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 D'une pierre, deux coups

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Kyle E. Wayne
~ Crystal'Ice // Capt. du QG Nord ~
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MessageSujet: D'une pierre, deux coups   Dim 21 Oct - 16:26

-Prenez-la, intimait un homme

Le type en question se dissimulait dans l’ombre, près de la porte. Un type rabougri aux pommettes rougies par l’alcool. C’était l’entremetteur, le type qui venait vous refourguer gratter infos et jobs malsains. Ce dernier tendait une enveloppe épaisse contenant une liasse de billet à une jeune femme brune.

-C’est pour lui.
-Baah voyons ! Ca en fait du papier tout ça !
-Vous aurez votre part seulement s’il accepte.
-Hé hé ! Te fais pas de bile mon choux !disait-elle en remontant son bustier.

La fille en question était l’une de ces poules de luxes qu’on n’a uniquement le droit de regarder de loin. Profession, danseuse et chanteuse. C’était la vedette d’un des cabarets réputés de Central City. Elle sortait l’intégralité du fric de son enveloppe et fourrait le tout dans sa volumineuse poitrine. Le type quittait sa loge, comme si de rien n’était…

Une heure plus tard…

Toc toc toc…

-Monsieur.



-Monsieur !

Aucune réponse, le jeunot restait planté derrière la porte sans oser l’ouvrir. Il avait environs quatorze ans. Déjà ses mains étaient moites tant le stresse lui ronger le sang. Derrière-lui se trouvait un homme plus âgé, clope au bec il se tenait adossé à un mur, observant son cadet avec amusement. Une cinquantaine d’années. Les hommes en questions étaient en relation directe avec Kojaku et avaient pour ordre de veiller sur notre ami.

-Entre bordel ! Il va pas te bouffer !
-…je ne sais pas trop…, une perle de sueur venait de s’échapper de sa tempe droite. Evans…le lieutenant Evans a dit que Wayne n’était pas du genre à..
-à quoi ? Entre gamin !
-J’ferrais pas ça si j’étais toi ! annonçait un nouvel arrivant, un homme de la même trempe d’âge que l’autre fumeur. C’était Evans. On raconte qu’il aurait des tendances cannibales…
-Ouais..ca fait un p’tit moment qu’il a pas bouffé d’ailleurs ..

Le jeunot avait déglutit, il avait reculé de quelques pas tandis que le fumeur s’approchait de lui. Technique d’intimidation…

-Il pourrait t’arracher le cœur sans même que tu n’es le temps de dire..OUF !

Il s’était approché de manière dangereuse pour faire sursauter le gamin alors que le nouvel arrivant venait d’ouvrir la porte à sa place. Terrorisé, le jeunot observait l’intérieur de la pièce avec horreur.

-Il y a quelqu’un qui vous demande en bas.
-…j’suis occupé.

Lyl sortait de la douche, il secouait avec vivacité sa chevelure argentée, torse-nu. Le type restait sur le pas de la porte, laissant un champ de vision restreint aux deux derrière… Et alors que Lyl conversait avec le type, les deux autres faisaient de même en toute discrétion. Le fumeur, une main forte sur l’épaule du gosse le forçait à observer le décoloré.

-Vise un peu cette cicatrice, il s’est prit une balle en pleine poire et il est encore-là…Evans avait probablement raison…Tu sais, c'est toi qui va nous reléguer ce soir quand on irra grailler .
-…Je…je vais retourner en bas …ma mère va s’inquié-..
-Naaaah ! il le poussait vers la porte, l’autre type levait le bras pour laisser entrer le jeunot.

Lyl stoppait net sa phrase pour jeter un regard intrigué au gamin. Il remarquait le visage terrifié du jeunot.
Un silence…

-Qu’est-ce que c'est?
-Mon père ne vous laissera pas me bect-..Le fumeur avait placé sa main sur sa bouche et l’avait éjecté dans le couloir, un brin lassé.
-Naïf...
-Hé hé hé ! Ca lui apprendra à toujours vouloir être dans nos pattes…

Les deux hommes riaient narquoisement, fiers d’avoir encore et encore effrayé le rejeton de leur supérieur directe. Le gamin venait toujours traîner dans leurs pattes et jouait du statut de son paternel pour menacer les deux subordonnés. Ce jour-là, ils avaient prit leur revanche.

Quelques minutes plus tard la vedette du cabaret entrait dans la chambre d’hôtel de notre chimère. Une ensorceleuse digne de son statut d’allumeuse. La belle portait un gros mentau en fausse fourrure, elle fit tomber celui-ci sur ses épaules alors qu’elle se dirigeait vers le jeune homme.

-Monsieur Wayne ?

Lyl se retournait seulement.
-…Ca dépend…
-J’ai quelque chose à vous proposer.

Elle prenait place sur le bureau, en biais, jambes croisées. La brune remplissait à merveille son rôle d’enjôleuse et fit descendre son manteau jusqu’à ses poignets pour dévoiler sa fine tenue. Un porte-jarretelle qui n’avait lieu d’être que dans le type d’endroit où elle bossait… Lyl la reluquait, un sourcil levé par l’intrigue de voir une telle créature dans ses quartiers. Derrière le bureau, adossé à la fenêtre, Lyl fumait sans la lâcher du regard, l’air passablement indifférent pour frustrer la belle brune. Il ne répondit pas, la laissant exposer ce pourquoi elle se tenait devant lui.

-Il parait qu’il y aurait un docteur prodigieux dans le Nord. Il tenterait de créer la pierre philosophale.
-Tss..ss..ss..s, Lyl riait narquoisement…
-Il parait que ce même homme se serrait réfugié aussi loin pour protéger le secret d’un certain…Macdougal.

Neutre, Lyl se contenait, le regard à demi-clos reflétant le regard enjôleur de la demoiselle. Elle se levait, une démarche sensuelle.

-Ramenez-nous le caillou et profitez de son savoir au passage. D’une pierre, deux coups et puis, je puis faire de vous, elle ne cessait d’approcher lentement, un homme, elle était à sa hauteur, riche !
-Je ne suis pas intéressé…

La brune s’était collée à lui, lui collant sa poitrine sous le nez de manière provocatrice. Elle en sortit la liasse de billet et reprit son rôle d’allumeuse pour tenter de gagner sa paie en sortant…

-J’ai cru entendre que vous étiez pourtant très proches… ohh…suis-je bête, vous avez égaré vos souvenirs, n’est-ce pas ? Elle caressait sa cicatrice. …si froid…vous retrouverez peut être ce que vous cherchez là bas…

Lyl repoussait sa main, sourcils froncés.

-Comment savez-vous tout ca ?
-Hun hun..mon patron et vous étiez très amis…apparement

La jeune femme lui fourrait la liasse dans les mains et tournait les talons.

-C’est un petit plus pour financer le déplacement…
-Hmm…je dois ramener un caillou, c’est ça ?

Elle haussait les épaules, amusée.

-Un rubis magique…
-Tss…conneries…


Ainsi, notre ami se lançait en mission, accompagné des deux hommes, Evans et Amano.
C’est en voiture qu’ils gagnaient la frontière entre Drachma et Amestris. Deux jours de route durant lesquels les trois homes se relayaient pour conduire. Ils n’avaient aucune information concernant l’endroit où se trouver le docteur. Juste le nom d’une ville.
Apparemment le docteur travaillait avec l’armée d’Amestris, des soldats corrompus par l’argent et le pouvoir. Le docteur n’avait rien d’un prêcher de bonne foie, c’était juste u type avide qui faisait payer les plus offrants en échange de ses soins pour financer ses recherches. Un homme ignoble qui avait enlevé hommes, femmes et enfants pour réaliser ses expériences malsaines.
Installés dans un bâtiment qu’on aurait pus croire désaffecter, l’homme et ses soldats tentaient de créer la Pierre Philosophale. Leurs travaux étaient à moitié financés par une sulfureuse brune et un gros tas chauve… Mais ca, c’était le côté officieux de l’affaire, seuls ceux qui bossaient au sein du laboratoire avaient pus voir les deux êtres, soit les deux homonculus… Ces deux-là avaient du quitté la va frontière pour regagner Central-City, plaçant tout de même quelques mouchards dans les rangs du docteur.

Le lendemain de leur arrivée, Lyl ouvrait la petite valise qu’il avait embarquée pour en sortir l’argent de la brune. Un rire discrêt qui relevait du machiavélisme, il avait dans l’idée de brûler le fric à des divagations diverses telles qu’un repas ou une séance en source thermale… D’après lui, le docteur ne s’échapperait pas du jour au lendemain. Un sourire carnassier au bord des lèvres il fut toute fois stupéfait lorsqu’il vit l’état de sa valise… De la boue et une sorte de liquide étrange avait imbibé le tout… Il comprit aussitôt qu’on l’avait arnaqué… Il refermait la valise, d’un air morne avant de la balancer par la fenêtre. Furieux d'avoir été dupé aussi...aisément. Et pas une femme en plus!

-Putain ! T’es taré !
-On s’gêle le cul et tu bousille la fenêtre !
-On aura jamais d’quoi d’payer la caution…
-t’inquiète il est alchimiste..

Tandis qu’ils faisaient leurs plans, Lyl pestait contre la brune. Il prit son flingue qu’il plaçait dans son dos et enfilait son long manteau bleu en cuire.
Et alors qu’il ouvrait la porte il annonçait, dos aux deux hommes et la tête inclinée vers le bas pour laisser apercevoir son profil…

-C’est un piège…quelqu'un voulait que...

Et alors qu’il annonçait sa déduction une vitre se brisait et une balle venait se loger dans l’épaule d’un des types.

-Evans !!
-Merde…
_Tiens bon!, il se prit une balle à son tour,en plein mollet. ARGHH !

Un timing parfait, les coups de feu redoublaient, cependant ils n’étaient pas assez nombreux pour laisser imaginer qu’ils étaient attaqués par plusieurs ennemis. Un sourire mystérieux aux lèvres, l’amnésique se dirigeait vers la fenêtre, snobant ses deux acolytes. Fallait se baisser merde !

-Qu’est-ce que tu fous !

Il attendit que les balles ne cessent et passait sa tête pour apercevoir l’auteur. Il connaissait à peu près sa position grâce à ses capacités. Plus fougueux que réfléchi, Lyl traversait la fenêtre et accourait telle une balle vers l’homme. L’homme ayant disparut, il tenait son flingue rangé… Insouciant. C’est alors que l’homme apparut et pointa le canon de son flingue sur la tempe du jeune homme.

-Monsieur Wayne ?
-Pas encore…se disait-il d’un air blasé, baissant lentement ses paupières

Le type amorçait son arme.

-Vous avez fait bon voyage ?
-Hmpff…j’aurais dû me douter de la supercherie en voyant cette espèce de…grognasse.

Ils échangèrent quelques paroles, Lyl apprenait que le type était un vieil ennemi qui avait cherché longtemps à se venger de Macdougal, au final il se vengeait sur l’élève. Il lui expliquait que sa mise en scène était utile vu qu’il n’avait pu se déplacer à cause de sa double traque, soit celle du docteur et son butin. Bien évidement, le garçon avait marché bêtement… Un coup de feu retentit depuis l’appartement, Evans.

-Enculééé !!

La chimère en avait profité pour lui bousiller le poignet et réquisitionner son arme. Quelques droites et gauches plus tard il le laissait comater dans la neige avant de lui tirer une balle dans sa cuisse droite. Sa conscience l’avait empêché de tuer le type, à la place il laissait son sort entre les mains du…Destin ? Finalement c’était pire que de le tuer… Indifférent il délaissait sa victime pour rejoindre l’appartement. Les propriétaires étaient effrayés, la femme hurlait en trouvant les deux éclopés à terre… Lyl replaçait sa chevelure en arrière alors que son autre main embarquait les clefs de la voiture.

-J’avais quand même allé jeter un coup d’œil au toubib…
-Non ! Pas seul !
-Kojaku..il voulait qu’on veille sur toi

Le jeune homme écartait les bras alors qu’il haussait simultanément les épaules d’un air plus qu’évident.

-Il n’en saura rien.

Sur ces mots il tournait les talons alors que les deux autres lui sommaient de revenir. Il n’en fit qu’à sa tête. Une fois dehors le reptile fut interpellé par Amano, l’intéréssé s’arrêtait avant de tourner les talons d’un quart. Le type lui jetait un sabre que notre réceptionnait sans sourciller ou bouger.

-Pff… n’en fais pas trop…

Il se saisissait du sabre en son milieu, celui-ci était dans son fourreau. Lyl l’avait dérobé à un haut gradé quelques jours plutôt dés son arrivée à Central City. Il le trimballait à la main, peu importe laquelle vu qu’il était ambidextre.
Ainsi il se dirigeait vers le bâtiment.

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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 21 Oct - 17:00

La neige à perte de vue. Un sombre dédale d’arbres gelés, une forêt blanche où le silence pensant régnait en maitre, uniquement brisé par le craquement des pas des soldats. Je tournais la tête, laissant s’échapper un nuage de condensation à travers mon masque tout en observant les lieux. Il me fallait bien l’avouer, ce n’était pas mon élément, loin de là, et sans odeurs, j’étais perdue. Le manteau blanc immaculé recouvrait tout, bruits, effluves, traces de pas, rien ne nous permettait de nous diriger dans une direction plus qu’une autre. Je finis par lever la tête pour observer à travers la couche de pinèdes qui formaient un véritable ciel secondaire au-dessus de nos têtes pour regarder la neige tomber doucement, avec une espèce de délicatesse, de grâce aérienne, avant de lâcher un soupir. Autour de moi, huit hommes en tout. Et quand je dis homme, je parle bien de personnes du genre masculin. Le lieutenant Chen menait ses propres troupes à deux ou trois mètres des miennes, qui se résumait en réalité à deux personnes, les deux seules dans lesquelles j’avais un minimum de confiance, si l’on pouvait appelé le lien diffus qui nous unissait ainsi. Je rageais, même si je n’avais pas froid, mon sang était bien trop chaud pour cela, ce n’était pas le cas des autres, et la marche ralentissait petit à petit au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans les bois. Je finis par m’arrêter et apostrophait sèchement le chef de la seconde escouade.

"Tu nous entraines exactement là ? Ca fait plus d'une heure que l’on marche sans avoir croisé un seul être vivant ici ! Tu ne te serais pas foutu de moi par hasard Chen ?"

Ce dernier m’observa de ces yeux porcins avant qu’un rictus ne déforme ses lèvres, même si ces dernières étaient dissimulées derrière le masque réglementaire, les rides autour de ses yeux parlaient à leurs places. Il haussa les épaules avant de répondre en se détournant.

"Tu ne t’en prends qu’à toi si ça ne te va pas, personne ne t’a forcé à venir « lieutenant »."

"Hm … "


Je me tus, car au fond, il n’avait pas tort sur ce coup-là. Comment en étais-je arrivée à suivre ce porc et ses hommes au fin fond du nord glacé ? Eh bien …

Deux jours plus tôt.

Attablée dans le sous-sol du bar devant une bouteille de vodka à moitié vide, je feuilletais négligemment les journaux du jour en sirotant mon verre d’un air morose. Cela faisait quelques jours que je ne faisais plus que cela. Boire, lire, chercher des missions pour m’occuper l’esprit et m’entrainer, puis retourner boire pour oublier ce que j’avais fait. Aujourd’hui, j’étais en rade d’exercice, aussi je lisais les quotidiens pour essayer de trouver quelque chose à faire. Sur la plupart des journaux, on y trouvait rien de bien intéressant hormis les potins habituels, les nouvelles croustillantes pour toutes les commères assoiffées de nouveauté, mais rien qui n’éveille mon intérêt comateux. Rien, sauf sur le dernier bout de papier froissé où un titre écrit en petit attira mon attention.

« Un faiseur de miracle dans le nord du pays. »

Je fronçais les sourcils en reposant mon verre pour lire avec un peu plus d’attention le descriptif avant de ne soupirer. Fausse alerte, il ne s’agissait probablement que de légendes nordiques qu’un journaliste un peu illuminé avait fait ressurgir dans les nouvelles du jour faute d’histoires plus attrayantes. Je soupirais, repoussant les journaux sur la table avant de boire plusieurs gorgées du breuvage traitre. Je sentais la tête me tourner légèrement, mais c’était bien là le but recherché. Désormais, je ne cachais plus mon visage au sein du QG, peu m’importait que l’on sache à quoi ressemblait le lieutenant. Reposant le verre vide, je me laissais aller à fermer les yeux sur la chaise, la tête appuyée contre le mur derrière moi. J’aurais pu m’assoupir ici sans la moindre gêne si le loquet de la porte ne s’était pas fait entendre, me faisant de ce fait rouvrir un œil. Je lâchais un léger sourire moqueur grimace en voyant débarquer Chen et ses deux suivants qui ne le quittait plus depuis notre … accrochage. A croire que je lui avais fait peur. Quelque part, j’en étais heureuse si c’était le cas, il ne viendrait plus me chercher des crosses. Mon oreille traina entre la discussion des trois soldats lorsqu’un mot revint me titiller l’esprit. Aussitôt, j’ouvris les deux yeux et laissais retomber ma chaise en équilibre sur le sol avec un claquement sonore, leur permettant ainsi de savoir qu’ils n’étaient pas seuls. Immédiatement, le regard du gradé se porta dans ma direction et ses traits se fermèrent alors qu’il faisait signe à ses hommes de le suivre.

Vivement, je repoussais la table en manquant de faire tomber la bouteille et me dirigeais vers le brun pour lui barrer la route, les sourcils froncés. Une main sur le mur pour l’empêcher d’avancer plus, je vis ses comparses porter les mains à leurs armes sans attendre et leur fit un signe de main pour les calmer en leur lançant un regard plus ou moins blasé.

"Doucement les filles. Je veux juste parler."

Visiblement, ils n’apprécièrent pas spécialement le terme car l’un d’entre eux avait déjà dégainé sa lame en faisant un pas menaçant dans ma direction alors que leur chef restait de glace. Je haussais un sourcil avant de me placer au milieu de la route en croisant les bras.

"Je serais toi, je poserais ça. Je ne sais pas si tu sais ce qui attend un soldat qui tue son supérieur, mais c’est pas joli à voir. Enfin après tout, moi je ne serais plus là pour y prendre part, je dis ça pour toi."

Le soldat sembla hésiter quelques secondes et serra les dents tout en gardant sa position initiale, me fusillant du regard. Après m’être assurée que l’autre ne bougerait pas non plus, je reportais le mien sur Chen, les sourcils légèrement froncés.

"Je t’ai entendu parler de « faiseur de miracle » et de « mission » lorsque tu es entré … Tu peux m’en dire plus ?"

"Et pour qui tu te prends pour me donner des ordres Cahelyn ? Nous sommes au même niveau je te rappelle. "

"Tss … Chen. Tu viens de le dire, nous sommes au même niveau. Voilà pourquoi je suis tout à fait autorisée à savoir sur quelles missions tu pars."


Le brun me fixa d’un œil mauvais avant de me tendre son avis de mission en grinçant les dents, que je m’empressais d’ouvrir et de parcourir des yeux, clignant régulièrement des yeux pour faire passer l’impression de tournis dû à l’alcool. Finalement, le journaliste n’avait probablement pas tant divagué que cela, puisque la mission consistait à se rendre à la limite de Briggs dans les montagnes pour retrouver un alchimiste semblant défier les lois fondamentales de cette science et le supprimer. Drachma craignait l’alchimie qu’elle ne pouvait contrôler, c’était un fait, je comprenais donc parfaitement l’origine de cette missive. Néanmoins, lorsque je voyais désormais quelques choses de louche concernant l’alchimie, la connexion se faisait presque automatiquement dans mon esprit avec les homonculus. Et plus particulièrement avec un d’entre eux. Si je parvenais à mettre la main sur l’un deux, j’étais presque sûre de trouver les autres, je savais qu’ils travaillaient plus ou moins en bande organisée. Le texte était clair, l’homme recherché manipulé les forces alchimiques avec une aisance remarquable sans en respecter la loi. Si une telle chose était possible, les homonculus devaient forcément être derrière avec la fameuse pierre qu’ils cherchaient à recréer. Je n’avais pas oublié les dires de Wayne, loin de là, ils étaient restés profondément gravés dans mon esprit attendant de resservir au moment venu. Et ce moment, c’était maintenant. Je fourrais la missive dans ma poche avant de lancer un regard nonchalant au lieutenant.

"Je viens avec vous. Ce soir, 20h ici."

"QUOI ? Non mais tu délires ma parole ! C’est MA mission ! MES hommes ! Tiens-toi en dehors de ça où je ne réponds pas de mes actes !"

Ayant déjà tourné les talons pour aller me préparer, je finis par retourner doucement la tête pour le fixer longuement sans un mot, à tel point qu’il alla jusqu’à reculer d’un simple pas pour se mettre à la hauteur de ses hommes. Ma mauvaise humeur refaisait davantage surface dès que je croisais cet homme, et visiblement c’était bien inscrit sur mes traits. D’une voix placide, je repris la parole.

"J’ai des choses à vérifier là-haut. Tu pourras te charger de ta mission, mais avant, il faut que je vois cet homme. Je viens et tu n’as pas le choix, mais je n’interfèrerais pas dans tes décisions, je marcherais de mon côté."

Sans un mot de plus, je me dirigeais vers ma chambre, passant au passage par celles de deux de mes hommes rentrés de mission la veille pour leur dire de se préparer à partir avant de rejoindre la mienne. Le nord, ce n’était pas franchement la porte à côté, nous n’y serions probablement que le surlendemain en milieu d’après-midi, au mieux. Mais peu importe, je tenais enfin une piste sur l’endroit où Il pouvait se trouvait, je n’allais pas la lâcher si facilement. Un coup de chances que cet imbécile ne fasse pas attention à ce qui l’entourait, j’en venais encore à me demander comment il avait pu atteindre un grade aussi élevé sans se faire tuer avant.

De retour dans les montagnes, non loin du village.


Chen mena ses hommes un peu plus au nord, là où était censé se trouvait la demeure de l’alchimiste alors que je restais un peu plus en contrebas, mes deux hommes dissimulés habilement parmi les fourrés. C’était des pisteurs avant tout, ils savaient se faire oublier dans n’importe quel endroit. Ils étaient, tout comme moi, vêtus d’une combinaison de cuir blanche se fondant remarquablement bien parmi le décor immaculé et ne portait que peu d’armes, deux simples dagues croisées dans le dos pour faciliter leurs mouvements. En plus de ces dagues, je portais également deux flingues, soigneusement rangés contre mes cuisses. L’autre équipe était un peu plus voyante, vêtus de noir, ils avaient préférés l’armement à la discrétion. La méthode de Chen, foncer dans le tas sans se soucier de ce qu’il y avait en face. Une des raisons pour lesquelles je ne pouvais pas travailler efficacement à ses côtés, nos méthodes étaient trop différentes.

Un sifflement retentit non loin et l’un de ses hommes nous fit signe de remonter pour les suivre, ils avaient visiblement localisés la demeure de l’homme que nous cherchions. Bêtement, je me mis à songer qu’il devait en chier le pauvre homme lorsqu’il voulait rejoindre un tant soit peu la civilisation. Enfin, il devait être habitué ici. Nous quittions l’abri des arbres pour traverser une vaste plaine, les légers flocons de neige se transformèrent d’un seul coup en blizzard mordant, nous dissimulant pourtant remarquablement bien. Je voyais environ à cinquante mètres plus loin les hommes du lieutenant, des tâches noires obscurcissant l’horizon glacé, mais leur nombre m’intriguait, il en manquait à l’appel. Un léger coup d’œil autour de moi me rassura lorsque j’aperçus mes hommes non loin, et je continuais à avancer, les yeux plissés par la neige, pour vite retourner à l’abri des arbres. Néanmoins, plus mes pas me portaient en avant, plus je commençais à me questionner sur le lieu avant d’enfin apercevoir l’alcôve formée par les montagnes et qui abritait en son centre une petite maison. J’avisais également un chemin caillouteux qui serpentait devant cette dernière et esquissait un sourire ironique. Je me demandais jusqu’à quel point Chen s’était renseigné avant de débarquer ici.

Je le rejoignis en quelques enjambées en le voyant enfin arrêté à une cinquantaine de mètres de la demeure, quelques hommes à ses côtés, mais une fois de plus certains manquaient à l’appel. Je ne m’en souciais pas, c’était ses comparses, non les miens. Je pouvais sentir les deux pisteurs rôder non loin derrière moi, je savais ainsi qu’ils n’étaient pas loin, et m’approchais du lieutenant en jetant des coups d’œil fréquents vers la demeure avant de reporter mon attention sur le militaire.

"Tu me laisses cinq minutes avec lui. Après tu en fais ce que tu veux, mais j’ai besoin d’informations."

Je le fixais alors que ce dernier haussait les épaules d’un air blasé, me montrant la maisonnée d’une main en m’invitant ainsi à m’y rendre, avant de répondre avec un ton presque mielleux.

"Fais ce que tu veux. Même une heure s’il faut ! Nous attendrons que son altesse ait fini sa magouille pour entrer ! "

Un sourire narquois se dessina sur ses traits, créant des rides marquantes au coin de ses yeux et je ne pus m’empêcher de lui décrocher un regard blasé. En temps normal, j’aurais pu en rire. En temps normal toutefois, je ne serais jamais parti en même temps que cet homme détestable. Et surtout, j’aurais pu flairer qu’il y avait anguille sous roche, chose que je ne fis pas en cet instant. Trop pressée de découvrir quelque chose qui pourrait m’être utile, je me contentais de ressentir la présence de mes deux acolytes sans pour autant les voir avant de me diriger vers la maisonnée à pas de loup. Si ce n’était la légère fumée s’échappant lentement de la cheminée, on aurait pu croire sans peine que l’endroit était abandonné tant il semblait vide de vie. Je jetais un rapide coup d’œil à l’intérieur à l’aide des fenêtres accessibles sans être pour autant repérable et fronçais les sourcils en ne voyant aucun signe de vie à l’intérieur. Avant de me diriger vers la porte je retirais mon masque et mon bonnet que je fourrais rapidement dans ma poche histoire de ne pas effrayer l’alchimiste. Mais avant que je n’ai pu faire le moindre geste visant à me faire connaitre, j’entendis l’enclenchement caractéristique d’une arme derrière mon dos et me jetais juste à temps sur le côté pour éviter la balle. Le regard braqué par-dessus mon épaule, ce que je vis me glaça. Les corps de mes deux acolytes gisaient au sol, visiblement abattus par surprise, ces derniers ne se seraient pas laisser avoir si facilement dans le cas contraire, et Chen me visait avec son arme de poing, le visage à l’air libre, déformé par un rire narquois. Ses hommes s’approchaient, sabres en main, j’en dénombrais un nombre insuffisant comparé à ceux qui était partis de Central. Mon regard fit navette entre tous les hommes qui me faisaient face, cherchant ceux qui manquaient à l’appel sans pour autant les localiser à proximité immédiate, avant de ne braquer mon regard sur le lieutenant, le visage froid.

"Tu sais …. J’aurais préféré ne pas en arriver là, rester bon amis, tout ça. Mais il a fallu que tu sois entêtée, comme toutes les femmes à qui l’on accorde un peu trop d’importance, de responsabilités, tu as refusé de te laisser faire sagement et de profiter du statut que tu avais. Stupide femelle … Tu aurais dû m’écouter Cahelyn, et t’abstenir de venir dans un lieu aussi désolé – il écarta les bras désignant ainsi l’immensité neigeuse qui nous entourait – à la merci de tout et n’importe quoi. On pourra dire que tu t’es faite bouffé par un ours, c’est si simple. Tu m'as vraiment facilité la tâche ma belle, je ne savais pas comment me débarrasser de toi. "

Je serrais les dents, tel le félin pris au piège que j’étais, je finis toutefois par me relever pour lui faire face, ma main gauche glissant lentement le long de ma cuisse pour se rapprocher de mon arme alors que le lieutenant continuant de déblatérer seul, tirant parfois des rires moqueurs à ses comparses. Lorsqu’il se tût, je ne pus m’empêcher de lui répondre d’une voix haineuse.

"Tu t’estimes peut-être mieux que moi, mais regarde toi Chen ! Obligé de venir avec quatre hommes pour venir à bout d’une femme ! Quatre ! Et tu t’estimes honorable ? J’aurais dû te les couper quand j’en avais l’occasion, les choses auraient enfin été réalistes ! "

De colère, le lieutenant grimaça et leva son arme pour me tirer dessus une seconde fois. Mais je m’y attendais, c’était même ce que j’avais espéré et je sautais à nouveau sur le côté, roulant sur le sol gelé tout en attrapant mon arme à feu que je braquais sur le premier de ses sbires qui accourait déjà pour m’achever, tirant dans la cuisse du militaire qui s’écroula par terre et s’empala sur sa propre arme contre toute attente. Le second suivit et m’asséna un coup violent que je réussis à dévier grâce à mon arme, mais cette dernière me fut arrachée des mains et je me retrouvais sur le dos alors qu’il me menaçait de nouveau, très vite remis d’aplomb. Je détendis mes jambes d’un coup, il reçut l’impact en plein dans le sternum et tomba en arrière, le souffle coupé alors que je me relevais, dégainant mes dagues sans plus attendre. Je reculais doucement, désireuse de m’éloigner de la portée de l’arme à feu, mais m’interrompit bien vite en sentant une présence non loin derrière moi. Je venais de comprendre où étaient passés les deux manquants à l’appel un peu plus tôt. Face à moi se relevait le militaire avec difficulté alors que son supérieur le rejoignait, délaissant sans état d’âme son second subordonné agonisant. J’étais piégée.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 21 Oct - 18:10


C’est aux abords d’un bosquet que notre ami dû finir à pied. La neige empêchait le véhicule de progresser. L’homme avait ouvert la portière de manière lasse avant de descendre, clope au bec. Son sabre en main, il s’engageait sans la moindre crainte vers l’endroit décrit. Sa tenue vestimentaire, bien qu’elle ne fut pas très adaptée l’empêchait tout de même de greloter. C’était le sang froid de l’animal qui l’abritait qui lui permettait d’être aussi peu vêtu. Ses gants ne couvraient pas ses doigts, sous son long manteau il portait un une sorte de pull sans manche…Pour un humain normal ce serrait le rhume assuré. Mais plus qu’une température corporelle adaptée, une tenue souple, il pouvait aisément se mouvoir puisqu’il n’avait pas revêtu plusieurs couches… Ainsi il courait rapidement sans trop s’époumoner ou se fatiguer.

Au bout d’un certain notre homme se retrouvait face à une bâtisse. C’étaient les multiples coups de feu qui l’avaient guidé. Lyl se tenait en retrait pour examiner les lieux. La bâtisse se trouvait en contre bas ce qui facilitait le panoramique. La neige, les montagnes, c’était son élément, il ressentait une sorte de jubilation à l’idée d’avoir à se battre en cet environnement. Drachma se dressait derrière les montagnes de Briggs et bientôt il savait que ses pas l’y mèneraient… C’était chez lui après tout.
Concentré, Lyl tentait de compter le nombre de présence humaine. Il y en dénombrait à peu près une dizaine dans la bâtisse, six à l’extérieur et tous regroupés. Il fit le tour pour apercevoir le devant de la bâtisse. Au loin, depuis sa position son regard fut immédiatement attiré par des hommes inertes à terre baignant dans l’hémoglobine. Plus loin il crut reconnaître une silhouette.

Encerclée par cinq hommes, une jeune femme à la chevelure rousse comme on en voit que très rarement. Cette tignasse-là, bien qu’il l’ait vu très peu et très peu de temps il savait à qui elle appartenait. Un pressentiment. Aussitôt il se dirigeait vers l’arrière de la maison dans le but de les surprendre. Se laissant glisser sur la butée il atterrissait très rapidement à destination.

Il grimpait sur le toit, les voix s’élevaient, c’était signe de fin de négociation. En mauvaise position et sur le point de se faire abattre. Lyl dégainait enfin son flingue. Celui-ci dans sa main gauche, son sabre dans sa main droite il visait l’homme qui tenait en joug la belle. Le menton levé et un brin arrogant il décrochait une première balle, en pleine tête. Il levait un sourcil en voyant l’homme tombé. Aussitôt celui qui semblait être le chef ordonnait à ses sbires de retrouver l’auteur de la balle. Sur les quatre, pas un n’eut la présence d’esprit de lever les yeux. Le jeune homme ne se fit pas prier et abattait un autre, une balle en pleine poire. Pas de pitié, son cœur était aussi givré que l’étendue blanche. Les hommes commençaient à s’inquiéter.

-Un sniper !?

Le chef se saisissait de Cahelyn pour s’en servir à la fois de bouclier et d’otage. Astucieux. L’homme s’était rapproché de la maison ne cessant de reculer pour avoir une meilleure vue , bientôt il était dissimulé sous le toit. Il était temps de se montrer. Notre ami ranger son arme à feu dans son dos, au niveau de sa ceinture. Il semblait calme, comme si qu’il contrôlait la situation de A à Z.
Sans plus attendre il sautait du toit sans se ménager. Avant de ne toucher terre il dégainait son sabre et l’agitait d’un coup sec horizontalement, la lame côté avant-bras et non dressée devant lui. Nul n’avait eu le temps de voir et donc de contrer. Un genou à terre, l’autre plié, sa main droite à terre, Lyl levait la tête et se relevait lentement. Les deux hommes s’affaissait à terre, gorge tranchée. Il savait qu’il n’aurait pas due les tuer, seulement, son corps avait agi de lui-même. Un désire certain de protection. D’un geste sec il retirait le peu de sang sur le bout de sa lame alors que son autre main replacée sa chevelure neigeuse en arrière.
A peine s’était-il retourné que l’inconnu s’étonnait…

-Wayne…

Quelle réputation... même ici à la frontière de deux "mondes". Le type resserrait son étreinte sur sa proie, c’était comme cette fois-là… Le visage froid il se contentait de regarder le mec qui reculait.

-Laisse-moi partir…Je n’hésiterais pas à tuer Cahelyn !!! S’énervait-il



C’est aux portes de la mort qu'on constate la vraie nature de l'homme. Qui est capable de grandeur, d'autre d'horreur. Légèrement las, Lyl levait le menton et balançait du bout de ses doigts son manteau pour accéder rapidement à son arme à feu. Le type grimaçait, le doigt crispé sur la gâchette il allait lui exploser la cervelle. Mais tout se déroula à une vitesse vertigineuse. Le serpent dont le regard n’inspirait aucune négociation fut le dernier que le type vit avant de se prendre une balle en peine tête, entre les deux yeux. Pour cause, notre ami avait dégainé avec rapidité et s’était aussitôt empressé de pointer l’ennemi pour lui décrocher une balle. Si témoin il y avait eu, tous diraient qu’il était complètement inconscient d’avoir tiré si près et si rapidement alors que la tête de la miss était à quelques centimètres de sa cible… Sans cœur direz-vous. L’homme tombait, comme tous ses hommes alors que les deux jeunes gens se jaugeaient. La colère se lisait dans le regard de la rouquine. Elle s’était contenté de l’observer, elle avait momentanément fermé les yeux lorsque le coup avait retentit. Aucun des deux ne semblait troublé par les meurtres, seuls le regard de l’autre importait. Lyl gardait son arme en joug sur elle…

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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 21 Oct - 18:46

Un coup de feu retentit et me fit tressaillir, mais ce n’était à moi qu’il était destiné, et ça je le compris bien vite en voyant l’un des militaires s’effondrer à terre, une balle en pleine tête. Je fronçais les sourcils, risquant un regard autour de moi pour essayer de trouver l’auteur du coup de feu, mais ne vis rien de significatif. Je reportais aussi sec mon regard sur le second militaire qui s’effondrait sous le regard choqué du lieutenant. Moi qui croyait que nous serions seuls dans ce lieu désolé … à moins que ça ne soit les habitants qui pris de frayeur s’en prennent aux attaquants, mais le regard que j’avais porté sur la bâtisse ne m’avait pas apporté plus de réponses, les lieux semblaient toujours aussi vides. Toutefois, un mouvement sur le toit me fit lever les yeux et je fronçais les sourcils en voyant un intrus tranquillement installé sur ce dernier, en train de décimer les troupes en contrebas. Je ressentais une pointe de frustration, j’aurais largement préféré venir à bout de ces ordures seule, sans aide extérieur. Chen commençait à paniquer, c’était évident, son regard porcin se mouvait de tous les côtés avant qu’il ne m’agrippe par le col, me menaçant toujours de son arme. Le canon du flingue contre la tempe, je serrais les dents et mes doigts se rétractèrent sur les lames que je tenais encore contre mes cuisses. Il questionna ses acolytes et je ne pus me retenir de sourire d’un air légèrement ironique.

"Pas vraiment non … lève les yeux imbécile."

Par là, j’envisageais également de compliquer la tâche du « justicier » en le sortant de sa planque, mais ce dernier semblait déjà avoir pris les devants et venait de sauter juste devant la bâtisse, égorgeant en passage sans la moindre émotion les deux derniers acolytes du militaire, laissant ce dernier seul, adossé au mur de pierre de la maison. Je sentais ses bras trembler, en réalité, je craignais plus que le coup ne parte à cause de sa frousse et de ses mouvements brusques que par réelles intentions. A la place, je concentrais mon attention sur l’inconnu qui se redressait avec une nonchalance remarquable malgré le fait qu’il venait d’assassiner quatre personnes. Il ne me fallut guère longtemps pour reconnaitre son visage, et pour cause, je ne le connaissais que trop bien. Mes pensées furent bien vite confirmées par le gémissement craintif du militaire qui balança le nom de Wayne comme un gamin trouillard face à la brute du coin. Visiblement, ce dernier était plutôt bien connu, mais je ne pouvais pas m’empêcher de ressentir une certaine irritation à le voir ici. Irritation pour ne pas dire colère en fin de compte. Je me souvenais sans mal de notre dernier … échange, et de ce qui en avait découlé, inconsciemment, je lui en voulais, même s’il n’y était au fond pour rien. Sa présence ici ne faisait que jeter de l’huile sur le feu de ma vengeance, qui plus est, je me sentais comme une incapable, aidée par un capitaine déchu.

Chen menaça l’argenté de me mettre une balle dans la tête pour le dissuader d’avancer, ce qui ne sembla pas l’émouvoir plus que ça et je poussais un long soupir d’exaspération avant de lâcher d’une voix blasée à l’intention du froussard.

"Tu ferais mieux de te trouver une autre combine si tu tiens à ta vie, c’est pas ça qui va l’arrêter. "

Je sentais le gradé se tendre un peu plus dans mon dos et entendis le déclic de l’arme contre ma tempe. Fixant l’argenté d’un air morose, je fermais les yeux en entendant la balle partir, m’attendant à rejoindre la faucheuse à tout instant. Mais contre toute attente, je me retrouvais avec un poids mort m’enserrant la gorge et me tirant en arrière. Rouvrant les yeux vivement, je levais la main pour dégager mon cou de la prise du cadavre avant de le repousser en arrière en lui jetant un regard. Au fond, j'aurais presque été peiné pour lui. S'il n'avait pas tenté de m'agresser plusieurs fois.

"C'est pas faute de t'avoir prévenu pourtant ..."

Je me tenais de profil, les mains toujours armées, et je tournais la tête vers l’argenté qui n’avait toujours pas baissé son arme, me visant désormais sans la moindre émotion sur le visage. Je le fixais avec une certaine colère dans les yeux, le mettant ainsi au défi de tirer. Même si le bougre était d’une rapidité déconcertante, ce n’était pas le seul à n’être plus vraiment humain. Et je ne me laisserais pas abattre aussi simplement. Je ne voyais pas grand-chose dans le regard de la chimère, c’en était déconcertant quelque part, et je finis par lâcher d’une voix coléreuse.

"Arrête de frimer et fini le boulot, tu avais l’air si bien parti."
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 21 Oct - 19:31

Une réputation des plus péjoratives. Pourtant l’expression implacable de son visage confirmer l’image qu’il donnait lui et ses gestes. Mais tant pis, pas le temps de songer à ce qu’il venait de faire en l’espace de quelques minutes. Donner la mort, ca lui paraissait si anodin…

-Arrête de frimer et fini le boulot, tu avais l’air si bien parti.

Frimer ? …C’est exactement ça en fait. Il restait passif face aux propos de la jeune femme. Il venait lui porter secours, à aucun moment l’idée de la tuer n’avait pu lui traverser l’esprit. Maintenant qu’il savait quel malentendu les tenait en froid il n’avait qu’une envie, revenir à la charge ! Mais c’était sans compter le fait que la demoiselle devait avoir une dent contre lui, voire plus… Soumise à un choix difficile…avait-elle retrouvé son cadet ? Tant de choses qui lui traversaient l’esprit durant ces courtes secondes où ils se jaugèrent. Notre homme sentait la présence d’humain approcher, c’est la concentration qui le gardait dans cette position, rien d’autre.

Le premier ennemi apparaissait derrière la rouquine, Lyl penchait légèrement la tête du côté droit et décrochait une balle dans la gorge de l’ennemi. Une fois la balle partie il tirait le poignet de la suicidaire pour la forcer à se baisser. Notre ami abattait deux hommes en plus. A présent l’ennemi était derrière. Les deux chimères s’adossaient à la façade de la bâtisse, Lyl se concentrait pour savoir où étaient positionnés chaque être. Un soupire de lassitude alors qu’il repensait aux propos de la demoiselle, sans lui porter un regard pour ne pas quitter sa position il lui dit…

-Soit mignonne, reste pas dans mes pattes et évite de crever bêtement…

Provocation ! Il avait eu un avant gout de ses capacités, il savait qu'elle rivaliserait ... C'était juste son absence d’espoir qui la rendait vulnérable. Une personne sans désire de vie est une personne morte d'avance, elle attire la mort quoi qu'elle fasse...
Lyl semblait encore incapable d’apaiser la tension entre eux. Alors qu’il avait balancé ces mots il s’était mis à découvert et tirait compulsivement pour se permettre d’atteindre le gros arbre en face. Il en profitait pour recharger son flingue. La rouquine l’observait depuis sa position, elle lui fit un fuck à défaut d’avoir eut le temps d’en placer une. Lyl souriait, reportant son regard sur son arme il secouait négativement la tête, plus amusé qu’autre chose. C’est alors qu’une vague de cou de feu déferlait sur l’arbre derrière lequel il se trouvait. Lyl attendait patiemment pour pouvoir bouger. Après une minute sa patience s’estompait et il envisageait de riposter. Il jetait un furtif coup d’œil à l’ennemi. Il fit des gestes à la demoiselle, lui indiquant qu’il y en avait deux qui s’approchaient de sa position à elle.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 21 Oct - 20:14

Sans un mot, le jeune homme décrocha une balle qui atterrit dans la gorge de l’homme qui s’apprêtait à sortir de la bâtisse, stoppant net sa course de cette manière. Je sentis mon poignet agrippé par les doigts froids de la chimère, me forçant à me baisser à m’en retrouver presque le nez au sol alors qu’il abattait deux autres ennemis sortis avant de me relâcher à nouveau et je me redressais aussitôt pour m’adosser au mur aux côtés de la chimère qui semblait épier le moindre mouvement. Je serais les dents lorsqu’il m’invita à rester sagement dans mon coin pour ne pas le gêner avant de lui jeter un regard noir en resserrant ma poigne autour des lames que je tenais encore avant de le voir détaler en face avant même que j’ai eu le temps de lui lancer un pique bien senti. A la place je croisais son regard railleur et lui renvoyais un signe grossier sans même lâcher mon arme.

Je fus forcée de me baisser lorsque des coups de feu retentirent derrière moi agenouillée sous la fenêtre venait de voler en éclat. L’argenté patientait calmement derrière son arbre se contentant de recharger ses armes de manière nonchalante. Lorsque les rafales s’atténuèrent, il passa la tête à découvert pour m’observer et me fis signe que d’autres arrivaient de l’intérieur de la bâtisse. Je m’approchais de la porte encore ouverte, maintenue ainsi par les corps sans vies des deux hommes qu’avait abattus Wayne, j’attendais patiemment que les prochains sortent. Dans un mouvement de ciseaux à l’aide des deux dagues croisées, je coupais net le tendon du premier homme et cisaillait dans la foulée le mollet gauche du second. Le premier, le plus petit, tomba en avant sans pouvoir se retenir et je plantais ma lame droite dans sa gorge sans la moindre pitié, toujours accroupie au sol, avant de la retirer d’un geste sec pour plonger la seconde dans le bas ventre offert de mon second agresseur qui était alors à deux doigts de se saisir de ma gorge. Je le repoussais à l’intérieur de la bâtisse en me redressant, me saisissant de l’arme à feu qu’il me restait de ma main libre pour achever les souffrances de l’inconnu.

Mon regard se porta sur la pièce, j’avisais un escalier semblant plonger sous la maison duquel provenait des bruits de pas précipités. Mais combien ils étaient ici exactement ? Mon regard se posa sur les cadavres gisant au sol, j’essayais de reconnaitre quelque chose, un vêtement, une insigne, mais rien de tangible ne m’apparaissait. Je sentis la chimère me rejoindre, l’entendit pénétrer dans la bâtisse, le claquement significatif des talons que jeune homme m’indiquait même où il se trouvait exactement. Sans me retourner, je positionnais ma lame en prise inversé et levais le flingue en direction de la bouche d’escaliers où se précipitaient déjà les prochains. J’avais envie d’en finir vite, d’obtenir rapidement mes informations et de me tirer d’ici en vitesse.

"Hmph … tu pouvais attendre dehors, je n’ai pas besoin d’une nounou."

Un ton parfaitement ironique, sa présence m’irritait, je n’avais pas besoin de son aide. Lorsque la première personne apparut, il n’eut probablement pas vraiment le temps de se rendre de ce qu’il lui arrivait que déjà il gisait à terre, une balle dans le cœur. J’avançais d’un pas, puis deux, prête à m’engouffrer dans l’escalier lorsqu’un second mercenaire en sortit, trop rapidement pour que je puisse lever mon arme à feu cette fois-ci. Toutefois, il s’écroula tout de même avant que je n’ai eu le temps de partir à l’assaut à l’aide ma lame et j’avais nettement sentit la balle sifflait près de mon oreille. Les sourcils froncés, je me tournais vers la chimère en lui balançant sur un ton de reproche.

"Tire moi dessus aussi j’te dirais rien ! Et puis, qu'est-ce que tu fous ici d'abord ? "
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 21 Oct - 21:00

Un par un, Lyl les descendait à l’aide de son arme à feu. De son angle mort il vit la silhouette de la rouquine disparaître. Nul doute qu’elle était entrée dans la bâtisse. Il pouvait ressentir plusieurs présences, plus que précédemment. Pourtant, malgré l’inégalité il restait confiant. Ses cibles abattues, il gagnait à son tour l’enceinte du bâtiment. Il décrochait encore quelques balles avant de ranger son arme à feu. Sabre en main, il devançait la jeune femme qui lui suggérait de se tirer et d’avoir la gâchette trop…précise ? Il pouvait ressentir la présence de chaque être vivant sur un périmètre encore restreint pour le moment, mais malgré ça ca lui permettait précision. Même les yeux bandés il viserait juste. Lyl en profitait.

Déjà empêtré dans les escaliers qui faisaient la transition au sous-sol, Lyl repoussait l’ennemi à l’aide de son sabre non dégainé. La force de ses coups suffisaient pour les calmes quelques temps.

-
j’donne pas dans la garde princier.Il marquait un court temps d'arrêt...J’ai un compte à régler avec le toubib…

Encore des sarcasmes, maintenant il prétendait qu’elle était une précieuse. Décidément, il avait un don pour exaspérer.
Il ne leur fallut pas longtemps pour arriver à destination. L’endroit était désert mais la chimère pouvait sentir la présence d’une personne et par conséquent sa cachette. Il y avait plusieurs cercles dessinés un peu partout, des cuves contenant un liquide fort ressemblant à de l’hémoglobine. Au fond se trouvait des cages, vides. Ca empestait la mort…
Furieux d’avoir été mené en bateau il voulait savoir si une partie était vraie parmi tout ce tissu de mensonge. Il s’était quand même tapé deux jours de bornes pour au final se retrouver fauché et paumé avec deux éclopés sur les bras… Plus encore, il était en colère en découvrant l’environnement dans lequel semblait évoluer le médecin. Ce type allait morfler…
Malgré tout la route en vaudrait tout de même la chandelle s’il ne trouvait rien. En effet, il y avait retrouvé quelque chose d’intéressant, pour ne pas dire précieux… Il jetait un regard à la concernée alors qu’il se dirigeait vers le type d’un pas lent. La jeune femme le rejoignait, elle semblait reconnaître la détermination du jeune homme dans sa façon de marcher. Avait-elle deviné qu’il avait repéré une personne ? La jeune femme n’avait, aux yeux du reptile, aucunes raisons de savoir également où il se trouvait.
Lyl saisissait le type qui était ridiculement planqué derrière un objet imposant, accroupi. Il le saisissait par le col et l’éjectait plus loin sans ménagement.

-Nooon ! Ne me faites pas de mal !

Il ressemblait plus à une victime qu’un bourreau… Lyl l’observait ramper, indécis. Quelques secondes plus tard l’homme transmutait le sol faisant apparaître toute sorte de piège pour repousser nos deux amis. Ca durait quelques minutes, le temps que les deux jeunes gens se mettent d’accord ou ne collaborent… Chose compliquée. Finalement la jeune femme prenait d’assaut le docteur et Lyl attaquait de front. De nouveau à terre, le type se retrouvé sur le dos, sa main crispée semblant tenir fermement un objet. La rouquine ayant remarqué écrasait le poignet de l’homme qui se mit à gémir, refusant encore de lâcher. Lyl dégainait pour la seconde fois son sabre…

-J’vais la lui couper…
-NOOOON !!!

Une menace qu'il semblait sérieusement mettre à exécution. Le médecin, prit au jeu tentait de repousser le pied de la jeune femme. C'est alors qu'il cessait toute activité alors qu'n liquide rougeâtre s'échappait de sa main. Lyl observait le phénomène, perplexe avant d'en déduire...

-Elle a expirée...

Son regard froid ne présageait rien de bon, il saisissait l'homme par le col et le relevait d'une poigne remarquable avant de le plaquer contre les barreau d'une des cages derrière. Son avant-bras exercant une pression sur son cou, Lyl lui demandait avec une colère retenue...

-Sais-tu qui je suis?
-...Non...

C'était un mauvais début s'il ignorait qui il était. Lyl refusait d'accepter que le type ne lui apporterait rien ni solution sur Macdougal. Il y tenait tellement, il voulait réapprendre l'alchimie, se souvenir de cet homme... Il sortait de sa poche de pantalon la montre en argent de son maître et la présentait sous le regard du type...

-Sais-tu ce que c'est?!
-...Elle s'apparente aux alchimistes d'Etat...non?

Lyl remettait un cous de pression sur sa gorge, le faisant presque suffoquer.

-En as-tu connu un?
-...Non!
-Tu mens!
-...non....

L'homme rougissait,suffoquant... Notre chimère perdait patience.

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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 21 Oct - 22:03

Je levais les yeux au ciel après ses paroles en l’observant avancer dans l’escalier après l’avoir débarrassé des quelques gêneurs qui lui bouchaient le passage. Avec un profond soupir d’exaspération, je le suivis tout en rangeant mes armes à leurs places, il se débrouillerait aussi bien seul puisqu’il voulait jouer les éclaireurs. Je n’avais même pas eu le temps de rétorquer qu’il se jetait seul contre ses ennemis et je le suivis plus ou moins nonchalamment, observant la pièce dans laquelle nous débarquions avec un grand intérêt soudain. Les murs, le sol, même le plafond était recouvert de cercles alchimiques alors que je reconnaissais sans peine la présence de cages disséminées de manière plus ou moins aléatoires dans l’immense sous sol. Je pouvais sentir les relents de la crainte de là où je me trouvais, mais ce fût Wayne qui dénicha le dernier survivant, celui que nous étions visiblement tous deux venus questionner. Voir ce qu’il trafiquait ici me donnait la nausée tout simplement. Au fond de la pièce, dans l’ombre, on pouvait discerner non sans mal un amas de chair informe gisant au sol dans une mare de sang, je pouvais en sentir les effluves de là où je me trouvais et finis par détourner la tête de ce macabre spectacle pour me concentrer sur le scientifique qui gigotait de par entre la poigne de la chimère avant de faire un vol plané dans la pièce.

Bien décidé à ne pas se laisser faire, l’alchimiste se mit à faire apparaitre toute sorte de chose au sol pour nous empêcher de le rejoindre et cela dura un bon moment avant que nous daignons enfin coopérer un minimum pour pouvoir atteindre notre cible. J’attaquais par le flanc gauche alors que la chimère fonçait de face. Cet assaut combiné nous permit de mettre à terre le docteur alors qu’au même moment je remarquais qu’il lançait un regard apeuré à sa main gauche, serrant visiblement un objet dans cette dernière, et plaquais ma botte sur son poignet en appuyant de tout mon poids dessus pour lui faire lâcher. J’observais le visage rougie par la douleur du toubib, je ne garantissais pas cher de sa peau en se retrouvant face à deux chimères. Voyant qu’il refusait d’abandonner son bien, l’ancien capitaine menaça de lui couper la main avant de poser la lame de son sabre juste à côté de ma botte, à la limite de la paume. Je lançais un regard faussement compatissant au scientifique avant d’ajouter tranquillement.

"Vous devriez lâcher, il va vraiment le faire."

La lame créait déjà un sillon rougeâtre sur la peau blafarde du captif et ce dernier tenta alors de repousser ma botte ainsi que la lame qui le menaçait. Mais c’était peine perdu pour lui, j’appuyais un peu plus pour bloquer sa circulation lorsque soudain il cessa tous mouvements, laissant s’échapper de ses doigts un liquide carmin. Je fronçais les sourcils avant d’ouvrir sa paume d’un geste rapide du pied, ne voyant rien d’autre que ce qui ressemblait à de l’encre rouge. La chimère semblait se douter de quoi il en retournait, ce qui n’était pas mon cas, mais visiblement, ça n’était pas capital. J’eus tout juste le temps de retiré mon pied alors qu’il soulevait son captif pour le plaquer contre les barreaux les plus proche, un bras sous sa gorge pour toute forme de menace. Posant mon regard sur la flaque rouge créer par je ne savais trop quoi, j’allais jusqu’à la toucher prudemment avant de la renifler, lâchant au passage une moue de dégoût profond. Quoi que cela puisse être, ça puait, une odeur de mort. Les questions de plus en plus virulentes de la chimère me firent relever la tête en fronçant les sourcils.

"Ne le tue pas, j’en ai besoin aussi."

J’écoutais vaguement l’interrogatoire qu’il était en train de subir avant de me redresser pour lui faire face, profitant du fait qu’il soit maintenu par la poigne de la chimère qui semblait visiblement perdre patience rapidement à son air renfrogné. Je fixais la victime quelques secondes avant de le questionner.

"Qui vous entretient ?"

"Per-personne … on collecte des fonds en ville, rien de plus ! "

"Tu mens encore …"

"Non ! Je vous assure …"


"Alors personne ne vient ici pour vérifier vos … travaux ? Je lâchais le terme avec une moue de dégoût profonde avant de continuer. C’est pas comme ça que tu vas sauver ta vie tu sais …"

"Je vous en prie … dite lui de me lâcher."

"Je ne suis pas sa mère ... Débrouille-toi "

"Ils sont deux … Un gros et une jolie femme. Argh … Ils viennent … souvent ici."


Alors que j’avais commencé à me détourner, je reposais d’un coup mon attention sur le visage commençant à tirer dangereusement sur le violet du captif, les sourcils froncés tout en demandant à l’argenté.

"Si tu pouvais retenir un peu ta force, j’aimerais bien connaitre la suite. A moins que tu ais fini ?"

"No-non …."


L’imbécile devait voir là un moyen de sauver sa vie, à voir désormais s’il n’allait pas inventer la suite pour pouvoir survivre un peu plus longtemps et ainsi échapper à la poigne redoutable de son agresseur. Il parla de gens en noir, de pierre inachevé – le fameux liquide rouge, je ne le compris que plus tard – et de manipulations génétiques. Des paroles bien énigmatiques qui pourtant collaient assez bien avec les dires de l'argenté quelques semaines plus tôt.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 21 Oct - 23:11

-Tss…

Lyl le relâchait tant il était frustré il détournait vivement la tête, le poing serré, sa main crispée sur son sabre. On lui avait même menti sur ce point-là…Il était lésé qu’on est pus jouer avec lui, le manipuler. Il replaçait sa chevelure en arrière, tentant de se calmer avant de ne siffler entre ses dents serrées pour lui-même…

-Attends que j’te termine…

Il revoyait le type presque inconscient en train de se vider de son sang devant sa chambre d’hôte. Si la mort ou les flics ne s’étaient pas emparés de lui, notre ami allait se faire une joie de lui refaire le portrait en rentrant. Il tournait les talons et reportait son regard sur les cuves, le regard haineux. Il dégainait son sabre et brisait chacune d’entre elles qui avaient été épargnée lors des tours du toubib. La première d’un chassée violent qui fit renverser le bloc, le reste au sabre. Le liquide recouvrait le sol déformé, une odeur particulière en émanait. Une odeur connue sans savoir sa provenance. La chimère s’accroupit, parmi les nombreuses particules qui émanaient du liquide le jeune homme reconnut le sang. Un détail dû aux caractéristiques du serpent. Il comprit que les cuves avaient servi pour tenter de créer la Pierre Philosophale. Si notre ami n’était pas troublé c’est parce qu’il avait pu échanger avec un certain Fullmetal. Une conversation riche, ce dernier lui avait révélait l’existence du mythe ainsi que son composant principal… Il restait quelques secondes ainsi, il se tenait de manière à ce que ses pieds ou son manteau ne pataugent pas dans le liquide. Son regard déviait et se posait sur les cadavres dissimulés au fond des cellules, une nouvelle vague de colère. Lyl se relevait. Il venait de balancer son sabre comme on jette un javelot. Celui-ci avait atterri à quelques centimètres du médecin, planté dans le mur.

-Enfoiré ! Qu’est-ce que tu croyais pouvoir faire ?!!

Il en avait oublié les souvenirs mais notre ami savait qu’il avait été victime d’une transmutation humaine. User de l’alchimie ainsi, ca lui paraissait impensable, insoutenable.

-Sais-tu seulement quel est l’ingrédient principal ?!

Le médecin esquissait un sourire contraint, Cahelyn le tenait en joug avec ses lames. Le jeune homme faisait les cents pas tandis que le toubib déballait son sac. Il voulait lui arracher la tête, prendre sa vie pour venger les morts étalés sur le sol… Lyl s’approchait de nouveau, le type semblait se tasser sur lui-même. Son regard n’avait que fait d’observer le sabre, il se sentait d’avantage oppressé par l’arme en plus des deux furieux… Lyl demandait…

-Portaient-ils un tatouage, une marque, particulier ?
-Ou…Oui ! Un serpent qui se mord la queue !

Lyl extirpait son bien du mur, silencieux, le visage sombre. Le type n’avait pas menti. Cependant, il semblait avoir achevé son partage d’information. C’était là la fin du plaidoire, la fin de son voyage… de ce fait le reptile empruntait l’escalier, prêt à quitter les lieux, blâmé…
Le type s’écriait alors que la rouquine suivait le pas…

-Qu…qu’est-ce que…qu’est-ce que vous faites ?! Revenez… Revenez ! Tuez-moi ! Par pitié ! Tuez-moi ! Ils vont revenir ! Ils vont revenir !!

C’est la folie est uniquement elle qui guettait le scientifique. Les sanglots le prirent d’assaut et s’ensuivit un rire dément. Lyl atteignait le rez-de-chaussée lorsqu’un coup de feu retentit. Indifférent, il quitter la bâtisse. Le scientifique s’était donné la mort plutôt que de survivre à sa défaite.

-Fait chié… Cet enfoiré m’a piégé en beauté…

Il shootait dans un seau vide faisant partir l’objet quelques mètres plus loin. Ses doigts de pieds souffraient légèrement en vue du poids insoupçonné de l’objet métallique.
Légèrement en retrait, Cahelyn suivait sans probablement avoir l’idée de le suivre particulièrement. Ils empruntaient sûrement le même chemin de retour et se séparaient à la sortie du bois. Lyl marchait d’un pas déterminé, la colère faisait battre son sang glacé dans ses tempes. Il retournait à la voiture. Ils entamèrent tout deux simultanément une phrase…

-Il faut qu’on cau-..

Le décoloré s’était retourné et au même moment une douleur lancinante lui prenait les côtes du flan gauche. Mais le plus choquant dans tout ça fut le visage meurtri de la jeune femme.Sa main libre portée automatiquement sur sa côté douloureuse, Lyl vit une tâche de sang prendre forme au niveau de l’épaule de la jeune femme. La belle le fixer, il n’aurait su traduire son expression, c’était troublant. L'éventuelle raison qu'il l'eut poussé à ne pas s'enquérir de ce qui lui arrivait. Il reportait ses yeux jade sur le visage de la rouquine, son regard ferme, celui-ci traduisait sa première expression sincère, soit l’inquiétude. La douleur fut telle que Cahelyn en perdait l’équilibre progressivement. Assujettie à la douleur, elle avait à peine levé son bras valide, les mots restaient encore bloqués. Aussitôt notre chimère l’avait retenue d’un bras enlaçant son dos et tandis qu’il déployait l’autre il remarquait du sang sur son gant…son sang. Il n’y prêtait pas attention, la douleur était minimisée avec le froid. Au lieu de ça il soutenait la jeune femme.

-Tss..Cahelyn !

Il reculait, cherchant à les mettre à l’abri, plus loin, derrière un gros tronc d’arbre. Il l’a déplaçait à l’aide de ses deux bras, déjà il était couvert du sang de la demoiselle. Et alors qu’il reculait il cherchait la provenance. Probablement un survivant à terre, rancunier…

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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 22 Oct - 7:00

Me laissant avec le captif, la chimère s’empressa d’aller détruire une à une toutes les cuves encore intactes qui composaient le laboratoire, déversant au sol une quantité impressionnante du même liquide rougeâtre qui avait suinté de la main du scientifique quelques minutes plus tôt. Ce dernier chercha à s’évincer plus ou moins discrètement avant que je ne colle mes dagues sous sa gorge, le maintenant au mur une bonne fois pour toute. La chimère semblait énervée voire même frustrée en fin de compte, je lui jetais un regard plus ou moins surpris avant d’écouter les paroles du médecin, tout à coup intéressée lorsqu’il parla d’un détail que portait ces deux « patrons ». Je restais quelques secondes à le fixer avant de relâcher ma poigne lorsque le jeune home revint pour reculer et réfléchir. Des homonculus, voilà qui finançaient les recherches, qui mettaient de l’ordre dans tous ce bordel, j’avais vu juste. Même si les choses ne s’étaient pas exactement passées comme prévu, le résultat final restait le même. D’une voix tout en fixant le liquide carmin s’étaler lentement au sol, je le questionnais.

"Quand reviennent-ils ? Ils ne sont que deux ? "

"Je ne sais pas … demain, dans une semaine … leurs passages ne sont jamais prévisibles."

Je donnais un léger coup de pied dans un barreau détruit tombé au sol avant de soupirer. Je n’avais aucune envie d’attendre une semaine voire plus dans ce trou. Surtout alors que je ressentais quelque chose de néfaste en cet endroit, quelque chose qui me donnait la chair de poule au sens propre du terme. L’argenté récupéra son arme et laissa choir son captif au sol, se dirigeant vers l’escalier avant que je ne le suive, passablement blasée. Même mon intuition avait plus ou moins été juste, je n’avais plus rien à faire ici. Envy ne s’y trouvait pas, les autres ne reviendraient probablement pas vu le bordel qu’on y avait foutu, je n’avais plus de temps à perdre dans ce lieu désolé. La voix éraillée du scientifique s’éleva alors, nous suppliant de prendre sa vie et je tournais légèrement la tête dans sa direction. SI les acolytes du brun étaient aussi cruels et sadiques que lui, je comprenais alors vaguement la terreur que je pouvais lire dans les yeux du scientifique. Je le fixais l’espace de quelques secondes où son visage s’illumina avant de tourner les talons pour suivre la chimère, provoquant ainsi un cri déchirant de l’alchimiste.

Parvenu dehors, j’évitais les dépouilles rendues gelées par le froid mordant et entrepris de rejoindre la ville par le sentier que nous n’avions pas empruntés à l’aller. Le jeune homme était à quelques pas devant moi, je le sentais plus que je ne le voyais, les yeux rivés sur le sol, mains dans les poches, je ne faisais que ressasser ma rancœur et les paroles du scientifique. Un bruit sourd me fit sursauter, je compris qu’il s’agissait du captif qui venait de choisir une mort rapide plutôt que douloureuse. Un lâche jusqu’au bout … Je soupirais en reprenant la marche, me rapprochant imperceptiblement de la chimère qui semblait totalement ignorer ma présence et je repensais à ces paroles à lui cette fois. Il semblait avoir été profondément choqué par ce qu’il avait vu au laboratoire, ce liquide rouge à l’odeur dérangeante, c’était visiblement cela qui l’avait fait sortir de ses gonds. Je relevais la tête une fraction de seconde pour l’interpeller alors qu’il prenait la parole au même moment.

"C’était quoi- …"

Je n’eus pas le temps de finir ma phrase qu’une douleur sourde me déchira l’épaule. La chimère se retournait en se tenant le flanc et je baissais les yeux sur sa main qui rougissait à vu d’œil, le regard emplie d’incompréhension. Comment ? Pas un bruit, pas un mouvement, rien qui aurait pu traduire une telle chose. La douleur de mon épaule amplifiait rapidement, je sentais déjà la tête me tournais et ne parvins pas à me retenir à temps à l’arbre proche que je partais déjà en arrière, prête à rencontrer la neige. Je sentais la moiteur de l’hémoglobine traverser sans peine mes vêtements et imprégner mon dos, mais n’en tint pas vraiment compte. Seule la douleur refaisait vraiment surface parmi le flot d’émotions qui passaient à toute vitesse.

A ma grande surprise, je ne touchais pas le sol, ce fut le bras de la chimère qui m’empêcha de finir à terre. Si proche, l’odeur de son propre sang vint me chatouiller les narines, je compris qu’il devait également être blessé de manière importante. Et malgré ça, il trouvait encore le moyen de faire du zèle, lui-même qui avait voulu me tuer quelques semaines plus tôt. Je ne pus m’empêcher de serrer les dents face à l’ironie que je percevais de la situation alors qu’il nous mettait au couvert des arbres pour éviter une seconde attaque. Aussi protégés, je le repoussais de mon bras valide avec une force dérisoire comparée à celle que l’aurais pu déployer en temps normal et le fusillais du regard en lâchant d’une voix froide.

"Ca va, arrête ton cirque et va t en ! Je ne veux pas de ton aide ."

Qui plus est blessé comme il l’était, s’il voulait pouvoir retourner en ville, il avait intérêt à se dépêcher, je doutais qu’il ne puisse marcher très longtemps sans ressentir de douleur ou de fatigue. Un pic de douleur me traversa à nouveau l’épaule lorsque j’adossais mon dos contre un tronc d’arbre et je me mis à haleter quelques secondes le temps de faire passer ce dernier, contredisant au passage le fait d'avoir besoin d'un aide extérieur, même si je m'y refusais venant de lui. Plus que de la rancoeur, il s'agissait d'incompréhension, j'avais la vague impression qu'il jouait sur les deux tableaux, un coup je veux ta peau, un coup je veux la sauver, et cela ne faisait que m'énerver davantage. Qu'il me laisse en plan, les choses seraient claires pour tout le monde au moins. Je risquais un coup d’œil derrière ce dernier pour apercevoir un éventuel tireur, mais ne vit rien, ce qui me frustra davantage. L’impression de m’être fait avoir comme une bleue se faisait de plus en plus ressentir.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 22 Oct - 16:17

-Ca va, arrête ton cirque et va t en ! Je ne veux pas de ton aide .

Lyl jetait un regard neutre à l’auteur de cette phrase. Cahelyn était restée sur leur malentendu, d’où sa rancœur à son égard. En croisant son regard il comprenait que cette dernière n’avait juste plus envie de se battre. Un tel désespoir ne pouvaient tirer son origine de la solitude, la culpabilité et qui sait encore… Cependant, le jeune homme ne l’entendait pas ainsi. Ainsi il ne relevait pas ses paroles, laissant plutôt celle-ci ressortirent très vite de son esprit. Ca n’en valait pas la peine car qu’elle le veuille ou non il comptait bien lui porter secours pour la deuxième fois.
D’ailleurs, avant d’être coupé il était sur le point d’engager le sujet « dispute ». Ce n’était que partie remise à plus tard. Lyl jetait un coup d’œil à sa plaie, il en déduisit rapidement qu’il s’agissait d’un impacte de balle. Etonné par le phénomène il annonçait tout en cherchant le chasseur…

-Elle t’as traversé toi avant de se loger en moi…

Le tireur avait fait d’une pierre deux coups ! Par conséquent la blessure de Lyl était moins importante, lui n’avait pas été traversé par la balle. Il n’arrivait pas à ressentir une présence humaine autre que celle de la demoiselle. Le type était probablement agonisant, c’était sûrement un coup de « chance » qui avait dirigé sa balle…
Lyl se redressait en négligeant sa blessure. C’était supportable du fait que son corps était plus concentré sur l’instinct de survie. On est toujours plus fort à deux. Notre chimère soulevait la rouquine, saisissant celle-ci par son bras indemne. Tant pis si elle râlait. Elle avait les nerfs à bout, c’est tout ce que le garçon voyait.

-Imbécile…je ne suis pas ton ennemi.

Il relevait un regard mi-froid sur la demoiselle. Quelque part, par cette simple phrase il tentait de lui ouvrir les yeux. Il était évident que Reï lui avait confié la situation et le statut de la jeune femme. Mais peut être que le chagrin la rendait irrationnelle, incapable de raisonner correctement. Lyl l’attirait vers lui, la forçant à avancer. Seulement, la jeune femme avait déjà pâli, elle était en train de perdre une quantité importante de sang. Lyl prit son autre main et la plaquait sur son épaule avant de lui ordonner avec autorité…

-Appuie dessus ! Il faut freiner l’hémorragie !

Même ça, elle semblait ne pas en avoir l’envie… Une centaine de mètre plus loin la jeune femme se retrouvait sur les genoux, épuisée. Faisant toujours la sourde oreille, Lyl s’arrêtait et fit demi-tour dans sa direction pour lui porter secours. Il se refusait de l’abandonner. Un bras sous sa nuque, un autre sous l’articulation du genou, Lyl portait la rouquine. Son flan devint seulement douloureux, son visage restait pourtant froid, implacable.
Au bout d’un certain temps il parvenait enfin à la voiture.

Installée dans la voiture côté passager, Lyl soufflait au volant de la voiture. L’installation n’avait pas été sans peine…
La respiration saccadée par la fatigue et la douleur il adoptait une conduite plus que nerveuse. Sans jeter le moindre coup d’œil à la rouquine il se contentait de foncer.
L’auberge n’était pas très loin il ne lui fallut pas longtemps pour y parvenir.

Sur les lieux il remarquait que le corps du type avait disparu. Lyl garait la voiture le plus près possible de la maison avant de ne descendre. Alors qu’il faisait tour d’un pas pressé l’aubergiste et sa femme sortirent. Lyl sortait la rouquine de la voiture sous le regard, une fois de plus, aberré du couple. Il montait les quelques marches du perron tandis que le vieil homme s’exclamait…

-Si un jour on m’avait dit que j'abriterais sous mon toit des hors la loi…
-Nous ne sommes pas des hors la loi ! Rétorquait le décoloré avec une pointe de colère

Les deux hommes se jaugèrent. Lyl n’avait nulle part ailleurs où aller, l’hôpital était risqué, tout comme l’armée. Si l’homme hésitait à laisser entrer notre larron c’est parce que la maison avait subi plutôt une fusillade…

-Non…en effet, mais une bande d’écervelés qui pensent pouvoir changer le monde…

Notre ami fronçait les sourcils, l’homme avait bien résumé. Le vieillard se retirait vivement et lui dit en accompagnant ses mots d’un geste de la tête...

-Dépêche-toi …

En réalité, les membres de l’agence blessés avaient contacté leurs supérieurs qui eux avaient contactés les camarades implantés dans la région. Ainsi, ils avaient réparé les dégâts par alchimie après avoir dédommagé le couple en argent. Une manière d’acheter leur silence. Seulement le couple était dans l’hôtellerie depuis des années. A la retraite ils avaient décidé de faire maison d’hôte et continuer d’héberger des voyageurs. Leur résidence fort sympathique était un peu en retrait de la ville, à l’entrée précisément. S’ils n’avaient ni contacté l’armée ni refouler notre reptile c’est parce que cet épisode rempli d’adrénaline les avait émoustillé. Ca avait égayé leur retraite passive et monotone. Le vieil homme débordait encore de fougue malgré son âge avancé.
Passons.
L’amnésique venait de déposer la rouquine dans la chambre où ses collègues et lui résidaient. Seulement, les collègues étaient partis, les fenêtres comme neuves. Vive l’alchimie. Vive l’agence.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 22 Oct - 17:59

J’écoutais la déduction du jeune homme, cherchant à me concentrer sur le son de sa voix pour rester consciente et cherchais à me relever seule en repoussant une fois de plus le bras qu’il me tendait. Mais je me sentais faiblir de secondes en secondes, comme pouvait en témoigner le liquide chaud qui coulait le long de mes côtes, l’hémorragie devait être importante pour me fragiliser aussi rapidement. Je finis par soupirer et me laissais retomber contre l’arbre en fermant les yeux, légèrement haletante de l’effort que j’avais produit pour tenter de bouger. Sa main froide enserra à nouveau mon bras indemne pour me forcer à me relever, je cherchais à me débattre vaguement avant de rouvrir les yeux pour l’observer d’un regard noir. C’était quoi cette comédie ? Pas mon ennemi ? Ce n’est pas franchement le souvenir que j’en avais gardé personnellement … Néanmoins, il était évident que j’étais bien trop faible pour lutter contre lui et je me laissais faire, prenant appui sur mes jambes pour me relever, soutenu de bien trop près par la chimère et je m’en éloignais d’ailleurs rapidement, pouvant encore marcher seule maintenant que j’étais debout. Même si j’avais fini par me laisser faire, je ne pus m’empêcher de lui balancer une pique d’un ton railleur, pouvant probablement passer pour sérieuse d’ailleurs.

"Tu colles un flingue sur la tempe de tes alliés toi ? Plutôt étrange comme concept …"

Je m’essoufflais vite cependant, et fus rapidement obligée de me taire pour me concentrer sur mes pas alors que ma vision se floutait doucement à mesure que j’avançais. Lorsque je faisais un pas, le garçon en faisait trois. Il revint en arrière et m’ordonna avec autorité de freiner l’hémorragie, ce à quoi je lui renvoyais un regard morne pour toute réponse. Je repoussais sa main vivement en me décalant avant de m’exécuter de mauvaise grâce, mais cela ne servait à rien, la force n’y était pas. Au bout de quelques mètres supplémentaires, je piquais à nouveau du nez, me retrouvant à genoux, les bras tremblants. Je sentais nettement les battements de mon cœur qui s’emballaient pour tenter de maintenir un afflux de sang correct dans le reste du corps, il n’était plus rare qu’il en manque un voire plusieurs de suite. Je voulais juste m’allonger, juste me reposer, j’étais juste fatiguée. J’en avais juste assez … Mais ma tête ne heurta pas le sol comme je m’y attendais, et lorsque je promenais mon regard autour, je voyais le paysage qui se mouvait rapidement autour de moi. Je finis par lever les yeux et tombais sur le visage de la chimère qui restait froid et concentré. Ce que je sentais de glacial contre ma nuque n’était donc pas l’étreinte de la mort mais son bras. Je le fixais quelques secondes avant de détourner la tête, incapable de faire des mouvements plus violents pour me défaire de son étreinte.

"Imbécile …"

Il ne me répondit pas. J’ignorais même s’il m’avait entendu en réalité tellement j’avais parlé bas, et je fermais les yeux, me laissant porter bras ballants, je ne prenais même pas la peine d’arrêter l’hémorragie. J’aurais voulu qu’il me laisse ici, en paix, pour rejoindre mon petit frère, mais non. Malgré le fait d’avoir fermé les yeux, je gardais encore un minimum de conscience, écoutant le moindre bruit qui pouvait me parvenir, suivant le rythme des pas du garçon. Je le sentis me poser sur une surface molle, plutôt moelleuse, qui pourtant me tira une grimace de douleur. Cela me rappelait vivement un autre épisode pas si lointain où j’avais fini dans un état similaire, voire peut-être pire vu que j’en avais perdu conscience. Sans savoir pourquoi, je me battais désormais pour rester éveillée. Ce qui n’avait aucun sens, mais peu m’importait. Un bruit assourdissant me vrilla les tympans et je compris qu’il m’avait installé dans une voiture. S’ensuivit un voyage rapide mais plutôt chaotique où le véhicule faisait des embardés fréquentes. Je perdis la notion du temps, me concentrant sur des détails insignifiants comme l’odeur de la chimère, celle caractéristiques de son sang, le bruit des pierres heurtant la carrosserie, n’importe quoi qui me garderait réveillée. La voiture finit par se stopper après une nouvelle embardé et quelques secondes après je me sentis à nouveau soulevé par les bras glacés de la chimère, me risquant au passage à ouvrir un œil pour voir où je me trouvais. Des voix s’élevèrent non loin et je me tendis instinctivement. Malgré ma vision floue, je voyais bien des gens arriver près du jeune homme, et je me remis à me débattre. Enfin … c’était l’idée, mais j’étais tellement affaibli que le jeune homme ne dut sentir que quelques mouvements diffus avant que j’abandonne la lutte, fatiguée. Je me contentais d’écouter ce qu’il disait avant de refermer les yeux en soupirant.

A nouveau, je fus placée sur une surface moelleuse que j’assimilais à un canapé ou un lit. Visiblement, c’était là l’arrêt définitif cette fois et je me laissais aller à me relâcher légèrement, toussant quelque peu avant de retrouver une respiration stable mais affreusement lente. Je sentais la chimère rôder non loin et je finis par rouvrir les yeux pour l’observer, enfin observer sa silhouette plus exactement avant de chercher à me redresser légèrement sans véritablement y parvenir. A la place, je l’interpellais, sourcils froncés, la voix éraillée par la fatigue.

"Tu m’expliques …. A quoi tu j- …"

Je fus de nouveau coupée par une quinte de toux et reposais ma tête sur l’oreiller en haletant. A ce rythme, je n’allais pas tenir bien longtemps consciente. Malgré mon état de faiblesse, je restais en colère. Contre l’obstination incompréhensible de cet homme à vouloir m’aider. Je me rendis également compte à cet instant, que si je ne voulais pas être aidé, c’était par lâcheté, non par fierté. Je voulais y rester, c’était un fait. Je levais devant moi ma main indemne en l’observant quelques secondes, cette dernière était maculée du sang qui commençait à sécher. Dans un élan que je ne compris pas, je plaquais la main contre ma plaie en gémissant. Même si l’envie n’y était pas, j’avais décidé de lutter un peu plus longtemps. Ne serait-ce que pour avoir une explication aux gestes incompréhensibles de la chimère. La bouche sèche, je repris la parole d'une voix faible.

"Moi ça m'est égal mais ... si l'hémorragie continue ... tu te seras épuisé pour ... rien."
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 22 Oct - 18:44

La jeune femme déposée, Lyl reculait doucement la respiration suffisamment saccagée pour rendre sa blessure plus douloureuse à chaque mouvement de diaphragme. Increvable, voilà ce qu’il était. Mais pour le moment, c’était la rouquine qu’il fallait vite sortir d’affaire. Sa voix faiblarde le ramenait à la réalité alors qu’il se tenait à l’encadrement de la porte en train de rassurer la vieille femme sur son état. C’était du Lyl tout craché…

-Moi ça m'est égal mais ... si l'hémorragie continue ... tu te seras épuisé pour ... rien.

Le concerné se retournait, jetant un regard à la jeune femme. Quelque part il lui en voulait d'être aussi peu combative. Rares étaient les gens avec qui ils avaient pus échangés et s'amuser. Avec Reï et Hisashi, ça faisait trois. La troisième étant en train de lui filer entre les doigts. Maintenant qu'il avait accepté son identité et celui qu'il avait été, Lyl se donnait à fond pour réaliser ce pourquoi il se battait avant. Et puis, cette fille avec ce quelque chose inexprimable qui l'intriguait, voire intéressait. Il reportait ensuite son attention sur la vieille femme, la dureté de son regard laissait imaginer à quel point il en bavait. Seulement, l’abandon ne faisait pas partie des « options » de la chimère. C’était un battant, il suffisait de connaître son passé ou parcourir attentivement son corps pour le comprendre. Il avait une telle volonté implacable que la douleur venait en second lieu…Sans qu’il n’eut à parler, la vieille comprit aussitôt et annonçait en acquiesçant d’un air grave:

-Je vais chercher ce qu’il faut…

La vieille femme partie, Lyl se débarrassait de son long manteau et déposer celui-ci sur le crochet derrière la porte. Ce fut ensuite le tour de ses gants, puis de son haut. Il avait contenu un gémissement de douleur, traduisant son ressenti en grimace. Et alors qu’il observait sa propre plaie, dos à Cahelyn, il lui dit…

-Tu ne mourras pas… n’y songe même pas.

Il tournait la tête pour jeter un furtif coup d’œil à la demoiselle. La vieille femme revenait, plus rapidement qu’il l’aurait imaginé, Lyl l’aidait à se débarrasser et déposer le tout sur la table de chevet et aux pieds du lit. Déjà assis sur le tabouret collé au lit, Lyl décollait le haut de la jeune femme. Il examinait rapidement la plaie, songeant à comment s’y prendre. Il imitait le ciseau avec son indexe et son majeur, comme…embarrassé ? La vieille femme lui refilait la paire de ciseaux dans les mains. Cependant, ce n’était pas exactement ce qu’il voulait dire. Qui sait ce que la miss portait sous son haut… Déjà qu’elle lui en voulait mais alors si en plus il se permettait de la déshabiller…

-Faite-le, demandait-il de son air tourmenté, un tourment due à la douleur.

La vieille femme découpait le haut, tentant de se dépêcher comme elle le pouvait. Et alors qu’elle s’exécutait, Lyl s’était levé pour léguer sa place un instant. Il trifouillait sa plaie avec finesse et retenue, cherchant à quelle profondeur pouvait être la balle… Il pouvait sentir que deux de ses côtes fixes étaient brisée.

-Où sont-ils ?
-…L’un de vos amis à laissé un numéro.
-Appellez-les…il va falloir faire une transfusion…
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 22 Oct - 19:14

La respiration de plus en plus saccadée, je fermais les yeux épisodiquement en serrant les dents. Quelque chose clochait. En temps normal plus on perdait de sang, plus la douleur refluait pour finalement disparaitre avec l’impression de sombrer. Mais là, ce n’était pas le cas, au contraire, même si mon organe vital peinait à maintenir un rythme convenable, la douleur ne faisait qu’empirer. Je sentis la vieille dame toujours sur le pas de la porte avant qu’elle ne prononce quelques mots et ne s’éloigne. La porte se referma et je rouvris les yeux pour observer la chimère en train de se dévêtir. Si mes souvenirs étaient encore bons, il avait été touché au flanc, et d’après ses dires, la balle y était toujours. Pourtant, il semblait plutôt bien encaisser la chose, avec un peu de chances, le fait de passer d’abord par mon épaule avait ralentie la progression de la balle et ne l’avait ainsi pas blessé grièvement. Je soupirais, les mouvements erratiques de ma poitrine me donnant l’impression de tousser à nouveau avant de fixer le plafond, l’esprit et le regard embrumés, lorsque la voix de l’ex capitaine s’éleva dans la pièce, semblant porteuse d’une certaine colère. Je clignais des yeux avant de froncer imperceptiblement les sourcils sans répondre pour autant.

L’énervement et l’incompréhension se battaient dans mon esprit à qui aurait la place la plus importante, et pour le moment, c’était cette dernière qui primait sans aucun doute. Les agissements de la chimère ne collaient à rien de logique. Mais cette vaine réflexion fut stoppée par le retour de la vieille dame, lourdement chargée. Je détournais la tête, je savais que j’avais besoin d’aide, mais cela me frustrait également. Le jeune homme était assis contre le lit et approchais sa main de mon torse en soulevant le tissu qui commençait à accrocher doucement mais sûrement à la plaie, m’arrachant au passage un gémissement plaintif. Je le fixais, ne le lâchant pas du regard alors qu’il observait la blessure avec attention, je gardais un visage presque inexpressif si ce n’était les pics réguliers de douleur qui me traversait par moment. Je vis l’incertitude passer sur les traits de la jeune chimère alors que ce dernier semblait quérir de quoi couper le tissu. Une fois de plus, je fronçais les sourcils et le fusillait du regard, espérant que cela le dissuade de continuer dans son idée. Il relégua la tâche à la vieille dame qui me souleva tant bien que mal pour découper le morceau de tissu imbibé d’hémoglobine, le repoussant pour dégager la blessure le plus possible. Je ne pouvais me résoudre à repousser la vieille femme à qui l’on infligeait une véritable épreuve en débarquant ainsi. Je ne savais même pas chez qui j’étais, où je me trouvais, ni même si ces gens étaient dignes de confiance.

La chimère s’était éloignée, je les entendais parler lorsqu’un terme retint mon attention et je me redressais brusquement, m’arrachant ainsi un cri de douleur en me retenant au bras de la vieille dame avant de lancer un regard noir au jeune homme.

"De quoi ? ... Non ! … Je n’ai pas besoin … de ça !"

Lui être redevable, et puis quoi encore ? Bon, d’accord, c’était déjà le cas … Et puis, plus que tout, je ne voulais pas que Reî me voit, pas dans cet état, pas du tout. Ils avaient parlés de deux amis, il y avait de très fortes chances pour qu’il s’agisse de la jeune femme et du médecin xinois, or je ne voulais pas les voir, surtout pas elle alors que j’avais fui sans rien lui dire. Bien sûre que je m’en voulais de mon geste, je n’étais d’ailleurs pas prête à l’assumer et l’idée de revoir la jeune femme, bien que cette dernière me manque, me terrifiait également. Je ne voulais pas voir la peine ni la rancoeur dans ses yeux gris. Dans un sursaut d’énergie, je repoussais faiblement le bras de la vieille dame qui tentait de me rallonger, sans lâcher l’argenté du regard. Je voulais le faire fuir avant qu’ils ne débarquent.

"Je suis toujours ... en vie ! … Satisfait ?! …. Maintenant part !"

Je retombais sur les draps souillés à bout de souffle, mon palpitant faisait des bonds dans ma cage thoracique, peinant de plus en plus à maintenir un rythme correct alors que je sentais des larmes me piquer les yeux. D’aucuns auraient pu penser que c’était la douleur qui me faisait réagir de cette manière, moi seule savait que ce n’était pas le cas. Je fermais les yeux, épuisée et écoutais la voix douce de la vieille dame qui tentait de me calmer.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 22 Oct - 20:25

La vielle dame avait bandé la poitrine de la jeune femme, évitant ainsi de dévoiler son intimité à l’homme. Car voyez-vous, des trois personnes à peu près valides dans cette baraque il n’y avait que Lyl qui avait des notions plus que bonne en médecine. C’était ce genre de détail, comme comment se battre, comment manier son sabre, qui lui revenait en tête. Pour le reste, rien mis à part des images floues. La chimère empoignait doucement l’épaule de son assistante improvisée pour la repousser. Celle-ci se retirait mais restait toute fois tout près. Le jeune homme prenait place sur le tabouret, silencieux alors que la rouquine laissait la colère l’envahir. Elle se débattait encore, des gestes et tentatives insignifiantes qui laissaient de marbre le garçon. Même avec une ou deux côtes cassées et une balle coincée entre les deux il arrivait encore à se concentrer. La culpabilité, voilà ce qu’il le rongeait. Cahelyn avait quitté le manoir la nuit même où notre ami était rentré. Et ca en de mauvais termes…
Elle parvint à retrouver son calme, à peu près et Lyl en profitait pour préparer fil et aiguille. Le trou était petit, il n’y aurait pas grand-chose à faire, mais il fallait faire de même derrière. Il comptait refermer puis user de l’alchimie pour tenter de recréer ce qui avait été abimé. Pas besoin d’échange équivalent, il reformerait juste les tissus. Une chance que la balle ne toucha pas un des points vitaux… Mais il fallait avouer que si la balle n’avait pas traversé la demoiselle en premier elle aurait percé un organe vital à la chimère. Quelque part, ils étaient quittes.

Cahelyn avait fermé les yeux, probablement en train de sombrer dans l’inconscience, si ce ne fut pas déjà fait. Lyl piquait la peau, plus ou moins penché au dessus d’elle. Si il mit du temps à la rafistoler c’est parce que sa position était inconfortable et ne faisait qu‘empirer la douleur. La vieille femme quittait la pièce dans l’idée d’exécuter la demande du déchu. Il avait tourné la jeune femme, la plaçant sur le ventre comme il le pouvait pour s’occuper de l’autre extrémité… Lyl ressentit un frisson, pas n’importe lequel celui du froid. Signe qu’il n’était pas en forme. Le fait qu’il fut torse-nu et qu’il eut fait un tas d’effort n’aidant pas. D’un revers de main il repoussait ses mèches de cheveux gênantes. Elles prirent la même teinte rougeâtre que ses mains…

-Pfff… un soupire lasse, j’espère que tu me pardonneras…


Quelques minutes plus tard il achevait son rafistolage et dessinait un petit cercle de transmutation sur le dos de sa main à l’aide du sang. Une main placée à chaque extrémité, il usait du peu d’énergie qui lui restait pour régénérer les tissus et ne pas laisser un trou dans sa chair. La cicatrice serrait probablement plus délicate. Il passait du froid au coup de chaud et ce fut une perle de sueur qui s’échappait et signifiait la fin de son traitement. Il n’en avait plus la force, à présent il restait plus qu’à attendre le sang… Il reculait, renversant le tabouret au passage, son regard venait de se poser sur l’intérieur de l’avant bras gauche de la rouquine. Interloqué, il s’approchait, traînant un peu les pieds. Il soulevait son poignet et remarquait quasiment le même tatouage que le sien. Quelque peu dérouté, Lyl quittait la chambre pour trouver la vieille dame. C’est pendue au téléphone qu’il l’a trouvé. Le jeune homme raccrochait, la femme levait un regard interrogateur sur notre reptile.

-C’est inutile…elle va s’en tirer…

Après tout, ses soins alchimiques devraient faire l’affaire vue l’énergie qu’il y avait mis. La vielle dame s’approchait du jeune homme, inquiète. La plaie du garçon ne l’inspirait pas et encore moins le large filet de sang frais qui avait imbibé son pantalon. Il relevait son regard et la rassurait de sa voix morne…

-Ca va aller…
-…C’est le résultat d’une arme à feu… ?
-Hm…
-Il faut extraire la balle…je n’ai jamais fait !

Elle s’emportait, à ce moment là son mari débarquait.

-Je m’en occuperais…il marquait un temps d’arrêt durant lequel il s’adossait au mur le plus proche, merci…merci infiniment…
-Allons mon garçon ! Ne nous remerciez pas de venir en aide à deux malheureux !

Lyl regagnait la chambre, il y avait un lit en parallèle de celui où Cahelyn reposait. Lyl y perdit aussitôt connaissance une fois la pression relâchée… La balle logée dans sa chaire, la fièvre commençait à le gagner progressivement.

Pendant qu’ils dormaient, le couple s’était occupé de débarrasser la chambre et de nettoyer l’hémoglobine dispersée de part et d’autre de la chambre. La vieille femme s’occupait de Cahelyn et ses draps tandis que l’homme s’occupait de notre chimère. Il s’était contenté de penser sa plaie pour faire barrière à l’hémorragie. Sous l’ordre du capitaine déchu ils s’étaient abstenus de prévenir qui que soit ou de quémander de l’aide. Attendre, c’est tout ce qu’ils pouvaient faire.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Mer 24 Oct - 15:13

J’étais bien incapable de me battre plus longtemps pour lutter contre l’épuisement qui me submergeait, probablement largement accentué par ma perte de sang importante, aussi je fermais les yeux et me laissais aller, laissant à la jeune chimère et aux inconnus qui nous logeaient la charge de s’occuper ou non de mon épaule. Les deux options me convenaient en fin de compte, je n’avais juste plus envie de lutter, tout simplement. Je poussais un soupir de soulagement avant de m’assoupir profondément. J’entendais vaguement les mouvements des gens qui s’activaient autour du lit, mais rien de plus. J’aurais bien été incapable de dire de qui il s’agissait, ou de ce qu’il pouvait bien faire. L’esprit embrumé, je fus encline aux cauchemars, probablement provoqué par un début de fièvre car je sentais les draps trempés sous mon dos. A moins que ce ne fusse le sang qui l’ait Sali plus tôt. Malgré ça, je récupérais de la fatigue, lentement mais sûrement. J’ignore durant combien de temps j’avais perdu conscience, mais lorsque je rouvris les yeux, ce fut pour tomber sur un plafond clair, seulement assombri par la lueur tombante de la fin du jour, à moins que ça ne soit l’aurore. La mémoire me revint rapidement, et je baissais les yeux sur mon épaule pour remarquer que celle-ci avait été bandée soigneusement, et mon bras immobilisé contre mon torse par un morceau de tissu dont je pouvais sentir le nœud derrière ma nuque. Je soupirais avant de reposer ma tête contre l’oreiller en fixant le plafond le temps d’émerger un peu plus. Un son attira mon attention et je tournais vivement la tête en direction de sa provenance avant de lever un sourcil surpris.

Sur le lit adjacent était allongé le jeune homme, torse nu et recouvert d’un drap dans lequel il semblait s’être empêtré à force de trop bouger dans son sommeil. Même si je n’étais pas proche de lui, il m’était possible de distinguer la sueur qui perlait sur son front, j’en déduisis que je n’étais pas la seule à avoir été en proie à la fièvre. Je le scrutais en silence, les sourcils légèrement froncés par la frustration de ne comprendre aucuns des agissements de ce garçon. C’était un coup noir, un autre blanc, même si pour l’instant il avait semblait obstiné par l’idée de m’aider à tout prix. L’intéressé soupira, comme s’il avait deviné le cours de mes pensées et que cela semble l’irriter, avant de ne bouger de nouveau pour enrouler le drap autour de sa hanche et le long d’une de ses jambes, laissant le reste de son corps à l’air libre. Cette réaction me tira un léger sourire amusé l’espace d’une seconde avant que mon visage ne reprenne son masque morose, et je détournais finalement mon regard du jeune homme en tentant de me redresser, chose difficile lorsque l’on ne dispose que d’un bras utilisable et que le reste du corps semble engourdi comme après un passage dans un bain glacé de plusieurs heures. Assise sur le rebord du lit, je regardais ma tenue. Quelqu’un, peu importe qui en fait, m’avait retiré ma combinaison tachée de sang et je me retrouvais en sous-vêtement, la poitrine entourée d’une épaisse bande. Sur l’instant, je ne compris pas vraiment, croyant avoir été blessée au torse également, mais après avoir touchée à plusieurs endroits la partie bandée, j’en déduisis que c’était plus dans un souci de pudeur que l’on m’avait collé ça. Mon regard se balada aux alentours, cherchant quelque chose pour me couvrir davantage car une fois la couverture retirée, je n’avais pas si chaud que ça malgré la température élevé de mon sang, preuve irréfutable hélas que j’étais encore bien affaiblie. Le sang mettait un temps certain à se régénérer, et tant que cela ne serait pas terminé, je savais d’expérience que mon thermostat interne risquait de jouer au yoyo.

Mon regard fini par tomber sur ce qui ressemblait fort à une chemise blanche, mais visiblement bien trop grande, pliée soigneusement sur le tabouret au chevet du lit que j’utilisais. Je jetais un léger coup d’œil à la chimère avant de retirer le bandage rapidement une fois assurée qu’il dormait bien. J’enfilais dans la foulée la chemise, passant bien deux ou trois minutes à galérer pour passer mon bras dans la manche sans trop me faire mal. Ce détail d’ailleurs m’intrigua, la douleur n’avait absolument rien à voir avec celle de la veille, ou du moins, de la dernière fois que j’avais été consciente. Beaucoup moins lancinante, elle restait pourtant bien présente, mais plutôt comme une blessure déjà en phase de cicatrisation. Je me souvins d’avoir déjà ressenti quelque chose de similaire lorsque Kojaku m’avait soigné à l’aide d’alchimie. Probablement que mon épaule avait de nouveau subit le même sort, ce qui expliquait l’absence de douleur cuisante. Une fois la manche passée, je repassais le morceau de tissu soutenant mon bras autour du cou avant de remettre ce dernier en place.

Sans un bruit, je me relevais et me dirigeais vers la porte de la chambre en vacillant, bien décidée toutefois à visiter les lieux. Il ne me fallut guère longtemps pour tomber sur quelqu’un, et ce fut la vieille dame qui avait aidé la chimère qui me tomba dessus la première. L’air presque choquée, elle se précipita vers moi après avoir repris ses esprits en me poussant doucement dans le dos pour me renvoyer dans la chambre.

"Ce n’est pas raisonnable mademoiselle ! Retournez-vous allonger, vous devez être épuisée ! Je vous amène de quoi manger."

Je me dégageais avec une certaine gêne et l’observais quelques secondes avant de secouer négativement la tête en lui souriant légèrement avec toute l’empathie dont j’étais encore capable, c’est-à-dire très peu.

"Ca va aller, merci. Il faut que je bouge. Mais avant cela …"

Tout en parlant, j’avais continué à me diriger vers l’opposé de la chambre d’une démarche incertaine pour parvenir dans ce qui ressemblait fort à un salon. Chaleureux et aux tons anciens, je me posais presque immédiatement en arrivant contre le dossier du canapé, faisant dos à ce dernier avant de relever le regard vers la vieille dame qui m’avait suivi d’un air inquiet.

"Combien de temps ai-je dormi ? Et où suis-je ?"

Elle poussa une chaise dans ma direction en me priant de m’y assoir au lieu de rester debout à me fatiguer inutilement et je fus contrainte de l’écouter, cherchant également à ne pas la blesser. Une fois assise, elle fit de même en m’observant longuement avant de répondre.

"Vous avez dormi un peu plus d’une journée. Et vous êtes ici en sécurité. C’est une maison d’hôtes que je tiens avec mon mari, personne ne viendra vous chercher ici."

Je soupirais. Ces gens semblaient ignorer quel danger ils couraient à héberger des traqués tel que l’ex capitaine ou moi-même. Plus tôt nous partirions mieux ce serait, c’était évident. De plus, je n’avais guère envie de m’attarder sous le même toit que Wayne, qui sait quand il changerait encore d’avis pour me coller une balle lui-même. Le fait que je ne comprenne pas ses intentions m’incitait à ne pas lui faire confiance. J’observais l’extérieur par la fenêtre l’espace de quelques secondes avant de reporter mon regard d’acier sur la vieille femme, le visage de nouveau morose.

"Merci pour votre aide. Sincèrement. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Pourriez-vous me dire où sont pass-"

"Pas question que vous ne partiez d’ici ma fille ! Pas dans votre état, vous tenez à peine debout. Et votre ami est aussi dans un état déplorable, nous n’avons pas pu l'aider à retirer la balle ni même faire grand-chose pour l’aider."

Mon visage se ferma et je détournais les yeux avant de répondre d’une voix froide.

"Ce n’est pas un … « ami ». Le reste ne me regarde pas."

Du moins, c'était ce dont j'essayais de me convaincre même si une petite part de mon esprit s'inquiétait un peu pour le sort de la chimère. Je finis par me relever, bien décidée à retourner dans la chambre pour prendre mes affaires et fiche le camp d’ici lorsque la vieille dame du haut de sa petite stature – elle ne devait même pas dépasser le mètre cinquante – se planta sous mon nez l’air outré, les mains sur les hanches.

"Vous devriez avoir honte ! Ce garçon a risqué jusqu’ à sa propre santé pour vous aider, il s’est occupé de vous soigner lui-même, allant jusqu’à négliger sa propre blessure et c’est ainsi que vous l’en remerciez ? Ce n’est peut-être pas votre ami, mais il s’est comporté en tant que tel, alors ayez un peu de respect pour son geste et rendez lui la pareille en prenant également soin de lui !"

Je clignais des yeux, proprement sur le cul devant le débordement soudain de colère de cette petite femme toute fluette qui semblait d’un seul coup plus imposante qu’une armée de chimère ayant soif de sang. Je me sentis d’un coup ridiculement faible face à cette dame qui venait de me balancer mes quatre vérités en pleine face, m’obligeant ainsi à voir une partie de la réalité telle qu’elle était vraiment. J’en avais reculé d’un pas sous la surprise, l’observant avec de grands yeux, comme si je venais de me prendre un coup sur la tête alors qu’un silence gêné et légèrement pesant s’installait. Finalement, cette dernière soupira et secoua la tête de manière négative avant de s’éloigner dans une pièce adjacente.

"Allez-vous recoucher. Je vous amène quelque chose à manger."

Par crainte d’un nouveau débordement, je finis par obéir, regagnant la chambre doucement en longeant le mur de ma main libre. Mais à défaut de me recoucher, je m’emparais d’une chaise présente dans la pièce pour l’amener au pied du lit de la chimère, près de la seule fenêtre de la pièce et me mis à observer l’extérieur d’un air mélancolique. Le manteau blanc immaculé s’étendait à perte de vue alors que quelques bâtisses se dressaient par-ci par-là, preuve qu’une petite civilisation avait finalement réussi à s’imposer dans ce désert gelé. Ce n’était rien de plus qu’un petite village, mais malgré l’air glacial, il avait un aspect chaleureux, attrayant. Savoir quel genre d’horreur avait lieu à proximité de ce lieu paisible avait quelque chose d’écœurant, car peu de personnes vivant ici ne devait se douter qu’une telle chose existait non loin. Ou avait existé du moins, le principal acteur de cette entreprise macabre ayant perdu la vie depuis peu. Nul doute que ses détracteurs avaient d’autres endroits du même type disséminés dans le pays, c’est pourquoi en supprimer un seul n’était qu’une maigre victoire pour l’agence.

Assise en tailleur, le bras qui n'était pas en écharpe appuyé sur les genoux, je laissais mon regard se perdre dans les environs, s’attardant sur des détails inutiles tout en écoutant la respiration régulière du jeune homme. Par moment celle-ci se modifiait, se troublait et je tournais alors la tête pour voir s’il se réveillait enfin, mais ce ne fut que de fausses alertes. J’ignorais pourquoi je restais là, le sermon de la vieille dame avait peut-être fait son effet. Ou alors j’attendais tout simplement des réponses.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Mer 24 Oct - 19:19

La montre, toujours cette fichue montre. La voir et la revoir en rêve prouvait bel et bien son importance pour l’amnésique. Avait-elle une histoire ? Renfermait-elle quelque chose d’important en son sein ? Probablement, elle était scellée par l’alchimie. Mais quoi ? Il voulait recouvrer les souvenirs de son maître et de ses capacités alchimiques pour ouvrir l’objet argenté. C’est pourquoi il ne l’avait pas forcée et la trimballait partout avec lui au cas où… Tout semblait brouillé, il manquait un tas de pièce au puzzle qu’était devenu son esprit. Pour commencer, les pièces fondatrices…

Lyl se réveillait subitement, il prit une profonde inspiration comme si qu’il revenait à la vie. Il tendit alors son bras opposé à son flan blessé de manière maladroite et précipitée dans le but de saisir un appuie. Au lieu de trouver de l’aide il renversait tout le contenu de la table de chevet de pair avec son lit… Finalement il se relevait lentement par la force de son bras et de ses abdos, une vraie torture.
A peine réveillé, sa blessure le fit souffrir, rien à voir avec celle précédente. La balle étant toujours logée dans sa chaire celle-ci empêchait son organisme de faire son boulot, au lieu de ça le métal est perçu comme un corps étranger et donc repoussé. D’où la fièvre. La respiration saccagée il avait une gêne respiratoire, une sorte de malaise. Sa température corporelle avait augmentée, probablement à température normale ou un peu plus que la moyenne d’un humain normal. Une sensation étrange, inconnue. Notre ami s’était redressé un pied touchant déjà le sol. Il resta quelques secondes immobile, interloqué, avant de jeter un regard par-dessus son épaule. Cahelyn se trouvait là, presque à son chevet. Il avait au passage remarqué le plateau rempli d’ustensiles médicaux derrière elle. Il soupirait un rire canaille silencieux qui n’allait pas avec la situation et son état…

-Tsss…dos à elle il lui demandait, feintant la forme… encore là ?

Il esquissait un sourire plus éreinté que railleur, raison de plus pour lui tourner le dos. Cette interrogation, ce n’était pas la première fois qu’elle l’entendait…C’était comme ce soir-là où elle était venue quérir des infos sur lui à l’agence…Les deux mains placées près de ses hanches, le jeune homme tentait de maîtriser la douleur, les deux pieds au sol. Absolument pas résolu à être impotent plus longtemps il demandait avant que la rouquine n’ait le temps d’en placer une…

-S’il te plait…Donne-moi le plateau…

Une voix plus morne qu’autoritaire. Jouer les durs était parfois plus dure que prévu. Quand le corps décide d’en faire qu’à sa tête, l‘esprit ne peut qu’être empathique malgré les efforts. Les sourcils froncés, il attendait que son spasme douloureux soit un brin estompé pour lui faire face. Ses tempes perlaient de plus en plus, bientôt se serrait au tour à son torse. Le contour de la plaie avait prit une teinte des plus inquiétantes, signe d’infection. Le reptile tendait le bras en attendant que sa « commande » ne lui parvienne… La fièvre calmait son tempérement fougueux mais pas sa volonté. Il était quelque sonné, l'esprit embrouillé mais suffisamment lucide pour extraire la balle de son flan.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Mer 24 Oct - 19:50

Je commençais doucement mais sûrement à somnoler, la tête appuyée contre la fenêtre lorsqu’un boucan me réveilla en sursaut, me faisant presque tomber de la chaise sur laquelle je me tenais. Je me rattrapais in extremis à l’armature du lit en clignant des yeux, légèrement sonnée, avant de porter mon regard vers l’origine du bruit à savoir la chimère. Ce dernier, par une manipulation que je n’avais pas tout à fait saisi, avait réussi à renverser la quasi-totalité de la table de chevet par terre avant de se redresser, visiblement perdu. Il resta silencieux quelques secondes, l’air perdu, avant de chercher à se redresser, visiblement prêt à repartir à peine réveillé. Je haussais un sourcil devant son agitation soudaine, à croire qu’il avait fait un cauchemar particulièrement violent qui l’avait apeuré, ce à quoi je ne croyais pas franchement, mais je compris bien vite en observant sa main plaquée sur son flanc que l’origine de son mouvement brusque était probablement plus la douleur que la peur. Curieuse, je penchais légèrement la tête sur le côté, suffisamment pour apercevoir la plaie lorsqu’il leva sa main et esquissais une grimace devant le mauvais aspect de cette dernière. La vieille dame avait eu raison, cette andouille n’avait pas même pris le temps de se soigner. Et on en voyait bien le résultat d’ailleurs, à la sueur qui perlait sur son visage, à son teint pâle et à la rougeur inquiétante de la blessure. La chimère sembla s’apercevoir de ma présence après un certain temps, et c’est en me tournant le dos que je l’entendis prendre la parole d’une voix fatiguée. Je haussais un sourcil inquisiteur avant de lâcher un léger soupir et croisais les jambes sans le quitter des yeux.

"Eh non. J’avais une sieste à finir."

Le levais les yeux au ciel avant de détourner la tête. Même crevé, blessé, souffrant, et j’en passe, il parvenait quand même à faire de l’ironie. Irrécupérable ce type. J’en avais momentanément oubliée pourquoi je faisais le pied de grue dans la chambre en attendant son réveil, et lorsque cela me revint, rapidement, à l’esprit, je l’observais de nouveau, le visage emplie de sérieux avant qu’il ne me demande de l’aide. Perplexe, j’observais autour de moi avant de tomber sur l’objet incriminé dont je m’emparais en faisant attention à ne rien laisser tomber, d’une main c’était pas forcément évident. Pour plus de sécurité, je posais ce dernier sur mes genoux quelques secondes lorsqu’une idée me vint à l’esprit et je relevais le regard vers le jeune homme, un demi-sourire aux lèvres qui traduisait sans mal mes intentions. Il n’était probablement pas à cinq minutes près, qui plus est le laisser se réveiller un peu lui éviterait probablement de se charcuter inutilement.

"Hmmmm …. J’ai quoi en échange ?"

Les traits impassibles, j’observais le jeune homme avec un sérieux exemplaire. Maintenant le plateau en équilibre sur mes genoux, le retenant de ma main libre, je penchais légèrement la tête sur le côté en faisant mine de réfléchir avant de reprendre sur le ton d’une négociatrice aguerrie, chose qu’évidemment je n’étais absolument pas.

"Par exemple, tu pourrais enfin m’expliquer pourquoi tu t’es crevé à vouloir me sauver alors que rien ne t'y obligeait et qu’il n’y a pas deux semaines tu voulais m’étriper … Non ?"

Il était évident que je ne le laisserais pas dans la mouise, mais si ça me permettait d’obtenir ma réponse, alors je n’hésitais pas. La bonne femme m’avait mis le doute sur les intentions réelles de la chimère, et je tenais à en avoir le cœur, d’autant plus que j’avais eu la preuve qu’il s’était réellement négligé pour m’aider.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Mer 24 Oct - 20:36

Le bruit branlant du métal sur le plateau de la même matière. La rouquine s’était exécutait, Lyl baissait le bras déjà épuisé de cet effort minime. Il attendait.

-Hmmmm …. J’ai quoi en échange ?
-Hm…? il relevait légèrement le menton bien qu’elle fut derrière-lui, un léger sourire au bord des lèvres, il ignorait à quel degré prendre la demande. hmpff..

Décidément, pas un pour rattraper l’autre. Si le jeune homme avait esquissé un faible sourire c’était à cause du ton quasi mielleux de Cahelyn. Elle devait sourire vu le ton employé…Ce genre de chose change selon la posture des lèvres si toute fois on y fait pas attention. Il abandonnait momentanément sa demande et se tournait à peine pour l’observer sans se briser les cervicales. Le visage plus tirait par la fatigue que la colère, la rouquine le questionnait. Un air passablement grave qui prouvait son sérieux. Le jeune homme l’observait quelques secondes, le visage blafard. Il détournait la tête, reportant sa tête dans son axe et masquant ainsi son visage à la demoiselle. Ses sourcils étaient à demi froncés comme contrarié. Cahelyn était bel et bien empêtrée dans l’idée que Lyl était son ennemi. Le fait qu’elle n’eut pas songé qu’il aurait pus se tromper à cause d’Anderson et de sa mémoire défaillante le frustrait. Peut être qu’au fond, elle, ca lui importait peu. Et puis il y avait le cruel dilemme… La belle avait perdu un parent et s’était retrouvée seule avec probablement la sensation d’avoir été trahie par le reptile. La culpabilité ne pouvait que le ronger aussi après tout, aussi minime fut-elle pour le moment… Le moment n'était pas bien choisi pour régler leurs comptes, cependant, le décoloré s'y résolvait. La voix plus monotone que jamais il lui avouait, enfin décidé à jouer cartes sur table…

-J’ai été dupé… après votre départ à Aquorya je me suis mis en quête d’information. J’ai découverts que ma tête était mise à prix dans plusieurs pays. J’ai découverts que Bradley était l’assassin de Macdougal, qu’il y avait d’autre Homoculus et…qu’une certaine Cahelyn dont la description t’allait parfaitement était à ma recherche. C'est le barman qui a parlé...Il se gardait de lui dire sous quelles réserves il l'avait fait...Alors j’ai fais le lien de nos multiples rencontres dont ta soit disant trahison… Il déglutit, la gorge sèche, la respiration un brin haletante. D’une voix bien plus basse il reprenait, le visage tiré par la colère, comment voulais-tu que je soi rationnel…tout le monde cherche à tuer Wayne, je suis mort une fois déjà…Il refit un quart de tour sur le lit, une jambe à demi posée sur celui-ci et reportait son regard éreinté sur la jeune femme… Tout es devenu clair le jour précédent ton départ. Il baissait les yeux, fatigué, le visage de profil. J’ai alors appris quel dilemme t’avais été imposé… Excuse-moi, je ne fais que rependre le malheur apparemment.

Un dernier regard maussade puis Lyl avait aussitôt le visage fermé, tout comme son cœur, le jeune homme ne savait plus quoi dire. Étonné par sa propre franchise simplissime. La fièvre et la douleur ne lui laissaient pas d’autre alternative que le chemin de la vérité, plus le courage de tergiverser. C’était plus pour vider son sac que pour récupérer le plateau… Après un court silence pesant il reportait ses yeux jade sur la belle…
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Jeu 25 Oct - 11:53

Silencieuse, j’écoutais le jeune home me répondre avec une franchise remarquable malgré son état. Si je m’étais attendu à ce qu’il tergiverse, repousse prétextant sa blessure, il n’en fit rien et je n’en fus que davantage surprise. A la place, il m’avouait sans détour s’être trompé, avoir été dupé par des informations erronées et en avoir tiré de mauvaises conclusions. Ma main retomba sur le plateau qu’elle tenait toujours en équilibre sur mes genoux alors que je ne le lâchais pas du regard. J’appris par son biais l’assassin de mon père qui n’était autre que le généralissime, même si j’avais eu de doutes à son sujet depuis un long moment déjà, mais l’entendre de vive voix avait quelque chose de définitif, qui ne fait qu’attiser un peu plus la haine que je portais désormais à l’armée amestrienne. Mais ce qui me retourna le plus ce fut d’apprendre qui lui avait balancé mon identité et je serrais les poings en détournant le regard, blessée sans vouloir l’admettre. Plus il avançait dans son explication, plus je me sentis mal, obligé malgré moi de reconnaitre que le jeune homme n’était peut-être pas un véritable ennemi. Toutefois, je fus blessée de comprendre qu’il avait cru que j’avais pu lui mentir toutes les fois où je l’avais croisé, qu’en somme je l’avais manipulé sans vergogne. Même si je pouvais comprendre que sa situation était loin d’être simple. Je restais silencieuse, les yeux fixés au sol le visage inexpressif même lorsqu’il eut terminé. Je me contentais de pousser le plateau sur le lit jusqu’à ce qu’il touche sa jambe, avant de détourner la tête.

Savoir que j’avais été trahie par une des rares personnes à qui j’avais accordé un minimum de confiance me minait littéralement, j’avais l’impression nette de ne plus avoir à compter sur qui que ce soit, or je savais que j’en étais incapable. Dans le silence pensant, je sentis des larmes couler doucement le long de mes joues, goûtant le goût amer de la peine. Tant pis si je craquais, tant pis si j’avais l’air misérable, c’était plus que ce que je pouvais porter. J’observais l’étendue blanche à l’extérieur sans pour autant la voir avant de reprendre la parole d’une voix éteinte. Je n’avais même plus la niaque nécessaire pour vouloir me venger de ce foutu barman, l’impression d’avoir tout perdu une fois de plus, jusqu’à mon dernier poste me revenait désormais en pleine face, me renvoyant toute une série d’échecs cuisants dont le plus douloureux avait indubitablement été la disparition de mon petit frère. Je finis par relever le regard vers le jeune homme, pleurant en silence avant de lâcher d’une voix faible.

"Cela n’a rien à voir. Tu n’aurais pas pu savoir. J’étais contente d’avoir pu passer un peu de temps avec toi, même si je n’en ai rien montré. Je craignais les contacts quels qu’ils soient car je voulais par-dessus tout éviter ce genre de choix impossible. Mais tout cela n’a plus d’importance maintenant … "

Je venais de tout perdre une fois de plus, la seule chose qu’il me restait était ma propre existence, mais sans but, comment savoir dans quelle direction il fallait que j’avance ? Depuis toute petite, je m’étais toujours battue pour sauvegarder ce que j’avais de plus cher, maintenant qu’on me l’avait retiré, pour quelles raisons aurais-je envie de combattre ? Car c’était ça ma vie, une succession de combats, une succession de défaites également. Je n’avais vécu toutes ces dernières années qu’une lame à la main, ce que j’avais connu d’autre, on me l’avait arraché par la force. Je n’étais rien de plus qu’une arme en fin de compte. Je détournais à nouveau la tête, aveuglée par la peine, je ne parvenais à pas à voir que la raison qui aurait pu me pousser à aller de l’avant désormais, je l’avais sous les yeux. Contrairement à ce que je pouvais croire, je n’étais pas encore totalement seule, mais focalisée sur les derniers évènements, je ne m’en rendais pas compte. Lâchant un léger soupir, j’essuyais mes larmes de ma main libre avant me lever pour m’approcher du jeune homme en m’agenouillant devant lui pour observer sa plaie. Cette dernière était rouge et gonflée, suintant l’infection et lorsque j’effleurais de ma main libre la peau du garçon, elle me sembla presque chaude, ce qui était curieux au vu de ma propre température.

"Hm … Tu aurais dû te soigner espèce d’idiot. C’est bien joli de vouloir être galant, mais si tu ne chopes pas une infection c’est un miracle."

Le bras appuyé sur les genoux de la chimère, je levais les yeux vers le visage de ce dernier, les miens encore humides et l’observais l’espace de quelques secondes. Maintenant que j’avais compris pourquoi le jeune homme avait agi ainsi, ma rancœur et ma méfiance à son égard s’étaient évaporées. Prenant appui sur jambe du jeune homme, j’entrepris de me redresser en sentant les larmes revenir, détournant le regard par la même occasion et je lançais d’une voix tremblante.

"Je .... je vais te chercher de l’aide … pour soigner ça."

La compassion et la culpabilité que j'avais lu dans ses yeux avait fait vaciller le peu d'assurance que j'avais et ma fierté mal placée m'empêchait de me laisser aller aux larmes une nouvelle fois devant lui.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Jeu 25 Oct - 13:20

Le contact frais du plateau, Lyl portait son regard sur celui-ci avant de lever les yeux vers l’auteur. Son regard se dérobait aussitôt qu’il aperçut des larmes perler sur les joues de la rouquine. Il ignorait la cause de ces larmes mais il avait quelques suggestions tout de même. Le regard vide, la chimère fixait le plateau, distrait.
Contente de passer du temps avec lui ? Cette phrase l’interloquait intérieurement, son visage, lui, était resté inexpressif. Seule la douleur et la fatigue se lisait sur ce dernier. Un soupire… La jeune femme s’était levée, Lyl restait inerte. Il en déduisait qu’elle avait probablement besoin de se recueillir seule, ou bien peut être qu’elle n’en avait cure. Ce n’est que lorsqu’elle fut en face de lui qu’il levait les yeux, surpris. Le visage morne, ses yeux traduisait son interrogation.

-Hm … Tu aurais dû te soigner espèce d’idiot. C’est bien joli de vouloir être galant, mais si tu ne chopes pas une infection c’est un miracle.

En temps normal il aurait souri, feinté que tout allait bien, mais en l’occurrence il était juste à bout. La fièvre le pesait de plus en plus. Sa température corporelle étant plus haute qu’ordinaire, nul ne pouvait se douter que c’était dû à la fièvre à moins d’avoir remarquer ce détail. Il lui jetait juste un regard, réprimandant son commentaire qui aurait confirmé avec ironie que le mal était déjà fait. Le garçon était de ceux qui s’en allaient crever dans leur coin sans demander rien à personne. D’où sa belle cicatrice sur sa tronche.
Accroupie face à lui Cahelyn jetait un coup d’œil à son mal. Il déglutit, la jeune femme se relevait, prenant appuie sur le jeune homme. Si elle, elle fuyait son regard, lui non. Il craignait de l’avoir blessée mais ne regrettait pas de lui avoir dit la vérité. Il cherchait à comprendre ses réactions mais tout ce qui en sortait était probablement la peine à l’égard de son cadet. Quelque chose qu’il ne pouvait comprendre, lui qui avait tout oublié… Il ne pouvait que compatir à moitié. A peine retrouvée qu’il avait l’impression de la perdre. Cet attachement était due aux peu de souvenirs qu’ils avaient en communs, aussi minimes fussent-ils. Lyl s’y rattachait car ils étaient les seuls joyeux, l’alcool n’ayant pas altéré ses ressentis, aujourd’hui il savait qu’il avait sincèrement apprécié. Ne l’avait-il pas embrassé ?
Cahelyn s’apprêtait à tourner les talons pour aller quérir de l’aide. Cependant, quelle aide pouvait-elle amener ? Le jeune homme retint son poignet, une poigne faiblarde. Le menton baissé, il fixait le plateau à son côté.

-Non… c’est inutile… il levait son regard morne sur elle, on ne peut compter sur personne…

Il lâchait son poignet et entreprenait de se redresser pour ensuite reculer. Le dos contre le mur côté oreiller il ramenait le plateau vers lui. Il trifouillait lentement à la recherche d’ustensiles adéquate.

-…Si tu veux m’aider…alors retire-la.

C’est d’une voix inexpressive et le visage ferme qu’il le lui avait demandé.

-Sinon…ramène-moi une bassine d’eau et un miroir…je peux me débrouiller seul.

A la guerre comme à la guerre ! Il déglutit à nouveau. Le menton baissé il touchait sa plaie, curieux. Sa peau était luisante et il ressentait un peu le froid, une sensation désagréable. Une chance que sa musculature fut développée sinon la balle aurait très certainement brisé les côtes et percer les organes en dessous. Il sortait une pince et un scalpel du plateau, espérant n’avoir recours qu’à la pince. Mais en se charcutant sa plaie serrait automatiquement agrandie. Il n’avait plus la force d’avoir recours à l’alchimie, il avait déjà puisé dans ses réserves en soignant la demoiselle. Son sommeil avait long mais pas réparateur. Les yeux braqués sur les objets il attendait que la rouquine ne daigne prendre une décision.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Jeu 25 Oct - 14:19

J’avais retenu mes larmes finalement, étonnée par son geste et surtout ses paroles. Pour le coup, je ne pouvais qu’être d’accord avec lui-même s’il contredisait lui, même son affirmation par ses propres actes. Néanmoins, seul il ne parviendrait pas à retirer le mal sans s’en faire davantage, allez trifouiller dans son ventre pour en sortir un petit morceau d’acier, ça relève de la masochie pure et simple. Je reculais légèrement lorsqu’il se redressa, suivant ses mouvements du regard lorsqu’il alla de placer debout dos au mur, avant de lui lancer un regard intrigué qui trouva pourtant bien vite sa réponse. Un éclopé demandant à une éclopée de l’aider. Quelle situation ironique. J’esquissais un demi-sourire face à la situation avant de secouer la tête de manière désabusée. Comme s'il y avait réellement un choix à faire en cet instant. Je tournais les talons pour me diriger vers la porte qu’habitait notre chambre, derrière laquelle se trouvait une salle d’eau et m’emparait d’une bassine que je remplie d’eau bouillante tout en retirant ce qui me maintenait le bras en écharpe. Je fis quelques mouvements légers de l’épaule, cette dernière était encore douloureuse, mais absolument rien d’insupportable, je pouvais l’utiliser sans trop de problème. Une fois le récipient rempli, je l’emportais avec moi dans la chambre, éteignant la lumière du coude au passage avant de la poser sur la table de nuit que le jeune homme avait dégagé durant son sommeil agité. Tirant la chaise, je le positionnais face au jeune homme, m’assurant ainsi une certaine stabilité pour ce que j’aurais à faire. Dans ses mains, il tenait plusieurs outils chirurgicaux. Je m’emparais du tout pour ne garder que la pince avant de lui jeter un léger coup d’œil.

"Ne vient pas pleurer si je te fais mal."

Je fanfaronnais mais en réalité j’étais apeurée, ce n’était que la deuxième fois que je faisais ce genre de choses, et lors de la première, la victime était inconsciente. Je cherchais du regard quelque chose pour limiter la douleur qu’il pourrait ressentir mais il n’y avait rien de bien probant hormis de la gaze, des compresses et tout un tas d’ustensiles à l’aspect barbare. Retournant la chaise, je finis par m’assoir, le torse appuyé contre le dossier et m’emparais du linge humide dans la bassine pour nettoyer la blessure ainsi que la pince.

S’ensuivit un passage particulièrement désagréable pendant lequel je cherchais la balle à tâtons, armée de l’outillage métallique, cette dernière étant allée de loger assez profondément en fin de compte. Concentrée sur ma tâche, je jetais pourtant des regards réguliers vers le visage du jeune homme, tendu par la douleur. Je devais également faire des pauses régulières lorsque les pics de douleur me traversaient l’épaule à l’improviste. Les mouvements répétés de cette dernière ne semblaient pas franchement me faire du bien, au contraire. Mais je tentais tant bien que mal de repoussais la douleur le plus possible pour me focaliser sur le jeune homme qui pour le moment nécessitait le plus d’attention. Je n’eus d’autres choix que d’élargir légèrement la plaie pour rechercher la balle et un filet de sang coulait le long du ventre de la chimère. Au bout d’un certain temps, bien trop long à mon goût, la pince bloqua sur quelque chose que je contournais pour m’emparer de l’objet gêneur avec une délicatesse remarquable. Les sourcils froncés, j’indiquais au jeune homme de serrer les dents avant de ne tirer un coup sec pour retirer la balle. Cette dernière sortie sans dommage et je l’observais quelques secondes pour vérifier qu’il n’y aurait pas d’éclat restant à l’intérieur avant de balancer le tout dans la bassine avant d’attraper le linge grâce auquel j’essuyais le filet d’hémoglobine qui traçait un sillon net sur la peau du jeune homme.

A nouveau, je m’arrêtais quelques secondes avant de panser sa plaie, lui administrant compresse épaisse et bandage après l'avoir refermée sommairement. Je fus forcée de faire le tour de sa taille à l’aide de la bande pour que le pansement puisse tenir convenablement, et après m’être assurée que le tout tiendrait, je reposais les ustensiles médicaux sur le plateau sans grande délicatesse avant de lever un regard fatigué vers la chimère. Ce dernier semblait à bout de force à trop avoir voulu contrôler sa douleur, et je m’empressais de débarrasser le lit pour qu’il puisse s’y remettre. Repoussant la chaise du pied, je n’eus pas le courage de tout remettre en place de suite et me contentais de déposer le tout sur une commode proche avant de retourner voir le jeune homme qui s’était de nouveau assis. Je posais une main sur son front, même si ma température était encore trop basse, je pouvais sentir que la sienne était également étrange. Les sourcils froncés, je restais quelques secondes ainsi avant de retirer ma main pour observer le visage du malade.

"Tu es plus chaud que la dernière fois, ta blessure s'était infectée, tu as de la fièvre. Mais ça, hormis le repos, je ne peux rien faire de plus."

Un bruit se fit entendre contre la porte avant que la vieille dame ne passe timidement la tête à travers l’embrasure. Je tournais la tête dans sa direction avant de soupirer légèrement. Cette bonne femme était bien trop gentille. Les bras chargés d’un gros plateau rempli de victuailles, elle essayait de repousser la porte à l’aide de ses épaules pour entrer dans la pièce. Délaissant l’argenté quelques secondes, j’allais l’aider à déposer tout ça sur un meuble proche en dépit de la douleur qui revenait m’alourdir l’épaule. Un moindre mal comparé à ce qu’elle est son mari faisait pour nous venir en aide. Mais malgré le plateau plein et dégageant une odeur délicieuse, je ne parvenais pas à avoir faim, la gorge nouée. A la place, je me tournais vers la vieille dame pour la remercier et en profiter pour lui demander discrètement si elle n’aurait rien pour limiter la fièvre, ce à quoi elle me répondit qu’elle revenait vite. Je la regardais partir avant de poser mon regard sur la nourriture, une légère culpabilité naissante quant à mon manque d’appétit, elle s’était visiblement donné du mal. Toujours dos au garçon, je lançais doucement.

"Soupe ou lasagnes ? On a le droit à un repas de ministre."

Même si je me doutais que le garçon ne devait pas non plus être spécialement affamé s’il se sentait mal, lui aussi devait récupérer et donc se forcer un minimum. La porte se rouvrit avant même qu’il ne réponde et je vis apparaitre le visage de la vieille dame qui me tendit une boite de médicaments. J’esquissais un infime sourire avant de la remercier d’un signe de tête avant qu’elle ne disparaisse. M’emparant des deux verres, je les remplis d’eau avant d’avaler moi-même un cachet puis m’emparais du second pour aller m’assoir sur le bord du lit de la chimère avant de lui tendre l’eau et le comprimé.

"Tu nous as amené chez des anges. D’ailleurs, où sommes-nous exactement ?"

Je portais mon regard sur le visage du jeune homme, l'observant en silence. Maintenant que les choses étaient claires, sa proximité m'était tout à coup devenu beaucoup moins difficile, agréable même, si l'on mettait de côté les circonstances.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Jeu 25 Oct - 15:48

Le visage neutre, Lyl la regardait toujours aussi perdu et intrigué. Cahelyn refoulait sa peine inconnue, mais son regard de chien battu parlait pour elle. Alors que sa réaction semblait relever de l’évidence même face au choix proposé par le jeune homme, son précédent comportement était contradictoire… Elle quittait la pièce sous le regard du garçon. Ce dernier s’était abstenu de lui faire remarquer qu’elle avait précédemment préférer aller cherché de l’aide plutôt que de s’en occuper elle-même. Il détournait la tête dans un soupire légèrement lasse…
Moins d’une minute plus tard elle réapparaissait avec une partie de la commande de l’amnésique. C’est lorsqu’elle prit place de manière pas pratique, d’après le jeune homme, qu’il comprit qu’elle voulait se charger de l’extraction. Sa phrase ne faisait que confirmer son idée. Le jeune homme répondit alors qu’il l’a fixé, perplexe…

-Ne t’en sen pas obligée…

Grognon ? Juste un peu… Elle ne relevait pas, déjà concentrée sur sa tâche. Ses yeux braqués sur son visage il la dévisageait durant plusieurs minutes, jusqu’à ce qu’elle fut contrainte d’agrandir la plaie. Une moue douloureuse, la respiration saccagée, il tentait de faire abstraction à la douleur. Il avait détourné la tête, les doigts crispés sur le drap il sentait la sueur perler le long de son cou. Un moment rude qui lui parut plus long qu’il ne l’était réellement. Quelque minutes plus tard la rouquine trouvé l’objet de l’infection et Lyl serrait d’avantage les dents sous sa recommandation. Il avait encaissé l’opération avec un calme remarquable. Habitué à la douleur en réalité… Le fait qu’il fut assis aidait beaucoup aussi, nul doute que ses jambes auraient cédé au bout de quelques minutes.
Son tourment prit fin une fois la plaie refermée à l’aide de plusieurs points de suture.
Le cœur quelque peu emballé par la fièvre, celui-ci accélérait d’avantage et de manière inconnue lorsque la jeune femme enroulait son torse d’une bande pour tenir le pansement. La proximité était perçue différemment. Aussitôt il avait reporté son regard sur elle, sans broncher. Des détails qui importaient à lui seul, il détournait alors le regard alors qu’elle s’activait. Un instant d’égarement sentimental.
Cahelyn revenait prendre place à son chevet, Lyl n’avait pas bougé, le coussin toujours bloqué derrière son dos. Elle venait plaquer sa main bouillante sur le front de notre éclopé avant de lui faire part de ses remarques et conseils. Il s’était contenté de l’observer, silencieux.

La vieille femme fit alors son apparition dans le but de nourrir nos deux chimères. Une attention chaleureuse que notre ami ne manquait pas mais il ne réagissait pas. La faim n’était pas là, la fièvre était dévastatrice autant psychiquement que physiquement. Un mince sourire, c’est tout ce qu’il fit lorsque la rouquine se permit un commentaire.
Dans un effort presque titanesque pour lui il se laissait glisser pour se retrouver allongé. Une position plus confortable.

-Tu nous as amené chez des anges. D’ailleurs, où sommes-nous exactement ?

A l’aide de ses coudes il se redressait à peine avant d’enfiler rapidement le cacheton et le verre d’eau dans son gosier. Aussitôt fait il reprenait position avant de ne répondre…

-Nous..nous ne sommes pas loin de la forêt...

Très peu loquace mais c’était explicite. Ils étaient toujours dans le même village où ils avaient traqué le médecin fou. Le jeune homme venait de fermer les yeux, comme si que l’extraction de la balle avait également permis d’extraire toute sa pression. Mais alors qu’il voguait déjà dans l’inconscience il tendit le bras, sa main se posait sur celle de la jeune femme.

-Ne me laisse pas…

Sur ces mots énigmatiques il s’endormit. Qui aurait cru que la solitude le pesait autant s’il n’avait pas été souffrant…

Le lendemain …
Assis sur les marches du perron, Lyl profitait du soleil, clope au bec. Plusieurs fois la vieille femme l’avait sermonné pour qu’il daigne enfiler son manteau ou au moins couvrir ses bras dénudés. Il ne faisait pas tant froid dehors mais suffisamment pour faire frissonner un humain normal.
Il n’était pas loin de midi, il venait de finir un repas copieux. La fièvre était tombée dans la nuit et semblait ne pas revenir à la cherche. Pour le moment. Alors il s’était levé, habillé et assis dehors pour prendre l’air. Il avait oublié sa faiblesse de la veille, sa demande désespérée. Cependant il avait esquissé un sourire lorsqu’il avait trouvé la jeune femme assoupie dans la chambre, toujours là. Les faits de la veille lui semblaient lointains. Reconnaissant d’avoir été soigné à son tour mais gêné à l’idée de lui être redevable ou même de la remercier. Non, plutôt la chambrer… Il ne se ferrait plus remballer !
Au bout d’un certain temps il se levait et tourner les talons. Ses sens quelques peu embrumés il ne sentit pas la présence de la rouquine et fut surpris de la trouver en haut des marches, sur le seuil de la porte. Les yeux rivés sur elle comme si qu’il venait de la voir pour la première fois il détournait toute fois le regard en se rendant compte de sa brève stupeur. Un demi-sourire narquois pendu au bord des lèvres il lui fit remarquer…

-Enfin réveillée, Blanche Neige ?

Une moquerie maladroite quand on sait comment la princesse est réveillée… M’enfin, c’était juste pour la forme. Il ajoutait, expulsant son embarras par l’ironie et l’indifférence…

-On ne devrait pas s’attarder…, annocait-il en l'incluant dans son périple, d'un air plus sérieux.

Il relevait le menton, observant au passage son visage quelques secondes pour s’informer de sa santé. Le monde à l’envers. Une marche plus bas, il faisait pile sa taille.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Jeu 25 Oct - 19:18

Pas loin de la forêt. Donc potentiellement proche des homonculus, ces derniers avaient dû être avertis des derniers évènements dans leur succursale du nord, et avaient dû débarquer pour contempler les dégâts. Mais si l’idée me traversa l’esprit, elle en ressortit également bien vite tant j’avais l’esprit concentrée ailleurs. Je reportais mon regard sur la chimère alors que ce dernier s’était allongé et après avoir docilement avalé son cachet avait fini par fermer les yeux. Je lâchais un léger soupir, soulagée au fond d’avoir pu l’aider sans aggraver la situation, chose dont je n’étais pas tout à fait sûre au moment de commencer, et je m’apprêtais à le laisser se rendormir tranquillement lorsque je sentis un contact léger sur le dos de ma main. Je baissais les yeux et aperçus non sans une légère surprise les doigts du jeune homme qui s’étaient refermés sur les miens, cherchant visiblement à me retenir lorsqu’il me demanda de ne pas partir, telle une supplique. Tout d’abord étonnée, j’esquissais un léger sourire attendri en retournant doucement ma main sous ses doigts pour serrer doucement la sienne entre les miens sans dire un mot, il s’était déjà endormi.

J’étais restée quelques temps au chevet du jeune homme lorsque la fatigue m’avait rattrapé et je l’avais finalement laissé pour aller rejoindre mon lit après m’être forcée à avaler un morceau pour ne pas froisser notre hôte. Et puis, je savais pertinemment que cela ne pouvait que m’aider à me rétablir au plus vite. Une fois le chemise retiré, je me glissais sous les draps en prenant soin de m’allonger sur mon flanc indemne et fermais presque instantanément les yeux pour plonger dans les bras accueillants de Morphée. Je n’avais pas fait grand-chose, n’étais pas restée éveillée bien longtemps, mais cela avait largement suffit à m’épuiser. Ma nuit fut longue une fois de plus, permettant à mon corps de récupérer efficacement, et plutôt calme, la fièvre étant tombé avec l’aide du cachet que j’avais avalé, j’avais dormi d’une seule traite, comme un bébé et m’étais réveillée doucement alors que le soleil pénétrait déjà abondamment dans la chambre, c’est d’ailleurs les rayons clairs de ce dernier me chatouillant le visage qui m’avaient tirés du sommeil.

Je me frottais les yeux, digne d’une enfant mal réveillée avant de les ouvrir en cherchant où je pouvais bien me trouver, un léger moment d’égarement. Les souvenirs me revinrent bien vite et dès que je revis les derniers évènements, mon regard se dirigea vers le lit adjacent pour trouver ce dernier vide et déjà refait. Je fronçais les sourcils, légèrement frustrée, je me demandais s’il avait fichu le camp pendant que je dormais, mais la voix grave du jeune homme retentit à travers le parquet plutôt fin et j’en fus soulagée. Je reposais ma tête sur l’oreiller, un bras sur les yeux et finis de me réveiller suffisamment de me lever. Après dix minutes à trainasser au lit, je m’incitais à me lever, avisant mes vêtements lavés et recousus au pied du lit. Ces gens étaient vraiment d’une gentillesse exceptionnelle. J’en venais à croire qu’il existait donc encore des personnes généreuses et désintéressées, à ma plus grande surprise. Après avoir enfilée ma tenue, non sans gémir en passant mon épaule blessée, je m’emparais du linge qui me servait à me maintenir le bras en écharpe pour le passer autour de ma nuque. Autant que possible, j’allais essayer de ne pas trop m’en servir les prochains temps pour pouvoir récupérer le plus rapidement possible. J’ignorais quelle serait la suite des évènements, mais une chose était sûre, je ne pouvais pas me permettre d’être infirme.

Je me guidais à l’odeur caractéristique du jeune homme pour retrouver sa trace lorsque je parvins dans la salle à manger sans l’y trouver. Finalement, ma piste que conduisit sous le porche, où ce dernier était assis sur les marches du perron, l’air ailleurs. Il ne sembla pas s’apercevoir qu’il était épié et j’en profitais pour l’observer en silence, appuyée contre un mur proche. Je ne bougeais pas lorsqu’il se releva et haussais les sourcils en observant son absence de réaction lorsqu’il me vit. Allons bon, j’avais une tête si affreuse que ça ? Finalement, il esquissa un sourire et ne put s’empêcher de me balancer une vanne. C’est vrai que j’avais dormi un bon moment, j’ignorais même depuis quand il était réveillé. Lui rendant son sourire à demi-moqueur, je me redressais d’un léger coup d’épaule alors qu’il s’approchait, et me retrouvais finalement à son niveau alors qu’il était une marche sous la mienne.

"Et encore, heureusement que j’ai pas attendu le prince, j’y serais encore sinon !"

Sous-entendu ou simple réplique, je le laissais cogiter tranquillement en détournant la tête pour observer les lieux d’un air curieux. Depuis le début, je n’avais vu l’endroit qu’à travers la fenêtre du premier étage, même si le panorama était intéressant, c’était difficile de se rendre bien compte de l’endroit sans se retrouver dehors. Lorsque le jeune homme reprit la parole, il avait retrouvé un air sérieux, et lorsque je croisais de nouveau son regard, je ne pus m’empêcher d’acquiescer, totalement d’accord avec lui pour le coup. Nous avions causés assez de bouleversements auprès de ces gens, il était temps de les laisser en paix. Toutefois, mon esprit buta sur un terme, et je fronçais légèrement les sourcils. J’avais l’impression que le jeune homme comptait m’embarquer dans son sillage. Même si je n’avais aucun autre projet, après tout, je n’avais désormais plus aucun boulot et était recherchée par deux armées différentes, l’idée de partir en vadrouille avec lui me paraissait … étrange. Mais pas désagréable.

Il m’annonça devoir passer un coup de téléphone et s’éclipsa à l’intérieur de la bâtisse alors que je restais encore quelques minutes à profiter du fond de l’aide relativement frais pour me réveiller davantage. La vieille dame apparu sur le seuil de la bâtisse et m’incendia jusqu’à ce que je rentre à l’intérieur. Cette dernière craignait que je n’attrape froid en plus du reste. Je ne pus retenir un sourire amusé en l’entendant marmonner comme quoi nous étions aussi fous l’un que l’autre- j’en déduisis rapidement qu’elle parlait du jeune homme – à nous trimballer aussi peu vêtus en plein hiver. Après quoi elle m’invita à aller manger, ce que je ne refusais pas cette fois, mon estomac réclamait son dû. Après une dizaine de minutes, le jeune homme refit son apparition alors que j’étais en train de manger mon quatrième croissant accompagnée d’un bol de chocolat bouillant déjà descendu au trois quart. Je discutais avec la vielle femme, ou plutôt je l’écoutais parler en mangeant, acquiesçant de temps à autre. En voyant la chimère revenir, je terminais prestement mon repas avant de poser un regard reconnaissant sur la petite dame qui me faisait face.

"Merci pour tout madame, sincèrement. Mais nous allons partir, nous ne pouvons rester plus longtemps. "

Elle commença de nouveau à faire mine de s’énerver, mais mon regard décidé tout comme celui du jeune homme sembla lui faire comprendre qu’il ne servait probablement à rien d’insister. A la place, elle soupira et se releva tout en ramassant les vestiges du repas, m’envoyant paitre gentiment lorsque je voulus l’aider.

"Vous serez les bienvenus ici une nouvelle fois, si vous en avez besoin."

Je levais les yeux vers la chimère avant de me relever en rangeant proprement la chaise près de la table. J’ignorais comment il avait fait, mais il avait vraiment déniché des perles dans cet endroit isolé, c’était probablement d’ailleurs la raison pour laquelle nous ne pouvions rester plus longtemps malgré leur gentillesse. Lui comme moi étions recherchés, et il ne faisait aucun doute que nos traqueurs s’en prendraient à eux s’ils savaient où nous nous trouvions, il valait donc mieux mettre le plus de distance possible entre nous. Remerciant une nouvelle fois la vieille dame, finalement rejointe par son mari, je finis par sortir, laissant le jeune homme à l'intérieur encore quelques minutes. J'en profitais pour m'avancer légèrement dans la rue et observais les lieux, l'esprit obnubilé par ce qui m'attendait lorsque je sentis une présence derrière moi. La chimère avait fini par me rejoindre dehors. Je portais un dernier regard sur la bâtisse à la fenêtre de laquelle je pouvais voir les deux visages du couple, avant de ne reporter mes yeux sur le visage de la chimère, une lueur d'interrogation brillant dans ces derniers.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Jeu 25 Oct - 20:02

Adossé à l’encadrement de la porte, Lyl avait déjà enfilé son long manteau et tenait sur son épaule son sabre. Prêt à mettre les voiles. Il avait observé les deux femmes en silence et s’était décidé à l’ouvrir que lorsque la ville femme annonçait…

-Vous serez les bienvenus ici une nouvelle fois, si vous en avez besoin.

Le jeune homme s’extirpait de son dossier et tournait les talons.

-Merci…

Ce genre de formule polie et bien gentille le mettait mal à l’aise. Son air froid et son attitude de mauvais garçon contrastait trop avec la politesse ou bien les sentiments. Lyl ne fut pas le premier à quitter la bâtisse, pour une fois. Le vieil homme l’interpellait alors que la rouquine prenait de l’avance. C’est sur les marches du perron qu’il lui fit une sorte de morale en lui suggérant de prendre soin de son amie. Un furtif regard à la concernée qui s’éloignait d’un pas lent, Lyl soupirait refusant de montrer l’intérêt qu’il portait à la miss. Au lieu de ça il tournait les talons en les saluant d’un signe de main.

-Au revoir mon garçon !
-A bientôt, sûrement.

Il s’arrêtait, un sourire à peine visible au bord des lèvres. Il se tournait de trois quart et annonçait d’une voix calme…

-Non, c’est un adieu. Il se retournait et emboitait le pas à la jeune femme. Portez-vous bien !

A peine arrivé à la hauteur de la demoiselle que celle-ci lui jetait un regard empli d’interrogation. Lyl lui rendit son attention avant de la dépasser pour gagner la voiture.
En ouvrant cette dernière il remarquait les vestiges de leurs retrouvailles. Du sang desséché sur son siège et sur la banquette arrière. Seul le côté passager avait été épargné. Le jeune homme hésitait quelques secondes à mettre ses mains sur le volant. Il due retirer ses gants pour ne pas les tâcher.
Une fois installés, Lyl éclairait sa lanterne en annonçant alors qu’il faisait un demi-tour rebelle…

-L’agence est implantée un peu partout, même hors Amestris. Je vais les rejoindre. Les yeux rivés sur la route il rajoutait de son air nonchalant, ils t’aideront à regagner Amestris…tu serras en sécurité.

Engagé sur la route, il suivait les indications du type qu’il avait eu au téléphone. Notre ami n’avait même pas songé à garder la demoiselle à ses côtés, ca lui semblait être de la science fiction. Pour lui leur chemin se séparerait une fois arrivé à destination, il savait qu’elle avait probablement le cours de vie à reprendre. Sa vie à lui était vouée à suivre les traces de son maître, une fois de plus, sauf que cette fois-ci il accepterait l’aide d’autrui. Faire cavalier seul était trop risqué, il l’avait compris sans avoir retrouvé sa mémoire. Il reprit sans lui laisser le temps de répondre, son visage restant toujours aussi indéchiffrable…

-Pour ma part, j’ai des choses à régler…

Une réfléxion qu'il se faisait plus à lui-même, Cahelyn ne lui aayant demandé et n'en ayant cure. Il pensait à la montre, à Macdougal et aux Homonculus. Il prit une grande inspiration, celle-ci lui soutirait une vague de douleur qui le ramenait à la réalité. Deux côtes fêlées, un trou dans le bide… Il lui fallait trouver un alchimiste digne de ce nom pour le réparer… L’impotence l'insupportait.
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