Partagez | 
 

 Cruelle vérité [Pv.Lyl]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 27

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Dim 22 Juil - 18:59


"Lucyyyyyy laisse moi sortir de là, j’t’en supplie !"

"Pas question, tu restes au lit, sinon je t’attache !"

J’émis un grognement sonore avant de croiser les bras telle une gamine. Voilà quatre jours que j’étais clouée au lit, avec pour seule sortie autorisée, l’aller-retour aux toilettes trois fois par jour avec interdiction de poser la jambe par terre. Mon infirmière en chef s’était assurée de mon obéissance à l’aide de moyen vil et abject. Comme me laisser seule une après-midi entière avec Kelyan pour s’assurer que je ne bougerais pas d’un pouce. Le calvaire. Ce gamin était plus bavard qu’une basse cours réunie. Aujourd’hui, ayant été sage toute la journée précédente, j’avais eu le droit à un peu d’intimité. Enfin, l’intimité, j’en avais un peu rien à faire, je voulais simplement bouger, ne serait-ce que pour pouvoir me rendre à la cuisine et piquer dans les gâteaux. Si mon corps était lent à guérir, je me sentais pourtant en pleine forme à partir du moment où je ne me levais pas.

Un livre posé sur les genoux, je fixais l’image que me renvoyais le miroir de la commode située en face de mon lit. Malgré les bons soins de la jeune femme et d’un médecin de sa connaissance, et même si j’avais repris un peu de couleur, la perte de sang excessive que j’avais subit me maintenais encore un teint relativement pâle, rehaussé de cernes sombres car mes nuits étaient agitées. Mes cheveux dénoués me tombaient sur les épaules alors que j’avais l’air de flotter dans mon t-shirt noir trop large. Je soupirais doucement avant de baisser les yeux sur mes poignets. On voyait encore un peu les marques faites par la corde. Lorsque j’avais repris conscience, plusieurs heures après, les questions avaient fusées de toutes part, et pour cause. Mais j’avais obstinément gardé le silence, refusant tout net de leur expliquer quoi que ce soit. J’avais seulement daigné expliquer au médecin sur place ce par quoi j’avais été blessé, et ce que j’avais fait suite à ma blessure, mais ça s’arrêta là. Tour à tour, Will et Lucy essayèrent de me tirer les vers du nez, en vain. Je me fermais comme un tombeau à peine abordaient-ils le sujet, détournant le regard tout en gardant le silence. Je voulais simplement oublier ce qu’il s’était passé. Même si c’était impossible, au moins le mettre de côté pour ne plus y penser durant quelques temps. Ma sœur me sachant encore en vie, nul doute qu’elle chercherait tôt ou tard à me retrouver maintenant. Mais tous ignoraient que je possédais encore une famille, du moins un petit bout. Et je tenais à garder ce fait pour moi.

Je fermais les yeux doucement, soupirant, avant de repousser les couvertures vu que je commençais à avoir un peu trop chaud. Ma fièvre avait fini par retomber, une chance, essayez de dormir en ayant l’impression de bouillir, c’est pas évident. Attrapant le bouquin posé sur mes genoux, je me replongeais dedans tranquillement. A vrai dire, vu que mes mouvements étaient limités, je passais mes journées à lire, dormir, manger ou dessiner. Rien de bien palpitant en somme … Kelyan avait eu la générosité de me prêter sa collection d’ouvrages, qui bien que destinés à un public plutôt jeunes s’avéraient intéressants. Un peu fantaisiste sur les bords, mais distrayants. Celui que j’étais en train de parcourir traiter d’un adolescent qui évoluait dans un monde où l’alchimie n’existait pas, et c’était la science qui l’avait remplacé. Cette dernière avait d’ailleurs provoqué le déclin de l’humanité en la corrompant, et détruit une bonne partie du leur monde. Même si cela semblait tiré par les cheveux, c’était assez captivant pour me permettre de passer les heures sans trop broncher. Au bout de quelques minutes, la porte s’ouvrit et la tête blonde de mon amie passa par l’entrebaillement, le regard sévère.

"Hm … Depuis quand tu m’écoutes toi ?"

Je levais les yeux vers la squatteuse avant de lui répondre, tout sourire.

"Depuis que j’ai faim et que je n’ai pas envie de me taper une autre séance de diète parce que tu es en colère contre moi !"

La jeune femme haussa un sourcil circonspect avant de secouer négativement la tête en entrant dans la pièce, refermant la porte derrière elle.

"Espèce de ventre va." Elle esquissa un faible sourire avant de reprendre. "Aller, soulève ta chemise que je vois ça."

"Naaaah, pas encore ! T’as déjà regardé à midi, va pas y avoir de changement enfin !"

"Pandora … j'vais chercher Kel'?"

"Hmph … tortionnaire …."

"C’est ça, on lui dira."

Avec une mauvaise volonté évident, je soulevais le pan de tissu, laissant apparaitre un large pansement qui me prenait une tiers du flanc et descendait jusqu’à ma cuisse. Rien de bien saillant, c’est d’ailleurs pour ça que je le gardais soigneusement dissimulé. J’étais reconnaissante envers mes amis, mais je me sentais également coupable de leur avoir infligée le poids d’une convalescente, sans vraiment le vouloir qui plus est. J’avais vainement essayé de repartir dès que je m’étais senti mieux, c’était sans compte les chimères qui m’avaient fait la morale pendant près d’une demi-heure en m’interdisant ne serait-ce que de penser à me lever. J’avais finalement abdiqué, sachant qu’au fond ils n’avaient probablement pas tort. La blonde observa avec minutie la plaie qui avait dégonflée depuis les premiers soins, mais gardait une teinte rougeâtre bien déplaisante, tirant sur le violet par endroit. Le médecin comme moi savions pertinemment pourquoi, j’avais bien trop forcé sur ma blessure pour pouvoir m’en tirer sans aucune séquelle. Mais ça, je m’abstiendrais bien de le lui avouer. La jeune femme finit par se redresser doucement avant de me jeter un léger regard en coin.

"Ca va, j’te laisse tranquille. Si ça ne va pas tu-"

"« Tu nous appelles», je sais Lucy, je sais ! Je ne suis pas mourante n’exagère pas, je vais très bien !"

"Très bien, et puis quoi encore ?! J’suis pas prête d’oublier dans quel état t’as débarqué !"

Je l’imitais à coup de « gnagnagna » d’une voix enfantine en levant les yeux au ciel, ce qui lui tira une moue réprobatrice. Quelque part, j’étais touchée par son attention, mais je me sentais également mal vis-à-vis d’elle car j’étais persuadé de ne pas la mériter. Voilà pourquoi je prenais ça sur le ton de la rigolade, en plus de tenter de dédramatiser la situation. J’en avais assez de voir des têtes de six pieds de long à chaque fois que quelqu’un passait cette porte, ce que je voulais voir maintenant, c’était la vie, c’était l’air rieur de mes collègues et l’ambiance festive qui régnait d’ordinaire ici. J’avais la très nette impression d’avoir brisé ça en revenant blessée et en les forçant involontairement à me venir en aide. La jeune femme soupira en esquissant un vague sourire amusé toutefois, avant de quitter la pièce en me réitérant l’ordre de ne pas bouger. Après tout, c’était celui du médecin, une semaine de repos total, minimum. Et j’en avais déjà ma claque au bout de quatre jours.

Je repris mon livre en main après avoir jeté un léger coup d’œil à la fenêtre, mourant d’envie d’aller m’y pencher pour recevoir un peu d’air. A la place, je me servis un verre d’eau que j’avalais d’une traite et me replongeais avidement dans ma lecture en souhaitant toutefois que quelque chose vienne couper cette foutue journée trop longue à mon goût. Même si j’avais l’impression que le temps s’allongeait dans la journée, je redoutais l’heure de dormir et faisais tout pour prolonger le plus longtemps le moment où je devrais fermer les yeux pour apaiser ma fatigue. Certains démons ne se réveillaient que la nuit, et je n’arrivais plus à les éviter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
avatar

■ Mes messages : 833
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau:
■ Capacités : allez savoir...
■ Barre D'XP:
0/0  (0/0)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Dim 22 Juil - 19:45

J’étais affalé dans mon sofa, les jambes écartées, les bras tendus sur le dessus du canapé, tête renversée. L’appartement était sombre malgré le soleil resplendissant dehors. J’avais fermé tous les volets pour me plonger volontairement dans la pénombre. Ma cigarette fumait dans le cendrier sur la table basse. Je songeais, c’était mon premier jour libre depuis ma mission à East City. J’avais été félicité puis blâmer car un inconnu s’était introduit dans le laboratoire en usurpant l’identité d’un des geôliers. Hé hé ! J’avais passé un savon à mes subordonnés, j’avais cogné le scientifique qui m’avait laissé passer lorsque j’avais affirmé emmener mon amie dans la salle au fond de celle où ils se trouvaient tous. Ce type était arrogant en plus d’être taré. C’était le chef, par conséquent il s’était montré effronté. C’est d’un coup de tête bien placé que je le faisais taire. Il m’agaçait et me débectait, c’est le fait d’avoir repensé à son sourire carnassier qui m’avait fait agir de la sorte. Et puis bon, ca défoule.

Là dans le noir, je repensais à tout ca, je revoyais Pandora se démenait de toute ses forces pour me repousser. Je l’entendais hurler, j’entendais ses sanglots. Je me redressais dans un soupir désespéré. J’espérais qu’elle me pardonnerait. C’était exactement ce genre de situation et donc de crainte que je voulais m’épargner. L’unique raison pour laquelle je me refusais de m’enticher de qui que ce soit et surtout d’une femme. Les sentiments sont dangereux. J’avais pris des risques en la sortant d’ici, je lui avais fais subir un sacré traumatisme autant physique que moral. Je m’en voulais mais je ne bloquais pas dessus car en réalité, je l’avais seulement sortie du pétrin comme j’avais pu tout en gardant mon identité intacte. Je songeais de plus en plus à lui révéler mon identité, j’étais persuadé que ca nous éviterais pas mal de soucis. Je réalisais combien elle m’était précieuse. Derrière mon masque je l’avais vu souffrir, ca aurait été moins effrayant pour elle si elle avait su…
Je me penchais, mes deux avant-bras appuyés sur mes cuisses dénudées. Il n’était pas loin de dix sept heures et pourtant je n’étais toujours pas habillé. Là je baissais la tête pour observer le sol toujours aussi songeur mais ce fut mon bras que je vis, ou plutôt une vilaine morsure. J’esquissais un sourire amer avant de pouffer de la même façon. Bordel, il suffisait de voir à quel point la morsure était profonde et bien dessinée pour ressentir la peur de la jeune femme. Je me saisissais de ma cigarette et m’enfonçais de nouveau dans mon canapé. Je portais ma main à mon flanc droit, dénudé également et sentis les balafres fraichement refermées des griffes de la chimère. C’est qu’elle avait laissé des traces !

Après réflexion je me décidais à rendre visite à la jeune femme. Il était temps que j’apparaisse, je ne l’avais pas vue depuis ma transmutation… Je me levais et balançais mon mégot dans le cendrier avant d’investir la salle de bain. Une bonne douche fraiche pour refroidir mes idées et pour me réveiller. Après ca j’enfilais une chemise blanche et un pantalon noir en toile. Je rentrais ma chemise dans mon futal afin de ne pas avoir l’air négligé, mais quoi que je fasse j’avais une mauvaise mine. Même le fait de me coiffer ne changeait rien. J’avais dégagé mon front, laissant ma chevelure neigeuse retombée le long de ma nuque. J’exhibais ma cicatrice sans la moindre gêne, elle faisait partie de moi, tout comme mon automail. Je fourrais mon paquet de clope dans la poche gauche de ma chemise, au niveau de mon cœur et embarquais mes clefs, rien de plus. Au passage j’attrapais ma veste noire que je posais sur mon épaule pour ne pas avoir à la porter. J’enfilais mes gants noir et prenait la tangente au QG, direction les chimères.

Dans la rue je m’attirais le regard d’un groupe de jeune femme, celles-ci m’invitaient à les rejoindre. C’est d’un demi-sourire amusé que je déclinais sans ralentir ma course. Puis je rencontrais un groupe de jeune, puis des vieux et…en fait plus j’avançais plus y’avait du monde. C’est alors que mon regard fut attiré par une affiche gaiement décorée sur un mur qui servait de tableau d’affichage. Je m’arrêtais pour lire, mais je me souvenais aussitôt après avoir lu le titre que c’était un jour particulier. Une fête nationale que je pensais annulée à cause des derniers évènements dans Central. Mais je n’avais pas reçu d’ordre alors qu’un gros regroupement de civile allait avoir lieu. Rien de tout ca et j’en étais soulagé. Je comprenais enfin l’accoutrement des civiles et la joie sur leur visage. Je me retournais et observer les quelques personnes se pressait dans une direction, soit celle du centre ville. J’étais intrigué, je n’avais jamais assisté à ce genre de regroupement, je n’avais même pas idée de ce qu’étais un balle ou une soirée dansante. Je ne connaissais que les activités offertes par les nombreux bars que j’avais squattés. De toute ma vie j’avais assisté une foi à un feu d’artifice, à Drachma. Je ne m’en rappelais, je connaissais le principe, c’est tout. Je me détournais de l’affiche, un brin nostalgique de ce que je ne connaissais pas et traçais tout droit, perpendiculairement aux fêtards.

Au bout de quelques minutes j’arrivais à destination. Je levais les yeux et sentis aussitôt la présence de quelqu’un dans la chambre. Je me demandais dans quel état d’esprit j’allais trouver mon amie, j’espérais qu’elle ne s’eut pas fait trop de mouron pour moi. Après tout je lui avais fait comprendre en tant que Capitaine que j’allais éliminer le garçon qu’elle avait « trahi ». Pandora était encore un peu naïve. Ca ne faisait qu’attiser mon côté protecteur à son égard. Je souriais légèrement et j’escaladais le portail à défaut d’escalader la façade. Ne pas réveiller la douleur ! Pour une fois j’allais passer par la porte… M’enfin ce n’était que la deuxième fois que je venais, par mon propre chef j’entends par-là. Me rappelant parfaitement du pallier auquel sa porte d’entrée se trouvait. Je jetais ma clope au pied de l’arbuste et entrais dans l’enceinte du bâtiment.

Sur le pallier j’hésitais à entrer, incertain de vouloir la voir, d’affronter de nouveau son visage après l’épisode précédent. Je lâchais un soupire las et replaçais correctement le col de ma chemise et m’observais rapidement pour faire bonne figure. Je toquais.

« Ben tiens, si je m’attendais à ca… »

Will. Ce dernier jetait un furtif coup d’œil derrière lui et fermait la porte aussitôt. Mon visage s’assombrissait doucement, le type me saisissait par le col, comme son amie l’eut fait quelques jours plutôt et me plaqué contre le mur en face de sa porte.

« Tire-toi ! Depuis que tu es apparu dans sa vie, Dora n’a que des soucis ! Dégage de là fils de pute de Drachma ! »

Sans que je m’en rende compte, mon visage avait repris cette expression froide et menaçante. La colère me chauffait les oreilles, je fis une moue de dégoût avant de le repousser. Il fit plusieurs pas en arrière avant de revenir à la charge pour m’envoyer son poing que je retenais aisément en levant simplement mon bras métallique. Je tenais fermement son poing, prêt à le faire plier pour l’entendre hurler mais je me reprenais. Ce n’était pas mon ennemi. Will grognait de douleur, c’est alors que Lucy ouvrait la porte.

« Qu’est-ce que… Toi ?! Qu’est-ce que tu veux ?!
-Ne le laisse pas rentrer, c’est de sa faute ! J’en suis sûr ! »

Je voulu rebrousser chemin, sentant la culpabilité m’envahir. Je comprenais la situation, j’en déduisais également que mon amie était rentrée sacrément amochée pour m’attirer la furie de ce type. J’étais offensé, c’est pourquoi je n’avais pas pu m’empêcher de le faire douiller. Ce type avait insulté ma pauvre défunte mère, j’étais blessé, encore animé par l’amour que je portais à cet être disparu. Je lâchais son poing et m’apprêtais à faire demi-tour lorsque j’entendis mon prénom.

« Lyl ! »

Kelyan sortait pour nous rejoindre, questionnant ses deux compères. Lui seul semblait ravi de me voir. Je lui jetais un regard empli de morosité, le gamin fut retenu par son aîné. C’est alors que je vis Pandora sortir d’une chambre, tout au fond de l’appartement. Ce n’était pas raisonnable de partir maintenant. Puis le simple fait de voir cet être me redonnait du baume au cœur. Mon regard se posa sur sa jambe meurtrie, de loin de pouvais apercevoir sa mine blafarde. Snobant le type je m’empressais d’aller rejoindre mon amie. Lucy retenait à son tour Will, me laissant ainsi libre passage. J’ignorais les plaintes du type qui semblait me haïr plus que tout. Disons que j'avais l'habitude de me faire blâmer et puis il est vrais que j'avais une petite part de responsabilité dans tout ca. J'étais assez fort pour passer outre et ne pas me laisser accabler. Je traversais la pièce principale et rejoignais mon amie. Sans un mot ou une once d’hésitation je l’enlaçais, un désire refouler depuis bien longtemps. Serrant la jeune femme contre moi je voulus m’excuser mais retenais les mots, elle n’aurait pas compris. Je restais ainsi plusieurs secondes à la blottir contre moi avant de ne la lâcher pour l’observer. Je baissais les yeux, je me rendais compte de l’étrangeté de mon geste à ses yeux et esquivais par une simple phrase…

« C’est quoi cette tête de déterrée ? »

La mienne n’était pas mieux mais je la camouflais derrière un demi sourire étiré que d’un côté, attendri. Je tenais ses avant-bras, la maintenant debout, pas la peine d’observer sa plaie, je la connaissais très bien. Elle me tenait également, serrant inconsciemment la morsure qu’elle m’avait infligée. Mon regard faisait navette entre ses deux globes bleutés.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 27

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Dim 22 Juil - 20:43

Je sentis mes yeux clignoter alors que je relisais pour la troisième fois consécutive la même phrase. Refermant le bouquin d’un geste sec, je posais ce dernier sur l’oreiller libre de mon lit, je n’occupais qu’une seule place sur les deux de libre avant d’attraper enfouie sous mon lit le paquet de gâteau que Kelyan m’avait apporté en douce des deux autres. Le regard tourné vers l’extérieur, je soupirais, laissant des pensées bien plus noires que les précédents m’envahir. C’était aussi pour ça que je m’obstinais à ne pas penser, à avoir toujours l’esprit occupé quoi qu’il arrive, pour ne pas ressasser de sombres pensées et m’inquiéter plus que de raisons. De plus, aujourd’hui était censé être un jour de fête, j’entendais les festivités commençaient doucement mais sûrement à l’extérieur alors que j’étais obligé de rester ici à combattre ma culpabilité. J’avalais à la suite trois biscuits fourrés au chocolat avant de ranger précipitamment le paquet dans sa cachette en entendant du mouvement. Mais ce n’était pas habituel. La voix de Will me parvenait, diffuse, incapable de comprendre ce qu’il disait. Il semblait pourtant crier, ce qui n’était pas son genre, c’était plutôt quelqu’un de posé en général. Les sourcils froncés, je tendis un peu plus l’oreille pour essayer de capter ce qu’il disait lorsque d’autres voix s’en mêlèrent, dont une que je ne reconnus pas vraiment. Même enfermée dans ma chambre, je sentais une certaine tension monter entre les protagonistes, le ton des voix s’échauffait au fur et à mesure que la discussion avançait. Détestant par-dessus tout ne pas savoir, je mis de côté l’ordre de mon amie et sortis de mon lit en repoussant une nouvelle fois les couvertures, savourant rapidement le bonheur de pouvoir à nouveau me tenir debout, même si mes muscles étaient quelques peu affaiblis encore. Sans attendre, je me dirigeais vers la porte et ouvris cette dernière pour arriver dans le couloir et tombais sur un spectacle inattendu. Kelyan, Lucy et Will encerclaient un jeune homme à la chevelure claire. Je sentis mon cœur rater un battement lorsque je le vis, à la fois surprise et rassurée de le voir en vie. Même si je savais qu’il ne se laisserait pas éliminer facilement, j’avais pourtant craint ce qui pouvait lui arriver, surtout en n’ayant plus aucune nouvelle depuis un long moment déjà. Mais la surprise que j’eu à le voir ici me figea, une main sur le mur pour me retenir alors que je le fixais. Mon regard fit navette entre mon ami et mes congénères, la blonde retenait son ami alors que le plus jeune leur jetait des regards inquiets. L’argenté se dégagea de tout ce monde et me rejoignis avant que je ne réagisse vraiment, m’enlaçant doucement.

J’esquissais un sourire avant de lâcher le mur pour le serrer contre moi avec toute la force dont j’étais encore capable, comme pour m’assurer de sa présence, retenant les sanglots qui m’enserraient la gorge. J’enfouis mon visage contre son épaule, me blottissant contre le jeune homme en tremblant doucement. Il finit pourtant par se reculer alors que j’aurais aimé ne plus bouger et rester ainsi tant ce moment de tendresse était agréable et rassurant. Je me maintenais à ses bras, même si je me savais capable de pouvoir tenir seule debout sans problème, je ne voulais pas le lâcher. Sa réplique me tira un léger rire amusé alors que je détaillais son visage avec attention. Lui non plus n’avait pas l’air de tenir une forme olympique, loin de là. Au contraire, il me semblait bien fatigué. Pas encore rassasié de la présence de mon ami, je l’enlaçais à mon tour, passant mes bras autour de sa nuque et enfouie mon visage dans son cou en soupirant d’aise, avant de lâcher doucement.

"Simplement fatiguée. Je suis si heureuse que tu ailles bien … "

Pieu mensonge, inutile de l'alarmer pour rien. Relevant un peu le visage, j’aperçus le regard haineux que Will lança à mon ami et mon sourire s’estompa quelque peu. Je croisais alors le regard froid mais compréhensif de la blonde et la remerciait d’un léger signe de tête avant de relâcher l’argenté doucement. Je m’emparais de sa main de chair et d’os et l’entrainais avec moi dans la chambre, en faisant bien attention à ne pas boiter, et refermais doucement la porte derrière nous avant d’aller m’assoir sur le lit, tirant le drap d’un coup sec sur ma jambe pour en dissimuler le pansement. Inutile qu’il connaisse les sombres évènements qui s’étaient passés quelques jours plus tôt. Mon regard se posa sur son bras métallique que je détaillais quelques secondes avant de dérivait sur ses yeux de jade, affichant un léger sourire en l’observant.

"Comment va ton bras ? Tu as l’air épuisé …"

D’un geste de la main, je l’incitais à s’assoir à côté de moi en me décalant imperceptiblement pour lui faire plus de place. Au moins un point sur lequel je n’aurais plus à m’inquiéter, le voir ici me ravissait, et peu m’importait de suivre ou non les obligations du toubib. J’allais reprendre la parole lorsque la porte s’ouvrit à la volée, laissant passer le brun au visage rougie par la colère, ce dernier se plantant devant nous les bras croisés en observant mon ami avec une haine non contenue.

"Comment peux-tu encore lui faire confiance après l’état dans lequel tu es revenue ? Tu délires complètement !"

"Il n’y ait pour rien, il n’a rien fait !"

"Prends moi pour un con ! C’est depuis qu’il a débarqué qu’il ne t’arrive que des merdes, ne te fous pas de moi !"

Je sentis mon ami sur le point de se lever, mais je le devançais, rejoignant le brun en quelques enjambées maladroites pour lui asséner une gifle pas bien forte, mais c’était bel et bien la première fois que je levais la main sur lui. Tremblante, je le fixais les poings serrés alors qu’il me dépassait d’une bonne tête avant de lâcher d’une voix réfrigérante.

"Tu ignores tout de ce qu’il se passe, je t’interdis de le juger de quelques manières que ce soit. Sort d’ici immédiatement … Si sa présence te gêne alors je partirais avec lui, ne t’en fait pas pour ça."

Le brun me fixa, l’air plus choqué qu’énervé désormais avant de tourner les talons, sa main posée sur sa joue, et sortit de la pièce en claquant la porte alors que je me retenais au mur en fixant le sol, dégoutait par mon attitude. Il m’était venu en aide plus d’une fois et voilà comment je le remerciais … Je posais mon front contre le mur et fermais les yeux quelques secondes avant de me retourner vers le jeune homme, le rejoignant doucement pour me laisser tomber à ses côtés, le regard fuyant.

"Excuse le … C’est lui qui m’a récupéré quand … enfin peu importe, il a ses raisons, mais il ne sait pas tout, loin de là. "

Je relevais les yeux vers mon ami et esquissais un léger sourire pour détendre un peu l’atmosphère qui s’était franchement alourdie avec l’intervention du brun, mais le mal était fait. Je posais ma tête doucement sur son épaule, sans aucune gêne avant de reprendre d’une voix plus douce.

"Pourquoi avoir autant attendu avant de revenir au fait ? Je me suis inquiétée ... "
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
avatar

■ Mes messages : 833
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau:
■ Capacités : allez savoir...
■ Barre D'XP:
0/0  (0/0)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Dim 22 Juil - 21:42

Mon léger ne s’étant toujours dissipé je ne cessais de l’observer, la voir rire me réconfortait. Tout n’était pas si noir. Ce sourire, c’était tout ce qu’il me fallait, d’autant plus quand il était sincère et joyeux. Je fus à mon tour enlacer, quelque peu surpris je l’entourais à nouveau. Des « retrouvailles » chargées en émotions. Elle m’avait prit au mot ce soir-là, mais le danger était écarté car c’est moi qui le contrôlais. Je sentis son souffle chaud lorsqu’elle me fit part de la joie de me voir. Finalement j’avais plus que bien fait, peu importe l’autre derrière qui me jaugeait. Merci Kelyan…Je me laissais entraîné, comme toujours, et nous nous retrouvions à nouveau seul dans une chambre. Je jetais encore des regards autour de moi. Ce genre de situation avaient d’ordinaire le chic de donner tout un tas d’idées salaces. Pour sûr que j’en avais, mais pas à cet instant, pas à ces instants toujours moroses où nous nous retrouvions entre ces quatre murs. Non, je déchantais juste en la voyant s’efforcer à ne pas boiter. Croyait-elle vraiment pouvoir me dissimuler ça ? Ou bien ce qui s’était passé au laboratoire sachant pertinemment que je travaillais pour l’Organisation ? Décidément, sa naïveté attentionnée me touchait beaucoup. Je prenais place à son côté, j’avais une drôle d’impression mais je ne pouvais la cibler, ni la nommer. Je lui répondais après l’avoir longuement observée comme si que je redécouvrais son visage, je dégluti, maussade…

« Très bien, merci.. »

Je sentis une présence s’approcher de plus en plus et alors la porte s’ouvrait. Je détournais le regard après Pandora et levais mon regard sur l’homme colérique. J’appréhendais encore d’être blâmer. Bingo ! Les rapides propos échangés n’eurent pour unique effet de me lasser. C’est certain, je ne passerais plus le seuil de cette porte pour lui rendre visite… Mais voyez-vous, je comprenais parfaitement la réaction de cet homme. Un ami se doit de s’inquiéter. Il haïssait Drachma et mon appartenance à ce pays ne m’aidait vraiment pas, pas plus que mon allure de lascar. Je voulu me relever et fus devancer par la jeune femme. Je fus plus que gêné par la suite des évènements, par son comportement impulsif. Pourquoi avoir démarré au quart de tour ainsi ? Will quittait la pièce, emportant avec lui ma fausse bonne humeur. J’étais submergé par la culpabilité. J’avais l’impression de lui prendre petit à petit tout ce qu’elle aimait. D’abord Isaac. Si quelqu’un devait quitter les lieux ce n’était certainement pas elle mais moi et moi seul. Je restais là, immobile, le regard dans le vague tandis que Pandora posait sa tête sur mon épaule intacte. Doucement, d’une voix à peine audible je répondais…

« Toi non plus tu ne sais pas tout… »

Je me dérobais doucement pour me relever, le visage partagé entre froideur et morosité je lui demandais…

« Je n’aurais pas dû me pointer. Cette dispute n’a pas lieu d’être, demande-lui pardon avant de ne le regretter. L’amitié est un bien précieux, ne le gâche pas pour rien. »

Je me sous-estimais en lui disant ca mais ca m’était égal. Plus que jamais je voulais lui révéler ma vraie nature. J’avais cette attitude froide, abandonnant mon masque de gaieté. Sans lui laisser le temps de répondre je reprenais avec fermeté…

« Tu ne peux pas lui en vouloir de s’inquiéter, ni de se méfier. Il a raison, je suis un aimant à emmerde, je t’ai prévenu plus d’une fois… J’aurais dû m’effacer cette fois-là sur le toit. »

Je lui coupais à nouveau la parole et me glissais vers la porte pour l’ouvrir et la contraindre à écouter mes suggestions. Je sentis comme de la frustration sur son visage, puis de la colère et de l’inquiétude. Elle avait raison de s’inquiéter, je comptais disparaître en réalité. Je comptais revenir un autre jour et laissais les deux amis se réconcilier. Ma présence ici ne faisait qu’accroître la colère du type. Le mieux c’était que je file et que je revienne en cachette une autre fois. Tandis que j’y songeais, Pandora était partie depuis quelques minutes. Bien que ma tête me suggérait de me tirer, mon corps refusait de bouger. Je tardais, réfléchissant à ce qui était le mieux mais j’avais l’esprit ailleurs, c’était difficile de me décider. Enfin je fis mon choix et me dirigeais vers la fenêtre. J’ouvrais les volets avec difficultés avant de me pencher pour observer l’échappatoire la mieux. Sachant que mon bras ne pouvait pas supporter mon bras, c’était une escapade plus ou moins palpitante que je m’apprêtais à faire. Je monter sur le rebord de la fenêtre et passais une jambe de l’autre côté, accroupi, lorsque Pandora débarquait. Surpris je me retournais pour l’apercevoir et je la vis se précipiter alors que sa jambe la faisait souffrir. Je fronçais les sourcils et tendis un bras pour lui demander d’arrêter mais rien à faire… Elle saisissait mon bras et m’attirait à l’intérieur de la chambre avec force, se fichant de la chute. Je dû faire appel à mon équilibre remarquable pour ne pas me viander. Mais voilà, j’atterrissais avec maladresse et manquais de renverser mon amie que je rattrapais de justesse. En fait non, ca c’est ce que je pensais mais en réalité j’avais rien rattrapé du tout, je me retrouvais affalé de tout mon long sur la demoiselle. Par réflexe elle avait tendu les bras, elle heurtait à la fois mon épaule douloureuse et le flanc qu’elle m’avait acéré. J’avais gémis de douleur sans pouvoir me retenir, mais mon gémissement fut étouffé… erf…ma chute avait été légèrement amortie par mon amie, de plus, si mon cri avait été étouffé c’est parce que j’avais atterrie la tête dans sa poitrine. Je me reculais tout en tenant mon flanc de peur que la griffure la plus profonde de rouvre. Les joues écarlates j’avais reculé, assis en face d’elle à plus d’un mètre par terre. Bordel, quel abruti… quelle brochette de gros nazes que nous faisions.
La respiration haletante à cause de la douleur lancinante momentanée à deux endroits et simultanée, je relevais enfin mon regard troublé vers elle. J’aurais dû m’inquiéter de la situation mais en réalité j’étais surtout troublé par mon atterrissage. Plutôt incroyable non ? Un homme de mon rang troublé par si peu… C’était l’inconnu qui m'embarrassait et m’effrayait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 27

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Dim 22 Juil - 22:15

J’avais abdiqué rapidement devant l’air entêté de mon ami, rechignant tout de même à le laisser à peine cinq minutes après qu’il soit arrivé. Mais je devais faire preuve de bonne volonté aussi, j’étais partit m’entretenir avec Will qui, reculé dans un coin, refusait tout contact avec les deux autres, morose. Légèrement mal à l’aise, je m’approchais doucement de lui, me tenant un bras en le serrant quelque peu pour étouffée ma crainte. En réalité, j’étais bien plus douée pour les engueulades que pour les excuses. S’il m’entendit approcher, rien ne le trahit, il ne détourné pas le regard de la fenêtre où il était perché. Je finis par me poster près de lui sans pour autant l’observer, m’accoudant au rebord avant de soupirer, les yeux baissés sur la ruelle en contre bas.

"Will …"

"Si c’est pour remettre une couche, tu peux repartir, j’ai eu ma dose. "

Je fermais les yeux quelques secondes en me mordant la lèvre inférieur, signe nervosité évident, avant de me tourner vers lui pour l’observer d’un air coupable.

"Je … Excuse-moi. Je n’aurais pas du te gifler. J’en suis désolée. J’aimerais seulement que tu comprennes que … ce n’est pas sa faute."

Je reportais à nouveau mon regard vers l’extérieur en reprenant d’une voix plus douce, cherchant à l’apaiser quelque part.

"Je connais ton passé avec Drachma, mais ne généralise pas. Tu sais, on dit des chimères que toutes sont des monstres sanguinaires. Tu trouves que c’est ce que nous sommes ? Lucy et sa manie de venir en aide à tout le monde, tu la trouve cruelle toi ? Admets que cela puisse être pareil pour d’autres personnes. Lyl est quelqu’un de bien et je l’aime beaucoup. Même si sa présence complique les choses je te l’accorde, j’ai besoin de lui autant que de vous. Et je peux t’assurer qu’il n’est en rien responsable de ce qui m’est arrivé. En réalité, il ignore même tout de ça et je fais ce que je peux pour le lui cacher, alors ne me trahit pas, s’il te plait …"

Le concerné fronça les sourcils avant de me jeter un coup d’œil distant puis haussa les épaules en soupirant.

"Je ne peux pas. Ce type, je le sens pas. Je te crois, il est peut-être bien, mais il ne me plait pas. Surtout qu’il te rend plus violente que tu ne l’es déjà."

Il esquissa un sourire amusé à ces derniers mots avant de daigner se tourner vers moi pour me faire face en reprenant la parole, l’air plus sérieux.

"Ne le laisse pas faire de mal à toi ou Lucy, c’est tout ce que je veux. Je tâcherais de me contrôler à l’avenir, mais qu’il ne vienne pas me chercher des crosses ou je ne donne pas cher de sa peau. "

Je lui fis les gros yeux mais le remerciait tout de même, soulagée qu’il soit aussi compréhensif quelque part. Pas rancunier pour deux sous, je savais sans qu’il ait eu besoin de me le dire que mon incartade avait été pardonné par le simple fait que je sois venue m’excuser. Je posais ma main brûlante sur son bras pour me hisser à sa hauteur et déposais un léger bisou sur sa joue alors qu’il esquissait un sourire en coin.

"C’est ça, c’est ça, fait moi du charme pour faire passer la pilule. Sorcière va !"

J’émis un léger rire avant de me détourner, soulagée, pour rejoindre mon ami qui devait probablement s’impatienter. Je profitais d’ailleurs qu’il ne puisse pas me voir pour éviter de m’appuyer sur ma jambe, encore douloureuse. Mais lorsque j’ouvris la porte de la pièce, je restais figée quelques secondes, voyant le jeune homme qui avait enjambé la fenêtre et semblait prêt à filer. Sans réfléchir, je me précipitais vers lui en ignorant totalement ma blessure et le tirais sans ménagement aucun à l’intérieur de la pièce. Mais l’atterrissage ne se passa pas vraiment en douceur. Probablement déséquilibré par mon poids en sus du sien, le jeune homme chuta vers l’avant, m’emportant dans sa chute et j’atterris au sol sur le dos, lâchant un gémissement de douleur lorsqu’il heurta ma hanche en tombant également. De plus, je baissais à peine les yeux pour m’apercevoir que nous étions tombés dans une position … pour le moins étrange. Si ma poitrine avait été un oreiller, le jeune homme aurait probablement pu piquer un roupillon tranquille. Je sentis mes joues virer au rouge vif tout en reculant légèrement pour m’éloigner de la proximité gênante, ce que fis d’ailleurs le jeune homme à peu près en même temps. Légèrement haletante à cause de la douleur, à quelques secondes près la scène aurait vraiment portée à confusion, et c’était probablement le fait de penser à cette éventualité qui me gênait plus que le reste en fin de compte. Je levais les yeux vers mon ami, en proie à la confusion tout en l’observant, il semblait dans le même état. Avisant la fenêtre toujours ouverte, je m’appuyais sur le lit pour me redresser difficilement, étouffant les plaintes, pour ensuite aller la fermer avant de me tourner vers mon ami, poing sur ma hanche indemne et les sourcils froncés.

"Mais c’est une manie de vouloir fuir ma parole ! Je te fais peur ou quoi ?"

Je pris son bras d’autorité pour l’aider à se relever, mais ma main se posa sur une zone abimée, et je ne pus m’empêcher de regarder de quoi il s’agissait. Sous mes doigts courrait une blessure encore fraiche, une magnifique trace de morsure parfaitement bien définie. Livide, je me figeais en l’observant, reconnaissant sans trop de peine certaines caractéristiques et finis par lâcher le bras de l’argenté en me retenant à la table de nuit proche. Sans quitter la plaie des yeux, je lançais d’une voix sans timbre.

"Lyl …. Cette blessure, elle te vient d’où ?! "

Je finis par relever les yeux vers ceux de mon interlocuteur, le fixant avec intensité car au fond la réponse, je la connaissais déjà. Et si je la redoutais, c’était probablement parce que ce qui en découlerait ne serait pas agréable à entendre. Mais il y avait fort à parier que se tenait en réalité devant moi la personne qui m’avait fait sortir des geôles de l’organisation, car ces traces de morsures, j’étais persuadée que c’était les miennes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
avatar

■ Mes messages : 833
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau:
■ Capacités : allez savoir...
■ Barre D'XP:
0/0  (0/0)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Dim 22 Juil - 23:11

« Mais c’est une manie de vouloir fuir ma parole ! Je te fais peur ou quoi ? »

C'était presque ça. Je levais les yeux au plafond, avant de ne soupirer, tel un enfant prit sur le fait. J’avais cette expression coupable et enfantin. Je lâchais mon flanc après m’être soulagé quant au fait qu’elle ne fut pas rouverte. Je lâchais ma chemise, décrispant mes doigts du tissu pour les passer dans mes cheveux. Merde, il a fallut qu'elle voit cette blessure-là! Si ça avait été les griffures j'aurais pus broder quelque chose, mais la morsure... Pour le cas, pas d'issue. Pandora avait refermé la fenêtre par précaution. J’abandonnais l’idée qui au fond était stupide. Agir impulsivement et bêtement.. C’était sa faute ! En temps normal j’étais quelqu’un de réfléchi et posé qui ne perdait (ne pouvait) perdre son sang froid. Les femmes avaient un pouvoir bien étrange, surtout celle-ci.
Je tendais le bras lorsqu’elle fit de même. Mon flanc encore un peu délicat et douloureux c’est avec plaisir que j’acceptais l’aide. J’aurais dû m’abstenir car en levant le bras ma chemise s’était un peu rétractée, suffisamment pour que ses doigts touchent sa propre morsure. Je fis les gros yeux et me redressais avec vivacité avant de ne récupérer mon membre et de le camoufler. Réaction mécanique qui incitait la curiosité. Je vis le visage de mon amie blêmir, tout comme le mien.

« Lyl …. Cette blessure, elle te vient d’où ?! »

Et merde. Ce n’était pas ainsi que je comptais lui en parler. La laisser le découvrir sans avoir eut le temps de lui en faire part moi-même était pire que de lui annoncer. C’est comme quand on fait une connerie, mieux vaut l’annoncer que laisser l’autre le découvrir. La situation était plus délicate. Je m’attendais à une ruée de question. Je lisais une certaine appréhension dans son regard. Je fis un pas vers elle, observant sa cuisse blessée à défaut de la regarder dans les yeux.

« Pandora il faut que je t’avoue quel-
-On va voir le feu d’artifice ! Vous venez ?! »

Je jetais un regard à Kelyan qui avait le dont de nous interrompre et soupirais, laissant mes épaules retomber.

« En fait vous n’avez pas le choix ! Pandora on va te trouver une canne ! »

Allon bon, je n’étais pas contre cette idée de sortir en fait. Non, bien au contraire. Je portais mon regard sur mon amie, un brin maussade et dérobais mon regard.

« Je suis pour… »

La chimère acquiesçait et au même moment débarquait Lucy. La blonde était vêtue avec élégance, un détail qui ne m’échappait pas. Je la détaillais quelques secondes avant de ne lever un regard vers mon amie. La situation m’échappait totalement…

« Il faut t’habiller. »

Ses paroles étaient destinées à Pandora mais elle me regardait, me détaillant à son tour. Je fis une moue blasée en la voyant levé un sourcil hautain. Bah ouais même les délinquants s’habillent parfois… Elle le remarquer seulement maintenant et ca m’avait l’air de la choquer. A présent elle m’indiquait l’armoire alors qu’elle trifouillait dans des tiroirs. J’avais l’air con à resté planter là. Je suivais du regard ce qu’elle m’indiquait et découvrais une grande armoire en bois. Je lui jetais un regard blasé d’un air de dire « t’es sérieuse ? ».

Je n’avais tout simplement pas le courage d’ouvrir son armoire, ni la commode… Ce que j’y trouverais risquerait de déclencher une hémorragie nasale. Non au lieu de ca je jetais un regard à Lucy. Celle-ci leva les yeux au plafond d’un air las et me poussait pour ouvrir l’armoire en question. Pas besoin de parler, elle semblait avoir compris mon appel psychique. J’en profitais pour jeter un œil curieux à la penderie et au reste. Quoi ? J’étais un homme, un homme en présence d’une femme respectable tant mentalement que physiquement mais que j’avais tendance à blesser...
Lucy attrapait la première chose qui lui glissait sous la main, soit une robe noire. J’observais le bout de tissus relativement souple et pas très grand avec perplexité, un sourcil haussé. La blonde la fit passer sous mon nez avant de ne la poser sur le lit de la demoiselle. Aussitôt elle me faisait sortir de la chambre me repoussant d’une main dans le dos.

« Ne fais pas cette tête, c’est une fête importante dehors, et puis elle s’accordera parfaitement avec son costard. »

C’est tout ce que j’entendis avant de me retrouver dans la pièce principale. C'est sûr, il y allait avoir un conflit à cause de cette robe. J'espérais que la blonde en sorte vainqueur. Je plissais les yeux et chassais mes idées. Je tournais les talons pour soupirer à nouveau. Je me sortais une cigarette et me dirigeais vers la fenêtre qui était ouverte. Kelyan venait me rejoindre. Je desserrais mon nœud de cravate, le détail qui rendait ma tenue classe. J’avais envie de libérer ma chemise de mon futal mais j’avais déjà assez l’air d’un plouc. Le gamin vint prendre place sur le rebord de la fenêtre, défiant le vertige et autres conneries inquiétantes. Moi j’étais penché sur la rembarre à l’aide de mon unique bras, l’autre me servant à fumer. Je discutais avec l’adolescent pendant plusieurs minutes avant d’entendre la porte s’ouvrir. Kelyan fut le premier à passer la tête à l’intérieur pour s’informer. Je l’entendis siffler et me redressais pour apercevoir Pandora en robe et plutôt coquète malgré son air exténué et le pansement sur sa cuisse. Sa chevelure remontée, ses épaules et son cou dénudés, j’avais intérêt de ne pas la perdre de vue… Je lâchais un soupire. Je ne me gênais pas pour la reluquer de haut en bas avant de tendre mon bras pour lui porter le soutiens nécessaire pour limiter les gros appuies sur sa jambe. J’avais du mal à croire que la situation avait autant changé et en si peu de temps. Je ne cherchais pas le dernier maillon de leur amitié, je me contentais de marcher jusqu’à l’entrée. J’ouvrais la porte, devançant tout ce petit monde.

« Tu es ravi..-
-Faut qu’on parle… »

Je fis une grimace, quelque peu amusé. C’était plus fort que moi, mon côté taquin. Pourtant il n’y avait pas lieu de rire, mais en attendant les confessions, je laissais ça de côté pour me concentrer sur le présent. J’entendais Lucy forcer la main à Will, par conséquent on nous suggérait de partir devant.

« Avant que tu ne dises quoi ce soit, il faut que tu sache…non, oublions.. »

Ma langue avant devancer mon esprit, je m’apprêtais à lui broder quelque chose d’étrange que moi-même je n’étais pas certain. Je reprenais pour étouffer la phrase d’avant.

« Je sais ce qui c’est passé, je sais tout… Et j’te demande pardon d’avance.»

Nous nous arrêtions non loin du porche, je scrutais son visage un court instant avant de nous remettre en marche. Il faisait tout juste nuit. J’aidais mon amie à marcher, je ne pouvais m’empêcher de trouver la situation décalée. Pourtant j’avançais en direction du centre ville avec un plaisir bien confiné. Je replaçais ma veste qui glissait le long de mon dos et reprenais…

« Tu n’es pas obligée de me pardonner en fait. »

Le visage ferme je dû ralentir en sentant la présence de ses amies derrière-nous. Kelyan nous appelait, nous demandant de les attendre. Je n’osais me retourner. Bordel, c’était trop étrange tout ca pour moi. J’étais mitigé, indécis voire même troublé. C’est mon cœur que ce passeur aurait du prendre, cela m’aurait évité de telles tortures…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 27

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Lun 23 Juil - 5:00

Sur le moment, j’avais totalement oublié la présence des autres chimères dans la maison, et je fis un léger bond lorsque Kelyan débarqua sans prévenir dans la pièce, l’air tout content, coupant net la parole à l’argenté qui allait s’expliquer. Je lâchais un soupir avant de ne jeter un regard énervée au gamin, prête à répondre, mais Lyl me devança, me laissant déboussolée et perplexe. S’il y avait bien une personne que je ne pensais pas qui aller accepter ce genre d’évènement c’était bien lui. Et puis, il y avait un peu plus important à l’heure actuelle qu’un feu d’artifice, même si je n’en avais encore jamais vu un de près. J’en connaissais seulement le principe qui bien que ça m’apparaisse étrange et dénué de sens, m’intriguait au fond. A croire que tous semblait se liguer contre moi, me condamnant à rester dans l’ignorance durant un temps supplémentaire, la blonde débarque dans la chambre vêtue d’une robe violette, plutôt moulante, des légères tresses ornant sa chevelure courte ce qui adoucissait légèrement son air naturellement sévère. Même Will passa la tête par l’entrebâillement pour me faire un clin d’œil avant de sourire alors que j’observais tout ce petit monde l’air complètement perdu. Non mais il avait tous perdu la tête ou quoi ? Pour une fois, c’est probablement moi qui étais le plus mal à l’aise dans cette situation, incapable de gérer quoi que ce soit. Lucy lança un regard soutenu à Lyl avant de ne le reporter vers moi, m’indiquant d’un signe de tête vers l’armoire qu’il fallait que je me change. Je fronçais les sourcils avant de secouer la tête négativement.

"Non ! Pas ques-"

Je croisais le regard de jade de mon ami qui semblait légèrement rieur et n’eus pas le courage de finir ma phrase, me contentant de soupir et je sentis mes épaules s’affaisser doucement. Allons bon, si même lui s’y mettait … Je me laissais tomber assise sur le lit, bras croisés en attendant que la blonde trouve ce qui lui ferait plaisir dans ma penderie. Lucy avait des goûts parfois bien trop féminins en ce qui me concernait, mais je ne risquais probablement rien, je n’avais rien de tel dans mon armoire. Je commençais seulement à m’inquiéter lorsqu’elle se mit à fouiller dans la sienne avant d’en sortir une robe noire échancrée, courte, bien trop courte ! Je fronçais les sourcils alors qu’elle s’adressait à l’argenté qui affichait également un air sceptique. Et pour cause, ça où mon t-shirt me servant de pyjama, la différence en matière de longueur n’était peut-être pas énorme, si ce n’est que cette robe couvrait encore moins de choses. Après avoir foutu tout le monde à la porte, la jeune femme se tourna vers moi avec un regard de prédateur, un léger sourire aux lèvres, et je ne savais que trop bien ce que cela signifiait. Je me relevais presque d’un bond en secouant la tête négativement.

"Hors de question que je mette ça Lucy, je te préviens, ne m’approche pas avec ce truc !"

Mon amie fronça les sourcils et s’approcha de moi les mains sur les hanches et les sourcils froncés avant de rétorquer.

"Pandora Cahelyn, arrête de faire l’enfant ! Pour une fois que nous sortons tous ensembles, je veux que tu fasses un effort vestimentaire, ça ne te tuera pas !"

"Mais je croyais que je devais rester au lit …"

En désespoir de cause, je tentais de faire jouer la convalescence pour m’éviter la grande scène, mais cela n’eut que pour effet de faire sourire mon amie de manière légèrement moqueuse.

"Eh, à d’autres. J’ai pas cru voir que tu étais allongée lorsque Kelyan a débarqué … "

Touché, coulé, elle n’avait pas tort. Je soupirais en jetant un regard vers le bout de tissu qu’elle tenait à la main, les sourcils toujours légèrement froncés. Elle me tendit le cintre que je prenais non sans appréhension, surtout que je ne pourrais pas mettre ce truc seule, et c’était bien ça qui me faisait le plus chier en fin de compte. Je levais un regard implorant vers celui de la blonde qui ne me renvoya qu’une expression sévère avant de s’adoucir légèrement en souriant à nouveau de manière un peu plus amusée.

"Et puis tu sais … je pense que ça devrait lui plaire aussi …"

Je sentis mes joues s'empourprer légèrement et détournais la tête pour me retourner et retirer mon pyjama, en profitant pour cacher mes rougeurs avant de lancer d’une voix boudeuse.

"J’vois pas du tout de quoi tu parles."

Telles une poupée d'enfant, je du subir la séance de l’essayage, puis celle de l’apparence. Lucy tenait à s’occuper de moi comme si j’étais une gamine, sa gamine. Tout y passa, les cheveux, le visage, je ne pouvais m’empêchais de grimacer tant j’avais horreur de ce genre de chose, mais il me fallut bien reconnaitre en apercevant mon reflet final dans le miroir de la chambre que le résultat était plutôt joli. A des années lumières de ce que j’étais habituellement mais joli. J’esquissais juste une grimace non dissimulée en apercevant mon pansement sur ma cuisse et m’apprêtait à l’enlever d’un geste énervé lorsque la blonde m’en empêcha.

"Mais ça gâche tout ton boulot !"

"Mais non. Interdiction d’y toucher."

Pas combative contre la blonde qui été probablement plus têtue que moi, je laissais tomber et sortis de la pièce en prenant soin de suivre le mur telle une main courante en y restant appuyée le plus possible pour une fois arrivée dans le salon faire comme si tout allait bien malgré le bandage bien apparent sur ma cuisse. Kel’ fut le premier à m’apercevoir et je lui tirais la langue de manière puérile en réponse à son compliment. J’étais vraiment gênée par la situation et n’aspirais plus qu’à retourner bien sagement dans mon lit, me planquer sous les draps. Mais avant que mes jambes ne daignent suivre le mouvement, mon ami réintégra à son tour la pièce et m’observa d’un regard quelque peu insistant alors que je détournais le mien. J’allais rejoindre la porte, prête à partir lorsqu’il vint me soutenir pour avancer. Même si je lui en étais plus que reconnaissante car cela limitait grandement la douleur de ma hanche, je me sentis également gênée par la situation, que ce soit par le fait qu’il soit obligé de m’aider, je n’avais que trop abusé de la gentillesse des gens qui m’entouraient ces derniers temps, ou bien tout simplement par la nette différence entre l’ambiance extérieur et mes pensées chaotiques.Malgré l’engouement des chimères, je n’avais pas le cœur à aller faire la fête à cet instant et je cherchais encore pourquoi j’avais accepté. Mais en fait, je n’avais rien accepté du tout, Lyl s’en était chargé à ma place, et je le soupçonnais que ce fut pour fuir une conversation potentiellement difficile. Avant même qu’il ne prenne la parole, je le coupais en chuchotant, lui rappelant explicitement que je n’avais pas oublier ce qu’il s’était passé, et qu’il faudrait que l’on en discute, coupant ainsi court à toute tentative d’échappatoire de sa part. Mais alors que je m’attendais à voir son visage se renfermer, le jeune homme se contenta de grimacer, l’air amusé, ce qui me tira un léger sourire en fin de compte.

Nous partîmes devant, les autres finissaient de se préparer, et il me faudrait un certain temps pour descendre les marches de toute façon. Ce foutu ascenseur n’avait toujours pas été réparé, pour ne pas changer. Un bras derrière ma hanche pour me soutenir, j’étais troublée par le fait qu’il ne me lâcha pas, ne comprenant pas pourquoi sa proximité me gênait, presqu’autant qu’elle me rassurait en fait. Je suivis docilement le mouvement alors que je jeune homme commençait à parler. Enfin, à chercher à s’expliquer visiblement, et il n’était pas vraiment sur de ces propos à ce que je pouvais entendre. Je l’écoutais en silence, le regard braqué sur mes prochains pas pour ne pas tomber, avant de me raidir imperceptiblement lorsqu’il m’annonça être au courant de tout. En réalité, il n’y avait pas grand-chose à savoir hormis le fait que je venais d’échapper à la folie de ma sœur et de son organisation. Je savais déjà avec certitude que c’était lui qui m’avait fait sortir de là, ma magnifique morsure ornant son avant-bras en était la preuve irréfutable. Néanmoins, le fait qu’il me demande pardon me laissa perplexe, et j’en vins à penser qu’il faisait partie des personnes qui expérimentaient dans ce laboratoire, ou bien quelque chose de similaire, dans le cas inverse, pourquoi aurait-il donc demandé pardon. La voix de Kelyan résonna derrière nous mais je ne pouvais m’empêcher de scrutait le visage du jeune homme, le regard perdu en ignorant les appels retentissants derrière nous. Je fus forcé d’oublier momentanément ses paroles lorsqu’ils nous rejoignirent et nous nous dirigions tranquillement vers le canal d’où devait être tiré le feu d’artifice. J’allais moins vite que les autres, c’était indéniable, ralentissant mon compagnon par la même occasion, mais c’était également à dessein. Je fis signe à Lucy de continuer à avancer en retardant un peu l’argenté avec moi, elle comprit le message, croyant probablement à autre chose toutefois et prit un peu d’avance avec ses congénères alors que je tournais mon regard bleuté vers le visage de mon ami, soucieuse.

"Tu fais partie des scientifiques de l’organisation, c’est ce que tu essaie de m'avouer ?"

Je ne savais pas vraiment quoi penser si tel était le cas. Je connaissais suffisamment le jeune homme pour savoir qu’il possédait un bon fond, que c’était quelqu’un d’attachant et franc, mais s’il expérimentait bien les horreurs dont il avait lui-même victime par le passé sur d’autres cobayes, je ne savais pas comment je pourrais réagir.

Plus nous avancions, plus la population se faisait dense, je du me coller davantage contre le jeune homme pour ne pas risquer de tomber alors que les gens se pressaient autour du pont principal pour avoir une bonne place et profiter de l’évènement. Lyl ne m’avait toujours pas répondu, avançant tranquillement jusqu’à rejoindre les autres, et je savais qu’il ne dirait probablement rien en leur présence aussi j’abandonnais momentanément l’idée en essayant de profiter du moment présent même si mon esprit était indubitablement ailleurs. Slalomant entre les gens, nous descendîmes jusqu’à la pelouse qui bordait une partie du fleuve, bien évidemment déjà bondée de monde, pour finalement nous placer à proximité de l’étendue d’eau. Lucy restait avec Will alors que Kelyan cherchait désespérément un moyen de se rapprocher de l’endroit où été tiré le feu. Je sentis Lyl bouger doucement, comme pour s’éloigner de moi en reculant imperceptiblement, mais je ne l’entendais pas ainsi. J’attrapais son second bras avant me décaler pour me placer devant lui, j’étais suffisamment petite pour qu’il y voit bien quand même, et posais ses deux mains sur mon ventre, la bionique sur l’humaine en callant mon dos contre son torse. C’était là ma manière à moi de lui faire comprendre que malgré ce qu’il aurait à me dire, je ne voulais pas qu’il parte.

Un premier feu explosa, s’élevant dans le ciel nocturne en me faisant tressaillir violemment, puis je levais le regard vers la voûte céleste alors que le spectacle commençait doucement. Les conversations s’étaient tus, seules résonnaient à présent entre les murs de la cité les explosions engendrées par le feu d’artifice et je restais subjuguée par ce spectacle peu courant, l’observant avec une certaine fascination en me blottissant davantage contre le jeune homme. Et oui, les explosions, ça me faisait également penser au tonnerre, et dieu sait que j’avais une peur bleu de ce truc-là. Je restais donc relativement peureuse malgré la beauté du spectacle, et la présence de la chimère contre moi me rassurait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
avatar

■ Mes messages : 833
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau:
■ Capacités : allez savoir...
■ Barre D'XP:
0/0  (0/0)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Lun 23 Juil - 11:05

J’apercevais au loin la foule, les lampions et les stands lumineux. C’était plutôt joli comme ambiance, le brouhaha de la foule était joyeux, rien à voir avec le brouhaha habituel que j’entendais au sein de l’Organisation. J’entendais de la musique, plusieurs musiques différentes. Je ne savais pas où donner de la tête tant il y avait à découvrir. Sur la droite je pouvais apercevoir un morceau du canal, j’ignorais pourquoi on s’y dirigeait et même pourquoi tout le monde semblait s’y regrouper.

« Tu fais partie des scientifiques de l’organisation, c’est ce que tu essaie de m'avouer ? »

Je détournais mon regard pour le porter sur le visage de mon amie, quittant momentanément mon air presque joyeux. Ce n'était pas ce que je voulais lui avouer précédemment, en réalité ca avait même rien à voir avec tout ca. C'était...plus personnel c'est pourquoi j'avais vite laissé tomber. Cependant, sa question n’était pas fausse mais c’était bien plus complexe que ca. Je cherchais mes mots, j’ignorais comment lui annoncer mon appartenance à l’Organisation en tant que Capitaine Marshall. Mais après courtes réflexions je décidais de lui avouer progressivement. Chaque chose en son temps.

« C’est bel et bien moi qui t’ai sorti d’ce trous. »

Je détournais le regard et cherchais du regard les trois autres chimères pour les suivre. Je portais ma main métallique à mon flanc éraflé et ajoutais avec nonchalance…

« On peut dire que t’as laissé de sacré marques… Ne me dis pas que tu ne t’en doutais pas avant de la voir…Qui d’autre que moi ? »

Je déportais mon regard de jade sur le sien saphir. Je la dévisageais avec sérieux comme si que j’allais trouver la réponse sur son visage. A cet instant je me demandais si elle avait espéré l’aide d’une autre personne ou si elle en avait simplement demandé. Je ne lui aurais pas pardonné d’avoir baissé les bras, tout comme moi ce soir-là en baignant dans mon sang.
J’oubliais cette idée, prêt à enchaîner sur autre chose et repensais à ma morsure. En plus de mon flanc je pensais aux marques plus fines qu’elle avait laissé lorsqu’elle m’avait saisi par le col, dans l’hôtel. Ca c’était bien dissimulé, aucun risque d’être vu.
Quelques secondes plus tard nous étions mêlés à la foule, les trois chimères nous attendaient. Will suggérait d’aller s’installer sur l’herbe tout de suite avant que tout le monde ait la même idée. Je comprenais seulement que l’attraction serrait tirait au dessus de ce canal. C’était probablement une question de sécurité. Nous suivions ses amis, toujours en retrait du fait de la lenteur de Pandora. Je reprenais alors de ma voix douce..

« Je voulais te demander pardon de ne pas t’avoir secouru plutôt. »

J’aurais pus la secourir à partir du toit, j’aurais pus. Mais quelque part, en réfléchissant, je trouvais que la confrontation avait été une bonne chose. La jeune femme avait prit conscience du danger, de son incapacité à prendre la vie de sa sœur. Plongée dans les ténèbres de sa cellule elle avait du beaucoup réfléchir, peut être en était-elle-même sortie plus forte. Cet épisode était important pour ce que j’avais en tête. J’avais un rôle à lui proposer, j’hésitais encore en me disant ne pas vouloir l’arracher à son monde. Ca restait donc une idée dans un coin de ma tête.
Nous arrivions aux abords de la pelouse, et je retrouvais à nouveau le silence. Je jetais des regards partout autour de nous. J’observais, je découvrais. J’imaginais l’horrible carnage que ca ferrait si j’avais eu l’ordre de gâcher cette fête. Mais apparemment, même les Homonculus semblaient respecter ce genre de réunion. Depuis que j’avais coordonné la création d’une pierre philosophale imparfaite, je craignais ce genre de rassemblement. J’étais donc anxieux, je reportais mon regard sur la jeune femme, l’observant encore et encore avec intensité. Elle était troublée, même si elle s’était attendue à cette confession à cause de la morsure. Je détournais le regard en soupirant, un brin blasé. Je la lâchais pour croiser mes bras mais voyez-vous, la jeune femme n’avait pas cette envie. Je me sentis doucement attiré vers elle et me retrouvais dérrière elle, mes bras l’encerclant au niveau de la taille. Je déglutis, une telle proximité n’était nouvelle et étrange. J’accédais à sa requête et restais ainsi. Le feu d’artifice débutais et je cru entendre le bruit ignoble d’une arme à feu. Surpris je levais les yeux au ciel et découvrais une explosion lumineuse et colorée. D’autre bruit retentirent et je dû me forcer à ne pas identifier ce bruit horrible aux armes à feu qui me rappelaient difficilement la guerre d’Ishval ou encore le camp militaire. Je fus rapidement submergé par le spectacle, trouvant ca magnifique. Mais au bout d’une minute le charme s’estompait et je baissais le menton, me rappelant de la dure réalité. J’enviais ceux qui nous entouraient, jalousant leur vie paisible. Mais d’un côté j’étais fier de les protéger dans l’ombre, même si tous l’ignoraient. Ca m’était égal.
Je fis glisser ma joue sur sa tête, jusqu’à atteindre son oreille, le regard vide d’expression. J’observais le spectacle avec morosité, déçu de ne pas réussir à m’en délecter comme un humain normal. J’étais bien trop brisé par la vie elle-même pour me réjouir. Vous savez, on arrive moins à saisir le bonheur lorsqu’on a été malheureux pendant des années. On ne sait plus le saisir ni comment faire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 27

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Lun 23 Juil - 14:32

Alors que je ressassais la phrase du jeune homme dans ma tête, je me désintéressais peu à peu du spectacle qui m’était offert, essayant de comprendre pourquoi il m’avait sorti une telle chose. Après tout, je n’étais pas resté bien longtemps au laboratoire, je m’étais imaginé qu’il était venu m’aider dès qu’il l’avait pu, bien que la raison pour laquelle il ne m’avait pas dévoilé son identité à ce moment-là m’intriguait toujours. Cela lui aurait peut-être évité les belles blessures que je lui avais infligées, croyant avoir à faire à un nouveau tortionnaire. Mais le fait qu’il tienne à se faire pardonner, qu’il insiste d’ailleurs sur ce fait, me laisser à croire qu’il y avait autre chose. Je finis par baisser les yeux et me tourner légèrement pour apercevoir le visage de mon ami qui semblait soucieux, avant de froncer les sourcils. Les explosions étaient trop bruyantes pour pouvoir parler librement, aussi j’étais contrainte d’attendre la fin de l’évènement pour pouvoir questionner le jeune homme de manière un peu plus approfondie. Sans broncher, je m’appuyais doucement contre mon ami, évitant tout de même les zones sensibles en levant de nouveau les yeux vers le ciel qui s’illuminait par intermittence de couleurs chatoyantes. On avait par moment l’impression d’être en plein jour tant la déferlante était impressionnante. Je sentis un mouvement dans la masse derrière nous alors que le feu d’artifice touchait à son terme en un final lumineux et coloré, bien qu’assez assourdissant, puis tout redevint calme et silencieux avant que les badauds rassemblés ne se mettent à applaudir à l’unisson. Je finis par bouger doucement, faisant ainsi comprendre au jeune homme que j’avais des velléités de partir d’ici, lorsque Lucy nous rejoignit au bras de la chimère brune, un sourire comme je lui en connaissais peu accroché à ses lèvres.

"Kel’ est partit devant, il y a un bal populaire un peu plus loin, sur la place près du pont. Vous nous accompagnez ?"

J’esquissais une moue mitigée en observant l’argenté qui semblait maussade, puis croisais le regard brillant de la blonde, presque suppliante, je cédais alors, repoussant l’échéance de la discussion un peu plus loin encore une fois. Peut-être aussi que j’appréhendais ce dont il voulait me faire part au fond. Je saisis la main du jeune homme en l’entrainant à la suite des chimères avec un sourire d’excuses, boitillant toujours un peu sans plus chercher à le cacher désormais. La foule était dense mais s’éclaircissait au fur et à mesure que nous avancions vers la fête. Je secouais la tête de temps à autre, déboussolée de ne pas sentir ma longue crinière sur ma nuque, j’avais l’impression désagréable qu’il me manquait quelque chose. Finalement, ce fut Lyl qui prit les devants, m’entrainant avec lui jusqu’aux abords de la piste de danse où il se stoppa net alors que je le rejoignais en jetant des coups d’œil intrigués autour de moi. Je repérais rapidement le plus jeune, déjà en train de tenter de séduire deux jeunes filles, probablement à peine plus jeune que lui, et la scène me tira un sourire amusé. Il ne perdait pas de temps le bougre, déjà en chasse alors qu’il venait à peine d’arriver. Lucy m’adressa un signe de la main, un peu plus loin en se dirigeant vers la piste de danse avec Will qui semblait aux anges. C’est fou comment en l’espace de quelques minutes l’état d’esprit de quelqu’un peut changer de manière radicale. Je lui adressais un air perplexe alors qu’elle réitérait son geste une seconde fois avant qu’elle ne lève les yeux au ciel et délaisse son ami pour venir me voir. Sans un mot, elle attrapa mon bras et celui de Lyl pour nous tirer tous les deux vers le centre des danseurs, et le temps que je comprenne, nous étions déjà pris dans le flot. Mal à l’aise avec ma patte folle, je voulus rebrousser chemin fait perdit momentanément l’équilibre et ce fut la main tendue du jeune homme qui me rattrapa pour m’éviter la chute, une fois de plus. Lâchant un soupir imperceptiblement, je me résolus à rester ici le temps que finisse la danse. C’était un rythme calme, lancinant, et j’en profitais pour me blottir contre le jeune homme qui m’offrait ainsi son appui pour libérer ma hanche d’une pression forcée. Finalement, c’était pas si désagréable … Mes bras entourant sa nuque, je posais ma tête sur son épaule en profitant du mieux possible de l’instant avant de lui demander doucement.

"Je n’ai pas à te pardonner pour m’avoir sorti de là, c’est idiot. Sans toi qui sait dans quel état ma sœur et son supérieur m’auraient mise ? "

Je frissonnais légèrement en y rependant, le regard dans le vague, je perdis mon sourire quelques secondes avant de reprendre sur un ton plus morose.

"J’aurais dû accepter ta proposition je crois … Je suis incapable de la tuer. J’ai essayé, mais je ne peux pas. J’aurais dû pourtant, vu ce qu’elle a fait, c’est tout ce qu’elle mérite, mais je suis trop faible, c’est elle qui a raison."

Je fronçais les sourcils, j’étais en train de gâcher le moment en proférant ce qui me passait par la tête. Je soupirais et resserrais ma prise en me sentant glisser doucement avant de reprendre d’une voix que je voulais plus enjouée.

"Pardon, je ressasse trop le passé. Je crois qu’on ferait juste bien de profiter d’un peu de calme, hm ?"

La chanson passa tranquillement alors que le silence s’était réinstallé doucement. Blottie contre mon ami, je profitais de sa présence rassurante, sans arrière pensée d'aucunes sortes pour une fois. Mais au bout de celle-ci, je sentais le besoin de bouger, de quitter cette foule oppressante. Me détachant de mon ami, je traversais la foule lentement pour me rendre plus loin, bien plus loin, dans le parc qui devait être relativement vide étant donné la fête qui se trouvait plus loin. Une fois l’amas de personnes éloignées, l’air frais se faisait ressentir et me faisais du bien. J’ignorais si j’avais chaud à cause de la situation précédente, ou bien tout simplement à cause du monde, mais un bon bol d’air me ferait du bien. Je m’éloignais sans vraiment faire attention, mais je savais que la chimère me suivrait, de près ou de loin, je me doutais bien qu’il ne partirait pas ainsi.

Plus j’avançais, plus l’endroit s’assombrissait. Je bifurquais à droite après avoir dépassée le portail du parc, sentant l’herbe haute courir sur mes jambes, me chatouillant par moment, et me rendis au seul banc que j’affectionnais réellement ici, car il était isolé, pour m’assoir dessus et laisser un repos bien mérité à ma hanche endolori. Levant les yeux, j’aperçus Lyl qui me rejoignait, mains dans les poches, il semblait pensif une fois de plus. L’esprit à nouveau obscurci par diverses interrogations, je scrutais son visage avant de lui demander doucement en cherchant son regard. Je ne voulais pas qu’il se sente mis au pied du mur, je cherchais seulement à savoir ce qui se tramait dans sa tête pour avoir l’air aussi morose.

"Maintenant explique-moi. Déjà, pourquoi t’excuses-tu ? Comment aurais-tu pu savoir que j’étais enfermée là ? D’ailleurs, comment l’as-tu su en fait ?"

Je baissais les yeux sur son bras humain, même si je ne voyais pas la blessure, je la devinais et une once de culpabilité me traversa soudain car je n’y étais pas allé de mains mortes.

"Je suis désolée … de t’avoir amochée, j'ai pas vraiment été délicate avec toi." Je lâchais un léger rire avant de reprendre. "J'ai pas vraiment réfléchi, mais j’aurais dû reconnaitre ton odeur sur le moment. "

Mais plus que le fait qu’il m’ait caché qui il était lors de mon évasion, plus que le fait qu’il me demande pardon pour une raison incongrue, je sentais autre chose qui clochait. Il n’aurait probablement était si soucieux si c’était là les seuls points qui l’auraient amenés à douter de mes réactions. Le jeune homme était resté debout face à moi, et j’avais beau chercher à voir son regard, je n’y parvins pas, ce dernier restait constamment fuyant. Je me relevais, laissant ma jambe en appui sur le banc pour ne pas souffrir et pris délicatement le visage de mon ami dans mes mains pour le tourner vers moi, l’observant avec douceur.

"Qu’est-ce qui te ronge ? Je sais que tu me caches autre chose Lyl, je commence à te connaitre désormais. "
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
avatar

■ Mes messages : 833
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau:
■ Capacités : allez savoir...
■ Barre D'XP:
0/0  (0/0)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Lun 23 Juil - 15:52

C’est d’un air faussement blasé que je me retrouvais sur une piste de danse, moi. MOI ?! Une piste de danse… Je connaissais celles des bars dont l’ambiance et les circonstances n’avaient rien à voir avec l’instant présent. Si un jour j’avais imaginé me retrouvé au milieu d’une foule sans intentions belliqueuses et aux bras d’une jeune femme. Si on me l’avait annoncé, je n’y aurais jamais cru. Mais voilà, j’avais accepté qu’on m’approche, laissant de côté mon ignoble personnage pour agir comme un humain normal de vingt piges passés. Quoi que je fasse, peu importe les efforts, ca ne me semblait pas normal. J’observais les gens autour de nous en imaginant quel genre de vie ils pouvaient avoir. Mais c’était compliqué de se projeter ainsi lorsqu’on ignore tout d’une vie normale. J’étais même persuadé ne pas être fait pour ce genre de chose. Ce que j’avais en l’heure actuelle, c’était provisoire… Pandora me sortit de mes pensées. Elle regrettait de ne pas avoir accepté la requête et ne comprenait pas la nature de mon pardon. Logique. Ca me frustrait énormément qu’elle me dise vouloir me laisser assassiner sa sœur. J’avais tellement de sang sur les mains donc ce n’était pas ca le problème. Non, ca, ca me paraissait même normal. Ce qui me frustrait c’était le fait que j’aurais pus mettre rapidement un terme à tout ca et lui épargner cet épisode glauque au lieu de l’observer souffrir. M’enfin, tout n’arrivait pas par hasard. Un jour ou l’autre je me serrais décidé à tuer son aînée, qu’elle le veuille ou non, qu’elle le sache ou non. Cette femme avait assisté à ma captivité en plus d’y participer. Impossible de la laisser en vie. D’autant plus que son âme était rongée par le mal à l’état pur. Jamais Jade ne ferrait marche arrière, son cœur était corrompu. On ne s’improvise pas meurtrier, on nait ainsi. J’étais né ainsi, sauf que je n’avais pas dérivé.
Après quelques secondes la jeune femme s’excusait. Je ne voyais pas où était le mal. Tout de suite ou plus tard, peu importe. Je ne répondais donc pas. Pandora se détachait pour s’éloigner. Je l’observais, planté là comme un abruti, j’attendais qu’elle justifie son geste mais rien. Je soupirais et me frotter l’arrière de la tête tout lâchant un bâillement. Je suivais la jeune femme, l’observant se mouvoir avec un sourire en coin. J’avais l’impression qu’elle me fuyait volontairement et moi je la suivais quelques mètres derrière. En fait je me doutais qu’elle avait soit mal à sa cuisse, soit marre de tout ce bordel. Moi je ne m’en lassais pas, c’était nouveau ca me permettait de m’échapper en me fondant dans la masse comme un gars normal.

C’est sur un banc isolé qu’elle avait prit place. Décidément, elle était hâtive de percer mon mystère. Après hésitation je prenais place à sa droite, aussitôt elle reprenait la parole. Elle voulait savoir la nature de mon pardon, comment j’avais su où la trouver. Je regardais droit devant moi, un brin blasé. Tandis que je réfléchissais à comment lui dire ce qui me rongeait-elle me demandait à son tour pardon. Je lui jetais un regard, je compris pourquoi en voyant ses yeux rivés sur mon avant-bras. Je pouffais ironiquement, ce n’était pas ce qui m’avait fait le plus souffrir. Mon flanc avait été plus douloureux. Les griffures près de ma clavicule un peu moins, mais tout de même importantes. Vous êtes vous déjà fait griffer par un tigre ou lion ? Moi oui à présent, et à deux reprises ! Je m’apprêtais à croises mes bras derrière ma tête pour m’affaler sur le banc lorsqu’elle se levait pour saisir mon visage. Surpris, je l’observais, les yeux grands ouverts. Je restais ainsi quelques secondes alors qu’elle me taraudait pour savoir.
Drôle de posture. Ma tête était tournée, c’était plus ou moins désagréable. Je portais ma main en chair et en os sur l’une des siennes avec délicatesse et reprenait de mon air ferme sans la quitter du regard.

«Hmpff... Comme tu veux… »

Je lâchais sa main mais ne la quittais pas du regard, soutenant le sien sans flancher. Je déboutonnais ma chemise, les gestes parlaient plus que les mots. Je m’arrêtais à hauteur de mon nombril, laissant apparaître la compresse sur mon flanc, mais ce que je voulais lui montrer c’était la trace de ses griffes plus ou moins guéries au niveau de ma clavicule. Les balafres étaient à l’air libre, elles étaient bien moins vilaines que trois jours auparavant. J’observais son visage tenant ma chemise pour l’écarter. Mon pendentif était également là, toujours intact, je ne l’avais pas encore utilisé. Mon regard de jade faisait navette entre ses deux prunelles. Je ne craignais pas sa réaction, j’étais prêt. Mais je m’attendais à voir l’effroi sur son visage ainsi qu’un choc. Tant pis si elle fuyait, je lui courais après. Tant pis si elle me re-giflait, je garderais la tête haute. Peu importe l’affection qu’elle me portait, lorsqu’elle ferrait le lien elle serrait déçue.

« Je suis ce Capitaine que vous haïssait tous. Tu comprends maintenant ? J'aurais pus te sauver plutôt, si j'avais su... Je ne peux pas vivre librement, tous ceux qui m’approchent de trop près sont en danger. Ils deviennent alors un moyen de pression, une faiblesse »

Elle avait détourné le regard, sa main était retombé sèchement lorsqu’elle comprit l’origine de ses griffes. Je la sentais se dérobes doucement, comme si que quelque chose se brisait en elle. Elle s’était assise, se laissant tombée négligemment, je portais ma main fraiche sur sa joue pour tourner son visage vers le mien.

« Ta rencontre m’a été bénéfique, je ne suivrais pas le même chemin qu’Isaac car j’ai trouvé pourquoi, pour qui je me bat. »

Le visage implacable, je retirais ma main et attendis une autre réaction que celle de son visage choqué.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 27

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Lun 23 Juil - 16:39

Les sourcils froncés, j’observais le jeune homme se reculer légèrement tout en défaisant un à un les boutons de sa chemise, la mine perplexe quant à son geste. Mon regard descendit le long de son torse, inconsciemment, j’aperçus en premier lieu le pansement de la blessure que je lui avais infligé en fuyant. J’ignorais à quel point la blessure était grave, visiblement suffisamment pour nécessiter des soins avancés, et je ne m’en sentais que plus coupable. Pourtant, lorsque je relevais les yeux doucement, ceux-ci s’attardèrent sur le pendentif d’argent que je lui avais rendu, soigneusement dissimulé durant tout ce temps, avant d’être attirés par une autre blessure plus petite au niveau de la clavicule du jeune homme. Et alors que j’en déterminais lentement l’origine en blêmissant peu à peu, ma main glissa de sa joue pour effleurer les entailles superficielles en tremblant légèrement. Je ne les lâchais pas du regard alors que la voix sans timbre du jeune homme résonnait doucement dans la pénombre nocturne. Comprenant le sens de ces mots, je retirais prestement ma main et levant les yeux vers le visage du garçon, la mine profondément marqué par ce que je venais d’apprendre. J’aurais réfuté sans l’ombre d’un doute s’il ne m’avait pas montré sa blessure à la gorge, j’étais d’ailleurs persuadée qu’il l’avait fait à dessein. Je reculais d’un pas, secouant doucement la tête de manière négative en refusant tout net d’accepter cette douloureuse vérité. Ma jambe heurta le banc derrière moi et je retombais assise dessus en me prenant la tête dans les mains, sous le choc.

"Non … c’est pas possible … c’est pas … possible."

La seule personne en qui j’avais une confiance presque aveugle, un des plus grands assassins de la ville, voir même du pays ? A la tête d’une organisation regroupant des renégats de tout genre ? Je cherchais une explication, repensant soudain aux précédentes discussions que l’on avait eu tous les deux, à la tâche qu’Isaac lui avait confiée. C’était donc ça, sa foutue mission ? Se faire passer pour le chef d’une organisation secrète ? Je savais qu’il jouait un rôle, je le savais ou bien je voulais m’en persuadais, ce qui revenait au même pour moi. Le vrai Lyl, le seul qui vaille, c’était celui que je connaissais, digne de confiance et compréhensif. Je sentis sa main se poser sur ma joue, me forçant à relever le visage vers lui, et c’est l’air effondrée que j’acceptais de le regarder à nouveau. Voilà également la raison pour laquelle mon oncle était mort, il s’était laissé embarqué par son rôle et en avait oublié qui il était réellement. Je fixais le regard morose du jeune homme sans un mot, avant d’avoir enfin un semblant de réaction en repoussant sa main de la mienne, détournant la tête, les larmes aux yeux.

"Idiot … tu es un idiot ! "

Je me relevais d’un bon, me jetant sur lui avant de marteler son poitrail de coup de poing pas vraiment violent, laissant des larmes couler le long de sa peau fraiche, avant de continuer à rager entre mes sanglots.

"Je le déteste ! Je TE déteste !! Pourquoi tu fais ça ?! Pourquoi tu te corromps pour suivre sa foutue mission ?! Qu’est-ce qui vaut le coup de sacrifier autant de vies ? Pourquoi cherches-tu tant à être assimiler à un monstre Lyl ?! "

Je posais mon front sur sa peau dénudé en continuant de pleurer, le frappant de plus en plus faiblement en répétant inlassablement « Pourquoi ». Je comprenais trop vite, toutes ces précédents paroles venaient de s’imbriquer parfaitement dans mon esprit et je n’en étais que plus horrifiait. J’en voulais à mon oncle d’avoir entrainé un innocent dans sa propre croisade. J’en voulais à Lyl de ne pas avoir trouvé une autre moyen de mener cette croisade, de se comporter en tyran cruel, mais par-dessus tout, je lui en voulais de ne m’avoir rien dit. Plus que les paroles acides qu’ils m’avaient adressées, plus que le fait de savoir qu’il avait sur les mains le sang d’innombrables victimes, c’était également de le savoir si proche de ma sœur qui me choqua. Elle faisait partie de sa garde personnelle de ce que j’avais pu comprendre, ce qui signifiait qu’il lui faisait visiblement confiance, suffisamment du moins pour lui permettre d’assurer ses arrières. Au fond, je craignais qu’elle ne l’ait corrompu également. Dans un élan de colère, je le repoussais loin de moi, manquant de tomber à cause de la douleur de ma jambe qui venait de s’éveiller, et l’observais avec un mélange de rancœur et de regrets avant d’essuyer rageusement mes larmes.

"Je suis perdue … Tu travailles avec ma sœur, dans ton rôle, tu semblais tellement à l’aise, aussi cruel qu’elle. Comment je peux être sûre maintenant, que ce n’est pas ça le véritable Lyl ? "

Je me sentais déchirée entre mon affection et la logique. Malgré ma réaction violente, il n’avait encore pas proféré un seul mot, subissant ma colère sans broncher, sans même réagir. Je le fixais en silence quelques secondes avant de lui demander d’une voix suppliante.

"Dit-moi quelque chose … Dit-moi que j’ai tort, je t’en prie …"

J'avais beau être consciente qu'il ne me mentait pas, que je savais également que j'avais besoin de lui. Je ne pouvais pas accepter que la personne que je connaisse ne soit qu'un songe, un être créer de toutes pièces. C'était forcément la capitaine dont il jouait le rôle, Lyl restait Lyl.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
avatar

■ Mes messages : 833
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau:
■ Capacités : allez savoir...
■ Barre D'XP:
0/0  (0/0)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Lun 23 Juil - 18:32

«Idiot … tu es un idiot ! »

Voilà qui me qualifiait bien, mais un idiot tout de même courageux. La jeune femme fit volteface et je me retrouvais martelé de coup, des coups fébriles… Elle en avait même perdu sa force en plus de sa sérénité. Je restais passif, l’observant faire sans vraiment savoir quoi faire.

« Je le déteste ! Je TE déteste !! Pourquoi tu fais ça ?! Pourquoi tu te corromps pour suivre sa foutue mission ?! Qu’est-ce qui vaut le coup de sacrifier autant de vies ? Pourquoi cherches-tu tant à être assimiler à un monstre Lyl ?! »

Dés les premiers mots j’avais blêmis, puis c’est les yeux écarquillés que je la fixais. Je ne m’assimilais à rien, j’en étais un et ca depuis mon enfance. C’est seulement maintenant que je prenais conscience de l’importance de la vie d’autrui. Isaac m’avait enseigné le sens du sacrifice, me forçant à croire que c’était important et que c’était la seule chose à faire pour continuer d’avancer. Le tout sans sourciller. Mais il avait tord. Cet homme avait perdu tout ce dont en quoi il croyait, tout ce qu’il aimait. J’étais juste aveuglé par sa propre haine. Mais depuis quelques temps j’apprenais à penser par moi-même, depuis sa mort quoi… J’avais pris la mauvaise voie, mais je n’y pouvais rien, c’est tout ce que je connaissais après tout. Le remord me rongeait que depuis ma rencontre avec Pandora. Le bien et le mal, je commençais à discerner les deux, enfin. Mon amie me repoussait avec vivacité et je croisais la colère sur son visage. Je restais passif, moue, l’écoutant et la laissant vider son sac. Que faire de plus ? C’est la suite qui me laissait perplexe, m’invitant à encore me poser la question.

« Je suis perdue … Tu travailles avec ma sœur, dans ton rôle, tu semblais tellement à l’aise, aussi cruel qu’elle. Comment je peux être sûre maintenant, que ce n’est pas ça le véritable Lyl ? »

Je me remettais souvent en question pour répondre à cette question. Mais j’ignorais toujours la réponse. Je craignais tellement de devenir un guerrier qui ne connait pas la crainte. Mais je savais que je redoutais de nombreuses choses maintenant, comme la perdre, ou bien mourir, faillir à ma mission. Tant de choses qui au fond, si on réfléchit bien, étaient liées. Alors peut être que la réponse était-là. Mais j’avais encore du mal à l’admettre, je ne cessais de me voiler la face, même à ses côtés.
Je gardais le silence, troublé. Pandora me demandait de répondre, je détournais mon regard du sien.

« Je ne sais pas…on ne s’improvise pas meurtrier… »

A mon tour je sentais la colère monter, mais c’était plus la morosité qui dominait mon visage.

« Qu’est-ce que j’en sais ! Je me levais. Ces choses-là étaient futiles pour moi avant de croiser ta route. Je suivais les principes d’Isaac, me fichant bien de sacrifier tout pour réaliser notre plan ! Je n’avais même pas dix ans lorsqu’on m’a enfermé. C’est quatre années de mon enfance que j’ai subi leur bourrage de crâne. Pendant quatre ans j’ai du me battre contre mes compagnons pour assurer ma survie. Et lorsque je suis sorti, c’est les ambitions d’un autre qui me furent transmises. Alors ne me juge pas, essaye de comprendre…la vengeance…je n’ai plus que ça. Ils m’ont détruis. »

Je reculais, comprenant à quel point j’étais vide. Mais n’est-ce pas en rencontrant une personne au cœur aussi vide que le notre qu’on arrive à combler le vide de son âme ? J’ignorais encore si elle était cette personne, car contrairement à moi, elle aspirait à vivre paisiblement. Elle avait des gens sur qui compter. Elle n’était pas seule. Je me retrouvais à dans la pénombre, c’est ce qui m’allait le mieux. Je regardais la jeune femme, sourcils froncés.

« Peut-être qu’on devrait en rester là. Je haussais les épaules, incertains de ce que j’avançais. Je ne sais plus où j’en suis, d’un côté j’aimerais renoncer mais d’un autre je ne peux pas. Peut être devrais-tu songer à tout ca, je comprendrais que tu prennes tes distances. J’ai fais tellement de choses regrettables… Tout ça pourquoi au final… »

Pour me perdre. Je relevais les yeux, l’observant avec intensité, avec l’espoir d’un jour parvenir à mes fins. Ahhh… quelle situation pesante. Je ne savais plus trop quoi dire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 27

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Lun 23 Juil - 19:12

Peu à peu, en écoutant les paroles de mon ami, je sentis un autre type de colère monter. Ce qu’il avait vécu, j’étais passée par là aussi, du moins une partie, j’avais aussi été obligé de tuer pour survivre, j’avais également été obnubilé par la vengeance au point de dénigrer le reste. Et si j’avais finalement ouvert les yeux, au fond c’est parce qu’il m’y avait forcé, m’avait incité à me remettre en question sans vraiment le vouloir. C’est par sa présence et par ses actes que j’avais finalement trouver un autre but à mon existence déjà brisée. Je l’affrontais du regard avant de me relever lentement, les sourcils froncés et le visage fermé. Je repris d’une voix froide que je ne me connaissais pas vis-à-vis de lui.

"Tu te mens. Tu te voiles la face parce que tu as peur de choisir. Si ce que tu dis est vrai, depuis longtemps on t’impose des choix qui ne sont pas les tiens, du coup, tu ne sais plus choisir par toi-même. Et si tu sembles avoir aussi peur c’est probablement parce que c’est la première fois depuis longtemps que quelqu’un t’approche sans arrière-pensée, sans but, avec le seul désir de te protéger et de ..."

Je ne savais pas vraiment où je voulais en venir moi-même, étant donné que presque tout ce que je croyais venait de partir en poussière, me laissant face à face avec un être que je croyais connaitre sans vraiment en être sûre. Néanmoins, comme à chaque fois dans ce genre de situation, je décidais de faire confiance à mon instinct, et celui-ci m’indiquait sans faille que le jeune homme était réellement aussi paumé que moi, ce n’était pas feint. Mon excès e colère venait de retomber alors que j’essayais de comprendre ce qu’il en avait coûté à mon ami de m’avouer ça, d’avouer qu’il n’était pas en réalité le jeune homme fréquentable que je connaissais mais un sombre assassin. Je n’avais pas peur de lui, mais réprouvait ce qu’il avait pu faire. J’avais eu vent du massacre à Central quelques mois plus tôt, et la simple idée que ce soit lui qui en ait été l’instigateur me blessait. Malgré l’amour que je portais à Isaac, je ne pus m’empêcher de pester à nouveau contre lui, car c’était de sa faute si Lyl était devenu un tueur. Malgré le choc de ce que je venais d’apprendre, je comprenais malgré tout que le jeune homme avait probablement autant besoin d’être rassurée que moi. Aussi, je tentais de repousser les sentiments divergents qui m’assaillaient, et m’approchais de lui plus calmement cette fois-ci. Je le fixais longuement avant de l’enlacer par la taille en reprenant d’une voix plus douce.

"Je ne suis pas une lâche, je ne te fuirais pas. Quant à toi, tâche de faire de même. Même si l’on est perdu, à deux on peut sûrement trouver une lueur dans un l’obscurité. C’est ce que tu m’as enseigné. Tu as déjà voulu t’échapper une fois, recommence encore et cette fois, sois sûr que je ne te le pardonnerais pas. "

Me reculant légèrement, j’attrapais la chaine autour du cou de la chimère, la faisant glisser entre mes doigts sans pourtant arriver jusqu’au pendentif, puis finis par la lâcher pour lever les yeux vers le regard morne du jeune homme.

"Je ne te cacherais pas que je réprouve ce que tu fais, ainsi que les, ou plutôt la, personne avec qui tu le fais … Malgré tout, malgré ce que tu viens de m’avouer, malgré le fait que tu ais tué de nombreuses personnes, j’ai confiance en toi. Je sais, c’est stupide, mais je ne suis pas de taille à te repousser maintenant. J’aurais pu avant, au début. Plus maintenant. "

Je fis une pause de quelques secondes, cherchant à capter le regard du jeune homme qui se faisait fuyant, avant de reprendre avec un peu plus de force.

"Cesse de te voiler la face, tu as le choix aujourd’hui. J’ignore encore beaucoup sur la fameuse mission qu’Isaac t’as légué, mais tu as toujours le choix, tu peux abandonner. Et si tu ne peux pas, que tu ne veux pas, que tu estimes que sa réussite prime sur tout le reste, même sur ton propre bien être alors …. Alors …. "

Je fermais les yeux, me mordant l’intérieur de la joue en me retenant de verser de nouvelles larmes qui n’auraient servis à rien et détournais finalement la tête, prenant conscience que je m’apprêtais à renier beaucoup de choses avec les simples mots que je m’apprêtais à prononcer. Mais j’étais prête. Je ne me souvenais que trop bien de la direction que prenaient mes pensées lorsque j’avais cru mourir sous la main de ma sœur. Lyl avait raison, elle avait raison, les émotions sont un poison qui peuvent vous faire virer de bord à la moindre occasion. Je pris une profonde inspiration avant de planter mon regard bleuté, animé d’une flamme inébranlable, dans le regard émeraude du jeune homme.

"Alors je resterais à tes côtés. Je ne supporterais pas de te voir sombrer dans la folie comme mon oncle ou ma sœur. Tu as tort sur un point, on ne née pas tueur, on le devient. Tu l’es peut-être, mais je sais que quelque part par là – je posais ma main sur son torse à hauteur du cœur – il y quelque chose qui fait que tu gardes ton humanité. Alors je veillerais à ce que tu la conserve jusqu’au bout, je ne veux pas te perdre Lyl."

Qu’est-ce que je venais de dire. Encore sous le coup de l’annonce de son potentiel éloignement, de son grade, de son rôle, de son existence lugubre, de tout un tas d’informations arrivées trop vite, j’avais finalement avoué à mon ami l’importance qu’il avait pour moi, peut-être à tort. J’avais renié certains de mes principes afin de pouvoir le garder près de moi. J’étais prête à renoncer à mon existence pour le suivre dans son calvaire s’il me le demandait. Jusqu’où aller me conduire ainsi mon attachement ? Je l’ignorais, mais cela n’était pas pour me rassurer, loin de là.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
avatar

■ Mes messages : 833
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau:
■ Capacités : allez savoir...
■ Barre D'XP:
0/0  (0/0)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Lun 23 Juil - 20:47

La bouche entrouverte j’observais le visage de mon amie. Je sentis mes joues me chauffer étrangement et mon cœur faire un bon en l’écoutant. Ben putain, c’est bien la première fois qu’on me parlait de la sorte, qu’on me témoignait de l’affection en plus de me l’avouer. Je restais ébahi, une claque mentale, pourtant mon visage gardait cette expression implacable. Une fois de plus je n’arrivais pas à extérioriser mon ressenti. Je détournais le regard une fois sa tirade terminée. Quelque part j’étais rassuré, mais d’un autre ca ne faisait qu’amplifier le peu d’estime que j’avais pour ma personne. Elle avait touché mon pendentif, avait-elle deviné ce qu’il enfermait ? Je me dérobais à nouveau, craintif de je ne sais quoi.

« Je suis bien trop prêt du bute pour abandonner maintenant. Si je le faisais, alors je briserais le rêve d’un grand homme. Je sais que je peux le faire…je m’emballais, me voilant de nouveau la face sans vraiment le réaliser… Après tout, c’était ce dont à quoi j’avais légué ma vie…comment s’en détourner d’un coup ? Je…j’ai fais des choses horribles dans le but de gagner la confiance du chef, j’ai sauvé un grand nombre de personne sans qu’ils ne le sachent et ca en défiant les ordres de mon supérieurs ou en prenant des risques. Qui d’autres que moi pourrait le faire ?! »

J’avais haussé le ton, mon regard faisait navette entre ses deux yeux, la respiration un brin haletante. Je soupirais et me calmais avant de ne passais mécaniquement ma main sur ma nuque. Je réalisais ma chance. Je reboutonnais ma chemise.

« Merci… mais je ne peux pas t’infliger ce que je vis. »

Je fis un pas dans sa direction, lentement, hésitant. Je m’arrêtais à quelques centimètres d’elle, suffisamment pour sentir son souffle sur ma gorge. Je posais ma main derrière sa tête et avec mon autre bras j’entourais sa taille, là je l’attirais contre moi. Mes doigts se confondaient dans sa douce chevelure alors que je posais ma joue sur le dessus de sa tête. Je soupirais, un soupire d’aise cette fois-ci. Je trouvais ce contact très apaisant, plus que touts les autres car à présent j’étais libéré de mon secret. Je pouvais enfin le partager et peut être me libérer de quelques poids. Je gardais les yeux ouverts.

« Je me suis toujours demandé… Si j'étais la pluie, pourrais-je toucher le cœur de quelqu'un, à l'image de la pluie qui réussit à réunir le ciel et la terre éternellement distants ?... »

Je n’attendais pas de réponse car je l’avais déjà. Je caressais sa chevelure neigeuse à l’image de la mienne avant de me retirer, mes mains sur ses bras. Je portais ma main en chair et en os sur sa joue alors que je sentais la présence de quelqu’un arriver. J’approchais lentement mon visage du sien, incertain de ce que je voulais faire et au final c’est un baiser non loin de ses lèvres que je lui laisser. J’observais ses yeux encore un instant lorsque la voix de Kelyan retentit.

« Ahh…hé hé ! Désolé. »

Au bout de quelques secondes je me retirais, laissant ma main tombée le long de mon corps. Pandora était restée statique, comme si que cette intimité l’eut troublée. Pour ma part non, je n’étais pas timide et encore moins chaste, c’est juste que je me laissais vite avoir par des choses puériles, tel un ado’. Je fis une moue, songeur puis me tournais vers le gamin.

« Qu’est-ce que tu veux, crevette ?
-Lucy et Will sont partis s’installés à la terrasse d’un bar, j’voulais savoir si vous alliez…
-Non, je dois partir. »

J’avais eu mon lot d’émotion, j’avais besoin de réfléchir à présent. Je me sentais é découvert maintenant que j’avais révéler mon identité à Pandora. Mais c’était plus cette gêne, ce manque de pratique qui me forçait à les abandonner. Il s’était passé trop de choses en si peu de temps, trop de choses étranges sur lesquelles je devais me pencher pour bien les assimiler. Comme cet approche, cette envie de plaquer mes lèvres sur les siennes. Ou encore son désire étrange de vouloir m’épauler. Elle n’acceptait pas mes actions, ni n’appréciait ce que je faisais, et pourtant elle voulait me soutenir. J’avais enfin trouvé un allié, un allié précieux. Mais je n’étais pas certain de vouloir ‘en faire un atout au sen de l’Organisation. Mais voilà, plus on prêt du danger, moins on est en danger. En l’occurrence ca marchait comme ca. Car le seul danger ce serrait moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 27

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Mar 24 Juil - 14:32

Par moment, je pense que si je m’étais adressée à un mur, j’aurais probablement eu plus de succès qu’avec le jeune homme. Une fois de plus, le jeune homme refusait ma présence à ses côtés, et quelque part, je m’en sentis presque blessée en fin de compte. Je baissais légèrement les yeux sans pour autant ajouter quelque chose aux paroles du jeune homme, croyant ainsi m’être un terme à la discussion. Je ne baissais pas vraiment les bras, j’attendrais juste un moment plus propice pour lui renouveler ma demande, comme ne plus être handicapée à cause de ma blessure par exemple. M’apprêtant à me rassoir, je fus stoppée par mon ami qui venait de glisser une main légère dans ma crinière, dénouant au passage la coiffure un peu trop stricte que je portais et je sentis de longues mèches me retomber dans le dos alors qu’il m’attirait contre lui. Je me laissais aller contre son torse sans aucune résistance, quémandant presque ce contact avec lui. Décidément, les actes parlaient souvent bien mieux que les mots. Le jeune homme finit par rompre le silence en lançant qui une interrogation qui me tira un léger sourire attendri. Je connaissais bien évidemment la réponse, mais il ne me vint pas une seule seconde à l’esprit d’en faire part à mon ami. Il se recula sur ces quelques mots alors que je rechignais à le lâcher, appréciant le contact de son corps frais. Mais en voyant une silhouette bien reconnaissable qui nous rejoignait, je finis par obtempérer mais il me retint doucement et je levais les yeux vers lui en affichant une moue intriguée. Ce qui suivit me laissa perplexe et je manquais de réaction lorsqu’il déposa un baiser chaste à la commissure des lèvres avant de se tourner pour accueillir Kelyan.

Telle une gamine, je levais doucement mes doigts pour effleurer l’endroit où il s’était attardé avant de froncer légèrement les sourcils devant l’étrangeté de son geste. Bizarre ? Pas tant que ça en fait, c’est juste que je n’étais pas habituée à de telles marques d’affection, voilà tout. D’ordinaire, je les donnais, mais n’en recevait quasiment pas. Dressant une oreille attentive à la conversation des deux chimères, je fronçais à nouveau les sourcils en entendant le jeune homme puis m’approchait d’eux tranquillement, ménageant ma jambe en prenant appui sur l’épaule de l’argenté avant de fixer Kelyan avec un léger sourire.

"J’vais me charger de le convaincre, rejoins les deux autres avant qu’ils ne sautent de joie d’être enfin seuls !"

Je vis l’adolescent se tortiller légèrement sur place, mains dans les poches, le regard fuyant, je ne pus m’empêcher de rire doucement en l’observant faire, en proie à un certain malaise.

"Ouais bah j’y retourne pas seul, ils m’énervent à parler qu’entre eux. A croire qu’ils ont zappés qu’il y avait du monde autour. "

Cela ne m’étonnait pas vraiment en fin de compte. Cela faisait un certain temps que Will ne lâchait plus la blonde d’une semelle, voyant d’un œil de plus en plus critique l’emploi qu’elle occupait. Et si cette dernière ne lui rendait absolument pas son intérêt, je savais pour l’avoir vu ou plutôt entendu parler dans son sommeil que la situation était similaire de son côté. Ils se cherchaient à tâtons, mais ils finiraient bien par se trouver au bout d’un moment, et je comprenais que Kel’ n’ait pas spécialement envie de se retrouver seul entre deux tourtereaux qui avaient probablement dus forcer un peu sur la bouteille pour arriver à se parler sans s’engueuler toutes les deux minutes. Lâchant l’épaule du jeune homme, j’attrapais celles du gamin pour le retourner et le pousser doucement vers le bar d’où il venait, m’adressant à lui en chuchotant presque.

"J’essaie de le ramener, mais il faut que tu me laisses avec lui . Dans tous les cas, tu ne seras pas seul longtemps, t’inquiète pas."

L’ado leva les yeux au ciel en marmonnant pour lui-même.

"Et voilà, un de plus. Et qui c’est qui se retrouve tout seul comme un con, c’est bibi ! Marre des couples …"

Je lâchais le jeune homme qui continuait d’avancer en grommelant, ne pouvant m’empêcher de lever un sourcil perplexe par rapport à ses paroles en penchant la tête sur le côté. Le premier, je situais à peu près, mais le second … Finissant par hausser les épaules, je me retournais pour revenir vers la chimère tranquillement, doucement vu que je n’avais pas trop le choix, avant de lever un regard enjôleur sans vraiment m’en rendre compte vers son visage.

"Allez reste … Tu pourras bien y retourner demain, pour l’instant profites du calme, non ? Ce ne peut pas te faire de mal."

J’esquissais un sourire en coin sans le lâcher des yeux, naviguant dans son regard de jade avec la vague envie de m’y perdre. J’étais tiraillée entre le laisser partir, ce qui était sûrement le plus raisonnable, et le garder avec moi jusqu’au lendemain par pur égoïsme. Maintenant que les choses étaient éclaircies, je n’aspirais qu’à les mettre de côté pour un bref instant et pouvoir profiter de sa présence sans me prendre la tête ni me poser de questions. Mon instinct me disait que les moments de calme risquaient bien de se faire rare à l’avenir, voilà pourquoi j’insistais auprès du jeune homme pour qu’il remette sa tâche à plus tard et accepte de se mêler au commun de mortels.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
avatar

■ Mes messages : 833
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau:
■ Capacités : allez savoir...
■ Barre D'XP:
0/0  (0/0)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Mar 24 Juil - 15:33

Je croisais les bras, j’observais d’un sourcil haussé les deux chimères complotaient. J’ignore ce que Pandora chuchotait à Kelyan mais ca ne m’avait pas l’air prenant pour qu’il fasse demi-tour. Elle l’avait encore menacé, c’était sûrement ça. La jeune femme était très colérique en la présence du môme, une chose qui m’échappait. Elle reportait son attention sur moi, se souvenant que j’étais là et que je les observer.

« Allez reste … Tu pourras bien y retourner demain, pour l’instant profites du calme, non ? Ce ne peut pas te faire de mal. »

Comme si que c’était aussi simple, elle ne semblait pas avoir percuté, elle se comportait comme si de rien n’était. Ca m’énervait… Ignorer ma situation n’était pas la bonne chose à faire, elle devait la considérer, surtout si elle comptait me garder en tant qu’ami. Je soupirais, tiraillé, lassé… Le visage partagé entre la fermeté et la morosité je détournais la tête. Étais-je pris au sérieux ? Je gardais le silence quelques secondes, songeur. Finalement je répondais…

« Hmm… »

L’expression de son visage, elle avait changé. J’avais l’impression qu’elle vivait sur une autre planète parfois. Notre monde était vraiment différent, à moins que ce soit une inconscience au danger. Je détournais le regard puis répondais…

« D’accord, mais pas longtemps… »

Pourquoi pas après tout. J’avais cru entendre que les deux autres se trouvaient à la terrasse d’un bar. Je sui vais Pandora, nous n’étions pas loin derrière Kelyan. On le suivait jusqu’au bar en question.

Lucy et Will étaient assis face à face sur une table ronde, Kelyan ne s’était pas gêné pour prendre une chaise à une autre table et s’incruster. Je fis de même. En temps normal je ne suis pas une personne rancunière, ni susceptible, mais je n’avais toujours digéré l’insulte du type concernant ma mère. Je retrouvais en Kelyan et Pandora, face aux deux autres. Sans m’en rendre compte mon expression froide et indifférente reprenait le dessus. Je me demandais ce que je faisais-là, moi l’intrus. Ca me paraissait invraisemblable d’être assis là avec tout ce petit monde. J’ignorais le type refusant catégoriquement de lever mon regard sur lui pour lui éviter les représailles. Il était trop prétentieux en me sous-estimant. J’avais beau être jeune, j’avais une bonne carrure et un sacré don pour les contacts belliqueux. Une serveuse débarquait, habillée dans les tons du festival. Elle tombait à pic.

« Une ‘teille de gin.
-Pardon ?
-Une bouteille de gin !
-Très bien. »

Elle s’adressait à Pandora, je vidais mes poches, laissant clopes, clefs et portefeuille sur la table. Je retirais mes gants et jetais un regard noir que je réprimandais aussitôt lorsque Kelyan s’en saisissait. Merde, j’étais tendu, mal à l’aise. Ce n’était mon genre d’être entouré, vraiment pas. Même avec de la volonté je n’arrivais pas à participer à la conversation. Alors je me contentais d’observer autour de moi avec nonchalance et un semblant d’indifférence. Will ne m’intéressait pas, deux mâles dominants sur le même territoire ca va pas. Parfois je conversais avec Kelyan mais ca ne durait pas longtemps. Pandora était mêlée à la conversation avec Will et Lucy, ou bien juste avec la blonde ou l’autre naze. A croire qu’ils le faisaient exprès pour me montrer que je n’avais rien à branler ici. Compréhensible, je m’en tapais, ca ne m’affectait pas.

Moins de dix minutes plus tard notre commande débarquait toute fraiche sur un plateau. Je me redressais pour m’emparer de ma teille et me servir un graaand verre. J’avais le diluant à côté que je modéré plus que l’alcool. J’allumais une clope et sirotais mon verre. Mais voilà, plus le temps passait et plus je buvais. Je discutais avec Kelyan, il me parlait de cul comme il me parlait de techniques de combat ou d’alchimie. Ca m’amusait, c’est ainsi que j’en oubliais le temps et que je sifflais ma bouteille assez rapidement. Les autres se servaient dedans, du coup elle avait bien diminuée mais on savait tous que j’en étais le principal coupable. Trente minutes plus tard j’étais rond et mon humeur s’était adoucie. J’étendais mon bras droit sur le dossier de la chaise de Pandora, un brin affalé pour plus de confort sur ces chaises en bois. J’avais fait boire le premier shooter d’alcool au gamin, malgré les regards pesants et accusateurs sur moi. Fuck… Il avait appréciait lui ! L’esprit un peu embrumé et détendu j’avais oublié mes précédentes contrariétés. Je soupirais, enfoncé dans mon siège et effleurais du bout de mes doigts l’omoplate de la jeune femme sans avoir à bouger mon poignet. Sans vraiment m’en rendre compte je continuais ainsi tout en observant la blonde et son acolyte. Malgré ce bien être improvisé mon visage gardait cette légère fermeté, un brin froid et fermé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

■ Mes messages : 1689
■ Age : 27

Feuille de Compétence
■ Niveau: Chimère Confirmée
■ Capacités : Infiltration
■ Barre D'XP:
0/2000  (0/2000)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Mar 24 Juil - 17:00

Le simple fait qu’il accepte me suffisait déjà amplement. C’est qu’il acceptait de se laisser un peu aller et d’ignorer momentanément la charge qui pesait sur ses épaules. Car au fond, le véritable but de ma démarche, c’était aussi ça. Permettre au jeune homme de refaire surface le temps d’une soirée tranquille, en laissant le commanditaire sanguinaire au vestiaire durant un moment. Un sourire doux marquait mon visage alors que je prenais la suite du gamin en repoussant moi-même l’échéance de la réflexion. Ca viendrait plus tard, quoi que probablement trop tôt à mon goût. Même si je devais ressembler à une girouette, et ce n’était pas faute de l’avoir déjà entendu plus d’une fois, je n’oubliais rien, je cherchais seulement à soulager mes proches d’un peu de leur poids quotidien, rien de plus. Le duo semblait en grande discussion, mais ils se turent rapidement lorsque nous débarquâmes à la table, et je sentis un léger froid s’installer. Difficile d’oublier la manière dont Will avait accueilli mon ami, et même si j’arrivais à comprendre à peu près sa réaction, je ne l’approuvais pas pour autant. Mais je n’eus le temps de vraiment m’en occuper car la blonde m’interpella rapidement et je dû enchainer avec une discussion aussi curieuse qu’évolutive. Après avoir parlé du feu d’artifice, Lucy en vint à me demander des conseils culinaires puis sentimentaux, pour enfin me parler du chat qu’elle avait recueilli quelque jours plus tôt et planquée dans l’appartement à l’insu, ou presque, des deux autres.

"Un chat ?! T’es sérieuse ? "

"Chuuuuut !!!"

Je vis Will tourner la tête une fraction de seconde vers nous en lâchant son verre du regard, les sourcils froncés, et je m’empressais de sourire de manière parfaitement angélique (ou pas) avant de me retourner vers mon amie en fronçant les sourcils. S’ensuivit une longue explication où la demoiselle m’expliquait qu’elle l’avait trouvé en rentrant un soir dans un caniveau en sortant du bordel, et n’avait pas eu le cœur de le laisser à son sort. Je soupirais, sachant que j’aurais sûrement fait la même chose, à un détail près, je ne l’aurais probablement pas caché aux autres, sachant qu’ils le sentiraient de toute manière. Nul doute qu’ils ne disaient rien pour ne pas contrarier la jeune femme. Je ne l’avais pas sentie par contre, mais cloitrer dans une chambre sans une once d’air, c’était difficile d’humer autre chose que le renfermé qui y régnait ainsi que l’odeur des antiseptiques.

Je jetais de fréquents coups d’œil au jeune homme qui semblait particulièrement tendu, me sentant un peu coupable de lui avoir forcé la main pour nous accompagner, mais fut obliger d’en détourner mon attention pour me commander à boire à sa suite. Dédaignant les recommandations de mon médecin ainsi que le regard noir de la blondinette, j’optais pour un cocktail à base de vin cuit et de vodka. Mélange surprenant s’il en est, mais je fus forcée de constater lorsqu’il arriva que ce n’était pas mauvais, loin de là. Finalement, je finis par m’enfoncer dans mon siège tranquillement en sirotant mon breuvage, échangeant quelques paroles par-ci par-là en laissant trainer mon oreille avant de rire légèrement amusé lorsque Kel’ tenta de grandir en avalant tout rond son premier shooter d’alcool. Respect, il n’avait rien rendu sur ce coup là malgré la mine rouge qu’il affichait. Je devins peu à peu silencieuse, descendant les verres que je me servais de manière assez régulière, si bien que je ne les comptais plus vraiment. Enfoncée dans un cocon confortable, j’assistais avec plaisir à la réunion de tous les êtres à qui je tenais un tant soit peu, et étais ravie de voir que malgré de mauvais départ, l’ambiance semblait s’être améliorée. La main du jeune homme frôlait mon dos de temps à autre, provoquant d’infimes frissons le long de mon échine, et si je lui avais jeté des œillades intrigués au départ, je compris bien vite qu’il n’y faisait lui-même pas attention et décidais de ne rien dire. Ce n’était pas désagréable, au contraire.

Après plus d’une heure de joyeuseté et autres bavardages plus ou moins conviviaux, je ressentis un violent pic de douleur à la hanche qui me força à me plier en deux, la respiration coupée. Cela faisait quelques minutes déjà que je sentais la douleur revenir, et pour cause, en sortant, j’avais zappé les antidouleurs du médecin dans la précipitation, et n’en ressentais les effets que maintenant. Discrètement, j’essayais de me redresser en reprenant une position à peu près orthodoxe, mais ça n’avait bien évidemment échappé à personne. J’esquissais un léger sourire désolée avant de soupirer doucement.

"Je crois que je fatigue …"

"On va rentrer."

"Non ! Non, non, non, restez ici, profitez, j’suis assez grande pour rentrer seule."

"Mais Dora, tu marches à peine …"

Je fermais les yeux quelques secondes avant de les rouvrir et me levant dans la foulée et écartais les bras une fois debout.

"Là, rassuré ?"

Je me mis à tanguer légèrement et fus obligée de me rassoir rapidement avant de détourner le regard, frustrée. Finalement, mon ami se proposa pour me ramener, et après avoir refusée trois fois d’affilé, je fus contrainte d’accepter pour que les autres acceptent de rester ici à s’amuser. Avec son aide, je me levais et déposais de quoi payer nos parts sur la table avant de partir en direction de l’appartement, soutenue par le jeune homme, tout en gardant le silence. J’avais retrouvé un visage morose, énervé par ma propre faiblesse, car plus d’une fois alors que j’essayais d’avancer seule, je fus obligée de me retenir à Lyl pour ne pas flancher. Une fois éloigné du monde, le silence se fit plus pesant. L’appartement n’était qu’à dix minutes à pied, mais dix minutes dans le silence, ça fait long parfois, surtout quand on culpabilise légèrement. L’air ailleurs, je levais les yeux vers le visage clair du jeune homme.

"Merci d’être venu. Je voulais juste que tu te détendes un peu avant … avant de retourner travailler. Désolée d’être un boulet sur ce coup là !"

Je grimaçais légèrement telle une gamine avant de m’appuyer un peu plus contre lui pour ménager ma jambe. Ou alors était-ce une excuse pour profiter de la proximité ? Allez savoir … j’avais bu pas mal aussi, ça avait tendance à me rendre un peu plus amicale en général. Le laissant avancer, je ne suivais plus la route.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
avatar

■ Mes messages : 833
■ Age : 26

Feuille de Compétence
■ Niveau:
■ Capacités : allez savoir...
■ Barre D'XP:
0/0  (0/0)

MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   Mar 24 Juil - 18:42

Comme si que j’allais rester seul avec ces trois-là, Pandora avait tendance à confondre ; c’étaient SES amis, pas les miens. Je n’avais pas d’ami de toutes façons… Donc j’insistais pour raccompagner Pandora et en profitais pour me barrer, quitter cette ambiance dans laquelle je n’avais pas ma place. En me levant je constatais que j’étais un peu entamé, mon amie également. Je saluais la petite assemblée d’un signe de main et tournais les talons. Chemin faisant la chimère me remerciait d’avoir accéder à sa requête, encore une fois. Je ne répondais pas, me concentrant pour paraître le plus lucide possible. Je tenais son avant-bras pour la soulever plus aisément. Je fixais le bâtiment que j’apercevais au loin. C’est quelques secondes plus tard que je répondais, clope au bec…

« Hmpff…T’en fais pas pour ca…Et puis arrête de te dénigrer, tu n’es pas un poids. »

Je lui souriais tendrement, j’étais sincère, elle me retardait, certes, mais c’était pour mieux me préparer. Je prenais sa main et m’arrêter devant le porche tout en l’aidant. La jeune femme se tenait à la pierre fraiche du bâtiment, m’observant. Je fis de même.

« Je voulais te demander pardon de ne pas t’avoir sauvée dés l’instant où je t’ai vu sur le toit… »

Je revoyais la scène, l’image collée sur ma rétine alors que mes yeux étaient bel et bien ouverts. Je me revoyais la tenir en joug avec un flingue. Je reprenais d’une voix sereine…

« Mais vois-tu, cet épisode t’as permis de me voir sous un autre angle et de prendre conscience de la gravité des choses. Au moindre faux pas c’est tout un tas de dégantés qui sont prêts à faire tomber ma tête pour me devancer. »

Je soupirais, je crois qu’il était temps de ressasser ses idées qu’elle m’avait partagé. J’étais persuadé qu’elles étaient toujours d’actualité mais j’ignorais si elle était prête maintenant qu’elle savait. J’avais encore beaucoup à lui dire, mais je n’étais pas très loquace dont je me taisais. Si elle me questionnait pas, je lui en parlerais pas.

« Tu dois être forte si tu veux vraiment m’aider. »

Je sortais mes mains de mes poches et jetais ma cigarette avec négligence. Je haussais les épaules et relevais un regard plus doux sur elle.

« Allons bon, oublie-ça pour le moment et repose-toi. »

Je fis un pas vers elle et levais mon bras en chair et en os pour déposer ma main sur le dessus de sa tête. Je lui souriais doucement de mon air enjôleur ou ivre, n’importe. Je n’étais pas si entamé que ca ! Mes propos en sont la preuve, j’étais lucide, juste chancelant.
Je retirais ma main et fourrais ma main dans ma poche avant de tourner les talons.

« Je repasserais ! »

Je me retournais alors que j’étais déjà à deux ou trois mètres plus loin et la saluer avec enjouement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Cruelle vérité [Pv.Lyl]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Cruelle vérité [Pv.Lyl]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Perte des points en dextérité après Up
» Comment avouer une vérité pareille?
» Dextérité main gauche-main droite
» Une punition méritée, vraiment? [Jane]
» Célérité

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fullmetal alchemist ::  :: Les Rps terminés ou abandonnés-