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 Psychologie du fantôme [Amy Jade Cahelyn]

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MessageSujet: Psychologie du fantôme [Amy Jade Cahelyn]   Mar 17 Juil - 20:03



Vous est-il déjà arrivé d’avoir l’envie de tuer, une envie irrépressible, un besoin capital, vital presque ? Moi oui, une fois. Une seule et unique fois. Qui ne me quitta plus jamais. La guerre, cet art ancestrale, voilà où j’ai puisé cette envie, ce besoin de sang. J’ai plongé en plein cœur de cet enfer, débarquant fraichement de l’académie avec une bonne volonté notable, et l’espoir de pouvoir me rendre utile, que ce soit pour mes pairs ou bien même les civils. Mais ce à quoi je dû faire face, rien de ce que j’avais pu apprendre ne m’y avait vraiment préparé. En quelques jours, je vis plus de morts que durant toute mon existence. En quelques heures seulement, je fus forcé de tuer plus d’une dizaine de fois pour survivre. Quel étrange sensation de savoir que le fil qui vous maintient en vie ne dépend que de votre capacité à prévoir et à contrecarrer les mouvements de votre adversaire … Mise au pied du mur, je fus forcée d’abattre mon premier civil jeune, bien trop jeune. Agé d’une quinzaine d’années à tout casser, il avait probablement l’âge de mon frère et ma sœur. Mais ce n’était pas le regard d’un enfant que je vis, car ce qui brillait dans ses prunelles, c’était bien la haine et la peur. Je l’observais quelques secondes, mon arme de poing en main, dévisageant ce visage enfantin aux si caractéristiques yeux rouges, visant le sol indécise, lorsqu’il leva son fusil en hurlant comme un dément. Dans un réflexe salvateur, je fis un bond sur le côté avant de lever mon arme et de l’abattre d’une balle en pleine gorge. Je vis passais la terreur sur son visage suivit d’une expression semblable à de la peine. Si jeune, et déjà enchainé par les griffes de la faucheuse. Je venais de tuer mon premier homme, et cela ne me faisait ni chaud ni froid. Pourquoi ? Parce que j’avais œuvré pour ma propre survie, je m’étais convaincu que je n’aurais pas eu le choix dans tous les cas. C’est en suivant cet ordre d’idée que je continuais ma série de meurtres, hésitant un peu moins à chaque fois que je devais lever mon arme pour protéger ma vie. Ma main au départ tremblante se faisait plus ferme à chaque fois, alors que mon visage se teintait peu à peu d’une impassibilité sans failles. Je me contentais d’obéir aux directives en rétablissant un certain ordre tout en protégeant ma vie. Malgré la pointe de satisfaction qui saillait peu à peu à chaque fois que je parvenais à échapper à la mort une fois de plus en faisant couler le sang d’un autre, je continuais pourtant à m’entêter en m’assurant travailler pour le bien de ma nation. Je repoussais la petite voix dans ma tête qui réclamait toujours un peu plus, qui me félicitait lorsque j’étais trop rapide à abattre un homme pour que ce dernier n’ait même eu le temps de penser à se protéger. Peu à peu, tuer devint un réflexe, non un moyen de défense. Dès que je voyais les yeux rouges, les visages ennemis, je levais mon arme sans me préoccuper de ce que j’avais véritablement en face de moi. Homme, femme, adolescents peu m’importait, nous étions en guerre, les pertes étaient inévitables, d’un côté comme de l’autre. En bon petit soldat, je fus récompensé plusieurs fois de vive voix par mes supérieurs pour mon efficacité, bien que certains mettent en doute la légitimité de mes actes. A ces derniers, je n’avais jamais pu m’empêcher de leur donner mon arme, les incitants à venir me rejoindre sur le front, là où la tension était à son comble.

La guerre est un jeu, il faut savoir où se placer pour être sûr de gagner. Si on la prend d’une manière différente, c’est l’échec assuré. C’est un collègue qui m’avait enseigné cette règle fondamentale que j’avais tout d’abord dénigré, prônant l’amitié, le respect de la vie humaine et toutes ces choses que l’on m’avait enseignées durant la globalité de mon enfance. Mes toutes ces belles paroles se révèlent toutefois bien futiles lorsqu’on se retrouve avec un canon de fusil pointé sur sa tempe. La seule chose qui vaille alors, c’est l’instinct, l’instinct de vie ou de mort, et la capacité à faire face à l’imprévisible. Et cela, ça ne s’apprends certainement pas à l’école ou dans les bouquins, mais bel et bien sur le tas, face à l’enfer de la guerre. La considérer comme un jeu, un simple jeu où tout est permis est un moyen radical pour ne pas s’embarrasser de préceptes contraignants risquant de mettre en danger sa vie. Chaque personne devient un pion, chaque pion peut être utilisé et sacrifié pour leur roi, et le roi, c’est vous. A partir de là, il est impossible de perdre car c’est la seule véritable chose qui importe au final, gagner, surpasser les autres, quel que soit le moyen utilisé, et surtout, survivre. Ma bonne conscience m’avait tout d’abord porté à croire ce principe abominable et inhumaine, mais force me fut d’admettre une fois sur le terrain que cela restait la solution la plus adéquate. Je me rendis compte à quel point je m’étais imprégné de ce mode de penser lorsque j’en vins à assassiner un enfant sans une once d’hésitation.

A la tête d’un escadron, ce dernier devait couvrir toute une rue et pénétrer dans les habitations pour en sortir les éventuels réfugiés. Par principe, je tuais toujours les gens armés, pour éviter tout risque de rébellion lorsque nous les ramènerions. La troisième bâtisse que nous abordions résista, deux des hommes durent enfoncés la porte. Ils reçurent en accueil une décharge de poudre importante, les tuant sur le coup. Le reste de l’escadron entra en force, tuant les rebelles avant de retourner la maisonnée pour dénicher trois femmes et cinq enfants, dissimulés dans les moindres recoins qu’ils avaient pu trouver. Maintenus à genoux face au corps sans vie du reste de leur famille, les femmes pleuraient, les enfants restaient silencieux, probablement inconscients de la situation. Je les avais observé quelques secondes de manière impassible avant de faire demi-tour pour sortir, indiquant d’un signe de tête qu’il pouvait les embarquer. Mais mes hommes avaient mal fait leur travail et lorsque je voulus franchir la porte, je sentis un l’équivalent d’un boulet de canon m’enfoncer le ventre, me faisant reculer, légèrement sonnée. Face à moi se tenait une jeune fille, ne dépassant pas les dix ans d’âge, de longs cheveux d’un noir de jais, bouclés, dansaient sur ses épaules ensanglantés alors qu’elle avait réussi à s’emparer du poignard à ma ceinture. Je la fixais quelques secondes, observant les larmes qui coulaient le long de ses joues, la haine qui couvaient dans ses yeux d’enfant, avant de la voir s’avancer vers moi, serrant de ses petites mains l’arme blanche. Je sentis du mouvement autour de moi, certains hommes s’avançaient pour la maitriser, mais je fus plus rapide. En quelques secondes, la jeune fille gisait à terre, abattue d’une balle en pleine tête alors que se tenait encore au-dessus d’elle le canon fumant de l’arme qui avait écourté sa jeune vie. Les hurlements derrière moi s’intensifièrent alors que je fixais le corps déjà refroidissant de l’enfant que je venais de tuer, sans pour autant ressentir quoi que ce soit, si ce n’est la satisfaction d’avoir protégé ma vie une fois de plus. Je sentis une main se poser sur mon épaule pour me retourner violemment et fit face à un de mes collègues qui me hurlait dessus, me traitant de monstre d’avoir abattu une fillette sans défense. Il ne vit pas venir la faucheuse lorsqu’une détonation se fit entendre. Le militaire recula, tenant de ses deux mains son ventre sanguinolent alors que je demandais d’une voix distraite si quelqu’un souhaitait également faire un commentaire. Je ne reçus qu’un silence glacial et m’empressais de quitter la pièce.

C’est là que je compris qui j’étais vraiment, et ce pourquoi j’étais faite. J’étais une prédatrice, une tueuse, c’était là ce qui me faisait vibrer, ce qui me motivait, l’instant où l’on prend la vie d’un autre pour protéger la sienne, la sensation de puissance lorsqu’on sait que ce de soi que dépend la vie ou la mort d’un autre. La guerre est un jeu, la vie est un jeu. Et pour gagner, il faut savoir se battre, il faut savoir tricher et bien abattre ses cartes.

En revenant de la guerre, j’eus la chance d’avoir été repéré par un général de brigade plein d’ambitions lui aussi. Sa manière d’aborder les choses me plaisait, qui plus est, il me laissait régulièrement la sale besogne, tâche qui me sied parfaitement, je dois bien l’avouer. Du front, je fus envoyer dans un laboratoire militaire, peuplé de créatures informes et avilies, cobayes et plus tard victimes. Ces êtres devaient être entrainés, étudiés, analysés, afin d’en faire des combattants hors pairs. Je pus alors assister à un autre aspect intéressant du jeu. Le meilleur moyen de tester les défenses ainsi que les capacités véritables de ses hybrides étaient de les faire se battre entre eux. J’avais été plus d’une fois chargé de « garder » ces animaux, de les surveiller durant leur sélection naturelle, ou presque, et je dois reconnaitre que les voir se battre pour leur survie me tirait une certaine satisfaction. Lâchés dans un périmètre restreint, ils étaient forcés de combattre s’ils voulaient survivre. La loi du plus fort, seuls les plus aptes survivraient, les autres périraient. Le jeu s’appliquait à eux également. Les choses se compliquèrent lorsque ma stupide sœur et son jumeau débarquèrent à Central. Je dus cacher cette attirance hautement réprouvée par la plupart des gens pour me faire passer pour l’ainé responsable. Mais leur présence n’eut pas que des aspects négatifs. J’appris à mes dépends que je n’avais désormais plus aucune entrave affective lorsque ma sœur, en bonne incapable, manqua de se faire tuer par deux renégats activement recherchés. Cette idiote n’avait jamais su se débrouiller seule, cela avait bien failli lui coûter la vie. C’est moi qui l’avais retrouvé, gisant dans une mare de sang dans cette ruelle sombre de Central. Et la vision de ma propre sœur maculée d’hémoglobine ne me tira pas la moindre réaction. J’étais déjà en train de calculer la manière dont elle pourrait m’être le plus profitable ainsi, et je songeais hâtivement à l’envoyer rejoindre les autres cobayes. J’avais déjà la correspondance parfaite pour elle. Une petite tigresse anormale, sa mère avait été amenée de Xing et n’avait pas survécu au changement, mais avait tout de même pondu son enfant avant de mourir. Un être étrange, aux couleurs anormales mais belles, il fallait bien l’admettre. Mais cette bête nous était pour0 l’instant inutile, aucun des cobayes ne convenaient pour l’implantation. Mais à cet instant, je sus que je le tenais mon cobaye. Et c’est ainsi que je fis de mon propre sang un objet d’études, que j’observais comme les autres, que je jugeais comme les autres. Je n’aurais jamais cru qu’elle survivrait dans cette bataille pour la vie, mais ma jeune sœur me surprit agréablement, il me fallait bien l’admettre. Cependant, je ne pus m’empêcher de la mépriser lorsqu’elle espéra une quelconque aide de ma part. Elle n’était qu’un pion, un pas de plus pour mon ascension, rien de plus. Mais cela, elle ne le comprit pas, et son frère non plus. Je l’avais cru plus intelligent qu’elle, j’ai eu tort. J’ai bien vite réparé mon erreur, par les armes. J’en fus blasée, je venais de perdre un précieux cobaye. Mais les choses s’enchainèrent bien trop vite pour que je puisse réaliser vraiment l’échec de la situation. Le général fut tué, et mes agissements ne plurent pas à son remplaçant, je fus rapidement contrainte de fuir l’armée.

Mais le jeu survivait, encore et toujours. Si ce n’était plus pendant la guerre, il me fallait bien survivre. Alors je survivais, je tuais, j’arrachais la vie de mes victimes pour m’emparer de leur quotidien, les choisissant avec soin pour toujours avoir un délai avant que l’on ne remarque leur disparition. Je vivais ainsi longtemps, satisfaisant ma sensation de puissance en même temps que ma survie. Je ne me plaindrais pas de ces quelques mois, ce fut probablement la période de ma vie où je réussis à satisfaire pleinement ma façon de voir les choses. Mais vint l’instant où les choses ne roulèrent plus aussi bien, j’en vins donc à choisir une autre option. Et cette option, elle avait pour nom, l’organisation Zéro. Y entrer ne fut pas bien compliqué. Mais je me rendis compte d’un fait curieux. Même entre tueurs, il existait visiblement un certain type d’affection. Cela ne les empêchait pas se tuer entre eux par moment, mais ce n’était pas systématique, certains semblaient même bien s’entendre entre eux. Moi je ne cherchais qu’à assouvir mes envies, rien de plus, rien de moins. Survivre comme toujours. Je me rendis bien vite compte que la position la plus confortable était proche du chef, du capitaine. Je me fis donc rapidement connaitre pour grimper les échelons rapidement. Finalement, je réussis à atteindre mon objectif en devenant membre de la garde de mon supérieur. Ce dernier était un maitre en matière de meurtre, je ne pouvais m’empêcher de ressentir un semblant d’estime pour lui. Je n’irais pas dire qu’il s’agissait de loyauté non, mais du respect, c’était certain. Il me rappelait un peu ce collègue qui jadis m’avait appris comment aborder une guerre. La vie était un jeu, et le capitaine l’avait parfaitement compris car il n’hésitait jamais à bouger ses pions sans se soucier de leur sort, se basant uniquement sur son but et ses propres desseins. C’est pourquoi, je décidais de le suivre un temps, le temps d’en apprendre un peu plus, de m’inspirer de ses actes pour devenir semblable à lui, pour ensuite le surpasser. Le jeu venait de reprendre, mais il faut parfois savoir tricher pour parvenir à l’acte final.

Echec et mat.





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