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 D'une pierre, deux coups

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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 20:31

Les mouvements fébriles de la jeune femme le tiraient de sa léthargie maussade. S’il paraissait songeur il le paraissait seulement. L’esprit vide de toute réflexion, il sentait le feu le brûler à mesure que le temps passait. Il sentait la chaleur l’envahir, lui qui d’ordinaire était froid. Pandora s’était tournée, cherchant le contact du garçon qui avait baissé ses yeux sur elle, intrigué. Elle lui demandait de rester, répondant à sa dernière phrase. Ses sourcils s’étaient légèrement froncés devant la complexité de la situation, devant la faiblesse de la rouquine. Le poids de sa main agrippée à la « brèche » crée par elle-même quelque minutes plutôt fit légèrement basculer le reptile, épuisé. Son bandage était à la main était rosée, trempé et défait. Quant à sa plaie par balle elle était lancinante. Mais rien de comparable au mal être qui faisait tambouriner l’organe dans sa poitrine.
A présent elle lui demandait de rester et plus elle le faisait et plus son visage devenait monotone. Sans quitter la source de chaleur il portait sa main à son front. Elle s’était un peu réchauffée. Ses doigts glissèrent superficiellement dans sa chevelure flamboyante alors qu’il répondait doucement…

-Hm…je ne bouge pas…

Il baissait le menton et rencontrait son profil, les yeux mi-clos. Son regard l’examinait. Elle dégageait très peu de chaleur, pour le pas qu’il lui connaissait, ce détail il le savait important. De ce côté-là ils étaient totalement opposés.

-Pandora…il faut te changer, ton corps n’arrive pas à se chauffer.

Peu importe le temps que resterait le feu attisé, les murs étaient en pierre et ancien. De plus dehors c’était la tempête. Lyl se dérobait doucement, délaissant la jeune femme parterre sur le tapis. Il s’était levé et avait entamé un petit réinvestissement des lieux. Il avait approché le canapé de la cheminée, à quelques centimètres de la jeune femme. Il lui refilait le sac noir qu’on leur avait fourni, il y avait vu du linge blanc lors de ses brèves recherches. Ensuite il se mit en tête de trouver des couvertures et entamait une fouille. Une fois sa mission accomplie il déposait son butin sur le sofa, observant momentanément la jeune femme se déshabiller. Elle semblait peiner, vidée d’énergie vitale. Après un profond soupire mystérieux il fit de même.
Assis sur le bras du canapé il cherchait dans le sac. Très vite en l’en extirpait ce qui ressemblait fort à un « kimono », un truc typiquement xinois. Le même que la demoiselle. Quelque peu en retrait il se changeait. La bande qui tenait le pansement de sa plaie abdominal était encore-là, dans le même état que celui de sa main. Mais avant de daigner défaire le bandage pour s’informer de l’état de blessure il enfilait le kimono. Ca pouvait attendre. En réalité il ne voulait plus attirer l’attention, seulement la laisser se reposer. Le tissu en coton épais ouvert il se posait assis devant la cheminée, à l’opposé de Pandora, dos contre le canapé qui faisait office de dossier. Une jambe repliée, son avant-bras tatoué posé dessus il fixait les flammes. Il brisait le silence, pliant et dépliant ses doigts de sa main blessée… Il jugeait utile de se justifier, bien qu'être loquace en ce qui le concernait lui personnellement le débectait. Il fit un effort considérable pour lui dire...

-Je ne sais plus où j’en suis… Depuis mon réveil j’ai appris à mes dépends que je ne pouvais faire confiance à personne. Il fronçait les sourcils, trouvant toujours cette réalité cruelle, merde, il marquait un court temps d'arrêt, je me suis pris une balle en pleine tête et ça sous les traits de quelqu’un qui m’était cher… Je me suis relevé du mauvais côté en tentant de fuir mon passé. Mais comme tu le vois…ca m’a rattrapé. Il retirait la bande de sa main avec lenteur, perturbé, le visage froid et morne à la fois il fixait un point, distrait. Je ne pouvais qu’être méfiant à ton égard…même si au fond j’ai toujours voulu croire en toi. La bande retirée, il observait sa main blessée depuis sa posture sur son genou plié. Un instant d’hésitation...Alors s’il te plait…ne me trahi pas…ne meurs pas…j’ai déjà tout perdu, jusqu’à mes souvenirs…

L’amitié de cette femme, l’amour de Reï et la fraternité de quelques hommes comme Kojaku, c’est tout ce qu’il possédait. C’était suffisant pour reprendre le combat là où il avait été forcé de le délaissé. Le jeune homme soupirait, lâchant un rire amer…

-Tu as été la première à me tendre la perche… c’est à mon tour à présent.

Bien plus qu'un service à rendre sous ces simples paroles... Il sentait la jeune femme assise sur le canapé, derrière-lui. Elle ne bougeait pas, la probabilité qu’elle se soit endormie une fois enroulée dans les couvertures lui paraissait tout à fait plausible. Il se surprenait même à l’espérer au fond, il n’avait que trop parlé… Maintenant qu’il s’était à demi ouvert il se sentait idiot et se renfrogné un tantinet. Réaction digne de ces hommes implacables et modestes qui ne souhaitaient que s’effacer. Surtout dans ce genre de situation.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 20:56

Je frissonnais en réponse aux paroles censées du jeune homme, mais n’avais pas la moindre envie de m’écarter, encore moins de me redresser pour me changer ce qui incluait un effort non négligeable même si mes jambes avaient désormais un peu récupérées. Mais il ne me laissa pas le choix et se retira de lui-même de la légère prise que j’avais maintenue sur lui jusqu’alors et je pris appuie sur mon coude pour me redresser, dos à la cheminée désormais. Il repoussa le canapé au plus près de l’âtre avant de déposer le sac noir dessus, dont je savais qu’il contenait des vêtements de rechanges. Fatiguée pour ne pas dire brisée par la vague de froid que j’avais subie dehors, je finis toutefois par me redresser et fouillais quelques secondes dans le sac pour en sortir un ample vêtement blanc, semblable à ceux que j’avais déjà vu porté par Kojaku, avant de le déposer sur le canapé. Lentement, je retirais mes vêtements un par un pour les poser sur les chaises installées près de la cheminée afin qu’ils sèchent. Une chance que mes sous-vêtements n’aient pas eu à subir la morsure de la neige au fond. Dans la foulée, je passais en vitesse le kimono que je refermais pour conserver le plus de chaleur possible avant d’aller m’assoir sur le divan que le jeune homme avait encore un peu rapproché du l’âtre crépitant, détournant le regard lorsque ce dernier se changea également. Non pas que j’étais spécialement pudique, mais j’estimais que lui laisser un minimum d’intimité serait bénéfique. Finalement, il revint s’installer contre le canapé, assis dos à ce dernier en observant le feu, avant de reprendre la parole d’une voix quelque peu éteinte. La tête posée sur ma main, je l’écoutais en l’observant d’un air fatigué.

Là, dans l’intimité froide d’une chaumière, le jeune homme se livrait avec une sincérité déroutante, je compris enfin certaines de ses réactions. Privé de souvenir, comment savoir en quoi ou en qui l’on pouvait croire ? Surtout après s’être fait « tuer » par un proche, cela remettait tout en cause, jusqu’à la signification même d’un terme tel que la confiance. Tout à coup, il semblait fragile, comme si se livrait avait fait fondre l’armure de glace qu’il arborait à longueur de temps. Troublée par ces paroles, je finis par bouger toutefois, et m’allongeais avec une certaine prudence sur le canapé, m’enroulant au passage dans une des couvertures qu’il avait réussi à dégoter dans le refuge, pour mettre ma tête à peu près à son niveau, lâchant un léger soupir alors que mes membres commençaient doucement à retrouver une chaleur acceptable. Un rire sombre secoua ses épaules alors qu’il reprenait d’un ton plus morose encore l’espace de quelques secondes avant de se taire définitivement. Je restais là, à observer sa nuque sans rien dire, réfléchissant à ce que je venais d’entendre, avant de finir par lui donner une réponse, certes minime.

"Je ne t’ai pas aidé pour avoir quelque chose en retour Lyl, simplement parce que je voulais le faire, rien de plus. "

Je m’emmitouflais davantage dans la couverture, remontant cette dernière jusqu’à mon menton avant d’en extirper ma main qui, après quelques secondes de timidité, alla se poser sur l’épaule de la chimère doucement.

"C’est promis, je ne te laisserais pas … tâche de faire de même."

Sur ces paroles rassurantes, du moins, c’est ainsi que je le voyais, je fermais les yeux, assommée par le sommeil, mes doigts bougeant doucement dans les quelques cheveux de l’argenté qui retombaient dessus, le temps que Morphée vienne me chercher. Je me rendis compte à cet instant précis combien j’étais épuisée. Je n'étais pas inquiète de m'endormir ainsi, je savais pertinemment que je trouverais le jeune homme ici à mon réveil le lendemain désormais.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Lun 29 Oct - 22:06

Quelque peu rassuré par les propos de la demoiselle, Lyl soupirait à nouveau. Une nouvelle vague de pression s’échappait avec son soupir. La fatigue la rendait nettement plus sage, voire même tactile. C’est pourquoi il n’avait pas répondu verbalement ou physiquement il l’a savait en proie à l’épuisement. Ca expliquait ses doigts fins qui venaient se perdre dans la chevelure mi-longue du garçon. Quel changement soudain. Il commençait à s’y faire. Quelques secondes plus tard il sentait le souffle chaud de la jeune femme dans sa nuque, une respiration sereine, posée. Cette fois elle s’était vraiment endormie. Il déglutit alors que la main de la demoiselle pendait encore sur son épaule.
Il restait plusieurs courtes minutes ainsi, songeur. Puis lorsqu’une forte bourrasque taraudait la porte il se reprit. Sa main blésée face à ses yeux, il l’observait, les fils n’avaient pas bougé. Ce fut ensuite au tour de sa plaie par balle.
Lentement il s’était détaché du canapé laissant la main glisser lentement. Notre ami se hâtait de retirer la bande de son abdomen. Une moue blasée venait se dessiner sur ses lèvres alors qu’il découvrait que deux points seulement avaient sauté. Une chance. C’étaient les deux derniers points, Lyl n’avait ni la force ni le courage de se rafistoler et préférait laisser sa plaie à l’air libre pour le restant de la nuit.
La chaleur de la cheminée lui étant fort agréable comme sensation il prenait place dans le fauteuil de profil au canapé. Les animaux à sang froid aiment se pavaner au soleil en général, il ne faisait pas exception.

Affalé dans le fauteuil il s’était armé d’une couette moins épaisse délaissée exprès par la jeune femme. Son regard se posait sur le dessus de la tête rouge de la jeune femme avant de ne se planter les flemmes. Quelques secondes plus tard le sommeil l’embarquait.


Le lendemain

Toujours actif grâce au réveil de Lyl quelques heures plutôt, le feu crépité alors que midi était passé depuis deux heures. Si Pandora avait enchaîné un long sommeil d’une traite, Lyl avait été réveillé une fois. Les rayons de soleil filtraient à travers les volets rongés par l’humidité. Certains coins du refuge étaient éclairés, comme la jambe droite de notre ami ou bien l’épaule de la rouquine. C’était aléatoire. Epuisés par leurs mésaventures condensées sur deux jours ils avaient une fois plus dépassé l’heure du déjeuner.
Mal installé et complètement avachi sur un vieux fauteuil en cuire, Lyl tentait de se retourner. Il comprit que son sommeil serrait définitivement interrompu lorsqu’il ne put bouger comme voulu. Au même moment la jeune femme se réveillait. Un timing parfait !
Après quelques secondes d’émergement il entreprenait de se redresser.
Les jambes tendues devant lui il observait sa plaie qui avait séché, tout comme les deux trous dans sa main. Après ca son regard se déportait sur la demoiselle qui reprenait lucidité petit à petit.

Une pensée pour les faits de la veille lui soutirait un soupire lasse, gêné. Il priait pour qu’elle ait oublié leur dernière conversation. L’épuisement l’avait conduit à baisser un peu trop sa garde et s’ouvrir d’avantage. Il aurait juste mieux fait de s’excuser et d’en finir ainsi sans les conneries qui suivirent. Il levait les yeux au plafond et se levait avec difficulté. Sa nonchalance refaisait surface, comme si de rien n’était. Ca lui aurait troué le cul d’avoir été aussi loquace ! Aussi…doux ? Lui ?! …
Le larron préférait oublier même si au fond il était plus que satisfait de ce qu’ils avaient échangé et partagé… Un gamin. Le voile de la nuit était tombé, le soleil s’était levé et la réalité installée. A savoir ; ils étaient au beau milieu de nulle part…peut-être même perdus.
Le garçon passait devant le lit de fortune de la demoiselle, qu’il enviait d’ailleurs vu ses courbatures. Elle semblait encore amorphe, probablement malade ou encore crevée à moins qu’elle ne fût pas matinale.
Le jeune homme jetait un regard dehors à travers un des trous d’une des volets alors qu’il demandait sans le ton interrogateur correspondant…

-J’ai pas le droit à un flingue collé sur la tempe, ce matin ?

A croire qu’il en était déçu. Ce genre de chose lui aurait été réservé s'il s'était retrouvé à son côté au réveil... Il tournait les talons et s’approchait de la chaise où étaient disposaient les vêtements de Pandora. Il lui jetait un œil, repensant à la veille. Au lieu de ne rougir ou de s’attarder sur ce souvenir il réagissait au quart de tour en balançant les fringues secs sur la demoiselle. C’était sa réponse face à sa frustration. Cette femme avait un effet étrange sur le reptile et rendait ses réactions parfois plus puériles que réfléchies. En pleine poire, ce qui lui valut un sourire en coin presque invisible.

-Habille-toi, faut qu’on bouge au plus vite. Il ôtait lui-même son habit de rechange pour enfiler ceux de la veille. Faut trouver une ville avant la tombée de la nuit…

Son pantalon large enfilé il chopait une compresse et la bande sèche pour se ficeler. Il était bien trop insouciant et négligé quand il s’agissait de lui et ses blessures. Une fois fait il enfilait sa première couche, soit son t-shirt de même couleur noire que le bas. Ce n’est que lorsqu’il enfilait son sous-pull qu’il redécouvrait sa fissure… Un sourcil haussé il jetait un furtif coup d’œil à la demoiselle. Il n’avait pas encore vu la marque qu’elle avait laissé dans son cou ni la teinte marron de ses pointes du côté touché. Le décoloré tournait les talons pour faire face à la jeune femme une fois chaussé et prêt, sa main dans la fente crée par la rouquine il déclarait faussement blasé…

- Payes ton aération…

Quelle ironie matinale… Notre chimère enfilait son coupe vent, indiquant qu’un autre se trouvait dans le sac. Son sabre placé dans son dos il enfilait protections et flingue. En plus de la nuit affreuse passée, la faim venait s’ajouter à la liste… Il adoptait cette attitude positive et nonchalante, comme détaché de tout et même de la situation. En reparleraient-ils un jour ?
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Mar 30 Oct - 16:12

Je lâchais un gémissement plaintif lorsque la couverture glissa le long de mes jambes, m’obligeant à subir le froid ambiant, et réprimer un frisson avant d’ouvrir de petits yeux emplis de fatigue. La chimère était assise sur le fauteuil, semblant lui aussi s’éveiller. J’ignorais totalement l’heure qu’il pouvait être et je jetais un léger coup d’œil vers la fenêtre avant de plisser les yeux lorsque ces derniers entrèrent en contact avec le rayon de soleil balayant la pièce avant de finalement les refermer pour me reblottir sous la couette n’ayant pas la moindre envie de bouger. Installée confortablement, j’eus une légère pensée coupable en voyant où le jeune avait dormi, il n’avait pas du passer une nuit des plus agréables. Ce dernier se leva et, curieuse, je le suivais du regard, esquissant un sourire amusé lorsqu’il raviva un vieux souvenir qui aujourd’hui me faisait plus rire que culpabiliser lorsque je me souvenais de la gêne que j’avais alors éprouvée. A croire presque que ça lui avait manqué si l’on se fiait au ton qu’il avait employé ! Avant même que je n’ai le temps de réagir, je reçus en plein visage mes vêtements, désormais secs, avec l’assertion de me daigner me bouger rapidement. Mais je fis preuve d’une mauvaise volonté notable et, repoussant les vêtements derrière ma tête, j’enfouis cette dernière dans la couverture en grommelant de manière incompréhensible avant de répondre d’une voix ensommeillée.

"Hm … Encore un peu, j'ai sommeil …"

Totalement faux, j'étais juste pas réveillée. J’étais longue à la détente parfois le matin, c’était extrêmement aléatoire en fait. Je pouvais tout aussi bien me lever d’un coup ou bien à l’inverse flemmarder durant une demi heure sous la couette à comater tranquillement. Mais aujourd’hui, ma conscience militaire me rappela toutefois à l’ordre. Nous étions en pays ennemis, probablement perdus, Lyl avait raison, il fallait que je me bouge. C’est avec une certaine mauvaise volonté que je repoussais la couverture sur le sofa et ne me redressant en position assise, le visage encore marqué par le sommeil, je me frottais l’arrière de la tête en retenant un bâillement avant de porter mon regard sur le jeune homme, désormais torse nu. Il semblait se soigner de son plein grès et j’esquissais une fois de plus un léger sourire en le voyant enfin s’occuper de lui, avant de jeter un regard vers mes fringues tassées en boule à ma gauche. Je lâchais un léger soupir avant de me relever, prête à faire de même. Je ne ressentais plus de gêne vis-à-vis de la chimère désormais, aussi je retirais sans vraiment y penser le kimono que je portais pour enfiler mon pantalon doublé. Ce dernier ayant été réchauffée toute la nuit durant par la cheminée, c’était un vrai plaisir que de le remettre. Une fois complètement habillée, je nattais rapidement ma crinière trop voyante pour qu’elle ne me gêne pas, lorsque le jeune homme m’interpella et je me tournais vers lui, le visage impassible qui cachait bien ma surprise. Ce dernier arborait à son pull une magnifique entaille datant de la veille au soir. Je n’y avais pas été de main morte, et fus également grandement soulagé que ma lame n’ait mordue que le tissu et non la chair de mon acolyte. J’esquissais un sourire contrit avant de rétorquer d’un ton évident.

"C’est la nouvelle mode. Plus besoin de se dévêtir pour que la peau respire ! "

Ma rime stupide me fit rire bêtement alors que je remettais mes armes en place, me penchant en avant pour vérifier que ma dague sombre était toujours bien planquée. La seconde, la chimère l’avait ramené tout en s’efforçant de me trainer au refuge hier soir, elle trônait sur la seule table de la pièce et je m’en emparais pour la ranger dans son fourreau. Peu après quoi il m’indiqua un manteau supplémentaire dans le sac dont je m’emparais pour le placer sur mes épaules. Malgré son aspect fin, il me protègerait bien plus efficacement contre le vent et l’humidité que ne l’avait fait mon autre haut. Je refermais le sac, le posant sur mon épaule avant de m’approcher du jeune homme, prête à lever le camp lorsque mon regard accrocha quelque chose de sombre au niveau de sa gorge. Les sourcils soudain froncés, je soulevais les quelques cheveux aux reflets sombres qui balayaient son cou pour apercevoir trois traces bien nettes de griffures, le sang visiblement coagulé rapidement par le froid. Je me mordis la lèvre, me souvenant très bien de l’origine de ses marques, je ne pensais pas l’avoir éraflée, mais tout s’était passé tellement vite et mes mains étaient engourdis, il n’était donc pas étonnant que j’ai mal évalué la situation. Je finis par relever les yeux vers ceux de la chimère.

"Ca pique pas un peu par là ?"

Je posais un doigt délicat à la limite de la blessure, ne voulant pas lui faire mal au fond, pour lui indiquer l’endroit dont je parlais avant de lâcher un léger soupir je ne pouvais pas lui bander le cou aussi, il allait ressembler à une momie s’il – si je ! – continuait à ce rythme, mais pourtant, je reposais toutefois le sac sur le fauteuil proche avant de fouiller dedans. Ca n’était pas infecté, je me contentais donc de sortir un peu d’eau et du coton pour nettoyer. Sans même lui demander son avis, au fond, c’était de ma faute, je me devais de réparer cette bévue, du moins autant que possible, j’appliquais la compresse humide contre sa gorge en essuyant doucement les traces d’hémoglobine, et fit de même avec les quelques mèches étant entrées en contact avec avant de la balancer au feu d’un geste négligeant. Ca suffirait bien, les coupures étaient certes bien marquées, mais également nettes, il y avait une chance infime pour que cela puisse s’infecter. Haussant un sourcil, je reposais le sac sur mon épaule après l’avoir refermé avant d’esquisser un demi sourire railleur.

"Tu vas finir par ressembler à une passoire à ce rythme …"

Je lui adressais un sourire innocent avant de me diriger vers la porte, main sur la poignée, tournant à demi la tête vers la chimère.

"On y va ?"

C'est bon, j'étais réveillée, je pouvais affronter la journée et le froid sans problèmes.
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MessageSujet: Re: D'une pierre, deux coups   Mar 30 Oct - 18:24

-Ca pique pas un peu par là ?

Un sourcil levé, perplexe, Lyl observait son interlocutrice. N’ayant pas fait plus attention à ce qu’il avait dans le cou. Il reprenait son occupation, soit serrer la ficelle de son sabre qui semblait présenter une petite anomalie. Et alors qu’il était concentré dans sa tâche il attendait que la demoiselle se bouge pour qu’ils puissent enfin décoller. C’est alors qu’il sentit un contact humide sur son cou, figé par la stupeur il jetait un regard à la coupable. Il voulait la repousser, jugeant que son geste était absolument inutile.

-J’t’assure c’n’est pas nécessaire…

En abattant sa tête sur le côté et en levant son épaule il avait tenté de l'embêter. Mais voilà qu’elle s’en prenait à une mèche de cheveux, déterminée. Attendez qu'il se voit dans un miroir... Toujours pas habitué à ce que les rôles soient inversés, Lyl reculait légèrement, mi embarrassé…

-A..Arrête.

Il détournait son regard alors qu’elle se permettait une plaisanterie comme si de rien n’était. Le jeune homme resserrait une bonne fois pour toue la ficelle de son sabre avant de tourner les talons. D’habitude c’est lui qui se permettait d’être tactile avec la gente féminine, celles qui se permettaient de telle chose à son égard avaient été des danseuses ou autre rapaces de bar. Qu’on vienne le trouver et même le toucher était une tout autre histoire. Mais ce qui l’embarrassait le plus était que la belle daigne jouer les infirmières avec lui. Cette manie ne ferrait pas long feu, la lassitude finirait par la rattraper à long terme. C’est une moue faussement renfrognée qu’il poussait la jeune femme pour la faire ouvrir la porte. Il aurait pu attendre, oui. Un petit sourire vint alors illuminer son visage grognon alors qu’il repensait à sa plaie par balle…

Dehors il y avait très peu de vent mais l’air était gelé, rien de comparable à la veille toutefois…Ils entamaient alors leur route sans trop savoir où ils se trouvaient. Ils avaient tout deux opté pour filer tout droit. Ainsi ils firent plusieurs kilomètres et seulement deux courtes pauses avant de se trouver au bord d’une falaise.
Un panoramique magnifique s’offrait à eux. Leur regard fut immédiatement capté par plusieurs villes et villages en contrebas. L’un d’eux étant probablement celui cherché par notre chimère. Ils se jetèrent un regard avant de réfléchir à comment se rendre en bas sans avoir à faire tout le tour pour emprunter les sentiers. Ce qui leur prendrait au moins plusieurs jours de marche. Cette solution n’était pas envisageable pour nos deux aventuriers.
Lyl avait donc proposé de couper tout droit. Avec de l’alchimie et du bois il pouvait leur confectionner une luge digne de ce nom… Sa décision étant prise il ne laissait pas tant le choix à la demoiselle qui l’accompagnait de pleins grès. Et puis…elle devait être aussi barrée que lui pour le suivre. Cette simple hypothèse suffisait pour le motiver.
Ainsi débutait leur vrais voyage, direction Va’Hala…



Fin~
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