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 D'une pierre, deux coups

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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Jeu 25 Oct - 20:27

Silencieuse, je pris place à côté du jeune homme dans la voiture sans même lui demander son avis, je m’invitais à sa suite, peu importe s’il était d’accord ou pas, même si au fond, cela ne semblait pas beaucoup le déranger. L’odeur métallique du sang embaumait l’habitacle et je ne pus m’empêcher d’ouvrir légèrement la fenêtre pour laisser de l’air frais y pénétrer, réduisant ainsi les fragrances désagréables de l’hémoglobine. Un simple coup d’œil m’appris où j’avais pris place lorsqu’il m’avait ramené en catastrophe avant que je ne détourne le regard vers ma fenêtre pour observer l’extérieur alors que le véhicule filait déjà. Je finis par appuyer mon coude contre la portière, maintenant ainsi ma tête tout en portant mon regard sur le profil du jeune homme qui semblait concentré sur sa route tout en m’indiquant ce qui allait suivre. Le visage impassible, je songeais. Retourner à Amestris, c’était bien joli, mais qu’est-ce qui m’attendait là-bas au juste hormis une traque incessante ? Pas grand-chose … Je lâchais un léger soupir alors que la chimère reprenait son explication un ton plus bas, comme s’il se parlait à lui-même. Détournant finalement mon regard de son visage impassible, je laissais un silence s’installer durant quelques secondes avant d’enfin lui répondre d’un ton légèrement moqueur.

"Et qui ralentira les balles que tu te prends si j’suis plus là pour le faire, hm ? "

J’esquissais un sourire ironique avant de tourner la tête vers l’extérieur, l’air soudain plus sérieuse. Je ne pouvais pas m’empêcher de le provoquer en quelques sortes. Je finis par reprendre d’un ton un peu plus doux.

"Oublie le comité d’accueil, je ne retourne pas à Central. Pas maintenant."

Au fond, j’avais peur de me retrouver à nouveau seule. Je préférais me démener et aider l’agence à mon niveau plutôt que de retourner zoner dans les bars pour finir de plus en plus minables d’un soir à l’autre, jusqu’au jour où cela finirait par avoir ma peau. Au moins, je pourrais rendre utile à une bonne chose les quelques capacités en ma possession. Je n’ajoutais rien, je ne lui laissais pas le choix en vérité, je le suivrais, qu’il soit ou non d’accord. Le regard perdu sur les pinèdes, le jeune homme roula un bon moment avant de bifurquer dans un sentier à gauche de la route pour y arrêter la voiture. Il me fit signe de sortir et emprunta le sentier, semblant savoir où il se dirigeait. Je le suivis, ne pouvant m’empêcher d’observer nerveusement autour de nous, le souvenir de la balle perdue n’étant pas si loin. Au bout d’un bon quart d’heure de marche durant lequel j’échangeais quelques paroles avec le jeune homme, nous arrivâmes finalement devant une bâtisse imposante, semblable à une villa reculée, perdue dans le temps. Deux hommes étaient présents sous le porche de la demeure, semblant chercher à se protéger du vent froid.

Je levais les yeux vers mon voisin, avant de le laisser passer devant, restant toujours légèrement en retrait. La chimère salua ses compagnons rapidement et je leur adressais un léger signe de tête par politesse tout en détournant rapidement le regard, gênée par l’attention que pouvait me porter les deux inconnus. J’ignorais si c’était le fait d’avoir accompagné la chimère ou bien le bandage qui m’enserrait le bras, toujours est-il que si l’un des deux détourna bien vite le regard pour discuter avec l’ancien capitaine, le second me fixait avec une insistance pesante. Je fis quelques pas pour m’éloigner du jeune homme, les mains dans les poches, et je scrutais les alentours, observant la nature silencieuse.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Jeu 25 Oct - 21:30

Un sourire quelque peu amusé, Lyl lui jetait un regard en biais. Son ironie était maladroite mais elle ne déplaisait pas au garçon. Qui sait où est-ce son esprit serrait si elle n’avait pas été là pour amortir la balle… Une chance que celle-ci ne fut pas fatale pour les deux chimères. Quelques secondes plus tard elle lui annonçait ne pas vouloir retourner à Central. Directement cela voulait dire qu’elle ne partirait pas tout court… Cette fois-ci le capitaine lui avait jeté un vrai regard, suspicieux. La bouche entrouverte il voulut lui dire quelque chose, lui demandait ce qu’elle comptait faire mais au fond ca semblait évident. Il détournait son regard et posait son avant-bras replié sur la fenêtre au niveau du coude. Une vague d’air frais, glacial probablement. La neige, le jeune homme adorait-ça. Il se languissait de redevenir le maître alchimiste qu’il avait été.

Enfin parvenus à destination, Lyl prenait la tête de la marche alors que la rouquine de dissimulait. Une habitude apparemment.
D’abord étonnés de revoir un vieux compagnon d’arme, les deux hommes portaient l’intégralité de leur attention sur le revenant, considérant celui-ci comme un fantôme. Après un court échange ils reprirent leur sérieux en s’adressant avec notre avec respect et politesse. De nouveau appelé Capitaine, il en restait pourtant de marbre. Le premier homme s’avançait vers notre ami tandis que l’autre fixait avec acharnement l’amie du jeune homme. N’ayant pas mépris ce détail, il coupait la parole au type pour informer le second d’une voix ferme…

-Elle est avec moi, cela pose un problème ?
-…C’est qu’on ne voit pas souvent de telle créature dans nos montagnes… faites-y bien attention… dit-il un sourire salace sur la tronche.
-Monsieur, le jeune homme détournait son regard glacé du second pour se reconnecter sur le premier. Deux de vos hommes sont ici, blessés par balle. Lyl levait un sourcil, feintant d’être perplexe… Vous devriez rentrer à l’intérieur, notre chef veut vous rencontrer.

Le type jetait à son tour un regard à Cahelyn, incertain.

-J’imagine que vos amis sont nos amis…
-Oué.

Sans plus de cérémonie Lyl faisait un signe de tête à la rouquine, lui intimant de le suivre. Sans perdre de temps ils se dirigeaient vers le QG de la frontière. Un endroit bien gardé. Un garde ouvrait la marche, l’autre la fermait en reluquant les courbes généreuses de la jeune femme.
A l’intérieur ils se dirigeaient vers une qrand hall où s’activaient tout un tas de type. D’autres discutaient tandis que d’autres bossaient, soit sur des engins de guerre, soit sur de l’armement… Au centre de la pièce un grand homme bourru fort brun et costaud qui examinait des pièces d’automail. Le type posait son attirail en voyant nos deux compères débarquer.

-Tiens, tiens, qu’est-ce que c’est que ça… ?
-Capitaine Wayne, monsieur
-OOOH ? le type examinait notre chimère avec perplexité.On m’avait dit que vous étiez jeune…mais à ce point… Il tendit sa main gigantesque au décoloré, un large sourire dévoilait toute sa dentition intacte. Ravi de rencontrer un des pères de tout ça ! Son regard basculait sur Cahelyn, il lâchait notre ami pour faire un pas dans la direction de la miss. Hé hé ! Voyez-vous ça ! Bien accompagné en plus. J’admire !

Absolument pas intimidé par les cancans ou les yeux braqués sur lui et Cahelyn, Lyl restait nonchalant se fichant éperdument du Capitaine Wayne. Il touchait aux pièces mécaniques avec intrigue alors qu’il demandait avec détachement la situation actuelle des villes alentours.
L’homme indiquait de sa main gauche une pièce au sein du grand hangar dans lequel ils se trouvaient. Une sorte d’endroit insonorisé qui abritait un espace de détente. De sa main droite il poussait doucement la rouquine qui semblait quelque peu dans son monde. Elle ne prenait pas part…

Assit sur l’unique sofa de la pièce, le chef intimait aux deux autres de prendre leurs aises. Lyl restait près de la porte, bras croisés, adossé. Le type lui fit part de la situation durant plusieurs minutes avant d’enchaîner sur le décoloré, intéressé par lui et son parcours. Seulement sa mémoire lui faisant défaut, Lyl détournait la conversation paraissant plus froid qu’ordinaire. Le type était un homme bruyant et amoureux de la vie, il ne put que rire face au tempérament implacable du jeune homme. Il portait donc un regard voluptueux sur la miss…

-Un raide est annoncé à Drachma apparement, ils veulent égaler Amestris et ses chimères... Ils enlèvent des sans abris, surtout les gamins, des orphelins généralement. Personne n’irait les regretter. Ses propos étaient dénués de tact mais tellement véridiques. Il annonçait le tout avec un naturel intouchable. Si notre chimère avait bénéficié de sa mémoire il aurait probablement cogné son aîné pour la véracité de ses propos. Mais il ignorait. Il reprit après avoir jeté un coup d’œil à son hôte de marque. Malheureusement je ne peux pas disposer mes hommes partout ; manque d’effectif. J’en ai placé dans les plus grandes villes ; La Cité Blanche, Aeosera…
-Je veux participer à l’expédition.
-Un haut gradé se contente des rapports. Vous êtes …
-Il me faut un véhicule et de l’équipement…
-il avait remballé son sourire, observant son cadet décoloré avec attention. Après un cours silence il reprit…Très bien…vous devriez jeter un œil à Va’Hala, Lyl fronçait les sourcils, interloqué par le nom de la ville, il y a une un raide d’Amestris là bas, il y a plus ou moins dix ans. Peut être que vous trou-…
-Je vais m’y rendre.

Il avait déjà ouvert la porte.

-Oooye ! Attendez. Vous devriez vous changer, tout les deux. Et puis, la miss est blessée, je ferrais mieux de la garder près de moi.

Lyl avait refermé la porte, le regard braqué sur l’homme. Son air nonchalant avait disparu… Il jetait un regard à la concernée puis tournait lentement les talons…L’idée de la laisser ici insupportait mais le choix ne lui revenait pas. Il rattrapait son comportement soudainement changeant et demandait d’un ton dénué d’intonation en fixant la porte, dos à l’assemblée…

-Où se trouvent vos équipements ?
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Ven 26 Oct - 12:36

Affublée d’un regard curieux balayant les lieux dans lesquels nous venions de pénétrer, je suivais la chimère non sans jeter un coup d’œil discret derrière moi, n’appréciant guère être suivie par un inconnu. Question d’habitude. Au terme d’un couloir un bourdonnement incessant nous parvenait alors que nous débouchions sur une salle imposante, semblant surchargée d’objets et armements divers. Une véritable fourmilière où chacun semblait occupé à sa tâche tout en discutant allègrement avec son voisin. Je retrouvais plusieurs points similaires au QG de l’organisation à Drachma, une activité soutenue, le bruit incessant du métal que l’on travaille, que l’on manipule. La différence majeure résidait dans le fait que tous ici semblaient bien s’entendre et discutaient avec un certain enjouement malgré les raisons de leur réunion ici. Je tournais la tête régulièrement, observant avec une attention certaine les diverses armes qui pouvaient me passer sous le nez, en admirant certaines, en délaissant d’autres au premier coup d’œil. Une des premières choses que j’avais apprise, c’était qu’une arme était l’extension de celui qui la porte, elle devait donc parfaitement correspondre au tempérament de son propriétaire pour pouvoir être utilisé avec une efficacité redoutable. Pour ma part, les seules armes que j’affectionnais vraiment étaient les dagues. Courtes, effilées, à lame courbe de préférence et au tranchant lisse. Elles alliaient rapidité et précision tout en étant discrètes et souples au maniement, et incroyablement meurtrières si utilisées correctement. Je repérais d’ailleurs de loin la fabrique des lames et tendis le cou pour y jeter un coup d’œil – j’avais perdu les miennes lors de l’affrontement contre Chen – mais le soldat derrière moi me pressa le train et je du laisser ma curiosité de côté pour le moment en suivant le mouvement.

Un grand gaillard se dressa devant la chimère, tenant une pièce ressemblant fortement à un automail entre ses mains d’une largeur affolante. Ce dernier questionna celui qui semblait être son subordonné avant de jeter un regard franchement surpris à la chimère. Placée à droite de l’argenté, je haussais un sourcil surpris en les entendant le nommer « Capitaine ». Je croyais ce grade uniquement valable pour le soldat sans pitié qu’il avait été dans l’organisation, ne comprenant pas tout à fait pourquoi tout le monde ici le traitait avec autant de déférence. Certes, Reï m’avait appris que c’était lui et mon père qui avait posés les premières bases de ce qu’était l’agence aujourd’hui, rien que par cela, il devait être une sorte de mythe pour ces hommes. Je jetais un léger coup d’œil à mon voisin qui gardait un masque de froideur notable avant de sourire en coin en essayant de m’imaginer en train de l’appeler « Capitaine ». Impossible, cela me semblait bien trop absurde lors que je revoyais le jeune homme aveugle que j’avais trainé hors du laboratoire. Même s’il n’avait plus grand-chose à voir avec l’homme que j’avais vu la première fois, il n’avait pourtant rien non plus d’un militaire cruel à mes yeux, loin de là. Mais après tout, ce n’était pas à moi que l’on allait apprendre qu’il n’est parfois pas bien dur de cacher certaines choses.

Le grand bonhomme sembla soudain s’intéresser à ma présence et je retins de justesse un pas en arrière lorsqu’il arriva dans ma direction, me contentant de l’observer d’un air passablement blasé devant sa phrase. Alors quoi, il n’y avait aucune femme ici ? Stupidement après avoir vu Reï, je m’étais imaginée que les femmes avaient leurs places autant que les hommes dans ce groupuscule, mais alors que je promenais mon regard sur la pièce, je me rendis bien vite compte qu’il n’en était rien lorsque je ne repérais ici que des visages masculins. Je n’eus pas le temps de poursuivre mon examen de la zone que le géant me poussait dans le dos pour que je suive le mouvement, et je finis par détourner le regard. Je n’avais pas ouvert la bouche une seule fois depuis que nous avions mis les pieds dans le bâtiment, intimidée peut-être, mais surtout n’ayant pas de véritables raisons de me faire connaitre. Le jeune homme avait dit l’essentiel à ma place, je ne leur voulais pas de mal, bien au contraire.

Ecoutant les conseils de géant, je posais mes fesses sur la seule table de la pièce, assise légèrement en biais, un pied au sol l’autre dans le vide, je pouvais ainsi observer aisément les deux protagonistes. Wayne avait préféré rester debout, près de la sortie, semblant sur ses gardes. On ne pouvait pas l’en blâmer après les derniers évènements. Je les écoutais discuter, lorsque certaines paroles me firent froncer les sourcils et je me retins à grand-peine de balancer une réplique acerbe devant la véracité des dires du brun, mais pas respect pour le jeune homme que j’accompagnais, je n’en fis rien et déportais mon regard ailleurs, se posant ainsi sur les diverses paperasses présentes sur la table. D’une curiosité sans limite, je parcourais des yeux les lignes qui me tombaient sous les yeux, notant certaines choses plutôt intéressantes. Ce fut un mouvement de la part de la chimère qui me fit relever la tête, les sourcils froncés. Ce dernier semblait vouloir partir, une main sur la poignée de la porte déjà rouverte lorsque son interlocuteur l’arrêta en reprenant la parole. Je croisais le regard de la chimère qui avait perdu son masque de froideur, m’observant d’un air … indécis avant de ne se détourner à nouveau. Je fronçais les sourcils, pas question de rester à faire le pied de grue parmi des inconnus ! Me relevant d’un coup de hanche un peu brusque, je posais ma seule main libre sur l’épaule du jeune homme pour le retenir quelques secondes avant d’observer son comparse avec un léger sourire en coin.

"Ce n’est pas ça qui m’empêchera de bouger. Puisque vous l’avez si gentiment proposé, où peut-on se changer ?"

Je n’avais aucuns scrupules à profiter de l’offre du grand brun, au contraire, je ne me sentais plus à l’aise dans ma combinaison rapiécée. L’air déçu, ce dernier se leva toutefois et décrocha le téléphone sur le bureau où j’étais précédemment assise avant de demander la présence d’une de ses recrues visiblement. Profitant de ce léger moment d’inattention de sa part, je tournais légèrement la tête vers le jeune homme qui me jetait un coup d’œil perplexe, toujours face à la porte, et l’observais, un sourcil légèrement haussé avant de lâcher sur un ton évident.

"Tu serais trop perdu tout seul. "

Même si je savais très bien qu'il était apte à se débrouiller seul, mais je ne pouvais m'empêcher de le provoquer un peu quelque part. Je lui jetais un regard en coin, dos à la porte, lâchant un demi-sourire avant que le grand gaillard ne nous rejoigne, posant sa lourde main sur mon épaule indemne. J’avais l’impression d’être redevenue une enfant l’espace de quelques secondes tant sa stature était imposante.

"On va venir vous chercher tous les deux pour vous donner des tenues un peu plus adaptées ! Ce n’est pas l’équipement qui manque, vous trouverez ce dont vous avez besoin. – il marqua une pause avant de me jeter un léger coup d’œil qui devait se vouloir enjôleur – vous êtes sûre de ne pas vouloir vous reposer un peu ?"

J’acquiesçais d’un air quelque peu amusé devant l’insistance pas franchement discrète du larron avant de me détourner pour ouvrir la porte, devançant ainsi la chimère.

"Certaine ! "

Un jeune homme à la crinière blonde presque aussi longue que la mienne, l'intendant de tout ce qui était vestimentaire, vint nous chercher pour nous emmener au vestiaire où il nous indiqua l’emplacement des diverses tenus auxquelles nous pouvions avoir accès. Visiblement, le statut de l’argenté lui ouvrait bien des portes en ce lieu. Après avoir fouiné l’espace de quelques secondes, je trouvais finalement mon bonheur en une tenue de lin souple, d’une teinte grise tirant sur le noire, doublée de laine à l’intérieur pour assurer un minimum de chaleur. Outre ce détail, elle semblait tout à fait confortable, et ne limitait pas les mouvements, à l’inverse de la combinaison que j’avais sur les épaules. J’attendis que le jeune garçon sorte de la pièce pour refermer la porte et commençais retirer mes vêtements sans trop de gêne pour enfiler les nouveaux. La présence de la chimère ne me dérangeait pas plus que cela au final, il avait vu pire, du moins, c’est ce dont j’étais persuadée, je me contentais simplement de lui tourner le dos. Une fois rhabillée, je fis bouger mon bras endolori plusieurs fois, de diverses façons pour m’assurer de son bon fonctionnement et du fait qu’il ne me handicaperait pas trop. Une fois rassurée sur ce point, je m’asseyais sur un banc de bois plaqué contre le mur et observais le jeune homme avec curiosité, sans spécialement le reluquer pour autant même si la vue était intéressante, j’avais l’esprit ailleurs. Le visage plus sérieux que précédemment, je questionnais enfin le jeune homme sur ses intentions.

"Que t’attends-tu à trouver là-bas ? Le nom de ce patelin ne me dit absolument rien, il doit plus en rester que des ruines si Amestris est tombée dessus."

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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Ven 26 Oct - 14:21

Lyl s’arrêtait net alors que la rouquine l’avait alpagué d’une main sur son épaule. C’est lorsqu’elle lui fit remarquer ironiquement qu’il ne pouvait agir seul qu’il se tournait d’au quart face à elle. Un demi-sourire narquois il rétorquait…

-Dis plutôt que tu ne peux plus te passer de moi…

Égalité partout ! Il levait un sourcil significatif alors que le géant imitait le même geste que Cahelyn mais sur cette-dernière. Lyl fit une moue mi narquoise mi blasée en écoutant les avances du type à l’égard de sa protégée. Allons bon, la prochaine fois il l’a dissimulerait sous un masque… Il l’a suivait du regard avant de jeter un regard au grand type. Lyle refermait la marche.

Une sorte de dressing gigantesque, voilà où l’hôte androgyne les menait. Si Cahelyn avait une idée précise de sa tenue, Lyl n’en avait pas la moindre idée. Le blondinet quittait la pièce après leur avoir fait une brève présentation de l’équipement et où trouver les tailles et compagnie. Planté devant une géante étagère murale, notre ami réfléchissait. Quelque chose de confortable et qui ne craint pas la flotte sans pour autant lui donner trop chaud… Le noir était de mauvais goût pour un endroit aussi clair que les montagnes. Mais ce détail lui passait outre. Il lâchait un profond soupire, indécis. Il se retournait pour jeter un regard à la rouquine et se rassurer. Cahelyn était déjà en sous-vêtement en train d’enfiler un bas…

-Hmpff…

Il reportait son attention sur l’étagère et se saisissait d’un t-shirt, sous pull et une sorte de survêtement, le tout noir. S’ensuivit sa séance de déshabillage et rhabillage. S’il fut plus long que la rouquine c’était à cause de son flan troué et de ses côtes fêlées. Ses gestes étaient limités, il lui fallait ménager son abdomen pour ne pas que les points de sutures ne sautent. Difficile pour un homme aussi négligé que lui… Il était assis sur le banc face à l’étagère alors qu’il enfilait son t-shirt avec difficulté.

-Que t’attends-tu à trouver là-bas ? Le nom de ce patelin ne me dit absolument rien, il doit plus en rester que des ruines si Amestris est tombée dessus.

Il finissait de passer son t-shirt, tirant sur celui-ci pour l’abaisser complètement, pour cause il le moulait parfaitement. Toujours de dos à la demoiselle il s’arrêtait net, observant sans intérêt le pull posé sur sa cuisse. Un nouveau soupire puis il répondit doucement, nonchalamment…

-J’ai l’impression de connaître ce nom…peut être que j’y retrouverais des fragments de mon passé… Il passait les manches du sous-pull et ajoutait avant d’enfiler sa tête, tu es libre d’aider les escouades qui vont embusquer les scientifiques.Je ne reçois plus d'ordre, je ne fais que profiter pour servir mes intérêts...

Autant être clair avec elle si elle comptait le suivre. Lyl se levait, une main sur son flanc, il gardait la tête haute, comme si que tout allait parfaitement bien. Il s’observait, feintant deux trois gestes simples pour tester la commodité de sa tenue. Il ressemblait à un ninja, sauf que le haut était un sous-pull. Des vêtements imperméables qui lui permettraient de garder une température corporelle optimale sans avoir à enfiler les couches comme un humain ordinaire. Enfin il se tournait face à elle, direction la sortie.

-Je dois me souvenir de certaine choses…c’est primordial.

Il passait la porte, délaissant celle-ci ouverte pour la rouquine. Il ne lui avait même pas laissé le temps d’en placer une. Ils arrivèrent dans la pièce réservée à l’armement. Lyl souriait, satisfait.
Il se dirigeait vers les sabres, puis vers les flingues pour finalement s’arrêter sur un stand où étaient disposés plusieurs protèges bras, tibia et autres… Parfait pour lui quoi !

-Serres-toi! C'est gratuit, annoncait Lyl le plus naturellement possible..
-...Oui..m'enfin...

Lyl jetait un regard à l'androgyne qui eut vite fait de se taire et de marmonner quelque chose à l'intention de son chef absent. Le blondinet reculait, laissant nos deux chimères faire leur marché.

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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Ven 26 Oct - 19:54

Observant la chimère en train de se vêtir d’un regard plutôt sérieux, je le laissais pourtant glisser quelques secondes sur le torse bandé que j’avais sous les yeux, l’écoutant avec attention toutefois. Le pansement avait eu l’air de tenir, j’aurais dû détourner les yeux juste après avoir vérifié mais mon regard s’attarda légèrement avant que le jeune homme ne rabatte son pull après avoir passé sa tête et je secouais légèrement la tête pour me sortir de ma rêverie pour réfléchir à ce qu’il venait de me dire. Les sourcils légèrement froncés, je croisais son regard quelques secondes avant de me relever lorsqu’il sembla près à quitter les lieux. Je restais silencieuse en le suivant après avoir jeté un dernier coup d’œil à nos anciennes tenues remisées dans un bac. Inconsciemment, je laissais une partie de mon passé ici, de manière symbolique, c’était aussi pour cela que j’avais tenue à me débarrasser de ces vêtements, pour tirer un trait et avancer.

Je délaissais bien vite ces considérations inutiles lorsque le jeune blond nous retrouva pour nous conduire dans une vaste salle dont les murs, les tables, les présentoirs, tout était recouvert d’armes et de protections en tout genre, visiblement rangées par genre. A nouveau, la curiosité me piqua et je promenais un regard brillant sur les lieux, repérant bien vite l’endroit où étaient stockés la plupart des armes blanches. L’ancien capitaine se dirigea sans attendre vers les protections, je le suivais non sans regarder autour de moi, lorsqu’il m’incita à faire comme chez moi et me servir. Malgré l’air désapprobateur du gamin blond, je m’empressais d’accepter la proposition de mon ami et me dirigeais sans plus attendre vers le fond de la salle où se trouvait les petites lames. De toutes tailles, de toutes formes, de tous matériaux, je fus impressionnée de voir à quel point l’agence semblait bien équipé dans cette partie du pays, je ne me souvenais pas avoir pu observer de telles choses à leur QG de Central lorsque j’y étais entré, que ce soit en douce et normalement. J’observais avec une grande attention la diversité affolante de dagues, de stylet et autres petites lames proposées avant que mon regard ne soit accroché par un couple de dague relativement originale. Les lames en étaient courbées, plutôt fines et, choses marquantes, noires, relevées par un liserais blanc sur leurs tranchants. Les poignées semblaient faite de corne, un matériau léger et d’une résistance hors norme, sur laquelle avait été placé un morceau de cuir, pour assurer une bonne prise et éviter que l’arme ne glisse des doigts.

Je sentais le regard pesant du blondinet derrière moi mais n’en tint pas compte et m’emparais du duo de lames que je soupesais quelques secondes dans mes paumes. Légères et équilibrées, je plaçais celle dans ma main droite en prise inversée avant de faire quelques mouvements légers, cherchant à voir comment ces dernières répondaient aux diverses sollicitations, et je fus surprise de voir à quel point elles étaient simples et agréables à manier. Après deux ou trois minutes à enchainer les mouvements, je sentis la douleur de mon épaule se réveiller et stoppais net, satisfaite. Les deux lames dans une main, je repérais également de petites lames de jet qui attirèrent mon attention par leur forme peu commune. Elles ressemblaient à des pointes de flèches, crantées de chaque côté. Je m’emparais de deux de ses lames curieuses avant d’aller retrouver l’armurier, visiblement occupé à entretenir ses armes.

"Auriez-vous un fourreau pour cette dague – je lui montrais l’une des deux noires – ainsi qu’un ceinturon pour les petites ? "

Cherchant dans un bac à ses pieds, l’homme aux traits endurcis par de nombreuses cicatrices ressortit de l’amas de cuir exactement ce que je lui avais demandé, et c’est avec un grand sourire que je le remerciais avant de m’équiper. Contre ma cuisse droite, je plaçais le fourreau pour une des lames noires, prenant soin de bien serrer les lanières en vérifiant qu’il ne bougerait pas. La deuxième trouva sa place dans ma botte droite, soigneusement cachée dans un emplacement prévu à cet effet. Le ceinturon finit dissimuler sous le pull un peu long que je portais. Hormis la dague contre ma cuisse, je paraissais sans défense. Un autre principe qui m’avait été inculqué relativement tôt. Plus ton adversaire ignore combien tu es armée, plus il est vulnérable. Je fis un geste de la tête au vieil homme en signe d’au revoir avant de rejoindre la chimère qui semblait être sur le choix d’une arme désormais. Je jetais un coup d’œil rapide aux armes à feu mais détournais aussitôt la tête, n’appréciant pas vraiment leur usage. A la place, je rejoignis l’argenté d’une démarche souple, rassurée quelque part de ne plus me trouver sans défense. Sans même m’en rendre compte, en suivant le jeune homme dans son périple, j’étais passée du statut de tueuse à celui de protectrice, car au fond, c’est probablement le rôle que j’allais jouer à ses côtés, même si je poursuivais également certains objectifs en parallèle. Comme retrouver certaines traces du passé de mon père pour mieux comprendre sa chute, ce qu’il m’avait légué et pourquoi il l’avait fait. Ainsi que le but de ce qui était gravé à vie dans le creux de mes reins. La chimère me jeta un regard en coin en me voyant revenir avant de se reconcentrer sur sa recherche. Placée à sa gauche, les bras croisés, j’observais le bourdonnement incessant de tous ces gens avant de sourire légèrement.

"Eh ben … pour un groupuscule clandestin, vous êtes vraiment bien organisés et fournis, je suis impressionnée !"

Je vis bien le blond faire la grimace en voyant la dague que je portais à la cuisse, visiblement, je n’avais pas choisie la plus commune. Je haussais un sourcil en croisant son regard et il détourna aussitôt la tête avant de s’enfuir en marmonnant.

"Je vais chercher le chef …"

Le suivant du regard, je lâchais un léger soupir. Visiblement, notre présence semblait presque l’ennuyer, ce qui était compréhensible en même temps. Débarquer de nulle part pour se servir et repartir aussi sec, c’était pas fait pour s’attirer la sympathie. Je tournais légèrement la tête vers la chimère, de profil à ce dernier, en penchant légèrement la tête sur le côté, attendant qu’il ait fini.

"Je ne fais pas partie de l’agence, je n’ai pas de rôle ici. Je te suivrais, tout simplement, j’ai aussi certaines choses à apprendre."

J’esquissais un sourire amusé en sachant sur quoi j’allais continuer et me frottais l’arrière de la tête avant de reprendre d’une voix canaille.

"Et puis, tout chef digne de ce nom ne se trimballe jamais sans protection, « capitaine »."

S'il y avait bien une chose qui pouvait l'énerver ou le frustrer, du moins de ce que je pouvais imaginer, c'était qu'on remette en doute sa capacité à se défendre seul. Mais je n'avais pu m'empêcher d'enfoncer le clou tout en gardant un air relativement innocent.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Ven 26 Oct - 20:53

-Eh ben … pour un groupuscule clandestin, vous êtes vraiment bien organisés et fournis, je suis impressionnée !

Un œil plissé, Lyl examinait la lame d’un sabre relativement long dans sa globalité. La lame était un brin plus gros qu’une lame ordinaire. Niveau poids c’était autre chose mais rien de bien handicapant pour notre ami. Ses bras pouvaient supporter sans prétention l’arme ainsi que la manier avec aisance. Il rengainait sa trouvaille avant de ne répondre…

-L’alchimie y est pour beaucoup…

Plusieurs matériaux avaient été fusionnés pour créer de l’équipement solide et léger. Lyl emportait le sabre et se dirigeait vers les armes à feu. Bon viseur et précis qu’il était se devait d’en profiter ! Le blondinet s’en allait quérir son supérieur laissant indifférent notre ami qui cherchait du regard une arme. Il optait pour un pistolet argenté, il retirait le chargeur, vérifiait qu’il fut vide et tournait lentement les talons pour viser au hasard, soit un type à quelques mètres en face. Un œil plissé il tirait bien que rien ne sortit. Il n’eut pas besoin d’en regarder d’autre, il annonçait en faisant tourner l’objet autour de son indexe. Crâneur…
Pendant ce temps Cahelyn lui faisait brièvement part de ses motifs pour le suivre. Il fut intrigué par « choses à apprendre » mais n’en montrait rien. Il s’équipait déjà, plaçant l’arme dans u fourreau placé à la ceinture, sur son droit. Il fit un pas sur la droite et attrapait une ribambelle de munition. Pendant ce temps le type lui tendait une sorte de ficelle à la couleur du fourreau de son sabre, noir, pour enfiler et retirer celui-ci aisément. Replacer un katana dans son fourreau placé dans son dos relève de l’impossible… Mais le porter à la taille le dérangerait, donc autant l’avoir dans le dos quand il ne s’en servirait pas. Lyl levait enfin son regard vers l’homme, ou plutôt le sabre déjà installé au ruban noir. Il s’apprêtait à le saisir lorsque la jeune femme reprit la parole…

-Et puis, tout chef digne de ce nom ne se trimballe jamais sans protection, « capitaine ».

On aurait pus croire qu’il n’y avait pas fais attention tant il semblait concentré dans son marché. Mais ce n’était qu’une impression due à sa nonchalance et à son tempérament indifférent… Au lieu de ne saisir son nouveau bien il se saisissait de l’arme blanche disposée sur la cuisse de la rouquine. Mais au lieu de la menacer avec pour lui prouver sa rapidité il préférait la narguer. Il l’observait l’objet, feintant un intérêt et se saisissait de son sabre. Il enfilait ce dernier, plaçant l’objet dans son dos et tirait sur l’espèce de nœud pour resserrer la prise. Puis, un fois fait, il portait son regard sur la rouquine.

-J’espère que tu ne parlais pas de toi… ceci, il levait l’objet dérobé, ferrait une bien meilleure protection…

Un sourire narquois s’ensuivit de ses sarcasmes. Certain de ses capacités il lançait l’objet et le rattrapait du bout des doigts au niveau de la lame. La jeune femme tentait aussitôt de le rattraper d’un geste lasse. Lyl lui souriait de son air enjôleur alors qu’il n’avait pas bougé d’un centimètre, juste levé le bras... Le jeu était ; qui emmerderait le plus l’autre ?

-Hmm… je crois que j’ai encore de la place pour celle-ci…

Cahelyn lançait une nouvelle offensive sans trop y mettre d’entrain alors qu’il avait baissé le bras. La vitesse du serpent était intéressante surtout quand ca l’arrangeait… Par conséquent il avait attrapé son poignet et s’était permis de replacer l’objet en fixant la jeune femme d’un air…provocateur ? Encore un bon prétexte pour la tripoter, même si il l’eut juste effleuré. Le jeune homme en avait profité pour approcher d’un peu trop près son visage en se baissant légèrement. C’était la première fois qu’il la voyait d’aussi près, et de jour !

-Ca y’est z’avez fini ?! Demandait l’armurier qui asistait à leurs taquineries à peine charnelles, d’un air blasé, ou envieux, allez savoir…

Lyl se retirait et se dirigeait vers les protections précédemment observées pour en enfiler à chaque avant-bras. Il enfilait ensuite une paire de gant, toujours assorti à sa tenue. Notre ami avait un penchant pour le combat au corps à corps… d’où la protection sur les avant-bras pour lui éviter de se briser les os. En effet, il comptait en découdre.

-Ouais…

Au même moment débarquait le géant, chef des lieux. Le type annonçait qu’un véhicule attendait nos deux compagnons. Mais avant de quitter définitivement les lieux, l’amnésique demandait les soins d’un médecin alchimiste. Malheureusement, le seul médecin digne de ce nom n’était pas disponible avant un bon moment, or le jeune Capitaine ne voulait pas patienter. Il était donc temps de gagner le véhicule en question…
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Sam 27 Oct - 11:51

Je me détournais légèrement, croyant que l’argenté n’avait finalement pas relevé ma pique, et observais la pièce tranquillement, mains dans les poches de ma veste lorsque d’un geste vif, le jeune homme s’empara de la dague que je gardais attachée contre ma cuisse et s’écarta avant même je n’ai vraiment le temps de réagir, faisant ainsi preuve d’une rapidité impressionnante. Portant son attention sur la seconde arme qu’il tenait à la main, il plaça cette dernière sur son dos avant de me renvoyer un sourire moqueur en observant la dague qu’il m’avait dérobé. Je me tournais vers lui, les sourcils froncés et un air passablement blasé sur le visage pour l’observer jouer avec la dague sombre. Lorsqu’il la rattrapa avec aisance, je tendis le bras pour m’en saisir mais il ne me laissa pas ce plaisir et leva le sien hors de ma portée, de l’inconvénient d’être plus petite que lui. Le bras levé, le fixais son visage quelques secondes avant de lâcher un soupir las en me détournant.

"Tsss frimeur ! "

Le jeune homme baissa le bras, regardant l’objet avec une certaine convoitise avant d’insinuer qu’il garderait bien l’arme noire et je me retournais vivement pour tenter de m’emparer de la lame une nouvelle fois, mais la chimère retint mon poignet avant que mes doigts ne puissent effleurer la dague. Abaissant légèrement sa main qui tenait la mienne, il s’approcha de moi, son visage à quelques centimètres du mien alors qu’il se baissait pour remettre l’arme dans son fourreau sans pour autant me lâcher. Je haussais un sourcil désabusé sans pour autant bouger, mon regard s’attarda quelques secondes sur le sien avant de ne descendre légèrement. Ce fut la voix de l’armurier qui commentait d’un ton agacé qui me ramena les pieds sur terre et je dégageais ma main de la poigne légère du jeune homme pour me reculer, frustrée d’avoir été bernée si facilement sans pour autant le quitter des yeux, un léger sourire aux lèvres. Au final, j’étais en train de me laisser prendre au jeu de ces provocations à peine voilées, je me rendais compte que son attitude m’amusait car il répondait presque du tac au tac à la moindre sollicitation.

Je finis par le suivre lorsqu’il bougea vers un autre stand et détournais finalement mon attention du jeune homme pour m’intéresser d’un peu plus près à ce que comportait le présentoir. Diverses protections, aux coudes, aux genoux, aux épaules, aux poignets, bref, l’attirail complet. J’observais le tout l’espace de quelques secondes avant de ne déposer mon dévolu sur une paire de protections d’avant-bras, composées de petites plaques d’acier sombre superposées les unes sur les autres. Sous les plaques, deux minuscules lames étaient dissimulées, actionnées par un mouvement précis et sec du bras. Idéal encore une fois pour surprendre son adversaire. Je m’en équipais tranquillement avant de ne m’emparais dans le coin du présentoir d’un nécessaire pour affûter les lames que je rangeais soigneusement dans une bourse de cuir, accrochée à ma hanche. J’avais rarement été aussi bien équipée, je devais bien me l’avouer.

Je restais près du stand lorsque le chef des lieux arriva, s’entretenant quelques minutes avec la chimère, lorsque ce dernier revint dans ma direction en me faisant signe de bouger. Je compris qu’il n’avait pu obtenir ce qu’il souhaitait et le suivit, les mains de nouveau dans les poches. Il y avait plusieurs sorties au bâtiment – jamais je ne me serais doutée qu’il aurait pu être si vaste seulement vu de l’extérieur – et la jeune chimère se dirigeait désormais vers la sortie située à l’arrière du bâtiment. Dans la cour à l’extérieur, plusieurs véhicules, de tous gabarits, s’entassaient les unes derrière les autres. Une voiture grise, pas franchement grande et passe partout, était stationnée, moteur en marche en plein milieu de la cour, j’en déduisis que c’était le véhicule réquisitionné par le jeune homme. D’une main distraite, je fermais la lanière de sécurité sur le fourreau contre ma cuisse, bloquant ainsi la dague, avant de me tourner vers le géant brun que je remerciais d’un léger sourire et de quelques paroles pour les biens qu’il nous avait octroyé, avant de me rendre à la voiture en laissant la chimère derrière. Nul doute qu’ils avaient encore à parler, je n’avais pas à savoir, je ne faisais pas partie des leurs.

Parvenue devant la portière du côté conducteur, je posais ma main sur la poignée avant d’hésiter quelques secondes en fixant le volant. Refermant d’un coup sec la porte que j’avais à peine ouverte, je fis le tour du véhicule pour me poster sur le siège passager. J’avais horreur de conduire, ce n’était pas un scoop, aussi je profitais du fait que le jeune homme n’ait visiblement pas le même rapport à la route que moi pour me faire conduire. Sans gêne, je farfouillais déjà dans la boite à gants à la recherche d’une carte, de quelques choses nous permettant de nous diriger une fois avoir passés la frontière drachmienne. Je connaissais un peu les lieux, mais rien de bien probant. De plus, passer la frontière risquait d’être compliqué, j’avais dans l’idée de me servir de mon statut, je doutais que les autorités du nord soit déjà au courant de mon geste, même si quelques jours déjà avait passés. L’échange d’informations n’était pas leur point fort, loin de là, il m’avait suffi de voir à quel point ils étaient ignorants de la situation de leur si vénéré capitaine pour me rendre compte de ce point.

La portière conducteur claqua et la voiture démarra en trombe quelques secondes plus tard, sortant rapidement de toute zone habité pour s’enfoncer rapidement dans les sous-bois en direction du nord. Silencieuse, je regardais les arbres défiler à toute vitesse sur le bas-côté, l’esprit quelque peu absorbé par mes réflexions lorsque je tournais mon regard vers la chimère qui avait pris ses aises au volant, les sourcils légèrement froncés.

"Au fait, je ne connais toujours pas ton prénom. "

Il s'était passé tellement de choses déjà que je n'avais pas franchement eu la présence d'esprit de m'enquérir de ce détail, mais maintenant que nous étions amenés à parler un peu plus sans se taper dessus ou boire comme des trous, j'étais désormais curieuse de le connaitre. Et surtout de ne plus avoir à l'appeler par son grade ou on patronyme. Les renseignements obtenus lors de ma mission de reconnaissance à son sujet n'avait pas été des plus fournis, et visiblement le jeune homme avait été plutôt discret sur sa véritable identité par le passé. Au fond, il l'était toujours, d'une manière différente.

Visiblement, nous étions destinés à faire pas mal de route, aussi je reculais mon siège au maximum pour obtenir davantage de place et m'assis en tailleur sur le siège, coude posé sur la portière, la tête retenue par mon poing fermé, j'observais le jeune homme avec curiosité, plus que je n'avais pu le faire par le passé.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Sam 27 Oct - 17:07

Le géant tendait le bras, attendant que son cadet daigne lui serrer la main. Lyl jetait un bref coup d’œil à la demoiselle qui prenait les devants avant de lui faire face. Ils serrèrent la main comme de vieux frères d’âmes, le géant tapotant l’épaule du jeune homme. Son visage semblait moins fanfaron. Il le mit en garde sur la zone à la quelle ils comptaient se rendre. Il lui expliquait comment passer la frontière. Un échange rapide auquel coupait court Lyl. Un type débarquait, un sac noir à la main, le chef des lieux lui indiquait notre ami.
Ce dernier s’éloignait d’un pas sûr, le visage fermé.

-Heey ! L’air de Drachma est bien plus glacé qu’ici ! Il riait, …mais tout ça, tu le sais déjà, hein !

Lyl esquissait un rire carnassier alors qu’il atteignait déjà la hauteur de la voiture. Sans un mot il pénétrer à l’intérieur. Le géant devait avoir eut vent de la situation et de toutes les rumeurs loufoques et invraisemblables sur notre jeune capitaine. Parmi elle, une rumeur disant qu’il aurait perdu la mémoire. Il valait mieux pour notre ami de démentir cette rumeur et de se comporter normalement, comme si de rien n’était. Chose qui avait marché vu que tous ici continuait à le respecter. Le jeune homme ouvrit la portière côté conducteur et balançait le sac à l’arrière avec négligence, ce fut ensuite le tour de son sabre. Lyl démarrait aussitôt le frein main levé, un départ en trombe malgré la chaussée glissante.

-Au fait, je ne connais toujours pas ton prénom.

Comme si que ça l'importait vraiment, se disait-il.De sa main droite il fouillait dans le sac qu’on lui avait refilé et qu’il avait négligemment jeté. Une idée précise en tête. Il ne mit pas à longtemps trouver et sortit donc un paquet de cigarette. Il ouvrait celui-ci à l’aide ses dents, débrouillard.

-Lyl.G, ne m’demande ce que représente le G…j’en sais foutrement rien.

Il lui jetait un regard qui traduisait sa nonchalance avant de porter la cigarette à ses lèvres. Il y a quelques que temps encore il refusait d’être cet homme mais aujourd’hui tout portait à croire qu’il était Lyl.G Wayne. A moins qu’un complot gigantesque ait lieu… improbable n’est-ce pas ? Il se penchait légèrement sans quitter la route du regard. Cette fois il était à la recherche d’un briquet. Et tandis qu’il cherchait il lui retournait sa question…

-J’connais pas non plus l’tiens.

Il rapatriait sa main avec un objet non approprié à sa recherche et jetait l’objet par-dessus son épaule avant de replonger sa main dans le sac. La jeune femme répondit et Lyl trouvait enfin l’objet convoité pour allumer sa clope. Il ouvrit la fenêtre et lui annonçait avec cette nonchalance qui lui était propre…

-Il y a un sac derrière, prends ce qui t’intéresse, nous voyagerons légers.

La chimère lui jetait un regard, examinant au passage sa tenue. Elle lui paraissait un brin trop légère à son goût. D’autant plus qu’elle semblait avoir le sang plus chaud qu’un humain normal, tout son contraire. Il revint l’image de son tatouage se plaquer sur sa rétine et prenait un air à demi sérieux, coude sur la portière non pas sur la fenêtre mais devant. Il faisait trop froid pour ouvrir la fenêtre en grand d’autant plus que la vitesse augmentait le ressenti. Il tirait une taffe sur sa cigarette…

-Ce tatouage sur ton avant-bras, il lui jetait un furtif regard pour s’informer de sa réaction et savoir si le sujet était sensible ou non, depuis combien de temps est-il là ?

Ils s’enfonçaient d’avantage dans les montagnes, enchainant les lacets, des virages parfois périlleux qui ne semblaient pourtant pas inquiéter la chimère. Question d’habitude ? Il se savait fils de Drachma, ex-soldat et Capitaine d’une organisation maudite. Le froid ne l’inquiétait pas, de plus son corps y était adapté grâce à ses gênes modifiées. L’amnésique était soudainement curieux, intrigué par l’animal qu’abritait la belle. Sûrement un animal à sang chaud qui ne trouverait pas sa place dans les montagnes. Il ne fallait pas compter sur notre chimère pour quérir de la chaleur corporelle… Avant-même qu’elle n’ait le temps de répondre, Lyl lui dit, toujours plus sérieux qu’il ne le paraissait…

-J’espère que tu sais ce que tu fais et dans quoi tu t’es fourrée…

L’amnésique n’était pas fréquentable et puis elle avait déjà perdu gros en partie à cause de lui…
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 28 Oct - 13:11

J’observais d’un œil curieux le sac en tissu noir que le jeune homme avait négligemment balancé à l’arrière du véhicule avant de reporter mon attention sur ce dernier lorsqu’il répondit à me demande. J’esquissais un léger sourire en réponse à une réflexion personnelle. Un prénom singulier pour un garçon qui l’était tout autant. Néanmoins, je fus prise de court lorsqu’il me renvoya ma propre question en pleine face et haussais un sourcil surpris. J’étais persuadée pourtant que la personne qui l’avait aidé à éclaircir la situation à mon sujet – que je supposais très fortement être Reï, la jeune femme était la seule personne à qui j’avais daigné tout révéler, enfin presque – lui aurait également donné mon patronyme, mais visiblement il n’en était rien. De plus, je ne pus retenir une pensée acerbe en me demandant s’il avait réellement quelque chose de qui je pouvais bien être. Si je lui portais un certain intérêt depuis notre première rencontre, il m’apparaissait presque évident que c’était à sens unique, c’est aussi la raison pour laquelle je refoulais cette affection derrière des répliques provocatrices. Sa question ne faisait écho à la mienne que par politesse probablement, aussi je lui finis par lui répondre, d’un ton pas vraiment convaincu toutefois.

"Pandora … Cahelyn."

Alors que je répondais, je portais également sur le jeune homme un regard passablement amusé en le voyant fouillé dans le sac à l’arrière, sans avoir la présence d’esprit de ma demander un coup de main ou de prendre le sac sur ses genoux le temps de trouver son bien. Renvoyant l’objet qu’il en avait tiré – un chargeur de flingue – vers l’arrière, il se remit à fouiller avec plus de vigueur dans le sac derrière lui, penché sur son volant en un angle qui paraissait plutôt désagréable, avant de rapatrier un nouvel objet, visiblement le bon cette fois-ci. Je finis par détourner le regard sur la route sinueuse et enneigée en chassant mon air amusé pour reprendre une expression plus farouche, mon air habituel. Haussant un sourcil lorsqu’il reprit la parole, je l’écoutais avant de me saisir du sac pour fouiller à l’intérieur sans la moindre gêne. Après tout, il n’avait pas tort, mieux valait ne pas s’encombrer trop, même si j’ignorais pas quel chemin il comptait passer pour rejoindre la frontière.

Le sac contenait un bordel innommable, néanmoins, il y avait presque l’intégralité de ce dont on pouvait avoir besoin. Nourriture, boisson, munitions, nécessaire de soins, allumettes, linge propre, et j’en passais. Au bout de deux minutes je mis la main sur une chose particulièrement intéressante ; une pierre à affûter accompagnée d’un fusil model miniature, d’une espèce de pâte sombre destiné à polir les lames, le tout fermement enserrés par un chiffon dont la matière était imperméable. Me redressant, j’attrapais en me contorsionnant légèrement une bourse de cuir, fermée par deux lacets de la même matière et attachée à ma ceinture, pour y fourrer tout ce nécessaire. Peu volumineux et au poids dérisoire, cela pourrait pourtant s’avérait être particulièrement utile. Sans vouloir l’avouer, je comptais également sur mes griffes en cas de gros problèmes, mais autant que possible, j’espérais ne pas avoir à montrer cette particularité à la chimère, même si ce dernier devait se douter de ce que j’étais au vu de l’endroit où nous nous étions connus.

Comme s’il avait lu dans mes pensées à cet instant précis, ce dont je doutais toutefois fortement, l’argenté me questionna au sujet de la marque de bétail que je portais sur mon avant-bras, pourtant dissimulée actuellement par les manches du pull que je portais. Probablement que ce dernier l’avait aperçu en soignant mon épaule blessée. Refermant le lourd sac noir, je le renvoyais sur le siège arrière après voir récupérer une petite flasque, visiblement rempli d’un alcool que j’assimilais à de la vodka, et j’avais rangé soigneusement dans une des nombreuses poches de mon pantalon, sur la cuisse gauche, je me tournais vers le jeune homme, réfléchissant à ce que je pourrais bien lui répondre et également au sens véritable de sa question. Il savait ce que cela représentait, j’en étais certaine étant donné que lui-même possédait la même marque sur son propre bras, signe imparable que nous avions toux deux subis les sévices d’une armée pourrie. Finalement, je posais mon regard sur les traits de la chimère, ce dernier toujours concentré sur la route de plus en plus dangereuse, alors que ce dernier reprenait, me demandant si je savais réellement ce que j’étais en train de faire. Un sourcil haussé, je finis par lui répondre sur un ton passablement amusé.

"Je n’en ai pas la moindre idée en réalité ! "

Et c’était vrai. En l’espace de quelques semaines, j’avais perdu tout ce à quoi j’aspirais, tout ce qui comptait pour moi, je n’avais plus aucun but. Alors j’avais saisi l’opportunité que m’offrait le jeune homme sans vraiment le savoir et l’avait suivi, peu importe ce qu’il pourrait arriver. Je ne craignais plus rien désormais, même la crainte de mourir avait fini par disparaitre. Pour autant, je ne pouvais pas, ne voulais pas me laisser dépérir, et je savais parfaitement que je le ferais si j’en venais à rester seule et sans objectif. Voilà pourquoi j’avais foncée tête baissée en compagnie du jeune homme, malgré ce qui pouvait l’attendre. Reprenant mon sérieux, je gardais pourtant un demi-sourire aux lèvres avant de répondre à sa question précédente d’un ton plus calme.

"Ca va bientôt faire cinq ans …"

J’en vins à me demander depuis combien de temps il se trainait également sa condition de chimère, mais je n’osais pas lui poser la question. En vérité, je ne voulais pas rentrer dans ce jeu de questions réponses, je risquais de me montrer un peu trop honnête et je n’en avais pas envie pour l’instant. Je me questionnais également pour savoir si le jeune homme se douter du lien que j’avais avec son défunt maitre, j’en déduisis toutefois que non, ce dernier m’en aurait probablement déjà parlé sinon. J’allais enchainer sur un autre sujet lorsqu’une ombre à l’horizon attira mon regard et je plissais les yeux pour mieux y voir. Plusieurs hommes se tenaient près d’un barbelé entravant la route, et se rapprochaient rapidement vu que la vitesse du véhicule était plutôt élevée. Je compris que l’on approchait de la frontière, même si je n’avais pas pensé que les militaires drachmiens pourraient tenter de surveiller une route aussi peu fréquentée. Ils devaient redouter quelque chose.

"Arrête toi."

Une fois que la voiture fut immobilisée, je perçus un mouvement précipité dans les membres situé à un bon 500m de nous. Pratique de voir de loin, cela s’avérait très utile en cet instant. Les dents serrés, je fixais la route et le militaires par extension avant de lâcher d’un voix railleuse.

"J’espère que t’avais un plan pour t’infiltrer dans le pays … Parce que sinon, je te propose qu'on aille de planquer, et vite !"

La cohorte se mettait en branle au loin alors que je reportais mon regard soucieux sur la chimère. Je n’avais pas franchement envie de me battre, n’ayant pas suffisamment récupéré, et le flanc du jeune homme étant encore en piteux état, je me doutais que cela serait pareil de son côté. S’il n’avait pas de sauf-conduit, ce dont je doutais fortement, semer les militaires serait pour le moment le choix le plus sage, nous pourrions également profiter du couvert de la forêt pour avancer sans risque d’être repérés. Dans la mesure du possible, je ne tenais pas à invoquer mon rang pour entrer dans le pays, d’autant plus que les papiers qui m’avaient été octroyées lors de mon arrivée dans l’organisation résidaient sagement au QG de Central. J’attendis donc la décision de la chimère car au fond, je ne voulais pas me tirer pour le laisser seul s’il tenait à affronter les soldats. J’espérais juste qu’il adopte un raisonnement similaire au mien compte tenu de sa propre blessure. Deux chimères n'auraient probablement aucun mal à se fondre dans la nature.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 28 Oct - 16:55

-Je n’en ai pas la moindre idée en réalité !

Voilà qui était honnête. Lyl levait un sourcil, perplexe, une moue vint également traduire son sentiment. Le jeune homme tirait une nouvelle bouffée sur sa clope, silencieux. Pourquoi se fourrer dans une telle situation alors? Avait-elle perdu la raison? Il lui avait jeté un regard grave. Peut-être qu'elle avait des idées morbides et qu'au fond elle cherchait le salut de son âme. Le jeune capitaine avait appris à ne pas faire confiance aux suicidaires...
Quelques secondes plus tard elle répondait à sa précédente question concernant sa « métamorphose alchimique ». Cinq ans qu’elle était une chimère. Une autre question lui venait alors en tête, celle de son âge… Plus jeune très probablement ou bien pus vieille que lui, qui sait. Ces réponses et questions le remettaient lui-même en question. Depuis quand était-il mi-homme mi-serpent ? Volontairement il n’avait pas été curieux sur sa vie, seulement quelques informations qu’il avait jugé primordiales… Maintenant il regrettait un peu. Il ressentait le besoin de connaître ses racines. Au final leur conversation avait été creuse, la jeune femme n’ayant pas voulu s’attarder.
Songeur, son regard s’était légèrement perdu tout comme son esprit alors que la demoiselle lui demandait subitement de s’arrêter. Avec plus de concentration il apercevait au loin une faible agitation. Il fit une grimace alors que Pandora lui suggérait de se planquer… Elle avait raison, il leur fallait être discret. Pourtant notre ami se serrait fait une joie de foncer dans le tas. Mais un tel comportement irréfléchi n’aurait que fait de mettre le pays infiltré en alerte. Sa tête mise à prix et placardée probablement à travers le pays, il lui fallait être discret. Qui plus est il n’était pas seul, il ne pouvait se permettre de mettre en danger sa coéquipière. Si elle l’était vraiment. Si ca se trouve elle l’abandonnerait dans un coin une fois introduite ou qui sait pour quel motif… Une probabilité faible dans son esprit tourmenté.

La voiture fourrée dans le bas côté, près du ravin, trop près même, Lyl sortait de la voiture pour se diriger à la portière arrière. Celle-ci ouverte il fouillait dans le sac noir, se rendant compte au passage de l’utilité de ce qu’il contenait. Il y trouvait un fusil avec viseur jumelle intégré. L’outil parfait pour ce qu’il avait en tête, soit une diversion. L’arme était emballée dans un tissu avec une extension du canon et du viseur, tout pour s’improviser sniper. La chimère assemblait le tout avec précision. Il n’était pas affolé par la situation, lin de là en fait. Lyl avait toujours eu cette particularité déroutante à garder son calme même dans les pires situations. Même démuni de sa mémoire il restait ainsi, un trait inscrit dans sa personnalité depuis son avance et en vue de ce qu’il avait vécu. Une fis l’arme assemblée il s’équipait de son sabre du sac et du fusil avant de ne refermer la porte. Il se dirigeait de nouveau vers le côté conducteur. Il retirait le frein à main et fit le tour de la voiture.

-Aide-moi, demandait-i de son air nonchalant…

Placé derrière l’auto, le jeune homme poussait l’objet emprunté dans le vide pour masquer leurs traces. Une fois cette première étape accomplie il se dirigeait vers la forêt. Ils entamèrent une courte marche.
Apparemment l’endroit indiqué par l’agence était cerné par l’armée et hors d’accès.

-Tss… décidément…y’a toujours un hic…

Agenouillé, il profitait de la distance et du viseur de son arme pour observer les lieux et dresser un plan…

-Il faut trouver un autre endroit non gardé…

Le jeune homme relevait les yeux de son viseur pour observer la rouquine. Il se fiait à ses capacités « chimériques » pour avancer un probable plan…

-L’humidité serra plus élevé avec la nuit, leur visibilité serra donc raccourcie, soit on attend, soit longe la frontière…

Le problème était le froid, une fois a nuit tombée ils risquait plus ou moins de déguster… Il l’observait, Pandora dégageait bien plus de chaleur qu’un humain ordinaire, il avait pus l’apercevoir ave sa vision modifiée. Il y avait un potentiel risque pour la miss.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 28 Oct - 18:08

Je descendis de la voiture sans pour autant lâcher l’horizon du regard, les troupes se mouvaient, mais impossible pour moi de savoir si c’était dans notre direction ou bien s’ils se contentaient de tourner sur leurs positions. Dans un réflexe, je replaçais correctement la lame au creux de mes reins pour marcher plus confortablement avant de remonter légèrement le col du manteau que je portais. Je n’avais pas froid, mais le vent était mordant et je sentais malgré tout certains frissons me traverser l’échine de temps à autre. La chimère m’interpella et je me détournais de la frontière pour m’approcher de lui, curieuse. Ce dernier s’était placé contre le coffre du véhicule et poussais ce dernier en direction du ravin. Je compris bien vite la manœuvre et allais l’aider à pousser jusqu’à ce que la voiture dévale la côte seule, suivant ainsi le jeune homme dans la forêt.

Je marchais sur ses talons, faisant le moins de traces de pas possible dans la poudreuse, je n’étais pas inquiète, il neigerait probablement durant la nuit qui s’avérait proche, recouvrant ainsi les traces de notre passage. Lyl finit par ralentir et fronça les sourcils alors que nous approchions de plus en plus du poste de garde. Son arme sur l’épaule, il finit par se dissimuler derrière un arbre proche avant de viser le groupe ennemi non loin. Si je crus sur l’instant qu’il allait tirer, il n’en fit rien, se contentant d’observer les lieux. Quant à moi, je bougeais pour aller m’adosser à un pinède non loin du jeune homme, dos tourné à son objectif, les bras croisés, j’attendais patiemment. Enfin, presque, je ne pouvais empêcher ma jambe gauche de tressauter, signe évident de nervosité à devoir rester statique dans le froid. Je déportais toutefois mon regard sur lui lorsqu’il prit la parole et l’observais quelques secondes avant de lever les yeux vers le ciel que l’on pouvait encore voir à travers la couche de branchages.

"Hm … Le plus prudent serait effectivement d’attendre la nuit, d’autant plus qu’elle ne devrait pas trop tarder."

J’hésitais l’espace de quelques secondes en me rapprochant du jeune homme pour observer les militaires, avant de reprendre, les sourcils légèrement froncés.

"S’ils se trouvent postés ici, longer la frontière ne servira pas à grand-chose, il y aura forcément d’autres patrouilles. Autant patienter et essayer de passer sous leur nez une fois le jour tombé. "

J’ignorais le bon sens qui me disait que si je ne claquais pas encore des dents, cette nuit ce serait un autre débat si nous étions amenés à rester statiques. Après tout, j’avais choisis de l’accompagner, je n’allais pas reculer au moindre risque. Un mouvement à la lisière de la forêt attira mon regard, et je vis détaler ce qui ressemblait fort à un gros lièvre, probablement planqué depuis notre arrivée. Ainsi, il y avait encore une certaine vie ici malgré le froid mordant, c’était bon à savoir. Ca signifiait également que les militaires n’étaient pas le seul danger à redouter. Je m’étirais légèrement avant d’observer la chimère qui était retourné à son poste d’observation le temps d’attendre que le crépuscule se pointe.

"Comment vont Reï et Kojaku ? – je marquais une légère pause le temps de croiser le regard de jade de mon acolyte – Elle a du me maudire d’être partie sans rien lui dire … "

Même si l’envie de revoir la jeune femme était bien présente, la crainte était aussi là, car le tempérament bien trempé de cette dernière ne me pardonnerait probablement pas cette incartade de ma part. Du moins, pas s’en m’avoir passé un savon d’abord. Je repris, un demi-sourire aux lèvres en détournant le regard vers les militaires.

"C’est elle qui t’as dit qui j’étais, non ?"

Quitte à devoir patienter, autant discuter. J’avouais être curieuse de de savoir ce que lui avait dit exactement la jeune femme à mon sujet, étant donné qu’il semblait ignorer pas mal de choses en fin de compte. Je me demandais également ce que je devais ou non avouer au jeune homme. Comme le fait d’être la fille de son maitre dont il semblait vouloir retrouver la trace, même ici.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 28 Oct - 20:25

Allongé dans le neige, Lyl ne souffrait pas du froid, du moins pas encore. Le fait que ses vêtements furent imperméables et coupes vent aidaient beaucoup. Seulement aideraient-ils suffisamment une fois le soleil couché ? Il ne se rappelait plus de Drachma ni même de quoi que ce soit d’autre s’en apparentant. Sa mémoire n’était pas encore assez sollicitée pour lui fournir d’autres pièces manquantes à son esprit fragmenté. Contrairement à la rouquine il relâchait un faible nuage de fumée en provenance de ses poumons. Pandora suggérait d’attendre la tombée de la nuit, Lyl retravaillait l’idée dans sa tête. Ce qui l’embêtait le plus était de rester sans bouger durant tout ce temps. Il leur fallait bouger pour ne pas congeler. La jeune femme s’approchait tandis que Lyl observait encore l’ennemi. Il cherchait une brèche, un garde moins attentif que les autres par exemple. Si la brume nocturne était épaisse voire opaque ils auraient des facilités pour passer le mur. Dans le cas contraire ils allaient devoir faire marcher leurs méninges pour trouver un plan parfait. Lyl humait l’atmosphère ne sachant quoi penser du temps. L’air était humide, un peu comme quand il allait pleuvoir à Amestris mais ici c’était différent…

-Comment vont Reï et Kojaku ? Lyl levait le menton, portant son regard sur la rouquine qui reprit aussitôt, Elle a du me maudire d’être partie sans rien lui dire …

Le jeune homme ne quittait plus sa position, le froid anesthésiait la douleur de son flanc et la douleur en général. Il détournait le regard avant d’esquisser un sourire amer…

-C’est surtout moi qui ais ramassé…
-C’est elle qui t’as dit qui j’étais, non ?

Pas le temps de répondre à la première qu’elle enchainait sur une autre. Lyl reportait son regard sur son visage rougi par le froid. Elle était affalée dans la neige, dans la butée où ils se trouvaient. On aurait dit deux soldats planqués dans des tranchées… Ses yeux verts firent navette entre les deux globes saphir de la demoiselle.

-Elle t’en veut d’être partie sans un mot… Mais tu n’es pas celle à blâmer …Elle m'a dit que tu était une espionne de deux pays ennemi...et qu'on te faisait chanter...

Il avait détournait le regard. Lyl avait encore du mal à comprendre qu’elle ait pu perdre un proche pour protéger des inconnus et surtout un homme détesté comme lui. Un mystère qui venait s’ajouter à celui actuel. Pourquoi le suivait-elle sans broncher ? Et alors qu’il y resongeait il repensait à quelque chose. Pandora lui avait avoué avoir des choses à découvrir de son côté et donc vouloir partager la route avec lui… Avec ce souvenir récent s’éclaircissait toutes ses interrogations. Il s'était abstenu de lui dire qu'elle aurait mieux fait de s'occuper de son parent, mais c'était délicat et il lui était reconnaissant. Ce geste, aussi étrange lui paraissait-il le touchait. En partie la cause de l’intérêt bien gardé qu'il lui portait.
Il reportait son œil au viseur et répondit à sa première question…

-Reï a retrouvée la mobilité de sa cheville…en partie. Quant à ton prince charmant, il souriait, un large sourire comme on lui voit rarement. Lyl était au courant de la complicité des deux et en était que plus qu’amusé d’en remettre une couche…il me déteste d’avoir fait fuir sa dulcinée…

Un vrais gamin... Il eut un petit rire narquois alors qu’il songeait à la suite de ses propos. Il se pincait les lèvres mais ne put retenir son idée loufoque. Le jeune homme défaisait son regard des militaires pour jeter un regard taquin à la rouquine qui semblait crispée par le froid de plus en plus lacérant. Ça la réveillerait probablement un peu…

-Tu sais, un sourire espiègle pendu aux lèvres, les Xinois ont pour coutume d’enlever leurs femmes, beaucoup de grands rois et princes sont polygames…Va falloir que tu le tiennes en laisse ton toubib !

Un nouveau rire, sournois celui-ci…

-Ho ho ho !

Et tandis qu’il se marrait de ses propres sarcasmes, comme si que ca lui plaisait de briser les espoirs de son ami… Il baissait la tête, s’apprêtant à ce qu’elle réplique.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 28 Oct - 21:42

Je fus rassurée de savoir que la jeune femme avait finalement guérie de ses blessures, ce qui m’attrista fut d’apprendre qu’elle en garderait pourtant des séquelles. Visiblement son ami n’avait pas pu réparer efficacement les os broyés de la demoiselle, je sentis un légère pointe de culpabilité refaire surface, que je tentais de chasser aussitôt. Après tout, j’avais cru bien faire en agissant ainsi, nous avions tous eu notre lot de souffrances à cause de cet acte irréfléchi, les autres comme moi, ressasser cet évènement ne servirait plus à rien désormais. Toutefois, je fronçais les sourcils lorsque le jeune homme continua, l’observant avec une moue renfrognée, assise contre un arbre dans la neige. Si je l’avais cru sérieux dans ses propos l’espace de quelques secondes, je compris bien vite au sourire railleur qui habillait son visage qu’il n’en était rien, qu’il ne faisait que me chambrer. Je haussais un sourcil devant ses paroles, car ses insinuations étaient totalement infondées. Enfin … de mon côté, le jeune xinois avait bien tenté sa chance, mais je n’avais pu que le repousser gentiment car l’affection que je ressentais pour le brun n’était qu’amical, rien de plus. Mais visiblement ce léger écart avait été connu d’autres personnes que nous. Les mains posées au sol, mes doigts grattaient doucement la neige, imperceptiblement, formant une boule bien distincte au creux de ma main gauche sans que je ne quitte le visage de la chimère des yeux. J’esquissais un demi-sourire en réponse à ses provocations avant de lever brusquement ma main armée du projectile pour lui balancer, le touchant à l’épaule alors que j’avais visé la tête, mais ce dernier était fichtrement rapide lui aussi. Je me frottais les mains rougies par le froid en l’observant avant de rétorquer, un sourcil arqué d’un air quelque peu amusé.

"Tu en aurais presque l’air jaloux ! Ne t’en fait pas, je ne vais pas te le prendre ton beau brun ténébreux, je m’en voudrais trop de te faire ça."

J’esquissais un sourire narquois dans sa direction avant de me relever. Mettre en doute la penchant du jeune homme pour les femmes était somme toute totalement ridicule, je ne me souvenais que trop bien désormais du soir où je l’avais ramassé dans le cabaret dans les bras d’un fille de joie – ou plutôt dans ceux de son garde du corps … - l’attirance du jeune homme pour la gente féminine était manifeste, et j’étais d’ailleurs surprise de ne pas l’avoir vu chercher de compagnie féminine depuis que je le côtoyais de nouveau, ne serait-ce que pour les plaisirs de la chair, ce genre de choses étaient courantes à ce que j’en savais. Mais vu la situation, il devait probablement avoir l’esprit ailleurs. Toutefois, je laissais échapper un léger rire en voyant sa réaction avant de me frotter vigoureusement les mains. Les plonger dans la neige n’avait pas été une idée franchement lumineuse, même si j’étais ravie de l’avoir touché. Je repensais également à ses insinuations pas franchement délicates sur mon penchant pour les femmes et en profiter pour l’embrouiller un peu plus en enfonçant le clou, même si c’était tout sauf vrai.

"Kojaku n’est pas vraiment mon genre …"

Et pour cause, je n’en avais pas, d’autres choses me meublaient la tête que de me laisser aller à la bagatelle avec quiconque. Adossée à l’arbre, les mains dans les poches, je tentais de les réchauffer par les moyens du bord, refusant tout net d’avouer à la chimère que j’avais froid, ce serait signifier une quelconque faiblesse et c’était hors de question. Nous faisions passer le temps à attendre en devisant un peu, nous balançant des piques de temps à autre, ces chamailleries ne semblaient pas prêtes de cesser, loin de là, lorsque finalement le rideau sombre s’abattit sur la forêt et ses alentours. Seule la lune, traversant le rideau que formaient les nuages ainsi que la végétation, éclairait désormais nos pas. Instinctivement sans même que j’eus à y penser, mes gênes félins prirent le relais et je vis les alentours beaucoup plus clairement, sans pour autant bien discerner les couleurs, les pupilles verticales. J’ignorais si le jeune homme était également apte à se faufiler dans l’obscurité aussi je m’approchais de lui et posais ma main sur son bras pour lui indiquer ma présence l’espace de quelques secondes avant d’observer la tâche de lumière que formait la milice à plusieurs centaines de mètres. D’un voix plus sérieuse désormais, je questionnais la chimère, légèrement tendue par le froid de plus en plus mordant.

"Tu peux t'orienter dans la pénombre ?"

Une chose importante, dans le cas contraire, je lui servirais de guide. Maintenant que la nuit avait déposé son linceul sombre sur les alentours, les mouvements des militaires étaient bien plus perceptibles. Ils semblaient être une petite dizaine vus d’ici, il n’y avait plus qu’à espérer qu’ils soient absorbés sur une quelconque tâche et pouvoir passer dans l’ombre sans être repéré. Je sentis une chose froide se poser sur mon cou, suivit d’une puis de plusieurs autres. Je relevais les yeux vers le ciel l’espace de quelques secondes avant de lâcher un léger soupir. Super, il s’était mis à neiger. Si c’était idéal pour notre couverture, ça l’était beaucoup moins pour nos thermostats internes. Il était rare que je subisse les piqûres du froid, pourtant là, je commençais à bien la sentir, j’espérais simplement que ça ne serait pas trop handicapant.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 28 Oct - 22:47

Un peu maladroit comme manière de s’informer de la position de la miss à l’égard du brun. C’était un peu comme prêcher le faux pour savoir la vérité. Ici la vérité c’est ce qu’il cherchait au fond. La boule de neige vint s’écraser et éclabousser le jeune homme et son viseur. Il réprimandait son rire en sentant la douleur lui revenir. Il souriait alors qu’elle le supposait être du mauvais bord. Voilà qu’elle inversait les rôles, ce qu’il ne manquerait pas de luire faire remarquer. Mais alors qu’il pensait le sujet clos il essuyait son viseur, un sourire au bord des lèvres. Les penchants de la dame restaient encore flous même si au fond il mettait ca sur le compte de son statut d’espionne. Peut être que ce soir-là dans le cabaret elle cherchait des informations…allez savoir…elle avait quand même remballé Kojaku et s’était juste attachée à Reï. C’était ambiguë, autant que le même soir du cabaret ou il avait tenté de l’embrasser et inversement. Une fois la neige retirée la miss ajoutait ne pas être attirée par le xinois. Lyl riait discrètement, amèrement amusé. Il reportait son œil dans le viseur alors que la rouquine approchait. Elle posait sa main sur son épaule alors qu’elle changeait radicalement de sujet. Notre ami levait le menton, toujours aussi espiègle et jetait un œil à son épaule en ne sentant aucune chaleur dégager de la main. Celle-ci était dénudée, privée d’une paire de gant. Il en profitait pour activer sa vision reptilienne, sa pupille n’était plus réduite à une fente mais à un rond noir. C’est avec une lassitude inquiète qu’il découvrait la faible température de la jeune femme. Rien à voir avec d’ordinaire. Il détournait le regard et le replaçait dans son viseur avant d’ajouter avec nonchalance…

-Haaa…Ne change pas de sujet. Je me souviens cette nuit-là que tu m’ais avoué être d’un autre bord.

Quel menteur !Quoi que. Mais s’en souvenait-elle, elle, de cette nuit-là ? Ils n’en n’avaient jamais reparlé, comme si que c’était tabou. Il perçut un changement de tour de garde et vit le soldat le moins vigilant se rendre sur l’extrémité gauche. Une probable ouverture. Lyl ajoutait…

-Et enfile-moi une paire de gant et un bonnet avant d’être en hypothermie…

Mais plus la nuit avancerait et plus ce serrait le cas. La neige venait mettre son grain de sel et Lyl relevait aussitôt la tête. Il ouvrit sa main gantée de noir pour laisser s’y déposer un flocon. Sa main se crispait aussitôt et il se redressait. Un flash, des paysages, des traces de pas dans la neige mais aucun visage. Faisant comme si de rien n’était, son visage s’était pourtant refermé. Le jeune homme lui refilait le sac dans lequel était disposé le minimum pour leur survie. Lyl en avait retiré une sorte de coupe vent doublé sans être pour autant épais. Il passait le haut comme on passe un t-shirt. Malgré cette épaisseur en plus il semblait peu habillé par rapport à la demoiselle. Il enfilait un bonnet alors qu’il réfléchissait à sa courte vision. Celle-ci n’avait aucun sens, c’était juste un souvenir vague de la neige qui tombe. La morsure du froid ne le fit pas encore frissonner mais par prudence il avait voulu enfiler une couche supplémentaire. Notre chimère se levait, son fusil à la main.

-Faut qu’on bouge. On va passer sur la gauche, le soldat qui y est m’inspire. On va attendre que la neige et le brouillard soient plus forts et on escaladera le mur.

Sans perdre plus de temps, Lyl engageait une petite course sur la gauche, histoire de se dégourdir les membres. Bouger, c’était le meilleur remède pour ne pas finir frigorifier au point de ne plus pouvoir utiliser ses membres correctement. Il repensait aux paroles du géant, ce dernier l’avait mis en garde sur le blizzard des montagnes de Drachma. Il sentait enfin le froid alors qu’ils avaient quitté le sol pour affronter le vent. Il ne leur fallut pas longtemps pour parvenir en face du garde et le surveiller. Debout derrière le tronc d’un gros arbre, Lyl l’observait dans son viseur.

-Il va falloir être rapide et silencieux. Le bruit du vent nous couvrira, le brouillard aussi.

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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Dim 28 Oct - 23:50

"De quoi ?! J’ai rien avoué du tout, espèce de grand baratineur !"

Frustrée, je me souvenais particulièrement bien des trois quarts de la soirée, seule la fin restait encore relativement floue, même si je savais désormais qu’il ne s’était passé de plus qu’un simple baiser plutôt chaste, or je savais pertinemment que jamais au grand jamais je ne lui aurais dit une telle chose ! Même sous l’influence de l’alcool que j’avais pu ingurgiter. Tout au plus, je lui aurais sauté dessus si la boisson avait définitivement annihilé toute trace de conscience. Ce qui n’avait pas été le cas, et même si mon côté le moins noble en était un peu déçu, c’était mieux ainsi. Dans la foulée de mes paroles, je me préparais à lui balancer un second projectile glacé lorsque le jeune homme se figea, soudain sérieux et je levais instinctivement mon regard pour suivre le sien. Avant de froncer les sourcils en entendant sa remarque, bien qu’il eut totalement raison, je me refusais pourtant à l’avouer. Au lieu de quoi, je lui retourné un sourire ironique qu’il ne du pas vraiment percevoir à cause de l’obscurité ambiante avant de répondre sur le même ton.

"Oui maman !"

M’emparant du sac à ses pieds, je fouillais dedans à la recherche de la paire de gants que j’avais pu apercevoir durant le trajet en voiture. Même si je refusais d’admettre que j’avais froid, c’était pourtant belle et bien le cas, je sentais désormais à peine mes mains tant le vent s’était accru, amenant dans ses bourrasques des courants d’air glacial. Le jeune homme se couvrait également, passant une couche supplémentaire sur son torse. Je ne pus m’empêcher de grimacer légèrement en entendant ses paroles, même si ces dernières étaient emplies de bon sens. Plus forts, si nous ne finissions pas en stalagmites d’ici la fin de la nuit, c’était un véritable miracle ! Je suivis le jeune homme en silence lorsque ce dernier entama sa course silencieuse, en déduisant également qu’il se repérait très bien dans l’ombre, ce qui n’était pas plus mal. Aucun handicap du coup, nous pouvions avancer sans problèmes. La chimère décrivit un arc de cercle pour venir se positionner dans la ligne de mire du militaire qui semblait se reposer durant sa garde, dans une posture plutôt avachie. J’ignorais depuis combien de temps ils faisaient le pied de grue ici, toujours est-il que plus nous tarderions, plus la fatigue aurait une chance de les ramollir. Soudain le militaire s’immobilisa et sembla trifouiller quelque chose au niveau de sa ceinture. Il ne me fallut que quelques secondes pour comprendre et aussitôt je détournais la tête, levant les yeux au ciel pour ne rien voir du « spectacle » du militaire en train de se soulager. Je me demandais stupidement comment il faisait pour ne pas congeler sur place. L’habitude très certainement.

Le vent commençait à redoubler de violence, le blizzard également, et je remontais un peu plus le col de ma veste, fermant ce dernier pour avoir le bas du visage protégé tout en relâchant dans l’air d’épais nuages de condensation désormais. Les températures étaient passées sous la barre des négatifs depuis un bon moment maintenant. A cause du bruit du vent, je me rapprochais du jeune homme pour lui souffler doucement.

"Ils ne devraient pas tarder à plier le camp avec ce temps … Du moins la plupart."

L’espace de quelques secondes, j’observais la chimère avant de reprendre, passablement tendue.

"Tu pourras courir avec ta blessure ?"

Moyen détourné de prendre de nouvelles de l’état de la plaie, et donc du jeune homme. Pas question d’avouer que je m’inquiétais un peu.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 0:58

Lyl ne relevait pas son dernier sarcasmes, il avait compris combien ca l’emmerdait qu’il lui suggère certaine chose essentielle à son égard personnelle. Incapables de se parler correctement s’en lasser l’un ou l’autre ou sans lui baratiner.
Le jeune homme se mit à bailler, soudainement épris d’un coup de pompe. L’attente devenait ennuyeuse. Il braquait son œil sur le viseur et vit le garde sortir sa nouille pour vider sa vessie. Lyl levait un sourcil, perplexe alors que la demoiselle s’informait de son état physique. Il n’avait pas tellement prêté attention à la question et s’était emparé du bras de la rouquine pour l’entraîner dans sa course pour lui faire comprendre que c’était le moment propice. Il la relâchait bien vite en repensant à sa question…

-Hm…ca va très bien.

C’est ce qu’il ressentait et donc ce qu’il pensait. Si ca se trouve les points avaient sauté et il ne le sentait pas. Lyl se contentait de galoper en direction dur mur, profitant du blizzard et de l’inattention du garde pour s’approcher du mur. Notre ami, dont la tenue était bien plus pratique que la rouquine avait prit de l’avance et fut le premier à grimper. Ignorant ce qui l’attendait niveau piège en haut du mur il avait prit appuie en deux enjambées contre le mur et avait allongé son bras pour atteindre le haut du mur en bêton. Une tentative prise à l’aveuglette et sous l’impulsivité. Ils auraient pus attendre encore plus longtemps mais la nuit pouvait leur être fatale.
Cependant, ce n’était pas le rebord du mur qu’il avait saisi mais une sorte de fil. Un picotement lui « réveillait » sa main endolorie par le froid malgré les gants. Une fois agrippé au mur, Lyl retenait un gémissement de douleur alors que son bras reprenait forme. Là, suspendu, son flan était soudainement douloureux tant la peau était étirée. Il prenait sur lui en vue de l’adrénaline qui le boostait. Pandora s’essayait à son tour au même moment et la saisissait de sa main libre, un pied sur le muret. Il la tractait jusqu’à lui et la relâchait aussitôt pour qu’elle prenne ses aises. La main coincée sur l’espèce de corde, il remarquait seulement à cet instant que c’était du barbelé et qu’il l’avait empoigné avec férocité… Mais pas le temps de tergiverser, l’amnésique se libérait de l’emprise métallique alors que la rouquine l’avait devancé, déjà de l’autre côté. Il prit le soin d’enjamber le grillage avec délicatesse pour ne pas déchirer ses vêtements et laisser une trace de leur passage. Sa main fourrée dans sa poche, il espérait qu’aucune goutte ne lui ait échappé. Il ne sentait pas telleemnt la douleur, parfois on prend vraiment conscience d’une douleur lorsqu’on la voit. Le froid limiterait très vite l’hémorragie, si hémorragie il y avait. Il récupérait son fusil qu’il avait balancé et emboitait le pas à Pandora.

Une centaine de mètres plus loin, enfoncés dans un autre bosquet, Lyl se mit à rire face à leur fougue in extremis. Comme deux gamins en quête d’aventure, ils courraient en pente. Lyl en tête de la course, Pandora s’arrêtait net de rire lorsque la neige se dérobait sous ses pieds, à moins que ce fut du verglas…quoi qu’il en soit elle se retrouvait sur les genoux, Lyl avait tentait de la rattraper mais avait été repoussé par les deux mains en avant de la miss. Ainsi ils dévalèrent une grande pente durant un court moment qu’il leur parut long. Le reptile faisait des tonneaux pour finir sur le ventre tel un pingouin sur la banquise. Et alors que sa chute prenait fin sur du plat un poids venait s’ajouter sur son dos… Inerte durant plusieurs secondes, il avait l’impréssion d’être cassé de la tête aux pieds. Cahelyn venait de lui tomber dessus sans le moindre ménagement. Il pouvait d’ailleurs sentir et voir sa chevelure envahissante sur sa tête en train d’onduler devant ses yeux. Comment avait-elle pus atterrir ?
Et dans quel etat !

-Bordel…j’crois que j’me suis cassé l’cu-..
-Allez !

La jeune femme s’était déjà relevée, sa chute ayant été freinée et amortie par le garçon. Elle l’avait agrippé par son coupe-vent et l’avait entraîné à se lever, lui coupant au passage la parole. Comme si qu’elle doutait de sa douleur. Le jeune homme s’était relevé, couvert de neige jusque dans son froc. Si la belle s’était levée aussi vite c’est parce qu’elle avait aperçut une maisonnée en pierre un peu plus loin.
Avançant plus lentement que la rouquine il annonçait d’un air blasé et faussement dépité…

-Comment j’ai fais pour rien perdre…

Bonne question... Il se tenait la hanche du côté de son flan blessé et de sa fesse soit disant fracturée. Il avait encore son bonnet sur la tête malgré sa posture chamboulée, son sabre et son flingue étaient toujours là et surtout…il n’avait pas lâché le fusil, crispé dessus avec sa main intacte. Une glissade improvisée qu’il les avait mené dans un probable refuge. Il valait mieux vu leur état, vu l’heure et vu le climat !
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 8:02

Lorsque je me sentis happée par la poigne du garçon, j’eus tout juste le réflexe de baisser le bras pour me saisir de la lanière du sac, avant de partir en courant en direction du mur, passablement déboussolée. Il finit cependant par me lâcher, répondant à ma question avec un léger temps de retard et je haussais un sourcil perplexe en observant le jeune homme courir visiblement sans la moindre gêne. Après tout, tant mieux ! Je devais avouer que je ne sentais pas non plus mon épaule, même si le froid m’avait engourdi une bonne partie du corps déjà, ce devait donc en être la raison principale. Les mains de nouveau libres, je passais la lanière du sac au-dessus de ma tête, de manière à ne pas être gênée dans mes mouvements par ce dernier alors que la chimère prenait de l’avance, s’élançant sans la moindre inquiétude sur le mur symbolisant la frontière entre les deux états. Instinctivement je relevais la tête et m’apprêter à l’interpeller en voyant l’épais barbelé qui couvrait le haut de la palissade, mais le jeune homme venait déjà de franchir les trios quart du mur, refermant sa main sur les fils métalliques. Je soupirais, désabusée avant de vérifier rapidement le sanglage du sac tout en accélérant l’allure pour prendre de l’élan. Prenant appui, sur le muret en dessous, j’attrapais la main tendue du garçon qui me hissa près de lui, toujours dans le vide. Avec une certaine délicatesse, je posais ma main libre sur la petite portion de pierre qui n’était pas recouverte de fil, fit de même avec la seconde avant de me hisser avec souplesse, atterrissant en haut avec un équilibre toutefois très précaire. Je grimaçais en voyant la main de la chimère abîmée par les parties métalliques avant de lui jeter un coup d’œil rapide, il ne semblait ni inquiet, ni en mauvaise posture. Ne pouvant pas maintenir ma position très longtemps, j’enjambais les barbelés avec une attention toute particulière avant de me laisser retomber dans la neige en contre bas, tassant cette dernière sous mon poids, le tout presque en silence.

Relevant les yeux, j’attendais avec une légère inquiétude que la chimère me rejoigne, et fus rassurée en le voyant apparaitre au-dessus de la clôture métallique. Il ne tarda pas à sauter lui aussi et je ne l’attendis pas pour commencer à avancer à l’abri des pinèdes, il me rattrapait en quelques enjambées. Le jeune homme lâcha un rire qui ne tarda pas à être communicatif, même si le besoin de discrétion était impératif, cela ne faisait également pas de mal de décompresser après ces quelques temps de tension. Courant derrière lui le long d’une pente plutôt raide, je ne remarquais pas le bloc de glace qui se détacha sous mes pieds, me faisant ainsi perdre l’équilibre, et alors que je me taisais subitement, surprise, je me sentis partir en avant, les mains tendues pour tenter de me protéger. Grosse erreur. Non seulement, j’embarquais également l’argenté dans ma chute libre, mais lorsque mes mains touchèrent le sol, je sentis une violente douleur traverser mon épaule endormie. S’ensuivit un pêle mêle de couleurs et de formes indistinctes, je me sentais happée par la pente sans pouvoir me retenir, faisant parfois quelques vols à cause du sac pour finalement atterrir à plat ventre sur une surface relativement dure. Légèrement sonnée, ce n’est qu’en relevant la tête que je m’aperçus que j’étais affalée de tout mon long sur la chimère, lui-même étalé sur le sol comme une crêpe. Je me forçais à me redresser, la tête encore prise d’assaut par le vertige, et me dégageais du garçon en me laissant tomber sur le côté, passablement essoufflée. Le sac avait tenu bon, j’espérais simplement qu’il ne s’était pas ouvert. Mais je ne voulais pas prendre le temps de vérifier, à peine venions nous de nous arrêter que le froid mordait déjà, menaçant de nous congeler si nous ne bougions pas.

Au bout de quelques secondes, le flou s’estompa et mon regard tomba presque immédiatement sur une forme sombre non loin, se découpant du ciel noir sans trop de difficulté, et je me sentis soudain soulagée. Sans laisser le moindre temps de répit à mon acolyte – il se reposerait une fois arrivé – je l’attrapais par le col, lui coupant la parole alors qu’il émettait l’hypothèse de s’être fracturé les fesses, chose qui me tira un demi-sourire amusé, avant de l’entrainer avec moi sans grande délicatesse.

"Allez !"

De nouveau concentrée, je le laissais pérorer, finissant par le relâcher lorsque je compris qu’il suivait le mouvement, et en profitais pour prendre une certaine avance, le devançant ainsi pour arriver à la bâtisse. Prudente, j’exécutais un examen sommaire des lieux, mais l’endroit semblait dénué de vie, ce qui était pour le mieux. Sûrement un relais pour les voyageurs perdus dans le blizzard. C’était l’idéal dans notre situation, surtout que je commençais à grelotter, la neige sur dans mes vêtements avaient rapidement fondue au contact de ma peau trop chaude, et peu à peu, elle me glaçait les os. J’ouvris la porte de la petite bâtisse lorsque le jeune homme me rejoignit, avant de jeter un nouveau coup d’œil sur la droite de la maisonnée, dans ce qui ressemblait fort à un petit hangar non fermé.

"Vient m’aider."

Une réserve de bois protégée se trouvait ici, même si nous ne faisions que squatter, pas question de crever de froid si l’on pouvait faire autrement. Je passais plusieurs bûches à la chimère après que ce dernier ce fut débarrasser du fusil qui lui encombrait les mains, avant de prendre mon lot pour le suivre. Nous fîmes deux voyages de plus ainsi avant de refermer définitivement la porte du refuge une fois que Lyl eut récupéré son arme. Je sentais la fatigue, contre coup des derniers évènements, pointer le bout de son nez, mais il n’était pas encore temps de se poser, plusieurs choses pressaient avant cela. Tout d’abord, j’allumais la torche suspendue à centre de la pièce à l’aide des allumettes que contenait le sac. Le jeune homme avait déjà balancé plusieurs bûches dans l’âtre de la cheminée, ne restait plus qu’à allumer un feu pour nous réchauffer, ou du moins réchauffer les vêtements histoire de ne pas souffrir d’hypothermie. Je me collais à cette tâche après avoir jeté un coup d’œil au jeune homme qui semblait passablement ailleurs, peut-être encore trop sonné par sa chute, ce dont au fond je doutais. Abaissant le col de mon manteau pour mieux y voir, je m’astreignis durant plusieurs minutes à faire démarrer le brasier et ne m’arrêtais que lorsque qu’un feu agréable ronflait dans la cheminée. Balançant négligemment ce qu’il me restait de matériel sur le côté, j’attrapais le sac que j’avais posé sur une chaise pour en sortir un petit paquet avant d’aller voir le jeune homme, le visage neutre.

"Fait voir ta main."

Visiblement, il n’avait pas franchement envie de coopérer sur le moment, aussi je m’emparais de son bras avant de lui retirer son gant avec une certaine douceur, dévoilant une plaie rougie et creusée par le froid, n’ayant que peu saignée mais plutôt profonde. Je levais le regard vers celui de la chimère qui semblait m’observait d’un air blasé avant de soupirer. Le délaissant l’espace de quelques secondes, je balançais une chaise dans sa direction à l’aide de mon pied tout en cherchant quelque chose de précis. Les fils barbelés étaient en piteux états, probablement bouffés par la rouille si l’on en croyait le liseré ocre que j’avais vu sur la paume du garçon. Mais alors que je cherchais dans la trousse, je ne trouvais aucun désinfectant, simplement des bandages, du fil et une aiguille. J’étais donc pour une solution et revins voir l’argenté, le forçant à s’assoir sur la chaise, mes deux mains sur ses épaules et un léger sourire en coin.

"Je ne comptais pas faire ça comme ça mais … j’ai pas le choix !"

Je laissais planer le doute sur mes intentions véritables, l’observant de manière intrigante, avant de ne sortir de ma poche la flasque contenant l’alcool, dont je versais une bonne partie du contenue sur un coton pour l’en imbiber avant de m’emparer de la main blessée de la chimère pour désinfecté avec les moyens du bord. J’espérais que le froid l’engourdirait assez pour éviter qu’il ne sente trop la piqûre de l’alcool, mais je compris bien vite que ce n’était pas vraiment le cas.

Agenouillée devant lui, je prenais soin de dégager lentement à l’aide de plusieurs cotons toutes les particules néfastes qui s’étaient logées dans sa chair afin de lui éviter la septicémie, avant de remettre une compresse propre sur la plaie pour ensuite lui bander la paume de la main tranquillement, le tout sans quitter une seule fois sa main et les miennes du regard. J’avais l’impression vague d’avoir déjà effectué ce genre de gestes il n’y avait pas si longtemps, et je ne pus me retenir un commentaire probablement un peu déplacé compte tenu du contexte.

"Ne compte pas sur moi pour te bander les fesses par contre, tu te débrouilles !"

Même si je me doutais bien que ça ne serait pas nécessaire.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 12:08

Un refuge, voilà où Pandora s’était dirigée d’un pas précipité. Aussitôt les lieux investi, Lyl examinait l’endroit avec attention alors que la jeune femme s’attelait à faire à tout prix du feu. Bonne initiative. Il faisait aussi froid que dehors entre ces murs, seul le vent manquait.
C’était une pièce unique, la pièce annexe qui était collée à l’espèce de chalet se devait d’être la salle d’eau. Si elle put être nommée ainsi. Il y avait une vieille cuisine, beaucoup d’étagère, un canapé en cuire et un fauteuil face à la cheminé. Dans un autre coin se trouvaient deux lits une place superposé. L’endroit était miteux mai suffisant pour s’y passer la nuit.
Une fois les lieux examiné notre ami s’approchait du de la cheminée dont les crépitements du bois raisonnaient en chœur avec le vent soufflant dehors. Il faisait sombre, les volets étaient fermés et seule quelques torches et le feu de la cheminée éclairait la pièce.
Le regard braqué sur la cheminée, il semblait ailleurs.

-Fait voir ta main.

Il détournait la tête, distrait, il avait momentanément oublié ses blessures de guerre. Notre ami reportait alors son regard sur le feu et ajoutait de sa voix monotonement neutre…

-Pourquoi fai-…

Elle s’était emparée de son bras et sans même qu’il ait le temps de finir sa phrase elle lui avait déjà ôté son gant. Ses yeux braqués sur la paume de sa main il découvrait avec elle deux jolis trous. Il haussait un sourcil, perplexe, bouche légèrement entrouverte. Il sentait alors une douleur progressive partant du creux de sa main jusque dans ses doigts. Manquerait plus que son flan se manifeste, chose oubliée pour le moment. Il jetait un regard à la jeune femme, celui-ci signifiait qu’il n’y avait probablement pas de quoi s’inquiéter… Mais voilà, Pandora tenait à l’aider, chose incompréhensible pour lui. Après un soupir exprimant une lassitude interrogatrice il prenait place sur la chaise après avoir ôté son coupe vent. La belle trifouillait dans quelque chose, Lyl observait sa plaie à la lumière de la cheminée. Un frisson lui parcourait l’échine, le froid faisait son effet par petite bourrasque. Il était trempé… Sa chevelure décongelait et goutait lentement, les flocons de neige encore intact sur sa tenue fondaient avec la chaleur progressive du feu. Lui qui était de sang frais, il n’avait pas dégagé suffisamment de chaleur pour fondre la glace. Pandora revenait à la charge, Lyl replaçait son bonnet sur sa tête et ouvrait la fermeture éclaire de son sous-pull col roulé. Le feu de la cheminée le réchauffait bien trop rapidement…ses mains lui brulaient tant le contraste de température était différent.

-Je ne comptais pas faire ça comme ça mais … j’ai pas le choix
-Qu'est-ce que...!Hmpff...


Le visage passablement irrité, il lui jetait un regard indécis alors qu’elle lui tournait le dos. Il n’avait pas la moindre idée de ce qui pouvait lui passer par la tête en cet instant précis. Elle tournait alors les talons, un objet blanc dans les mains. Les pupilles du serpent avaient naturellement retrouvé leur forme en bâtonnet pour limiter la lumière. Il ne voyait pas tellement mieux qu’un humain normal contrairement à la rouquine. Comment avait-elle pus voir qu’il s’était blessé ?
La cheminée faisait danser les ombres, une ambiance très…embarrassante par son contexte intime. Il se redressait alors que Pandora s’agenouillait en face de lui. Décidément, il n’arrivait pas à s’y faire, trop d’attention délicate qui contredisaient ses paroles et certaines de ses réactions. Délaissant tout ça de côté il l’observait, le visage implacable malgré ses pensées divagantes. Elle lui appliquait quelque chose dans la paume de sa main, il sentait ses doigts brûlant sur sa chair glacée. La chimère détournait le regard lorsqu’il sentit l’équivalent d’une profonde morsure l’empoigner. Une douleur lancinante du bout des doigts jusque dans le bras. Les vapeurs typiques de l’alcool lui chatouillaient les narines. Un désinfectant hors pair mais douloureux par son degré.

-Hmpf…la lèvre supérieure repoussée, il contractait ses abdos déclenchant au passage une autre douleur bien connue depuis deux jours...
-Ne compte pas sur moi pour te bander les fesses par contre, tu te débrouilles !

Il avait haussé un sourcil, ayant déjà oublié sa réplique après sa chute. Faut dire qu’il débitait parfois tant de connerie qu’il ne faisait plus attention quand il ouvrait la bouche. C’était juste naturel. Ses habits trempés il n’arrivait pas à savoir si son flan était ouvert ou non. Mis tant que la douleur n’était pas accrue il se réservait d’aller y jeter un œil. Il y avait quelque chose de plus intrigant en l’heure actuelle.

-Vraiment ? demandait-il, indéchiffrable.

Il soupirait un rire amer en jetant un regard à sa gauche. Il ne s’attardait pas cette fois-ci il lui demandait en rapatriant sa main d’un air quelque peu renfrogné…

-Pourquoi m’aider autant ? Il y à deux jours tu me détestais ! J’espère que ce n’est pas la mort que tu recherches en m’accompagnant !

Il déglutit, son regard reptilien faisait navette entre les deux globes de la demoiselle. Machinalement il portait sa main à son flan, le feu de la cheminée l’avait dégourdi et la douleur s’accentuait. Elle s’était levée. Il l’avait retenu par le bras dans le but de poursuivre et dire qu’il l’en empêcherait mais elle s’était dérobée, dos à lui. Notre déchu s’était levé à son tour.

-N’est-ce pas de ma faute si ton frère est mort ?!

La sensation d’être toujours berné. Derrière l’image de cet homme dur et implacable se cachait un garçon perdu et dénué de repère. Hors mis une mince poignée de personne qui l’eut côtoyé chaque jour durant quelques années, Lyl n’arrivait pas à accorder sa confiance. Trahi plusieurs fois, traqués par un bon nombre de personne, mort une fois et cause de pas mal de maux. L’idée qu’une si jolie fille daigne l’aider jusqu’à se fourrer dans l’inconnu lui semblait invraisemblable. Elle devait attendre quelque chose en retour. Si une part de lui ne demandait qu’à profiter de la situation et de l’attirance éprouvée une autre le ramenait à la réalité en lui rabâchant sans cesse qu’on avait intenté à sa vie un bon nombre de fois. Mais au fond, il savait qu’elle était digne de confiance c’était juste la peur de s’y accrocher plus que d’ordinaire qui le mettait sur la défensive.
Par conséquent, les mots étaient sortis tout seul, la douleur l’avait rendu quelque peu exécrable. Si elle se contentait de juste l’envoyer paître ce serrait un miracle… Vu leurs rapports explosif, Lyl attisait d’avantage cet état de fait. Leur escapade paraissait loin, voire insignifiante aux yeux du jeune homme blessé.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 13:06

Je finis par me débarrasser du nécessaire de soin, envoyant les compresses souillées rejoindre les flammes dans l’âtre lorsque le jeune homme répondait à ma connerie d’un ton énigmatique, semblant absorbé par ses propres songes. Je ne relevais pas et m’acharnais à tout ranger tranquillement après m’être relevé lorsque sa voix résonna de nouveau dans la petite bâtisse, me figeant sur place. Le visage impassible, j’avais stoppé tout mouvement, une bande intacte en main, seul mon regard se mouvait désormais pour aller se poser sur son visage l’espace de quelques secondes, emplis d’abord d’incompréhension puis de colère. Lâchant la bande dans la sacoche, je refermais cette dernière d’un geste avant de le balancer sur le fauteuil dans le but de tourner les talons, mais la chimère me stoppa en saisissant mon poignet. Toutefois, je ne me laissais pas faire pour autant et retirais ce dernier de sa prise d’un geste un peu trop sec qui réveilla la douleur de mon épaule, mais je n’y portais aucune attention pour le coup. Je n’aurais su dire exactement pourquoi ces quelques mots m’avaient foutus en rogne aussi rapidement, toujours est-il que je n’avais plus qu’une envie, me coller dans un coin de la bâtisse en silence et l’oublier. Dos au jeune homme, j’avais récupéré la trousse de soin pour la ranger dans le sac noir, les gestes rendus malhabiles par l’émotion négative qui me rongeait, lorsque je le sentis bouger derrière moi, et s’approchait en reprenant d’un ton plus sec.

Mon cœur rata plusieurs battements d’affilés alors que mes mains se mettaient à trembler à ce simple souvenir. Mais plus encore, c’était les insinuations de la chimère qui me blessaient, tout comme son aveuglement. Et puis, outre le fait de le voir se méprendre vis-à-vis de mes intentions, même si je tentais tant bien que mal de cacher ces dernières, ce fut également le fait qu’il mette précisément le doigt sur un détail gênant qui me mettait en boule. Même si je refusais de l’admettre, c’était pourtant évident que je fonçais vers l’inconnu dans l’espoir d’y trouver le salut et un certain repos, et ce, même de manière brutale. Mais ça, j’étais incapable de l’accepter, car c’était bien là une preuve indéniable de faiblesse et d’abandon, or je m’y refusais, du moins de manière consciente. A peine la chimère avait-elle fini de me balancer ces paroles dures que je me retournais dans la foulée, la main levée, et lui collais une gifle monumentale en y mettant toute ma hargne. Je n’étais pas au bord des larmes, non, j’étais furieuse, et c’est d’un regard glacé et le visage impénétrable que je le fixais l’espace de quelques secondes avant de lâcher sur un ton cinglant.

"Lyl Wayne, tu n’es qu’un sombre crétin !"

Et sans un mot de plus, je tournais les talons, laissant en plan tout ce qu’il y avait encore à faire ici pour ouvrir la porte violemment et m’enfoncer dans l’obscurité, simplement vêtu d’un pull, du pantalon que je portais, encore humide, et de mes bottes. Claquement la porte d’un geste sec, j’avançais à travers les arbres, aveuglé par la colère et la frustration sans même réfléchir au fait que j’étais partie sans protection contre le froid, que mes vêtements étaient encore humide et que je ne tiendrais pas longtemps ainsi, ces détails me paraissaient tellement secondaires en cet instant. La seule chose que je voulais, c’était mettre de la distance entre cet idiot et moi. Fallait-il être aussi borné que lui pour ne pas avoir compris que l’eau avait coulé sous les ponts. Les choses avaient été mises au clair, je n’avais plus de raisons d’avoir des griefs contre lui, même la mort de mon petit frère n’était pas à mettre sur son dos, sauf preuve du contraire, ce n’était pas lui qui lui avait collé un flingue derrière la nuque pour l’envoyer dans l’autre monde.

Mains dans les poches, tremblante de froid, je donnais par moment des coups de pieds énervés dans les quelques pierres que je croisais, passant ma colère de cette manière puérile tout en refusant de réfléchir aux paroles pourtant criantes de vérité du jeune homme. La raison que j’avais invoqué pour le suivre, et celle que mon inconscient avait gardé n’était pas les mêmes au fond. N’ayant plus de but vers quoi avancer, j’essayais de m’en trouver un, mais au fond, je savais pertinemment que la seule chose qui pouvait m’attendre c’était le trépas qui me conduirait auprès des quelques personnes que j’avais aimé, si il y avait autre chose après la mort, ce dont toutefois je doutais sincèrement, mais c’était là un autre débat. Alors, dénuée de patience, j’allais au-devant de la faucheuse sans vraiment y faire attention, lui tendant les bras en espérant qu’elle ne me repousse pas une nouvelle fois. Une fois la chaumière hors de vue, je finis par m’arrêter à la lisière de la forêt, et m’assis sur une pierre surplombant une falaise imposante, menton dans les mains. Je grelottais désormais, ne sentais plus mes extrémités, mes lèvres devaient avoir virées au violet, mais je n’y prêtais toujours aucune réelle attention, trop aveuglée par les paroles de la chimère.

Car quelque part, j’étais également frustrée qu’il ne voit là qu’une quelconque manipulation de ma part, car je n’avais été que sincère avec lui, je ne pouvais tout simplement pas le laisser blesser sans réagir, cela me semblait absurde et impensable. Pourquoi y aurait-il forcément une raison d’ailleurs ? C’était comme ça, point barre ! Pourquoi cet idiot cherchait-il forcément l’anguille planquée sous la roche, à croire que je faisais forcément ça par intérêt ou je ne sais quelle autre raison ! Je soupirais, lassée, envoyant dans l’atmosphère glacé un épais nuage de condensation avant de fermer à demi les yeux en me recroquevillant sur moi-même pour échapper aux vents et aux flocons mordants, tremblant de ce que je pensais être de la colère mais qui n'était autre que le froid. Pas question pour autant d’y retourner.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 13:52

Le bruit cinglant d’une gifle bien accentuée, la tête avait suivi le mouvement sous l’effet du choc. Figé sur place, Lyl observait le sol, distrait. Le temps de comprendre le geste et surtout la situation. Sa joue commençait à chauffer désagréablement. On ne peut pas dire qu’elle y était allée de main morte. Et alors qu’il restait bloqué sur la réaction de la demoiselle, celle-ci tournait les talons. Lorsque la porte claqua il relevait les yeux et portait avec une lenteur abasourdie sa main bandée sur sa joue meurtrie. Il ne l’avait pas volé celle-là ! Les mots de la rouquine raisonnaient dans sa tête alors qu’il en cherchait la signification. Rien de compliquer, c’était un crétin tout simplement. Son manque de tact lui valait la perte d’un potentiel ami. Mais alors qu’il réalisait progressivement le mal qu’il avait pu lui faire il portait son regard sur la porte. Maussade. Son regard se posait sur le manteau de la demoiselle et alors il sortait de sa léthargie.

-Merde…

Si lui était en colère, ce n’était que contre lui-même. Se répétant l’adjectif employé par la jeune femme il s’emparait de la veste et quittait à son tour le refuge.
L’homme qu’il avait été n’aurait jamais agi de la sorte, préférant nier et s’enfoncer dans la solitude plutôt que de reconnaître ses erreurs, son attachement.
Dehors une tempête de neige commençait à se lever, la morsure du froid n’en était que plus terrible. Dirigé par la présence ressentie droit devant, Lyl courait comme un forcené. Il se jurait de ne jamais se pardonner si par malheur le froid l’emportait avant qu’il ne l’eut retrouvée. Manquant plus d’une fois de tomber il se démenait. Le vent soufflait à l’ouest, des bourrasques violentes qui rendaient les flocons agressifs. Le jeune homme perdait en allure, essoufflé. C’est alors qu’il apercevait une fine silhouette au loin, à terre. Aussitôt il reprenait sa course folle.

-Pandora !!

Le blizzard étant déchainé il y avait peu de chance pour qu’elle l’entende. Il l’appelait ainsi plusieurs fois jusqu’à ce qu’il fut à quelques mètres et certain que c’était bien elle. Quelque peu dérouté par le spectacle il s’accroupissait derrière elle afin de la couvrir du manteau qu’elle avait précédemment porté.

-Qui de nous deux est le plus abruti ?!s’écriait-il contre le vent pour être entendu.

La rouquine s’était levée brusquement repoussant manteau et bras du reptile pour se lever. L’amnésique la suivait du regard, démesuré, il comprit alors combien il l’avait blessée. Suffisamment perspicace pour lui renvoyer en pleine tête des probables vérités. Mais lesquelles ? Ca lui était égal pour le moment, il voulait juste la ramener.Il se relevait, le manteau toujours tenu du bout des doigts. La gifle lui avait remis les idées en place, remballant son irritation.

-Attends !
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 14:19

Un son diffus résonna dans le grondement soutenu du vent qui avait redoublé en force. Pas besoin d’être devin pour comprendre qu’un blizzard approchait à grand pas, voire même bien pire. Mais je m’en foutais, encore trop portée par la colère, je ne me rendais pas compte qu’en restant ainsi je me condamnais toute seule, trop bornée pour l’accepter. Le son se renouvela, plus proche, plus pressant et je ne mis guère de temps à comprendre qu’il m’avait suivi ce qui m’énerva davantage sur l’instant. Je me tassais tant bien que mal, espérant ainsi qu’il passe sans me voir, mais j’oubliais alors un détail crucial. Malgré la neige qui tombait abondamment, c’était une chimère, tout comme moi, et retrouver quelqu’un, même dans le noir, ne lui poserait probablement pas trop de problèmes. Je le sentis approcher dans mon dos avant d’entendre sa voix en me renvoyant ma propre imbécilité au visage. Même s’il avait raison, ce n’était pas franchement la chose à dire en cet instant. Ce n’est que lorsque je sentis le tissu du manteau frôler mon dos que je me redressais brusquement, repoussant le vêtement ainsi que son propriétaire avant de m’éloigner à grand pas, en silence, désirant une nouvelle fois disparaitre dans l’ombre de la forêt. Mais visiblement, il ne semblait pas l’entendre ainsi. A bout de nerfs, rendue exécrable par la vague de froid qui rendaient mes muscles de plus en plus rigides à mesure que je restais sans protection, je finis par me retourner pour lui faire face, sous le couvert des arbres, le fusillant du regard, les poings serrés.

"FOUT MOI LA PAIX !!"

Je sentis un infime regain de chaleur au fur et à mesure que la colère croissait dans ma tête, avant de reprendre d’une voix forte pour couvrir le grondement incessant du vent, où perçait sans peine une colère froide.

"Mais c’est quoi ce cirque à la fin ? Tu cherchais quoi au juste en me disant ça ? A ce que je t’en veuille ? A ce que je te haïsse ? A me faire fuir ? Bah t’a gagné au moins sur ce point-là, j'irais plus t'emmerder !"

Je m’étais mise à faire les cents pas, le long de la rangée d’arbres, moi-même perdues dans mon propre agacement car la réaction de la chimère, le fait d’être venue me rechercher malgré la gifle qu’il s’était pris, et prêt à affronter le froid glacial juste pour ça contredisait la déduction que j’avais pu faire, et cela n’en était que plus frustrant, je repris, sans plus observer le jeune homme désormais.

"« Pourquoi m’aider ? » Je peux très bien te retourner la question d’ailleurs ! Je ne représente rien pour toi ! RIEN ! Alors à quoi tu joues putain ?! "

Je finis par m’adosser à un arbre, en proie à la confusion et me pris la tête dans les mains pour tenter de me calmer un peu. Durant tout ce temps et malgré mes paroles acides, le jeune homme n’avait pas décroché le moindre mot. Même si dans le fond, son geste me touchait plus que je ne l’aurais jamais admis, je refusais tout net de croire que je pouvais avoir une quelconque utilité pour lui qui le pousserait à vouloir me garder vivante. En fait, j’étais juste paumée et ne savais plus vraiment quoi penser. Je m’étais remise à trembler de plus belle, à peine arrêtée et mes dents s’étaient mises à claquer de manière pas franchement contrôlable, et nul doute qu’il avait dû s’en rendre compte vu qu’il n’était pas bien loin, néanmoins je lui jetais un regard noir pour le dissuader de faire un seul pas dans ma direction, toujours convaincue qu’il ne faisait que jouer avec moi en fin de compte.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 15:41

-FOUT MOI LA PAIX !!

Sa voix grondante ne présageait rien de bon, pire qu’il y a deux jours… Lyl l’observait, sourcils froncés, silencieux alors qu’elle reprenait de plus belle. Elle extériorisait sa colère mais celle-ci était différente de ce que le jeune homme avait imaginé. Etait-ce de la frustration ? Une bourrasque de vent le fit décoller les talons et il avançait dans sa direction. Aveuglée par sa colère la demoiselle s’était retrouvée adossée à un tronc d’arbre. Hébété, la chimère reptile avait fini par l’approcher. La belle l’avait menacé mais ca ne changeait rien. Il ne voyait là que la détresse chez cette jeune femme. Impulsive elle l’avait repoussé, le poussant au torse. Lyl avait tenté de l’attraper pour la raisonner ce qui eut un effet néfaste non imaginé. Sans crier gare Pandora dégainait une de ses dagues qu’elle agitait à l’horizontale devant-elle. Le bougre ayant une visibilité apparemment moins évoluée que la rouquine il esquivait de justesse. Elle venait de scinder à l’horizontal son pull et son t-shirt à la fois sans toucher sa chair ! Une belle ligne droite d’environs vingt centimètres au niveau de ses côtes. C’était d’ailleurs le fait d’être déjà blessé à cet endroit qu’il l’avait fait agir aussi prestement. Démuni d’arme si ce n’est un flingue, il se contentait d’esquiver et de contrer à l’aide de ses protections métalliques à ses avant-bras. Elle laissait déferler sa haine.

Un affrontement de courte durée mais très vivace opposant nos deux chimères. Lyl ne répondait pas, ne pouvant se résigner à lever la main sur une femme, qui plus est celle-ci. Raisonnable il la laissait taper, ca réchauffait. Pieds et poings y passaient, mais notre ami encaissait sans broncher. Pandora semblait animée par diverses émotions néfastes. Un défouloir pour passer ses nerfs, c’était peut être la clé de son exutoire quel qu’il soit. Tant pis, ca l’aiderait sûrement. Le visage du jeune capitaine était froid et ne traduisait aucune émotion en faveur de la demoiselle. Un détail qui n’avait peut-être pas échappé à la miss. Lui ne s’en rendait pas compte, il se concentrait sur ses sens pour lire les mouvements de la jeune femme.
Puis vint le moment où Lyl contrait sérieusement et tentait de la désarmer. Ses mouvements étaient imprécis, aucune concordance dans la façon de se débattre. Lyl finit par taper son poignet pour la faire lâcher prise. Mais elle ne semblait pas avoir dit son dernier mot. L’instinct animal faisant surface. Lequel ? Il l’ignorait encore. Et alors qu’elle se jetait sur lui il ne bougeait pas. A cet instant il avait voulu s’en remettre à son bon sens et croire que la demoiselle abandonnerait. Quitte à mourir autant le faire des mains d’une belle femme. Il aurait pus esquiver. Il voulait en avoir le cœur net…voulait-elle mettre un terme à sa vie ? Il en doutait vigoureusement c’est pourquoi il n’avait pas réagi. Quoi qu’il en soit il avait revu son jugement, les faits parlant d’eux même. C’était plus q’un point sensible qu’il avait touché… Un vrai crétin, en effet.
Se délaissant à l’emprise de la demoiselle il se retrouvé à terre.

Tout s’était déroulé à une vitesse vertigineuse. Tel un pantin inanimé il s’était soustraie et se retrouvait quasi allongé en étoile, tenu en joug. Le visage de la demoiselle lui était à peine visible mais il l’entendait respirer, la respiration complètement saccager. Il sentit quelque chose couler le long de son cou alors qu’elle semblait vouloir lui briser le cou. Même à cet instant il ne pouvait lui en vouloir. Le visage à la frontière de l’implacable et de la morosité il lui demandait d’une voix blême…

-Fais-le…en réponse à ses précédentes questions colérique, Lyl daignait enfin lui répondre, son regard jade braqué sur le siens, tu sais... peut-être que je suis aussi paumé que toi…voire plus.

Du déjà entendu mais pas de sa bouche à lui. A califourchon sur le reptile, l’indécise ne réagissait pas. Pas de suite du moins… Son bonnet s’étant échappé, sa chevelure neigeuse éparpillée sur le parterre de même couleur il restait serein. Les flocons de neige qui venaient se poser sur son visage ne fondaient pas et gardaient leur forme si prodigieuse en son contact. Un paradoxe par rapport à une heure en arrière. Notre ami n’avait pas envie de mourir, pas encore, il comptait bien profiter à sa manière de la nouvelle vie qu’on lui avait offert. Alors pourquoi ne pas avoir réagi ?
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 16:28

La chimère commis l’erreur de m’approcher d’un peu trop près. Je le menaçais, bien décidée à l’attaquer s’il s’avisait d’approcher davantage de ma position, mais cela ne sembla pas l’atteindre, il gardait un visage froid et dénué de toutes émotions ce qui me confortait dans mon idée qu’il se foutait bel et bien de moi depuis le début. N’importe qui aurait probablement cherché à se justifier, à s’expliquer, mais il n’en fit rien et continua à avancer, plus ou moins porté par les bourrasques de plus en plus violentes. Je lui crachais une fois de plus des paroles acerbes, le mettant au défi de ne pas faire un pas de plus, mais rien n’y fit et il finit par essayer de m’attraper le bras. D’un geste violent, je le repoussais, chercher à le faire tomber au sol pour pouvoir fuir, mais il avait un bon équilibre lui aussi. Je sentis la colère m’aveugler, un voile rouge venait de recouvrir la quasi-totalité de mes sens et sans réfléchir, sans que je ne contrôle vraiment quelque chose, je me retrouvais une dague en main, en prise inversée, à essayer de larder de coup le jeune homme qui me faisait face. Celui-ci se contentait toujours d’esquiver, silencieux et souple. En silence, seul le bruit des métaux qui s’entrechoquent, lame contre brassard, je m’acharnais sur le jeune homme, des larmes de rage coulant le long de mes joues, rapidement gelées par l’air froid, je ne réduisais pas le rythme, au contraire. L’absence de réaction de mon adversaire me rendait encore plus agressive à son égard.

Toutefois, il finit par se lasser au bout de quelques minutes et rétorqua soudain avec une virulence accrue, cherchant à m’arracher la dague des mains. Trop énervée pour combattre efficacement, ma lame toucha rapidement le sol alors que je me retournais vers la chimère, désarmée l’espace de quelques secondes. Sans plus réfléchir, je me jetais sur la chimère qui cette fois ne riposta pas, plaquant ce dernier dos au sol gelé avant de poser mes griffes acérées contre la peau de sa gorge, la respiration chaotique. Je le fixais, je pouvais prendre sa vie en quelques secondes désormais, mais c’était justement ça qui m’avait stoppé. Les yeux fixés sur son regard à la fois perçant et inexpressif, je haletais, en proie au froid dès que je ne bougeais plus, à la douleur réveillée de mon épaule abîmé ainsi qu’à une autre sensation, bien plus confuse. La voix grave de l’argenté résonna dans la pénombre, alors qu’il disait des choses insensées, absurdes, ridicules. Je serrais les dents, les mains légèrement tremblantes sur ma prise, et observais en silence le dessin parfait des flocons qui se posaient délicatement sur la peau froide du garçon que je menaçais.

J’étais une tueuse, une meurtrière, dressée à prendre la vie d’autrui depuis si longtemps, alors pourquoi je doutais tout à coup ? Parce qu’il n’avait rien fait pour mériter ça au fond. Il s’était comporté comme un con, mais ma réaction été somme toute particulièrement excessive. Pourtant, je ne pouvais admettre m’être trompée une fois de plus. Et si ce n’était qu’un autre subterfuge, qu’une manière de m’amadouer ? Qu’est-ce qui me disait qu’il était honnête ? Absolument rien. Je combattais ma conscience à coups d’arguments irrecevables, j’étais toujours en proie au doute, désormais plus qu’à la colère. Mes griffes frôlaient toujours la gorge tendre de la chimère alors que ce dernier ne bougeait pas, et je resserrais imperceptiblement ma prise, pas suffisamment pour le blesser, mais assez pour le bloquer avant de lâcher du bout des lèvres.

"Tu mens … Tu ne peux pas accepter de mourir comme ça ! TU MENS !"

Je baissais la tête, le corps tremblant entièrement désormais, le froid commençait à me gagner à grande vitesse maintenant que les muscles s’étaient un peu échauffés le temps du combat, je me sentais faiblir d’une seconde à l’autre alors que je tentais vainement de maintenir ma prise. Petit à petit, la totalité de mes membres commençaient à s’engourdir, et je n’avais à vrai dire même plus la force suffisante pour me redresser. Le processus avait été tellement rapide que je ne l’avais absolument pas prévue et me retrouvais désormais totalement prise au dépourvu, sans pouvoir réagir. Qui plus est, l’incompréhension qui barrait mon esprit ne me facilitait absolument pas la tâche. Je repris d’une voix bien plus faible.

"Je ne comprends rien à tes actes … et peu importe d’ailleurs. Va-t-en … "

Je desserrais mes mains sans pour autant pouvoir me relever, les jambes raidies par le froid, les yeux mi-clos. Il n’était pas bien difficile pour la chimère, j’en étais persuadée, de me repousser pour pouvoir partir, je n’étais pas lourde en comparaison de la force qu’il avait.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 17:29

Lyl déglutit, les mains de Pandora enserraient sa gorge, rendant le mouvement de sa pomme d’adam quelque peu difficile. Sa voix colérique s’élevait à nouveau à travers le blizzard. Persuadée qu’il n’était autre qu’un menteur elle ne croyait pas en la sincérité de son absence de réaction. Lui-même ignorant ce qu’il le poussait à agir de manière aussi peu optimiste. Il l’avait donc encourageait une seconde fois, le visage passif. Seuls ses yeux traduisaient sa sincérité, sa morosité. Là, allongé dans la neige il sentait le froid l’engloutir, l’engourdir. La jeune femme reprenait la parole lui avouant n’avoir plus rien à faire de lui, en somme. Chose qu’il avait récolté par son manque d’assurance envers autrui. Mais voilà, ils étaient tout deux ainsi, détruis par les autres. Son regard se baissait alors que l’étreinte de la rouquine faiblissait. Les choses n’en n’étaient pas plus éclaircies. Cependant, notre chimère reconnaissait vouloir croire en elle, d’où son comportement ambivalent.

Une fois le courroux de la demoiselle passé, il la tirait par le poignet pour la repousser. Presque amorphe elle ne réagissait pas. Assis, Lyl portait ses doigts engourdis sur sa gorge pour ensuite les porter devant ses yeux. Du sang entremêlé à de la neige, il se relevait, indifférent. Le manteau de la jeune femme s’était envolé, seule a dague et le bonnet du garçon étaient encore présents. La tempête de neige s’accentuait encore et encore et le garçon se décidait à ramener de gré ou de force la demoiselle à l’intérieur. Ils risquaient d’y passer s’ils s’attardaient. Malgré son absence de chaleur en cet instant, il l’avait enlacé, placé à genoux devant elle. Le froid ayant eut raison de lui il tremblait aussi, ses lèvres bleutées près de l’oreille de la demoiselle il lui dit…

-Ce n’est pas la chute le plus important…mais l’atterrissage... Relève-toi Pandora…

Il se relevait, aidant au passage la demoiselle. Il l’y avait contrainte, elle se débattait, fébrile, s’entêtant encore et toujours à le repousser quand lui s’ouvrait à elle. Conscient qu’il était pour le coup le seul responsable de tout ça il s’engageait à réparer, une fois de plus. Son torse plaqué contre le sien, Lyl la contraignait à marcher en l’entourant de ses bras. Il faisait office de coupe-vent comme il le pouvait, les yeux rivés sur le refuge qui prenait forme au fur et à mesure qu’ils avançaient. Doucement mais sûrement. Lyl lui demandait alors, serrant les dents en proie à une colère nouvelle…

-Si tu ne veux plus vivre pour toi, alors fais-le pour moi, ses yeux étaient plantés sur le sol, durs, il rajoutait pour faire passer ses derniers mots inaperçus, pour tout c’qu’on peut entreprendre !

C’était là son premier pas vers l’altruisme. Bien que ca lui échappait il savait qu’elle ne le trahirait pas. Elle était la première personne à lui avoir tendu la main après tout, il ne pouvait que lui rendre la pareil. Maintenant qu’il l’avait mise en colère il avait appris à mieux la connaître. Elle avait juste besoin, comme notre ami, d’une flamme pour éclairer sa lanterne.
Chemin faisant la demoiselle s’était résolue à avancer. Au final elle ne s’était plus trop débattue. Le reptile doutait fortement que ce fussent ses paroles qui l’atteignirent mais plutôt l’hypothermie. Une fois arrivés à bon porte il refermait la porte d’un violent coup de pied pour claquer celle-ci et transportait la rouquine quasi inerte près de la cheminée.

Assis parterre à quelques centimètres de cette dernière, il tenait sa protégée d’un bras sous sa nuque. De l’autre il avait replacé une bûche. Dénuée de vitre la cheminée était donc plus efficace qu’avec. Le changement soudain de température lui donnait la sensation de brûlure de la tête aux pieds. Il attendrait que ses lèvres prennent une teinte plus normative pour daigner détourné l’attention. Le regard morne planté sur les flammes, il lui demandait doucement…

-Pardon…Une fois de plus. si tu me le demandes encore, alors je disparaîtrais.

Prendre aux mots quelqu'un au bord de l'inconscience voire de la fièvre était irréfléchie. Il ne savait plus quoi faire. Il avait toujours tout faux avec elle.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 19:02

Agenouillée au sol, je sentis mes membres s’engourdir tranquillement, indifférente pourtant à leur état de rigidité, je fixais sans un mot le jeune homme qui venait de se redresser, semblant accéder à ma dernière demande. Ce à quoi je ne m’attendis pas, ce fut de sentir ses bras m’enlacer, je haussais très légèrement les sourcils sous la surprise de son geste, l’incompréhension pouvait se lire sur mes traits fatigués. Ses paroles pourtant me laissèrent de glace, alors qu’il me redressait non sans mal. Je le repoussais à la faible mesure de mes moyens, mes mains tremblantes plaquées contre son torse, je restais têtue comme une mule, refusant qu’il me touche. D’une voix rendue faible par la fatigue, je lâchais dans un souffle.

"Lâche-moi …"

Bien entendu, il ne m’écouta pas, je doutais même qu’il m’ait entendu en réalité, et se contentait de me plaquer contre son torse, me faisant reculer lentement mais sûrement vers la bâtisse non loin en me coupant de la violence des rafales. Je ne pouvais m’empêchais de toujours chercher à le repousser lorsqu’il reprit la parole d’une voix plus dure et je stoppais alors tous mouvements, levant à peine les yeux vers lui. Le froid avait beau avoir engourdi mon corps, mon esprit restait toujours éveillée et j’avais bien vite enregistré les quelques mots, pour le moins étrange, de la chimère. Je croisais son regard de jade, les yeux brillants avant de lâcher un léger soupir et je finis par poser ma tête sur son épaule en le laissant me soutenir, fatiguée et frigorifiée. C’était ça, il venait tout juste de mettre le doigt dessus, d’une manière qui lui avait semblait si évidente. Je ne voulais plus vivre pour moi, car je n’estimais plus désormais que ça vaille le coup. Avant, je vivais pour ma famille, puis mon petit frère, puis mon travail. Maintenant qu’il ne me restait plus rien, à quoi bon continuer ? Je plissais les yeux, en proie à une constatation douloureuse que je ne pouvais qu’admettre même si cela me pesait. Je n’entendis pas le reste des paroles de la chimère, du moins pas toutes, mais j’avais saisi l’essentiel. Il est vrai que je pouvais peut-être les aider dans leur croisade, que je pouvais peut-être leur apporter un soutien quelconque. Et si cela suffisait à me faire avancer ? N’importe quoi suffirait, pourvu que ça en vaille la peine.

La porte s’ouvrit d’un coup de pied et bien vite la chaleur brûlante de l’âtre m’enveloppa, réchauffant mes muscles endoloris lentement. Les yeux clos pour savourer la chaleur dévorante de la cheminée, je profitais simplement, la nuque posée sur le bras tendue de la chimère qui me soutenait ainsi. Rouvrant les yeux lorsque je sentis un minimum de vie revenir dans mes muscles, je tournais légèrement la tête pour apercevoir le jeune homme, bras tendu qui se tenait toutefois en retrait. Lorsqu’il croisa mon regard, il détourna rapidement les yeux, observant avec une attention particulière l’âtre de la cheminée dans lequel brûlait un feu à nouveau vif. Des paroles s’échappèrent de ses lèvres, douces et teintées d’une sincérité désarmante. J’en restais interdite, me contentant d’observer son visage avec curiosité. Je me rendis compte que contrairement à quelques minutes plus tôt, je ne voulais plus le repousser. Ces paroles avaient fait leur chemin à travers mon esprit brumeux et je réfléchissais désormais à la possibilité que ce dernier ait été véritablement sincère depuis le départ. Sinon, pourquoi avoir risqué sa vie aussi stupidement ? Je doutais que le jeune homme soit aussi perfide que cela pour aller jusqu’à se mettre en danger simplement pour garder ma confiance. Je levais ma main, me tournant sur le flanc et serrais mes doigts doucement sur le haut de la chimère que j’avais moi-même lacéré un peu plus tôt avant de me blottir contre lui malgré l’absence de chaleur qu’il dégageait. Le front contre son flanc indemne, je lâchais d’une voix toujours faible.

"Reste … "

Si avec les preuves incontestables qu’il m’avait offert ce soir je doutais encore de son honnêteté, rien ni personne ne pourrait probablement jamais me convaincre que je pouvais encore accorder un semblant de confiance à une personne. Je me recroquevillais contre le jeune homme, cherchant si ce n’était un peu de chaleur, mais au moins du réconfort. Maintenant que la colère avait fondu, je me sentais perdue et triste. Incapable de pleurer toutefois, je me contentais de montrer mes sentiments au jeune homme via ce simple geste.

"Je ne veux pas être seule. "

Si j’avais au moins appris une chose ce soir, c’est que le jeune homme n’était pas cruel ni teinté de mauvaises intentions, non, il manquait simplement de tact, du moins, c’est ce que je me dis. Qui donc aurait bravé la tempête qui se déchainait sans fin à l’extérieur tout ça pour ramener une jeune femme qu’il comptait tromper ou détruire après ? Pourquoi se battre pour sauvegarder la vie de quelqu’un s’il ne compte pas ? Au fond, la réponse était simple. Ce n’était pas une question d’intérêt cette fois-ci, mais d’affection, rien de plus. Je compris soudain qu’il n’attendait et n’attendrait probablement rien de ma part en contrepartie. Cette simple constatation me rassura tout autant qu’elle m’intrigua, mais pour autant, je tentais de ne pas réfléchir davantage. A la place, je continuais de parler, d'une voix posée quoi qu'encore affaiblie.

"Je suis désolée ... mais ne pars pas Lyl. Ne pars pas ... "
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