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 Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...

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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Mer 11 Juil - 20:35


Suite de : http://fmaleretour.asiafreeforum.com/t1146-la-transgression#23243


Je rampais jusqu’à mon sac, jusqu’à la dernière bougie encore allumée lorsque je sentis une présence mais je n’y portais pas attention.

« Merde…merde ! Je ne voulais pas ca… »

Je me redressais à l’aide de mon bras valide, celui qui portait la marque de mon passé de cobaye. Pourquoi m’avoir laissé ce bras-ci ? Pour que je continue à nourrir ma haine ? Voulait-on vraiment pousser les alchimistes à ouvrir la Porte ? Tant de questions… J’avais l’esprit embrumé. Je ne pus me lever, mon corps était trop affaibli par la perte de sang. Même les pointes de ma chevelure argentée avaient trempé dans l’hémoglobine. Ca empestait. Et sans mon bras, je peinais plus que je ne l’avais imaginé. Je me rendais compte à quel point j’avais été idiot de penser pouvoir gérer ca seul.
Je mélangeais mes souvenirs avec la réalité, je me revoyais gamin en train d’essayer de ramper hors du cercle après la transmutation. J’entendais tambouriner à la porte sans savoir si c’était mon esprit qui débloquait encore ou si c’était vrai. Pris de panique, je tentais encore de me relever, décidé à vivre. J’avais encore beaucoup à faire pour ce monde. Alors je me relevais dans un élan de colère, je m’approchais de la fenêtre qui était à quelques pas, là je me laisser chavirer tout en donnant un violent coup sur le bois pour faire rompre les fixations et laisser un rayon de lumière entrer. Le crépuscule venait éclairer mon champ de bataille, je me laissais tomber sous la fenêtre. Un spectacle des plus déplorables. Un ciel aussi rouge que ce qui me faisait face. Mon sang recouvrait tout mon trajet, les traces de ma main sur le sol en étaient que plus glauques. J’observais ma folie. J’étais comateux, je revoyais la silhouette de ma mère, j’entendais les paroles de la chose me donner une leçon… Je plongeais avec lenteur ma main dans ma poche pour en sortir mon paquet de cigarette. J’en sortais une clope non imbibée de sang et je l’allumais.
Je me laissais emporter par les songes sans avoir l’envie de me battre. Un changement soudain…

Je me laissais voguer, embrasser par la douce chaleur de la mort . Je la sentais m’envelopper, quelque chose m’encourageais à cesser de me battre. Mon cerveau manquait d’oxygène, j’avais des hallucinations. Là je perdais peu à peu connaissance. C’est alors que j’entendis quelqu’un débarquer. Les bruits me paraissaient lointain, je voyageais lentement et agréablement vers l’agonie. Je tirais des grandes bouffées sur ma cigarette, savourant une dernière fois ce plaisir nocif. Je voyais une silhouette s’activer dans ma direction sans parvenir à la discerner, à l’entendre. J’avais flanché pour la première fois, espérant que la mort venait enfin me chercher. Je n’avais pas peur de la faucheuse, à cet instant j’étais incapable de ressentir quoi que ce soit si ce n’est sa douce étreinte. Pitié, met un terme à tout ça, emmène moi. La cigarette m'échappait des lèvres pour tomber à ma gauche, du côté où ma tête penchait. Elle rencontrais la nouvelle marre de sang formée par mon bras manquant.


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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Mer 11 Juil - 21:44

Aucune volonté. Je marchais dans la pénombre, les mains sagement rangées dans les poche d’un vieux jean dégoté je ne sais où, une veste sur les épaules pour palier à la fraicheur nocturne, avec une seule destination en tête, l’entrepôt abandonné. Je savais que c’est là que je le trouverais, c’était sur ce toit qu’il revenait toujours, je n’avais pas besoin de chercher ailleurs. Le visage morose, j’avais abdiqué, refusant de combattre mon envie presque irrépressible de le revoir. C’était idiot, gamin, stupide, dangereux, irréfléchie mais c’était ce que je voulais. Alors pourquoi je me sentais mal à ce point ? L’inquiétude de transgresser l’interdit que je m’étais moi-même forgé peut-être … Ou une sensation diffuse que quelque chose ne tournait pas rond. Je l’ignorais. Une cigarette au bord des lèvres qui se consumait presque toute seule, j’avançais, dissimulée par l’ombre des bâtiments, d’un rythme lent et souple, je connaissais parfaitement le chemin désormais. Levant un regard las vers le ciel, je voyais la lune rougie, sanglante, signe on ne peut plus lugubre dans les rues désertiques des bas-fonds de Central. Relâchant un épais nuage de fumée dans l’air, je finis pas baisser de nouveau la tête, me contentant d’observer mes pieds, inhabituellement chaussés d’une paire de baskets noires, un peu défraichies. En réalité, j’avais quitté l’appartement sur un coup de tête, sans vraiment réfléchir aux conséquences de cet acte.

Qui sait, quand je le retrouverais, s’il venait ce soir, peut-être m’enverrait-il voir ailleurs une fois de plus. Me répétant qu’il n’était pas fréquentable, que sais-je encore. Je sentis ma poitrine se serrer doucement, sachant que je pourrais l’encaisser même si c’était douloureux à entendre. Les dernières paroles qu’il m’avait adressées étaient encore gravées dans ma mémoire, comme marquées au fer rouge, quelques choses d’inoubliable. J’étais devenu un poids pour lui par la force des choses, ce poids qui faisait que je mettais en danger son avenir, son but, la mission que lui avait confié Isaac. Pour la première fois, je m’étais surprise à en vouloir à mon oncle, à lui en vouloir d’avoir chargé le jeune homme d’un fardeau aussi lourd, bien que je n’ai pas vraiment d’idées fixes sur la nature exacte de ce dernier. Ce qui était pourtant certain à mes yeux, c’est que ça rongeait le jeune homme telle une maladie, un parasite quelque chose dont il ne pouvait pas se séparer, quitte à y mettre sa vie en jeu. Je lui en voulais par pur égoïsme en fin de compte, parce que je ne voulais pas abandonner son précieux élève, sa succession, à un destin plutôt sombre.

A force de réflexions, je finis par me tromper de route, atterrissant dans la rue principale du centre-ville. Me rendant compte qu’il y avait désormais plus d’animation, je réalisais enfin ma bourde et revint sur mes pas, balançant au passage le mégot de ma cigarette dans un caniveau proche avant d’apercevoir dans la rue plusieurs jeunes gens, passablement éméchés à ce que je pouvais en voir, riant à plein poumons, complices et surtout insouciants. C’était cette insouciance qu’il me manquait désormais, cette capacité à vivre simplement, sans réflexion, dans ambition meurtrière, ne pas simplement survivre en se demandant quand on va se faire reprendre. Inconsciemment, j’avais ralenti le pas en les observant, mon regard s’attarda quelques secondes sur un jeune couple un peu en retrait du groupe, qui se regardait avec une passion évidente. Je finis par en détourner le regard en accélérant le pas. Voir ce à quoi je n’avais jamais eu accès me laisser un arrière-goût bien amer au fond de la gorge, songeant à ce que cela aurait pu être si le destin n’avait pas été aussi cruel. Mais on ne refait pas le passé, on peut juste peut-être modifier l’avenir. Et encore, même sur ce point j’avais des doutes, et au fond, c’était pour ça quelque part que j’étais passé outre ma résolution pour tenter de retrouver mon ami.

Délaissant les joyeux lurons, je m’allumais une autre cigarette pour étouffer un peu plus mon malaise dans les affres de la nicotine, aspirant à longues bouffés les vapeurs toxiques, retrouvant ma route d’origine. Je n’étais plus très loin de l’entrepôt, mais malgré tout je n’entendais aucun bruit. Celui-ci devait être désert ce soir, pas de festivités, pas de beuverie, seul le calme régnait. Lorsque je pris la ruelle débouchant sur ma destination, je me raidis instinctivement, sentant que quelque chose clochait. J’avisais presque immédiatement les fenêtres condamnées de l’endroit et sentais déjà distinctement une odeur de fer, mêlée à une autre, plus suave, plus épicée. Un frisson me parcourut l’échine alors que je jetais ma clope au sol en accélérant grandement le pas pour me rapprocher. Je cherchais la porte d’entrée du regard, me précipitant vers celle-ci tout en gardant une certaine méfiance vis-à-vis de l’endroit qui paraissait totalement dénué de vie. Une fois à proximité immédiate, je reconnus sans peine l’odeur de la chimère que j’étais venue visiter, mêlée à celle, parfaitement distincte, du sang. Le sentis ma gorge se serrer avant de tenter de pousser la porte. Fermée. Je frappais, une fois, puis deux, sans aucune réponse. L’inquiétude commençait à me gagner alors que j’essayais de pousser la porte, si celle-ci ne tenait qu’avec une simple serrure, je n’aurais pas grand-mal. Mais force me fût de constater qu’elle était résistante, probablement barricadée de l’autre côté. Alors que j’allais essayer de l’enfoncer à coup de pied, un bruit sourd résonna du côté ouest du bâtiment, je m’y rendis alors sans attendre. Après un bref coup d’œil à l’angle, j’avisais les lattes de bois explosées qui jonchaient le sol au niveau d’une fenêtre. J’avais beau me concentrer sur les odeurs présentes, je n’en sentais pas d’autres que celle de mon ami. Sans plus réfléchir, je me dirigeais vers la fenêtre, ornait désormais d’une petite ouverture, pas assez grande pour laisser passer quelqu’un, mais suffisamment pour en apercevoir l’intérieur. Ce que j’y vis me glaça les veines.

Du sang semblant imbiber le sol, des trainés partant d’un cercle immense au centre de la pièce pour venir vers la fenêtre. Je sentais sans mal la présence du jeune homme sans pourtant parvenir à l’apercevoir. Les pupilles à la verticale pour tenter d’apercevoir un peu mieux, je finis par me reculer, bien décidée à entrer de force. Le trou déjà présent dans le bois fragilisait ce dernier, le briser n’en serait que plus facile. Je du pourtant m’y reprendre à deux fois avant que ce dernier ne vole en éclat, libérant le passage. Les sens imprégnés par la peur, je passais la fenêtre, sautant dans la pièce avec une certaine souplesse en observant la scène des plus morbides avant de me retourner brusquement en sentant enfin la présence derrière moi.

Lyl, assis contre un mur, les yeux mi-clos, baignant dans une mare d’hémoglobine, semblait à peine conscient. Mais par-dessus tout, ce que je remarquais en premier, ce fut l’absence de son bras et le sang qui goûtait toujours de la plaie ouverte. Mon cœur rata plusieurs battements face à cette vision, mon cerveau lâcha prise alors que la panique m’envahissait déjà. Tout cela ne prit guère plus d’une seconde.

"Lyl … Non ... NON ! Qu’est-ce que tu as fait bordel ?!"


La suivante je me ruais vers lui, cherchant du regard n’importe quoi qui pourrait m’être utile pour l’aider. J’avisais non loin un sac, débordant de choses diverses, et l’attrapais d’un geste vif pour fouiller dedans. Contre toute attente, j’y trouvais du matériel médical, dans bandages, des compresses, même de l’alcool destiné vraisemblablement à désinfecter les plaies. Comme si tout ce carnage avait été soigneusement préparé en fin de compte. Retirant ma veste j’en déchirais plusieurs morceaux pour faire un garrot serré autour de ce qu’il restait du bras du jeune homme, avant de préparer de quoi le soigner un peu plus efficacement. Mon corps entiers tremblait, parcourus de soubresauts nerveux mais mes mains parvenaient à rester stables. Je tentais de retenir la peur qui me parcourait pour rester efficace, mais c’est les larmes aux yeux et tremblante que je lui fis les premiers soins, parfois maladroitement.

Retirant le bandeau de fortune, je lui en refis un plus propre après avoir désinfecté la blessure, serrant au maximum. Le pansement ne tiendrait pas bien longtemps, il s’imbibait trop vite de l’hémoglobine du jeune homme, je fus contrainte d’en faire un second par-dessus le premier afin qu’il soit efficace. La chimère avait finalement fermé les yeux, avachis contre le mur, il semblait avoir définitivement perdu connaissance. Attrapant ses épaules, je relevais son visage d’une main, tentant de garder une voix stable malgré mes pleurs.

"Lyl ! Réponds-moi ! Reste ici, t’as pas le droit de partir !"

Mes larmes roulaient le long de mes joues, chutant sur les siennes en diluant peu à peu le sang qui maculait sa peau pâle. Les dents serrées, je compris qu’il ne pourrait pas me répondre. Je balayais la pièce du regard, cherchant une solution de replis. Je ne pouvais pas le soulever seule, aussi puissante que pouvait l’être la tigresse, je ne l’étais pas assez pour le porter sur un si long trajet que celui qui me séparer de l’appartement. Sans plus réfléchir, j’allongeais le jeune homme, le recouvrant de ce qu’il retsait de mon manteau avant de passer par la fenêtre pour me rendre à la cabine téléphonique à l’angle du bâtiment. Une chance qu’il y en est une. Les mains désormais tremblantes, je composais vivement le numéro du lieu de travail de Lucy, mes doigts pianotant nerveusement sur le verre en attendant une réponse.

"Septième ciel bonjour !"

"Je veux parler à Lucy , c’est urgent !"

"Euh oui mademoiselle, de la part de ?"

"Bougez-vous !"

"Bien …"

J’attendis quelque secondes avant d’entendre la voix essouflée de la blonde.

"Oui ?"

"Lucy, c’est Pandora. Je, je ...J'ai besoin de toi, ça presse ! Peu importe ce que tu fais, viens m’aider, je t’en prie ! "

"Quoi ?! Non mais tu rêves ma vieille, je travaille là !"

"Lucy, je t'en supplie, aide-moi …"

J’avais dit ces derniers mots en larmes, un long silence s’ensuivit avant que la jeune femme ne le coupe d’un ton nerveux.

"Où es-tu ?"

"Entrepôt désaffecté au sud du bordel."

"J'arrive."

Je raccrochais pour me ruer à nouveau dans le bâtiment, rongée par l’inquiétude. A peine agenouillée près du jeune homme que je pris son pouls, extrêmement faible. Il me paraissait également froid, trop froid par rapport à d’habitude. Retirant la veste, je le soulevais à demi, prenant garde à son bras blessé pour le maintenir dans mes bras et lui transmettre un peu de ma chaleur animale. Même s’il en avait probablement moins besoin qu’un autre, je ne le laisserais pas y rester à cause de l’hypothermie. La voix de la blonde résonna quelques minutes plus tard, je levais le bras et l’agitais pas la fenêtre pour lui indiquer mon emplacement avant de me redresser en soulevant le jeune homme du mieux possible. Lorsqu’elle arriva et aperçus le champ de bataille, la jeune femme plaqua ses mains sur sa bouche dans une expression d’horreur.

"Bon sang … mais qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?"


"J’en sais rien, on verras ça plus tard ! Aide moi, il faut le ramener à l’appart !"

Je soutenais la chimère du mieux possible, maintenant son bras sur mes épaules, un bras autour de sa taille, mais j’allais avoir grandement besoin de son aide. Sans se faire prier, la blonde attrapa doucement le jeune homme pour lui faire passer la fenêtre. Je le laissais entre ses mains quelques secondes le temps de récupérer son sac et les affaires trainant au sol, ainsi que de donner plusieurs coups de pieds sur le cercle pour effacer ce dernier. Mon regard tomba sur un pendentif jonchant le sol. Je l’observais une seconde avant de l’attraper et le fourrer dans la poche de mon jean avec précipitation pour retourner prestement aider la brune à soutenir mon ami.

Le trajet du retour fut rapide mais éreintant. Hormis nous, personne n’était à l’appartement, ce qui nous permis d’installer le jeune home dans une chambre inoccupée. Je laissais la jeune femme s’occuper davantage de lui, elle avait quelques connaissances en médecine, minimes, mais visiblement suffisantes en ce qui le concernait. Tournant comme un lion en cage, bouffée par la crainte, je faisais les cents pas au pied de son lit. Lorsque la jeune femme prit congé, je la remerciais sincèrement mais de manière succincte avant de venir prendre sa place sur l’unique chaise de la pièce, veillant le jeune homme toujours inconscient. Ces images d’horreur étaient gravées sur ma rétine. Bon sang, mais qu’est-ce qu’il s’était passé là-bas ?! Les mains dans les poches, je serais inconsciemment le bijou que j’avais ramassé au sol. Le regard braqué sur son visage, je partis chercher un linge et de l’eau claire et entrepris de le débarrasser de l’hémoglobine qui maculait ses traits, ainsi qu’une partit de son torse. Mes mains tremblaient encore mais je parvenais à retenir mes larmes, ce n'étaient pas elles qui parviendraient à le guérir.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Jeu 12 Juil - 0:04


Vint le moment où je sentais mon cœur battre, comme si qu’il était dans ma tête, je l’entendais louper des battements. Il ralentissait doucement mais sûrement. Je pouvais aisément sentir son rythme, lire sa mélodie pour en déduire qu’il n’allait pas trop tarder à lâcher. Le temps que je me vide de mon sang quoi. Ce genre de truc faisait partie de mes capacités de chimère. Le flux vital me manquant, mon cerveau manquait d’oxygène, il n’y avait plus grand chose pour l’alimenter. Mais ce n’était pas douloureux. Non, je me souviens de la sensation, c’était apaisant.
Un contact, c’est ce qui retardait de quelques secondes ma perte de conscience. J’ouvrais à demi les yeux pour apercevoir un visage familier. D’abord hésitant, je crus voir à nouveau ma mère, puis au son de la voix j’en découvrais un autre. Pas désagréable, mais probablement irrationnel. Encore une illusion ? Je ne savais plus, j’voulais juste crever en paix. Curieuse sensation. Je pensais ne plus réussir à me souvenir du visage de ma mère depuis toutes ces années, mais bien au contraire, elle était ancrée en moi Et puis le fait de l’avoir revu dans la porte avait ravivé les souvenirs de son apparence.. Et tandis que je mourais à petit feu, je voyais le visage de Pandora. Pourquoi ? Une volonté loupée ? Mais en l’heure actuelle, j’étais plus dans une illusion. Impossible de me reconnecter à la réalité, j’hallucinais.
Mais voilà que j’entais crier, je n’arrivais plus à ouvre les yeux, je ne contrôlais plus rien, je n’en avais plus la force et à vrais dire, ni l’envie.
Tel un blocage, j’étais resté face au choc de voir ces deux êtres qui m’étaient chers me narguer. Ma main tendue, puis la décomposition de celle-ci. Comme si qu’en plus de céder mon bras on m’avait volé mon désire de vivre. Peut être la cause des souvenirs et peine anciennes qui était revenus de manière brutale et inattendue.

L’alchimie se basait sur la force mentale, sur l’image et les souvenirs pour matérialiser la transmutation. Donc pas étonnant que ce passeur, ou Mister Vérité ait pu lire dans mon cœur pour me déstabiliser. Il m’avait pris non pas ce que j’avais de plus cher, mais ce qui comptait le plus pour moi. Une jambe sa se dissimule, mais pas un bras. Et puis il avait soutenu des propos véridiques.

Aussi lointaine fut-elle j’entendais la voix de mon amie qui m’interdisait de partir. Peut être en avais-je à nouveau versé une, ou bien était-ce un restant de tout à l’heure, ou encore les larmes de la chimère. Comment le savoir. Je perdais définitivement conscience, persuadé de crever comme un chien, dans ma folie.

Bien que je ne puisse un jour m’en souvenir à cause de mon inconscience, j’avais déliré dans mon sommeil. J’avais cité ma mère, plus tard Seiji, un cobaye et surtout un ami, puis Pandora.
J’agrippais mon amie et
lui demandais pardon, les yeux grands ouverts j’avais vu ma première
victime. La fille de ce barman. J’avais révélé deux trois choses par-ci
par-là sur les points les plus marquants de ma vie en quelques mots et
phrases clefs.
J’avais également relaté quelques moments difficiles de ma vie captive. Mais le plus regrettable fut de lui révéler des informations concernant l’existence d’Homonculus. Des propos dignes d’un homme qui délire, mais personne ne se doutait que je disais la stricte vérité. Je parlais d’un monstre tapis sous Central, de sept êtres immortels animés par une pierre philosophale. Puis je parlais du chef de l’Organisation Zéro, je parlais de son plan ; l’immortalité. Enfin j’achevais mes révélations étranges sur Amestris « ils ne doivent pas prendre Briggs. » .
Tout ça durant les premières cinq heures suivant ma transmutation, la fièvre avait eut raison de moi. Puis lorsque je fus calmé, quelques heures plus tard, je réclamais la présence de la jeune femme, lorsqu’elle me répondit je lui demandais de ne pas me quitter, tel un gamin effrayé. J’avais alors retrouvé un sommeil apaisant après avoir été rassuré. Pitoyable hm ? Une chance que je ne m’en souvienne pas…


52 heures plus tard.

Elle était de nouveau devant moi, son regard perfide m’observant mystérieusement. Lust, probablement mon dernier réel souvenir avant de braver l’interdit. D’ailleurs je ne me rappel pas en avoir songé. Je revoyais l’Homonculus aguicheuse m’approcher, sauf que cette fois-ci, elle me transpercer le crâne de ses doigts acérés. Au même moment j’ouvrais les yeux comme pour me sortir d’un mauvais rêve.

Pire que ce cauchemar, la douleur de mon bras gauche. Je portais ma main dessus, perplexe, je ne comprenais pas la nature d’une telle douleur. Mais ce fut le vide que je saisissais, je détournais immédiatement le regard sur celui-ci. J’y découvrais l’absence de mon bras gauche, juste un morceau emballé dans des bandages. C’est alors que la vision d’un œil gigantesque puis d’une silhouette au sourire carnassier me revint en tête. Je détournais le regard et prenais enfin connaissance des lieux. Il faisait jour, les rayons d’un soleil éclatant perçaient à travers un volet en piteux état. Le bois semblait en avoir prit un sacré coup de vieux. Je détournais à nouveau mon regard cerné, je reconnaissais la pièce comme étant la chambre de Lucy, ou de Pandora. Je n’en savais trop rien. D’ailleurs je remarquais la jeune femme à ma gauche, assoupie tout près de moi. Je ne me trouvais pas au centre du lit mais sur un côté. Elle avait donc la place d’y prendre place. J’ignorais combien de temps s’était écroulé depuis ma transmutation, mais c’était déjà trop. Aux yeux de l’Organisation ca pourrait être pris comme une déserte ou une probable mort. Je devais vite repartir… Je portais ma main sur mon front, celui-ci et comme l’intégralité de mon corps était plus ou moins chaud. J’étais fiévreux. Je me redressais avec difficulté, tiraillé par la douleur de mon bras céder à l’échange équivalent. Je portais mon regard inerte sur la jeune femme. Même dans son sommeil elle semblait tourmentée. Je m’en voulais de lui avoir imposé ca, mais quelque part j’étais en colère. Comme un lâche je me souvenais avoir souhaité très fort crever à la suite de cette transgression. Je relevais une de ses mèches, un geste inutile dicté par mon attachement à son égard. Merde, elle m’avait sauvé la vie. Combien l'avais-je inquiété?
Je repoussais la couverture qui m’abritait et m’extirpais difficilement du lit. Je prenais le soin de ne pas réveiller la jeune femme. Je m’éclipsais doucement.

Debout je me rendais compte de la faiblesse de mon corps, mes jambes flageolaient, ma main tremblait. Je me sentais fébrile, affamé et j’en passe.
Je passais la porte de la chambre et rencontrais le gamin de l’autre soir, puis la fameuse Lucy. Je détournais le regard, sans un mot je quittais l’appartement.

« Où vas-tu ?! S’informait une voix inquiète, celle du gamin…
-Prendre l’air… » Répondais-je avec monotonie.

Je grimpais les escaliers qui menaient au toit, par chance, bien que je n’avais pas songé au contraire, la porte était ouverte. Enveloppé instantanément par le soleil, je plaquais aussitôt mon unique bras sur mon front pour faire barrière à sa lumière éblouissante. J’approchais du bord, appuyé sur la barrière de sécurité je déversais momentanément cette peine ressentie à travers la porte. Pas de larme, juste les dents serrées par la sombre fatalité. Je repensais à chaque détail, à chaque paroles échangées. Je me penchais, le front proche de mon bras replié sur la rambarde lorsque je revis l’illusion de ma mère et d’Isaac me tendre les bras.

« Putain… »

C’est alors que je sentis quelqu’un approcher. Les yeux ouverts, je me redressais lentement et adoptais une attitude plus ou moins tranquille. Pandora, Lucy ou Kelyan ? Qui sait… je n’avait pas la tête à y songer. Je n’étais pas sûr d’être prêt à me justifier. Je ne songeais pas à la reconnaissance, j’étais encore sous le choc. J’ignorais si mon amie me pardonnerait d’avoir voulut mourir. Il fallait que je me reprenne, je devais vite me rétablir pour vite repartir. Je devais remplacer au plus vite mon bras avant que ma plaie ne se referme. Tandis que la personne s’approchait, hésitante, je demandais, sans daigner lui faire face…

« Combien de temps ai-je dormi ? »

Mon regard se perdait sur le monde qui gisait à mes pieds, s’activant de manière insouciante. Un tas de chose me revenaient peu à peu à l’esprit, j’avais acquis un bon nombre de connaissance en un temps record. Mais pas au prix que j’avais souhaité. Plus que la déception de ce bras manquant, j’avais subi un choc émotionnel. C’était la cause de mon mal être. Non…pas seulement, je me sentais coupable par rapport à Pandora. Bien que j’avais souhaité mourir, je regrettais avoir souhaité l’abandonner. Mais voyez-vous, c’est tellement plus simple de partir avant les autres, on s’expose moins à la douleur. Et à cet instant, au pied du mur, j’avais lâchement souhaité en finir pour mettre un terme à ma vie, mon calvaire.
Je ne m’apitoyais pas sur mon sort, non, j’assumais ma connerie, ma folie mais peut être moins la peine de mon amie.
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Jeu 12 Juil - 12:13

L’attente était pire que tout. L’incertitude de savoir si le jeune homme finirait par rouvrir les yeux ou pas. Une fois soigné, Lucy avait tenu à me prendre à part pour m’expliquer rapidement la situation. Le bras gauche du jeune homme semblait avoir été coupé net, une blessure d’une propreté remarquable malgré le flot de sang qui en avait découlé. Cependant, elle ne parvenait pas à comprendre comment il avait pu se faire une telle chose, qui plus est seul. Car j’étais bel et bien sûre qu’il était seul, je n’avais senti aucune autre odeur récente hormis la sienne et celle omniprésente de l’hémoglobine. Ecoutant la blonde m’expliquer tout cela dans un silence pesant, je ne pouvais m’empêcher de jeter des regards réguliers vers le jeune homme, semblant souffrir même plongé dans l’inconscience. Je songeais, la main serrée sur le petit médaillon toujours dissimulé dans ma poche. Je n’en avais touché mot à personne alors que la jeune femme avait déjà fouillé le sac du garçon pour tenter de découvrir ce qu’il semblait lui-même s’être infligé. Mais je savais bien qu’elle n’y trouverait rien, car l’origine de son calvaire, je l’avais moi-même détruit avant de quitter les lieux.

"Pandora !"

Sursautant légèrement, je me retournais vers mon amie, qui m’observait les sourcils froncés, ses traits tirés par la fatigue.

"Tu ne m’écoute pas, c’est bien la peine que je parle !"

"Je … Pardon, c’est vrai j’étais ailleurs."

"J’ai bien vu oui … bref, ce que je te disais c’est qu’il semble tiré d’affaire, à un bémol près toutefois. Si sa fièvre ne descend pas très vite, il risque d’avoir de sérieux problèmes. "

Je soupirais, j’étais consciente de ça. Le jeune homme avait presque la même chaleur corporel que moi, c’est-à-dire beaucoup trop pour lui. L’inquiétude me gagnait de plus en plus, alors que je ne pensais pas cela possible, et sans un mot, je retournais m’assoir sur la chaise près du lit, sans le lâcher des yeux, comme si cela pourrait le faire se réveiller plus vite. Il n’y a rien de pire que de ne pouvoir rien faire et voir ses proches souffrir ou mourir devant soi, j’étais bien placé pour le savoir, et je craignais par-dessus tout de laisser partir le jeune homme en étant impuissante à lui venir en aide. J’entendis la blonde marmonner quelque chose depuis le couloir, chose à laquelle je ne fis pas vraiment attention, et j’entendis la porte se refermer doucement.

Je laissais filer les heures, la fatigue ne m’atteignant pas vraiment, je luttais parfois pour garder les yeux ouverts mais restais bien éveillée, songeant, ressassant la scène que j’avais aperçut tout en surveillant de près les réactions de Lyl. Ce cercle, je le connaissais pour l’avoir déjà vu dans une autre situation déplaisante. Même si j’étais une débutante en ce qui concernait l’alchimie, il y a certaines choses que l’on ne peut oublier lorsqu’on sait de quoi il s’agit. Ce cercle, il était conçu pour la transmutation humaine. Qu’avais dont l’argenté en tête pour activer une telle chose ? Lui mieux que quiconque savait pourtant les dangers qu’il représentait, pour en avoir était victime. Je ne parvenais pas à comprendre, la seule option que je trouvais encore probable fut qu’il ait voulu se transmuter lui-même, mais je n’en comprenais absolument pas l’intérêt.

Le jeune homme bougea, gémissant par moment, je relevais les yeux vers son visage, son front était perlé de sueur. Dégageant doucement les mèches argentés qui collait à sa peau, je repris le linge humide pour lui apporter un peu de fraicheur, le visage assombri par mes pensées moroses. Il semblait se battre contre ses propres démons, les traits tirés par des sentiments complexes. Il parlait, délirait probablement dans son inconscience. Plusieurs fois, il m’agrippa le bras un geste semblant presque vital, s’excusant de multiples fois avant de disserter sur d’autres choses qui m’étaient totalement inconnues. Des bribes, des évènements qu’il relatait, pas vraiment de façon claires, mais je réussis toutefois à en saisir quelques parties. La fièvre semblait le faire délirer à plein régime. Je l’écoutais, tentais de le rassurer avec des paroles douces sans véritablement y parvenir, et me contentais de le rassurer lorsqu’il semblait trop torturé par ses songes. Je n’aurais su dire combien de temps avait déjà passé, et je m’en foutais, j’étais prête à veiller le temps qu’il faudrait, mais tout le monde ne l’entendait pas ainsi. Les bras croisés sur le rebord du lit, la tête posée dessus, je somnolais légèrement, prenant bien garde à ne pas m’endormir, lorsque j’entendis le battant de la porte derrière moi s’actionner. Redressant légèrement la tête, je tournais les yeux vers la nouvelle arrivante. Lucy, chargé d’une assiette et d’une bouteille d’eau, se tenait dans l’embrasure de la porte, un sac sur l’épaule.

"Tu dois manger et aller te reposer. Je veillerais sur lui le temps que tu dormes un peu."

Je secouais vivement la tête de manière négative avant de reporter mon attention sur le jeune homme en délaissant le plat qu’elle m’avait apporté. C’était sans compter son obstination légendaire. Sans se démonter, la jeune femme déposa son fardeau sur la table de chevet, se délesta de son sac et m’attrapa sèchement par les épaules pour que je daigne lui faire face. Je ne m’attendais pas à faire face à un tel excès de nerfs. Les sourcils légèrement froncés, je l’observais avec un air légèrement interrogatif.

"Te laisse mourir de faim et de fatigue ne le fera pas guérir plus vite ! Va te reposer, c’est un ordre ! Et si tu refuses, je vais chercher Will pour qu’il t’assomme, ça te forcera à dormir ! Est-ce clair ?!"

Je scrutais les pupilles sombres de la jeune femme, cherchant une faille, mais il n’y en avait aucune. Je lâchais un profond soupir et observais le jeune homme qui maintenait les sourcils froncés même dans son sommeil. Sans un mot, je me relevais pour faire face à Lucy.

"S’il se passe quoi que ce soit, tu me préviens. Quoi que ce soit, même s’il éternue, je veux que tu me réveilles, ok ?"


La jeune femme acquiesça, l’air lassée, mais ne dit rien. Aussi je pris la direction de la sortie lorsqu’elle me retint par le bras, me fourrant l’assiette encore chaude dans les mains. Une plâtrée de pâtes, copieuse, visiblement à peine finies de cuisiner.

"Mange. "

Je me détournais et regagnais ma chambre en silence, me forçant à manger un peu de peur d’affronter la colère de mon amie, et me laissais tomber sur le matelas, les yeux clos. Je tombais presque immédiatement dans le sommeil, puisant depuis trop longtemps dans mes réserves. Mais ce que j’y trouvais ne fut guère réparateur, bien au contraire. Un mélange entre ma transmutation en chimère et le carnage dans lequel j’avais retrouvé Lyl. L’odeur du sang omniprésente me serrait la gorge, j’avais par moment l’impression d’étouffer. Je me débattis un bon moment dans mon songe, cherchant à rattraper le jeune homme alors que celui-ci reculait inexorablement, disparaissant peu à peu. Un contact sur mon bras me réveilla en sursaut, et sur la défensive, je faillis coller une droite à Kelyan qui se tenait au-dessus de moi en tentant de me réveiller doucement.

"Dora … ça va ?"

Je me redressais sans un mot, la tête dans les mains, j’avais l’impression qu’elle allait exploser. Jetant un coup d’œil au jeune homme, je lui demandais implicitement pourquoi il m’avait tiré de mon sommeil, fut-il agité.

"Il t’appelle. Il n’a pas l’air bien réveillé mais il te réclame."

J’entendis seulement la moitié de sa phrase, la seconde suivante j’étais à la porte, traversant le couloir pour le rejoindre. Lucy se tenait près de lui, épongeant son front une fois de plus. Je jetais un coup d’œil à l’horloge avant de grimacer, je n’avais que trop dormi. Remerciant mon amie, je vins me placer aux côtés de l’argenté, lui parlant d’une voix douce, calme. Il semblait apeuré, terrorisé par quelque chose qu’il était le seul à connaitre. Le son de ma voix n’eut pour seul effet que de le faire paniquer, me demandant de ne pas partir. Je fus obliger de grimper sur le lit et m’installer près de lui, le maintenant doucement contre moi pour qu’il daigne se calmer légèrement et replonge d’un un sommeil visiblement plus paisible. Le bras passé autour de ses épaules, je relevais par moment les mèches balayant son front pour surveiller sa fièvre. Elle semblait diminuer légèrement.

Lorsqu’il fut de nouveau plongé dans le sommeil, je retirais doucement mon bras et en profitais pour vérifier son pansement, que Lucy avait visiblement changé récemment. Mon regard dériva sur le torse du jeune homme, puis son unique bras valide, s’attardant sur les cicatrices, le tatouage, tout ce qui prouvait qu’il avait déjà eu une vie bien difficile. Et voilà que le sort lui infligeait encore une ignominie, bien que les circonstances semblaient définir qu’il avait tenu à s’infliger ça seul. Je finis par m’assoupir à ses côtés, légèrement rassurée car son état semblait s’améliorer peu à peu.

Les heures passèrent, la fièvre tombait, j’alternais phase de sommeil courte et veille, désormais assise sur le lit depuis qu’il m’avait imploré de ne pas partir. 24 heures passèrent, puis 48 et toujours aucun signe de réveil de mon ami. Après avoir accepté de manger quelque chose, j’étais venu me rouler en boule sur le lit, l’alité toujours dans mon champ de vision, avant de sombrer dans un léger sommeil.

Ce fut Kelyan qui une fois de plus me réveilla, l’air cependant bien plus inquiet que la première fois. Et je compris bien vite pourquoi, constatant immédiatement le problème. Le lit était vide.

"Il a dit qu’il allait dehors ! J’me suis dit qu’il fallait …"

"Tu as bien fait !"

Je sautais hors du lit, me dirigeant vers la porte de l’appartement pour partir à sa recherche, j’avais commencé à descendre avant de me rendre compte que je m’éloignais de son odeur. Remontant les escaliers, je parvins ainsi jusqu’au toit, et poussais la porte qui y menait pour trouver le jeune homme, accoudé à la rambarde de sécurité, visiblement encore très affaibli. Soulagée qu’il n’ait pas pris la tangente pour autant, je m’approchais plus doucement. La voix douce du jeune homme s’éleva tranquillement, alors qu’il s’enquérait de son temps d’inconscience. Je le rejoignis, bloquant mon dos contre la rambarde, et l’observais attentivement. De profondes cernes marquaient encore son visage à la pâleur inquiétante, il semblait exténué. Je finis par lui répondre doucement.

"Un peu plus de deux jours. "

Je levais ma main et la posais sur le front encore tiède du jeune homme, dégageant doucement les mèches blanches qui s’y trouvaient, avant de la rétracter. J’étais particulièrement soulagé de le voir tenir sur pied, mais c’était également imprudent de sa part. Je repris sur le même ton.

"Tu devrais rentrer, tu es encore fiévreux. Il te faut reprendre des forces, tu n’as presque rien avalé en plus de 48h, et avec tout le sang que tu as perdu, c’est de la folie de vouloir rester debout. "

Maintenant que je savais avec certitude qu’il allait vivre, je sentais la peur profonde, la douleur et la peine que j’avais camouflé jusqu’alors refaire surface en un temps records, une vague de colère également. Dans un murmure, je baissais les yeux avant de lâcher.

"Mais qu’est-ce qui t’as prit bon sang ?! Tu aurais pu y rester !"
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Jeu 12 Juil - 13:49



« Un peu plus de deux jours. »

Deux jours ?! Je soupirais, exaspéré, inquiet. Je tapais avec une colère retenue sur la rambarde. Je secouais négativement la tête, préoccupé par l’Organisation et non par mon bras manquant. Pas la peine de s’en occuper, je l’avais fais délibérément, même si ce fut sous l’excès de la colère et en proie à une détresse, j’en avais été conscient.

« Merde….fait chier… »

Je me savais incapable de repartir, j’avais encore besoin de repos, ne serait-ce que quelques heures. Un peu plus, un peu moins… Et je devais songer à un plan pour expliquer la perte de mon bras. Je pouvais bien le dissimuler le temps d’avoir un automail. Mais je trouvais ca inutile. J’allais feinter avoir perdu un combat contre un pur inconnu, et je réclamerais alors le meilleur mécanicien pour qu’il me colle un automail le plus rapidement possible. C’était là la seule chose à faire. Je me voyais déjà feinter avoir été retrouvé par un couple de vieux aubergistes qui m’auraient sauvé sans demander leur dû, par simple charité. Ce genre de truc était déjà vu, je ne voyais que ca pour expliquer mon absence et ma survie. Mais tandis que j’étais obnubilé par mes devoirs de chef je sentis la main chaude de Pandora se plaquer sur mon front. Ce simple geste m’extirper de mes songes. Je levais un regard blafard sur elle, l’observant silencieusement. J’en oubliais momentanément mes réflexions. J’eu alors la vision brève de mon amie qui tentait de m’extirper du brouillard dans lequel je m’enfonçais volontairement avec de perdre connaissance. Je détournais le regard, j’avais oublié cette scène, tout comme sa voix sanglotant.

« Tu devrais rentrer, tu es encore fiévreux. Il te faut reprendre des forces, tu n’as presque rien avalé en plus de 48h, et avec tout le sang que tu as perdu, c’est de la folie de vouloir rester debout. »

Je soupirais et tournais doucement la tête, mettant un terme à son attention délicate. En fait, sur le moment, je ne réalisais pas à quel point j’avais pus lui causer du tord. Le fait d’avoir souhaiter crever me déstabilisait plus que tout. J’étais encore perturbé par les évènements, j’étais un peu perdu. Je ne voyais sa peine, ou plutôt je ne la réalisais pas, tout comme le fait d’avoir pus disparaître à jamais. Un manque de prise de conscience momentané suite au choc émotionnel.

« Il faut que j’y retourne… Il me faut un automail… Je…
-Mais qu’est-ce qui t’as prit bon sang ?! Tu aurais pu y rester ! »

Je restais stoïque, les yeux un brin écarquillés, je fixais le bâtiment devant moi sans pour autant le regarder. Voilà qu’elle me reprochait avoir failli y passer. En effet, sans elle ca aurait été le cas. Toujours face au monde, je tenais la rambarde, mon bras légèrement tendu je réalisais. L’intonation de sa voix avait été comme le réveil de ma conscience, l’entendre me réprimander me sortais de mon nuage opaque et grisé. Bordel, qu’est-ce qui me prenait d’agir aussi indifféremment ? Comment avais-je pus souhaiter mourir ? A présent je n’étais plus seul, je ne pouvais pas agir aussi égoïstement. Le visage tiraillé par la peine je me tournais face à elle et l’enlaçais de cet unique bras. Celui-ci entourant ses épaules je la plaquais contre moi avant de poser mon menton sur son épaule. Un long soupire, je fronçais les sourcils.

« Excuse-moi. Je pensais pouvoir gérer ca seul…mais j’avais tord. L’espace d’un instant j’ai souhaité disparaître à jamais. Mais tu es arrivée … »

Je me détachais doucement, ma main sur son épaule, j’observais son visage, elle semblait avoir souffert. Ses traits étaient tiré par la fatigue et probablement l’angoisse. Je repris en lui souriant tendrement…

« Eh bien..il semblerait que tu te soi acquittée de ta soit disant dette. »

Je relevais son menton à l'aide de mon indexe. Ce n’était pas le moment de plaisanter, certes, mais mon moral n’était pas tant assombri. Je ne voyais pas les choses sous le même angle qu’elle. Je ne regrettais pas ma transgression, non, je regrettais juste d’avoir été aussi faible face à mes sentiments et d’avoir été très peu prévoyant. La chose rencontrée devant la Porte m’avait ouvert les yeux. C’était plus que le savoir que j’avais acquis. Un changement soudain de comportement, d’idée, tout ça encore grâce à Pandora. Je lui devais plus que je pouvais lui donner durant le reste de ma vie. Je lâchais son épaule, une vague de douleur, un vague de fatigue. Je reculais de quelques pas et heurtais la barrière de sécurité. Là je me laissais glisser le long du métal pour me retrouver assis parterre. La respiration un tantinet haletante je tentais de me reprendre, comme si de rien n’était…

« J’espère que tu me pardonneras avoir voulu crever comme un abruti… »

Les images me revenaient, mais je les encaissais mieux maintenant que j’avais retrouvé la raison pour laquelle je voulais me battre, une raison personnelle et non dictée par Isaac.
Je restais quelques secondes là, assis, silencieux, profitant de l’air frais et du soleil. J’avais chaud, trop chaud, j’étais d’ailleurs trop chaud …
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Jeu 12 Juil - 15:15

Une sensation de chaleur sur mes épaules, ce qui était fort rare d’ordinaire, me fit relever les yeux et je me retrouvais sans vraiment comprendre blottie contre le jeune homme qui me dépassait sans peine, son menton légèrement appuyé sur mon épaule. Les yeux brillants, de larmes contenues, ce fut comme si je prenais enfin conscience de la situation, comme si je réalisais enfin, malgré le fait que je l’ai sermonné sur ce point, qu’il aurait effectivement pu disparaitre, si le coup de sort ne s’en était pas mêlée. Enlaçant la taille du jeune homme, je lui rendis son étreinte en appuyant mon front contre son épaule, m’assurant de sa présence alors qu’il s’excusait, avouant qu’il avait souhaité mourir. A ce mot, je resserrais légèrement mes bras autour de lui instinctivement. Ma colère était retombé aussi vite qu’elle était apparu devant la voix douce du jeune homme. Le sentant bouger, je finis par le relâcher en essuyant mes yeux d’un geste nerveux pour leur éviter de déborder et esquissais un léger sourire sans pour autant oser le regarder. Cette histoire de dette …. Ridicule. On ne sauve pas une vie pour une dette. J’eus un rire nerveux en secouant légèrement la tête, réaction face à ces paroles déplacées, mais fut contrainte de relever les yeux en sentant sa main tiède me relever doucement le visage. Son regard tranchait nettement avec le reste, plein de vie, plein d’un calme serein, emplie de douceur, ce fut cela plus que le reste qui me rassura. Je lui rendis son sourire de manière un peu plus prononcée avant de le voir blêmir et reculais légèrement, glissant lentement contre le rail de sécurité. Mon sourire s’effaça aussitôt et je m’approchais de lui pour le soutenir avant qu’il ne finisse par terre, puis m’agenouillais devant lui, l’air inquiète, la main de nouveau sur son front pour essayer de distinguer une quelconque évolution. Mais il n’y avait rien de surprenant à cette faiblesse soudaine, il avait perdu un bras et je ne sais combien de sang, deux jours plus tôt, impossible de péter la forme dans de telles conditions. L’air anxieuse, je ne pus cependant m’empêcher de sourire de manière quelque peu nerveuse toutefois.

"Tu ES un abruti, mais un abruti lucide au moins ! Evidemment que je te pardonne, comme si j'étais capable de ne pas le faire .... "

Sa chaleur avait un peu augmenté, le soleil devait y être pour beaucoup, mais je m’inquiétais toutefois. Aussi, je saisi doucement le bras du jeune homme pour le passer sur mes épaules, le visage proche du sien s’en vraiment m’en rendre compte avant de froncer les sourcils.

"Allez on rentre. Pas question que tu claques sur le toit tout ça pour pouvoir faire bronzette. T’es déjà suffisamment bronzé comme ça !"

Je le soulevais doucement, et ne lui laissais pas vraiment le choix, le trainant avec moi jusqu’à l’escalier. Je me sentais un devoir protecteur envers lui, sans véritablement savoir pourquoi. Peut-être l’avoir si fragile quelques heures plutôt avait éveillé cet instinct à se battre pour lui, je l’ignorais, néanmoins, je ne le laisserais pas tranquille avant d’être sûr qu’il aille bien, c’était certain. Une fois parvenu dans l’appartement, je le « relâchais » une fois à proximité du lit, l’observant avec une pointe d’inquiétude tout de même.

"Il faut que tu manges un peu, j’vais te chercher quelque chose. "


Je le délaissais quelques minutes, mais une fois à la porte, je me retournais légèrement vers lui, l’air sévère.

"Et ne t’avises pas de bouger, sinon je lâche Kelyan sur tes basques, et il a un flair redoutable !"

Je ne pus toutefois m’empêcher de lui sourire tendrement, contredisant mes paroles car au fond, j’étais plus que soulagé de le voir ainsi. Je fonçais, dégotant un reste de riz, un peu de viande en sauce, le tout réchauffé accompagné de pain, et je revins dans la chambre où Lyl semblait plongé dans ses réflexions. Déposant mon fardeau sur la table, je m’assis sur le rebord du lit et saisis doucement sa main valide dans la mienne.

"Tu m’expliqueras un jour ?"

Ma voix tremblait légèrement, je baissais les yeux avant de les détourner, les braquant au sol en revoyant par flash le décor lugubre dans lequel je l’avais retrouvé. Mes épaules tremblèrent légèrement alors que je tentais de me contrôler un tant soit peu. Je n’avais pas craqué plus tôt, je n’allais pas le faire maintenant. J’eu un léger soupir avant de lâcher doucement sa main et attraper le plateau pour le pousser vers lui.

"Mange un peu. Avant que ça refroidisse. On parlera après, il faut d’abord que tu récupères."

Je sentais du mouvement de l’autre côté de la porte, inutile de devoir trop réfléchir pour savoir que c’était Kelyan qui tournait comme un lion devant la porte, pour pouvoir rentrer dans la pièce ou au moins glaner quelques informations. Il avait été véritablement inquiet pour le jeune homme, bien que Lucy et moi ayons tus à tout le monde ce qui s’était passé. Elle l’ignorait en partie, et j’estimais que ça ne concernait que l’intéressé et personne d’autre. Je sentais la pression accumulée jusqu’alors se relâcher, mettant mes nerfs à rude épreuve pour ne pas craquer devant lui. Il avait sûrement d’autres choses à songer que de réconforter une gamine comme moi. J’essuyais mes yeux alors qu’ils menaçaient une nouvelle fois de déborder, et émis un rire nerveux avant de souffler.

"Ne me refait plus ça Lyl. C'est mon coeur qui risque de lâcher là."

J'avais les idées embrouillés, j'étais curieuse de savoir ce qu'il s'était passé, mais en même temps tellement soulagée qu'il soit en vie. La perte de son bras me semblait presque minime comparé à ce que cela aurait pu être, même si je me doutais très bien qu'il devait en être autrement pour le jeune homme. Mais en repensant à ce qu'il avait failli perdre, c'était vraiment un moindre mal. De plus, les automails pouvaient désormais aisément remplacer un membre défaillant, même si cela devait être bien différent. Cela permettait pourtant de vivre normalement.
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Jeu 12 Juil - 16:32





« Tu ES un abruti, mais un abruti lucide au moins ! Évidemment que je te pardonne, comme si j'étais capable de ne pas le faire .... »

Je souriais, un sourire amer puis répondis d’une voix faiblarde…

« …Moi je ne t’aurais pas pardonné… »

Non, je ne lui aurais pas pardonné d’avoir voulu mourir avant moi. Quelque part, je ne pouvais me le pardonner moi-même. Mais la liste était longue, j’avais tant de truc à me pardonner et à me faire pardonner, donc passons. Puis elle revenait à ma rescousse, je me sentais pas si mal, j’étais pâlichon, certes mais bien. J’avais frôlé la mort de nombreuses fois, je crois qu’en l’heure actuelle elle ne rôdait plus de près. Je me laissais entraîné et me relevais, je ne me plaignais pas de ma douleur, je l’acceptais, je l’assumais.

« Allez on rentre. Pas question que tu claques sur le toit tout ça pour pouvoir faire bronzette. T’es déjà suffisamment bronzé comme ça !
-Tsss… Hé hé. Plutôt ironique quand on sait que je suis un fils de Drachma. »

Sa réplique m’amusait, on avait bien besoin de ca pour ne pas se perdre à nouveau dans les abîmes de la morosité.
En quelques secondes je me retrouvais à nouveau dans cette chambre. C’était plus ou moins démoralisant de rester coucher dans un lit, je ne connaissais pas cette pratique. Je me laissais très peu de répit, c’est pourquoi j’arrivais à reprendre plus vite qu’un autre mes forces. Mon corps était habitué à ce que mes limites soient poussées à bout. Je soupirais, lassé tandis que la jeune femme m’interdisait avec une pointe d’ironie de quitter l’endroit. J’appréciais beaucoup son attention, sa bonté, elle le faisait de son plein grès, sans contraintes. Cependant, je doutais pouvoir accepter de rester là sans rien faire. Je n’arrivais pas à saisir ces instants tranquilles. Il fallait un temps d’adaptation je crois. Je la regardais avec cet air de chien abattu tant la fatigue et la douleur me pesaient. Elle quittait la pièce, je me trouvais de nouveau seul.
Songeur, je me disais que je voulais voir mon bras, voir l’état de la plaie. Et il ne me fallait pas tarder à contacter un mécanicien. Ma plaie ne devait pas se refermer, je n’avais pas envie de l’a rouvrir…
Le temps s’écoulant plus vite que je ne le croyais, la chimère refaisait surface, un plateau à la main. Il est vrais que j’étais affamé, cet instant tombait à point.
Les yeux braqués sur la nourriture je sentis un contact chaud sur ma main, je déportais mon regard sur la coupable.

« Tu m’expliqueras un jour ? »

Je soutenais son regard, mais elle le détournait, mélancolique. J’adoptais également cet air triste en comprenant à quel point je l’avais blessé. Avais-je fais resurgir des souvenirs ? C’était certain. Par ce simple contact, je pouvais ressentir les battements de son cœur, un rythme perturbé, je pouvais la sentir trembler. Ca ne faisait qu’aggraver ma culpabilité à son égard. Et puis, je me souvenais du bain de sang dans lequel je gisais. J’avais la peau collante à certain endroit, mes cheveux avaient cette odeur très familière et cette légère teinte brunie à quelques endroits. J’étais surtout bon pour une bonne douche.
Elle retirait sa main en m’invitant à manger. J’acquiesçais. Je n’étais pas réticent à l’idée de lui faire part de ce que j’avais fait.

« Hmm… mais pas de suite… »

Je sentais la présence du gamin, non pas qu’elle me gênait mais je ne voulais pas faire part de mon expérience devant un gamin. Cet adolescent ne me dérangeait pas, au contraire, c’était le premier que ej rencontrais dans des circonstances plus ou moins tranquilles, loin des cris et autres…
Je saisissais le bol et le déposais entre mes jambe qui étaient pliées en tailleur, là je plongeais la fourchette pour tenter de manger le plus proprement possible. Mais plus je mâchais, plus la faim grandissait. Et d’une main j’étais plutôt maladroit, entre la fatigue et mon handicap, c’était la merde. Sourcils froncés je me débattais plutôt bien pour grailler rapidement et pas trop comme un porc. Mais alors que je me goinfrais, je ne remarquais pas le mal être de mon amie, bien plus complexe que je ne le pensais. J’avais presque tout englouti en un temps record, et c’est les joues pleines que je la voyais masquer des larmes. Je détestais ca, je détestais voir une femme verser des larmes. Pourtant j’en avais été la cause plus d’une fois, sauf que cette fois-ci, celles-ci me concernaient. Je déglutis, avalant de travers. J’attrapais le verre d’eau posé sur le plateau et renversais au passage le fond de mon bol de riz… Je descendis le contenu du verre en quelques secondes avec l’envie de remettre ca. Mais je remarquais ma connerie, coupé dans ce que je voulais lui dire, je redressais le bol et y replacer son contenu avant de le poser sur le plateau…Le tout en jurant… je balançais des « putain » à tout va renchérissant le tout par des « merde ».
Après ca je reportais mon regard sur la jeune femme, elle avait décroché un petit sourire face à ma galère, je soupirais puis lui rendais ce petit sourire avant de voir débarquer le gamin. Il toquait, puis il passait sa tête je le coupais en l’invitant…

« Hm ? »

Il se décidait à entrer, il avait l’air tout penaud. Je détestais cette atmosphère. Bordel il y avait pas mort d’homme, juste un glandu avec un bras en moins. Son interruption repoussait à plus tard le réconfort que j’avais de nouveau voulu apporter à la jeune femme. Je balançais de mon air nonchalant, tentant de paraître normal malgré tout…

« Qu’est-ce que tu veux pine d’huitre ? »
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Jeu 12 Juil - 17:23

J’émis un léger rire en voyant le jeune homme se dépatouiller tant bien que mal avec son repas, galérant à utiliser sa main valide efficacement, mais me retins de lui venir en aide, je me doutais qu’il risquait de mal le prendre. A sa place en tout cas, c’est probablement ce que j’aurais fait. Au lieu de ça, je détournais la tête vers la porte en entendant frapper, les sourcils froncés, et lâchais un léger soupir en connaissant d’avance l’identité du visiteur qui d’ailleurs n’attendit pas la bénédiction du jeune homme pour entrer dans la pièce. Les traits légèrement tirés par l’inquiétude, il observa tour à tour l’argenté et sa colocataire. Ce dernier ne se démonta pas, questionnant le gamin en me tirant un sourire amusé par son appellation. Sans s’en soucier, Kelyan se rapprocha en souriant, déjà ragaillardi, et posa ses fesses sur le montant du lit en observant le jeune homme.

"Content de voir que t’as retrouvé la pêche ! J’te dis pas comment elle nous a pourrit la vie tout le temps où tu pionçais ! "

Je tournais immédiatement la tête vers le jeune homme, toute trace de sourire disparu et sentis mes joues s’empourprer légèrement en le fusillant du regard. D’une main, je saisis un oreiller qui ne servait pas à mon malade et lui balançais en pleine face, il n’eut d’ailleurs pas le réflexe d’esquiver et partit en arrière en suivant le mouvement du projectile, lâchant au passage une plainte ridicule.

"Mais quoi ?! C’est vrai !"

"Chut ... "

Je n’avais aucune envie que le jeune homme ait la moindre idée de ce qu’il s’était passé ici durant son inconscience. Il est vrai que je n’avais pas été de tout repos, refusant catégoriquement qui quiconque entre dans la chambre hormis Lucy pour venir changer ses pansements ou me remplacer quelques minutes pour dormir. Mais ce gosse avait la langue bien trop pendu, je me mis à regretter de l’avoir laisser rentrer et ne pas avoir barricadé la porte. Quoi qu’il aurait été fichu de passer par la fenêtre lui aussi … Décidément, ces deux-là semblaient fait pour s’entendre. J’attrapais un second oreiller, prête à relancer une offensive, légèrement redressée pour l’observer.

"Si c’est pour raconter des conneries, tu repars Kel’. "

Le jeunôt me renvoya un regard de chien battu mais comprit bien vite que je ne cèderais pas et acquiesça avant de se redresser et s’appuyant de nouveau sur le montant du lit. En réalité, c’était dans sa chambre que nous étions, il dormait avec Will pour l’instant, Meven étant absent. A y regarder, c’était d’ailleurs bel et bien une chambre d’ados, bordélique à souhait, et encore, j’en avais repoussé une bonne partie sous la fenêtre. Le regard dans le vague, je laissais les deux hommes discuter tranquillement, en profitant pour récupérer le plateau et le posais sur mes propres genoux. Jetant un coup d’œil rapide au plus jeune, je tentais de me rassurer en me disant que je pouvais quitter la pièce quelques secondes sans craintes. Il me fallait aller chercher de l’eau vu comment Lyl avait englouti le verre, il devait être assoiffé. Rien d’anormal en réalité, il avait tellement transpiré avec la fièvre, il fallait bien refaire les réserves. Me redressant, je quittais la pièce en silence, emportant le plateau que j’allais déposer dans l’évier sans m’en occuper pour l’instant avant d’attraper une bouteille d’eau pleine sur le passage. Je fis un détour par le balcon où je m’allumais une clope, profitant de l’air relatif qui s’engouffrait dans l’appartement par la vitre ouverte. Bras appuyée sur la rambarde, je fis de même avec le front et fermais les yeux en aspirant ma dose de poison.

Je repensais aux paroles de Kelyan, quand j’y repensais, j’avais été totalement irrationnelle ces derniers heures, délaissant tout pour me focaliser sur l’état du jeune homme. J’essayais de me convaincre que n’importe qui aurait fait pareil pour un proche, mais je n’en étais pas si sûre en fin de compte. C’était bien là la preuve que je m’étais attachée au jeune homme bien au-delà du raisonnable, de la simple amitié platonique. Je soupirais, relâchant dans l’air un nuage toxique doucement avant de me redresser pour plonger mon regard sur la ruelle en contrebas. Et si je n’avais pas bravé les bonnes résolutions, si je n’étais pas aller le retrouver ce soir-là, il ne serait plus ici. Lorsque je me rendis compte à quel point sa survie n’était du qu’à la chance, je frissonnais nerveusement. Je ne pouvais pas imaginer qu’il puisse mourir ainsi, isolé. Je passerais probablement le plus clair de mon temps à m’inquiéter désormais, même s’il m’avait assuré avoir compris sa connerie, je savais sa vie mouvementée, bien que j’en ignorais une bonne partie encore. Main dans la poche, je posais les doigts sur le pendentif argenté que j’avais récupéré sur place et le sortis pour l’observer, le faisant doucement balancer sous mon nez, réfléchissant les rayons du soleil. Il semblait bien lourd pour un objet fait d’argent, et je sentais quelque chose qui s’en dégageait à son simple contact, sans pour autant pouvoir définir la nature exacte de ce que je ressentais. Un malaise certain, mais diffus. Serrant le petit objet dans ma main, je me promis de le lui rendre lorsque nous serions à nouveau seul. Ecrasant mon mégot dans un pot de fleurs prévu à cet effet, je fis enfin demi-tour et rejoignit les deux hommes, affichant un léger sourire pour ne pas trahir mes précédentes inquiétudes.

"Kel’, tu peux nous laisser ? Je dois l'occuper de son pansement …"

"Mais j’peux rester, il est déjà torse nu, tu vas pas me dire qu’il est pudique non plus ! "

"Kelyan …."

"Oh ça va …. *il se tourna vers l’argenté en lui faisant clin d’œil*Bon courage mon pote, te laisse pas bouffer par la tigresse ! "

J’écarquillais les yeux alors qu’il venait d’avouer plus ou moins indirectement au jeune homme la nature de ce que j’abritais, avant de le foutre dehors à grand renforts d’engueulades diverses, les joues rougies par la colère. Je claquais la porte et fixais celle-ci quelques secondes avant de m’en détourner pour venir reprendre place sur le lit, un creux s’y était déjà dessiné à force d’y avoir passé trop de temps. Tendant la bouteille d’eau fraiche à mon ami, je lâchais un profond soupir lassé. Décidément, il enchaînait les bourdes ce soir ...

"Je vais le tuer un jour ce gosse … "

Je jetais un léger coup d’œil vers son visage, légèrement inquiète quant à sa réaction. Non pas que je craigne une quelconque peur de sa part, mais plus une espèce de dégout, où que sais-je encore. Attrapant le sac contenant les bandages, je l’approchais de moi avant de commencer à retirer délicatement celui souillé qui ornait la plaie. Je n’étais pas aussi douée que Lucy dans ce domaine, mais elle était partie et il devait être à nouveau changé, se salissant rapidement. Je tentais de me concentrer sur ma tâche pour ne pas être tentée de jeter de fréquentes œillades au jeune homme.
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Jeu 12 Juil - 18:30




Deux minutes de distraction, voilà ce qu’il venait m’apporter. Prenant encore ce malin plaisir à mettre mal à l’aise Pandora. Je souriais, puis délaissais ce garçon pour ramasser les grains de riz semés par-ci par-là. Aussitôt arrivé, aussitôt renvoyé. Mais contrairement à d’habitude, on lui laissait le droit de rester. Pandora quittait la pièce sans un mot, je la suivais du regard, sans un mot tandis que le môme me parlait de tout et n’importe quoi. Il parlait beaucoup, mais je voyais qu’il me fuyait du regard, lorsqu’il posait les yeux sur moi c’était pour observer mon bras coupé. Ca l’intriguait, ca se voyait. Mais par politesse et probablement pour ne pas m’offenser, il avait évité le sujet. En fait il parlait plus de lui, il ne me posait pas de question, il se contentait de me faire la conversation. Quel gamin attachant. Je finis par lui couper la parole…

« Vas-y envoie ta question…
-Est-ce ca fait mal ? »

Il avait rétorqué aussitôt et avec cette expression emplie d’intrigue. J’expirais un silencieux rire amer avant de secouais négativement la tête.

« Bien sûr, qu’est-ce que tu crois !
-Tu sais… tu délirais. »

Je lui jetais un regard plus ou moins perplexe qui tendait plus vers la crainte d’avoir révéler quelques chose de compromettant. Je le fixais alors qu’il semblait gêné. Il bredouillait, s’excusant d’avoir écouté à la porte, mais il m’exprimait son inquiétude. Une fois de plus je le coupais, impatient…

« Acouches…
-Tu as parlé d’un monstre, puis de sept immortels, tu parlais même de la Perre Philosophale, le mythe des alchimistes. »

Je masquais ma surprise, comme je savais le faire face à mes subordonnés. Bordel, je ne me souvenais pas d’avoir déblatérer de telles choses, j’espérais qu’on ne m’est pas pris au sérieux. Je répondais, nonchalamment…

« Tu vas quand même pas croire ces conneries ?
-Tu paraissais –
-J’étais au bord de l’agonie, fiévreux… »

Il ne répondit pas, puis c’est alors que Pandora débarquait, avec elle l’odeur du tabac. Elle renvoyait le jeune garçon, encor un combat oral. A croire que c’était habituel, mon amie perdait vite en patience avec ce garçon. A moins que ce fut ses propos déplacés qui la dérangeait. Moi je voyais juste un adolescent taquin qui n’avait pas encore eu la chance de rencontrer un pseudo’ amour. D’où sa fixation. Je lui fis un signe de main salutaire alors qu’il me suggérait…

« Bon courage mon pote, te laisse pas bouffer par la tigresse ! »

La tigresse hm ? Bien que ca semblait ironique, je dû revoir cette pensée lorsque la jeune femme fut de nouveau victime d’un excès de colère. J’en déduisais, incertain, que c’était l’animal avec lequel on l’avait transmuté. Mais alors, ce gamin, en était-il une aussi ? L’idée qu’en réalité j’en fus entouré ne m’étonnait guère. J’atrappais la bouteille d’eau qu’elle me tendait et dans un élan instinctif je levais mon autre bras manquant dans l’idée de dévisser l’objet. Mais ce fut un gémissement de douleur qui ressortit de cette tentative plus que vaine. Voilà ce qui était arrivé ; l’espace d’un instant j’avais oublié qu’il le manquait un bras… Je coinçais l’objet entre mes pieds et dévissais le bouchon. Je bus pas loin de la moitié en une fois avant de reprendre mon souffle. La respiration un brin haletante je revissais la bouteille et m’essuyais les lèvres d’un revers de main. Pandora confiait son envie de tuer le gamin. Je restais sérieux, préoccupé par ce qu’il m’avait dit. Elle se préparé à changer mon bandage, j’allais enfin pouvoir observer le dégât. Je pensais la plaie propre, j’en étais persuadé car la chose avait réquisitionné mon bien en l’intégrant aussitôt à son corps. On ne me l’avait pas arraché, juste coupé. Il avait disparu en se désintégrant.

« Un tigre hm ? Ca explique cette chaleur corporelle, ces yeux et cet odorat… Eux aussi en sont, n’est-ce pas ? »

Je lui jetais un regard puis le détournais, oubliant ma réponse. Plus important en l’heure actuelle, elle m’avait donné envie de fumer et par lien je repensais à mon sac à dos et au reste des mes affaires. L’idée d’avoir abandonné mon fichu pendentif ne me rassurait pas, je ne voulais pas que ca tombe entre les mains de n’importe qui et encore moins que ses âmes furent utilisées n’importe comment… Mais encore plus important, le cercle, je devais aller l’effacer et débarrasser l’endroit de mon sang.

« Pandora… je dois y retourner, je dois l’effacer et puis, il à quelque chose que je dois récupérer au plus vite… »

Deux jours dans le coma, deux jours, c’était improbable que je récupère mon bien. A l’heure actuelle on recherchait probablement le coupable. Je serrais le drap, mon visage s’était assombri. Et si les Homonculus y étaient allé ? Et s’ils étaient liés à cette Vérité ? L’enjeu serrait alors bien plus important. Ca serrait donc pas Bradley qui tirait les ficelles de tout ca, mais ce monstre tapis sous terre, peut être est-il celui avec qui je m’étais entretenu. Je revoyais cet être me sourire, mon propre bras pendant le long de son corps.
Elle retirait tous les bandages et alors je découvrais un travail parfait. Bien que ce fut répugnant de voir l’intérieur de mon bras, je fus rassuré de voir que ce serrait simple d’intégrer un automail. Je me fis la réflexion à haute voix…

« ‘foiré, t’as fais ca proprement, hein ! »

Je ne quittais pas des yeux les mains de Pandora, bien qu’elle s’était arrêtée plusieurs fois déjà.
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Jeu 12 Juil - 19:14

"Ils en sont aussi. On a fuit ensembles en fait … Tu ne crains rien ici."

Je préférais passer sur le sujet plutôt que d’aborder un domaine qui me mettait constamment mal à l’aise et achevait enfin de retirait le bandage du jeune homme, dévoilant ainsi une plaie béante bien que parfaitement nette. Elle avait déjà un peu meilleur aspect, ayant quelque peu dégonflée à force de soin répétés. Remettant momentanément le bandage en place, je retirais le matériel nécessaire du sac, m’appliquant avec un sérieux remarquable alors que mon esprit était un peu ailleurs, lorsque je finis par relever la tête en entendant la voix du jeune homme résonnait doucement au-dessus de mon visage. Fixant son regard de jade, j’immobilisais mes mains le temps de l’écouter. Il semblait soudain soucieux, en fait, il l’était depuis le départ du la chimère. Je restais de marbre lorsqu’il m’annonçait devoir retourner à l’entrepôt au plus vite, car tout ce qu’il devait y faire, je pensais m’en être déjà chargé en fin de compte. Le cercle n’était plus utilisable, j’y avais veillé, quant à ce qu’il aurait du y récupérer, hormis les bougies, je n’avais rien abandonné sur place. Nerveuse, je me mordis légèrement la lèvre avant de me reconcentrer sur ma tâche, enlevant cette fois définitivement le bandage souillé.

"Hm …"

Délaissant la bande salie, j’attrapais de la gaze, de quoi désinfecter à nouveau et observais la plaie rapidement. Je ne pouvais toujours pas m’empêcher de me demander ce qui avait bien pu lui faire une telle chose, si horrible et nette à la fois. Concentrée, je gardais le silence, sentant le regard du jeune homme planait sur moi ce qui me rendait quelque peu mal à l’aise, voire même intimidée. Lentement, avec maintes précautions, j’enroulais de nouveau un bandage autour du moignon abimé, serrant assez pour que ce dernier tienne en cas de mouvement violent. Une fois terminé, je retirais tout ce qui restait sur le lit, regroupant tout dans un sac non loin destiné à la poubelle avant de poser mes mains sur mes genoux, le regard baissé. J’hésitais à lui dire, sans réelles raisons, mais je n’avais pas le choix si je voulais le maintenir tranquille quelques jours. Je le connaissais suffisamment maintenant pour savoir qu’il filerait à la première occasion à l’entrepôt afin d’assouvir son idée. Levant un regard coupable vers le jeune homme, je lançais d’une voix timide.

"Je … J’ai effacé le cercle. Je savais ce que c’était, je me suis dit que qu’il valait mieux le faire disparaitre pour ne pas qu’il tombe entre de mauvaises mains. "

J’observais son regard quelques secondes avant d’enchainer en détournant le mien.

"Ton sac est dans la salle. C’est grâce à ça que j’ai pu te soigner d’ailleurs ….. Riche idée."

Je plongeais ma main dans ma poche droite, serrant le pendentif quelques instants avant de le retirer doucement, poing serré, que je finis par détendre devant mon ami avec réticence.

"C’est ça que tu voulais récupérer n’est-ce pas ?"


Lyl, qui jusqu’ici ne m’avait pas lâché du regard, semblait à présent hypnotisé par l’objet, mais ce n’était pas une expression joyeuse que j’y voyais, rien de tout cela. C’était impossible à définir en fait … Soulagement, dégout, un mélange diffus entre diverses émotions. Les sourcils légèrement froncés, je lui tendis la main sur laquelle reposait le pendentif afin qu’il puisse s’en saisir, répugnant à son contact sans vraiment pouvoir dire pourquoi.

"Qu’est-ce que c’est ? Je comptais te le demander plus tard en fait, mais … Ce truc dégage une aura bizarre. Pesante. Je l’ai pris croyant que c’était un simple bijou de famille, ou un objet similaire, mais plus ça va, plus je suis sûre de m’être trompée. "

Je détaillais le jeune homme avec une pointe d’inquiétude, j’ignorais s’il m’en voudrait ou non de m’être emparé de ça durant son inconscience. Ce n’était pas vraiment comme si j’avais voulu le lui voler, mais sait-on jamais, quoi que renferme cet objet, ce n’était pas un simple collier d’argent, j’en étais persuadée, et l’attitude de mon ami me donna confirmation. Après lui avoir rendue son bien, je posais ma main sur son bras doucement, l’inquiétude si lisait facilement sur mon visage désormais.

"Lyl, dit moi ce qu’il se passe. Pourquoi ça ? Pourquoi une telle folie ? Pourquoi tu ne te préoccupes pas de ton état mais uniquement de ces biens que tu aurais pu oublier ? "

Plus personne n'était aux alentours, nous pouvions enfin parler plus sérieusement sans risque d'être écouter.
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Jeu 12 Juil - 21:10




Je n’avais pas peur d’être ici, malgré mes rapports très étroits avec les deux autres locataires, je trouvais l’endroit chaleureux. Elle devait s’y sentir bien, ils le devaient tous en fait. Chacun libéré de leur fardeau qu’ils pouvaient partagés entre eux. Une amitié forgée par le partage de leur calvaire. Maintes fois je m’étais demandé ce qu’était devenu mon ami Seiji, ce gamin précoce et surdoué qui avait su nous protéger de la doctrine de l’armée. Tel un frère il avait veillé sur moi, et inversement. J’espérais qu’il ère quelque part, paisiblement. Un gamin aussi intelligent, pas de doute qu’il avait su s’en sortir seul à notre sortie.
La douleur me sortait de mes songes, je fronçais les sourcils, je contrôlais ma douleur, refoulant celle-ci comme on me l’avait appris. Une question de mental. J’observais la fenêtre, le volet était toujours fermé, nous épargnant les rayons agressifs du soleil qui semblait s’être installé en face de la fenêtre. Je pouvais déterminer approximativement l’heure, dix heures du matin ou environs seize heures. Je détournais le regard pour observer de nouveau ma plaie. Une chance qu’elle n’eut pas tournée de l’œil en voyant ca. Elle devait s’en accoutumait pour des raisons qui m’échappaient. Dans le silence j’observais son travail, je ne brisais pas ce silence pour ne pas gêner sa concentration. Au lieu de ca j’en profitais pour balader délibérément mon regard. Nul doute qu’elle me plaisait, mais ca restait ambiguë, trop pour vraiment m’y pencher. Qu’est-ce que l’attirance ? Etait-ce cette envie de la protéger, le plaisir de l’avoir à mes côtés, la sensation agréable de l’avoir enlacée pour la première fois ?
Sa tâche accomplie, je me retrouvais de nouveau à demi saucissonner. Je détestais et regrettais d’avoir encore à supporter des bandages autour de mon abdomen. Ca ne m’oppressait pas non, ca me gênait juste.
Tandis que je la fixais toujours avec cette intensité, je vis son visage se refermer. Je la remerciais.

« Je … J’ai effacé le cercle. Je savais ce que c’était, je me suis dit que qu’il valait mieux le faire disparaitre pour ne pas qu’il tombe entre de mauvaises mains. »

J’étais juste désolé qu’elle l’ait fait pour moi, mais tellement reconnaissant. En plus de me sauver, elle avait assuré mes arrières, quelle femme surprenante. C’était ca quelqu’un sur qui compter ? Si j’avais déjà confiance en elle, ce jour-là, c’était devenu bien plus. Je ne flanchais pas, je soutenais mon regard sur son visage, elle semblait hésitante et je ne l’avais pas vue plonger sa main dans sa poche.
Je relevais l’une de ses mèches qui barraient son visage, gênant sa vue. Je le fis avec délicatesse, effleurant son visage assombri par je ne sais quoi si ce n’est ce bras en moins qu’elle avait pansé. J'avais plus frôlé sa cicatrice en fait. C’est alors qu’elle sortait sa main de sa poche pour en sortir mon fichu pendentif, là, suspendu entre ses doigts. Je déviais ma main de son visage pour attraper mon fardeau. Une moue de dégoût pour cette pierre dissimulée sous une armature en argent. Un joli bijou dans l’ensemble. Je l’observais, là dans le creux de ma main, j’entendais les cris des âmes qui y étaient enfermées.

« Qu’est-ce que c’est ? Je comptais te le demander plus tard en fait, mais … Ce truc dégage une aura bizarre. Pesante. Je l’ai pris croyant que c’était un simple bijou de famille, ou un objet similaire, mais plus ça va, plus je suis sûre de m’être trompée.
-Mon fardeau...»rétorquais-je instantanément sans y réfléchir.

Je refermais sèchement la paume de ma main. Après un court silence, je posais l’objet sur la table de commode. J’osbservais d’un air morne l’objet délaissé. Que répondre ? Elle enchaînait, je levais mon regard de jade sur elle dés qu’elle eut commencé…

« Lyl, dit moi ce qu’il se passe. Pourquoi ça ? Pourquoi une telle folie ? Pourquoi tu ne te préoccupes pas de ton état mais uniquement de ces biens que tu aurais pu oublier ? »

Je posais ma main sur ma cuisse, puis soupirais amèrement. Après quelques secondes je levais les yeux, mon regard se posait sur une forme rectangulaire dans la poche do chemisier de la demoiselle. Un paquet de clope placé sur la poche de sa poitrine… Hmm… Je plissais les yeux avant d’attrapper du bout des doigts l’objets…

« Je peux ? »

Pas de réaction, elle devait être gênée par mon manque de pudeur à son égare. Roooh ! Ca
faisait un bail que j’avais pas peloter une femme. Après l’avoir vu en sous-vêtement, l’idée d’éxaminer cette poitri…là n’est pas le sujet… Bref je prenais une cigarette à l’aide de mes lèvres et posais le paquet. Je cherchais du regard du feu mais la jeune femme plus rapide et m’en fournissait aussitôt. Après avoir savouré quelques bouffées je décidais à me lancer…


« Te souviens-tu de ce que je tai dis lors de notre seconde rencontre sur le toit ? « Même si on arrivait à allonger les bras suffisamment pour écarter les nuages, traverser le ciel et toucher la Lune... Même ainsi on ne parviendrait pas à toucher la vérité. » J’ai touché cette Vérité, et celle-ci n’a que fait confirmer ce que je pensais en plus de m’apporter le savoir recherché. … En effet, j’ai bravé une des lois fondamentale en tentant la transmutation humaine. Je l’ai pratiqué sur moi-même en connaissance de cause. As-tu déjà entendu parler des frères Elric ? Le plus jeune a perdu l’intégralité de son corps et l’autre une jambe en voulant ramener leur mère à la vie. Le plus vieux à vu cette Vérité et il a pus ramener l’âme de son frère en échange de son bras. Une armure vide qui contient l’âme d’un gamin et un petit merdeux courageux avec un bras et uen jambe en moins. Je savais qu’en ouvrant cette porte et en y cédant quelque chose de moi je pouvais atteindre cette Vérité.
Dieu n’existe pas, l’alchimie a été créée par un être irrationnel qui se fait appelé « Dieu ». C’est lui qui contrôle l’alchimie. Il a le pouvoir de lire dans notre cœur et dans nos pensées. C’est ainsi, en lisant dans nos pensées que nous transmutons et matérialisons la pensée d’un objet.
Seulement, je pensais pouvoir décider de la chose à céder, mais il m’a dit prendre ma capacité à pouvoir embrasser ce que j’avais de plus cher…
»

Je lui jetais un coup d’œil, il était significatif mais je doutais qu’elle ferrait le lien. Pas besoin de lui en faire part, j’étais indécis, incapable de pouvoir gérer cet attachement. Je repris…

« J’ai été manipulé, on voulait que je brave cet interdit. Amestris a interdit la transmutation humaine, mais au fond, les alchimistes sont des enfants qui aiment contester les interdits. Plus on dit non à cet enfant, plus il va vouloir le faire. Amestris est un pays corrompu, dans l’ombre ils créent une armée pour gouverner le monde, ils…je m’arrêtais net, hésitant, puis je m’abstenais.un soupire… je me calmais et lui dis d’une voix plus douce.
… J’ai besoin de ce savoir, j’ai besoin d’être fort, peu importe le prix. Alors ne me plains pas, je suis seul coupable de ma propre folie. »

Je baissais les yeux, non pas maussade, plus préoccupé, je repoussais en arrière ma chevelure qui me barrait la vue. Je frôlais ma cicatrice, un souvenir étrange. La tête légèrement inclinée vers le bas, je levais un regard coupable sur elle, je cherchais le pardon au fond.
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Ven 13 Juil - 12:38

J’écoutais le jeune homme, percuté de plein fouet par cette vérité sournoise de ce qui se tramait véritablement dans ce pays. Néanmoins, certaines choses m’échappaient encore. Je savais déjà que l’état avait pour objectif la création d’une armée puissante, invincible en théorie, Lyl et moi avions participés sans le vouloir vraiment aux prémices de cette armée. Ses paroles, elles portaient à réfléchir sur le véritable sens des guerres même menées par l’armée. Pourquoi vouloir à tout prix prendre le contrôle de tout un territoire si ce n’était pour de noirs desseins. Pire encore, comme le disait le jeune homme, le meilleur moyen de faire faire quelque chose à quelqu’un, c’est de le lui interdire. Et après, on découvrait des êtres hybrides telles les chimères ou le jeune garçon dont venais de faire mention mon ami. Elric. Ce nom ne m’était pas inconnu, et pour cause. J’avais appris après coup que c’était grâce à l’ainé, l’alchimiste d’état, que je devais ma libération. Bien que militaire, il semblait dédaigner la plupart des ordres, agissant selon son propre chef, c’est du moins ce que j’avais pu entendre de lui. L’esprit ailleurs, réfléchissant à ces quelques mots à la nature encore trop énigmatique à mon goût, j’aimais les choses claires, précises, le flou ne me plaisait pas car je ne savais pas vraiment comment l’aborder. J’avais le regard fixé sur le petit pendentif d’argent, balancé négligemment que la table de chevet. Le jeune homme semblait empressé de se débarrasser de son contact, à constater la grimace qu’il avait arboré lorsque je lui avais remis l’objet. Je relevais néanmoins les yeux vers le visage de la chimère en captant un changement de ton soudain. La voix plus douce, il délaissait ses précédentes paroles, coupant court à son explication pour enfin m’expliquer la raison de son geste. Je le fixais en silence, les sourcils légèrement froncés avant de le voir baisser le regard, me lâchant un regard penaud. J’émis un léger rire, contrastant avec la situation, avant de me pencher vers lui doucement et déposer un léger baiser sur son front dégagé.

"Je ne te plains pas. Je t’aurais moi-même botté les fesses pour avoir fait une telle connerie si tu étais un peu plus en forme. Mais je ne pense pas que ce soit la peine."

Me rasseyant, une jambe repliée sous mes fesses, encore une position tordue dont j’avais coutume, je l’observais avec tendresse, il ressemblait tellement à un gamin pris en faute à cet instant, avant de lui sourire doucement.

"Tu n’es pas seul Lyl. Ne te laisse pas bouffer par la folie en croyant l’être, ce serait une erreur."

Je dégageais mes mèches blanches me retombant à nouveau sur le front avant de poursuivre.

"Le pouvoir. Une chose que beaucoup désirent, pour diverses raisons, mais peu sont réellement capables d’en payer le prix. Toi tu l’as fait, je ne te jugerais pas là-dessus sache le. Mais je suis égoïste, surtout depuis que je te connais, et je ne supporterais pas de te perdre pour ça. "

Je me remis à fixer le médaillon en silence, perdue dans mes songes, avant de me souvenir de certaines choses qu’il avait dites durant son sommeil et dont je m’étais promis de lui parler. Le sujet ne serait guère agréable, mais cela me taraudait l’esprit, ni plus ni moins. Je me mordis la lèvre, le regard fuyant, avant d’enchainer.

"Dit moi … La dernière fois, lorsque tu as fait ton entrée dans l’appart’. Tu venais me parler de ma sœur, et de l’organisation qui sévit dans les bas-fonds, l’organisation 0."

Je ne savais pas trop comment exprimer la chose, après tout, je n’avais que des paroles d’un homme fiévreux, rien de plus, mais la coïncidence était trop importante pour que je passe à côté. Je continuais dans ma lancée, laissant les mots sortir sans véritablement y réfléchir au fond.

"Pendant ton sommeil, tu as beaucoup parlé. De choses diverses et variées, mais en particulier de cette organisation. Tu disais que son chef tuait et faisait tuer, tout ça pour l’immortalité. Tu as même parlé d’homonculus, et je suis certaine d’avoir déjà entendue ce terme durant ma captivité. Quelle est ta position par rapport à ce groupe de gens, à cette organisation ? Tu semblais en tout cas beaucoup en savoir sur elle … "

Je finis par relever le visage vers mon ami, les yeux emplis d’interrogations.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Ven 13 Juil - 15:43


Voilà qu’on en venait à ce dont Kelyan m’avait fait part plutôt. Ca n’avait échappé à Pandora, je n’étais pas surpris, je m’attendais à ce qu’on vienne. Mais maintenant je me retrouvais plus ou moins au pied du mur. J’avais consumé plus de la moitié de ma cigarette, et dans un silence perplexe je continuais. Maintenant c’était inutile de lui cacher mon appartenance à l’Organisation Zéro, mais trop tôt pour lui révéler ma vraie fonction au sein de ces meurtriers. Elle m’avait simplement demandé mon lien, je pouvais donc lui avouer sans rentrer dans les détails, ainsi j’évitais de lui mentir. Rectification ; de trop lui mentir. Mon coude appuyé sur ma cuisse repliée, je me tenais courbé, le regard rivé droit devant moi. Je réfléchissais rapidement avant que mon silence ne devienne trop long et suspect. Ma cigarette fumant devant mon nez, je répondais d’une voix sereine…

« Je fais partie de l’Organisation, en effet, un plan d’Isaac. »

J’expirais un rire narquois, haussant les épaules en repensant à nos multiples conversations sur le sujet. Partant, puis réticent, et enfin abandonné à l’idée pour au final y être bloqué. Je tournais la tête pour jeter un furtif regard à mon interlocutrice. Elle était toujours aussi tendue, démontée par je ne sais quoi. Qu’est-ce qui pouvait bien se passer dans sa tête ? Je détournais la tête avant de renchérir…

« Ma position est compliquée, j’œuvre pour eux tout en complotant contre eux. Je sais énormément de choses, des choses compromettantes sur Amestris. »

Mon visage s’assombrissait, j’avais envie de lui faire comprendre à quel point j’étais damné, à quel point j’étais embourbé dans toute cette merde. Je voulais lui dire que j’étais cet homme que tout le monde haïssait et craignait, cet être cruel qui avait supervisé la création d’une Pierre Philosophale incomplète. Bordel, un ordre stupide et inutile vu qu’on m’avait fait « cadeau » du résultat. Je voulais contester les ordres, mais comme Isaac l’avait soulevé, ca ne ferrait que me faire perdre ma place. Tant d’efforts, tant de sacrifice pour au final tout foutre en l’air pour ma bonne conscience ? Non, hors de question. Depuis mon retour de la Porte, je me sentais plus fort et puis…j’avais enfin quelqu’un sur qui compter, quelqu’un à qui me confier. Bientôt, le temps m’y mènerait, et alors je lui confesserai tout mes actes abominables. Je tirais une bouffée sur ma cigarette, sans quitter ma posture.

« Pour ce qui est des Homonculus, je me doute que tu en as eu vent lors de ta captivité. Ils sont mêlés à l’armée, ils tirent les ficelles dans l’ombre. Quant à leur nature… ca reste encore flou, mais je sais qu’ils sont issus de la Pierre Philosophale. »

Je me redressais, les traits tirés par une nouvelle vague de douleur, j’avais à nouveau cet air froid qu’elle avait probablement oublié. Mon vrai visage. La scrutant, je sentis la sueur perler sur mon front, puis une goutte, puis deux glissaient le long de mes tempes. Mon corps se réveillait doucement tandis que mon esprit demander sombrer.

« Le Sage de l’ouest, il ne fait aucun doute qu’il soit lié à la situation actuelle… Je sais que ca peut paraître invraisemblable, mais il y a tant de choses qui dépassent l’entendement humain… »

J’étouffais un gémissement de douleur puis déliais mes jambes. J’écrasais la fin de ma clope dans le récipient prévu à cet effet et m’apprêtais à m’allonger. Ce serait probablement mon dernier sommeil réparateur avant de quitter mon amie, je ne pouvais m’attarder ni abuser de leur hospitalité. J’étais un boulet, je détestais cette dépendance, elle m’était insupportable me frustrant plus qu’autre chose. Lentement je m’allongeais, sur mon flanc non douloureux, soit le droit. Allongé tel quel, je tournais le dos à Pandora mais ce n’était pas par mauvaise volonté mais par nécessité. Mes forces m’abandonnaient, je voulais retrouver le sommeil avant de ne souffrir. Les dents serraient, j’agrippais le drap, souffrant. Je repris tout de même, fixant le mur qui me faisait face.

« Laisse moi encore un peu de temps…si toi tu es prêt à me pardonner, moi pas… »

J’étais au bord du lit, mais je n’avais pas la force de me reculer vers le fond, vers cet oreiller libre. Je l’observais avec une envie non contenue de voir joncher le corps de mon amie près de moi. Je n’avais été que trop seul, même dans la souffrance sa présence ne me dérangeait pas. Et puis la fièvre vous met au bord du précipice, comme si que vous alliez crever dans votre sommeil, elle vous délie la langue et l’esprit. Pour ma part, elle n’arrivait pas à me défaire de mon silence. Alors qu’un silence s’était installé, délaissant probablement la jeune femme à ses réflexions, je lui dis d’une voix faible, les paupières à demi clauses…

« Si tu me le demandais, je te ramènerais ta sœur, morte…ou vive . »

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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Ven 13 Juil - 18:11

"La pierre philosophale … Je pensais qu’il ne s’agissait là que d’une légende, un compte pour enfants en leur promettant monts et merveilles grâce à un simple caillou à la couleur du sang. Comment aurais-je pu y croire ? …. Après tout, on a déjà vécu des choses hors normes, j’imagine que l'existence de la pierre découle d’une certaine logique au fond … "

Je baissais légèrement les yeux, scrutant le sol en réfléchissant. Des êtres créés artificiellement, alors c’était vraiment possible … Peut-être y avait-il également un moyen de ramener les disparus alors ? Non …. Ça, je le savais, c’était un tabou, et un acte impossible, Isaac me l’avait maintes fois expliqués, je m’en étais rendu compte par moi-même bien plus tard, ce n’était pas la chose à faire. Inutile de ranimer le passé, ce dernier était mort et enterré depuis longtemps. Un gémissement étouffé me tira de ma léthargie et je levais un regard inquiet vers le jeune homme qui tentait difficilement de bouger, visiblement mal à l’aise. Il finit par s’allonger sur le flanc, me tournant le dos pour s’appuyer sur son bras intact. Je posais doucement la main sur sa hanche pour vérifier quelque chose avant de me relever, traversant la pièce en silence pour aller cherche la bassine d’eau fraiche que j’avais ramené un peu plus tôt. La voix du jeune homme s’éleva à nouveau, plus diffuse, plus faible alors que je revenais vers lui, faisant le tour du lit pour m’installer à l’endroit libre et continuer à lui faire face. Sa réflexion me laissa perplexe. Au lieu de réfléchir, je m’étais toute mon attention sur le bout de tissu détrempé que je tenais dans les mains, l’essorant avec force avant dégager le front en sueur de la chimère pour y déposer le linge humide, sensé le rafraîchir un peu. Je posais la bassine par terre et fixais la fenêtre close par laquelle les rayons du soleil filtraient avec de moins en moins de puissance. C’était une proposition alléchante à n’en pas douter, en réalité, j’étais surprise qu’il me propose une telle chose. Je lui jetais un regard alors qu’il venait de fermer les yeux, le visage mitigé. Ses quelques mots avaient une autre signification que leur premier sens, ils témoignaient également de l’affection du jeune homme ce qui me mettait un peu mal à l’aise malgré tout.

Maintenant que je savais qu’il faisait partie de l’organisation, il devait forcément connaitre ma sœur, un peu comme des collègues peut-être. Je ne pouvais croire qu’il livrerait ainsi une jeune femme avec laquelle il était sensé travailler, fut-elle une meurtrière dénué d’honneur. A moins d’estimer énormément la personne en face. Et une telle chose me paraissait également impensable en fin de compte. Je commençais doucement mais sûrement à comprendre cette notion de pardon qu’il ne cessait de rabâcher, s’excusant pour des choses qui selon moi n’exigeaient pas d’être pardonnées. Je me demandais quelle pouvait bien être cette foutue mission que mon oncle lui avait confié pour qu’il en soit réduit à se comporter en meurtrier, car au fond, ce que j’avais appris de l’organisation, c’était ça et uniquement cela, à quelques légers détails près. Deux êtres semblaient se battre en lui. L’élève accomplissant sans broncher le devoir dicté par son maitre, et le jeune homme brisé qui n’aspirait qu’à la présence de quelqu’un, en manque cruel d’affection. Deux visages, impossible à confondre tant ils étaient différents. J’avais eu la chance, ou le malheur suivant comment l’on voyait les choses, de pouvoir observer ces deux visages, à plus ou moins grandes échelles, et je savais qui il était réellement sous son masque de glace. C’était cet être là que j’essayais doucement d’apprivoiser, comme on tente d’approcher un animal effrayé. Non pas par intérêt, mais par sympathie, par affection. Le jeune homme rieur et adorable que j’avais pu apercevoir sous sa carapace m’avait d’autant plus marqué qu’il semblait heureux en ces instants.

"Tu as ton fardeau, j’ai le mien … Je suis touchée par tes paroles, mais je ne t’infligerais pas de commettre un meurtre sans raison. Elle a trahi sa famille, et c’est elle qui le lui fera payer. Merci, vraiment, mais je ne peux accepter que tu te salisses davantage les mains pour moi."

M’adressant au jeune homme d’une voix douce, j’en avais profité pour m’installer à côté de lui, couchée sur le flanc, la tête maintenue par une main, coude appuyé sur le lit. De l’autre, je dégageais doucement, inlassablement, les quelques mèches qui retombaient sans cesse sur son front, avant de croiser de nouveau son regard de jade lorsqu’il ouvrit des yeux fatigués. Je lui souris légèrement et mes doigts descendirent caresser sa joue, s’attardant un peu.

"Repose-toi Lyl. C’est le plus important. "

Sans m’en rendre compte, mon visage s’était peint d’un air attendri en dévisageant le jeune homme. Ses précédentes révélations n’avaient changés que peu de choses au fond. Je savais qu’il trainait dans ses bagages des choses pas bien reluisantes, il m’en avait déjà fait part plusieurs fois, portant, je continuais de croire, sachant ce qui se cachait vraiment derrière ce regard glacial et chaleureux à la fois. L’impression de voir deux êtres en un seul était une sensation étrange, même si je savais que l’un deux n’était qu’un simple masque, une marionnette crée par mon oncle et Lyl à des fins que je ne saisissais pas encore véritablement, bien que les pistes commençaient à se faire plus sérieuses. L’idée qu’ils aient tous les deux voulus fomenter un coup pour faire tomber l’armée, ou du moins la partie qui agissait en secret, me semblait une hypothèse de plus en plus plausible. Néanmoins, j’attendrais qu’il soit totalement rétabli pour essayer d’en apprendre un peu plus. J’étais curieuse de connaitre les réelles intentions d’Isaac au fond. Je m’étirais légèrement, étendant mon bras déjà engourdi, avant de reprendre.

"Si tu veux quelque chose, dit le moi."

J'avais pris place sans gêne près de lui, comme je l'avais déjà fait lorsqu'il était encore inconscient, sans même penser une seconde qu'il pourrait préféré être seul. Après tout, je m'étais incrusté dans sa chambre depuis qu'il avait repris conscience, mais peut-être n'aspirait-il au fond qu'à une seule chose, avoir la paix. Et pour autant, l'idée ne me traversa même pas l'esprit ...
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Ven 13 Juil - 20:40



Je repensais aux paroles de la demoiselle tandis que je me laissais aller dans les bras de Morphée. Beaucoup de gens ignoraient l’existence de la Pierre Philosophale, un conte pour enfant ouais. J’oubliais donc de lui préciser que son oncle en avait possédé une, tout comme moi aujourd’hui. Sauf que lui l’avait obtenu différemment et dans d’autres circonstances…
Je cru que son départ était la conclusion de notre conversation, mais très vite elle revenait équipée d’une bassine d’eau. Les yeux mi-clos je la suivais du regard, rassuré. Elle prenait place en face de moi, je souriais, un sourire à peine perceptible. Le linge était frais, ce contact avec mon front me fit à nouveau soupirer, mais de bien être cette fois-ci.
Les yeux fermés, je l’écoutais. Elle refusait ma proposition, elle l’avait mal écoutée, je lui avais proposé de la lui ramener, morte ou en vie. Mais c’était son choix de refuser mon aide. Seulement, Jade était un des quatre membres de ma garde personnelle, un statut important qui témoignait de sa force. Pouvait-elle ne serait-ce que réussir à capturer son aînée ? Non pas que je la sous-estimais, j’ignorais tout de ses capacités, peut être était-elle une combattante avisée. Mais ce que je voyais moi, c’était une jeune femme incapable de tuer. Cela pouvait probablement changer… Je pouffais face à l’ironie de la chose. Mes mains étaient souillées depuis mon enfance, ce n’est pas le sang d’une meurtrière sans scrupule qui allait altérer d’avantage ma conscience. Non, surtout à présent, je sortais différent de mon expérience au sein de la Porte…

« Tsss… ne me fais pas rire… »

Sans relever, elle vint prendre ses aises sur le lit, j’ouvris de nouveau les yeux alors qu’elle me suggérait de me reposer. Je ne pouvais que la soutenir sur ce point là. Je lui découvrais une expression nouvelle, bien plus douce que d’ordinaire. Son visage adouci, ce fut la dernière chose que je vis avant de ne sombrer. Pris en traître, je m’endormais sec, plongé aussitôt dans un sommeil épais.

Je rêvais, je revivais certaines scènes de ma vie, des moments pas tout à fait exacts. Je me revoyais étudier l’alchimie aux côtés de mon maître. Des souvenirs apaisants qui viraient vite au désastre. Mon sommeil s’en trouvait de nouveau agité, torturé. Mon esprit recassait encore et encore. A ces souvenirs s’additionnaient ceux de la Porte.
Je vis de nouveau ma mère, j’étais épris de la même angoisse ressentie et au moment où j’allais saisir la main de ma mère je me réveillais en sursaut.

La respiration haletante, je tournais doucement la tête et apercevais Pandora, endormie tout près de moi. Je soupirais, dehors il faisait nuit, j’avais encore établi un petit record de sommeil. Je me sentais mieux, j’étais encore faible mais bien moins qu’à mon premier réveil. Mon corps était tiède, c’était bon signe, la fièvre avait baissé. Je me redressais puis cherchais aussitôt du regard mes fringues. En deux jours ils avaient probablement été nettoyés et séchés par une âme charitable. C’est sur une chaise que je les découvrais. Sans plus attendre je m’habillais dans l’idée de quitter les lieux. Il fallait vite que je me pointe au QG pour les faire déchanter. Et ouais, j’suis en vie ! Le soleil n’allait pas tarder à se lever, je voulais profiter de cet instant calme pour faire mon apparition.
Je vous avouerais que je mis un temps fou à m’habiller tant je mesurais mes gestes pour ne pas éveiller la douleur. Quelle plaie… Je laissais mon sac, je n’en avais pas besoin, je m’équipais d’une cigarette, dérobée à mon amie. Puis je me tournais face à la commode, face au pendentif. Il brillait. Après un soupir je saisissais l’objet que je passais autour de mon coup sans avoir le besoin d’ouvrir la chaîne. Là je regardais Pandora, hésitant. Je me sentais coupable, j’étais réticent quant à l’idée de l’abandonner sans un mot. Disparaître en cachette et de manière sournoise. Quel ami faisais-je ?
Je fis le tour du lit et m’asseyais au bord de celui-ci, comme elle l’eut fait pour moi. Elle me tournait le dos, allongée sur son flanc gauche. Je faisais de même, assis, je fixais le mur.

« Je te promets de revenir très vite… désolé»

Je me retournais délicatement, gracieusement je prenais appuie avec mon unique bras près de sa joue. Je me penchais doucement dans un silence de mort pour atteindre sa joue lorsque la jeune femme se retournait, allongée sur le dos. Immobile, je croisais son regard grand ouvert, mes lèvres à quelques centimètres des siennes. D’un ton plus ou moins enjoué elle me demandait…

« Et où comptes-tu aller ainsi ? »

Surpris, je me redressais doucement avant de rire, un rire canaille. Si je m’attendais à ce genre de pétrin…pris en flagu’ en train de me barrer!

« Hé hé ! Tu ne perds pas l’nord toi ! … je dois partir…»

J’étais mal placé pour dire ça. Si ca se trouve elle était réveillée depuis un petit moment. Mon sommeil étant agité ca ne m’étonnait pas. Alors elle m’aurait observé et aurait attendu le dernier moment pour me réprimander. Ou bien je n’avais pas été assez discret en m’approchant d’elle. Quoi qu’il en soit, j’étais grillé. Je me relevais et entamais le chemin de la sortie, je quittais la chambre. Dans le salon je me fis le plus discret possible, je marchais doucement pour ne pas faire craquer le plancher. Je sentais Pandora s’activait dans la chambre, nulle doute qu’elle enfilait quelques fringues… J’arrivais enfin à la porte d’entrée.
La main sur la poignée, j’avais déjà ouvert les verrous, je m’apprêtais à l’ouvre lorsque Pandora débarquais, elle plaquait catégoriquement sa main sur la porte, m’empêchant de sortir. Je l’avais sentie arriver, mais je ne l’avais pas contrée volontairement. Je voulais juste quitter l’appartement pour converser dehors sans déranger ses colocataires. J’avais assez dérangé… Je lâchais la poignée et me tournais face à la demoiselle.

« Allons dehors. »

Elle me fixait, même à travers la pénombre je sentais sa colère. Je pouvais imaginer son visage, j’imaginais l’expression d’une femme agacée.

Sous ce porche où je l’avais vu disparaître lors de notre dernière rencontre nous nous arrêtions. Adossé au mur, j’avais fourré ma main dans ma poche à défaut de croiser les bras. Je ne fus pas le premier à parler…
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Sam 14 Juil - 14:13

J’observais le jeune homme dormir tranquillement, la respiration régulière et sereine, avant de me sentir également sombrer dans les bras de Morphée. La fatigue accumulée ces derniers jours venait réclamer son dû et c’est sans rechigner que je me laissais aller à l’inconscience, blottie contre le jeune homme. Une bonne cure de sommeil me ferait du bien, même si pour le moment, ce n’était pas l’objectif, je souhaitais juste prendre un peu de repos pour être plus efficace. Ne dormant en fin de compte que d’un œil en cas de problème, je bougeais par moment, mes songes étant peuplés de choses agréables, d’autres bien moins. Des bribes de souvenirs qui revenaient sans cesse me hanter lorsque je me retrouvais avec les yeux clos. Mais pour une fois, ils se firent plus diffus, moins intrusifs. J’avais l’esprit ailleurs, ce qui devait fortement y faire.

Un mouvement s’amorça près de moi et j’entrouvris un œil, puis deux, avant de me rendre compte que le jeune homme avait disparu. Enfin, pas complètement en fait … Je tournais la tête d’un quart pour apercevoir son visage juste au-dessus du mien, l’observant avec des yeux emplis de fatigue avant de froncer les sourcils en le voyant habillé et visiblement sur le départ. Ce ne fut pas la proximité qui me dérangea, mais le fait qu’il veuille mettre les voiles aussi tôt et surtout sans m’en dire un mot ! Même si au fond, il n’avait aucun compte à rendre à qui que ce soit, du moins certainement pas à moi, j’aurais tout de même préféré qu’il me prévienne plutôt que de fuir comme un voleur …

"Et où comptes-tu aller ainsi ? "

Il se contenta de rire, un rire nerveux et amusé à la fois avant de m’expliquer qu’il partait. Ah ça merci, je m’en étais rendu compte toute seule ! Mais je n’étais pas décidé du tout à le laisser faire sans rien dire, l’image de mon ami baignant dans son sang se plaquait trop régulièrement sur ma rétine pour que je ne puisse plus m’ne inquiéter. Sans attendre une quelconque réponse de ma part, le jeune homme tourna les talons et sortit de la pièce, marchant prudemment dans les couloirs. Son pas était si léger que je peinais à l’entendre. Sautant du lit, j’attrapais à la va vite un sweet à Kelyan, bien trop grand pour moi, je flottais dedans, et enfilais mes baskets que j’avais retiré pour m’installer près du jeune homme, manquant de tomber plus d’une fois en essayant de les caller correctement, avant de me précipiter à sa suite, sans grande discrétion pour ma part. Peu m’importait, Lucy n’était pas là, et les deux garçons avaient un sommeil de plomb. J’aurais pu tirer au canon dans leur chambre qu’ils ne se seraient probablement pas réveillés.

Le voyant la main sur la poignée de la porte, les verrous déjà retirés, j’accélérais le pas et plaquais fermement ma main sur le panneau de bois, lui coupant la route, et l’observais d’un air énervé, cachant la tristesse que je ressentais de manière plus enfouie. Le jeune homme ne broncha pas, se contenta de soupirer avant d’ m’intimer à le suivre dehors. Bloquant toujours l’accès à la sortie, je le fixais quelques secondes avant de retirer ma main en m’effaçant pour le laisser passer. A sa suite, je refermais la porte à clef, enfouissant ses dernières dans ma poche, avant de le suivre avec une légère réticence. Une fois dehors, Lyl se plaqua dos au mur en m’observant l’air morose. Je ne pouvais m’empêcher quant à moi de faire les cents pas, nerveuse.

"Alors c’est ça ? Tu veux déjà repartir risquer ta vie alors que tu viens à peine de récupérer ? C'est absurde ! .... même si au fond je m'y attendais ... "

Je me planquais sous la colère car au fond j’avais peur de ce qui suivrait. Je savais que je ne pourrais pas le voir partir sans le suivre, que je ne pouvais pas le laisser fuir ainsi pour aller se jeter dans la gueule du loup. Passant une main fébrile dans mes cheveux en les repoussant en arrière, je finis par réussir à m’arrêter pour lui faire face, l’air sérieuse. Je fixais ses yeux de jade à l’expression contradictoire avant de reprendre.

"Emmène-moi. Je te laisse repartir uniquement si tu me laisses venir. Comme ça, je pourrais veiller sur toi le temps que tu ailles mieux. Quoi que tu puisses en dire, tu n’es pas rétabli. Ta fièvre a baissé mais elle est encore un peu présente, et puis ton bras … Même si j’ai confiance en tes capacités, en cas de problème, tu auras du mal à te battre seul …"

Je soupirais, laissant mes épaules s’ affaisser, l’expression de mon visage changea une fois de plus pour arborer un air inquiet et je levais des yeux suppliants à l’encontre du jeune homme. Même s’il refusait, je savais dans tous les cas que je finirais bien par le suivre, peu importe les conséquences. Je n’acceptais tout simplement pas de le laisser repartir rôder seul.

"S’il te plait Lyl … laisse-moi m’assurer que tout ira bien … laisse-moi t'accompagner."

J’avais la vague impression d’une gamine en train de faire un caprice à ses parents pour les accompagnés à une sortie d’adultes, mais le jeu en valait la chandelle car mes motivations étaient bien plus profondes qu’une simple lubie. Je passais toutes mes autres préoccupations après la sécurité du jeune homme, pour l’instant, c’était la seule chose qui primait. Je m’emparais d’une cigarette dans ma poche et l’allumais dans la foulée avant d’en tirer quelques bouffés qui n’eurent pourtant pas l’effet escompté. Seul la réponse de mon ami parviendrait ou non à me détendre un tant soit peu.
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Sam 14 Juil - 16:38


Les yeux fermés, une jambe repliée contre le mur, je l’écoutais, patient. La colère ayant surpassée la peine, Pandora me faisait part de son mécontentement. Tel un tigre en cage elle faisait les cent pas. La nervosité. Pour ma part je gardais cette attitude nonchalante, quasi indifférente. Lorsqu’elle s’arrêta j’ouvrais les yeux, croisant son regard ambitieux. Voilà qu’elle me demandait l’impossible. Me suivre ? Et puis quoi encore ? Je poussais un soupire, trouvant la chose absurde. J’avais détournais le regard tout en secouant négativement la tête. Je reportais alors mon regard sur son visage, elle me fixait, confiante, suppliante. Je restais silencieux, l’observant avant de me détacher du mur avec une colère retenue et de lui tourner le dos, deux mètres plus loin…

« C’est ridicule ! N’as-tu pas enregistré ce que j’t’ai dis ?! Je… »

Je m’arrêtais net tout en jetant un coup d’œil furtif autour de moi. Je baissais d’un ton et m’approchais d’elle pour que notre conversation ne soit perçue que par nous deux.

« Je ne peux pas t’emmener avec moi ! Je dois y retourner, je dois faire mon rapport. »

J’étais tiraillé, désireux de l’emmener mais bloqué par l’impossibilité de l’emmener. Je ne pouvais la cacher si ce n’est dans mon propre appartement, mais elle y découvrait des choses bien effrayantes… De plus, l’atmosphère qui y régnait était glauque de par mon laissait aller. Des volets fermés, un endroit insoluble où jonchaient tout partout des recherches, des plans, des notes. D’ailleurs je me rendais compte à quel point l’endroit m’était compromettant.
Cette fois les rôles étaient échangés, c’est moi qui avais l’air d’un lion en cage. Une idée me vint alors. Je m’arrêtais au bord du trottoir, dos à mon amie. J’observais les nuages rougis par le levé imminent du soleil. Un long soupire vint libérer ma pression. De nouveau calme, je reprenais d’une voix plus ou moins froide…

« Je règle certaines choses et je repasse te chercher.»

Je tournais d’un quart, juste assez pour la voir. Le visage implacable, nous nous observions quelques secondes, jaugeant le visage de l’autre pour mesurer le degré d’importance des propos de chacun. Du moins, c’était le cas pour moi, je cherchais dans son regard combien elle était sérieuse. Et vu sa tête, j’imaginais qu’elle faisait la même chose avec moi. Après avoir montré signe de vie je voulais trouver un mécanicien, il me fallait un automail sur le champ. Pas le temps d’attendre, je ne pouvais me permettre de traîner. De plus, ma blessure était encore fraiche, c’était maintenant qu’il fallait m’opérer. Je fis un pas de plus dans sa direction et lui dis avec fermeté…

« C’est là mon unique proposition. »

Un nouveau silence. Je retirais la cigarette que je lui avais empruntée de derrière mon oreille et la portais à mes lèvres. J’attendais qu’elle daigne me filer du feu. Mon regard faisait navette sur son visage, elle semblait exténuée. Bien que ce fut certainement moi le plus à plaindre, je me sentais bien, je me savais capable d’y retourner. Et puis…j’en avais le devoir.

« Repose-toi, c’est le mieux que tu puisse faire si tu tiens tant à me protéger… »

Je portais la cigarette à mes lèvres et attendis, le bras levé, qu’elle allume ma cigarette. Je ne la quittais pas du regard, un brin dur et suave, j’attendais sa réaction, sa réponse. Bien que je ne lui laissais pas le choix, j’avais la politesse de la laissait me faire part de sa réponse. Et puis j’avais un mauvais pressentiment, comme à chaque fois, je faisais donc durer cet instant, repoussant le moment où j’apparaîtrais devant mes subordonnés. J’ignorais jusqu’à quel point elle pouvait être têtue, cependant j’étais persuadé qu’elle accepterait la condition. Dans le cas contraire, je ne voyais pas trop comment m’y prendre si ce n’est l’assommer. Ahhh…à quoi pensais-tu Pandora ? Je croyais que tu avais tes priorités.
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Dim 15 Juil - 14:40

Le visage dur, je fixais mon ami avec inquiétude et colère mêlée. Observant son regard redevenu glacial, j’essayais de découvrir s’il existait un moyen de le faire flancher et ainsi faire pencher la balance en ma faveur. Mais tout ce que je voyais dans les yeux clairs du jeune homme, c’était de l’obstination. Ou bien était-ce simplement le reflet des miens en fait … En silence, j’observais ce visage que je commençais à désormais connaitre, cherchant un argument convaincant pour le faire renoncer, mais rien ne me venait à l’esprit à présent. Il avait ces raisons de refuser, je ne pouvais pas le nier. Et puis, il me proposait tout de même une sorte ….. d’arrangement. Las, je soupirais et finis par baisser les yeux en me remettant à faire les cent pas nerveusement. Les sourcils froncés, les mains torturées, je ne comprenais pas son obstination à repartir seul vers un danger probable. Mais après tout … Après tout, qui étais-je pour imposer mes caprices au jeune homme ? Personne … J’émis toutefois un léger rire teinté de nervosité lorsqu’il me suggéra de prendre du repos.

"Et c’est toi qui me dit ça … Crédibilité zéro mon cher."

J’esquissais un léger sourire avant d’apercevoir son bras relevé, visiblement en attente de feu pour consommer sa cigarette. Fouillant dans mes poches, je le lui tendis par réflexe avant de me souvenir qu’il aurait probablement du mal seul, et lui allumais sa clope dans la foulée, le regard légèrement ailleurs. Je finis par m’assoir sur le rebord du trottoir, coude sur les genoux, et me pris la tête dans les mains en soupirant longuement. Pourquoi est-ce que je me prenais autant la tête à cause de ça ? Impossible d’y répondre. Je repris la parole d’une voix faible et morose.

"C’est pas comme si tu me laissais vraiment le choix … "

Je fixais la route, en plein débat psychologique avec moi-même. Une fois n’est pas coutume, ce fut la raison qui remporta la manche au prix d’un dilemme rapide. Après un petit silence, je relevais les yeux vers Lyl, l’expression impassible. Je tentais de camoufler la peine qui naissait un peu plus profondément derrière un masque de stoïcisme. Mon regard s’arrêta sur le bras manquant du jeune homme, je me doutais bien qu’il lui fallait trouver une solution rapide à ce problème, et ce n’est pas en se coltinant une chimère hypersensible et pot de colle qu’il allait y arriver. Mon regard dévia sur la lune, une fois de plus ma métaphore à son égard prenait tout son sens. J’avais l’impression d’être loin de lui, alors qu’il se trouvait à quelques centimètres. Aucune logique décidément … Je lâchais un profond soupir avant de reprendre .

"D’accord. Je t’attendrais. Fait ce que tu dois faire. "

Le visage baissé, je cachais cet air de tristesse mêlé à une certaine culpabilité derrière ma longue frange, pour une fois extrêmement pratique, et sortit une autre cigarette alors que j’avais à peine consommé la première, la bloquait entre mes lèvres mais ne l’allumais pas. Pas encore. Je réfléchissais d’un coup, à autre chose. Si la seule lumière que j’avais trouvée pour avancer refusait obstinément la moindre forme d’aide de ma part, je serais forcée d’en retourner à mes préoccupations plus sombres, ayant dernièrement quelque peu délaissé la mission première que je m’étais donné d’accomplir. L’allégresse dans laquelle j’avais été plongé sans vraiment m’en rendre compte m’en avait petit à petit éloigné. Il était probablement temps que j’y retourne et face ce que j’avais à faire. Et après ça … il serait toujours temps d’aviser, du moins si j’y survivais. Le visage de ma sœur, cinq ans plus tôt, me revint en mémoire, son sourire sadique lorsqu’elle acheva son frère de sa main, et ses rires cinglants, je n’avais rien oublié de tout ça. Ce que j’avais oublié, c’était la colère que j’avais pour elle. La colère s’était changé en douleur, la douleur en peine, et la peine s’efface toujours un peu avec le temps. C’était là une grossière erreur. Méditant sur tout ça, je finis par me relever et l’observais calmement, cigarette éteinte au bord des lèvres, avant d’enchainer d’une voix neutre.

"Excuse moi Lyl. J’aurais du réfléchir et penser à ta situation. "

J’esquissais un léger sourire en coin, teinté de quelque chose ressemblant fort à de la mélancolie.

"Je laisserais la fenêtre ouverte si tu reviens. Tu sembles visiblement ne pas apprécier l'entrée traditionnelle."
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: Car toi seule à le pouvoir de changer mon univers...   Dim 15 Juil - 15:57




Voilà qu’elle faisait de nouveau les cent pas, je l’observais, songeur. Elle daignait enfin me fournir du feu, un brin hésitante je la vis toute fois se rattraper rapidement. Ehhh oui…dur d’allumer une cigarette avec un seul bras. Vous savez ce qu’on dit d’un homme sans feu ? Un homme sans feu est un homme ..non, on s’en tape. Je tirais une généreuse bouffée sur ma cigarette. Pandora avait pris place sur le bord du trottoir, là assise, sa posture traduisait son tracas. Je détournais le regard, observant la rue désertique et encore baignée dans la pénombre. Pas un chat, rien à part le soleil qui pointait doucement le bout de son nez.

« C’est pas comme si tu me laissais vraiment le choix … »

Je levais les yeux en l’air avant de faire une moue désolée. Je lui jetais un coup d’œil puis reculais de quelques pas pour m’adossais à nouveau au mur. Un nouveau silence, celui-ci pesant. Je gardais cette patience sereine, attendant un dénouement avant de prendre l’initiative de me tirer. La jeune femme reprenait, brisant le calme pour instaurer une atmosphère d’avantage morose. Je reportais mon regard sur elle, elle s’était levée, s’excusant avec ce qui me semblait être de la culpabilité. Comme si que j’avais besoin de ça. Plus raisonnable qu’elle en avait l’air, elle acceptait ma condition. Si j’étais aussi moi-même réticent, c’est parce que j’ignorais si j’allais pouvoir revenir… J’essayais de mettre ca de côté, me concentrant sur l’instant présent. Je me détachais du mur, pour la dernière fois cette fois.
Je m’approchais d’elle et la gratifiais d’un sourire chaleureux. Un geste probablement réconfortant. Je prolongeais ma marche, m’approchant d’avantage pour lui susurrer tout en fixant la ruelle en face de moi…

« Merci. »

Je m’abstenais de toute autre familiarité. Frôlant son épaule je traversais la route tout en accélérant le pas. Lorsque j’arrivais à hauteur de la rue en face j’accélérais ma course pour sprinter. Je m’arrêtais dix mètres plus loin, hésitant. Là je réprimandais l’envie de me retourner et fronçais les sourcils, retrouvant mon courage pour le saisir de cet unique bras. Je devais me dépêcher, je devais arriver au QG avant que le jour se lève.

Après dix minutes de course folle j’arrivais au bar. Celui-ci était fermé, il faisait encore nuit. User de mes forces ainsi avait été une mauvaise idée, je sentais la douleur de nouveau m’assaillir, j’étais de nouveau trempé de sueur. La fièvre me collait aux bask’, rien d’étonnant, j’avais perdu beaucoup de sang et je n’avais pas été pris en main par des professionnels. Non, seulement par des gens de bonne foi, des gens à qui je devais la vie. Exténué, je négligeais mes sens, baissant ma garde sans vraiment m’en rendre compte. Je repris mon souffle quelques secondes avant de m’introduire dans le bâtiment. A peine entré on me tenait en joug avec une arme blanche. Surpris et très impulsif dans ce genre de situation je saisissais le poignet de mon agresseur pour le tordre. Celui-ci lâchait prise après s’être excusé. Je découvrais alors le visage de mon bras droit. Il connaissait mon visage, j’avais confiance en lui en tant que Capitaine, je pouvais lui confier ma vie. Il m’était loyal et fidèle, il était plus âgé que moi mais la voie martiale qu’il suivait lui avait enseigné ces deux valeurs-là. Un homme mystérieux, j’ignorais quel était son but, mais ca n’avait rien de bien rose. C’est pourquoi notre relation ca arrêtait à la limite du lien hiérarchique.
Sans me demander des comptes l’homme me servait déjà de canne, sentant ma faiblesse.
Il m’emmenait au sous-sol du bar, dans le QG.

Jade ainsi qu’un autre type de ma garde personnelle se trouvaient là. Jade était assise sur la table, le type assit sur une chaise, tout deux en train de siroter un verre d’absinthe alors que le jour ne s’était même pas encore levé. C’était leur façon de commencer la journée. Vous savez ils étaient tous plus âgés que moi, pourtant, je restais leur supérieur, respecté. Les deux autres se levèrent en m’apercevant, le type voulut planquer la bouteille mais s’en abstenait en se rappelant mes antécédents… Jade venait me soutenir, j’eu un élan hautain en la repoussant. Bordel, cette femme… M’enfin, ce n’était pas le moment. Je m’étais les choses au point, leur interdisant de divulguer l’information concernant l’absence de mon bras gauche. Là, dans l’intimité je leur confiais un mensonge. Je leur expliquais comment j’avais perdu mon bras face à une sorte de « samouraï ». Pas de scrupule à mentir, la vérité devait restée secrète.
Après ca je leur ordonnais de quitter les lieux avant de ne leur faire subir le même sort. J’étais exécrable, menaçant et autoritaire.
Loin de Pandora c’était comme si que mon corps se libérer de toute la pression emmagasiner. Car si psychologiquement je me sentais bien, physiquement c’était autre chose. Ca aurait du être le contraire, mais je tenais plus que tout à paraître fort.
Car un homme fort présente toujours son dos.

Seul avec mon bras droit, je lui demandais un rapport détaillé sur les dernières 72 heures. En fonction de ses dires je lui confiais quelques tâches et réglais certains conflits.
Deux heures plus tard j’avais sauté dans mon « costume » de bandit pour apparaître masqué face à mes subordonnés. Je devais faire taire les rumeurs me concernant, des rumeurs concernant ma mort. Je fis donc mon sale boulot, donnant des ordres à droite et à gauche, refroidissant les plus téméraires et détournant les talons sans un mot de plus.

Une heure plus tard je me réveillais d’une courte sieste plus ou moins réparatrice. J’enfilais une chemise blanche à manche longue, un pantalon noire en toile et je plaquais ma veste de costard sur mon épaule gauche pour dissimuler l’absence de mon bras.
J’avais prévenu mon bras droit concernant une autre absence, je devais trouver un mécanicien. J’avais changé d’avis quant à l’idée d’en trouver un au sein ou par le biais de l’Organisation.
Je partais donc seul chercher par moi-même un mécanicien digne de ce nom capable dans les plus brefs délais de m’opérer.
Il était temps que je parte tenir ma promesse à l’égard de Pandora.


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