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 "You are a pirate !"

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MessageSujet: "You are a pirate !"    Ven 18 Sep - 21:24

Accoudée au bastingage du majestueux voilier sur lequel elle se trouvait, une jeune femme observait l’étendue aqueuse qui s’offrait devant elle et qu’elle allait bientôt quitter. Son voyage prenait fin, et elle n’était pas fâcher d’arrive enfin à destination, ne se sentant guère à l’aise en mer. Il lui fallait du solide sous ses pieds, quelque chose où elle pouvait être sûre qu’aucune créature étrange ne pouvait grouiller en-dessous. Encore que, qui sait ce qui se cachait également dans les tréfonds terrestres ? Peu lui importait, elle voulait juste remettre pied à terre, rien de plus. Malgré tout, elle devait bien se rendre à l’évidence sur une chose, l’océan était d’une beauté magistrale, sa surface étincelant sous le soleil hivernale, comme si des diamants se retrouvaient éparpillés tout à la surface de l’eau, sur des kilomètres entiers, à perte de vue. Repoussant une mèche neigeuse qui lui barrait le visage, la jeune hybride finit par détacher son regard fatigué de l’onde et se détourna pour jeter un coup d’œil rapide à la ville portuaire qui se rapprochait de plus en plus avant de lâcher un profond soupir de lassitude. Sa dernière mission pour l’Organisation avait été un fiasco total, sur cinq à être partis, ils n’étaient plus que deux à rejoindre le bercail et si elle n’avait que quelques balafres sans réelles gravités, ce n’était guère le cas de son collègue qui s’était retrouvé amputé d’une main. Pourtant, malgré le fait qu’ils fussent plus ou moins collègues, elle n’allait pas s’enquérir de son état, ni même ne lui portait le moindre intérêt, son rôle envers lui était achevé pour l’instant, et désormais, elle n’aspirait qu’à retrouver une certaine tranquillité avant d’avoir à affronter les sermons de ses supérieurs, et comptait bien s’offrir quelques jours de repos avant de descendre dans les terres faire son rapport.

Aeosera était une petite ville bien pensée, accotée à la mer, et posée à flanc de colline, ce qui lui donnait l’aspect d’une cité semblant s’enfoncer dans les tréfonds marins même s’il n’en était rien. Pas bien grande, on y trouvait cependant l’essentiel, car lieu de grands passages, il fallait bien ravir toute la potentielle clientèle qui traversait cet endroit avant de rejoindre les terres gelées. C’était également un des seuls lieux au sein de Drachma à être constamment épargné par la neige, l’air salé provenant de la mer empêchant cette dernière de s’installer durablement. De ce fait une végétation plus riche avait pris possession des lieux, donnant presque un aspect de carte postale à cet endroit. Un accueil ravissant lorsque l’on venait de loin, mais qui pourtant ne représentait en rien le reste de la contrée, froide et sauvage. Le capitaine du vaisseau -caricature du marin dans toute sa splendeur, il ne lui manquait que l’oiseau sur l’épaule- hurla des ordres à ses subordonnés à mesure que ce dernier s’approchait dangereusement du port.

La jeune femme remit d’aplomb la sangle de l’épée ballotant dans son dos d’un geste distrait de l’épaule et rabattit un peu plus le morceau de tissu qui lui protégeait la tête sur son front. En mer le vent était calme, mais près des côtes, il y avait toujours un mistral impressionnant charriant l’air glacial du centre du pays. Descendant de son piédestal pour rejoindre le pont, elle se joignit ainsi à la cohorte de personnes pressées de rejoindre la terre ferme. Visiblement, elle n’était pas la seule à qui l’air marin ne réussissait pas vraiment si elle en croyait le teint cireux de certains de ses voisins, et cette constatation lui tira un infime sourire amusé. Son ventre gronda soudain, elle n’avait rien avalée depuis le début du voyage de retour, soit deux journées pleines, et les odeurs que transportait le vent lui ouvrait l’appétit, sentant bon la viande grillée et la pâtisserie. Enfin, pour elle ça sentait divinement bon, elle doutait que ses voisins aient la même sensation. Trop empressée pour attendre davantage, elle se faufila à travers la populace qui se pressait toujours un peu plus vers la sortie, jouant des coudes pour gagner sa place, et se retrouva à l’avant de la queue. Pas une seconde elle ne songea à aller quérir son collègue, ni même à l’attendre, de toute façon ce dernier ne tenait pas spécialement à la compagnie de la cendrée.

Pandora posa un pied sur la terre ferme, puis deux, avant d’inspirer une profonde bouffée d’air frais. Enfin sur quelque chose qui ne tanguait pas ! Délaissant la foule qui se pressait derrière elle pour suivre son exemple, elle rabattit un peu plus la capuche sur sa tête et posa le sac qu’elle tenait jusqu’alors à bout de bras sur son épaule libre avant de se laisser guider par son flair hors norme pour suivre de l’enivrante odeur de viande cuite. Cette dernière l’amena devant une auberge qui ne payait pas de mine depuis l’extérieur, une façade abîmée par le temps et le sel marin, blanchie et fissurée par endroit, mais elle ne s’en préoccupa pas vraiment. Poussant la porte en faisant retentir le bruit strident d’une clochette, elle jeta un coup d’œil rapide à l’endroit avant de choisir une table reculée où elle pourrait se mettre dos au mur, et face à la porte. Réflexe de survie, bien qu’elle doutait fortement que sa cible l’ait suivi jusqu’ici pour se venger. Une commande plus tard, elle repoussa le tissu le long de sa tignasse, dévoilant à la lumière tamisée des lieux une crinière pâle, nouée en un chignon lâche dont certaines mèches venaient cependant lui balayer les joues au même rythme que ses mouvements de tête. Se délestant de son manteau trop chaud qu’elle déposa sur la chaise à sa droite, elle observa les lieux, silencieuse. A vrai dire, l’auberge n’était pas bien rempli, quatre personnes tout au plus s’y trouvaient, en plus des tenanciers.

Un peu de repos, voilà qui l’aiderait, elle l’espérait, à oublier son échec cuisant ou du moins à retarder quelque peu l’échéance où elle devrait faire son rapport à un de ses supérieurs. Qui a dit que profiter des vacances d’un dignitaire Amestrien partit à Xing pour l’assassiner était une brillante idée ? Un abruti sans nul doute, rarement elle était tombée face à une escorte aussi nombreuse et bien organisée, à croire qu’ils avaient eus vent d’un possible attentat contre le dignitaire, ce qui laissait supposer à la jeune femme la possibilité d’une taupe au sein de l’Organisation. Enfin, d’une seconde taupe, en plus d’elle s’entendait. Elle n’avait plus désormais qu’à aller trouver son contact dans la cité, lui indiquer leur retour et attendre tranquillement qu’il lui donna sa nouvelle affectation, et l’endroit où elle devrait se rendre pour son compte rendu. Mais tout ceci lui sortit instantanément de l’esprit lorsque l’aubergiste s’approcha avec sa commande. Malgré son appétit féroce, probablement décuplé par ses pulsions animales, la jeune femme garda tout de même ses bonnes manières en dégustant le plat, même si son instinct lui hurlait de se jeter sur l’assiette comme une vorace. Curieusement, certaines habitudes de son ancienne vie n’avaient pas disparues, probablement trop ancrées dans son éducation, elles en étaient devenues automatiques, instinctives.

Lorsqu’elle sortit enfin de l’endroit, la nuit s’était posée sur la cité portuaire, plongeant les lieux dans une pénombre presque inquiétante tant l’éclairage public semblait rare et de faible densité. Sans attendre et recouvrant sa tête, elle se faufila dans le dédale de ruelles, manquant de se perdre plusieurs fois, avant d’attendre son but au bout d’une bonne heure de recherche soit, un hôtel, celui où son contact était censé résider. Le bâtiment semblait plutôt prestigieux, occupant une majeure partie de la rue où il se trouvait, un bar en étant dépendant, ainsi qu’un sauna, un restaurant et ce qui semblait fort être une maison close, ce qui poussa la demoiselle à se dire que définitivement, ce groupuscule avait les moyens financiers si tous les contacts de leurs agents en mission avaient le même genre de « logement de fonction ». Après s’être trouvé une chambre convenable pour la nuit au sein de ce dernier, où elle partit se délester de son matériel de chasse à l’homme, elle redescendit dans le bar, cherchant l’indic’ du regard dans la salle. Sauf que voilà, elle n’avait qu’un nom, et ne connaissait pas son visage, la tâche risquait d’être ardue, d’autant plus qu’elle était venue ici par défaut, il ne s’y trouvait peut-être même pas. Encore courbaturée par son voyage, Pandora décida de se poser un moment dans la pièce à la lueur tamisée, histoire d’attendre, et de se détendre quelque peu. Assise au bar formant un cercle au beau milieu de l’immense salle, la jeune femme passa une rapide commande et observa les lieux avec plus d’attention qu’elle ne l’avait fait jusqu’alors. Il ne lui faire guère difficile du coup de s’apercevoir que, plus qu’un bar, c’était tout simplement un avant-poste de la maison close attenante, à laquelle on pouvait visiblement accéder par une lourde porte de bois située à la droite de la salle. Une partie de cette dernière était dénuée de tables et de banquettes, des estrades dotée d’effeuilleuses leur avait été préféré pour divertir la clientèle. Détournant le regard de ce spectacle qui la mettait plus ou moins mal à l’aise, elle se concentra sur le reste de la salle avant de retourner à sa boisson, l’esprit ailleurs, et se mit à jouer de manière pensive avec le médaillon scintillant à son cou. Qui sait, peut-être qui son fameux contact la reconnaitrait si elle-même n’en était pas capable. Mais pour le moment, elle se sortit ce type de la tête et savourant le cocktail léger qui lui échauffait la langue de manière agréable, elle se détourna du bar pour s’accouder à celui-ci en laissant son regard divaguer dans la pièce. Le visage apaisé malgré sa mission foirée, elle gardait le silence, savourant un petit moment de détente mérité.

Toutefois la détente fut de courte durée car il ne fallut pas dix minutes pour qu'un homme finisse par l'accoster. Petit, râblé, une tignasse courte et parsemée de blanc, son visage lui disait vaguement quelque chose, rien de concret cependant, surtout à la lueur tamisée des quelques luminaires de l'immense salle. Elle scruta le visage impassible du type durant quelques secondes où ils se jaugèrent en silence avant qu'il ne daigne ouvrir la bouche.

"White Wolf je présume ? Tu es attendue."

Ah. Là il y avait un os. Certes, c'était bien le bon oiseau qu'il avait trouvé, mais à l'évidence, il ne s'agissait pas de celui qu'elle-même se devait de chercher. La complexité de bosser en doublon avec deux organisations discrète. Toutefois, le visage de la cendrée fut traverser par une fugace mais néanmoins parfaitement visible expression de surprise. Elle s'attendait à tout, sauf à ça ! L'interpellée reposa son verre à moitié vide sur le comptoir et croisa les bras en faisant inconsciemment ressortir le décolleté de sa chemise en lin, chose que ne loupa pas son interlocuteur en revanche. La jeune chimère ne se laissa pas démonter et répondit tout aussi brièvement.

"Par qui ?"

"Le capitaine de Drachma."

Malgré sa surprise toujours grandissante, la jeune femme esquissa un sourire ravie. Ainsi, elle n'avait même pas eu à chercher le contact avec lui qu'il l'a faisait mander. Parfait, les choses n'en seraient que plus simples ! Toutefois un détail gênait la demoiselle, elle avait encore un rapport à faire, et ses yeux scrutèrent à nouveau les alentours, cherchant son contact, sans pour autant le repérer davantage. Oh et puis, l'occasion était bien trop pour la laisser filer. Fouillant prestement dans sa poche, elle jeta sur le comptoir suffisamment d'argent pour payer son coup et suivi le type qui avait du mal à ne pas baisser les yeux constamment sur la silhouette de le jeune hybride. Celle-ci l'aida en repassant sa veste qu'elle laissa pourtant ouverte et lui emboîta le pas vers la sortie du bâtiment.

Ils traversèrent en silence deux trois ruelles sombres, temps qu'elle mit à profit pour s'en griller une  et tenter de calmer la tension qui la gagnait doucement. Non pas qu'elle redoute le grand chef, c'était ce qui risquait de ressortir de leur entrevue qui la rendait nerveuse. Ils s'arrêtèrent finalement devant une vieille auberge parfaitement restaurée et la jeune femme jeta son mégot sur le parvis avant d'en franchir la porte. Délaissant la salle principale, son messager la fit monter à l'étage et s'arrêta devant une porte à laquelle il frappa, lui faisant signe d'attendre. A l'intérieur, des bruits de discussions plutôt animées lui parvenaient sans peine.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Mar 13 Oct - 17:19

L'Agence prenait d'assaut une auberge modeste en extrémité de la ville. Un lieu anodin qui ne risquait en rien d'attirer l'attention. Ici, l'organisation rebelle mettait en suspense son départ en posant un pied à terre pour la nuit. Il y avait une dizaines d'hommes en tout, tous grades confondus.
Fragmentée en trois fractions, l'Agence comptait trois Capitaines chacun dispatchés sur la carte. Le Capitaine de Drachma ainsi que celui d'Amestris étaient réunis. Seul manquait le Capitaine d'Aruego. Aruego, pays ennemi d'Amestris au même titre que Drachma. Pourtant, Aruego ne partageait pas le même devoir que Drachma. Les Capitaines étant bien différents cela rendait parfois les idéaux et actions divergentes. Mais parmi les trois Capitaines seuls un nous intéresse, le plus réputé, le plus téméraire, Gin Marshall.

Le jeune capitaine avait une renommée déjà bien active depuis qu'il avait succédé. Si jeune est pourtant déjà hissé au sommet. Il était à l’effigie de son pays natale. Une montagne prête à écraser les faibles. Et ce soir il semait la fascination chez ses sujets. Là, tapis dans cette auberge, notre ami s'était terré dans sa proche chambre. Le visage toujours masqué par ce masque noir en verre tu gardais ton identité secrète. Ce mystère soulevait bien des craintes et rumeurs chez certains. Un mythe. Certain disaient même qu'il était McDougal en personne, qu'il n'aurait donc pas été défait pas Bradley. D'autres fabulaient en colportant qu'il ne serait d'autre que le fils de McDougal. D'autres disaient que c'était une bête, un homme sans visage dénué d'humanité. C'est dingues ce que les « on dit » peuvent être amusants, effrayants, passionnants. Gin aimait se délecter de ce genre de rumeurs. Ca gonflait d'avantage son ego parfois surdimensionné.

D'ailleurs ce soir-là il ne s'était pas mêlé à ses hommes, préférant les ténèbres de sa chambres. Accompagné de son fidèle compagnon Jefferson, Gin avait dîné dans sa chambre et embaumait encore tout cet amas de nourriture disposée sur l'unique table en bois de la pièce. Celle-ci faisait environs vingt mètres carrés et s’apparentait plus à un studio. La suite royale en quelque sorte. L'autre chef lui avait concédé. D'ailleurs lui aussi gardait son identité secrète depuis que l'Agence était menacée. Réunis à Aerosa pour ensuite prendre le bateau pour gagner le point de rendez-vous. Les deux Capitaines étaient en bonne entente bien que leur pays respectifs étaient ennemis jurés. Pourtant ce soir-là ils ne s'étaient pas joints ni pour manger, ni pour converser. Notre ami était bouleversé par un pressentiment étrange.

Au bout d'une heure de conversation restreinte avec son pseudo bras droit, quelqu'un vint lui apporter une nouvelle. White Wolf avait été aperçu par l'homme chargé de la repérer. Initié à cette tâche, le type en question avait fait ses recherches en toutes discrétion pour ensuite l'emmener à Gin comme à sa demande. Cependant notre jeune capitaine se doutait de la possibilité que la jeune soldate décline l'invitation.
Il n'était pas loin de minuit lorsqu'on annonçait sur le pas de la porte la présence de Wolf. Notre ami en fut un brin surpris mais pas déçu pour autant. Elle l'ignorait mais ça faisait environs trois semaines qu'ils s’étaient vue pour la seconde fois. Avant qu'on ne la fasse rentrer, le jeune homme demandait une brève discrétion physique de la demoiselle feintant une curiosité pressante. Alors le type dont la mission était accomplie s’exécutait. Le capitaine était privé de la vue te ne vit pas le sourire niais du type alors qu'il décrivait une beauté. Le plus étrange dans tous ça fut la couleur de cheveux énoncée. Blanc ? Était-ce un blond trop clair ou bien une albinos. Une erreur de jugement de la part du soldat . Wolf fut décrite brièvement, on souligna sa beauté et ses courbes charmantes. Le jeune homme souriait, satisfait, là assis au fond de la pièce sur un siège roulant. Une description qui confortait ses images concernant Wolf. Apparemment sa beauté dépassait ses espérances. Un détail qui ui plaisait mais qui le frustrait en un point. La cécité. Gin s'attendait à ce que la miss fut le portrait physique de son père, yeux et cheveux ébène. Au lieu de ça elle semblait en avoir hérité que le caractère. Et encore, elle était plus amusante.

On fit entrer Wolf. L'alchimiste de glace se tenait en bout de table à l’extrême opposé de l'entrée. Une lumière tamisée rendait les reliefs quasiment invisibles dans la pièce. Notre ami était de profil, face à l'unique baie vitrée de la pièce. Dans la chambre ça puait le graillon à pleine narine. Des odeurs entrelacées qui se couvraient les unes les autres. Un chien y perdrait ses repaires. Pour cause, les vestiges du repas des deux hommes trônaient encore sur la table. Et parfois le jeune homme piochait encore dans les assiettes. La cheminées apportait son lot d'intimité en plus de ne chauffer la chambre un peu trop. Seulement, c'était idéal pour la chimère que se trouvait être le capitaine. Jefferson restait, jusqu'à ce que le garçon se dispense de sa présence. Ca dépendrait de Wolf, de ce qui serait évoqué aussi... Après tout, Gin avait réussi à l'emmener jusqu'à lui mais il n'était pas tout à fait averti de ce qu'elle lui voudrait exactement. Sous ce masque il lui serait aisé de refuser de répondre à une question gênante. Pas de scrupule. Dans un soupire, le jeune homme replaçait son masque correctement, barrant à nouveau l’accès à sa bouche. Tant pis, il l'a fumerait plus tard cette cigarette. Wolf entrait timidement et Ace se doutait que c'était plus par lassitude. Il avait compris que l'autorité était une corvée pour elle. Une grosse contradiction avec son intérêt dans l'Agence.
Si précédemment sa voix avait semblé agréable, cette fois-ci elle paraissait dure. Les intonations n'étaient plus aussi taquines, elles étaient empli de fraîcheur et courtoisie.

« Vous vouliez me voir ? »

Il brisait le court silence qui avait précédé son entrée en enchaînant, « Je peux lui dire de sortir » faisait-il savoir en pointant le concerné du pouce, curieux qu'elle daigne parler. Car son court silence lui laissait penser qu'elle était peut être gênée par Jefferson. A moins qu'elle l'eut reconnu aussitôt. Ca paraissait impensable pour de simple humain. Même si sa voix rappellerait forcément Dante. Un nouveau silence enveloppait la salle durant lequel crépitait le bois au fond de la cheminée. Jefferson soupirait.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Mar 13 Oct - 20:15

Le coursier pénétra dans la petite pièce, laissant la jeune femme plantée là en plein milieu du couloir. Pour s’occuper, elle tenta de capter un brin de conversation alors que diverses fragrances lui chatouillaient les narines par l’interstice de la porte sans qu’elle ne parvienne pourtant à en identifier la totalité. De la nourriture à n’en pas douter, de la viande précisément, le reste était trop vague et surtout bien trop mélangé pour qu’elle ne parvient à tout isoler et discerner. Visiblement incapable de s’informait ainsi, elle abandonna et s’adossa contre le mur face à la porte, un pied contre ce dernier pour se maintenir, les bras croisés sur son torse, fixant nonchalamment le chambranle en attendant que l’une des personnes à l’intérieur de la pièce daigne enfin la faire entrer à son tour. Après tout, elle partait du principe que si quelqu’un l’avait fait mander ce n’était pas pour servir de paillasson devant une chambre. La porte s’ouvrit à nouveau quelques minutes plus tard, laissant place au type qui l’avait ramené en ces lieux qui lui fit un signe de tête en désignant l’intérieur tout en quittant lui-même l’endroit. Se décollant du mur d’un bref coup d’épaule, elle laissa ses bras retomber le long de ses flancs et pénétra dans la chambre surchauffée. Son nez et sa gorge furent aussitôt assaillis d’une multitude d’odeurs et elle dut prendre sur elle pour ne pas en tenir compte, gardant un visage impassible malgré sa gêne importante. Pour se concentrer sur autre chose et ainsi oublier cette sensation désagréable, elle s’empressa d’observer les lieux avec attention.

La chambre, plutôt spacieuse pour une auberge, étant faiblement éclairée ce qui allongeait les ombres et donnait à ces dernières des formes grotesques voir monstrueuses par moment. La table était surchargée de nourriture, entamée pour la plupart. Deux personnes hormis elle se trouvaient également dans la pièce. Un type qu’elle connaissait simplement de vue, largement plus âgée que la jeune femme, elle ne lui avait pour autant jamais adressée la parole, ne l’ayant croisé qu’une ou deux fois dans les couloirs du QG. Ce dernier était tranquillement installé sur un fauteuil à côté du foyer ronflant dont les flammes projetaient à l’occasion quelques gerbes d’étincelles crépitantes. Tout d’abord, elle crue un instant qu’il s’agissait du fameux capitaine, il paraissait tellement posé que cela lui aurait paru sensé. Toutefois, sa mémoire lui souffla que ce fameux dirigeant était un jeunot, non pas un combattant aguerri et d’un âge aussi avancé. C’est pourquoi elle finit par tourner ses yeux émeraudes vers le second homme présent dans la pièce. Tranquillement posté de l’autre côté de la table chargée de victuailles, ne s’occupant visiblement pas de la nouvelle arrivante qui quant à elle l’étudiait avec curiosité. Et pour cause, il était difficile de faire plus mystérieux que ce type. Recouvert de tissu presque de la tête au pied, elle se demanda un instant comment il pouvait bien s’y prendre pour respirer à travers le masque qui barrait les trois quart de son visage.

Une voix froide, dure, s’éleva soudain du ninja – c’est la première comparaison qui monta à l’esprit de la cendrée à la vue de ce dernier – lui demandant sans préambule ce qu’elle lui voulait. En temps normal, elle lui aurait répondu que c’était lui qui l’avait fait mandée, toutefois elle se garda bien de faire la maligne. D’une, ils n’étaient pas seuls, et elle ne savait que penser du type qui les observait depuis la vieille cheminée, et de deux, l’aubaine était trop énorme pour qu’elle gâche tout dès le début avec ses mauvaises habitudes. Il prit apparemment son silence pour de la méfiance, à raison d’ailleurs, et lui proposa de faire sortir son second. Pandora qui avait laissé la porte ouverte en pénétrant dans la pièce posa son regard sur l’intrus l’espace de quelques secondes avant de répondre aussi brièvement que possible.

"Effectivement, cela m’arrangerait."

Après un ordre bref, l’intéressé se leva du fauteuil et quitta la pièce tranquillement, visiblement pas vexé pour un sous de la défiance de la jeune femme à son égard. Cette dernière s’assura que la porte était bel et bien fermée avant de se tourner à nouveau vers celui auquel elle portait désormais un certain intérêt. Ce dernier fixait toujours la baie vitrée comme si cette dernière avait un attrait incommensurable à ses yeux. Visiblement il n’était pas prêt à observer la jeune femme, faute de quoi cette dernière finit par décaler une chaise à l’autre bout de la table pour s’y assoir sans même y avoir été invitée et posa ses coudes sur la table, la tête appuyée sur le dos de ses mains avant de reprendre.

"Et oui, je souhaitais vous parlez. En privée cela va sans dire, et j’aimerais que cela reste entre nous."

La jeune femme avait éprouvé une certaine surprise en constatant que finalement Dante avait tenu parole et avait visiblement touché quelques mots à son sujet au son capitaine, visiblement suffisamment pour l’intriguer et la faire mander peu de temps après. Du coup, elle tentait de choisir ses prochaines paroles avec soin et tact, même si ce n’était vraiment pas son point fort la diplomatie. Et constatant qu’elle n’y parviendrait pas de manière crédible, elle décida de laisser libre cours à son questionnement, prête à aviser plus tard si les choses venaient à se corser.

"Un collègue m’a en effet appris récemment que vous aviez un lien a priori étroit avec le fondateur de l’Agence, je parle évidemment de l’alchimiste de glace, Isaac McDougal. Il est de notoriété publique qu’il a été assassiné, de cela je suis au courant, toutefois il y a encore des zones d’ombre que je souhaiterai éclaircir au sujet de sa mort. Pour des raisons personnelles. "

La jeune femme savait qu’elle avançait sur un terrain miné, d’autant plus si ce type, comme beaucoup d’autres chefs, était très attaché au code et à l’éthique, elle risquait de le braquer immédiatement avec ses manières peu orthodoxes. Toutefois, elle tentait le tout pour le tout, prête à aviser si la situation venait à déraper. Posant finalement ses deux bras sur la table, elle reprit assez rapidement et d’une voix toujours aussi neutre qu’elle s’efforçait de maitriser parfaitement.

"Qui plus est, je me demandais ce qu’il était advenu des effets personnels de McDougal après sa mort. Qui les a récupéré ? Amestris, l’Agence, ou bien sa famille si t’en est qu’il en eu une ? "

La jeune femme n’était pas tout à fait honnête avec lui, elle prenait soin de cacher sa parenté tout en espérant que Dante ne l’ai pas balancé auprès de son supérieur, auquel cas elle se ferait une joie de se rappeler à lui dans les prochains jours. Mais partant du principe que sa relation avec Isaac ne regardait qu’elle et elle seule, la jeune femme était en train de chercher une raison à formuler qui pourrait justifier le besoin d’information qu’elle présentait actuellement au capitaine si ce dernier venait à la questionner
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Mar 13 Oct - 21:36

La chaleur devenait de plus en plus pesante dans la pièce. Pourtant, notre alchimiste demeurait là, planté devant la cheminée, faisant onduler ses flammes sur le masque en verre du garçon. Lui seul semblait supporter la chaleur alors qu'il siégé à environs un mètre et des brouettes. C'était un de ces moments apaisants qui lui étaient précieux. Comme une drogue vagabondant dans ses veine c'était en l’occurrence de la chaleur. Son sang qui se réchauffait près de la cheminée. Jefferson impatientait, lassé par la chaleur qui devenait oppressante. Et avant que la jeune femme n'ouvre la bouche, l'homme s'était levé pour en finir. Son calvaire prit fin lorsqu'il ouvrit une fenêtre à l'opposée de la cheminée. Entrouverte, l'air s'y faufilait légèrement en une brise fraîche. Un contraste important quand on sait que la neige règne sur les hauteurs, non loin.
Ceci mélangé aux odeurs diverses et variées de nourriture, des senteurs pour la plupart épicées. Les habits de notre ami en étaient imprégnée depuis bien deux heures à présent. Pas seulement son visage était masqué, son corps entier était couvert. Un sous pull noir moulait sa morphologie lui permettant également de se fondre dans les ténèbres de la pièce. Le bas nous étant dissimulé sous la table il était inutile de décrire la toile ébène qu'était son pantalon.

La décolorée rétorquait quasiment instantanément, favorable à la proposition. Et tandis que le seul réel « adulte » se tenait debout, Gin lui intimait sans le moindre intérêt d'un simple signe de la main mollasson, « La dame à parlé... » Jefferson quittait donc la pièce plutôt que reprendre place dans le fauteuil à la gauche du capitaine. L'homme avait l'habitude des caprices du garçon et s’exécutait tranquillement sans froid. Gin l'avait suivi du regard et déportait alors celui-ci sur sa jeune connaissance. Maintenant il essayait de l'imaginer avec ses caractéristiques précédemment citées. Des yeux verts se disait-il. C'était peu commun.

La porte se refermait avec lenteur et alors le bruit du bois raclant le planché attirait le brun. Wolf prenait visiblement ses aises. Gin souriait de manière enjouée derrière son masque. Wolf reprit la parole et il sentit que le stresse n'était pas dans la voix de l'argentée. Un certain respect  inconnu lui dictait une bonne conduite face à notre ami. Elle faisait aussitôt part de ses motivations pour ainsi venir taper la discute. Car, c'était ce qu'elle désirait, discuter. Sur un sujet en particulier bien évidemment. Une conversation secrète réclamait-elle. Gin souriait de plus bel, il se pinçait les lèvres pour ne pas répliquer avec son humour délicat. La suite l'amusait d'avantage et il ne put retenir un rire court qui passait plus pour du dédain que de l'amusement. C'était involontaire mais il fut charmé de l'entendre employer le mot « collègue » pour parler de lui. Soit elle était trop gentille, soit elle mesurait ses mots.
Étant une organisation restreinte et mortellement précieuse, Gin savait qu'il ne pouvait laisser libre ses informations comme ça. Alors pour lui apporter celles-ci il allait devoir encore ruser. L'idée était déjà toute faite dans son esprit détraqué. Après un court silence apaisant pour notre ami, il prit enfin la parole du même ton neutre que Wolf.  Cependant il hésita dés le premier mot, il eut peine à prononcé le nom de cet homme. Un homme pour qui il avait décidé de céder une partie de sa vie en abandonnant sa propre famille. Un point tel qu'il ne daigna pas visiter sa sœur en Aerosa.

« McDougal était mon maître, ce n'est pas une nouvelle mais elle n'est pas populaire. »

D'où le fait qu'elle l'ait ignoré. Il marquait un court temps avant d'enchaîner, feignant toujours de fixer le feu, accoudé aux accoudoirs, avants-bras pendants.  « Une cérémonie et une tombe lui a été édifiée. Quant aux restes... il y a une montre en argent d'Amestris avec en son sein le portrait d'une charmante enfant aux traits peu communs ; de grands yeux verts encadrés de mèches argentées. » Sur ces lourdes paroles le silence laissait Wolf encaisser. Nul doute qu'elle voulait garder cela secret. Le but était de mettre la jeune femme en confiance, d'autant plus qu'elle était rattachée à lui par l'Agence.  Un lien qu'il comptait bien exploiter pour s'acquérir petit à petit la jeune femme pour lui. Ainsi elle serait plus enclin à l'écouter sagement. C'était une supposition étant donnée que la demoiselle était sauvage. Tout aussi que notre chimère. Sa chaise amovible se tournait assez pour laisser voir sa silhouette au jeune homme. Ainsi, peut-être comprendrait-elle l'insinuation plus qu'éloquente. Wolf eut comme un pincement au cœur aux ressenti de Gin. Un sentiment qu'elle réprimandait très vite avec un certain professionnalisme. Cependant sa respiration s'en était retrouvée un tantinet saccagé. Suffisant pour que le serpent le détecte. Alors ce simple fait lui remuait juste le couteau dans la plaie autant à lui qu'à elle. Gin enchaînait, toujours aussi charismatique. Wolf en imposait aussi lorsqu'elle ne fondait pas aux sentiments. Il prit son silence comme consentement. « Je vois, si tel est ton souhait je te concèdes ses effets personnels. Seulement, ton existence doit rester inconnue aux yeux du monde pour ta sécurité, notre sécurité. » Voilà qu'il s'aventurait sur un autre terrain. Il était sincère.  

« Si tu veux en savoir plus, joins-toi à la réunion de demain. » Il parlait d'assister à ses côtés aux confidences. Seuls une poignée de soldat de confiance y prenaient part. C'était ce qu'il appela vulgairement « Une augmentation, en quelque sorte. Tu demeures, White Wolf, et gardes ton statut auprès du Gouverneur... » En effet, il lui laissait comprendre qu'il savait tout pour ainsi faire pression d'une manière. Il ne l'avait pas quitté des yeux, c'est lorsqu'il conclu qu'il se détourna pour rejoindre à nouveau le feu. « Si c'est trop pesant tu devras me le dire. »
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Mar 13 Oct - 22:28

Il ne tarda pas à lui répondre, à sa plus grande surprise d’ailleurs, la jeune femme s’attendait à devoir lutter davantage pour lui soutirer une quelconque information viable. Et elle fut également quelque peu surprise en apprenant que son père avait eu un disciple. A l’instar de ce que lui avait avoué Dante, elle savait que son père se liait difficilement aux gens, étant renfermé et taciturne, or il existait visiblement quelqu’un qui ait réussi à l’approcher d’assez près pour susciter son intérêt et mériter son enseignement. La curiosité de la chimère vis-à-vis du capitaine n’en fut que plus grande, il le connaissait plutôt bien à l’évidence. Toutefois si les précédentes paroles du jeune homme l’avaient surprise, celles qu’il proféra par la suite la laissèrent véritablement sur le cul. Désormais, difficile de lier son lien évident avec l’ancien alchimiste, n’importe idiot comprendrait la situation en voyant la photo et la jeune femme qui se tenait assise au beau milieu de la pièce. Cette dernière déglutit sans prononcer la moindre parole, son cœur s’était quelque peu emballé aux dires du capitaine car outre le fait qu’il connaisse son lien avec McDougall, elle constata également que c’était la deuxième personne à savoir, et cela commençait à l’inquiéter légèrement. Néanmoins, la cendrée ne laissa rien paraitre de son trouble face à son interlocuteur et son visage resta de marbre, le fixant simplement de ses grands yeux verts tout en attendant la suite. Elle craignait un ordre, un reproche, n’importe quoi, en réalité, elle ne savait pas vraiment à quoi s’attendre avec une telle révélation de sa part. Plus encore, elle fut également surprise de savoir que son père avait conservé son portrait durant des années avec lui. Ayant compris la question sous-jacente de la demoiselle concernant les effets de son père, le dirigeant lui accorda la possibilité de récupérer les biens de l’alchimiste. Curieusement, elle n’en éprouva aucun soulagement car au fond, ce n’était pas ça qu’elle désirait réellement. Elle voulait simplement pouvoir mettre un nom, un visage et une gorge à trancher sur l’assassin de son géniteur, rien de plus, rien de moins. Mais ça, personne n’était en mesure de le lui offrir, elle devrait se débrouiller seule, avec les indices épars qu’elle était amenée à trouver de temps à autre. Pandora écouta avec une certaine attention la capitaine qui continuait à discourir et ne pouvait qu’être d’accord avec lui, ce à quoi elle répondit instinctivement.

"Je n’ai pas l’intention d’ébruiter cet aspect de mon identité, tu peux te rassurer. La sécurité de l’Agence ne sera pas menacée par ma faute si c’est là ton inquiétude."

La jeune hybride était passée au tutoiement instinctivement, à l’image de la personne à qui elle s’adressait. Par principe, elle se mettait toujours au même niveau que son interlocuteur, fut-il prince ou badaud, elle s’en fichait complètement. Une relation d’égal à égal, qu’importe qui se tenait en face d’elle, c’est ainsi qu’elle fonctionnait, et fonctionnerait probablement jusqu’à sa mort. Il ne semblait pas en avoir tout à fait fini avec elle néanmoins, et lui fit une proposition surprenante, mais qui pourtant ne l’étonna pas outre mesure. Après tout, Dante l’avait prévenu en amont qu’il cherchait du sang neuf pour sa garde. La réunion dont il parlait, elle n’en avait pas eu vent, et pour cause, seuls étaient conviés les hauts gradés de l’Agence, et quelques-uns de leurs gardes proches respectives. Trop de convives risquaient de mettre en péril la confidentialité de ce rassemblement pourtant nécessaire au bon fonctionnement du groupuscule. La chimère s’apprêta à refuser net la proposition mais il ne lui en laissa pas le temps et tenta de la convaincre en insistant sur le fait que son statut d’agent-double ne serait pas modifié pour le moment. En d’autres termes, il s’agissait simplement d’assister au rassemblement et de potentiellement en tirer quelques informations utiles. Par ces quelques mots, il l’informa également qu’il était bel et bien au courant de son rôle au sein de l’armée de Drachma, rien d’étonnant au final vu qu’il dirigeait en parti ceux qui l’y avaient envoyés. Pour cela, la cendrée calma sa hâte à répondre et fit mine de réfléchir quelques secondes, songeant aux conséquences. Sa seule réticence était encore et toujours liée à un problème d’autorité, car si on lui assurait la pérennité de son rôle d’agent-double, elle n’y perdait pas vraiment au change. Toujours silencieuse, elle lui suivit du regard lorsqu’il bougea et se rendit au coin du feu, mettant au passage en doute sa capacité à pouvoir supporter une telle situation. La première réaction de la jeune femme fut un rire moqueur. Elle avait supporté bien pire par le passé, mais bien sûr, cela il ne pouvait guère s’en douter. Aux yeux de tous, ce n’était qu’une femelle ordinaire, simplement entrainée au maniement des armes pendant sa jeunesse, rien d’autre. Gardant ses aises, la demoiselle se détourna quelque peu vers le foyer et croisa ses jambes, un coude sur la table pour lui permettre d’appuyer sa tête contre sa main après quoi elle répondit tranquillement, gardant la même voix mesurée.

"Après tout, pourquoi pas. C’est une proposition alléchante même si je vois mal en quoi elle peut t’être bénéfique, mais soit. Je serais présente demain. Pour peu que tu m’en dises un peu plus sur l’emplacement et l’heure. "

Cela ne lui coûtait rien après tout, elle avait prévu de passer plusieurs jours dans la cité, autant mettre se temps à profit de manière utile. Et puis, ce type l’intriguait, le sentiment qu’elle avait en l’observant se mouvoir, en l’entendant parler, n’était pas sans rappeler la malaise qu’elle avait pu éprouver en compagnie de Dante et elle se demandait si au final ce n’était pas avec tous les membres de l’Agence qu’elle avait un problème car cela faisait plusieurs coïncidences étranges en peu de temps. La jeune femme se tût quelques instants avant de reprendre en détournant légèrement les yeux vers la fenêtre désormais ouverte.

"J’aurais aimé voir sa tombe également … "

Pas dans l’immédiat bien sûr, mais dès lors que le temps le lui permettrait, elle escomptait bien se rendre sur cette dernière, sans trop savoir ce qu’elle voulait y faire. La demoiselle n’avait jamais été trop portée sur les hommages aux défunts, considérant que ces derniers n’étant plus là, les pleurer ne servait à rien de plus que de se faire souffrir sans raison. La vengeance était plus utile que le chagrin aux yeux de cette dernière, et c’était également un moteur suffisant pour avancer. Pas un instant elle ne songeait à ce qui la pousserait en avant une fois son sombre forfait accompli, une fois que le meurtrier de son père tomberait sous sa lame. Elle n’y songeait pas car ça ne l’intéressait pas pour le moment. Et pourtant, elle tenait à voir ce lieu, par curiosité, et probablement également parce qu’il lui manquait. La chimère repoussa doucement l’assiette trônant sous son nez d’où s’échappait des fragrances de poulet et se releva pour faire quelques pas en direction de son supérieur théorique.

"Si j’en apprendrais plus demain comme tu viens de me l’annoncer, je n’insisterais pas ce soir en te questionnant davantage. Mais tu m’as fait venir ici, aurais-tu également quelque chose à me demander ?"

Elle ne savait pas trop sur quel pied danser, si sa présence en ces lieux était uniquement du fait de Dante, ce dont à dire vrai elle doutait un peu, ou bien si ce fameux capitaine avait d’autres projets la concernant dont il ne lui aurait pas encore fait part. Quoi qu’il en soit, elle patientait sagement, faisant preuve d’un calme qu’elle ne se serait jamais soupçonné. Mais la maitrise de soi avait ses limites, et la demoiselle était en train de les atteindre. Avisant la fenêtre ouverte qui déversait dans la pièce un courant d’air salvateur, elle fouilla dans sa poche quelques secondes et en tira une cigarette qu’elle s’alluma sans tarder, restant à distance de son interlocuteur par politesse. Il fallait qu’elle calme ses nerfs à vif et la nicotine était particulièrement efficace pour ça. Elle s’approcha de la fenêtre et relâcha un nuage de fumée à l’extérieur de la chambre tout en attendant une quelconque réponse.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Mer 14 Oct - 22:05

Le jeune homme étouffait un soupire de bien être en sentant Wolf moins crispée. Cependant le fait qu'elle eut omis les principes de bonne conduite détailler d'avantage le caractère de la jeune femme. D'un naturel calculateur et examinateur, il ne put s'empêcher songer. Était-ce une marque de rébellion pour prouver une liberté qu'elle s'imposait. Ou bien était pour provoquer ou par manque de manière ? Il l'ignorait encore mais ne l'en blâmait pas. Instinctivement il avait également tutoyer, brisant d'entrée une partie de la glace.
Puis la conversation bien amorcée, la soldate prendre de plus en plus ses aises. Cette fois notre ami reconnu de l'arrogance dans le comportement de la louve. Se croyait-elle exemptée ? Gin avait oublié quel était l'effet de l'attachement, quant à la sympathie. C'était plus en option non plus. C'était Isaac qui lui importait, rendre l'appareil à son maître en quelque sorte. C'est pourquoi il réprimandait des mots provocateurs avant qu'elle ne reprenne. Tant pis, il ne lui ferait pas part de son ressentiment à son égard concernant son culot. Un culot traduit par son comportement au ressenti de notre chimère. Pourtant il aurait voulu lui cracher un pique, répandre son venin.

Wolf exprimait le désir de visiter la tombe de son défunt père. Gin fit une moue, son égoïsme refaisait surface. D'ailleurs il était bien content qu'elle n'ait pas encore demander les effets personnels d'Isaac. Il humidifiait ses lèvres tandis que le désire d'allumer une cigarette lui taraudait l'esprit. Il pouvait patienter. Notre ami reprenait place à l’extrémité de la table, attablé à nouveau mais sans y participer. Une vague de mouvement qui emportait Wolf dans son sillage. La jeune femme faisait quelques pas à la rencontre du mystérieux capitaine. Sans un mot ou une quelconque attention il se contentait de l'écouter. Il était à nouveau tomber dans le silence, ouvrant la bouche seulement par nécessité. Le fait que je la femme soit aussi confiante dérangeait le garçon. Il craignait que cela ne tisse un lien. Car sans le savoir, au plus profond de lui même il refusait toute sorte de relation. Effrayé par les sentiments positifs et ignorait simplement leurs biens faits. Jusque là ça lui avait apporté la solitude et un respect indissociable qui ne donnait pas l'impression de le déranger.

« Tu apprendras les grandes lignes. Tâches de te maîtriser et n'interviens à aucun moment. »

Dit-il en comprenant qu'elle avait simplement rejoint une fenêtre pour réaliser l'envie similaire du garçon. Seuls les lieutenants échangés, Gin avait pu assister aux côté d'Isaac à l'époque. Une des premières réunions. Gin s’efforça d'avoir des paroles riches et promptes à la fois. Il lui fallait être respectable, sage. On savait le Capitaine jeune mais pas au point de n'être encore qu dans la vingtaine. Imposer le masque pour dissimuler l'identité des capitaines était une bonne chose. Notre ami en bénéficiait grandement. Son autorité ne devait pas se retrouver affaiblie car on le voyait jeune et inexpérimenté. Les mœurs sont faites ainsi. Il reprit plus calmement tandis que les flammes déformaient d'avantage son ombre. Il renvoya vite Wolf avant qu'elle ne devienne un peu trop envahissante. «Considères que t'as une dette envers moi, tu peux disposer. » Il lui indiquait d'un geste las de la main la sortie par courtoisie. Un court silence les embaumèrent et il ajoutait pour le détail «  Nous embarquerons à 5h, tiens toi prête, rendez-vous au port, devant Le « Premium » . » Nom du bateau, lieu de rencontre.
Le serpent sentit que quelque chose manquait à l'argentée. Peut-être pas rassasiée d'information ou encore sa curiosité survoltée. Il lui fallait être patiente. Gin savait parfaitement ce à quoi elle serait exposée demain. Il aurait pu le faire par lui même mais c'était au dessus de ses moyens pour une raison qu'il ignorait lui même. En effet, il était avide de facilité.

Après une probable hésitation, Wolf se mit en chemin, parcourant la pièce d'un pas léger mais ferme. Était-ce de la frustration ? Il tendait l'oreille, intrigué, lassé. Alors avant qu'elle ne passe le seuil de la porte il lui dit de sa voix profonde « Je ne voulais pas te froisser, ni te survolter. Apprends à reconnaître tes ennemis de tes alliés, Wolf. McDougal n'avait pas cette capacité et ça l'a poursuivi jusqu'à la fin. » Sur la fin l'intonation de sa voix s'était légèrement emplie d'une colère méprisée. Un sentiment d'autant plus frustrant qui le rongeait. Il faisait le rapport avec le fait qu'Isaac ait laissé notre ami sur la touche, sur le fait qu'il ait affronté les frères Elric plutôt que de les écouter. L'image de cet homme meurtri dans les ruelles sombres de Central City dévorait le cœur du garçon très enclin à la haine. Une noirceur profonde qui allait bien avec les ombres déchirées qui ondulaient sur lui. Rien de très rassurant en réalité. Sur ces mots il s'est tû une bonne fois pour toute. L'alchimiste fit tourner son siège d'un demi tour pour tourner définitivement le dos à la soldate. Il ressentit le besoin profond de rester seul. La porte se referma et Gin sombrait dans la noirceur de la nuit entamée. Pour seules compagnes ses diverses pensées intrusives.

4h55.

Jefferson, le vétéran, était assigné à la tâche de recensé les quatre autres membres qui allaient former l'unité de défense. Quatre hommes et une femme sélectionnés et volontaires pour protéger à leurs périls les Capitaines réunis en mer. Une mission spéciale la plus classée comme à chaque fois. Jefferson et ses compagnons se rendirent au port où se trouvaient déjà trois hommes chacun vêtus à leur manière.
Notre ami portait un sous pull noir ornés de protections métalliques du même ton. Pour le bas c'était plus souple sans être trop ample pour faciliter ses mouvements. Son masque de verre ébène n'était pas enviable à celui des deux autres de même matière. Seul celui de Gin semblait peu pratique mais charmant. Sa chevelure ébouriffée ébène était dissimulée dans un bonnet verre bouteille, le seul signe distinctif de sa tenue. Ses gants étaient de matières légères, en soie d'ailleurs. Une armature sur le dessus dissimulait cette particularité. Gin avait un habilleur attitré à Xing et ce type n'omettait rien de visuel pour notre alchimiste. Dos au groupe, Gin fumait son énième clope et alors le capitaine d'Amestris lui faisait la remarque. Gin retroussait la lèvres inférieure. « Y'a un truc qui cloche. » L'agitation timide du Capitaine Gillarde d'Aerosa n'avait pas échappé à notre serpent. Seulement ça pouvait être n'importe quoi. Alors il s'appuyait également sur cette appréhension qui le hantait depuis quelques jours. Convier Wolf et son meilleur soldat était en partie une assurance à ses yeux. En effet, il comptait quelque peu sur ces deux-là. Une acceptation incroyable de la part du jeune capitaine.

Les huit réunis, ils embarquèrent alors que le crépuscule teintait la scène d'un filtre sanguin. C'était beau à voir, encore une chose qu'il manquait. Gin fut un des premiers à monter, il aurait adoré prendre la barre si la vue ne lui était pas interdite et si un voyage était à entreprendre.
Notre ami prit place dans la cabine avec ses deux autres compères. Le bateau Premium ne quittait pas le port, une corde avait été déployée pour retenir l’engin modeste à une vingtaine de mètres du bord. Un moyen de précaution pour vite déguerpir.

Les trois capitaines prirent places dans la cabane à l’abri des regards. Seulement le bateau restait modeste et le bruit n'était pas pas totalement couvert. Pour la première fois les lieutenants restèrent dehors sur la demande d'un des capitaines. Étrange. Chacun à une place stratégique sans éveiller les soupçons avec leur présence. Ce matin là, aucune livraison maritime n'était programmée comme systématiquement une fois par mois. Wolf se trouvait non loin de la porte. Gin n'aurait sû dire si elle était gardienne de celle-ci ou simplement postée en doublon. Quoi qu'il en soit, elle pouvait aisément entendre ce qu'il s'y disait même si le plan avait étrangement changé. Les salutations courtoises débutaient.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Jeu 15 Oct - 9:32

Se maîtriser. A ces mots, la cendrée jeta un coup d’œil peu amène à son interlocuteur. Allons quoi, ce n'était pas une brute sans la moindre éducation non plus. Et même si certes, là elle prenait ses aises, le faisant passablement exprès pour le tester d'ailleurs, ses bonnes manières ne l'avaient pourtant pas totalement quittés et elle était capable de se tenir convenablement lorsque la situation l'exigeait. Toutefois lorsqu'il reprit la parole, la jeune femme fronça sérieusement les sourcils cette fois. Un dette, pourquoi donc ? Si il y avait bien une chose qu'elle détestait par dessus tout, c'était d'être redevable à quelqu'un, et le ton de sa voix lui indiquait qu'il finirait tôt ou tard par lui demander de rembourser cette fameuse « dette » qu'elle venait de contracter sans même comprendre véritablement pourquoi. Soudain soucieuse, elle finit sa cigarette prestement et en balança le mégot par la fenêtre avant de regagner le centre de la pièce, le visage désormais totalement fermé. Silencieuse, elle écouta les recommandations pour le lendemain, le lieu, l'heure et acquiesça légèrement pour lui faire signe que les informations étaient bien comprises, sans pour autant desserrer les mâchoires. Lorsqu'il lui sembla que le capitaine en avait fini, elle se dirigea vers la porte en suivant le geste de ce dernier lorsqu'il l'interpella une nouvelle fois, l'obligeant à se détourner pour le voir. Les quelques mots ne trouvèrent pourtant qu'un mur froid contre lequel ils se heurtèrent, la jeune femme resta impassible. Des alliés disait-il. La chimère retint un rire moqueur. Elle n'en avait pas. Elle n'en avait plus, et ce depuis longtemps. A l'image de son père justement, elle traînait sa solitude pesante, mais ainsi ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même lorsque les choses venaient à mal tourner. En s'alliant, on devient vulnérable. Et pour le but qu'elle poursuivait inlassablement, elle ne pouvait se le permettre. Toutefois, pas une parole pouvant traduire ses songes ne s'échappa, elle se contenta de fixer ostensiblement le visage couvert du type en face d'elle, ses yeux verts brillants étrangement. Ce dernier se détourna de la demoiselle sans un mot de plus, ce qu'elle prit pour une invitation à vider les lieux rapidement. Ce qu'elle fit sur le champ sans poser davantage de questions.

La jeune femme dévala l'escalier de l'auberge sans prêter attention à ce qui se tramait autour d'elle, elle semblait aveuglée par quelque chose, perdue dans ses pensées. Et pour cause, elle ne cessait de se repasser en boucle la scène qui avait eu lieu un peu plus tôt et sentait une colère froide l'envahir peu à peu. Si les choses n'en étaient pas venus aux mains pour avoir des informations, ce dont elle était satisfaite, elles ne s'étaient pourtant pas déroulées aussi bien que ce qu'avait pu espérer la chimère qui une fois à l'extérieur du bâtiment relâcha sa colère contre le mur proche durant un bref instant. Colère qui découlait en grande partie de l'inquiétude qu'elle avait avant de pénétrer dans cette chambre, et de la tension que cela avait généré durant tout l'entretien, il fallait qu'elle évacue, d'une manière ou d'une autre. L'idée de retourner au bar lui traversa bien l'esprit, ne serait-ce que pour se détendre, mais un rapide coup d’œil sur l'immense horloge de l'église proche coupa court à ses projets. Minuit était passé depuis un bon moment déjà, or elle se devait d'être d'attaque très tôt, aller se pinter n'était de ce fait pas la meilleure idée du monde. Pandora rabattit son manteau sur ses épaules et se décida à rejoindre son hôtel, marchant d'un pas pressé dans le dédale de ruelles sombres.

Le matin suivant, aux aurores.


La louve bailla avec discrétion, ses yeux papillonnant encore de sommeil. Sur le peu d'heures dont elle avait disposé pour dormir, la majorité avait été aussi fatigante que si elle avait couru un marathon. Les cauchemars qui hantaient la jeune fille de temps à autre avaient précisément décidés de venir pourrir une bonne partie de sa nuit justement aujourd'hui, ce qui n'était probablement pas sans lien avec la discussion tendue qu'elle avait eu avec le capitaine. N'étant pas seule toutefois, elle fit bonne figure et se tint parfaitement droite, remettant d'un léger geste de l'épaule la sangle de l'arme trônant dans son dos. A l'inverse de beaucoup d'escrimeur, elle ne portait pas son épée à la ceinture, mais entre ses omoplates, ce qui lui offrait une liberté de mouvements accrus. La chimère avait délaissé son habituelle tenue de lin claire pour une qui s'adaptait mieux à la situation. Un pantalon en daim gris sombre, des bottes noires lui prenant entièrement les mollets – et lui faisant gagner quelques centimètres au passage – accommodé d'une tunique noire retombant sur ses hanches fines. Son éternel manteau de laine venait complété la tenue de la mercenaire, la matin était bien trop frais à son goût pour qu'elle ne décide de s'en passer. Ses yeux passèrent en revue les quelques personnes présentes sur le pont avec elle. Elle était frustrée, cela se lisait aisément dans les yeux clairs encore embués de fatigue de la jeune femme. Postée contre la porte de la cabine après en avoir déloger un autre garde sans la moindre gêne, elle tentait de saisir des bribes de conversation depuis que l'un de leur supérieurs avait décidé que personne hormis eux ne pénétreraient dans la pièce.Heureusement, son ouïe était bien plus fine que la moyenne qui plus est, le bateau n'avait rien d'un navire exceptionnel, et les parois étaient relativement fines, ce qui suffisait amplement à la chimère qui parvenait ainsi à capter la conversation sans mal. Toutefois, elle s'en détourna l'espace de quelques minutes, interpellé par l'agitation qui régnait chez ses comparses. Ces derniers ne cessaient de faire les cents pas sur le navire, jetant des oeillades inquiètes autour d'eux comme s'ils s'attendaient à un événement particulier. Toutefois, lorsque le nom de son père déboula sur le tapis, elle cessa instantanément d'observer les autres gardes et reporta toute son attention sur la discussion qui se déroulait de l'autre côté de la paroi contre laquelle elle se trouvait. Mais malgré son attention, la demoiselle ne pouvait se départir du sentiment de malaise qui l'étreignait depuis qu'elle avait saisit le manège des autres mercenaires, et désormais bien éveillée, elle tenta de porter son attention au-delà de la discussion des capitaines, tentant de saisir un bruit suspect, quelque chose qui validerait ses soupçons.

Une main se posa soudain sur son épaule, forçant la chimère à abandonner momentanément ses investigations pour se tourner vers le gêneur qui l'observait avec un sourire carnassier. Elle leva un sourcil et d'un geste vif de l'épaule ôta le membre gêneur avant de modifier sa position pour ne pas se trouver trop près du type qui l'observait toujours d'une manière peu aimable.

"Recule toi de la porte, ce n'est pas ton poste. "

La chimère eut un rire nerveux et par défi appuya son dos contre le mur jouxtant la porte de la cabine, les bras croisés sur son torse tout en posant son regard de jade sur le mercenaire qui visiblement ne semblait pas apprécier outre mesure les manières de la cendrée. Comme beaucoup de monde d'ailleurs, cela n'était guère étonnant au final. Cette dernière garda un sourire moqueur aux lèvres avant de rétorquer.

"Je n'ai pas souvenir d'avoir un poste spécifique sur ce bâtiment, je me place donc où je veux. Si ton chef t'oblige à faire le piquet de grue à un endroit, libre à lui, libre à toi. Mais ne t'avise pas de me dire ce que je dois faire, je n'ai pas de compte à te rendre, compris ?"

Personne ici hormis le capitaine de Drachma na connaissait l'identité véritable de la jeune femme. White Wolf était un nom de code bien utile, car il lui avait taillé une solide réputation au sein de l'agence, toutefois, peu de gens était capable de mettre un visage sur ce nom. De ce fait, les autres mercenaires présents sur le pont la prenait sûrement pour une simple recrue, ayant suffisamment éveillée l'intérêt du capitaine pour qu'il s'en encombre, mais probablement pas par ses capacités martiales. A l'évidence, la réponse cinglante de la cendrée déplut fortement au type qui laissa tomber les paroles et tenta de l'évincer de sa place en la saisissant à nouveau au niveau de l'épaule pour la tirer sans ménagement.Grossière erreur. Si la jeune femme ne faisait pas le poids au niveau de la puissante brute avec aucun des membres en sa compagnie, elle avait un autre avantage dont elle tira profit sur l'instant. Evitant souplement la main tendue en se baissant prestement, elle contourna le type qui se retrouva la main dans le vide et d'un rapide coup de pied sur son postérieur à l'offrande, l'envoya valdinguer contre le mur, déclenchant au passage des rires moqueurs des trois autres types présents.

"Je n'aime pas qu'on me touche,tiens le toi pour dit. "

La petite rixe aurait pu en rester là sauf que visiblement, il était rancunier, la jeune femme ne pouvait le lui reprocher, elle-même était de la même trempe. Sauf qu'avec leurs conneries, elle était probablement en train de louper des informations importantes et cela commençait à l'agacer sérieusement. Mais avant qu'ils ne s'écharpent de nouveau tous les deux, un vacarme assourdissant s'échappa soudain de la petite pièce, laissant un instant les membres sur le pont totalement immobile. Deux d'entre eux – silencieux jusqu'à présent – se précipitèrent soudain sur les trois autres pour les immobiliser. La jeune femme fut plus rapide et évita lestement les bras tendus dans sa direction pour se précipiter vers la porte close qu'elle ouvrit brusquement, laissant apparaître sous ses yeux une scène qui la stoppa net durant quelques secondes.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Jeu 15 Oct - 14:12

« Il semblerait que nous ne soyons pas les seuls à enquêter sur Bradley. Les frères Elric commencent à fouiner et c'est plutôt positif. 
-Ce ne sont que des gamins.
-Ne sous-estimez pas vos cadets, messieurs.
-Quoi qu'il en soit un nouveau laboratoire a été découvert. Je commence à croire que  McDougal avait découvert quelque chose d'énorme pour que Bradley en personne se déplace.
-Ace vous étiez là, il a bien eu des dernières paroles?! » demandait vicieusement Gillarde.
Notre ami lui répondit un sourire dédaigneux avant de reprendre le fil de la conversation.
« C'est comme je l'ai stipulé dans le rapport ; il était déjà mort. » Gin devenait agressif avec ce mensonge. Quelque chose clochait chez Gillarde, l'homme ne lui inspirait plus confiance.
La conversation visait à taquiner Drachma sur certaines informations que notre ami divulguait. Un prétexte basé sur des spéculations non fondées pour tenter de briser l'alliance et donc l'Agence.  Malgré tout Gin avait du répondant et la réplique très vive. Le capitaine d'Amestris demeurait neutre, bien qu'enclin à aider Drachma plutôt qu'Aruego.
Pui soudain les sens de notre chimère s'éveillèrent. Il y avait du mouvement devant la porte et ça ne présageait rien de bon. Il y avait trop tension dans l'air, c'était palpable. Une dispute s'amorçait gentiment tandis que le ton montait encore d'un cran à l'intérieure. Rien ne se passait comme convenu. Momentanément concentré sur ce qui se tramait devant la porte, notre capitaine ne put anticiper le mouvement violent de Gillarde.

Dans un élan de colère, l'homme renvoyait la table les quatre fers en l'air. Un coup de feu fut tiré en direction du Capitaine amestrien mais par chance, Gin venait tout juste de l'envoyer à terre.  Les deux hommes furent choqués par l'arme dissimulée à leurs yeux depuis le début. Car celle-ci était un gros canon dévastateur sur un corps humain. « Qu'est-ce que... » A peine ces mots prononcés que notre chimère se remettait en mouvement pour bondir sur le traître. Comme si qu'il l'avait senti, son visage derrière son masque était implacable, dénué de sentiment alors qu'il enfonçait un pic de glace  -fait à partir du breuvage qu'ils dégustaient- dans le cœur de Gillarde. A cet instant la porte s'ouvrit et Gin ne daigna pas tourner la tête.
« Il faut partir ! » Gin lâchait sa prise qu'il avait cloué au mur face à la porte. La cible agonisait rapidement.

La porte grande ouverte, quelqu'un vint avertir avec une  certaine hystérie. « La police envahit le pont !! »  Les deux capitaines restants sortirent de la cabine et alors le plus âgé s'écriait. « Ne les laissez pas monter, couper cette foutue corde !! » Ils prenaient à son tour les armes pour tirer à vue ce qui devait être leurs alliés. Gin entendit la voix de Wolf et en fut rassuré. Pas d’inquiétude, seulement il n'avait pas de descriptif de la situation assez détaillé pour se rendre utile. Chacun se tenait à couvert.
« Qu'est-ce que fout l'armée ici ?! Pourquoi Gillarde nous a vendu ?! 
-On aurait dit qu'il était possédé...
-Ace, sortez-nous de là avec un de vos tours de magie !
-Ohh... S'étonnait le serpent avec cynisme, c'est Amestris qui dit ça, pays de l'alchimie. »

Gin s'était redressé tandis qu'on lui conseillait de vite se remettre à découvert. Il semblait replacer ses protections avec nonchalance alors qu'il reprenait ses provocations. «  N'est-ce pas ironique d'être sauvé par Drachma ; L'anti-alchimie ? »

Une question qui clouait le bec de l'ex-millitaire amestrien. Les quelques survivants n'étaient plus que quatre, soit Wolf, Jefferson, Capitaine Johnson et Crystal Ace. Le bateau prenait de la distance lentement avec le port et alors l'armée de drachma décidait d'armer également un bateau. Ca risquait d'être amusant...  Gin jubilait à l'idée de pouvoir faire une démonstration. Jamais il n'avait eu l’occasion d’exploiter une telle étendue d'eau pour matérialiser son alchimie. Et c'est bien ce qu'on l'incitait à faire. Il comptait bien s'y mettre bien qu'il faisait patienter l'assemblée. Il se concentrait derrière son masque pour prendre connaissance des mouvements environnants. Qui se trouvait où, combien était drachma. Comment matérialiser son alchimie, comment les saisir par surprise ? Il avait déjà une idée... Une balle effleurait notre ami au niveau du bonnet lorsqu'une main ferme le fit plier un genoux pour le mettre à couvert. Il ne fit pas attention qu'une balle l'avait menacée de près et qu'un allié pas encore reconnu l'avait plus ou moins sauvé. Ce geste ne le fit pas réagir tant ses réflexions étaient profondes. Hors de question qu'un des siens soit capturés vivants. L'Agence ne serait pas compromise, il s'en faisait la promesse, alors inconsciemment et avec le poids de la pression que lui mettait Johnson, Gin se sentait responsable. Il sentit l'obligation de protéger ce qu'il avaient tous mis des années à fonder et protéger. Drachma demandait que les rebelles se rendent sans broncher, gin riait dans son coin, un genoux à terre. Il sentit bouger un des gardes à terre, peut être un traître. L'idée de le soigner pour le faire cracher lui traversait l'esprit. Raison de plus pour ne pas laisser l'ennemi les accoster. Actuellement, personne n'avait encore remarqué dans la cabine que le corps de Gillarde avait disparu.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Jeu 15 Oct - 15:01

Elle était loin l'assemblée pacifique qui était censé se tenir sur le rafiot. Lorsque la chimère ouvrit la porte avec fracas, son regard tomba sur une scène cauchemardesque. Le capitaine, celui de Drachma, venait de tuer avec férocité l'un de ses comparses alors que le second, visiblement sonné, se redresser à peine de derrière la table où il se tenait quelques secondes plus tôt. La jeune femme se demanda si Ace avait perdu la raison durant instant, ce ne fut que lorsque ses yeux tombèrent sur le cadavre encore fumant qu'elle comprit, et fit un pas en arrière, passablement choquée par sa vision. Les chefs s'invectivaient entre eux, derrière elle, ses comparses se débattaient autant que possible face aux traîtres. Les éclats de voix parvenaient à ses oreilles, lui filant le coup de fouet dont elle avait besoin pour réagir, juste à temps pour éviter l'homme qui se précipitait sur elle, ayant visiblement achevé l'un des autres gardes. Esquivant d'un pas chassé sur le côté, elle dégaina sa lame dans la foulée et bascula sur le côté avant de faire remonter l'arme en diagonale pour venir rencontrer le torse de son adversaire qui ne fut pas assez rapide pour se protéger et s'effondra dans un râle sonore. Sans réfléchir, elle chercha le son équipier du regard, ce dernier sur les ordres du plus vieux des dirigeants s'acharnait à couper la corde, faisant passer le second traître par dessus le bastingage lorsque ce dernier tenta de l'en empêcher.  Le bateau avait beau être éloigné de la rive, il était pourtant suffisamment près pour les tireurs d'élite de l'armée et la jeune femme entendit bien vite le sifflement caractéristique des balles. Les deux chefs se disputaient visiblement, l'un des deux semblaient incapables de réagir, quant à l'autre … il était perdu dans ses songes vu l'immobilité dont il faisait preuve.

La louve se rapprocha de lui, non sans avoir jeté un coup d’œil critique vers les docks, juste à temps pour voir un fusilier viser son voisin avec précision. D'une main rapide, elle l'agrippa par son vêtement et le força à s'accroupir pour éviter une balle de justesse et en profita pour lui balancer un regard passablement inquiet. Un peu plus et il finissait avec un trou dans la tête. L'un des corps au sol se mit à bouger, lâchant quelques gémissements sourds, attirant l'attention de la cendrée quelques secondes. C'était un des leurs assaillants, celui qu'elle avait lacéré quelques minutes plus tôt. Elle détourna la tête, il n'était pas en état de leur nuire de toute façon, bien trop amoché. Bien que le bateau s'éloigna du rivage, n'étant plus retenue par une amarre quelconque, ils n'allaient pas assez vite pour distancer efficacement celui que les miliciens venaient d’affréter en toute hâte. Le seul autre survivant de la petite escouade, le dénommé Jefferson qu'elle avait vu la veille, décida de prendre les choses en main rapidement. Il agrippa l'épaule de la demoiselle avec une certaine délicatesse malgré les circonstances et lui montra la voilure encore fermée.

"Tu peux grimper défaire les liens ? Je vais diriger ce rafiot pour éviter qu'ils ne nous rattrapent."

Cette dernière acquiesça aux paroles pleine de bon sens de son comparse avant de jeter un coup d’œil qui aurait pu s'apparenter à de l'inquiétude envers les deux capitaines. Leur absence de réaction pour le moment l'inquiétait quelque peu, toutefois elle ne prit pas le temps d'y songer et rangea son arme à son emplacement habituel avant de s'agripper aux cordages entourant le mât pour se hisser sur ce dernier. L'escalade n'étant pas franchement dans ses habitudes, mais la souplesse dont elle faisait preuve l'aidait grandement, et elle atteignit son but en l'espace d'une petite minute. Penchée au dessus du vide, elle se saisit du poignard dissimulé dans sa botte et coupa les liens qui retenaient la voilure sans perdre le temps d'avoir à les défaire. Le tissu se déroula brusquement, claquant dans le vent violent qui soufflait sur la côté et un soubresaut ce fit sentir sur le navire, alors que ce dernier prenait désormais rapidement de la vitesse. Pandora profita de son perchoir improvisé pour observer le port. Les militaires étaient également à l'eau désormais, et s'acharnaient à les rattraper. La jeune femme soupira, les traîtres étaient décidément partout. Lui revint en mémoire l'étrange aspect du bras du dernier capitaine, désormais mort, et elle frémit. C'était comme si l'on avait fusionné le métal et la chair. A ces yeux, il n'y avait que l'alchimie capable de pareilles horreurs. Sortant bien vite de ces songes, elle redescendit prestement sur le bastingage et s'approcha des autres qui s'était rassemblé au centre du bateau, excepté Jefferson qui dirigeait le bâtiment d'une main de maître. La jeune femme était mal à l'aise, ça se voyait sans peine, elle supportait mal l'océan, et la simple idée d'avoir à combattre sur cette étendue aqueuse l'emplissait d'effroi. Oh, elle savait nager, pour une militaire, cela faisait partit des bases, mais l'inconnu l'effrayait tellement qu'elle ne savais pas comment elle pourrait bien réagir si elle devait se retrouver à la flotte avec uniquement le vide et les abysses sous ses pieds. Ils étaient tous dans la merde désormais, aussi elle laissa tomber les faux semblants, s'adressant aux deux chefs restant comme à n'importe qui d'autre, sans même y songer.

"Bon, on fait quoi maintenant ? On est quatre, ils sont une cinquantaine au bas mot, car d'ici à ce qu'il nous envoie un deuxième bateau aux fesses, y'a pas très loin, et on va se retrouver en pleine mer. Je ne remet pas en doute vos capacités messieurs, mais là il faudrait probablement réfléchir à une stratégie parce que sinon on va tous finir sous les balles."

« Si ce n'est pas pire ». La chimère songea amèrement à son passé l'espace d'une seconde. Mourir fusillée n'était peut-être pas une si mauvaise option au final … Et pourtant, elle ne pouvait s'y résoudre et escomptait bien sauver sa peau et celles des autres autant que possible. Les bras croisés sur son torse, son regard scrutait sans gêne les deux capitaines, attendant désormais une réponse, quel qu'elle soit. La côté s'éloignait, ce qui n'était pas le cas des militaire qui se rapprochaient bien trop rapidement au goût de la jeune hybride. Elle avait négligemment remis le poignard dans sa ceinture, intimement persuadée qu'elle devrait à nouveau s'en servir rapidement.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Jeu 15 Oct - 16:26

Le bateau s'éloignait de la côte, dégageant le port pour éviter d'entraîner la ville portuaire dans leur querelle. Gin se réveillait enfin et criait à qui se sentirait concerné. « Que quelqu'un prenne la barre, il faut s'éloigner du port, j'ai une idée ! » Il sentit Jefferson, jusqu'alors à son opposé s'engager dans la direction de notre ami avec vitesse. Dans sa course folle les impacts de balles maladroits retentissaient sur le bois. Le vieux brave escaladait l'échelle pour rejoindre la barre et s'en emparer alors qu'il confiait une tâche à Wolf. Ce n'était pas encore tout à fait confirmé cependant.  Le bateau virait de bord tandis que les deux autres travaillaient ensemble pour déployer les voiles. Parfait. C'était efficace comme équipe. Bien que Johnson avait décidé de bouger longtemps après et seulement au sol en voyant Wolf s’activer avec vigueur. La certitude que Wolf était des survivants fut lorsqu'elle prit la parole pour secouer ses supérieurs. Allons bon, elle ne perdait pas le nord, l'avoir convié restait toujours une bonne idée, songeait l'alchimiste. Alors comme elle le demandait, Gin prit la parole en haussant bien la voix pour couvrir le vent. « Quand on sera sorti des gorges, je les submergerai ! »  Il en était tout excité. Il regrettait amèrement d'être aveugle pour voir son œuvre. Ainsi il fut le premier à répondre aux attentes de la jeune femme. Jusqu'à présent il n'avait bougé qu'une fois. Il avait alors prit une vie pour en sauver une autre. A présent il comptait bien user de son alchimie pour repousser l'ennemi. Leur nombre était mortelle. La situation était critique.

« Jefferson !! Dites-moi lorsque nous seront en parallèle du port de façon à dégager l'arrière !! » Le vétéran comprit en parti les plans du garçon. A cet instant l'enthousiasme de Gin se ressentit à travers Jefferson dont le visage était ouvert pour la première fois. Le visage enjoué, un rictus détendait ses lèvres d'ordinaire blafardes. L'adrénaline commençait à réchauffer les cœurs en important l'espoir. Gin restait accroupis, adossé à la coque entre deux faux canon d'exposition. Il se concentrait d'avance.  Il se passa plusieurs minutes pendant lesquelles Johnson s'impatientait. Ca devenait oppressant d’attendre et de se faire tirer dessus comme des lapins.

« L'arrière est dégagé!Il y a un deuxième navire qui s'élance.S'écriait Jefferson.
-Parfait . Prononçait Gin pour lui même vu la distance qui séparait chacun. A combien de mètres environs ?
-Une centaine et peut être deux cent pour l'autre.
-Je vois... »

Le plan était vite vu, s'approcher pour mieux frapper. Son choix était donc vite vu ; y aller seul. A cette distance il doutait frapper le second rafiot. Le garçon était perfectionniste et un peu trop gourmand, il voulait faire d'une pierre deux coups. Il était ainsi, toujours dans l'extrême exactement comme son maître. Il se leva, de toute façon les projectiles ne les atteignaient plus. « Couvrez-moi. » Sans un mot de plus il remontait la carlingue pour atteindre l'arrière. Le pas assuré il se débarrassait de ses gants qu'il laissait au sol. Certain que ce voyage-ci ne lui permettrait pas de les retrouver. Il monta sur la coque, debout en équilibre le bras droit tendu pour se tenir à une corde. Il leva les deux bras comme si qu'il allait faire claquer ses mains. « Ne m'attendez pas, prenez de l'avant ! » L'alchimiste comptait les rejoindre en glissant sur la glace qu'il matérialiserait au retour. Sans plus de cérémonie le capitaine se jeta par dessus le port les deux pieds joints.

Immédiatement il joignit ses mains et les tendit entre ses jambes face à l'eau de sorte à transmuter. Un éclair aveuglant jaillit et une plaque de glace se forma sur l’océan. Gin traçait un chemin jusqu'au premier bateau ennemi. Il s'arrêta aux trois quart et posa ses mains sur la glace. Un nouvel éclair argentée se formait pour former un mur d'eau. Une vague imposante s'élevait devant l'alchimiste menaçant de sa hauteur les deux navires qui approchaient. Une balle frôlait l'épaule du garçon  faisant siffler le vent glacé. La vague synthétique fracassait le premier bateau tandis qu'elle faisait dangereusement chavirer le second. Fin de la poursuite. Le second bateau se retrouvait dans le sens inverse, comme prêt à repartir. De toute façon les alliés prenaient de la distance.

Alors qu'i pensait le danger écarté, Gin rebroussait chemin, se sentant capable de regagner le bateau. Il courait à vive allure alors qu'une voix l'interpella. Sa course folle s'interrompit et il fit face à un redoutable ennemi qu'il ne pouvait voir. Une voix fluette et désagréable le provoquait en duel. On lui demandait de rester sage et obéissant comme un vulgaire clébard. Ce à quoi notre ami répondit par la baston. Le type s'écriait en esquivant impitoyablement la chimère pour lui briser les côtes d'un coup de genoux. « J'ai pas le temps, putain !!!» Le premier coup plaçait la barre et celle-ci était haute, trop haute. L'ennemi se mouvait d'une manière trop étrange pour être vite assimilée pour un aveugle. Pourtant Gin résistait avec une certaine prestance. Il réussit à frapper plusieurs fois son adversaire mais celui-ci semblait incassable, increvable. Comme si que les coups du garçons ne l'atteignaient pas. Alors que chacun de l'ennemi visait à briser sa cible. Le brun réussit toutefois à congeler sa victime à partir de la poitrine. Pourtant, persuadé que son coup avait marqué, le type le saisissait par le masque pour l'attirer et lui asséner une grande droite. C'était contre toute attente, imprévisible. Gin était surpris par les caractéristiques de défense du type. Le masque se fendit, la feuille de fer se déforma pour laisser tomber le verre brisé. Alors Gin se retrouvait désarmé par la stupéfaction, lui qui se surestimait trop pour sa condition. L'ennemi en profitait et avec sa rapidité il assommait le capitaine à coup de poings. Le combat prit fin et le vainqueur s'empressait d'embarquer sa victime sur son épaule. Le second bateau ayant pour ambition de récupérer le type téméraire qui avait vaincu notre ami. Un gradé d'après son costume...


Dernière édition par Gin Marshall le Jeu 15 Oct - 21:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Jeu 15 Oct - 17:34

Les deux comparses se criaient dessus, à l'opposée l'un de l'autre. Le capitaine d'Amestris restait sonné, visiblement incapable de réagir, il avait ça au sein de son congénère qui avait finalement prit les devants. Pandora observa ce petite manège quelques secondes puis décida de se trouver un poste d'observation et remonta sur le mât pour s'asseoir en hauteur sur la poutre soutenant la voilure, les jambes dans le vide. De ce point de vue, elle pouvait tout voir, et ses yeux entraînés distinguèrent sans mal les renforts qui se venaient de prendre la mer, à une faible distance de leurs comparses déjà en chasse. La jeune femme serra les dents, elle ne comprenait pas vraiment le plan de son supposé supérieur, ce dernier avait donné ordre de faire face aux navires approchant ce qui l'intriguait, même si elle ne disait rien. Au cœur de la tourmente, la demoiselle ne parlait pas, elle se contentait le plus souvent d'analyser et d'agir. Sauf qu'agir n'était pas dans ses moyens pour le moment. Elle se contentait donc d'observer, tous les sens en alerte. De son perchoir, elle avait une meilleure vue encore que sur le pont, ce qui n'était pas négligeable. Sauf que lorsqu'elle baissa enfin les yeux sur ses comparses, ce fut pour voir le capitaine de Drachma à l'avant du navire, visiblement prêt à se jeter dans le vide.

"Eh, mais qu'est-ce que tu fais, t'es malade ?"

Une voix s'éleva sous ses pieds, passablement amusée à l'évidence.

"Ne t'inquiète pas pour lui Wolf, il sait ce qu'il fait."

La jeune femme suspendit son geste alors qu'elle apprêtait à sauter du haut du mât pour aller l'empêcher de commettre une folie, sans pour autant le quitter des yeux. Elle réussit également à ne pas réagir en le voyant disparaître d'un coup du bastingage, elle scrutait attentivement, le moindre mouvement, le moindre son. Elle n'eut pas à attendre bien longtemps à dire vrai, il refit surface quelques secondes plus tard, surélevé par une imposante plate forme de glace. D'inquiète la jeune femme passa rapidement à interdite en l'observant. Son visage s'était fermée en un éclair alors qu'elle le voyait utiliser son alchimie. Celle de son père. La gorge nouée, la jeune hybride observa la scène qui lui sembla pourtant étrangement lointaine alors qu'elle se déroulait à quelques mètres à peine de leur navire. Elle distinguait sans mal les mouvements de l'alchimiste, elle entendit la clameur des soldats sur le bateau qu'il était en train de couler, leurs hurlements déchirants, mais rien de tout ça n'arriva à attirer son attention qui était concentrée sur un seul et unique point, lui. Et pourtant elle savait, il le lui avait dit qu'Isaac avait été son maître. Mais voir cet art utiliser par un autre que lui était douloureux pour la jeune chimère tant elle avait l'impression de retrouver son père tout en sachant pertinemment qu'une chose relevait de l'impossible. Le seconde bateau ne fut par épargné, et rudement ballotté par les lames d'eau qui avaient engloutis le premier, il avait désormais le nez en direction du port, la poursuite était perdu pour lui. Malgré leur fuite réussie, la jeune femme ne parvint pas à retrouver le sourire. Elle s'apprêta à descendre en voyant son supérieur courir sur la glace modelée par alchimie pour rejoindre le navire lorsqu'un individu s'interposa soudain devant lui.

La chimère, alors sur le mât adroitement suspendue à une corde lâche, plissa les yeux pour distinguer l'importun et comprit que quelque chose était en train de mal tourner. C'était un militaire, un gradé visiblement, sa tenue ne laissait pas de place au doute, et malgré la distance, les sens affûtés de la chimère notèrent sans trop de difficulté ce détail. Tout comme le fait qu'il était en train de soumettre un peu trop facilement son adversaire dont les coups n'atteignaient qu rarement leur cible. Encore en hauteur, Pandora cria quelques mots au reste du maigre équipage.

"Il a un problème ! Johnson va l'aider ! Jefferson, demi-tour, on ne laisse personne derrière !"

La jeune femme faisait preuve d'un culot sans limite en donnant ainsi des ordres à celui qui était pourtant plus gradé qu'elle, et elle s'en fichait royalement. Dans la galère, tout le monde est pareil, et s'ils ne se bougeaient pas, elle le ferait pour eux.Malgré la hauteur, elle lâcha le cordage et atterrit souplement sur le pont, les genoux repliés et les mains au sol, se servant e sa position comme d'un tremplin pour se ruer vers le proue en même temps que le capitaine d'Amestris alors que son comparse se démenait pour faire tourner le bâtiment qui se mouvait avec bien trop de lenteur au goût de la cendrée. Cette dernière grimpa sur le bastingage, quoi que trop tard. Privée de d'alchimie et fragilisé par les coups répétés et violents du bref combat qui venait d'avoir lieu, la structure de glace s'effritait, s'enfonçant peu à peu parmi les flots, provoquant de fortes vagues qui firent tanguer dangereusement leur bâtiment. Même en prenant de l'élan, elle ne parviendrait pas sur une partie solide de l'iceberg artificiel, qui plus est l'assaillant avait pris la fuite en emportant le capitaine avec lui. Elle redescendit sur le pont et posa son front bouillant sur le bois de la rambarde quelques secondes avant d'abattre son poing rageusement sur ce dernier.

"Merde, merde, MERDE !"

La situation se corsait trop rapidement, elle n'avait pas su réagir assez vite et ils venaient de perdre un membre important par sa faute. La jeune femme enrageait, et lorsqu'elle releva la tête, ses pupilles s'étaient dangereusement étrécies alors qu'elle fixait le point sombre que formait le bâtiment militaire n'ayant pas été englouti par les flots. Elle se détourna et observa les deux qui n'osait guère s'approcher d'elle, visiblement l'aura meurtrière qu'elle dégageait en cet instant ne les rassurait pas vraiment. Sans même chercher à se calmer, la cendrée se mit à faire les cents pas en travers du pont, la tête dans les mains, elle réfléchissait à toute vitesse. Le dernier capitaine encore à bord tenta de prendre la parole sans pour autant se rapprocher.

"On devrait peut-être s'éloigner de la ville. Ace sait se débrouiller, c'est un dur, on enverra du renfort une fois que nous serons revenus à terr- …"

Ces derniers mots moururent dans sa gorge lorsqu'il croisa le regard incendiaire de la jeune femme qui s'était soudainement stoppée et lançait à présent un regard noir en direction de son supérieur. Délaissant ses tempes endolories et bouillantes, elle le toisa quelques secondes avant de répondre sèchement.

"Tu as peut-être mal vu, mais je peux t'assurer que le capitaine n'était certainement pas en position de se « débrouiller seul » comme tu dis. Pas question de le laisser et de se tirer comme des rats."

Jefferson, qui avait momentanément délaissé la barre s'était approché du duo et acquiesça sans un mot aux dires de la demoiselle qui reprit bien vite.

"Le type là, je ne sais pas qui c'était, mais c'était un militaire, ça c'est sûr. Vu que le détachement venait de la ville, ils vont probablement l'enfermer ici quelques temps. Sauf qu'on sait tous les trois, et eux le savent aussi pour avoir faillis y passer qu'il est bien trop dangereux pour qu'ils le gardent en cellule en plein milieu d'une ville passablement touristique. Ils vont le faire bouger, c'est certain."

L'ancien prit la parole à la suite de sa comparse, observant la ville qui s'éloignait toujours quelque peu.

"Ils ne le bougeront pas en journée, c'est trop risqué pour eux si le capitaine venait à se servir de l'alchimie, il pourrait détruire la ville et tuer pas mal de monde. Ils attendront la nuit. Le centre le plus proche est à trois jours d'ici, dans les montagnes. Parfaitement isolé du reste du monde, c'est le lieu idéal pour les personnes à risques. "

Pandora haussa un sourcil et croisa les bras sur son torse.

"Tu t'y connais drôlement bien sur les prisons du coin dit moi. "

"J'y ai fait plusieurs séjours on va dire. Toujours est-il qu'il faut qu'on s'organise avant la nuit. "Il se détourna pour observer le seul silencieux du groupe. "Capitaine, vous serait-il possible de regrouper des troupes dans le coin avant cette nuit ?"

L'interpellé grimaça avant de secouer la tête doucement, de manière négative.

"Je crains fort que non. Le QG est loin, et seul une personne m'accompagnait et elle se trouve dans l'autre monde désormais. "

La chimère soupira, lassée, et se détourna des deux hommes avant de reprendre d'une voix ferme.

"Tant pis. A trois. On se débrouillera, mais il faut agir cette nuit, car si j'en crois Jefferson, une fois qu'il sera là-bas, les choses se corseront trop. Le meilleur moyen de le tirer de là sera de s'attaquer au convoi. L'un de vous y voit-il quelque chose à redire ?"

Le silence qui suivi les paroles de la jeune femme était équivoque et fit un signe de tête satisfait. Jefferson rejoignit la barre et s'affaira à faire partir le navire dans la bonne direction. La cendrée alla s'asseoir à cheval sur une rambarde du pont et dégaina son arme pour la nettoyer, chose qu'elle n'avait pu faire avant. Johnson resta silencieux un moment, statique au milieu du bateau, avant de tourner les talons pour aller fouiller dans la cabine où tout avait débuté. Il en ressortit en trombe quelques secondes plus tard, l'air complètement perdu.

"Il a disparu ! La cadavre de Gillarde a disparu !"

Perplexe, la jeune femme délaissa son arme et le rejoignit en quelques foulées pour s'apercevoir qu'il ne délirait pas, la pièce où ils se trouvaient était complètement vide. En bordel, maculée de sang, mais vide.

"Alors ça … c'est la meilleure. "

Tous les deux s'attelèrent donc à fouiller le navire de fond en comble pour tenter de retrouver le traître, sans le moindre succès. Après plusieurs minutes à se prendre la tête sur ce problème épineux, ils décidèrent pourtant d'abandonner les recherches et de se concentrer sur leur principal préoccupation. Le navire n'étant pas vraiment rapide, il accosta dans une crique isolée sur les coups de midi, s'échouant sans grande délicatesse sur le sable pâle et les trois compères mirent au point une stratégie durant la majeure partie de l'après-midi. Jefferson connaissait visiblement extrêmement bien l'endroit et indiqua que la route que la milice devrait prendre se trouvait à trois heures de marche vers le sud-ouest. Après avoir convenu d'un plan et de la place de chacun, ils se mirent rapidement en route, rejoignant les montagnes sans tarder. Le groupe finit par atteindre le point de passage qu'ils convoitaient vers 21h, et chacun se mit en place. Le capitaine restant s'occupa de faire un barrage avec les éléments disponibles avant de se poster sur le flanc gauche de la route. Jefferson, armé d'un lourd fusil se posta non loin du barrage, dissimulé par la végétation. La cendrée quant à elle se tenait en retrait, sur un poste en hauteur. Le plan était simple, les deux hommes canardaient le véhicule autant que possible, attiraient l'attention des miliciens pendant que la louve s'infiltraient discrètement à l'arrière et tiraient Ace de leurs pattes avant qu'ils n'aient le temps d'agir. Désormais, ils n'avaient plus qu'à patienter.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Jeu 15 Oct - 20:57

Le noir absolu malgré que ses yeux furent à demi ouverts. Seul le bruit environnant lui parvenait aux oreilles. Il voulut lutter de toute ses forces mais il perdit à nouveau conscience pour de bon. Gin avait permis la fuite des siens au sacrifice de sa personne. Ce n'était en aucun cas son plan, à aucun moment il avait voulut mourir pour ces personnes qu'il n'affectionnait pas. C'est sûr que protéger Wolf était sur le moment une de ses priorités mais à aucun moment les choses devaient ainsi mal tournées. C'était un peu gros à son goût. Ce type surpuissant dont les coups étaient aussi durs que des coups massues. Sans réelles protections, Gin n'avait pu encaisser très longtemps. Pourtant, même privé de ses yeux, il restait vif. Comme l'animal qui l'habitait. Pourtant, dans sa descente vers l'inconscience, il avait espéré que personne ne fasse demi-tour pour lui. Ce serait con.

De leur côté, les trois rescapés naviguaient dans la direction opposée. Jefferson qui jusque là était entièrement confiant déchantait lorsque Wolf commenta la scène du haut de son perchoir. C'était un cauchemar, une possibilité non envisagée tant le jeune homme n'avait eut aucune chance. Jefferson gardait le silence, soucieux, rageur. Il ne pouvait se résoudre à laisser le gosse, il représentait trop d'espoir au sein de l'Agence. Il savait bien trop de chose pour qu'on laisse la torture voler ses informations. Il fallait le délivrer ou bien le tuer. Et tandis que son cerveau se confondait dans les diverses solutions, Wolf partageait son avis en écrasant celui de Johnson, leur unique supérieur en cet instant. Si lui désirait rebrousser chemin pour saisir la chance qu'avait offert Gin, Wolf ne désirait pas l'abandonner. Était-ce réellement un abandon ? Les avis différaient, cependant Jefferson et Wolf étaient soudés sur une chose ; la camaraderie. Un débat opposait nos deux précédents compères contre le seul capitaine. Ainsi son autorité s'en retrouvait fragilisé par la situation et face à la hargne que déchaînait Ace. Il ne faisait pas le poids, ni contre lui, ni contre ces-deux-là. Indéniablement l dû se résoudre à suivre le mouvement. Après tout, Gin l'avait sauvé une demi heure avant... Chacun semblait avoir ses raisons, personnelles ou non. Gin aurait été heureux d'entendre les spéculations de ses coéquipiers. On le surestimait, on calculait ses capacité et notamment celle de l'alchimiste. Wolf semblait avoir aussi bien cerner le personnage que Jefferson et tout deux érigèrent la suite des événements. Il était convenu de récupérer leur coéquipier pendant qu'on le transférait au pénitencier.
Alors une fois le pied à terre, les trois rebelles mirent en place leur stratégie.


14h, cellule isolée, commissariat d'Aerosa.


La nouvelle allait vite, elle commençait à se propager dans le bâtment et alors une vague de terreure assiégée le bâtiment millitaire.
« Nous ne n'avons pas les épaules pour tenir en cage un tel monstre.
-Rassurez-vous, je m'en charge. Le Gouverneur Ashfiel se fera une joie de récompenser votre unité ainsi que la ville de cet exploit. Vous venez d'appréhender le Crystal Ace, le personnage le plus récurent depuis McDougal de cette organisation bâtarde de meurtriers. Croyez-moi, nous serons vous remercier... » Sur ces sages paroles réconfortantes, l'adversaire badasse de notre chimère se dirigeait vers les cellules. Cet homme n'était pas inconnu de tous, pourtant son comportement ce jour-là en avait surpris plus d'un. « Oh et veillez à ce que personne ne nous dérange. Je dois causer à Ace afin de lui soutirer vite ses informations. » Il reprit sa route, un sourire malsain déformait son visage. Le type semblait mauvais tant par l'aura qu'il dégageait que par son comportement. « Il ne faudrait pas lui laisser le temps de formuler un baratin. » Sa voix vicieuse s’enfonçait dans le couloir.

Au bout de celui-ci se trouvait la porte qui donnait sur un escalier puis une autre porte avec un autre couloir, plus sinistre celui-ci. Là se trouvaient les cellules. Dans celle en face qui faisait la perpendiculaire à toutes les autres se trouvaient notre capitaine. Cette cellule avait la particularité de posséder des chaînes. Dans les montagnes il y avait des ours et toutes sortes de bêtes sauvages, parfois à certaine époque elles s'approchaient trop près des villages, affamées. On avait enchaîné Gin comme si qu'il était une de ces bêtes dangereuse dont les membres doivent êtres isolés.
Les bras écartés et relevés par des chaînes ainsi que les jambes. Son cou l'était également et nombreuses étaient les chaînes qui en reliaient les murs.  Aucun mouvement flexible possible pour un humain. Mais pas pour un serpent. C'était quelque peu douloureux, d'autant plus qu'il trouvait le temps déjà long. La fraîcheur des lieux ne l'affectait pas et c'était le seul point positif.

Seul et profondément frustré par la branlée encaissée, notre ami ne put s'empêcher de fanfaronner. « Oh, tu viens prendre ta revanche. Tu sais...  Je crois que...mon crâne a taper la glace. » il haussait les épaules comme sa condition l'en permettait, un sourire railleur. Son ton narquois n'avait franchement pas l'air d'amuser son interlocuteur. Pourtant la réplique le précédait «  C'est mon coude dans ta face que t'as senti. » Gin reniflait, le sang coincé dans ses sinus en témoignait. Il cracha à terre avant de reprendre. « T'es qui au juste ? Un super-mâle de Drachma ven-...
-Fermes ta putain bouche et réponds à mes questions. Ce n'est pas négociable.
-Va te faire foutre princesse, j'parles pas aux connasses. »

La conversation dura quelques cinq minutes environs avant que l'ennemi ne perde patience et balance son poing. Bien évidement sur notre ami. Alors débutait une série de menace bien effrayantes de la part du ravagé. Le type avait nettement l'habitude d'intimider. Cependant, Gin ne voyant rien, se concentrait sur l'ouïe, et les propos colérique du garçon n'étaient pas sans amuser le sadisme du serpent. La fierté de ce dernier étant imposante, il se refusait de parler de quoi que ce soit. Alors le type prenait un malin plaisir à le frapper pour l'amocher.
« Ne m'obliges pas à t'emmener avec moi. C'est quoi ton problème, t'es colère par ce qu'on a buté McDougal ?  Faut te prendre en main gamin, maintenant faut répondre de tes actes.
-Tss... Tu crois que ton discours de connard va me faire changer d'avis. Tu sais rien de moi, vous savez rien et c'est bien comme ça. Dis leur que j'en ai une grosse et que j'vais pas tarder à la poser sur leur tête. » Sur ces mots que l'ennemi prit avec le plus grand mépris brisa d'avantage les côtes du garçons avant d'y planter un canif pas plus gros qu'un pouce.  « Tiens, fermes-là un peu pour voir. » Gin s’exécutait dans la douleur. Ca dura quelques secondes avant qu'un rire inconvenant  animait notre brun. Alors soudain la voix de l'ennemi changea pour devenir un poil plus clair et jeune. « Dis-moi, est-ce qu'Il était encore en vie quand tu l'as trouvé ? Est-ce qu'il t'a dit ? » Colérique et momentanément impulsif, Gin remuait tout en s'écriant « Dire quoi ?! » Alors le type sembla satisfait de la réponse, déduisant que notre capitaine ne savait que le superficiel. Le type agissait bizarrement, comme si un intérêt dissimulé l'animait. La conversation continua ainsi dans la provocation. Ni l'un ni l'autre n'arrivait à tirer quoi que ce soit de l'autre et bientôt l'ennemi manquait de temps. Il lui fallait partir prématurément pour une raison qu'il tenait secrète pour tous.  Gin était empli d'arrogance et ne faisait que s'attirer les fureurs du type. Ce dernier perdit vite patience et après une heure et demi de conversation sans queue ni tête il blessa sérieusement le capitaine pour ainsi réduire sa mobilité pour le voyage qui se préparait.

«Bon laisses tombes pour le moment, on remettra ça, hein!»

La porte en haut des escaliers se referma dans un fracas et alors Gin commençait à sombrer dans les vapes. Il se laissa aller dans les bras de Morphée et ce pendant longtemps, trop longtemps.  
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Jeu 15 Oct - 22:13

La route était sombre, les ombres allongées par le crépuscule dansaient sur les nombreuses roches avoisinantes. La louve humait l’air, aux aguets. Cela faisait plusieurs heures désormais qu’ils attendaient, passifs, l’arrivée du convoi militaire guettant le moindre son suspect. Songeuse, elle observait les montagnes qui les encerclaient de tous les côtés, appréciant malgré la situation critique cet infime retour au sein de la nature sauvage. Mais plus le temps passait, plus l’attente devenait longue et plus la jeune femme songeait au fait qu’ils avaient pu se fourvoyer sur les intentions des militaires, ces derniers ayant peut-être préférés garder le capitaine au sein des murs de leur commissariat. Assise sur un rocher, son stylet à la main, elle dessinait dans le sable des esquisses sans réelles formes, sans aucunes significations, simplement pour passer le temps et tenter d’occuper son esprit autrement qu’en sombres pressentiments. Ce fut lorsque l’air ce fut grandement rafraichit et que la pénombre avait totalement recouvert les épais massifs que sonna l’heure de leur action. Le vent, plutôt violent avec la hauteur, charriaient divers sons, dont certains métalliques, typiques d’une escorte armée, qui avançaient indubitablement dans leur direction. La jeune fille, plus apte à saisir ces informations que ses deux comparses émit un léger sifflement qui résonna dans l’air quelques secondes, le signal qu’ils avaient tous trois convenus durant la mise en place de leur plan d’action, puis se remit d’aplomb sur ses jambes et replaça le stylet couvert de sable dans sa ceinture. Tranquillement, elle sortit sa lame imposante de son fourreau et se pencha au-dessus du massif rocheux contre lequel elle s’était mise à couvert pour observer la route, sa main libre appuyée sur ce dernier pour maintenir un équilibre précaire. Ses oreilles fonctionnaient encore à merveille et il ne lui fallut que quelques minutes pour apercevoir la lueur de plusieurs lampes en contrebas de la pente. Esquissant un sourire, elle émit un second sifflement pour confirmer le premier et se déplaça de quelques pas pour se dissimuler dans les rochers.

Compte tenu de la route sinueuse et partiellement défoncée qui menait au fort, les militaires n’avaient pu utiliser un camion comme à leurs habitudes lors du transport de prisonniers. Aucun véhicule motorisé n’était apte à franchir les divers cols qu’ils empruntaient, aussi la petite escouade était composée de cinq militaires en armes qui ouvraient la marche à pied, seul l’un d’eux, un gradé probablement, se trouvait à cheval. Suivait un chariot pénitentiaire, entièrement clos de toute part et visiblement scellé avec précaution, tiré quant à lui pas quatre destriers. Deux hommes conduisaient. Trois autres à pied fermaient la marche. Les lueurs qu’avait distinguées la cendrée provenaient des lampes accrochées au chariot qui éclairaient la route en amont pour permettre aux hommes ouvrant la marche de se repérer plus facilement. Elle se mordit la lèvre inférieur, cela faisait quand même pas mal de monde, et même si elle ne craignait pas vraiment les aptitudes des soldats, le gradé l’inquiétait davantage. Toutefois, elle avait confiance en les capacités de Jefferson, et le capitaine n’était certainement pas arrivé aussi haut en étant complètement empoté, ils avaient donc une bonne chance de réussir leur entreprise.

Le cortège stoppa net face au blocus improvisé par Johnson et tous les hommes d’avant-garde se mirent immédiatement sur le qui-vive, armes en main prêts à tirer. Pas un seul des trois compères ne bougea une oreille durant tout ce temps, patientant calmement. Le gradé se mit au niveau de l’avant du chariot avant d’ordonner à deux de ces hommes d’aller déblayer la route. Ce fut le feu vert pour les compagnons de la louve qui firent pleuvoir une pluie de projectiles sur les deux militaires qui ne tardèrent guère à s’effondrer sous les balles. L’arrière garde alertée par le raffût partie à l’avant pour venir en aide à leur comparse pendant que ces derniers ouvraient le feu sur toute l’étendue disponible devant eux. Une aubaine pour la chimère qui n’attendait en réalité que cette ouverture. Souplement, elle quitta son refuge et atterrit au beau milieu de la route derrière le chariot dont elle s’approcha sans tarder. Les munitions de ses comparses n’étaient pas illimitées, elle devait se hâter. La fermeture du fourgon était sommaire, deux cadenas sur une lourde porte ferrée. A quoi bon fabriquer de tel engin si c’était pour les fermer avec des babioles pareilles se demanda la jeune femme même si en l’occurrence, cela l’arrangeait bien. Passant sa lame entre les deux barres du cadenas, elle la tourna d’un coup sec et fit aisément sauter le premier verrou. Le second ne résista guère plus longtemps. Toutefois, une mauvaise surprise attendait la demoiselle à l’intérieur, elle qui pensait n’y trouver que son supérieur tomba nez à nez avec un milicien qui alerté par le forçage de la serrure et les cris de ses alliés s’était déjà emparé de son arme de poing et tira par réflexe lorsque la jeune femme ouvrit la porte blindée. Si elle eut le réflexe salvateur de de se décaler, ce ne fut toutefois pas assez rapide pour éviter la balle qui le lacéra le flanc droit, traçant dans son sillage une longue ligne rougeâtre à travers ses vêtements déchirés. La douleur éveilla la sauvagerie de la chimère qui réagit au quart de tour et ne laissa pas au militaire le temps de réarmer en se précipitant sur ce dernier, lui enfonçant sa lame dans le ventre. D’un coup de pied, elle dégagea l’arme qu’il tenait encore en main lorsqu’il s’effondra et la fit valdinguer hors du véhicule.

Laissant son regard s’habituer quelques secondes à la pénombre qui régnait dans ce dernier, elle porta sa main libre à son flanc blessé qui l’élançait brutalement. Son regard tomba sur une masse informe, recroquevillée au sol, toutefois lorsqu’elle s’en approcha, elle constata qu’il avait cet aspect car il était presque entièrement couvert de chaines. Tel un animal particulièrement dangereux, la capitaine se trouvait face à elle, ceinturé de toute part, et visiblement inconscient si elle se fiait à son immobilité totale. Pandora avala difficilement en observant la scène puis se reprit bien vite en entendant la cohue qui régnait à l’extérieur. Pas le temps de rêvasser, elle devait agir. Sa lame au sol, elle fouilla prestement le milicien qui gisait au sol et en tira ce qu’elle cherchait, un trousseau de clefs. Posément, la chimère fit sauter un à un tous les cadenas qui retenait son supérieur. Toutefois, lorsqu’elle arriva à ceux du cou, son geste se figea alors que son regard venait de tomber sur un visage familier. Trop familier. La main tenant la clef à quelques millimètres à peine de la serrure, elle fut tout à coup incapable de continuer son geste tant le choc était grand. Dante. Ace était Dante. Sa main trembla, son poignet s’abaissa doucement alors qu’il était toujours partiellement enchainé pendant que son esprit carburait à toute vitesse pour comprendre. Elle aurait pu y passer un moment, à rester là à l’observer inconscient, à réfléchir. Elle aurait pu oui.

"WOLF ! ON SE BOUGE ! VITE !"

La voix de Jefferson fut un électrochoc pour la jeune hybride et elle termina brusquement le geste qu’elle était sur le point de retenir, libérant le jeune homme de sa dernière chaine. Ce dernier bougea faiblement, lâchant un gémissement plaintif alors qu’elle comprenait seulement dans quel état il se trouvait. Du sang maculait le peu de vêtements qu’il lui restait, son visage était amoché et il respirait par saccade. Ca sentait mauvais, très mauvais. Pandora tenta de l’obliger à se lever, il n’y parvint pas, encore passablement inconscient. La chimère perdait son calme, en proie à la crainte désormais en se rendant compte qu’il ne pouvait se mouvoir seul. Dehors Jefferson redoubla de cris à son encontre alors qu’un milicien se rapprochait de l’arrière du véhicule. L'ancien le faucha d’une balle à la hanche. La jeune femme cessa de réfléchir et agit instinctivement. Elle s’agenouilla et s’empara du bras du blessé non sans marmonner au passage.

"On règlera nos comptes plus tard, mais rien que pour ça, t’as intérêt à t’en sortir."

Prenant sur elle malgré la douleur de son flanc, la jeune femme fit appel à ses capacités animales et développa une force qu’elle ne possédait pas en temps normal. Non sans mal, elle hissa le capitaine en travers de ses épaules et ramassa son arme avant de se redresser difficilement. Le bougre pesait lourd pour la demoiselle, elle s’essoufflait vite. Elle glissa sa lame à la ceinture pour avoir les mains libres, l’une tenant le garçon par le bras, l’autre par la jambe, se faisant, elle descendit avec peine du fourgon et quitta la route prestement, non sans avertir ses comparses.

"REPLI ! "

Tout était convenu, ils devaient se retrouver dans les hauteurs des montagnes, Jefferson connaissait le coin comme sa poche. De l’escouade militaire, personne n’était ressorti indemne, et peu nombreux étaient encore en vie. Les deux hommes avaient rondement menés leur mission. La louve s’éloigna le plus vite possible malgré son lourd fardeau, plus elle avançait, plus elle boitait. Au bout d’une dizaine de minutes, elle ne tint plus et s’arrêta pour appuyer sa tête contre un arbre le temps de souffler. Son flanc semblait se déchirer sous la douleur elle fut contrainte de déposer son précieux fardeau au sol, qu’elle appuya dos à un arbre. La louve passa une main sur son flanc et grimaça en voyant celle-ci se teinter rapidement d’hémoglobine. Prestement, elle déchira à l’aide du stylet un pan de la jambe de son pantalon qu’elle s’enroula autour du ventre pour calmer les saignements avant de ne reporter son attention sur le jeune homme.

"T’es qu’un foutu baratineur Dante … "

L’interpella bougea à nouveau, semblant émerger quelque peu. De toute façon, elle se devait de faire une légère halte, incapable de tenir un tel rythme sur la distance qui les séparaient tous deux du point de rendez-vous.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Jeu 15 Oct - 23:34

Le temps défilait et Gin défiait l'ennuie en sombrant dans un semi repos. Ce n'était pas plus mal, ainsi l'attente lui fut moins longue et plus supportable. Car à son réveil, personne ne vint à sa rencontre, personne ne vint céder aux quelques menaces qu'il proférait. Le sale type partit, personne n'osait le questionner à présent. Pourtant le jeune capitaine était faible, blessé. Le sang, le sien, humidifiait son t-shirt ébène, rendant ses membres d'autant plus froid que la normale.
C'est pourquoi quand on vint le chercher pour le transférer, on hésita un instant sur le fait qu'il fut encore en vie. Un débat qui aurait pu leur coûter la vie s'ils n'avaient pas été aussi méfiants. Les fourberies de Gin furent veines, juste bonnes à l'épuiser d'avantage.  Enchaîné comme un monstre, le garçon fut transféré dans un véhicule lorsque la nuit fut passablement tombée. Gin soupirait, c'était là l'unique moyen de s'échapper. Avec un peu de repos il était persuadé de pouvoir s'échapper. C'était un peu trop ambitieux comme espérance. C'était onirique pour un type amoché en train de s'éteindre à petit feu.

Alors quand on plaça le garçon dans le fond de la fourgonnette, enchaîné de part et d'autres, il trouva très vite une forme de repos. Le sommeil lui fut de nouveau accordé sauf que cette fois il ne souffrait pas dans sa position. Cependant il s'enfonça trop profondément dans le songe pour pouvoir reprendre des forces et mettre au point sa fuite. C'était inespéré, une erreur de calcule dans sa petite tête brune d'arrogant. De ce fait, il n'entendit pas ni ne ressentit ses compagnons venus le délivrer pendant le convoi. Ils ne mirent pas trop de temps avant d'agir, juste le temps que le cortège soit à l’abri des regards. Le froid l'entretenait dans cet état vagabond. Il ne fut pas réveillé par le tumulte provoqué par le freinage brusque du fourgon. Mais à l'inverse, il eut un instant de lucidité lorsqu'il sentit qu'on le toucher. Il mit plusieurs secondes à comprendre qu'on l'aidait à défaire ses liens. Il perdit ensuite connaissance avant d'être à nouveau réveillé par les mouvements qu'on lui imposait. C'était à ne rien n'y comprendre. Sa conscience était bien trop voilée pour tenter de parler. Se délaissant tiraillé mais sauvé par des bras inconnus il gémissait. C'était là l'unique chose qu'il lui restait à faire. Ses côtes brisées au flanc droit rendaient chaque prise douloureuse. Une chance qu'il fut dans les vapes et pas tout à fait consentant à la douleur. Une chance oui, car l'inconnu n'était autre que Wolf qui tentait de mettre sur pied le capitaine. Chose inutile étant donné que son corps refusait de répondre. Préférant l'agonie, le brun sombrait à nouveau et la jeune femme sembla ennuyée. Nul doute qu'elle avait reconnu notre ami, délaissant pourtant de côté son animosité face aux nombreux mensonges de notre capitaine.

Quand la chimère ouvrit à nouveau les yeux, la douleur lui soutirait un léger cri qu'il réussi toutefois à étouffer. La position dans laquelle on le transportait atténuait ses douleurs, l'épaule dans son abdomen titillait les fractures de son flanc. Son tissus humide venait teinter celui de la jeune femme. En effet, Wolf avait su trouvé le courage pour venir dénicher le capitaine dans sa fourgonnette. Et cela malgré l'avantage supérieur en nombre d'ennemi. Encore une belle preuve d'héroïsme. Déposé au sol, Gin sentait à nouveau cette sensation morbide qui introduisait la mort. Tout s'y prêtait et lorsque la voix de Wolf retentit pour lui faire un reproche, la lucidité le frappa un instant. Il comprit enfin que tout ce tumulte n'était autre qu'un sauvetage et que son supplice n'était pas vain. Gin entendit le reproche de la jeune femme mais n'eut pas la force d'y répondre. Au lieu de ça il tenta de lever un bras, mais ne serait-ce que lever la main relevait du miracle pour le coup. Incapable de bouger ou de formuler la moindre parole il referma les yeux. Le jeune capitaine se laissait aller de nouveau. Ça lui allait bien de comater, au risque de jamais se réveiller. De toute action il n'en saisissait que des brides difficile à cerner sans la vue.

Puis une chose imprévisible se produisit. La jeune fille brune qui rôdait depuis 18h passé au commissariat avait suivi les militaires. Elle avait suivi le convoi à une certaine distance. Ce qu'elle espérait ? Elle-même l'ignorait mais elle était là.  Elle avait assisté au sauvetage depuis sa position et à présent elle jouait les effrontée en s'approchant. Visiblement téméraire, la jeune femme rejoignit dans une course folle Wolf et son épargné. De nature méfiante, la soldate s'était armée en voyant l'intruse surgir de nulle part. Dans un silence prenant, elle fixait le garçon à terre, inerte. « Est-ce que...Est-ce qu'il est mort ?! » Demandait-elle, inquiète. Et avant que l'argentée n'ait le temps de répondre elle se jetait aux pieds du brun. Elle semblait inquiète, effrayée, un sanglot vint briser ce silence de plomb pendant lequel elle faisait part de ses craintes. « La rumeur disait vraie... Je croyais que ce n'était que des ragots alors j'ai voulu en avoir le cœur net...alors je vous ai suivis, pardonnez-moi... » Cette fille était l'opposée de Wolf physiquement. Si l'une était brune, l'autre avait les cheveux blanc neige. L'une était bavarde, l'autre interdite. La jeune femme brune semblait affective envers le capitaine amoché. Étonnant comme spectacle car il était difficile d'imaginer que qui que ce soit puisse s'enticher d'un tel type. En l’occurrence il s’agissait de la sœur cadette du jeune homme. Ils ne s'étaient pas revue depuis bien des années. Gin les avait abandonné en retournant sa veste contre son pays. Il avait quitté nom et prénoms pour éloigner sa famille de ses projets. « Je...Je peux vous aider ! Je peux vous céder un bateau mais vous devez m'emmener ! » C'était culotté de sa part mais l'instinct fraternel parlait. Et la jeune femme ne démentait pas sur l'aide qu'elle pouvait apporter. Douteuse et quelque peu perspicace elle s'aventura, effrayée pourtant par Wolf. « Vous êtes blessée, je peux aider, vous êtes des rebelles de l'Agence. Je ne suis pas votre ennemie.» Et pendant que l'inconnue négociait, Jefferson, de son côté commençait à s'impatienter. La jeune femme reprenait son discours voyant l'hésitation silencieuse de l'argentée. Elle détaillait le lieux reculé dans lequel était reposait son rafiot. La meilleure solution était d'accepter pour ensuite la laisser vite fait sur place. 
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 8:00

La cendrée soupira, ce qui lui tira une grimace de douleur alors que le simple mouvement de sa cage thoracique commençait même à devenir douloureux. Tu parles de deux terreurs ! L'un inconscient, l'autre blessée. Elle se détourna, consciente qu'il ne l'entendait probablement pas dans son état végétatif. Elle estima que la pause avait assez durée et se pencha vers le brun pour le soulever à nouveau et reprendre sa marche lorsqu'un son l'alerta. Le craquement significatif d'une branche morte sous la semelle. Brusquement, la louve se redressa, sa lame déjà en main pointe au sol, et observa les environs que la pleine lune baignait d'une douce lueur pâle. Suffisamment pour que n'importe qui puisse y voir. Près d'un buisson passablement desséchée, à une cinquantaine de mètres d'elle se trouvait une silhouette fine, sombre, indubitablement féminine. Lorsqu'elle se rapprocha timidement, la chimère haussa un sourcil surpris, ce n'était guère une militaire mais une jeune femme, probablement d'un âge semblable au sien, qui paraissait quelque peu effrayée. Brune, élancée, de longs cheveux tombant en cascade sur ses épaules, elle avançait doucement vers la combattante, lorgnant régulièrement sur la lame que cette dernière n'avait pas lâché. Une voix fluette s'éleva de l'inconnue alors qu'elle questionnait Pandora sur l'état du garçon, lui tirant un froncement de sourcils intrigué. Mais avant que la jeune hybride n'ait eu le temps de répondre, cette dernière accéléra le pas pour se précipiter au chevet du blessé qui gisait toujours contre l'arbre. Elle recula d'un pas et instinctivement leva sa lame prête à frapper avant de ne réaliser que la brune pleurait, ce qui l'interloqua davantage. Toutefois, elle ne chercha pas plus loin, cette gamine – c'est ainsi qu'elle la voyait même si elles étaient aussi âgées l'une que l'autre – n'était pas dangereuse. Du moins pas physiquement.

Le temps passait rapidement, la nouvelle venue parlait à toute vitesse à travers ses sanglots devant une louve au visage fermé qui ne comprenait que partiellement la situation, toutefois une chose était pourtant bien clair dans son esprit. Seule, elle risquait d'avoir toutes les peines du monde à parvenir au point de rendez-vous compte tenu de son état de de celui du capitaine. Une aide serait appréciable, tout du moins durant un certain temps, ensuite elle aviserait ce qu'il conviendrait de faire de la brune. Toutefois un détail aviva son attention, lorsqu'elle mentionna l'Agence.Elle savait, sans même que la cendrée ne puisse comprendre comment, mais elle savait, la laisser en arrière était donc risqué. Finissant par ranger son arme dans sa ceinture pour l'avoir à portée de main, elle dévisagea en silence le jeune fille qui semblait s'inquiéter du sort de son compagnon, preuve en était aux yeux de la louve qu'elle le connaissait probablement personnellement. Finalement, sa voix froide, s'éleva dans la pénombre, parlant pour la première fois depuis que la brune avait débarquée.

"Calme toi, tu vas m'aider. On est pas en sécurité ici, il faut vite dégager. Prend son bras, on vas le porter à deux."

Sans un mot de plus, la chimère se pencha sur le blessé dont elle passa un bras autour de son cou, attendant que la jeune femme fasse de même, et à elles deux le soulevèrent du sol pour quitter les lieux en vitesse. Si elle avait pu les suivre, d'autres le pouvaient également, elles devaient donc se hâter de rejoindre l'autre capitaine et l'ancien. Pour autant, la cendrée n'avait pas donné son accord concernant la nef, absolument rien, elle avait planqué ça dans un coin de sa tête et y songeait, prête à en discuter avec ses collègues dès qu'ils seraient réunis. Elle avait également éludé sa propre blessure, rabattant autant que possible le tissu pour dissimuler cette dernière. La priorité restait Dante. Ou Ace, elle ne savait plus trop comment le nommer désormais. Elles marchèrent un long moment en silence, le son de leur pas n'était ponctué que par les bruits de la nature les entourant. La chimère se trouvait à droite du capitaine pour ne pas martyriser davantage son flanc blessé. Avisant le jeune homme toujours inconscient, elle posa la question qui lui brûlait les lèvres. Plus que l'identité de la brune, c'était l'origine de leur lien qui l'intriguait.

"Comment le connais-tu ?"

Elle n'eut pas sa réponse immédiatement car une voix se fit entendre non loin devant eux. La louve ne réagit pas violemment, elle avait reconnu l'ancien qui râlait et s'impatientait. Elle lâcha un sifflement sonore qui fit taire immédiatement ce dernier, connaissant le-dit signal, et ils rejoignirent les deux femmes en peu de temps, tout d'abord suspicieux à la vue du trio, puis inquiets en voyant l'état du jeune homme.

"Il est … "

"Non, simplement bien amoché. Il ne faut pas traîné par contre, j'ignore combien de temps il tiendra dans cet état. Il a reprit brièvement conscience à un moment, mais n'a rien dit."

La louve se délesta du jeune homme en le laissant au bras de son subordonné et fit quelques pas en arrière, chancelante. L'obscurité masqua sans peine sa faiblesse passagère, d'autant plus que tout le monde était trop préoccupé par l'état du brun. L'inconnue refusa pourtant de le lâcher pour laisser Johnson prendre le relais et s'accrocha fermement au blessé, même si elle peinait visiblement sous le poids mort qu'il faisait. Ce simple geste intrigua davantage la chimère qui détailla vite fait la brune. Elle n'avait rien d'une combattante, mais dieu sait que les apparences pouvaient souvent s'avérer trompeuses. Elle semblait particulièrement émotive et pourtant malgré ça, elle n'avait pas craint d'affronter la louve même si cette dernière avait alors une posture plus que menaçante. La douleur revint en force d'un seul coup maintenant qu'elle ne fournissait plus le moindre effort, coupant la respiration de la jeune femme durant quelques secondes où elle se plia en deux en serrant les mâchoires pour ne pas crier. Pourquoi seulement maintenant ? L'adrénaline avait dû absorber une partie de son mal durant le trajet, mais désormais, il revenait à la charge, encore plus féroce. Son geste quelque peu dissimulé n'échappa pourtant pas au second capitaine resté en retrait mais lorsqu'il s'approcha d'elle pour s'enquérir de son état, elle l'arrêta en levant la main, le temps de rabattre un pan de sa tunique discrètement sur sa blessure avant de se redresser.

"Simple nausée. Tout va bien. On décampe."

L'ancien militaire acquiesça et laissa passer la jeune femme pour fermer la marche derrière elle. Le petit groupe désormais réunis avançait non sans mal sur les rochers. La brune réitéra sa proposition concernant son navire, Jefferson y fut favorable. La cendrée quant à elle, laissait les rênes aux deux hommes, se concentrant pour oublier sa douleur et avançait efficacement. Elle ne remettait pas en cause leur jugement, toutefois elle ne faisait aucunement confiance à cette femme. En règle générale, elle ne faisait d'ailleurs confiance à personne, mais une civile débarquant près d'un champ de bataille en pleine nuit pour aider un rebelle censé ne pas exister aux yeux de monde, ça avait de quoi surprendre. Et inquiéter. Elle préféra pourtant garder ses soupçons pour elle seule, après tout et elle ne pouvait le nier, son aide leur était bien utile pour le moment.

Le bateau se situait non loin de la crique où eux-même avaient accostés en réalité. Cette partie de la côté regorgeait de petites enclaves de ce genre, certaines aménagées, d'autres laissées sauvages. Leur destination était en réalité un petit port de pêche qui se résumait en un unique ponton de béton proche d'un cabanon passablement décrépi avec la nature comme seule compagnie. Le navire qui était amarré n'égalait pas les bâtiments militaires certes, mais restait tout de même spacieux pour un navire de pêche semblait-il. On y trouvait même une cabine, certaine peu large, mais suffisante pour pouvoir y installer le blessé et le soigner convenablement. Lorsque la chimère grimpa à bord, elle ne put s'empêcher d'éprouver un certain malaise. Elle allait encore devoir naviguer, cela lui déplaisait au plus haut point.

Si elle avait eu dans l'idée de laisser la jeune fille en arrière lorsqu'ils auraient atteins le bateau, elle dû se résoudre à y renoncer lorsque Jefferson lui fit subtilement remarquer qu'aucun d'entre eux n'étaient aptes à s'occuper du capitaine alors qu'elle disait pouvoir le soigner, traiter une partie de ses maux. La chimère n'insista pas, elle n'en avait pas la force. Jetant un coup d'oeil rapide au brun qu'ils s'empressèrent d'allonger sur l'une des deux couchettes que comptait le navire, elle posa ses yeux clairs sur le visage tuméfié du garçon et ce fut une émotion étrange que l'on put apercevoir dans son regard durant un instant. De la tendresse et une certaine forme de compassion. Toutefois lorsque ses yeux dérivèrent et finirent par tomber sur la brune qui l'observait tranquillement, elle détourna le regard. Jefferson s'activait à faire bouger le navire, le second capitaine avait tenu à rester avec la brune lorsqu'elle prodiguerait ses soins au blessé, visiblement enclin à la méfiance lui aussi. La cendrée quant à elle referma bien vite la porte de la cabine et alla se caler à la poupe du navire, s'effondrant contre la rambarde à l'abri des regards. Elle avait mal, elle avait également peur désormais. Peur que leur mission de sauvetage n'ait servit à rien vu l'état préoccupant dans lequel se trouvait le jeune capitaine. Peur qu'il y reste. Pandora ferma les yeux, épuisée et se roula en boule dans son manteau, ignorant la douleur qui irradiait son flanc droit. Elle voulait juste fermer les yeux quelques secondes, se reposer, mais son inconscient ne lui en laissa pas l'opportunité, turbinant sur l'identité dévoilée du capitaine Ace. Pourquoi avait-elle toujours à faire à des menteurs ? Lui avait-il seulement dit une seule parole honnête depuis tout ce temps ? Elle n'en était même plus sûre. Démoralisée et à bout de force, la jeune chimère voulait pleurer, ce qu'elle ne s'autorisa pas pour autant. Des bruits de pas résonnaient sur le pont, elle releva la tête, le visage fermé et sortit son arme de sa ceinture, prétextant la nettoyer alors qu'une personne s'approchait d'elle.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 12:03

Jusqu'alors muette et froide comme le marbre, Wolf prit enfin sa décision et invitait la brunette, nettement moins conditionnée physiquement, à l'aider. Quel soulagement la frappa instantanément en l'entendant parler pour la première fois.  Comme une enfant affolée d'être suscitée elle s'empressait d'imiter les gestes de la cendrée. Elle ne la connaissait pas mais déjà un profond respect naquit en la brune. Cette femme lui inspirait peu confiance par sa singularité physique, mais vu le lien qui l'unissait au capitaine, elle, elle avait la naïveté de penser qu'elles n'étaient pas ennemies.Simple civile après tout, c'était l'innocence qui marquait chez elle. Ses grands marron châtaigne croisaient ceux émeraudes de Wolf. Elle trouva la jeune femme d'une beauté glaciale, elle l'a trouvait intimidante aussi.

Les deux jeunes filles s’attelèrent du garçon et entreprirent une marche dont la destination échappait à la brune. Leurs pas hâtifs les menaient rapidement à destination. Trop raidement car notre frangine n'eut pas le temps de répondre à la question qu'on lui posait. Une question qu'elle sentit comme un reproche, alors ses yeux encore humides se perdirent sur le sol, peinant au passage pour lever le pieds droit face à un obstacle anodin. Sur le coup elle ne sut quoi répondre. Devait-elle confirmer son lien avec le capitaine ou bien en inventer un autre. Elle avait peur que selon l'importance elle fut une faiblesse pour son frère. Elle avait fait une erreur en venant ici et à aucun moment elle avait songé à l'idée qu'elle devrait rendre des comptes. Alors crédulement elle voulut vite que son frère se réveil pour décider de sa réponse. Mais c'était loupé. Au lieu de ça c'est une voix grave et roque qui s'élevait, surprenant d'un sursaut la brunette.

La question s'envolait dans l'air et le petit groupe fut de nouveau réuni. Gin risquait d'être choqué d'apprendre que ces trois personnes avaient bravé les dangers pour le secourir. Ça l'ébranlerait et il ne comprendrait pas, tout comme a présence de sa sœur. Cette dernière se fit oublier momentanément et on la laissait accompagner le capitaine. Ignorée tout simplement, le trio avait d'autres chats à fouetter sur le moment. Alors la brunette s'accordait un instant pour observer le visage de ce frère disparu. Si ses parents ne croyaient pas aux rumeurs, elle si. Elle fut horrifiée en voyant l'état dans lequel il se trouvait. Elle trouva la sauvagerie de l'armée terrifiante. De ses longs doigts fins et parfaitement entretenus, elle décollait avec timidité des mèches collées par l'hémoglobine sur le front crasseux du brun. Nul doute qu'on lui avait fait mordre la poussière. Elle ne comprenait pas la position de son frère et encore moins ses agissements car elle en ignorait tout. Elle suivait simplement les ouïes dires. Après quelques secondes d'affection fraternel, la jeune femme brune déportait son regard sur son pendant.

Elle vit le petit manège de Wolf, une jeune femme dure qui ne montrait aucune faiblesse. L'empathie la fit froncer les sourcils en voyant l'argentée mettre de côté sa santé. Ses yeux marrons rivés sur l'argentée. Puis quand elle détourna les yeux elle croisait Jefferson. Elle l'a longuement défiguré avant de le reconnaître. A l'époque son visage était moins ridé. Si elle se souvenait, son cœur fit en bond en imaginant que lui aussi. Une personne qu'elle savait digne de confiance. Jefferson connaissait la famille de notre ami pour l'avoir autrefois protégée. Il savait parfaitement que l'idée déplairait à Gin, mais il fallait embarquer la brunette à bord. Celle-ci délaissait son fiancé pour un temps qu'elle ignorait. La famille comptait pour elle et le petit mot qu'elle avait délaissé devrait rassurer son amour.

Amarré à la lisière d'un bois, le bateau promis se tenait sagement  près du pont. Sans plus attendre, l'équipe abordait pour vite déguerpir en toute discrétion. Ils longeraient les falaises à l’abri des regards pour passer incognito. La suite serait étudiée après.
Gin fut installé sur un des lits de camp, la jeune femme se mit à pleurer de plus bel et à chaude larme en constatant le corps glacé de son frère. Elle pensait qu'il n'avait pas survécu et qu'à présent il était mort. Jefferson qui se trouvait à côté fut gêné et s’efforça de la réconforter en lui faisant tâter le pouls du jeune homme. C'était...effrayant. Jefferson lui annonçait que le garçon était mort depuis bien des lustres, histoire de rendre les choses encore plus bizarre. Ils s’interrogèrent tous les deux sans avoir la moindre explication. Alors la brunette se mit en mouvement et démarrait les premiers secours tandis que Jefferson lui parlait.
« Scarlette Wayne, du Manoir Wayne.
-Je ne vous ai pas non plus oublié Thomas Jefferson.
-Je sais que cela fait des années, mais il ne sera pas ravi, après vos soins je vous ramènerai.
-Cela me convient. Ne lui dites pas que …
-Je ne pourrais ignorer votre implication surtout si cela vous met en danger par la suite. »

Le jeune femme fit une grimace, sachant pertinemment quel serait le désagréable comportement de son frère. Alors comme toujours, Scarlette se terrait dans le silence et ne posa pas plus de questions sur son frère aîné. Elle avait peur de savoir et ne voulait abuser de la patience de ses hôtes. Ainsi Jefferson quittait la cabine après cinq minutes.

A l'avant du bateau se trouvait Wolf, au moment ou l'homme s'approchait la jeune femme sortit son arme et se attela à le nettoyer. Le vétéran comprit qu'il s'agissait une ruse pour feintait une occupation. Pourquoi ? Il avait un avis là dessus. Il alla retrouver Johnson qui se trouvait plus près. Les deux hommes échangèrent, Johnson voulait être accosté avant de ne s'enfoncer plus loin dans Drachma. Ils se mirent d'accord sur certains points avant que Jefferson ne remercie profondément le Capitaine pour son aide précieuse. « McDougal croyait en lui, je croyais en McDougal. N'est-ce pas ce qui nous amène tous ici ? » Jefferson acquiesçait, sa main venant empoigner l'épaule de son supérieure dans une profonde reconnaissance silencieuse. Alors le capitaine renvoyait amicalement l 'homme en lui adressant des dernières paroles bien plus basses cette fois-ci. « Bien que j'ignore ce qui amène Wolf. Ace sait ce qu'il fait et si tel est son souhait de la garder alors il va falloir qu'elle revoit ses priorités. » Johnson montrait l'un de ses flancs et Jefferson comprit sans mal qu'il insinuait que Wolf était blessée.

Sa chevelure argentée renvoyait le reflet de l'astre nocturne en un scintillement des plus incroyables. Elle lui rappelait une femme Isvhvala dont la chevelure de coutume était aussi incroyable. Il s'approcha, cherchant ses mots pour ne pas borner la jeune femme. Il prit place sur la rambarde à la droite de Wolf. Les bras croisés il scrutait l'horizon. « Quand elle en aura fini avec Ace, ce sera ton tour. En attendant arrêtes de jouer les intouchables. La règle numéro 1 est de ne pas jouer au héros dans notre « métier ». » Ca sonnait comme un reproche bien que la tendresse parcourait le visage de l'ancien. « Tu as été incroyable tout à l'heure. Aucun de nous n'aurait pu réaliser tes exploits. Je sais qu'on avait l'avantage de la surprise et de leur peur mais tu n'as pas hésité. » Il marquait un temps d'arrêt pendant lequel il songeait à la suite. « J'ai une dette envers toi. » Il lui jetait un regard pour s’enquérir de l'état de sa blessure mais il trouvait aussi une certaine morosité sur son joli visage. « Que ce passe t-il Wolf ? «  ca ne lui ressemblait pas d'être ainsi vêtue de sombre. Jefferson attendit patiemment une réaction de la peur de l'argentée.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 12:46

Soulagée, la cendrée constata que l'individu qui approchait ne se dirigeait non pas vers elle, mais vers le capitaine d'Amestris, posté non loin mais néanmoins hors de sa vue. Mais maintenant qu'elle avait commençait son œuvre pour donner le change, elle ne s'arrêta pas en si bon chemin et ignorant son flanc douloureux, elle se mit à essuyer soigneusement la lame qui miroitait sans peine sous l'astre lunaire, faisant preuve de patience, ainsi que d'une certaine douceur, comme si elle était en train de caresser un animal craintif. Et pour cause, son arme, comme certains autres de ses biens, lui venait de son père, voilà pourquoi elle ne l'a délaissait sous aucun prétexte et prenait un soin tout particulier à bien l'entretenir.De longues minutes passèrent en silence où elle entendait les deux hommes deviser sans pour autant tenir compte de leurs discussions, cela ne l'intéressait pas. Ou ne l'intéressait plus. Elle ne cessait de revoir le visage du jeune capitaine, couvert de sang et passablement abîmé auquel se superposait sans mal celui du jeune homme moqueur et provoquant qu'elle avait croisé dans les ruines de Xerxes. L'appréhension lui serait la gorge, elle n'avait plus qu'une envie maintenant qu'il se trouvait à bord, c'était de le réveiller à coup de poing s'il fallait, et de lui soutirer des explications valables. Mais jamais elle n'oserait, craignant trop de l'achever définitivement, et après tout, l'explication, elle la connaissait parfaitement. Il s'était foutu d'elle sur toute la ligne, point final. Ce qui poignardait la poitrine de la jeune femme, c'était qu'elle l'avait cru, elle s'était raccrochée quelque part à ses propos, et désormais, elle le regrettait amèrement. C'est pourquoi elle se murait dans le silence, solitaire, et ne daignait pas rejoindre ses comparses. Fini les palabres, elle partirait dès qu'elle le pourrait, dès qu'ils auraient accoster à nouveau, et ne reviendrait pas avant un bon moment. La louve abandonna sur le pont le morceau de tissu imbibé de sang dont elle s'était servit pour lustrer sa lame et délicatement, elle promena ses longs doigts fins sur cette dernière. Le métal froid lui rappela le bref – mais intense – contact qu'elle avait eu avec Dante, aussi elle stoppa son geste, soudain énervée de cette comparaison. A croire qu'elle ne parviendrait pas à se le sortir de la tête.

Plongée dans ses réflexions peu agréables, elle ne vit pas l'ancien approcher, et ce ne fut que lorsqu'il s'installa proche d'elle sur la rambarde qu'elle daigna enfin lever brièvement les yeux vers lui. Lui aussi semblait fatigué, et pour cause, la journée précédente avait été rude, celle à venir lui paraissait bien pire encore. Après avoir croisé le regard tranquille de cet homme elle détourna la tête et détacha lentement la sangle de son fourreau pour ramener ce dernier sur ces genoux, avec des gestes lents et précis pour limiter ses mouvements et ne pas se trahir. Toutefois elle comprit bien vite lorsqu'il se décida enfin à prendre la parole que cela ne servait à rien, il savait pertinemment qu'elle n'était guère en forme, et le lui fit remarquer plutôt sèchement d'une manière qui agaça la demoiselle. Cette dernière ne put d'ailleurs s'empêcher de balancer en  marmonnant une réplique acide, qui pourtant n'était pas destinée à Jefferson au fond.

"Va dire ça à ton chef … Il est pire que moi dans ce domaine. "

La jeune femme lui lança un regard énervé pour appuyer ses paroles toutefois son masque glacial fondit rapidement en croisant le visage de l'ex militaire. Ce dernier l'observait avec bienveillance malgré ses précédentes paroles. Se sentant légèrement coupable de la manière dont elle venait de lui parler, la cendrée détourna bien vite les yeux et rangea son arme dans l'écrin qui lui été destinée, écoutant l'ancien reprendre sans même tenir compte de son intervention, semblant avoir comprit que c'était les nerfs de la chimère qui avait parlé et non sa raison.Les louanges qu'elle entendit ne parvinrent pas à apaiser sa morosité, même son égo ne s'en retrouva pas grandit et pour cause. Loin d'être fière de son acte, elle se sentait coupable. Et terriblement mal avec ce qu'elle venait d'apprendre. Aucun compliment, fut-il exceptionnel, ne parviendrait à la tirer de sa morosité. Toutefois, elle eut un sursaut de cynisme lorsqu'il lui parla de dette, ne pouvant s'empêcher une fois encore de marmonner pour elle-même.

"Et allez, encore une… J'vais pouvoir ouvrir une banque à ce rythme."

Il ne lui laissa pas le temps de trop marmonner car il se pencha pour observer la jeune femme recroquevillé et finit par apercevoir le visage de la cendrée complètement défait, triste et fatigué. Comme s'il venait de se rendre compte de son état, il l'interrogea soudain cessant ainsi de parler presque seul. Pandora se mordit la lèvre et détourna la tête à l'opposé de son interlocuteur, elle refusait qu'on la voit dans cet état, et pourtant, elle n'avait nulle part où se réfugier sur ce rafiot, et du peu qu'elle le connaissait, elle le savait têtu, il ne lâcherait probablement pas l'affaire en voyant que la jeune femme se trouvait particulièrement mal. Serrant convulsivement le fourreau de cuir contenant le bien de son père dans ses mains, elle se mit à parler, d'abord lentement avec froideur jusqu'à ce que sa voix ne prenne de l'ampleur au fur et à mesure qu'elle se déchargeait.

"Je le déteste …  J'ai risqué ma vie – nos vies ! - pour le sortir de là, parce que j'estimais et visiblement toi aussi que c'est ce que nous devions faire. On avait quasiment aucune chance d'y arriver, et pourtant on l'a fait. Tout ça pour quoi ? "

Elle enrageait, la colère prenait le dessus sur la déception et sans réfléchir elle agrémenta ses paroles de mouvements de ses bras plutôt violents.

"Pour découvrir qu'il se fout de ma gueule depuis le début ! Qu'il n'a jamais fait autre chose que mentir, cacher, dissimuler ! Pas une seule fois il n'a été honnête !"

La louve s'arrêta d'un seul coup et se recroquevilla sur elle-même en gémissant, ses mouvements trop amples avaient violemment réveillés la douleur de son flanc qui s'engourdissait peu à peu. La tête entre les genoux, son arme en travers de son giron elle se tenait les flancs, se balançant d'avant en arrière en retenant sa douleur. La guerrière intrépide avait totalement disparu, on aurait dit une enfant qui venait de tomber par terre et de se faire mal. Elle continua quelque secondes ainsi avant de ne relever légèrement la tête pour poser son menton sur ses genoux repliés, fixant le pont du bateau d'un air épuisé.  Jefferson n'avait toujours rien dit, elle reprit d'une voix brisée.

"Dit moi que j'ai tort. Qu'on ne se bat pas pour des songes. Qu'on n'avance pas sur ses mensonges. Défend le, protège le. C'est ton rôle, non ?"

La jeune fille était affaiblie et fatiguée, elle ne bougeait plus, attendant simplement que le temps passe, qu'il lui réponde, ou pas d'ailleurs, elle s'en fichait. S'exprimer lui avait permit d'extérioriser sa colère, même si ce n'était pas sur la bonne personne, et si pourtant elle ne se sentait pas vraiment apaisée pour autant, elle avait tout de même cessée de réfléchir et se contentait de laisser le vent frais l'engourdir, la tête désormais vide. Son ouïe l'avertit de mouvements prononcés venant de la cabine, pourtant elle ne bougea pas. Elle savait que son tour allait venir, le plus tard serait le mieux pourtant, alors elle patientait sagement, en silence. Et puis, elle ne voulait pas le voir, pas maintenant.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 14:09

Le cynisme de Wolf rappelait celui du capitaine profondément endormi. Jefferson avait l'habitude des grincheux en étant un lui-même. Alors la susceptibilité ne le connaissait pas et ne fut donc pas blessé par le manque d'enthousiasme de l'argentée. Quelque chose semblait la ronger et vu les répliques pointues qu'elle rétorquait , nul doute que ça concernait la situation. Mais quel trait de celle-ci ? Jefferson voulait le découvrir, crever l’abcès avant de parler de la suite des événements. Son visage empli de chaleurs, Jefferson jouait à présent le rôle de tampon. Il vit en Wolf la jeune femme fragile que Gin avait froissé quelques semaines plutôt au beau milieu d'une nuit. La tendresse d'un enfant qu'il avait jadis perdu en temps de crise plus avancée. C'était encore la crise mais elle était amoindrie. Il voulut mettre sa main sur l'épaule de la jeune femme pour la réconforter mais elle n'en eut pas besoin. Après un court silence chargé en émotion, la demoiselle se libérait en parole.
Dés les premiers mots le visage de l'ancien prit cet air grave, intrigué, gêné. Allons bon, il craignait déjà la suite de ses paroles. L'espoir animait notre ancien par expérience. Wolf n'avait pas le droit de le briser avec ses doutes. La colère emboîtait le pas à la pression passée. A présent, Wolf mesurait l'ampleur de la situation et de ce qu'ils venaient tous les trois d'encourir. Seulement, une colère ardente rendait Wolf et ses paroles acerbes l'espace d'un instant. Le vieux n'y comprenait rien cependant il comprit une chose. Une chose importante d'après lui ; elle était en colère après Ace. Lui seul devait être témoin de ces plaintes, pas son suivant. Dans un profond soupire las et morose, Jefferson observait le visage de la soldate.
Elle lui rappelait une enfant, une adolescente meurtrie par la dureté de la vie. Alors quand elle eut terminé, l'homme marqua le silence de quelques secondes et lui répondit.

« Ace est un gamin a qui on a tous déléguer nos fardeaux. Tu ne peux pas lui en vouloir de tirer les ficelles dans l'ombre. Tu crois que les masques ne sont que du flans ? Wolf, j’ignore ce qui s'est passé entre vous mais saches qu'il est de ton côté comme je suis du tiens. »
La jeune femme s'offusquait, riant presque au nez de Jefferson dont les paroles étaient emplie de sincérité. Alors il posa enfin cette main sur l'épaule de la jeune femme. « Tu fais à présent partis de ce cercle restreint qui connaît l'identité de nos capitaines. Tu ne peux pas douter, pas déjà. Ace ne mourra pas et c'est aussi certain que cet enfoiré de Bradley crèvera. » Une certitude, plus même, une conviction. « Tu dis que mon devoir est de le protéger ? N'as tu pas accepter cette besogne en venant à la réunion ? Peu importe ce qui t'y a emmené tu avais le choix de suivre probablement une autre voix. » Un nouveau soupire et il  s'aventura sur un terrain inconnu mais qu'il fleurait « Je pense que tu ne devrais pas tisser un quelconque lien avec lui. Son nom parle de lui-même. » "Ace" "Ice", c'était juste une question de prononciation mais ça restait la même chose. Il baissa le nez, songeur, sa mise en garde tenait à briser tout sentiment qui pourrait être un brin amical envers Ace. Vu l'état d'esprit du garçon, c'était comme chérir une porte de prison.

De son côté, Gin restait inconscient, tapis dans les profondeurs de ses songes. Sa peau se réchauffait et tendait presque à atteindre une chaleur correcte si les lieux avaient été dans un climat positif... Ca restait peu mais de bon signe pour la brunette. Seulement, elle était loin d'imaginer qu'en réalité la fièvre plongeait d'avantage l'esprit perturbé dans le coma. La fièvre n'était pas mortelle mais tout de même problématique. La jeune femme parvenait à extraire les morceaux de métaux intrus dans ses plaies. Médecin, de profession, elle n'était pas tant surmontée par sa tâche. Quoi qu'un peu tremblante, elle faisait son travail avec soin. Elle ajoutait au palmarès de cicatrices deux nouvelles. Pendant ce temps l'esprit de notre ami vagabondait à travers les brides de souvenirs de cet épisode au tumulte d'autres scènes bien moins agréables. Une descente aux enfers pour l'Alchimiste.
Scarlette ne vit pas les heures défilées à sa tâche et ne savait pas non plus quels plans avait été décidé. Alors quand on débarqua les deux hommes elle fut surprise et quelque peu inquiète.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 15:06

Il lui parlait, la voix calme, sereine, comme si les précédentes paroles enflammées de la jeune femme l'avaient à peine effleurées. La jeune femme eut un rire amer lorsqu'il prit effectivement la défense de son supérieur comme elle s'y attendait, comme elle le lui avait demandé au final. Un gamin lui ? Un imbécile oui ! Toutefois elle garda le silence, ne tressaillant même pas lorsque la main calleuse de l'ancien se posa sur son épaule dans un geste de réconfort. Pour le moment, butée comme elle l'était, rien ne parviendrait à la réconforter ne serait-ce qu'un peu. La suite de la discussion provoqua de nouveau un accès de colère chez la demoiselle qui réagit en serrant ses poings contre ses flancs, gémissant imperceptiblement face à la douleur ainsi provoquée, puis elle se redressa et appuya son dos contre la rambarde, les yeux fixant toujours un point qu'elle seule semblait voir. Oh oui Bradley allait mourir, c'est elle qui s'en chargerait d'ailleurs, et avec un immense plaisir même s'il s'agissait de la dernière chose qu'elle ferait avant de mourir. Mais une fois de plus, la chimère ne dit rien, garda un silence de plomb. Du mouvement à nouveau, une certaine agitation dans le petite habitacle clos, la cendrée tendit l'oreille, guettant une mauvaise nouvelle, mais rien ne vint et elle s'en sentit légèrement soulagée. Se décidant enfin à rompre le silence, elle finit par reprendre la parole, ayant délaissé son ton glacial, elle parlait simplement, la fatigue perçait sans mal dans la voix de la jeune femme.

"Le protéger ? Détrompes toi, ce n'est pas pour ça que j'assistais à la réunion. Il m'y a invité pour ne raison plus personnelle on va dire. Mais peu importe. Mon intérêt est donc purement égoïste, rien à voir avec ta loyauté en somme. "

Et pourtant la louva avait beau dire, ces précédents actes contredisaient totalement ce qu'elle venait d'avancer. Il ne rétorqua pas, laissant la demoiselle croire à ses chimères, et continua sur sa lancée tout en s'attaquant toutefois à un chemin dangereux. A ses mots, la jeune femme éclata de rire, pas vraiment synonyme de bonne humeur toutefois. Ce dernier fut bref après quoi elle tourna légèrement la tête pour observer Jefferson et son visage placide, tranquille, pour lui lancer un regard perçant.

"Tu peux te rassurer, je n'ai jamais apprécié les menteurs."

Et ça justement, c'était un mensonge, et pas des moindres. Malgré toutes ces piques, toutes ces belles paroles, malgré la colère sourde qu'elle éprouvait envers le jeune capitaine, elle était tout de même inquiète pour lui, le dissimulant sous des répliques acerbes à son encontre et prenait soin d'afficher une froideur exemplaire à son égard. Mais pourtant ce n'était ni de la haine, ni de l'indifférence qu'elle ressentait pour le brun, quoi qu'elle ait pu en dire. La jeune femme détourna les yeux et observa la lune quelques secondes, son regard se perdant sur cette dernière comme si elle y cherchait une réponse quelconque avant de lâcher d'une voix faible.

"Et puis le coeur de glace, ça me connait ..."

La discussion se termina ainsi, Johnson les rejoignaient, l'ancien n'eut guère le temps de rétorquer, ce qui arrangeait bien la demoiselle. Face au capitaine, elle fit l'effort de se relever et replaça son arme convenablement, fermant avec soin la boucle de son harnais avant de croiser les bras comme de rien n'était. La douleur n'était plus aussi lancinante, toutefois elle sentait la partie droite de son corps s'engourdir de plus en plus, le vent glacial n'aidant en rien la louve. Le gradé haussa les sourcils, visiblement mécontent de la voir agir ainsi mais garde le silence et leur fit signe de s'approcher avant de prendre la parole.

"On ne peut pas continuer à naviguer ainsi à l'aveuglette. Ace a besoin de davantage de soins et d'une structure approprié d'après la jeune femme, sinon il risque des complications sévères. Toi aussi d'ailleurs" – ajouta-t-il en désignant la cendrée qui balaya sa réflexion d'un geste agacé de la main.

"Moi je tiens encore debout, on verra ça plus tard, continue. "

Visiblement énervé par le comportement de la jeune femme, il se tourna vers elle le visage grave avant de reprendre à son intention cette fois-ci.

"Cesse de jouer les héroïnes, ce n'est plus utile. Nous t'avons vu à l'oeuvre, on sait que tu es n'es pas une fillette, mais arrête un peu maintenant. Toi comme lui vous avez besoin de soins, ce n'est pas discutable."
Elle s'apprêtait à protester lorsqu'il lui coupa sèchement la parole, prenant ainsi enfin le rôle d'un supérieur. -" Ca suffit ! Il y a plus urgent."

La demoiselle se renfrogna, son visage qui jusqu'ici laissait encore filtrer quelques émotions se ferma hermétiquement, affichant désormais un masque froid et insensible. Elle écoutait, mais ne commenterait pas. Et après, elle aviserait. Le dirigeant reprit plus posément.

"On va rejoindre le QG. Jefferson, toi qui connais bien l'endroit à l'évidence, trouve nous une plage, un endroit le plus proche du centre où l'on pourra débarquer Ace et l'amener rapidement dans les bâtiments. Wolf et moi le ramènerons à travers la montagne, toi tu seras chargé de reconduire la jeune femme en sécurité près d'une ville. D'ailleurs, l'un d'entre vous sait-il de qui il s'agit ?"

"C'est … une ancienne amie du capitaine."

La louve haussa un sourcil face à l'ancien qui semblait tout à fait sûr de lui. Une ancienne amie très proche alors pour réagir ainsi. Quoi qu'il en soit, la réponse sembla satisfaire le chef qui reprit aussitôt.

"Parfait, tu l'escortera donc dans une ville, un port, que sais-je encore, puis tu reviendras par la voie terrestre. On ne peut pas se permettre de l'embarquer avec nous, c'est trop risquée, tant pour elle que pour la sécurité de l'Agence. "

Jefferson acquiesça mais la jeune femme prit les devants.

"Je raccompagnerai la fille. Jefferson ira au QG avec toi."

"Tu es blessée Wolf, il te faut des s-"

"Elle me soignera en route. Il sera plus efficace que moi pour t'aider à le transporter."

"…. Comme tu veux. Pas d'imbécillités cependant, tiens le toi pour dit. "


La jeune femme soupira et se détourna. Les plans étant désormais établis, elle n'avait plus grand-chose à faire en leur compagnie. Appuyant ses avant-bras contre la rambarde proche, elle observait les remous de l'océan que le navire laissait dans son sillage. Il lui parvint aux oreilles que la jeune femme serait informée au dernier moment de leur plan. Elle-même avait besoin de repos. Ne tenant aucunement compte de ses comparses, elle s'assit contre le mât et rabattit son manteau sur sa tête pour s'emmitoufler dedans avant de ne trouver rapidement le sommeil. Ce dernier était noir, vide, elle ne vit guère le temps passer.

La cendrée rouvrit les yeux alors que le jour semblait se coucher. Elle avait dormit presque toute la journée. Un rapide coup d'oeil sur les lieux lui indiqua que la situation n'avait pas vraiment évoluée. Jefferson se trouvait à la barre, à moitié vautré sur cette dernière, Johnson faisait les cent pas sur le pont, le front barré par un pli soucieux, il semblait réfléchir intensément. Elle tenta de bouger pour se redresser et lâcha un gémissement plaintif lorsque son flanc droit refusa de lui obéir, complètement engourdi désormais. Doucement, avec lenteur et d'infinis précautions, elle parvint pourtant à se soulever et décala délicatement le pan de son manteau pour observer sa blessure en tirant un peu le tissu imbibé de sang vers le bas. Salle mine. La plaie était rouge, gonflée et presque bouillante, même si le sang avait coagulé au dessus. Une infection se propageait visiblement rapidement sur le côté droit de la chimère. Toutefois, elle préféra taire ce fait et masqua rapidement la plaie lorsque Johnson s'approcha d'elle, remarquant enfin qu'elle était réveillée.

"J'ai discuté avec Jefferson, nous ne sommes plus très loin. Tu devrais la prévenir."

"Moi ? Super …"

La jeune effrontée fit mine de se lever et du s'y reprendre à deux fois pour ne pas hurler de douleur lorsque son corps se délia, sous le regard visiblement mécontent de l'amestrien. Elle l'ignora purement et simplement, fit quelques pas prudent avant de ne descendre les marches vers la cabine. Aucun bruit ne provenait plus de cette dernière. Pandora poussa doucement la porte et trouva la brune endormie sur le matelas à quelques centimètres de Dante. La louve envisagea de s'approcher pour la réveiller doucement mais un regard vers le blessé l'en dissuada aussi elle se contenta de la héler depuis sa position, lui faisant signe de sortir et repartit l'attendre à l'extérieur. Une fois en face, elle l'observa quelques secondes, elle avait l'air épuisé, comme tous les membres à bord. Il prit finalement la parole, tenta d'insuffler une certaine douceur dans ses propos même si elle s'en sentait profondément incapable.

"On va accoster dans peu de temps. Il va partir avec les deux hommes. Quant à moi, je te ramène dans un endroit sûr, tu récupéreras ainsi ton bateau. Il ira bien, ne t'inquiète pas."

La jeune femme laissa la brune encaisser la nouvelle et s'éloigna, prête à aider Jefferson à faire accoster le navire dans l'endroit qu'il venait de repérer.
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Kyle E. Wayne
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 16:28

Des rêves emboîtés les uns entres les autres pour former une succession d'épisode bouleversant et incompréhensible. Des séquences anachroniques s'entremêlant à l'illusion d'une vérité dissimulée. Sa main droite saisissait le vide face à lui. Il se savait endormi, comme ces rêves que vous pensez maîtriser. Sa conscience s'évadait dans une sorte de quête interne. Faut dire qu'il n'avait pas qu'une araignée là haut.. Et pendant ce temps la sœur cadette refermait sa première blessure après les avoir toutes désinfectées. Une chance qu'il fut son frère sinon une gêne incontrôlable l'aurait saisi. D'ordinaire pudique dans tout ce qu'elle représentait.
Les voix dehors commençaient à monter en tension, elle pouvait en saisir le sens du fait de leur distance et ampleur. Alors elle se pencha au dessus de ce frère égoïste et lui fit part de la chance qu'il avait d'avoir des amis ainsi dévoués. Elle scrutait son visage quelque peu déformé par les bleus. Elle l'avait toujours connu ainsi. A ses yeux son frère était un démon qui cherchait à devenir un ange. Grande rêveuse, elle avait une approche différente du monde.

Les heures défilèrent et lorsque la brune eut terminé ses bandages elle s'assoupit au chevet de son aîné. Elle avait mérité ce repos.
Le ciel s'était assombri laissant place à la lune et son manteau d'étoile. La fièvre avait quasiment chuté, ce qui ne rassurait donc pas la brune lorsqu'elle fut éveillée par Wolf. Elle notait une fois encore la retenue de son égale qui ne portait plus la moindre attention à son frère depuis qu'elle l'avait surprise dans le bois. Était-elle gênée par la présence de la brune ? Cette dernière espérait pourtant que l'amitié ait lié ces deux là. Elle reprit ses esprits et se leva difficilement, éreintée par l’effort de concentration fourni. Sa tâche achevée à présent le réveil de Gin n'était plus de son ressort. Le garçon devait quitter ses songes ténébreux avant de s'enfermer dans l'abysse du coma.

Scarlette sortit de la cabane comme le lui demanda et elle fut enfin avertie de la suite des événements. Cependant elle fut en total désaccord avec le fait de transporter le blessé dés l'instant. C'était prématuré et l'état de Gin était instable et plus imprévisible qu'elle ne pensait. Il y avait trop d'irrégularité étranges et surhumaines qui l'intriguait et l'empêchait de diagnostiquer. Ce que tous pensaient être le début d'une lutte interne entièrement contrôlée par Gin pour sa survie en était autre.
« Vous ne pouvez pas le transporter ainsi ! Il ne supporterait pas le voyage, son était bien trop critique. »

Et alors un nouveau débat débutait. Une polémique qui ne laissait pas d'autres options pourtant. On la laissait dans son coin alors qu'ils parlaient déjà entre eux. Elle se renfrognait, blessée. Elle était frustrée par le manque d’impact qu'avaient ses mots face à ces mercenaires. Elle se ravisait petit à petit, s'éteignant doucement dans le silence et la peine. Alors  elle voulut retourner au chaud dans la cabine, dire au revoir à son patient. Elle étouffait un cri qu'elle ne put totalement réprimer lorsqu'elle ouvrit la porte. Surprise de voir son frère assit, ou plutôt courbé. « Putain... Jefferson, quelle heure il est ? Faut que...
-Tu... Tu ne devrais pas être... »

La jeune fille était horrifiée. Sentant le trouble à l'étage en dessous Jefferson jeta un regard absent à Wolf, coupant celle-ci. Son regard déviait et son attention avec et s'engagea à vite rejoindre la brune. C'est une série de juron qu'il déblatérait en voyant son protégé réveillé au moment le plus inopportun. Pourquoi maintenant se demandait-il. Alors il se précipitait au chevet du garçon en refermant la porte pour garder la chaleurs. Scarlette fut enfermée l'espace de quelques secondes avant de ne se reprendre. Membre du corps médical, elle était perturbée par la résistance de son frère. Elle avait du mal à le croire simple humain. C'était déroutant pour elle. Quant à Jefferson, il était nettement plus rationnel étant donné qu'il avait ramassé le garçon de nombreuses fois à la petite cuillère. D'où les premières paroles de Gin. Et alors qu'on se précipitait dans cet espace fermé que représentait la chambre du malade, ce dernier était figé. Persuadé d'avoir entendu la voix de sa sœur précédemment. Pour la première fois il offrit une vision d'ensemble de son regard inanimé à l'assemblée. Jefferson qui n'avait jamais soupçonné la cécité du garçon se morfondait alors.
« Ace... tes yeux...que t'ont-ils fait... ? » Le jeune homme semblait désorienté, encore comateux, délirant. « Quoi... ? » Il passa sa main sur ses yeux, son crâne lui parut chaud pour la première fois il se crut dans un autre rêve. Un de ceux emboîtés dans lesquels ils sombraient depuis des heures. Seulement la douleur lui faisait gagner progressivement en lucidité. Il crut comprendre parmis ce trouble que Jefferson découvrait pour la première fois son petit secret. D'ailleurs persuadé que c'était récent. C'était plutôt pratique. Une justification en moins. Alors le garçon voulut se redresser d'avantage et Jefferson réprimander la brune.
« Tu ne devrais pas bouger, laisses-nous t'aider. Disait-il sans pour autant oser approcher, comme figé par un torrent d'émotion.
-C'est qui nous ?! demandait Gin avec une colère rageuse dans la voix. Agressif en tout point. Qu'est-ce que vous avez fait ?! Il haletait, serrant ses poings au risque d'y enfoncer ses ongles dans sa paume. Ses côtes brisées l'empêchaient de respirer et la colère lui pompait pas mal d'énergie l'air de rien. Une vraie boule de nerf. Tout Drachma nous a dans le collimateur... » Il ignorait leur position et craignait pourtant qu'un nouveau guet-apens ne les surprenne.

Il voulut vainement se relever dans un élan de fierté. Jefferson empoignait l'épaule du garçon le forçant à ne pas bouger. Ce qui attirait un grognement de douleur à l'ancien. Gin ne comptait pas s'avouer vaincu, frustré d'avoir était ainsi humilié.« Qu'est-ce que tu racontes ?! Tu croyais qu'on allait laisser un second pilier s’effondrer. On a fait ce que nous avions à faire, nous sommes une équipe et si t'as du mal avec ça il va falloir revoir la définition de notre organisation ! » Face à de telle paroles autoritaire, Gin se retrouvait désarmé, embrumé.Pourtant son esprit malsain le torturait à répondre « Je vous aurais mis une balle dans la tête si vous n'aviez pas été à la hauteur ! » Jefferson agrippait cette fois-ci le bras du garçon à défaut d'un habit. L'air menaçant il dit au garçon d'une voix peu commune de sa part « Sauf que cette fois la barre était bien trop haute... » une mise en garde pour le garçon imbu de sa personne dont la faiblesse le répugnait. « N'importe qui présent pourrait te dire combien tu étais brillant !! » Ca devenait un peu trop pesant pour le garçon alors il haussait le ton, autoritaire « La ferme ! Je ne...veux pas briller!» Décidé à ne pas vouloir être un héros, Gin s'enfonçait dans son propre dédain. Jefferson semblait sûr de lui, il semblait avoir une idée en tête. En plus de réprimander son supérieur il allait en profiter pour faire passer une pensée. «Tu ne t'accordes donc aucune faiblesse !!   Alors soit ! Lèves-toi!  »
Chacun avait eu son moment pour décompresser, pour chacun, Jefferson avait été là. Alors lorsque ce fut son tour, ce fut tout bonnement explosif. Poussé à bout par la bêtise de son supérieur il tendait même à l'aider.  La chimère repoussait la main tendue. Jefferson voulez le pousser à bout lui aussi. Scarlette retenait des larmes dans son coin, témoins d'un sermons presque paternel à ses yeux. Gin serrait les dents, ne démontrant pas la peine qu'il avait à cet instant. Autant physique que moral. Ne se doutant pas que d'autres personnes assistait à la scène, Gin fit ce qu'on lui ordonnait avec colère. Il repoussait ses draps avec une haine aveugle autant dans ses gestes que dans son cœur. Animé par ce tumulte d'émotion en lui, il teint sur ses deux jambes avant de ne tenter de décrocher une droite à son aîné. L'adrénaline prodiguait à cet instant lui permis quelques mouvements faiblards. Une tentative veine qui échouait. Le jeune capitaine avait concentré son poids dans ce coup. Jefferson le repoussait, laissant l'impudent se vautrer dans le décors. Un peu plus un peu moins, ça n'allait pas le tuer.  Jefferson l'enjambait avec cette colère profonde, rabattant les pans de son manteau sur ses jambes. Il ferma la porte et reprit les choses en main, passablement excédé. « Tssss... Fait chier... Est-ce qu'on s'en tient au plan?» Gin n'allait pas tarder à reperdre conscience avec cette altercation. Scarlette défigurait l'homme en colère, interrogatrice. « C'est aussi le seul moyen que j'ai trouvé pour qu'il se rendorme...
-Hé hé... Vous connaissez la bête. »
Sans plus de cérémonie ils débattirent sur un nouveau plan d'action. Jefferson commençait à songer à l'idée de camper dans un hôtel dans une ville proche. L'était de Gin ne le permettrait pas d'aller assez vite. Cet épisode le perturbait, rendant son jugement altéré.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 19:38

A l’évidence, cette option déplaisait très fortement à la brunette qui haussa bien vite le ton en cherchant à faire comprendre à ses interlocuteurs que son patient – ami ? – n’était absolument pas en état de voyager sur une longue distance, bien qu’elle fut censé ignorer où se trouver le QG de l’Agence le plus proche qui malgré tout, et la chimère devait bien le lui reconnaitre, se trouvait à un endroit plutôt éloigné. A la suite de ces quelques mots, une discussion animée débuta de nouveau entre l’ancien et son supérieur, auquel la chimère se garda bien de prendre part et se contenta d’observer les deux hommes aux visages fermés, les bras croisés sur son torse, légèrement en retrait par rapport à ces derniers. Elle remarqua la brune qui lançait des coups d’œil régulier dans sa direction, mais ne tourna pas la tête, elle savait pertinemment ce qu’espérait la jeune femme, un soutien pour ces propos, or la cendrée n’était pas en mesure de la lui fournir, partiellement d’accord sur l’idée de ses deux compagnons, ils devaient foutre le camp de l’océan, et vite. De plus, sa place à elle n’était pas à leurs côtés, eux des mercenaires menacés de morts à chaque minute de leur existence, non, elle devait retourner en ville et reprendre son quotidien, rien de plus. Voyant qu’elle n’obtiendrait aucune aide de la part de la chimère, l’inconnue baissa légèrement la tête, emplie de déception, et se détourna du groupe pour rejoindre l’habitacle dont elle poussa doucement la porte, semblant vouloir y trouver refuge le temps que les choses se calment entre les deux gars.

Toutefois, son cri soudain attira l’attention du petit groupe et tous les mots cessèrent d’un coup. Jefferson se précipita à la suite de la brune et pénétra dans la cabine, obligeant la jeune femme à reculer au fin fond de cette dernière sans délicatesse. Il referma la porte prestement, non sans un juron qui n’échappa pas à la louve, accentuant sa curiosité. Et son inquiétude au passage. Les environs étant calmes, elle et Johnson n’eurent aucun mal, malgré la porte close, à entendre la voix du jeune capitaine s’élever de plus en plus, sonore et visiblement particulièrement énervée. Les mots qu’entendirent la chimère eurent le don de la mettre en colère également, ses poings se serrèrent convulsivement contre ses bras alors qu’elle regardait la rive proche en silence, s’obstinant à ne pas en détourner le regard. Et voilà, ils le sortaient de la merde, il le leur reprochait. Certes, on pouvait mettre sa réaction excessive sur le compte de choc, des blessures, de la fièvre peut-être même, seulement la jeune femme était excédée, épuisée et ne parvenait plus à raisonner de manière logique et réfléchie. Et lorsqu’elle entendit la parole de trop, elle se retourna vivement et s’apprêta à se diriger vers la cabine pour dire ses quatre vérités au garçon lorsqu’une poigne de fer agrippa son bras droit.

"Laisse-les. Tu n’es pas la seule à avoir des comptes à régler ma fille. "

Elle le toisa en silence, le détaillant quelques secondes de ses yeux clairs semblables à deux pierres – ils en avaient toutes la froideur en cet instant – puis retira brutalement son bras de la prise du capitaine, préjugeant ainsi un peu de trop de ses forces car ce simple geste la fit chanceler et se plier en deux une nouvelle fois, la respiration coupée par la douleur. Johnson s’approcha d’elle et fermement l’obligea à s’assoir sur le bastingage. Trop affaiblie, la jeune femme ne lutta pas, cherchant simplement à retenir sa douleur une fois de plus. Le gradé soupira en observant sa jeune blessée avant de reprendre d’un ton passablement las.

"Lui comme toi êtes tellement bornés … Ça risque de vous tuer un jour."

Ca, elle le savait déjà, mais qui ne tente rien n’a rien. La louve ne répondit pas, reprenant peu à peu sa respiration, elle parvint tout de même à relever la tête à temps pour voir Jefferson ressortir de la pièce en compagnie de la brune, le visage de cette dernière s’était décomposé alors que l’ancien affichait pour la première fois depuis que Pandora le connaissait un masque de profonde colère. Toutefois, ni elle ni Johnson ne posèrent de questions, ça ne les regardait pas. Soutenue par le capitaine, elle se releva non sans difficulté et s’approcha du groupe en chancelant légèrement. Lorsqu’elle retrouva son équilibre elle retira prestement le bras qui la soutenait, non sans lancer un regard reconnaissant au propriétaire de ce dernier et concentra son attention sur les deux arrivants. Elle luttait intérieurement, sachant parfaitement qu’à force de jongler avec sa douleur, elle allait finir par perdre, et probablement plus rapidement que prévu si elle continuait sur ce rythme. Dante repartit au pays des songes, de manière plutôt brutale si la jeune femme avait bien compris, le débat sur leur avenir proche reprenait de nouveau. Jefferson finit par balancer l’idée qu’au lieu de rentrer directement au QG, une halte à l’hôtel ne serait pas une mauvaise idée, arguant qu’il connaissait un village non loin, visiblement suffisamment petit et isolé pour que personne ne daigne s’intéresser à la petite escouade. La brune renifla, visiblement la solution ne l’enchantait guère plus, toutefois on ne lui laissa pas le choix. Il fut décidé que le groupe se rendrait dans ce village et y séjournerait le temps qu’il faudrait pour que le jeune capitaine soit en état de voyager davantage.

Jefferson manœuvra le bateau, accostant une plage complètement déserte, il avait pourtant l’air de connaitre parfaitement le coin. Après quoi lui et son supérieur allèrent chercher le blessé et le portèrent pour quitter le navire. Pandora fermait la marche avec la brune, peinant de plus en plus à marcher ce qui n’échappa pas à sa voisine d’ailleurs. Certes dernière arrêta doucement mais fermement la chimère qui pouvait de moins en moins lutter de toutes manières, et décala le long pan de son manteau pour apercevoir la blessure qui, bien qu’en partie dissimulée sous son bandage de fortune, avait encore gonflée depuis la dernière fois qu’elle y avait jeté un coup d’œil. La brune leva un regard inquiet vers le visage de plus en plus pâle de la louve et ne tarda pas à lui dire ce qu’elle redoutait.

"Tu ne peux pas continuer comme ça, tu vas attraper une septicémie à ce rythme ! C’est déjà tellement infecté que je ne comprends pas comm-"

Prestement, la chimère avait posé sa main contre la lèvre de la jeune femme, l’autre main derrière sa tête et s’approcha d’elle en chuchotant presque.

"Pas un mot. Je suis extrêmement sérieuse. Je te promets que j’accepterais tous les soins qu’il faut, seulement une fois qu’on sera arrivé. En attendant, silence. "

Apercevant le regard apeuré de la brune, elle tenta de rendre sa voix plus douce avant de continuer en la relâchant prudemment et en indiquant les trois hommes devant elles.

"Il ne doit pas rester dehors trop longtemps, n’est-ce pas ce que tu nous as dit ? Tant que je peux marcher profitons-en pour aller le mettre à l’abri le plus vite possible, on verra le reste plus tard."

Le regard de la jeune fille passa de la mercenaire au groupe d’hommes plusieurs fois jusqu’à ce qu’elle acquiesce enfin, non sans réticences toutefois. La cendrée se recula un peu, permettant à sa compagne de retrouver sa liberté de mouvement et se détourna pour reprendre la marche et rejoindre le petit cortège qui s’était déjà pas mal éloigné. Vite rejointe par la jeune fille, elle sentit son bras soulevé et s’aperçut sur cette dernière lui offrait l’appui de ses épaules pour avancer un peu mieux. Pandora par réflexe chercha à dégager son bras, toujours réticente à la moindre forme d’aide, mais la lutte était perdue d’avance et elle le savait Puis quelque part cette gamine prête à aider tout le monde l’attendrissait un peu. A croire qu’elle ne savait pas ce qu’était une mauvaise intention. La louve trouvait cela terriblement naïf et généreux à la fois. C’est pourquoi elle se laissa faire et c’est soutenu par la brune qu’elle poursuivit sa route.

Ils mirent une demi-journée entière à parvenir au village malgré les assertions de Jefferson sur la distance réduite qui les séparait de ce dernier. Toutefois convoyer deux blessés dont un grave dans les montagnes était une chose ardue et ralentissait très clairement la progression du groupe. Sur place, pas d’hôtel, une simple auberge, tristement vide à cette période de l’année. L’entrée était sombre, simplement éclairée par un plafonnier et désespérément vide. Jefferson laissa son supérieur au bon soin de l’amestrien qui le porta pour monter les quelques escaliers dirigeant vers les chambres. Les deux jeunes femmes suivirent pendant que l’ancien cherchait une âme dans ce bâtiment pour lui soutirer les clefs d’une chambre. Que personne ne voit les blessés était une bonne chose à son goût. Une fois son butin en main, il rejoignit le petit groupe et leur indiqua une porte à leur droite. La pièce était grande, deux lits individuels s’y trouvaient, ainsi qu’un double lit. Claire et pas vraiment surchargée, cette dernière donnait sur un balcon offrant un paysage admirable sur les récifs avoisinants. Une salle de bain était attenante à la chambre. Toutefois aucun des membres ne s’attarda sur la décoration. Les deux hommes déposèrent le garçon inconscient sur le plus grand lit alors que la chimère se laissa tomber lourdement sur l’un des individuels, les mâchoires serrées. Assise sur le bord, elle se débarrassa non sans mal de son attirail qu’elle déposa sur le matelas. Sa bouche était sèche désormais, signe de fièvre et elle mourrait de chaud malgré la fraicheur des lieux. La brune alla vérifier l’état du brun, ses constantes, ses blessures, puis au bout d’une dizaine de minutes retourna voir la cendrée qui commençait à comater, la tête appuyée contre le mur, une main sur son flanc. Elle écoutait les deux hommes, alors sortis sur le balcon, discuter le plus bas possible pour ne pas être entendu. L’un des deux, la capitaine, refit surface dans la chambre au moment où la brune avait convaincue sa seconde patiente de s’allonger.

"Je vais rejoindre le QG. Il est clair qu’il y a une taupe, il faut tirer ça au clair, et vite, les autres sont peut-être également en danger.Certaines mesures vont devoir être prises."

La jeune femme tenta de se relever, prête à repartir à sa suite, elle fut plaquée contre le matelas sans grand ménagement par Jefferson qui venait également de rentrer dans la pièce, lui tirant un gémissement plaintif. Plongeant son regard dans celui de la blessée, il ne semblait pas tout à fait calmé encore et se contenta de quelques mots pour se faire comprendre.

"Même pas en rêve. Tu ne bouges pas."

Elle cessa de lutter et se laissa aller aux soins de la brune. Johnson partit lorsqu’elle se trouvait dans un état semi-comateux, gémissant par moment lorsque les mouvements de sa soigneuse étaient brusques même si cette dernière y mettait toute sa maitrise. N’ayant plus la moindre conscience du temps qui filait, elle ferma les yeux et somnola, agitée par la fièvre à plusieurs moments. Elle entendit une dispute, une main fraiche sur son épaule qui la secouait doucement. Ses yeux émeraude embués croisèrent ceux de l’ancien qui lui souriait légèrement.

"Je raccompagne cette jeune femme en ville. Reposez-vous tous les deux, vous ne risquez rien ici, je serais revenu demain dans la matinée. Surveille le Wolf, c’est ton devoir aussi maintenant."

Son devoir … La jeune femme acquiesça doucement avant de refermer les yeux, plongeant dans un état végétatif confortable. La porte se fit entendre, une clef qui tourne et puis plus rien. Le repos, le silence, tout ce dont elle avait besoin. Enfin, elle se reposait, l’esprit vide, le temps n’avait pas de prise, elle ignorait combien d’heures passaient alors qu’elle dormait. Le jour baissait, pour finalement laisser à nouveau un voile sombre recouvrir le petit village. Depuis combien de temps elle dormait ? De nombreuses heures, assurément.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 21:31

La musique résonnait dans tous l'étage. Parvenant aux oreilles du capitaine elle ajoutait sa part de psychédélisme aux rêves du brun. Il retournait à ses rêves étranges, cherchant une explication, des conseils dans le fin fond de sa conscience. Un voyage intérieure qu’il s'imposait à nouveau. Puis lorsque son rêve devint un peu trop oppressant il s'éveillait. Il faisait à nouveau nuit, trop d'heures s'étaient écoulées depuis sa perte de conscience définitive. Frais comme un gardon, il eut toute fois l'impression qu'on lui avait fracassé la tronche. Le souvenirs des coups lui revint alors très vite en mémoire tandis qu'il tentait de se redresser. Une tentative douloureuse, bien trop pour le peu de geste effectué. Il notait le calme plat de la pièce ainsi que sa quiétude. La température y était normale et l'odeur était alléchante. Gin sut immédiatement qu'un retour à la civilisation était d'actualité. Il voulut prendre l'air très vite, ne pas rester enfermer, vite retrouver ses repères. Le QG lui manquait déjà. Personne ne l'avait accueilli à son réveil et cela l'étonnait fortement. Alors étant donné que personne ne le dissuada de se lever, il le fit malgré ce que lui dictait son corps. Seulement il avait assez dormi d'après lui. La nicotine lui manquait, la faim se faisait ressentir. Dés son réveil aucunes de ses pensées ne se tournèrent sur les précédents événements. Il se laissait émerger avant de trier son esprit. Sans l'image c'était compliqué.

L’alchimiste boiteux trouvait la porte de la chambre à son plus grand bonheur. Une présence au fond du couloir se fit entendre et le brun n'eut aucun scrupule à l'interpeller; « Yo ! Où sommes nous ? Quel jour sommes-nous ? » Son interlocuteur eut quelques difficulté à répondre l'espace d'un instant, troublé. Il s'agissait d'une touriste de passage avec ses parents. Une adolescente romanesque qui trouvait le brun amoché à son goût. Peut-être était-ce son côté mauvais garçon ou bien le t-shirt qui lui manquait... Quoi qu'il en soit, elle fut très encline à répondre et même diriger notre chimère. D'abord elle lui indiqua les wc puis se fit un plaisir de lui apprendre «  Vous savez vous devriez vous rendre aux sources thermales. Un vieux monsieur m'a dit que si je voyais traîner un homme tel que vous dans les couloirs je devrais vous guider. » La fillette avait cette voix fluette qui n'avait rien de saint pour son âge. Pourtant, elle était là à le rogner malgré l'écart d'âge. Faut dire que notre larron n'avait rien de hideux, il était même d'ordinaire convoité secrètement, intimidant plus que prévu. Il esquissa un sourire en comprenant que Jefferson avait des espions même parmi les enfants. Combien de temps étaient-ils restaient ici? En tout cas il s'y savait en sécurité.

La petite miss le devançait en pressant le pas, fluette. Elle remarquait le voile blanchâtre sur ses pupilles et lui dit, loin d'être effrayée. « Vos yeux devaient être magnifiques... »
« Alors ? Voulez-vous que je vous y conduise ?» demandait encore cette voix terriblement enjouée. On peut pas dire qu'elle perdait le nord elle.  Gin ne répondit pas vocalement mais pas un simple signe approbateur. L'intruse traversait le couloir à vive allure pour se saisir du poignet du garçon. Geste auquel le jeune homme ne répondit pas. C'était une enfant, il ne s'en méfiait guère. Sa main fraîche contrastait avec celle chaude de l'adolescente. « Dites, vous ne seriez pas un vampire ? » Voilà qui l'amusait.

La petite miss le conduisit un étage plus bas, délaissant le jeune homme. Elle prit de l'avance en lui indiquant que c’était en face de lui. Le pas lent en rythme avec le morceau musical qu'avait déclenché l'adolescente sur le post radio au comptoir, Gin frôlait les murs de son indexe, fumant comme un pompier. Il arrivait enfin dans la pièce depuis où chantait le poste radio.  Il rasait les murs de cet air menaçant. La fatigue et la douleur rendait ses traits durs. L'adolescente l'observait, satisfaite de cette rencontre.

La lumière tamisait des lampadaires plus haut était là l'unique éclairage. Ce n'était pas sans compter l'astre lunaire qui éclairait les bassins à sa manière. Un voile blond rendait l'endroit charmant.
« A cette heure-ci le bassin est fermé, mais l'auberge est si déserte qu'ils ne ferment jamais cette partie. Je viens souvent le soir ici. Le vieux pensait que vous vous réveillerez plus tôt. » Et tandis qu'elle bavardait seule, Gin se débarrassait de son pantalon. Un sourire aux lèvres, c'était une condition parfaite pour voir se disait-il. Toute cette humidité était à son avantage. La jeune fille se sentit d'avantage en confiance face au silence de l'alchimiste et reprit de ce ton mielleux visiblement pas choquée par le manque de pudeur du capitaine. « Vous ais-je dis que j'étais romancière ?! Je manque encore d'expérience alors vous voyez j'ai...
-Cool, va dévorer un livre et fous-moi la paix. » C'était dénué de tact, c'était du Gin tout craché.

Il cherchait le rebord. Elle l'observait lorsque sa mère la réprimandait à l'autre bout, visiblement inquiète. Elle partit rejoindre cette dernière la rassurer avant de ne revenir voir Gin. « Ma chambre est au second la troisième à droite en descendant si vous voulez me moooordre ! »
Le brun répondit bien que les paroles de l'enfant était décalée digne d'être ignorées . « En descendant à droite ?! » Comme si ça l'intriguait, il avait juste mal compris et s'étonnait de la connerie. La jeune fille fit un effort pour se répéter mais l'alchimiste avait déjà laissé claquer la porte. « ... » Et puisqu'elle se faisait gronder elle n'eut d'autre choix que d'abandonner.

Dehors l'air était doux, Gin s'était débarrassé de son sous-vêtement restant pour finir à l'eau . Il ne s'était pas fait prier pour entrer dans le premier bain qu'il trouvait. Là, il eut peine à entrer dans l'eau et s'immerger tant ses blessures le taquinaient. Il prit pourtant son courage à demain et alla même jusqu'à s’asseoir sur la roche, immergé jusqu'aux pectoraux. Son coude gauche était appuyé sur le rebord lui permettant d'enchaîner les cigarettes paisiblement. Il pouvait affirmer qu'il faisait nuit. Les cigarettes qu'il fumait n'étaient pas les siennes, le goût lui était familier mais elle n'était pas sa marque habituelle. Il se demandait à qui elles pouvaient bien appartenir. Il se questionnait à présent sur les événements achevés. La tête enfoncée sur la pierre tiède qu'était le rebord du bassin.  Le garçon était nu, sachant pertinemment qu'il était à l’abri. Le sommeil le rattrapait déjà alors qu'il s'accordait un bien être rare. Dans cet amas de chaleur condensé il s'y sentait à l'aise, si paisible qu'il en oubliait qu'il avait failli mourir et qu'il n'était peut-être pas sorti d'affaires après tout. Pourtant le sommeil le guettait de près. Les vapeur chaude l'enlaçait, le berçant dans les songes.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 22:15

Un éclair bleuté traversa la rétine de la jeune femme qui poussa un gémissement plaintif. C’était toujours pareil, dès qu’elle se trouvait en proie aux cauchemars, ces derniers lui renvoyaient incessamment les mêmes images, comme si son subconscient craignait qu’elle ne finisse par les oublier. Brusquement tirée d’un sommeil agité, elle fixa le plafond dans la pénombre, tremblante et haletante, cherchait à se situer à nouveau dans l’espace et le temps. Elle cligna plusieurs fois des yeux alors que les derniers évènements lui revenaient en mémoire. L’attaque du convoi, la découverte de la vrai identité du capitaine Ace, sa blessure, la jeune fille. Pourtant, avec tout le monde qu’elle avait vu ces dernières heures, la pièce où elle se trouvait lui semblait tout particulièrement calme. Consciente de sa plaie au flanc, elle ramena une main contre cette dernière pour palper doucement la peau recousue avec soin par la jeune femme brune. La blessure semblait moins gonflée, à moins que ce ne fussent les souvenirs de la chimère qui soient faussés. Néanmoins, elle tenta avec succès de se redresser sur sa couche et observa la pièce en silence. Le tour en fut vite fait, elle était seule. Complètement seule. La demoiselle fronça les sourcils et soupira. Même le blessé c’était fait la malle visiblement, il n’allait rien lui manquer.

Après moult précautions, la cendrée finit par se lever du lit et se dirigea vers le balcon, songeant qu’il prenait peut-être l’air à l’extérieur, toutefois elle ne trouva que le silence et la solitude à l’extérieur. Levant son regarde clair sur la voûte céleste, elle remarqua que les nuages s’amoncelaient peu à peu sur l’enclave dans laquelle était construit le village. La pluie n’allait probablement pas tarder à pointer le bout de son nez si elle se fiait à sa vue. Mais elle avait d’autres soucis. Avisant sa tenue qui n’était plus composée désormais que de son pantalon à moitié déchiré et de sa chemise en tout aussi piteux état, elle grimaça légèrement, consciente que se promener dans une pareille tenue risquait d’attirer l’attention, toutefois elle n’avait guère le choix. Son corps encore courbaturé et son esprit quelque peu ailleurs, la jeune femme décida alors de se fier à ses sens pour retrouver le garçon pour au moins le ramener dans la chambre avant le retour de Jefferson. Après, il se débrouillerait avec lui. Pandora mit enfin le nez hors de la pièce et observa le couloir durant un instant, ce dernier semblait vide, toutefois l’odeur du capitaine y flottait encore, diffus. Elle referma la chambre avec soin avant de s’aventurer dans ce dernier pour aller le chercher, marchant péniblement malgré le fait que la douleur se soit nettement apaisée. Elle était simplement engourdie maintenant. Dans l’escalier elle croisa une jeune fille blonde, d’une quinzaine d’années tout au plus et l’interpella quelques secondes.

"Eh jeune fille, tu n’as pas vu un type un peu bizarre passer avant moi par hasard ?"

Quelles étaient les chances, il était peut-être partit des lieux depuis plusieurs heures déjà, même si la chimère en doutait fort vu l’odeur persistante qui régnait encore autour d’elle. Contre toute attente, le visage de la gamine s’anima et elle prit la parole d’une voix fluette, bien plus aigüe que ce à quoi se serait attendue la cendrée d’ailleurs.

"Si, évidemment que je l’ai vu, il est partit aux …" - le visage de la fillette se rembrunit aussitôt et elle se mit à jauger la demoiselle lui faisant face avec un air de défi non dissimulé – "mais t’es qui toi d’abord ? "

Surprise par ce changement soudain d’attitude, la louve resta de marbre quelques secondes avant de sourire amèrement.

"Son garde du corps. Il ne fait que des conneries sinon."

La gamine renifla d’un air peu convaincue avant de lui indiquer un couloir en contrebas avec une certaine réticence.

"Tout au bout, dernière porte à droite. "

La chimère entama sa descente de l’escalier lorsque son interlocutrice reprit sur un ton parfaitement sérieux.

"Dit lui que je l’attends dans ma chambre ! "

Après quoi elle abandonna la jeune femme totalement perplexe au beau milieu des marches. Venait-elle de lui dire qu’elle avait filé un rendez-vous galant au capitaine ? Ou bien la fillette rêvait éveillée, ou bien il les choisissait vraiment très jeune … et dans les pires moments ! Si tant est que les deux demoiselles parlent bien du même homme qui plus est, ce dont la mercenaire commençait à douter sérieusement. Mais faute de n’avoir aucune autre piste, et son flair commençant déjà à faiblir, elle se dit que commencer à le chercher sur place serait déjà une bonne idée. Longeant le couloir indiqué, elle aperçut un panneau indiquant les sources chaudes, comprenant enfin ce qu’il avait pu trouver comme intérêt à l’endroit. La louve poussa une porte avec une certaine discrétion et tomba directement sur les sources … et sur l’homme qu’elle chassait. Visiblement à son aise dans l’eau fumante vu qu’il semblait dormir paisiblement, presque totalement immergé. Un bon moyen pour se noyer se dit la chimère l’espace d’un instant. Sans gêne, elle pénétra dans l’espace aménagé et referma la porte derrière elle avec discrétion. Restant quelques minutes sur le bord, elle l’observait, de nouveau en proie à ses doutes et sa colère, quelque peu amoindrie toutefois. Encore fatiguée par ses cauchemars, les nerfs à vif par l’inquiétude qu’elle avait en ne le trouvant pas, elle ne put s’empêcher de le trouver gonfler de se taper du bon temps alors qu’elle-même s’était fait du souci. Faisant preuve d’une discrétion remarquable, elle s’approcha suffisamment du capitaine, passa son pied nu dans l’onde chaude et lui balança une gerbe d’eau en pleine figure pour le réveiller. Ca ne remettrait certainement pas les compteurs à zéro les concernant, mais c’était une petite vengeance qui lui tira un sourire satisfait.

"Allez, on émerge ! Ca te plait bien de me faire courir après toi visiblement …"

L’air chaud commençait à apaiser la demoiselle qui regretta un instant de ne pouvoir en profiter également, refusant de se dévêtir devant lui. Toutefois, la pluie finie par se mêler à la partie, trempant rapidement la demoiselle jusqu’aux os qui se mit bien vite à grelotter alors que le bassin lui tendait de plus en plus les bras lorsqu’un éclair de lucidité lui traversa l’esprit. Il n’y voyait pas. Elle avait oublié ce détail pourtant marquant, et pour une fois, la cécité de ce dernier allait lui profiter grandement. N’étant désormais plus gênée par la proximité, elle retira prestement ses vêtements, le peu qui lui restait du moins qu’elle roula en boule sur le rebord avant de pénétrer doucement dans l’eau, cette dernière lui arrivant à la taille alors que la pluie qui s’écrasait sur ses épaules la faisait doucement frissonner. Etrangement, la sensation qu’elle ressentait à cet instant avec une différence de température aussi nette était particulièrement agréable en plus d’être apaisante. Consciente toutefois que s’il n’avait plus de vue, il avait encore des mains capables de fonctionner, la jeune femme resta à distance et se plaça en face de lui, finissant par s’assoir sur les roches taillées pour avoir de l’eau jusqu’au dessus de la poitrine. Une chance que l’eau fut troublée par les vapeurs qui s’en échappaient, dans le cas contraire la jeune femme aurait difficilement pu s’empêcher de lorgner sur le jeune capitaine, à plus forte raison si ce dernier n’en avait pas conscience, et ce même si la situation ne s’y prêtait pas vraiment. Eh quoi, elle savait apprécier une vision agréable, rien de plus. Après s’être assurée qu’ils étaient bien seuls, la jeune hybride reprit doucement.

"Je crois qu’il faut qu’on parle, non ?"
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 23:12

Les muscles décontractés, Gin ne sentait plus cette pression dans chacun d'entre eux. Il fumait sa cigarette, son coude gauche accoudé au rebord en pierre. Son avant-bras droit restait toujours dissimulé lorsque le sommeil le happa. Le mégot s'échappait de ses longs doigts pour finir parterre, hors de l'eau. Au fil des secondes le garçon s'était enfoncé d'avantage dans son assise jusqu'à être d'avantage immergé.
Ne sentant pas venir la nouvelle intruse, plus âgée cette fois, il fut surpris par la flotte balancée. Dans un sursaut implacable, Gin ouvrit lentement les yeux. Son œil gauche était gêné par la flotte et il dû extraire sa main droite de l'eau pour le frotter. Sa première pensée se tournait vers la fillette précédemment rejetée. Il entrouvrit les lèvres prêt à grogner lorsqu'une voix familière s'élevait. Une double surprise. Un reproche de la part de Wolf. Il parut si insignifiant par rapport à tous les autres. Ce maladroit ne songeait même pas à l'éventualité qu'elle ait pu s'adoucir avec un semblant d’inquiétude. Non, notre ami était à des années lumière d'imaginer qu'on puisse s’inquiéter pour sa personne et non uniquement pour l'Agence. Il se frottait les yeux avant de renvoyer en arrière sa chevelure ébène. Un geste effréné par la douleur de ses côtes fêlées. Rien de cassés au final.

Ainsi il masquait quelques secondes sa gêne passive face à l'argentée. Faut dire qu'il avait une sacré ardoise à rassasier. Nu comme un vers, blessé, il n'est pas en position de jouer les durs. Alors il renversait sa tête en arrière dans un soupire las. Adieu la tranquillité. Et à peine songeait-il à cette dernière que la pluie se fit ressentir sur ses épaules. Allons bon, ça se présentait mal... Mais au lieu de fuir les lieux et d'intimer le capitaine à sortir pour mieux discuter, Wolf approchait du bassin. Le jeune homme se redressait tandis qu'une averse rendait l'atmosphère plus fraîche. Il eut un doute sur les attentions de la jeune femme. Il l'imaginait mal oser se baigner.

Lorsque l'atmosphère fut enfin chargée en particule humides les conditions permirent à l'alchimiste une vision un plus détaillée de la scène. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas vu un tel spectacle. Il crut distinguer ce qui s'apparentait à une cascade, d'où toute cette eau en suspension dans l'air. Les nuage de vapeur lui permirent l'espace d'un court instant apercevoir Wolf. Comme en songe, il vit cette silhouette prendre forme alors qu'elle semblait se dévêtir. La pluie entremêlée vint ajouter sa particularité. En développant son oreille interne et en simulant les capacités de certains animaux nocturnes, le jeune homme pouvait se faire une idée très proche de la réalité. L'eau captait tous les sons, permettant ainsi à ce qu'il appelait sa vision « x » de voir les contours. Pour lui c'était comme voir à nouveau. Car en cet instant unique il put se situer dans l'espace avec précision. Les mouvements de Wolf lui semblaient alors plus distingués. C'est un sourcil haussé qu'il constatait que la jeune femme entrait à son tour dans le bain. Il fut émerveillé de distinguer les formes de la jeune femme l'espace d'un instant. Une fois dans l'eau, elle prit place à en face, assise. Gin souriait, s'allumant une nouvelle cigarette. C'était bien la première fois qu'il partageait un bain avec une femme. La situation l'incitait à plaisanter lorsque Wolf annonçait son attention de vouloir discuter.

Ils avaient l'air fins là tous les deux dans ce bassin. N'ayant plus le moyen d'esquiver et n'ayant spécialement l'envie il renversait à nouveau sa tête en arrière, profitant de la musique en arrière fond. « Allons bon je pensais que cette fois-ci serait concluante. »
Un sourire narquois tendis qu'il redressait le menton. Ici il se savait à l’abri malgré les provocations. Puis quelque peu enjoué il reprit « Tu pensais pas que j'allais me dévoiler aussi facilement. Et puis j't'ai pas tant baladé que ça au final. Tu viens de t'empêtrer dans un plan bien foireux ma belle. Maintenant qu'on connaît chacun l'identité de l'autre, tu es priée de me rendre des comptes. » Il ne pouvait s'empêcher de la taquiner. Entre deux bouffées de nicotines, il mordait ce petit morceau de peau séché sur sa lèvres inférieure. Songeur. Il voulait la remercier mais préférait laisser filer la conversation. De plus il savait que certain de ses mensonges ne lui feraient pas de cadeau, notamment le pendentif qu'il portait.
Dehors la pluie recouvrait la ville d'un voile léger. Le feuillage organisé autour et accessoirement au dessus du bassin entravait la pluie aux extrémités où se trouvaient nos compères. Au milieu la pluie s'abattait sur le bassin.
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MessageSujet: Re: "You are a pirate !"    Ven 16 Oct - 23:58

La jeune femme haussa un sourcil face à l’assertion du garçon. A croire qu’il n’abandonnait jamais lui … Toutefois et malgré la proposition alléchante que pouvait sous entendre sa phrase, la demoiselle avait d’autres projets en tête. Notamment le fait de jouer cartes sur tables désormais, elle avait assez des faux semblants et des mensonges. En silence, songeuse, elle délia ses membres engourdis dans l’eau chaude, lâchant un profond soupir d’aise sans la moindre gêne. La présence du garçon ne la dérangeait pas outre mesure au final, la distance qui les séparait suffisait pour limiter les risques, si risques il y pouvait y avoir, ce dont elle doutait fortement vu l’ambiance. Il reprit bien vite la parole, attirant sur lui le regard pour le moment tranquille de la chimère et parvint même à lui soutirer un rire passablement moqueur avant qu’elle ne réplique instinctivement à sa remarque.

"Pour ce qui est de te dévoiler, pardon de te l’apprendre, mais tu pourras difficilement faire pire là je crois … "

Toutefois elle abandonna bien vite les moqueries et son visage redevint plus sérieux au fur et à mesure qu’il parlait. Ils n’avaient tous les deux visiblement pas la même conception de l’expression « se faire balader » parce que de son propre point de vue, il s’était quand même allègrement foutu de sa gueule. Elle manqua même de s’étouffer lorsqu’il lui apprit qu’elle devait lui être redevable.

"Je te demande pardon ? Des comptes pour quoi ? Pour avoir naïvement cru à tes mensonges ? T’avoir sorti du pétrin ? Ne pas t’avoir étranglé de colère en apprenant qui tu étais et à quel point tu m’avais trompé ? Tu ne crois pas que l’inverse serait plus juste ? "

Etrangement, la louve ne se mettait pas en colère, à dire vrai, elle n’en avait pas la force, et sa voix restait calme malgré ses dires. S’en était d’autant plus troublant qu’elle-même s’attendait à s’énerver à nouveau en cherchant à discuter avec le brun. Ses yeux parcouraient le torse dénudé et abimé du capitaine, la partie qu’elle pouvait apercevoir avant que l’eau ne se trouble trop. Son côté quelque peu taquin s’était évanouie, elle ne voyait plus désormais que les profondes blessures qui marbraient le corps de l’alchimiste. Et au beau milieu, à moitié immergé, trônait la tête de loup en argent qui l’avait mené sur sa piste. Elle le fixa longuement, le sien se réchauffant doucement au contact de l’eau brûlante, après quoi elle bougea légèrement, s’approchant du jeune homme suffisamment pour qu’en levant la jambe sous l’eau elle puisse effleurer son médaillon quelques secondes.

"Et ça" – elle le fit danser une seconde à l’aide de son pied toujours immergé avant de reculer prestement, presque gênée de sa propre approche tout à coup – "c’est bien le sien n’est-ce pas ? Tu m’as menti aussi pour ça … "

La cendrée soupira doucement et s’enfonça un peu plus profondément dans l’eau où elle se sentait si bien. Fatiguée, mais bien, elle ne voulait pas briser cette quiétude et c’est pourtant ce à quoi risquait de mener la conversation qu’elle avait elle-même réclamée s’ils continuaient de la sorte. Reposant sa tête contre le rebord de pierre, elle lorgna du côté du jeune homme avant de reprendre, une certaine lassitude pesant dans sa voix.

"Ecoute Dante, ou Ace, ou je ne sais même plus comment je suis censée t’appeler maintenant ! Bref … Je suis fatiguée d’être prise pour une imbécile. J’ai compris certaines choses le concernant, d’autres restent encore un mystère. Mais toi … j’ai l’impression que ça t’amuse de me mettre sur une fausse route, surtout depuis que tu sais qui je suis. Que je suis sa fille. "

Les pensées de la chimère vagabondaient, elle se déchargeait de ce qu’elle n’avait pas osé dire plus tôt. Au lieu de s’énerver comme l’aurait fait en temps normal, elle essayait de prendre le problème calmement, posément, espérant faire réagir le brun, même si elle doutait fortement de la réussite de son entreprise. Buté comme il semblait l’être, ce n’était pas ces quelques paroles qui allaient le faire plier. Néanmoins, elle ne flanchait pas, et continuait dans sa foulée, l’observant toujours d’un regard calme et perçant. Un détail lui revint en mémoire, les paroles de Jefferson avant de partir reconduire l’inconnue en ville, elle fronça les sourcils à ce récent souvenir et son ton changea quelque peu lorsqu’elle reprit la parole, plus curieux, indécis.

"Tu m’as fait sciemment venir parmi les proches du capitaine, autrement dit, les tiens. Si Dante et Ace ne sont qu’une seule et même personne, tu savais déjà ce que tu préparais à Xerxes. Pourquoi ? Tu prenais le risque de te trahir de cette manière, pourquoi agir ainsi ? Etait-ce pour avoir le sang d’Isaac sous la main en cas de besoin ? "

Ce point précis, même s’il ne concernait plut directement son père, elle ne parvenait pas à le saisir. De toute façon, plus le temps passait depuis qu’elle avait découvert l’identité du jeune homme, moins elle semblait comprendre quoi que ce soit aux intentions de ce dernier. Attendant des réponses, la cendrée repoussa ses cheveux humides en arrière, laissant la lumière tamisée des lieux éclairer la balafre marquant sa joue gauche. Elle aurait pu être belle si elle n’était pas ainsi défigurée. Etrangement, elle se mit à songer que la cécité du jeune homme était une bonne chose, elle ne souhaitait pas qu’il la voit. Sans savoir pourquoi, elle ne voulait pas lire le dégout dans ses yeux. Ses pensées se perdaient alors que la vapeur d’eau l’engourdissait, endormant ses sens et ses réflexes. Apaisant son flanc endolori.

"Tu m’intrigues tellement … rien que le fait que mon père t’ait légué son alchimie est surprenant. Mais Jefferson avait raison au fond, ça te convient très bien, tu ressembles à un bloc de glace. Un bloc de glace doté de cynisme …"

Il y avait fort longtemps que la jeune femme n'avait pas parlé ainsi à coeur ouvert, et même si elle ne prenait pas vraiment de risques sauf celui qu'il se moqua d'elle une fois de plus, elle se sentait mal tout à coup, trop fragile.
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