute de moyen, je décidais de craquer et m’autorisais cette légère entorse. Passant la porte, mon regard tomba sur plusieurs mets semblant tous plus appétissants les uns que les autres, et je ne mis pourtant guère de temps à me décider. Je ressortis quelques minutes plus tard avec un pain, un sandwich amélioré et une religieuse au chocolat, un sourire bienheureux aux lèvres. La nuit venait de tomber définitivement, cela se remarquait plutôt bien ici, au vu du nombre de lampadaires brisés, les rues en étaient donc on ne peut plus sombres.

Une rue à gauche, deux à droite, une impasse à gauche, je retrouvais un chemin habituel depuis quelques temps. Des sons me parvenaient aisément depuis le rez de chaussé du bâtiment auquel je faisais face. Dotée d’une curiosité parfois un peu trop encombrante, je passais devant des vitres hautes et me mis sur la pointe de pieds pour tenter d’apercevoir l’intérieur, chose difficile de part ma petit taille. Mais j’en vis suffisamment pour ne pas avoir envie de m’attarder ici trop longtemps. Avisant l’escalier de secours à la gauche de l’immeuble, je coinçais le sac que je tenais autour de mon poignet et en entamais l’ascension rapidement. Une fois au sommet, je scrutais la zone sous la lumière diaphane que prodiguait la lune avant de lâcher un léger soupir de déception. Bien entendu, j’étais seule. Sans gêne, je m’assis au milieu du toit, observant l’endroit en revivant un souvenir pas si vieux que cela, avant d’entamer mon frugal repas. Il ne me fallut guère longtemps pour le finir, une fois de plus, je me retrouvais absorber à regard le ciel. Il en dégageait une telle impression de liberté, en observant les étoiles, j’avais l’impression de pouvoir un jour fuir ce dans quoi je m’étais volontairement fourrée. Assise en tailleur, le visage levé vers la voûte sombre, je songeais, l’esprit ailleurs. Je me surpris à songer à ma famille, chose que je n’avais pas fait depuis des années, mais renonçais bien vite par crainte de sombrer dans la mélancolie. Ce n’est pas en se morfondant sur le passé que l’on peut un jour avancer. Revenue à la réalité, je sentis ce que j’avais délaissé durant ma contemplation et tournais vivement la tête pour observer ce qui était un cabanon en pierre, probablement abritant le système d’air du bâtiment. Dans l’ombre de ce dernier, je pouvais aisément distinguer une forme humaine. Je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire timide à l’encontre de l’arrivant.

"Salut …"
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MessageSujet: Re: Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]   Ven 29 Juin - 14:17


Les bras croisés, debout sur la corniche, Lyl scrutait la ville, le visage masqué. Une position dangereuse mais notre ami avait un équilibre redoutable. Il faisait le vide avant de ne partir en mission. Il devait rejoindre une de ses subordonnées pour l’assassinat d’un certain Alex Louis Armstrong. Lyl avait volontairement semé sa coéquipière. Il connaissait la force du militaire, il savait que face à cette fille il aurait une grande chance de s’en sortir. Mais si lui s’était rendu sur les lieux, l’homme n’aurait alors eu plus aucune chance. Et ce n’est pas Armstrong que notre chimère aurait dû tuer…
Ainsi il s’était réfugié ici, patientant plusieurs heures avant de ne retrouver sa coéquipière. Morte ou vive, ca lui était égal… Il affronterait probablement le bloc de muscle et feinterait de s’être prit une tôle, ou bien il le laisserait faussement pour mort. Comment savoir s’il serrait à la hauteur ? Le jeune homme était modeste, pourtant ses capacités avaient été prouvé à tous.

C’est alors qu’il sentit la présence d’un être humain s’aventurer au sein de son jardin secret. Il ne bougeait pas, confiant. Une douce brise faisait onduler son pantalon noir large et souple. Ce n’est que lorsque l’opportun fut sur le toit qu’il daignait s’en inquiéter. Il sentait sa présence, il pouvait affirmer que l’intrus avait pris place dans un coin. Quelle plaie. Même dans ses moments de liberté il était encore contrains de se cacher. Après un long soupire de lassitude il entreprenait d’aller s’informer de l’identité de l’intrus. Planqué dans la pénombre, le dos plaqué au cabanon, il passait discrètement sa tête. Il fut plus ou moins surpris de voir une connaissance. Pandora, la nièce d’Isaac. N’était-ce pas ici qu’il l’avait abandonné la première fois ? Pourquoi être revenu ? Lyl s’était retiré, adossé au mur il hésitait à pointer son nez. Il leva les yeux vers le muret sur lequel il se tenait quelques secondes avant. La fuite était simple, il avait juste à courir pour prendre de l’élan et sauter du toit. Ni vu, ni connu.
Son regard se posait alors sur l’astre nocturne, une belle lune blonde et pleine. L’unique source lumineuse sur ce toit. Encore un soupire…

Il retira son masque, puis toutes les armes qu’il abritait. Il retirait son bonnet et ne garda que ses gants et sa ceinture. Celle-ci abritait une arme à feu sur sa hanche, à droite. Une précaution, un souvenir… L’objet qu’il utiliserait pour un jour exploser la cervelle de son patron. Il déposait le tout sous une dalle par précaution. Un soupire, il glissait le long du mur, bras croisés pour apparaître dans l’ombre du cabanon. A cet instant la jeune femme le saluait d’une petite voix. Notre ami restait ainsi, plaqué contre le mur de profil à Pandora. Il tourna alors la tête à gauche pour l’apercevoir puis sans quitter sa position il lui demandait…

« Qu’est-ce que tu fais là ? »

Il détournait de nouveau le regard, cette fois il ne voyait plus la lune mais le QG de Central. Un énorme bâtiment sans cesse surveillé. De nombreux secrets y dormaient tout comme sous terre. La jeune femme était en plein repas, nul doute qu’elle avait espéré trouver la paix ici, comme le jeune homme. Il était prêt à contourner à nouveau le mur pour rester dans l’ombre si jamais elle approchait. Son accoutrement de tueur nocturne n’avait rien de rassurant. Il n’avait pas non plus envie de se justifier, c’était chose impossible… La compagnie de cette fille lui était agréable, mais c’était avec modération. Juste le temps de prendre de ses nouvelles et il repartirait, tel un fantôme…
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MessageSujet: Re: Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]   Ven 29 Juin - 19:11

Pas de perte de temps inutile, il allait droit au but. Je lâchais un soupir imperceptible, qui effaça le léger sourire que j’abordais jusque-là avant de me redresser doucement en avalant le dernier bout de pain que j’avais à portée de main. La lune éclairait parfaitement le toit, dévoilant un endroit calme et relativement désert si l’on exceptait nos deux présences. Difficile de le louper dans de telles circonstances, même s’il restait soigneusement dissimulé dans l’ombre du cabanon, comme s’il tentait de se faire oublier. Fermant les yeux un quart de secondes, je les rouvris en voyant comme en plein jours, les pupilles verticales aux caractéristiques bien félines, et observais le jeune homme désormais facilement discernable malgré la pénombre ambiante. Les mains dans les poches, je m’approchais tranquillement, confiante quant à la proximité avec un potentiel inconnu. A quelques pas, je m’arrêtais et observais le toit tranquillement, avant de fixer enfin mon regard sur ses yeux de jade.

"Je t’attendais en fait."

Je n’avais que trop menti ces derniers temps, je me voyais mal pourquoi je lui cacherais une telle chose, d’autant plus que c’était bel et bien le cas. Le regard timide, je songeais, incapable de me décider sur quelle partie commencer. Le détaillant quelque peu de haut en bas, j’esquissais un froncement de sourcil surpris en apercevant sa tenue particulière. Mais au fond, pas bien différente de celle dont il était vêtu lors de notre première rencontre sur ce même toit. Je repris d’un ton doux et calme en lui faisant un léger signe de tête dans ma direction.

"Tu ne veux pas sortir de l’ombre un peu ? A moins que tu ne craignes quelque chose de ma part … ce qui est inutile."

Je me détournais légèrement et observais la ruelle en contrebas, déserte, rien de bien surprenant. Dessous nous parvenait sans peine les exclamations significatives d’une soirée animée, et malgré ça, l’ambiance sur cet immeuble restait relativement calme. L’air fraichissait doucement, ce qui faisait du bien et permettait de souffler un peu après les journées d’une chaleur suffocante. Je me demandais d’ailleurs comment il faisait pour ne pas bouillir ainsi vêtu. Voyant qu’il ne daignait ni bouger ni parler, je pris parti de lui dire rapidement la raison de ma venue. La gorgée légèrement nouée toutefois, je m’adossais également au cabanon, à quelques pas du jeune homme, un pied contre le mur pour me retenir et levais les yeux vers la voûte céleste.

"J’aurais voulu que tu me parles d’Isaac. Je cherche actuellement quelque … chose. Et j’aurais besoin d’en savoir un peu plus sur mon oncle. Je l’ai quitté il y a longtemps, et plus ou moins contre sa volonté, j’ai probablement loupé pas mal de choses après ça. Etre enfermée n’est pas idéal pour se tenir informée."

Je tournais le visage vers le jeune homme, fixant le profil de ce dernier avec intensité, l’esprit pourtant ailleurs, avant d’affirmer avant plus d’aplomb que précédemment.

"Et je veux savoir pourquoi il est mort. "

Même si ce n’était pas ma préoccupation principale, cette dernière étant la traque dévolue à ma sœur ainée, la question de son trépas me taraudait tout de même régulièrement, probablement autant que la raison pour laquelle il avait pris un élève, ou celle pour laquelle il s’était mis à détester les militaires. Quoi que pour cette dernière, j’avais une idée bien précise en réalité, même si je ne pouvais pas concevoir qu’il puisse avoir été au courant de ce qui se tramait dans les sous-sols de ce labo lugubre. Je baissais les yeux en fixant le sol bétonné servant également de toit à l’entrepôt désaffecté, l’air pensive.

"Tu es probablement le seul à l’avoir connu après que je l’ai quitté, j’ai eu beau chercher des renseignements dans les dossiers militaires, je n’y ai rien trouvé hormis un ordre de décès sans motif, sans rien. Je ne savais pas vers qui d’autre me tourner pour comprendre ce qu’il s’est passé."

C’était là pourtant une raison qui m’avait fait venir, mais pas la seule. Quelque part, j’avais juste envie de le revoir. Sans raison apparente, et malgré l’aura écrasante qu’il pouvait dégager par moment, ce type incitait, m’incitait moi, à la confiance. Le fait qu’il ait connu Isaac, qu’il m’ait sauvé la vie, y jouait certainement pour beaucoup. Et puis, malgré la méfiance naturellement acquise en cage, je me sentais relativement apaisée lorsqu’il était là, consciemment ou non. Mais ça, jamais au grand jamais je n’oserais ma l’avouer directement, et encore moins le lui dire.
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MessageSujet: Re: Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]   Sam 30 Juin - 21:59

Il avait de nouveau glissé pour se retrouver à nouveau adossé au mur. Les bras croisés, un genou replié pour prendre appuie sur le mur avec son pied, il avait encore cette attitude nonchalante. Pandora l’avait rejoins, inutile d’êtres perspicace pour deviner qu’elle usait probablement de ses aptitudes animales pour percer la pénombre. Quoi qu’il en soit, sa capacité restait limitée, elle voyait les formes et rien de plus, tel un animal nocturne. Elle lui permettait précision mais ne lui permettait pas de distinguer couleurs et autres détails importants. Il s’était donc contenter de changer de position. La jeune femme lui avait confié sans la moindre once d’hésitation qu’elle l’attendait. Le visage de notre chimère n’avait pas bougé, pourtant il était intrigué. Son regard restait implacable, rivé sur l’horizon. La belle l’invitait à sortir de l’ombre pour la rejoindre, Lyl enchaînait par-dessus d’un ton de glace …

« Je doute que tu sois ici pour une simple visite de courtoisie… »

Une remarque désagréable. Vu comment il s’était efforcé à lui paraître exécrable il fallait espérer qu’elle veuille causer affaire. Bien évidemment qu’il appréciait le geste tout comme sa présence, mais ca, c’était camouflé dans son esprit borné. Il n’y à que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, notre ami en était probablement un. Un crétin solitaire. Après une courte pause silencieuse Pandora venait prendre place près du jeune homme. Là, installée dans la même position que notre lascar elle exposait la raison de sa présence…

« J’aurais voulu que tu me parles d’Isaac. »

L’alchimiste fronçait les sourcils dés cette première phrase. Cependant il restait serein, attentif à l’intégralité de sa requête.

« Je cherche actuellement quelque … chose. Et j’aurais besoin d’en savoir un peu plus sur mon oncle. Je l’ai quitté il y a longtemps, et plus ou moins contre sa volonté, j’ai probablement loupé pas mal de choses après ça. Etre enfermée n’est pas idéal pour se tenir informée. »

Lyl gardait le silence, peu importe ce qu’elle venait de dire, ce qu’elle dirait, il ne révélerait rien. Sa position était compliquée, chaque entrevue avec cette demoiselle la rendait d’avantage compliquée.
Il sentait l’intensité du regard de la jeune femme le dévisager. Sans lui rendre son regard il pouvait sentir son besoin ardent de vérité. Mais quelle vérité ? Tout le monde sait comment l’ancien alchimiste d’Etat Freezeur a été tué ! Cependant, le peuple connaissait uniquement la version du type cinglé qui voulait détruire le QG. Mais dans quel but ? Tous l’ignoraient. Lyl soupirait imperceptiblement, pourtant l’image de cet homme meurtri sur le sol restait gravée sur sa rétine. Encore une mort inutile, encore un être qui lui avait été arraché à cause de ce maudit pays. Il restait calme, il avait fait son deuil, aujourd’hui il était fort. Notre ami avait réussi à se convaincre d’avoir perdu tout sentiment pour quiconque. Son sang naturellement froid symbolisait la mort de son être. Il était déjà mort depuis ce soir-là, lorsqu’il acheva sa première innocente … Sans oser porter son regard sur son doux visage il se détachait du mur.

« Isaac a été tué par Bradley alors qu’il tentait de détruire le QG. Il savait ce qui se tramait officieusement dans les laboratoires militaires. »

*Et probablement derrière toutes ses conquêtes de pays… Pauvre fou…*

Il fit quelques pas vers la corniche, une bourrasque de vent vint alors saccager sa chevelure argentée. Il ferma les yeux, profitant de cette fraicheur qui ne le faisait pas frissonner.

« Tu ne t’es pas adressée à la bonne porte, Pandora. »

Oui, il avait retenu son prénom, tout comme ses délicieux traits. Derrière son masque de glace se tapissait une peine sans fond, un cœur congelé par la brutalité. Ses yeux reflétaient cette monotonie, tout comme sa voix qui entremêlait dureté et tristesse. Mais les deux n’allaient jamais l’un sans l’autre, l’un était toujours précédé de l’autre… Passons. Notre ami avait révélé des informations non compromettantes, tant pour elle que pour lui. Car en effet, il n’était pas égoïste, ni cruel, seulement protecteur. Et même s’il se le cachait, cette fille avait déjà une mince place dans son esprit. Il fallait seulement espérer que ca ne germe pas jusqu’à son cœur. Il décidait donc de nier et de couper court à ce « rendez-vous ».

« Je ne sais rien d’autre… Maintenant vas-t’en. »

Il fixait droit devant lui sans vraiment porter attention sur quoi ses yeux se posaient. C’était juste histoire de lui tourner le dos et de garder ce mur de glace intacte. Là, perché sur le rebord, à quelques centimètres de la mort il marquait un court silence songeur.
C’était dur car cette fille représentait plus qu’une connaissance. Elle avait probablement partagé les mêmes souffrances que notre alchimiste, elle avait connu Isaac et elle avait cet espèce d’ « aura » chaleureuse… Sans décroiser les bras ou daigner lui porter un regard, il attendit difficilement que la jeune femme accepte ses réponses et ne parte sans d’avantage d’explication. Elle semblait si triste
…Hélas, il était prêt à parier qu’elle ne l’entendrait pas de la même oreille. Alors que faire ? La semer ? L’assommer ? La supplier ? Ou bien brisé l’image quelque peu sympathique qu’elle avait de lui… Alors il leva ses yeux de jade qui miroitaient la blonde nocturne. Tel un appel au secours, il attendit que le bourreau, la Destinée, ne prenne les choses en mains. Il regardait beaucoup en l’air, depuis qu’il portait le titre de bras droit. Mais ce n’était pas pour rien, lui-même savait pourquoi, et même si ca le blessait, c’était plus fort que lui… Il décroisait les bras…une minute, peut être moins, le temps s'écoulait lentement, son silence lui semblait pourtant long. Il reprit, les yeux rivés sur l'étendue ébène...

« Tu sais, même si on arrivait à allonger les bras suffisamment pour écarter les nuages…
Traverser le ciel et toucher la lune… Même ainsi on ne parviendrait pas à toucher la vérité.
»

Lyl tourna la tête pour enfin porter son attention sur le visage de la demoiselle. Là, il reprit de sa voix monotone…

« …car il n’existe pas de vérité toutes faites, seul le sacrifice existe en ce monde corrompu. »

Voilà qu’il parlait avec énigmes et poésie. Mais quelque part, ce n’était pas étonnant, surtout pour un solitaire. Un monde berné par les illusions, voilà dans quel monde ils vivaient. Lyl l’avait compris dés son plus jeune âge lorsque l’armée l’avait enlevé à sa seule lumière, sa mère. A présent il volait dans la nuit, aveuglé tel un papillon de nuit par la lumière d’un espoir. Mais lorsqu’il penserait avoir atteint cette leurre, il ne ferrait que se brûler les ailles, tout comme Isaac avant lui. Mais ça, il n'en était qu'à moitié conscient. Son désire maudit de vengeance lui voilait la face. Il portait des œillères pour ne voir que son but. Le jeune homme détournait le regard et rétablit à nouveau le silence se fichant éperdument du boucan sous ses pieds.
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MessageSujet: Re: Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]   Dim 1 Juil - 15:25

Je baissais la tête doucement, blessée quelque part par la froid réfrigérante du jeune homme. Lorsque j’étais près de lui, je revoyais sans cesse la dernière fois où je l’avais croisé, dans ce bar, effondré, embarqué par l’alcool, et je me souvenais de sa réaction radicalement différente lorsqu’il s’était souvenu de moi. Passant d’un extrême à l’autre, il avait d’abord paru nonchalant et un tantinet charmeur, pour devenir froid et distant quelques secondes plus tard. Sur le moment, cela ne m’avait pas choquée outre mesure, peut-être énervée, je ne m’en souvenais même pas, mais après coup, j’en étais venu à me demander si j’étais réellement fautive dans ce changement de comportement subit, si j’en étais bel et bien la cause, pour parvenir à la conclusion que c’était probablement le cas. Les yeux rivés sur le sol, le visage désormais fermé, je l’écoutais me répondre d’une voix sans timbre, parlant comme un automate. Bradley, le généralissime. Oui, c’est bien cela que j’avais lu sans pourtant trop oser y croire. Mon oncle aurait soit disant attenté à sa vie. Ce dont au fond, je le croyais bien capable, mais pas sans raison. La suite me confirma ce que je pensais, et avais découvert à mes dépends. Ainsi, le vieil homme avait découvert la sombre vérité de ce qui se cachait derrière l’aspect officiel. Sa mort s’apparentait donc beaucoup plus à une exécution sommaire qu’à un châtiment en guise de punition. Les sourcils légèrement froncés, j’essayais pourtant de comprendre pourquoi c’était le généralissime en personne qui s’était déplacé, et non pas un ancien confrère alchimiste d’Isaac. Ce système avait déjà démontré son inhumanité en de nombreux points, il n’était probablement plus à ça près. Si Bradley lui-même en était venu à sortir de la sécurité du QG pour affronter un de ses anciens alchimistes, c’est qu’il y voyait probablement un fort risque. Mais lequel ? Celui de voir ses bâtiments détruits ? Ou bien celui que le renégat soit simplement capturé et traduit en justice, où il aurait pu faire part de ce qu’il avait découvert, bien que j’ignorais encore de quoi il s’agissait. La voix distante de mon voisin me tira de mes sombres réflexions, me faisant tressaillir par sa froideur.

Je relevais légèrement les yeux vers lui, scrutant son profil sans pour autant discerner autre chose que l’aspect général de ses traits fins dans cette obscurité. Je faisais de mémoire, cela me suffisait, et m’évitait également de discerner l’air probablement glacial qu’il arborait si je me fiais seulement à sa voix. Les sourcils froncés, je secouais la tête négativement, persuadée qu’au contraire, j’avais fait le bon choix en venant ici pour le revoir.

"Tu es le seul à l’avoir connu assez bien pour savoir comment il était. Et puis, mon oncle ne s’est pratiquement jamais attaché à quelqu’un. Hormis sa sœur et une ou deux femmes dans sa vie à ce que j’ai pu comprendre, il n’avait personne. Si tu as réellement été son élève, ce que je crois vrai puisque tu pratiques la même alchimie que lui, et je ne l’ai que trop vu faire, c’est qu’il t’appréciait et t’estimait assez pour t’enseigner son savoir. "

Ignorant sa demande sonnant en réalité comme un ordre, je continuais sur ma lancée, sans même me rendre compte que le vent avait tourné et se faisait un peu plus pressant, ni même que la lune se voilait de nuages, jouant avec la luminosité déjà faible des lieux. Prise dans mes réflexions, je ne faisais qu’énoncer ce que je pensais à cet instant, sans plus réfléchir.

"Ce n’était pas un saint, je le sais très bien et me suis disputée avec lui nombre de fois à cause de ce qu’il faisait. Mais c’est probablement une des personnes que j’ai le plus aimé et estimé. Et malgré tout ce que tu as pu me dire, je continue de croire que tu n’es pas ce que tu veux paraître, il n’aurait jamais soutenu et éduqué quelqu’un qu’il n’estimait pas digne de confiance. Et pour cela, je m’en remets à son jugement, s’il te faisait confiance, alors moi aussi, peu importe si j’ignore qui tu es, si j’ignore même jusqu’à ton nom, ce que je sais de toi me suffit."

La brise agitait doucement les cheveux du jeune homme, balayant son front comme une caresse avant que celui-ci ne se détourne, me faisant délibérément dos. Et heureusement au fond, mieux valait qu’il n’aperçoive pas le voile de tristesse qui marquait mon visage en cet instant. Je ne savais pas pourquoi je me rattachais autant à lui, mais le laisser disparaitre aussi subitement me semblait impossible. Deux choses nous unissaient, trop importantes pour que je puisse faire l’impasse dessus, qui plus est, je sentais autre chose que de la froideur ou de la cruauté chez lui. Sans savoir exactement quoi. Pourtant, je l’avais vu tuer, mais il avait également fait preuve de gentillesse envers une totale inconnu en haillons qui plus est, ce qui me faisait penser que deux hommes semblaient se côtoyer en lui, avec plus ou moins de forces. J’étais quelque peu peinée par ses dires, mais ne renoncerais pas pour autant, d'autant que malgré l’attitude glaciale qu’il affichait, je me sentais presque à l’aise en sa présence.

Le visage levé vers la lune à nouveau découverte, il semblait plongé dans ses réflexions, avant de prendre à nouveau la parole, l’air songeur. Des paroles énigmatiques, pour un homme qui l’était tout autant, cela me semblait parfaitement normal à défaut de me laisser perplexe. Le sacrifice … une bien vaste notion, bien cruelle également. Que pouvait-on sacrifier une fois que tout vous a déjà été arraché ? Qu’il ne vous reste que votre vie ? La vie elle-même ? Est-ce que cela en valait bien le coup au fond ? Qu’étais-je en train de faire après tout, si ce n’est sacrifier la possibilité d’une nouvelle vie tranquille au profit de la vengeance ? Seulement, la quête de vengeance est une voie bien plus sombre et tortueuse que celle de la recherche de vérité. Sans parvenir à trouver de réponse aux paroles du jeune homme, je détournais doucement la tête, scrutant les lueurs tamisées de la ville depuis ce toit aux allures de jardin secret. D’une voix lointaine, je repris, les yeux dans le vague.

"Je tâcherai d’y penser …"

Sous nos pieds, le tapage avait repris, les hommes reclus en bas semblaient bien s’amuser, on entendait aisément les bouteilles s’entrechoquer, les verres se croiser, les tables remuer, bref, un joyeux tintamarre qui tranchait avec l’atmosphère pesante qui régnait en cet instant au-dessus de leur tête sans même qu’ils s’en doutent. Je daignais enfin bouger quelque peu, me redressant d’un coup d’épaule pour me dégager du mur, avant de m'approcher du jeune homme, m'arrêtant à sa droite en maintenant une certaine distant, l'observant tranquillement.

"Je n’abandonnerais pas. Je ne te crains pas, pardon si c’est ce que tu espérais. J’ignore qui tu es, je m’en fous. Laisse-moi juste une chance de comprendre pourquoi j’ai perdu ma seule famille, laisse-moi te connaitre pour peut-être pouvoir t’aider. Je te dois bien ça, après ce que tu as fait pour moi."

Le regard perdu au niveau du sien sans pour autant l’apercevoir, je me contentais de l’observer en silence, consciente que ce n’était probablement pas l’expression d’une partie de mon ressenti qui le ferait changer d’avis, mais la franchise était un autre défaut dont je me serais bien passé. Qui sait, peut-être faisais-je réellement fausse route au fond, peut-être que c’ était juste un assassin sans morale qui s’était servi d’Isaac pour lui soutiré son alchimie. Mais la lueur que j’avais vu dans son regard ce soir-là au bar, cette lueur de détresse, de désespoir, c’était à ça que je me raccrochais avec acharnement, persuadé que cette vérité dont il parlait était bien plus complexe que ce qu’il n’y paraissait vraiment. Et c’était celle-là que je voulais connaitre, la vérité sur ce jeune homme si intriguant. Peu importe ce qu’il pourrait en découler.
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MessageSujet: Re: Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]   Dim 1 Juil - 18:13

C’était la troisième fois qu’ils se voyaient, la troisième fois qu’elle tentait d’en apprendre d’avantage sur notre ami. Pourquoi un tel intérêt à son égard ? Ca dépassait l’intrigue, ca dépassait l’envie de lui rendre la monnaie. Pandora ne semblait pas comprendre le vrai sens de ses paroles. Elle avait simplement annoncé y songer. Une réponse décevante. Car cela prouvait à quel point elle était bornée. Elle se fichait donc de sa nature, de qui il était, elle voulait simplement lui faire confiance, tout comme Isaac. C’était probablement une erreur, Lyl n’était pas formé pour protéger pour détruire. En vidant son sac, il risquait tout simplement de la mettre en danger car elle insisterait probablement pour aider notre chimère. Comme elle l’avait soulevé dans son court monologue. Mais le sacrifice dans cette situation, c’était le savoir contre la mort. Il rétorquait doucement tandis qu’elle l’avait rejoins à son côté…

« Peut être que toi tu es prête à sacrifier bon nombre de chose pour la vérité… »

Il tourna lentement la tête pour plonger son regard dans le sien brillant. Ses pupilles étaient semblables à celles d’un félin. Notre chimère faisait navette entre ses deux globes avant d’ajouter avec la même douceur que précédemment…

« …mais moi pas. L’expression de son visage changea radicalement, la tendresse laissait place à la fermeté et il ajoutait… Je ne veux pas sacrifier l’unique lien qui me rattache à ce monde »

N’était-ce pas là une révélation ? Lyl avait enfin accepté sans le vouloir l’amitié de cette jeune femme. Après tout, leurs deux premières rencontres avaient été tellement fortes en émotion que sans le vouloir ils avaient tissé des liens. Il détournait le regard et replaçait sa tête dans son axe avant de ne soupirer. Son cœur avait devancé sa tête. Malgré ca, il restait serein, quelque part soulagé d’avoir pu dire une telle chose à quelqu’un avant de ne quitter ce monde sans laisser de trace. Isaac était parti en marquant le cœur de nos deux chimères, il avait donc réussi à laisser sa marque sur Terre. Lyl humait l’air, il sentit une variation de température ainsi qu’une augmentation soudaine de l’humidité. La lune était voilée par les nuages, tout comme le ciel et ses joyaux.

« Ne dis pas que tu vas y penser comme si que c’était aussi simple. »

Lyl croisait les bras, il avait prit sa décision, il était un imbécile qui ne changerait pas d’avis.

« Je préfère te laisser dans le brouillard plutôt que t’ouvrir les portes de la vengeance. J’ai des responsabilités, j’ai une tâche à accomplir…ne complique pas les choses. »

Notre ami avait dégluti, les sourcils froncés il observait droit devant lui avec froideur. La franchise de cette femme était un atout, une vertu qui lui avait permis de combler une partie d’un cœur vidé. Une qualité qui adoucissait notre ami et qui lui compliquait la tâche par la même occasion. Car celui qui lie l’amour à l’horreur à déjà aimé… Ce monde qu’il avait crée n’existait que pour traquer le mal. Pas de place pour la gaieté. Pourtant, il y aspirait en secret au plus profond de lui. Lyl n’était pas bien différent de son maître, en tous points.
Il voulait donc encore garder cette image douce qu’elle avait de lui avant de ne découvrir le monstre. Un brin d’innocence dans son monde ce monde corrompu. Il marqua un temps d’arrêt puis leva le bras au ciel, l’humidité ressentie précédemment était due à l’arrivée imminente de la pluie. Mais avant que la pluie ne touche nos deux chimères, Lyl avait transmuté l’eau en énorme flocon de neige. Il l’avait fait en profondeur dans le ciel pour que cela dure quelques secondes, juste le temps de ne se mettre à l’abri. En quelques secondes l’atmosphère changeait. Il faisait moins chaud, et la pression semblait être redescendue entre nos deux compagnons. Une belle illusion, la neige avait le pouvoir d’adoucir les mœurs. Sa pureté réfléchissait le peu de lumière pour enfin les éclairer, même si ce fut que quelques secondes. Là, face à la jeune femme il baissait le bras.

« Ne crains pas les illusions, c'est déjà sur elles que le monde repose. »

Il baissa les yeux puis rejoignait l’intérieur du bâtiment tandis que les derniers flocons tombaient. Dissipée par la pluie, la neige avait disparu sans laisser de trace, telle une illusion. Il se mit à sourire, les yeux rivés sur l’endroit où ils se trouvaient quelques secondes avant…

« Quand j’étais gamin, Isaac faisait passer son alchimie pour des tours de passe-passe digne d’un magicien… Je n’avais alors jamais entendu ma mère rire autant face à ma naïveté. »

Inconsciemment il avait confié ce doux souvenir qu’il pensait avoir oublié. Il était étonné de s’en rappeler. Comment avait-il pu oublier ? Il n’y avait pas eu que le malheur dans son passé… Les yeux rivés sur le sol, il en oubliait le monde qui tournait, perdu dans ses songes enfantins… Ainsi, il oubliait momentanément le sujet de leur conversation tortueuse. Lyl levait de nouveau le regard en l'air, encore une fois... mais pourquoi?
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MessageSujet: Re: Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]   Dim 1 Juil - 19:38

Un léger sourire attendri aux lèvres, je me contentais d’observer le profil du jeune homme perdu dans la pénombre, touchée par la douceur dont il faisait preuve tout à coup. J’avais beau essayer d’ignorer l’élan d’affection que je sentais naitre, c’était déjà trop tard, et le voir fissurer l’espace de quelques secondes sa carapace de glace devant l’inconnue que je devais encore être à ses yeux représentait à mes yeux une marque de confiance, même infime. Je finis par détourner le regard, laissant ce dernier se poser sur l’étendue qui se trouvait à nos pieds, tout en l’écoutant sagement. Il me parla de vengeance, mon sourire disparu bien vite et je retrouvais un air impassible. Même s’il ignorait tout de ce qui motivait ma véritable vengeance, c’était la seconde personne déjà, à me conseiller à mots couverts d’abandonner. A moins que ce ne soit mon inconscient qui me fasse comprendre une telle chose, ce qui était fort probable en fin de compte. Délaissant cette idée stupide bien rapidement, je me concentrais sur la suite de ses paroles. Une mission, une tâche … La gravité de ses mots me tirèrent une grimace, il parlait comme un endoctriné. Mais après tout, qui étais-je vraiment pour venir imposer ma présence dans la vie déjà construite et réglée du garçon ? A travers ces quelques paroles, je pris enfin conscience que je me comportais comme une véritable sangsue, ne songeant qu’à l’intrigue qu’il avait déclenché en moi lorsque je l’avais vu la seconde fois, et non pas à ce que ma présence pourrait impliquer pour lui. Un comportement somme toute égoïste et ridicule. Sans un mot, j’acquiesçais à ses paroles, les yeux baissés alors que la culpabilité commençait doucement mais sûrement à germer dans ma tête.

Je frissonnais doucement lorsqu’une rafale plus violente que les autres balaya les mèches blanches qui me couvraient les épaules, sans pour autant bouger. La lune était désormais dissimulée derrière un épais manteau de lourds nuages probablement chargés d’humidité. Un peu de fraicheur ne pourrait certainement pas faire de mal après la lourde chaleur que nous avions endurés ces derniers temps. Lorsque je levais enfin les yeux au ciel pour sentir les premières gouttes de pluie sur mon visage, je découvrais avec émerveillement des petits flocons de neige immaculée à la place de la pluie. Observant avec des yeux brillants le ciel d’où semblait provenir comme par magie ce déluge silencieux, je ne pus retenir un sourire emplis de tendresse. Cela ne dura guère longtemps, le jeune alchimiste s’était déjà éloigné, mais le spectacle qui m’était offert valait bien le détour. Laissant place à la pluie, les flocons disparurent en un rien de temps, dissipant le moment de quiétude que le jeune homme venait de m’offrir, de nous offrir. J’avais beau ne rien y connaitre en alchimie, ou vraiment très peu, je savais bien que ce spectacle enchanteur était son œuvre, ses paroles douces avaient accompagnées l’éclat des quelques flocons de glace. Les illusions. Que dire hormis le fait qu’il ait entièrement raison ? Ma vie elle-même était basée sur ce principe simple mais au combien éprouvant. Par moment. Peut-être était-ce pour cela au fond que je ne les supportais pas lorsqu’elles touchaient les quelques personnes qui me tenaient à cœur. Mais il fallait bien que je l’accepte en ce qui le concernait. Consciente que je n’aurais guère plus au fond, il m’avait probablement offert ce qu’il avait de mieux, et cela me suffisait bien en réalité. Le rejoignant à l’abri du bâtiment avant de finir complètement trempée, j’observais le ciel déverser son dû sur la ville, mettant ainsi fin à des jours entiers de canicules en quelques minutes. A voir les trombes d’eau qui s’écoulaient paisiblement ainsi, je sentis ma poitrine se serrer, prise d’une envie de pleurer sans pour autant comprendre pourquoi. Envie à laquelle je ne donnais pas suite, me contentant de fixer le ciel noir, le visage impassible.

La voix légère du jeune homme raisonna dans mon dos, m’incitant à me détourner pour l’observer, je fus ainsi surprise d’apercevoir un sourire mélancolique marquer ses traits fins. Plus proche de lui que je ne l’avais été depuis qu’il était arrivé, je pouvais enfin discerner ses traits et observais avec une certaine tendresse le visage ainsi détendu de mon interlocuteur. Je crois bien que c’était la toute première fois que j’apercevais une telle expression marquer ses traits, ils en étaient embellis. Cette douce vision me tira un doux sourire qu’il ne put apercevoir, les yeux rivés sur l’extérieur. Je détournais finalement la tête après l’avoir contemplé quelques secondes pour observer l’eau ruisselant sur le toit en crépitant doucement alors qu’il me confiait un souvenir de jeunesse. Qui aurait pu penser que ce garçon semblant par moment impitoyable aurait pu s’avérer être un gamin naïf autrefois ? Ce n’était guère l’impression qu’il donnait, et il le faisait probablement à dessein. Silencieuse, je songeais à mon oncle. Ainsi, il l’avait connu étant très jeune. Finalement, Isaac avait peut-être eu une véritable vie en dehors de ses activités d’alchimiste d’Etat. Je m’étais prise plus d’une fois à l’espérer, mais ce vieil homme bourru m’avait paru si solitaire, même accompagné de deux adolescents, que j’avais supposé plus d’une fois qu’il avait probablement vécu seul durant très longtemps. Quelque part, je fus heureuse pour lui de m’être trompé sur ce point. D’une voix douce, je lui répondis, l’observant du coin de l’œil, légèrement en retrait.

"Ce vieux fou a toujours été un grand baratineur sur les bords. Il m’effrayait lorsque j’étais petite, mais avec le temps, je me suis rendu compte que ce n’était qu’une façade, au fond, il craignait juste de ne pas savoir s’y prendre. Isaac devait beaucoup t’aimer pour agir ainsi."

Au fond, hormis le lien de maitre à élève, j’ignorais tout de ce qui les avait lié, peut-être était-ce plus que cela, au ton du jeune homme, c’est toutefois ce que j’étais amenée à songer. Le vieil alchimiste me manquait beaucoup, sa présence et ses conseils avaient souvent été bénéfiques. Je me surpris à croire que si je l’avais écouté cinq ans plus tôt, il serait peut-être encore en vie. Mais l’on avance pas sur des regrets. Le passé était mort, il ne servait qu’à ne pas commettre les mêmes erreurs une seconde fois. Garder en mémoire ceux que l’on a chérit, voilà tout ce que je pouvais faire, ce que je devais faire. Je m’adossais au mur, à demi assise sur ce qui ressemblait à un bloc de béton sans aucune utilité, et observais l’extérieur.

"Comment as-tu connu Isaac ? J’avoue être curieuse de ce point. "

Avant toute méprise, je tournais le regard vers lui avant d’ajouter plus sérieusement.

"Je ne te demande rien sur qui tu es, j’aimerais juste savoir comment tu l’as connu. Simple curiosité, mon oncle n’était pas quelqu’un de très amical au premier abord, je doute que tu te sois attaché à lui simplement en le voyant. "

Cette simple idée, assez saugrenue voire même impossible, me fit tout de même sourire. J’imaginais sans le vouloir le jeune home à l’état d’enfant en train de courir entre les pattes de mon oncle en lui quémandant un jeu ou autre chose du même genre. La scène en elle-même restait risible, bien que peu envisageable, y penser était plutôt agréable. Cependant, je voyais mal mon oncle en train de s’occuper d’un gamin sans aucune raison.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]   Dim 1 Juil - 21:14

« Isaac devait beaucoup t’aimer pour agir ainsi » Cette phrase raisonnait dans son esprit, l’extirpant du passé. Il baissait les yeux puis portait furtivement son regard sur Pandora. Comme si que ses mots l’avaient choqué. Isaac l’avait considéré comme un fils, mais ça, notre chimère ne l’avait pas vu. Comment reconnaître un amour quelconque lorsqu’on n’en connait aucun ? Il détournait le regard, son épaule droite était appuyée contre l’une des façades. Pandora changeait radicalement de sujet, comme on passe un coup d’éponge. Une réaction étrange, soit elle s’en tapait, soit elle avait abandonné. A présent elle souhaitait connaître la manière dont le maître et son élève s’étaient rencontrés. Une question qui, apparemment, ne couvrait pas la curiosité du sujet précédent… Elle avait donc abandonné.
Notre ami pensait avoir à peiné plus pour lui arracher l’envie de savoir. Ca lui paraissait étrange mais d’un côté ca restait anodin car il ne la connaissait pas.
Il jetait de nouveau un regard à la demoiselle, elle était assise face à lui, sur un excès de béton.
Notre ami poussa un soupire mystérieux avant de ne répondre…

« Il a rencontré ma mère quelques mois après notre arrivée à Aquorya. Ils s’aimaient, ils voulaient vivres ensembles après la guerre… »

Un désire qu’ils n’ont jamais pu réaliser à cause de la guerre. Car même si Lyl n’avait pas disparu, Macdougall n’aurait jamais pu accepter de vivre pleinement sa vie, il avait cette nécessité de percer au grand jour la vérité. Une fin bien triste pour les deux amoureux. Le garçon décroisait ses bras pour ensuite se redresser. Il venait de se souvenir qu’on l’attendait. Le capitaine avait une mission à accomplir cette nuit. Il observait de nouveau le ciel, le rideau de pluie faisait trembler ses sens de reptile. Avec toutes cette flotte, non seulement son alchimie principale serait décuplée mais en plus il pouvait détecter tout un tas de particule. Il prit un profond soupire.

« Je dois partir, on m’attend. »

Il lui jetait un regard, elle s’était levée. Une proximité non négligeable. Il pouvait sentir l’odeur de sa chevelure qui émanait des quelques flocons fondus. Il lui tourna de nouveau le dos, même si elle était à quelques centimètres de lui…

«Il faut que tu saches que c’est ce qu’il a découvert qui l’a tué… Bradley l’a tué personnellement après qu’Isaac ait rencontré le Fullmetal Alchimiste, ainsi il ne passait pas à la barre et le secret était gardé. J’ai vu son corps baigner dans son propre sang, je ne veux pas voir le tiens. Si tu veux le venger il te faudra trouver des alliés. Agir seule est la pire chose que tu puisses faire… Laisse-moi partir devant… Isaac souhaitait offrir un monde meilleur à ceux qu’il aimait, il m’a confié une tâche après avoir fait de moi son arme, à présent je ne vis que pour ça. Alors ne gâches pas ta vie, ni son souhait.»

Agir seul une chose à bannir, hm ? C’était ce qu’avait fait Isaac et c’était ce que faisait Lyl. Seulement, ce dernier n’allait pas faire les mêmes erreurs que son maître. Bien que les informations lâchées fussent limitées, Lyl avait mentionné le Fullmetal, c’était un moyen de découvrir une partie de la vérité. En collaborant avec les Homonculus et en possédant des hommes implantés un peu partout, notre ami savait que ce garçon complotait en secret pour renverser Amestris. Finalement, il y avait de quoi se monter une armée, petit à petit. Mais avant ça, notre chimère devait d’abord tuer de ses mains le chef de l’organisation puis ensuite remplir s mission. Des ambitions suicidaires mais pleines d’espoir.
L’alchimiste se retournait pour observer Pandora quelques secondes. Un dernier regard avant de ne fondre dans la nuit. Il porta sa main glacée sur le dessus de la tête de Pandora. Vu sa réaction, on aurait pus croire qu’il s’était abstenu d’un baiser sur son front jusqu’au dernier moment et qu’in extremis il avait posé sa main. Hésitant. Il fit glisser sa main puis effleura à peine sa joue avant de lui dire…

« Prends soin d’toi… »

Il se retirait sans un mot de plus. Il traversa le mur de pluie pour rejoindre d’un pas pressé la dalle et y récupérer l’intégralité de son équipement. Le tout sous un bras, il filait sans être vu ni aperçu par son amie. Ce n’est qu’après avoir sauté du toit et longé la corniche qu’il entrait dans le bâtiment pour se ré-équiper. A cet instant le premier coup de tonnerre fit vibrer Central City. Il déposait le tout sur le sol poussiéreux et sec. Là, il prit son temps pour replacer chaque objet à sa place habituelle, seul son masque restait sur le sol. Ce masque… C’était le visage du Capitaine des insurgés, le second lui qu’il haïssait de tout son être. Il serrait à l’aide de ses dents d’un coup sec son protège avant-bras métallique tout en fixant son masque. On pouvait lire la haine dans ses yeux vert-jade. Rien à voir avec le visage qu’il avait affiché face à son amie. Une fois de nouveau équipé, il se baissait lentement pour prendre son masque. Il l’approchait de son visage avec lenteur lorsque son regard ripa sur l’extérieur. Une fois de plus, il était difficile de savoir ce qui trottait dans l’esprit de cet être à cet instant. Les yeux en l’air sur le ciel grisé, il regardait encore ses rêves s’envoler. Après un court silence, il redevenait mobile. Lyl plaçait le masque sur son visage et l’attachait avant de ne disparaître à nouveau à travers la nuit.
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MessageSujet: Re: Deux anonymes au clair de lune [Pv.Lyl]   Lun 2 Juil - 8:30

Il faut parfois renoncer à savoir. C’est en suivant ce principe que j’avais détourné le sujet plus ou moins consciemment. L’atmosphère s’était enfin relâchée quelques secondes et le jeune homme paraissait presque serein durant ce temps infime, je ne voulais pas retirer ce mince éclat de son visage pour devoir à nouveau faire face à un masque de froideur. Aussi, je rangeais toutes mes interrogations sans réponses dans un coin de mon esprit, bien décidée à y trouver des réponses, mais plus tard, lorsque le temps serait enfin venu. Au fond, je n’étais pas si changeante que cela, simplement, il y avait certaines choses que je n’avais pas envie de perdre pour l’instant. Comme le sourire calme qu’avait affiché le garçon durant quelques secondes. Il valait mieux se quitter sur ça que sur une énième dispute quant à son identité et qui il était réellement. Au lieu de ça, ce que j’appris sur mon oncle me ravis, autant que cela me peina. J’imaginais sans peine que ce désir de vie commune n’avait pu être exaucé, et pour cause, il avait fuis la guerre et était devenu un renégat aux yeux de l’armée, difficile voire impossible de vivre une vie tranquille dans ces conditions. Même si j’étais heureuse qu’il eut un temps connu le plaisir d’être avec quelqu’un, qu’il n’ait pas vécu totalement seul toute sa vie, je ne pouvais m’empêcher de songer amèrement qu’une fois de plus l’armée avait détruit des vies.

La tête basse, je laissais le silence s’installer en observant le rideau de pluie qui avait redoublé d’intensité à l’extérieur. De petites flaques se créaient déjà sur le toit, réverbérant par instant la lune qui jouait à cache-cache parmi les nuages. Sentant un mouvement près de moi, je tournais la tête vers le concerné pour le voir debout, m’indiquant qu’il quittait les lieux. Sans retenir un léger soupir déçu, j’acquiesçais d’un signe de tête avant de me redresser également, prête à mettre les voiles également. Inutile de rester ici plus longtemps s’il ne s’y trouvait plus. Quoi que, je n’avais pas la moindre envie de réintégrer le squat pour l’instant.

Alors que je l’observais tranquillement, le jeune homme se détourna, faisant face au mur bétonné de l’abri, avant de poursuivre d’une voix bien plus grave que précédemment. La pesanteur de ces quelques mots me firent frissonner, ça ne pouvait pas être le froid, je ne le craignais presque pas. Fixant son dos, j’enregistrais difficilement ce que j’avais pourtant déjà imaginé, en sus des autres informations toutes aussi importantes. Mais l’entendre de vive voix de sa part, c’était autre chose que d’échafauder tout un tas de suppositions, je compris alors que l’enjeu n’était pas uniquement mon oncle, mais un élément bien plus vaste, sans pour autant savoir quoi. Sans le vouloir, j’eus également la réponse à un questionnement que j’avais enfoui, à savoir qui était le jeune homme. Sans pour autant avoir obtenu de réponse ferme, je commençais à comprendre doucement pourquoi il rechignait tant à me faire part de sa véritable identité.

Cette idée de vengeance, c’était un poison qui vous rongeait à petit feu, mais c’était mon fardeau, pourquoi devrais-je le laisser porter à quelqu’un d’autre ? Même si je savais pertinemment que les chances de victoire étaient minces, ou peut-être bien à cause de cela en réalité, je n’arrivais pas à accepter le fait de laisser cette tâche à une autre personne, la laissant risquer sa vie à ma place. Mais avais-je au fond réellement le choix ? Lui comme moi avions devinés que j’y laisserais probablement la vie dans cette entreprise, seulement, je n’accepterais pas que ce soit lui qui offre la sienne à ma place.

Les yeux baissés, je ne sentis pas immédiatement que le jeune homme me faisait désormais face. Ce n’est qu’en sentant un contact froid contre ma joue l’espace d’une seconde que je relevais enfin les yeux, me retrouvant presque nez à nez avec l’argenté. La mine triste, je rattrapais sa main au moment où il la retira, sans le quitter des yeux et serrais celle-ci doucement dans la mienne, bien plus chaude.

"Tâche de rester en vie .... je t'en prie."

Je m’imprégnais de ce contact bref avant de le relâcher, reculant d’un petit pas dans l’abri. Le jeune homme ne demanda pas son reste et fila dans la pénombre, profitant de la lune voilée pour se faufiler inaperçu, disparaissant bien vite de mon champ de vision. Curieuse sensation que de sentir sa poitrine se serrait en voyant disparaitre une personne sans savoir si on la reverra ni dans quelles conditions. Restant immobile quelques secondes, je me décidais enfin à affronter l’averse pour quitter ce toit. Mes cheveux déjà trempés se collaient à la gorge, semblable à ses filaments cherchant à étrangler leur propriétaire et mes vêtements n’étaient plus que simples morceaux de tissus détrempés, alourdissant leur propriétaire. L’eau ruisselait sur mes joues alors que j’avançais tête basse, vers la corniche où se trouvait l’escalier de service. Une fois descendue, je marchais tranquillement dans les ruelles, mains dans les poches, sans véritable but. Mes jambes suivaient leur chemin seules, car j’avais l’esprit ailleurs, tiraillé entre les diverses informations que le jeune homme m’avait donné.

L’ondée avait redoublé de violence, s’acharnant sur la ville comme un ouragan, rafraichissant l’air et les esprits de chacun. Perdue dans ses pensées, la jeune femme ignora pour la première fois depuis fort longtemps l’orage qui se formait au-dessus d’elle petit à petit, ne voyant pas les éclairs au travers de ses yeux aveuglés par les questionnements sans fin, rendue sourde à la mélodie lancinante du tonnerre qui roulait dans le ciel noir. La crainte et l’interrogation étaient ses deux compagnes ce soir, elle ne les abandonnerait pas si facilement.

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